Yep, chapitre suivant ! Mais d'abord, les revieweurs chéris...
Réponses aux reviews :
Amand1 : Eh bien, donc ce chapitre va vraiment bouger. Tant mieux. Et oui, je fais mumuse avec nos sorciers préférés. Grosses bises, Amand ! xP
Dd : lol, excuse-moi pour l'attente mais là c'est bon, j'ai acheté des rubans adhésifs pour muse et ça marche plutôt bien. Bises à toi dd !
Sharween : Oh, contente de te voir reviewer toi. Tu me connais, j'adore le suspens moa, lol. Bon, te voilà exaucée en tout cas. Bisous à toi ma Sharee !
Zofia : lol. Ah nan, pas de crise cardiaque, je veux pas perdre mes lecteurs moi. Et puis ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de l'abandonner cette fic mais comme vous pouvez le constater, elle est assez longue alors il faut un peu de temps (euphémisme, lol). Bises Zofia !
Bon, j'ai fait court pour les réponses, je pense que vous préférez lire le chap plutôt que mes bla bla… Et bien sûr, bonne lecture !
4. A l'aube des ténèbres
« Mal de crâne. Enorme mal de crâne… Et mal de dos aussi. » Voilà qu'elles furent ses premières pensées en sortant de l'inconscience. Lentement, la serpentard ouvrit les yeux sur une pièce très sombre. L'obscurité ambiante l'empêchait de distinguer quoi que ce soit. En se tournant pour tenter de percer les ténèbres de ses yeux, elle eut la désagréable surprise de constater sa situation : enchaînée à un mur par de lourdes chaînes peu discrètes. Ses poignets et chevilles étaient cerclés de métal. Elle ne les sentait pratiquement plus. Tirant un peu dessus en grognant de mécontentement, elle sentit un petit corps froid frôler son bras. Manquant de crier, elle eut le temps d'apercevoir un cafard avant que celui-ci ne disparaisse dans l'une des fissures du mur. « Par Merlin, où suis-je ? »
Elle essaya encore une fois de se dégager mais en vain, ses chaînes étant solidement chevillées au mur inébranlable. Après plusieurs jurons mentaux qui auraient outrés même Maugrey, la jeune fille se ré adossa au mur avec un soupir las, se persuadant que rien n'était encore joué. Maigre consolation, mais consolation quand même. Chacun de ses gestes, même le plus minime, était accompagné d'un bruit métallique particulièrement agaçant. Elle ferma finalement les yeux, abandonnant la victoire à la douleur et l'obscurité. Ses sens s'apaisaient peu à peu, lui permettant de distinguer le son d'une respiration non loin d'elle. Une respiration laborieuse, mais bien réelle. Rouvrant les yeux avec quelques réticences, la jeune fille scruta une fois encore la pénombre, forçant ses yeux à percer les ténèbres alentours. Après deux ou trois minutes d'adaptation, elle discerna vaguement un forme recroquevillée au sol de l'autre côté de la pièce, contre le mur. Elle ouvrit la bouche pour s'adresser à cette personne mais seul un son rauque s'échappa de sa gorge trop sèche. L'objet de ses efforts releva la tête en l'entendant et se leva avant d'être stoppée par des chaînes semblables aux siennes. Raziel tenta de distinguer les traits de cette personne, mais sans grand succès. Elle avait du mal à garder son équilibre : sa vue brouillée la désorientait grandement. De plus, ses gesticulations ne faisaient qu'empirer son mal de dos, le rendant quasiment insupportable. Avec un léger gémissement, elle se laissa retomber contre le mur, ne tenant à peu près debout que grâce aux chaînes qui l'entravaient. Elle crut entendre son prénom se répercuter contre les pierres froides avant de sombrer dans l'inconscience.
Lorsqu'elle émergea à nouveau, elle n'était plus enchaînée à un mur mais allongée sur une sorte d'autel ou de table. Elle n'était plus non plus dans une pièce sombre mais dans une salle très bien éclairée. La lumière vive lui brûla les rétines, faisant apparaître des larmes dans ses yeux las. Une fois encore, elle ignorait tout de l'endroit où elle était.
Tournant la tête pour tenter de deviner quel était cet endroit, elle faillit vomir en découvrant sur sa gauche une panoplie complète d'instruments de torture. Certains avaient déjà des taches rougeâtres sur leurs lames d'argent. Elle craignit de ressentir à tout instant une douleur vive sur l'une ou l'autre des parties de son corps mais rien ne vint, pour son plus grand soulagement. Toutefois, si rien n'avait été fait, cela signifiait que tout était à venir. Ce qui n'était vraiment pas mieux… « Voir pire… » Elle eut soudain la désagréable impression d'être épiée, ce qui la fit frémir d'appréhension. Lentement, elle tourna la tête de l'autre côté, peu rassurée. Elle laissa échapper un hoquet de surprise en découvrant une haute silhouette drapée de noire. Les ombres du capuchon semblaient la scruter avec intensité.
- Alors c'est ça, le réceptacle du pouvoir des anges ? Souffla la personne d'une voix amusée.
Raziel tenta de se libérer les poignets malgré les liens de cuir qui l'emprisonnaient, en proie à la panique. Elle avait l'impression de connaître cette voix. Plusieurs scénarios défilèrent devant les yeux de la française, tous plus noirs les uns que les autres. Cessant de se débattre, elle reposa la tête en arrière en soupirant, totalement épuisée. Un rire teinté de folie s'éleva alors dans la pièce, la faisant sursauter. Elle braqua un regard mi-étonné, mi-effrayé à la femme tandis que celle-ci se rapprochait d'elle. D'un doigt, l'inconnue dessina la ligne de sa mâchoire, la faisant frissonner.
- Plutôt joli comme réceptacle, murmura la femme en arrêtant son doigt à la base de son cou.
- Ne me… touchez pas, souffla Raziel d'une voix cassée, détournant la tête.
- Oh ? Mais c'est déjà fait, susurra l'inconnue en lui faisant tourner la tête vers elle.
Raziel ouvrit de grands yeux stupéfaits comme la femme passait une main sur sa poitrine avant de poursuivre plus bas. Un autre rire, plus léger, sortit de l'ombre du capuchon. La femme attrapa les cheveux de la française de son autre main pour lui tirer la tête en arrière, découvrant sa gorge. Elle se pencha alors pour frôler cette dernière de ses lèvres tout en poursuivant :
- Après tout, j'ai horreur du gâchis…
- Que… ?
- La ferme !
Le changement de ton si brutal laissa Raziel totalement paralysée. Aucun doute, cette femme devait être complètement folle. Réfléchissant rapidement malgré la douleur qui sourdait en elle, la française finit par conclure qu'il serait plus sage de ne pas contrarier cette femme. Elle semblait bien plus dangereuse qu'une ombrane à cet instant précis. L'inconnue leva une main pour abaisser son capuchon, dévoilant un regard bleu surmonté d'une chevelure aussi noire que les plumes d'un corbeau. La serpentard la dévisagea un instant en silence, au comble de l'horreur.
- M… Mère ?
Raziel ferma les yeux de toutes ses forces, espérant effacer cette image absurde. « Impossible ! Je dois rêver. Oui, c'est ça, je dois faire un cauchemar. Je vais bientôt me réveiller. Je serai dans les bras d'Hermione et… » La femme enfonça douloureusement deux doigts au dessus de sa clavicule, lui faisant pousser un cri de douleur.
- C'est comme ça que tu accueilles ta chère mère ? Grinça la femme, les yeux étincelants de colère.
- Tu… Vous n'êtes pas… ma mère ! Cracha la française avec toute la haine qu'elle pouvait rassembler.
La femme afficha un sourire amusé qui creusa davantage ses joues tout en dévoilant ses canines trop longues. Raziel fronça les sourcils. Elle ne pouvait pas y croire. Non. Des larmes commencèrent à envahir de dégoût ses yeux. Elle ne fit même pas l'effort de les retenir. Un cliquetis se fit entendre suivit d'un grincement de porte. Un homme blond apparut alors avant de s'adresser à la femme, un sourire carnassier accroché aux lèvres.
- Allons, allons, ma chère, laissons-la se remettre, fit-il d'une voix faussement concernée avant de s'adresser à Raziel. Eh bien miss, êtes-vous reposée ?
En temps normal, elle lui aurait lancé l'un de ses regards les plus haineux mais elle n'en fit rien. Au lieu de ça, elle se contenta de rester immobile, les pupilles fixées sur le plafond irrégulier.
- Ah, le confort laisse à désirer, je vous l'accorde, reprit l'homme avec une ironie mordante. Mais si vous le permettez, j'aimerai passer à ce qui vous amène ici, acheva-t-il en claquant des doigts.
Une autre femme apparut. Elle vint à côté de la française en lui adressant un sourire très peu rassurant. Raziel sentit la panique revenir en force : la folie qui émanait de cette inconnue la rendait presque inhumaine.
- Bellatrix, apprends donc à notre estimée invitée ce qu'est notre hospitalité, ordonna-t-il en jubilant.
- Avec plaisir…
La dénommée Bellatrix s'avança vers les instruments tandis que l'homme entraînait sa mère vers la porte.
- Que diriez-vous d'une bonne tasse de thé, très chère ? Fit-il en lui ouvrant la porte. Ou d'une bonne tasse de sang, c'est égal, ajouta-t-il en refermant la porte derrière eux.
Raziel reporta bien vite son attention sur Bellatrix après leur départ. Elle avait du mal à croire à tout ça, se persuadant encore d'être dans un mauvais rêve. La femme hésita entre un instrument tranchant et un autre en forme de tire bouchon dont la vue fit frémir la jeune française. Bellatrix opta finalement pour le classique avec le scalpel puis elle s'approcha de sa victime avec un sourire gourmand.
- Ne t'inquiète pas, nous aurons le temps de tous les essayer, susurra-t-elle à la jeune femme en appliquant le tranchant de l'instrument sur son ventre à moitié dénudé.
La serpentard n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche avant de sentir la morsure de la lame dans sa chair, poussant un cri de douleur pour toute réponse. La femme recommença cinq fois avant de faire une pause, un regard rêveur surmontant son sourire fou.
- J'ai toujours adoré cette douce mélodie, lui confia-t-elle en incisant lentement son bras.
Raziel poussa un faible gémissement, à nouveau proche de l'inconscience. La lame cruelle revint plusieurs fois la tourmenter en différents endroits de son corps mais elle perdit le compte au bout de quinze. Murmurant que son hospitalité laissait à désirer, la femme s'équipa d'un tison chauffé à blanc pour poursuivre la séance. Cette fois-ci, Raziel hurla de toutes ses forces avant de s'évanouir sous la douleur.
Sortant de l'inconscience pour la troisième fois en un laps de temps record, elle préféra garder les yeux fermés. Son corps la faisait énormément souffrir et elle poussa un gémissement à moitié étranglé. Jamais elle n'avait ressentit pareille douleur. Même le feu des anges était moins virulent que ce calvaire. Une fois encore, il y eut du bruit dans la pièce. S'affolant à l'idée d'être une fois encore torturée, la serpentard tenta de se recroqueviller sur elle-même pour se protéger mais sans y parvenir. Les chaînes emprisonnaient de nouveaux son corps. Elle sentait à travers sa robe d'infirmerie déchirée le suintement glacial des pierres sur sa peau à vif.
Elle ne savait pas où elle était, elle ne savait pas ce qu'on lui voulait et elle ne savait pas non plus si elle pourrait se sortir de cette situation. Car elle en était sûre à présent : tout ça était réel. Bien trop réel même, tant ses blessures la faisaient souffrir. Et puis, cette vision d'horreur…
oOo+
Un regard tant aimé à présent vide. Un sourire tant chéri à présent fou et déformé… Une mère tant pleurée revenue à la vie. Mais sans son âme…
oOo+
D'autres larmes voulaient franchirent ses yeux mais la serpentard refusa de les laisser passer, serrant fermement les dents pour ne pas céder. Tout ce qu'elle savait à présent, c'était que la douleur était insupportable.
Un second gémissement lui échappa, plus faible que le précédent. Elle ouvrit doucement les yeux face au silence soudain, posant ses pupilles las sur les dalles sombres de la pièce obscure. Les dalles étaient teintées de rouge. Le bruit revint avec plus d'insistance, suivit d'une voix. D'abord lointaine et brumeuse, elle se précisa au fur et à mesure, devenant de plus en plus aigue.
- … ziel ! Raziel ! RAZIEL !
« Hermione… ? » La française releva la tête tout en cherchant une position moins pénible pour ses blessures. Braquant ensuite un regard voilé sur la personne enchaînée en face d'elle, elle essaya de distinguer ses traits sans grand succès.
- Raziel, répond-moi !
- Her… Hermione ?
La voix de la serpentard s'éleva dans le cachot, plus légère qu'une brise de printemps, avant de se fêler. La préfète en chef des lions avait eu du mal à l'entendre, tendant l'oreille de toutes ses forces pour y parvenir. Elle batailla alors contre ses chaînes, souhaitant plus que tout rejoindre la française en piteux état : du sang maculait se qu'il lui restait de la robe blanche de l'infirmerie et recouvrait les pierres sous elle. Elle semblait souffrir plus que de raison.
- Raziel ! Que t'ont-ils fait ? Parle moi ! Je veux savoir, demanda Hermione avant de rajouter mentalement « ce qu'il m'attend… ».
- Torture, souffla d'une voix éteinte la française.
- Raziel ? S'étonna la préfète en chef, inquiétée par le ton qu'avait employé son ange.
La française ne répondit pas, se contentant de grimacer en déplaçant sa jambe ensanglantée. Elle était à bout.
- Où sommes-nous ? Murmura-t-elle au bout d'un certain temps.
- Tu ne devines pas ? Répondit la gryffondor. Dans le manoir de Voldemort, lui révéla-t-elle après un court silence.
Raziel redressa la tête si vite qu'elle entendit sa nuque craquer. Ignorant la douleur, elle fixa son cœur sans réellement la voir, aveuglée par une haine sourde. « Lui… ? » Elle prit le temps de réfléchir sans plus se préoccuper de leur situation périlleuse. « Lui. Encore… Ici, dans son repaire. Et ces deux personnes, sans doutes ses sbires les plus appréciés… Bellatrix, je n'oublierai pas ce nom. Je… » Une douleur fulgurante la tétanisa comme elle balançait son bras gauche contre le mur dans sa rage. Ivre de souffrance, elle serra les dents pour retenir un pitoyable gémissement. Hermione la vit faire et elle tira une fois encore sur ses chaînes avant de retomber sur le sol, accablée.
- Je suis désolée, Raziel, chuchota d'une voix peinée la gryffondor. Nous n'aurions jamais dû t'entraîner dans cette histoire, ajouta-t-elle, las.
L'intéressée braqua un regard surpris sur elle. Jamais elle n'aurait eu l'idée de faire un tel reproche à ses amis. C'était complètement absurde. Avant qu'elle ne puisse lui répondre, la porte du cachot s'ouvrit à la volée dans un grand fracas métallique. Raziel, effrayée, ne put s'empêcher de se tordre le plus possible, souhaitant disparaître dans la pierre du mur. Deux silhouettes encapuchonnées entrèrent et se dirigèrent de concert vers la gryffondor apeurée.
- A ton tour, Granger, annonça d'une voix moqueuse l'un des deux hommes.
La préfète en chef sursauta, craintive, puis elle adressa un regard désespéré à la française.
- Je ne le supporterai pas, lui souffla-t-elle avant d'être emmenée, ne lâchant pas Raziel des yeux jusqu'à ce qu'ils referment la porte.
- Hermione !!!
Le cri de Raziel rebondit contre les murs indifférents sans que rien ne lui réponde à part l'écho de sa propre voix. « Ils vont… Je ne le supporterai pas… Non, Hermione ! » La française voulut bondir vers la porte mais ses chaînes la ramenèrent brutalement contre la pierre froide. Elle hoqueta sous la douleur. « Hermione… » Les mots écris par sa grand-mère dans la lettre lui revinrent soudain en mémoire. « Si cet Echo du Cœur apparaît, tu dois le trouver, Raziel ! Il est très important et te sera très utile… » La française fixa un regard étincelant sur la porte noire. « Je dois la protéger... »
- Nous y sommes presque…
Sang guidait ses deux amis à travers les dédalles végétaux de la forêt interdite. Cela faisait plus d'une journée qu'ils marchaient ainsi, soutenant un rythme rapide entre les arbres centenaires. Bien que pressés, ils avançaient prudemment, préférant éviter de tomber nez à nez avec un centaure. Ou pire… La cheftaine savait qu'il existait, enfoui dans les profondeurs de cette forêt, un puit mystique. Après un autre quart d'heure de marche à la même allure, ils débouchèrent sur une clairière étonnamment silencieuse. Comme si le reste du monde n'avait pas sa place en ce lieu oublié de tous.
- Je n'aime pas ça, chuchota Carmin en scrutant les arbres alentours, méfiant.
- Le contraire m'aurait étonné, répliqua sa cheftaine avec un sourire en coin.
- Pourquoi sommes-nous ici, Sang ? Intervint Magenta, plus détendue que leur cadet mais néanmoins vigilante.
- Il devrait y avoir une source mystique dans les parages, les renseigna Sang en fouillant l'endroit du regard. C'est sans doute la cause du calme ambiant, ajouta-t-elle.
- Oh ? Alors nous rentrons chez nous ? Déduisit Carmin en faisant face à leur cheftaine.
- En effet, confirma la démone aux cheveux noirs. Trop de choses sont en jeu, et plus encore sont en dehors de notre contrôle. Nous devons en informer nos supérieurs, fit-elle en s'avançant vers le centre de la clairière.
Un bosquet d'arbres trônait à cet endroit, attirant son attention. Ils semblaient hors du temps et hors d'atteinte de toutes créatures, mortelles ou immortelles. Une pointe de respect aiguillonna le cœur de Sang comme elle approchait d'eux avec humilité. Ses deux comparses la suivirent avec la même attitude respectueuse, rendu muets par la majesté des géants de sève.
La cheftaine contourna le bosquet, cherchant une ouverture entre les puissants troncs. Lorsque sa main se posa sur l'un des troncs, les feuilles bruissèrent avec force.
- Mais que… Il n'y a pas de vent, fit remarquer Magenta en s'approchant de Sang.
Cette dernière leur jeta un regard d'avertissement, visiblement troublée.
- En arrière ! Ordonna-t-elle en reculant.
Le bruissement se renforça, devenant peu à peu menaçant. Les branches se mirent à bouger et se pointèrent sur les trois démons. Avant qu'ils n'aient pu faire quoi que ce soit, les branches s'élancèrent vers eux, leurs extrémités pointues aussi dangereuses que des lances d'acier. Carmin plongea de côté, évitant l'attaque de justesse. Il bondit sur ses pieds et découvrit les dents avec colère. Ses ongles s'allongèrent en griffes et il se prépara à riposter avant de s'élancer d'un bond.
- Non !
Le cri de Sang le prit de court au beau milieu de son saut. Il parvint à dévier de sa trajectoire et atterrit un peu plus loin sans dommages : l'herbe tendre de la clairière avait en partie amorti sa chute. Il jeta un regard d'incompréhension à sa cheftaine avant d'écarquiller les yeux. Sang se tenait devant Magenta, une branche perforant son ventre de part en part.
- Sang ?
Magenta n'avait pas crié mais une angoisse pesante vibrait dans sa voix. Elle se rapprocha de la démone blessée avant de lui poser une main hésitante sur l'épaule.
- Des auberons, souffla Sang en fixant intensément les arbres devant eux. Je ne pensais pas qu'ils avaient survécu en ces contrées…
La lance de bois bougea, faisant grimacer de douleur la cheftaine. Carmin revint vers elles et il fit mine de trancher la branche mais Sang l'arrêta d'une main levée. Le plus jeune du trio s'immobilisa avec un froncement de sourcils, désorienté par le comportement de son amie. Avant qu'elle ne puisse leur expliquer, la lance souleva Sang dans les airs, l'amenant contre le tronc le plus proche. Là, la branche la plaqua contre le tronc immuable et des lianes vinrent s'enlacer autour de son corps, la retenant fermement contre le géant de sève.
- Sang !?
Magenta et Carmin s'étaient élancés en même temps avant de stopper net au pied de l'arbre avec impuissance. Les lianes resserraient leur étreinte sur la démone rouge sang. Cette dernière avait fermé les yeux : des images défilaient dans sa tête. Des images transmises par les auberons. Elle pouvait sentir leur colère et l'avertissement contenu dans leur voix muette ne lui échappa pas. Le sang noir de la démone serpenta le long du tronc avant d'atteindre la base de sa prison végétale. Magenta s'affola. Reculant pour avoir la totalité de l'arbre dans son champ de vision, elle entonna une formule en faisant deux demi cercles de ses mains.
- Non !
Carmin l'arrêta en prenant ses mains dans les siennes.
- Si elle m'a dit de ne pas attaquer ces arbres, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison, tenta-t-il de la convaincre en jetant un coup d'œil hésitant à leur cheftaine.
- Mais elle…
- Je sais.
Les lianes resserraient encore leur étreinte, déchirant la peau de la démone prisonnière. Cette dernière fit son possible pour ne pas crier, sachant très bien que cela pourrait entraîner sa mort. Elle tenta de chasser sa peur et petit à petit, elle sentit son corps se détendre dans l'étreinte du géant de sève. Elle put alors analyser les images qu'elle recevait. Des hommes en noir armés de haches. Des flammes hautes assombrissant le ciel. Une flaque d'eau noire qui s'évapore.
La démone eut l'impression d'avoir déjà vu ces images. Mettant ce sentiment de côté, elle remua un peu afin d'effleurer le tronc de sa main pour répondre à l'auberon. Un démon à l'apparence humaine. La lame d'une épée rougie par le sang. Elle n'était pas très douée dans ce domaine. Mais malgré son incertitude, elle pensait avoir réussi le transfert d'images. Les liens qui la retenaient se relâchèrent un peu, lui permettant de respirer à nouveau normalement. Elle remercia l'auberon d'une main tremblante avant que ce dernier ne retire sa lance de bois de son abdomen. Un son rauque s'échappa des lèvres de la démone avant que les lianes ne se retirent entièrement.
Sang jura avant de foncer droit vers le sol sans pouvoir ralentir sa chute. Magenta envoya valser Carmin sur le côté puis elle se rua vers le pied de l'arbre pour réceptionner la cheftaine. Elle prit appui sur une racine noueuse pour sauter vers Sang, l'attrapant au vol avant qu'elles ne chutent ensemble vers le sol. Un bruit mat retentit lorsqu'elles atterrirent contre l'herbe.
A nouveau, le silence prit possession de l'étrange clairière. Carmin se redressa péniblement sur ses mains, un peu sonné. « Je ne pensais pas que Magenta avait autant de force… » Se remettant sur pied, il passa une main sur sa nuque douloureuse avec un grognement mécontent. Il posa ensuite des yeux curieux sur les silhouettes allongées des deux démones. Celles-ci ne bougeaient plus. Un peu inquiet malgré lui, le démon noir marcha vers elle en les appelant.
- Ca va, bougonna Magenta en se relevant, une main sur les côtes.
Sang émit un soupir avant de s'asseoir difficilement, les mâchoires étroitement serrées. Le masque de souffrance qui assombrissait son visage fit reculer Carmin : jamais il n'avait lu une telle colère dans les yeux de sa cheftaine.
- Maudit auberon, siffla Sang en essayant de se relever.
Un cri lui échappa avant qu'elle ne retombe par terre et Magenta accourut pour l'aider, préparant déjà les incantations de guérison démoniaques. Elle effectua quelques signes de ses mains en murmurant dans l'ancienne langue des démons. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Elle se figea un instant, perplexe avant de reprendre avec plus d'intensité. L'effort de concentration qu'elle soutenait paraissait intolérable tant son visage était figé. Carmin l'observa durant toute l'incantation, stupéfait de voir la démone agir avec une telle volonté. La magie qui environnait les deux démones s'estompa lentement lorsque Magenta souffla le dernier mot. Carmin n'avait pas eu la chance d'apprendre l'ancienne langue de son peuple mais il était sur que ce que venait de faire Magenta aura des répercutions importantes à l'avenir. Peut-être même qu'elles seront graves… Une lueur sinistre planait dans les yeux de la démone claire. Carmin s'approcha de ses amies puis s'agenouilla en face de Magenta, Sang étant allongée entre eux d'eux, toujours inconsciente.
- Magenta ? Murmura le démon noir en la fixant.
Cette dernière l'observa d'un regard vitreux sans lui répondre, visiblement ébranlée par son incantation. Après une brève hésitation, le démon insista, attendant une explication de la part de son amie. Celle-ci se contenta d'hausser les épaules avant de s'allonger à côté de Sang, épuisée. Carmin la laissa faire, partagé entre anxiété et curiosité. Il jeta alors un regard méfiant à l'auberon, ce dernier semblant à nouveau plongé dans l'immobilité la plus totale. Sang se mit alors à grogner, sans doute agacée par l'inconfort de sa position. Elle se redressa avant que Carmin ne lui ait dit quoi que ce soit et elle posa des yeux étonnés sur la démone allongée à côté d'elle.
- Qu'est-ce qu'il lui prend ? Le questionna la cheftaine en secouant d'une main douce l'épaule de Magenta.
- Elle t'a soigné avec une incantation, répondit le démon noir en couvant l'inconsciente sous un regard protecteur.
- Une incantation ? Répéta d'une voix basse Sang en fronçant les sourcils.
Passant une main légère sur le visage de sa compagne, la cheftaine semblait perdue dans ses réflexions, une expression un peu paniquée se dessinant peu à peu sur ses traits. Carmin l'observait avec étonnement. C'était bien la première fois que Sang avait un air aussi désorienté et cela n'avait vraiment rien de rassurant. Faisant claquer sa langue pour signifier son agacement, le démon noir se releva et il fit le tour de la clairière en gardant à l'œil l'auberon, inspectant les environs. « Je sens une odeur bizarre… » Faisant encore quelques pas, il s'arrêta en tombant sur trois cadavres humains déjà partiellement décomposés. Se détournant en hâte pour éviter de vomir, il entendait toujours le bruit détestable des mouches qui avaient trouvé là un banquet très festif. Dégoûté, le démon revint sur ses pas et rejoignit ses deux amies.
Magenta était toujours inconsciente. Sang l'avait prise dans ses bras et s'était relevé avec une grimace. Ses blessures ne devaient pas être cicatrisées malgré les efforts de leur amie. La cheftaine se détourna et elle reprit le chemin qu'ils avaient emprunté en venant.
- Nous partons ? Demanda un peu stupidement Carmin.
- Oui…
Le démon se tut. Il n'avait pas vraiment envie de rester dans ce lieu de mort et la suivit donc sans protester, silencieux.
Dumbledore tournait en rond dans son bureau sous les regards impuissants de McGonagal et Rogue. « Une catastrophe. Si jamais… Si jamais… » Incapable de terminer sa pensée, Dumbledore alla devant son armoire privée et en sortit la pensine. La ramenant sur son bureau sans prêter attention aux deux professeurs, il s'assit en face d'elle et prit sa baguette en main. D'un geste lent, il pointa le bout de sa baguette sur sa tempe et l'éloignant, il tira un fil argenté qui alla finir sa course dans la pensine. Le vieux sorcier se pencha au dessus du bassin miroitant pour observer sa dernière pensée : Harry se tenait devant l'infirmerie éventrée, un voile de crainte et de doute mêlées flottant dans ses yeux. A ses côtés, Ginny et Ronn semblaient prêts à s'effondrer de désespoir. « Raphaël… » Les pensées de Dumbledore s'agitèrent en pensant au jeune française et il tira un autre fil d'argent qu'il observa à son tour. Dans la pensine, le visage de Raphaël apparut, les joues luisantes de larmes et le regard vide, comme déserté par toute vie.
Frissonnant à ce souvenir, Dumbledore détourna son regard de l'objet et il alla le ranger. Le jeune français l'inquiétait au plus haut point : sans sa sœur, il était totalement désemparé. Rogue se racla poliment la gorge pour attirer son attention et il lui accorda un regard.
- Dumbledore, nous ne pouvons pas rester ainsi sans agir…, commença le maître de potion en crispant nerveusement son poing.
- Nous devons les retrouver, le coupa d'une voix à la fois résolue et abattue la sous directrice.
Dumbledore soupira et revint vers son bureau d'un pas lourd.
- Par où commencer ? Où les chercher ? Comment les libérer ? Fit Dumbledore d'un ton las. Face à Voldemort, nous n'avons pas la moindre chance depuis quelques temps…
- Nous ne devons pas renoncer, Albus, répliqua Minerva d'une voix alarmée.
Rogue ne dit rien. C'était bien la première fois qu'il voyait un tel abattement chez le célèbre directeur de Poudlard. Fronçant les sourcils, il baissa la tête en signe d'abandon. Ils n'avaient pas dormi de la nuit et il était plus de 17h… La fatigue se faisait sentir chez tout le monde. Un coup léger frappé à la porte les fit sursauter.
- Entrez, lança la voix fatiguée de Dumbledore.
Mme Pomfresh fit alors son entrée. S'arrêtant avec étonnement en constatant la présence de ses deux collègues, elle referma la porte derrière elle et s'avança vers le bureau du directeur. Elle y posa une chope fumante et posa un regard autoritaire sur le directeur de Poudlard.
- Prenez ça, Dumbledore, ça vous aidera sûrement, ordonna doucement l'infirmière en retournant déjà vers la porte.
- Comment va Raphaël ? La retint Dumbledore en prenant la tasse brûlante.
Pomfresh s'immobilisa et ses yeux contemplèrent tristement le sol, inquiétant davantage encore les trois personnes présentes dans la pièce.
- Je n'ai jamais vu autant d'angoisse chez un élève que chez lui, souffla l'infirmière, visiblement préoccupée. De plus…
Elle hésita à poursuivre, incertaine de ce qu'elle allait avancer. Dumbledore se leva en l'encourageant doucement, la rejoignant près des deux autres professeurs.
- Je pense qu'il se reproche leur disparition, lâcha doucement PomPom en secouant tristement la tête. Surtout celle de sa sœur…
- C'est absurde, remarqua gentiment McGonagal.
- Sans doute, mais il ne veut pas en démordre…
- Retournez auprès de lui, PomPom, conseilla tranquillement Dumbledore. Nous viendrons le voir un peu plus tard.
L'infirmière hocha distraitement la tête avant de s'éloigner. Une fois la porte refermée, Dumbledore soupira une nouvelle fois en se massant la tempe. Il reposa la tasse avec une grimace et se tourna vers les deux professeurs.
- Nous devons agir…
- Comment ? Questionna avec justesse le professeur de potion.
- C'est là que nous sommes coincés, avoua Dumbledore en réfléchissant. Minerva, contactez Maugrey et Tonks si cette dernière n'est pas trop occupée. Dites-leur de faire des recherches sur le manoir de Voldemort mais surtout, dites-leur bien de ne rien faire sans mon ordre ! Insista le directeur avec une pointe d'inquiétude.
- Oui, Albus…
McGonagal sortit à son tour du bureau, laissant Rogue et Dumbledore seuls. Ce dernier alla s'asseoir dans son fauteuil, épuisé. « Tout ça, ce n'est plus de mon âge… » Rogue prit la tasse du directeur et il la posa juste devant lui en reprenant la parole d'une voix bien plus sombre cette fois-ci.
- Pensez-vous que… nous les récupèrerons en vie… ?
C'était cela qui préoccupait le plus le maître de potion. Il savait que Granger et sa nouvelle préfète avaient peu de chances de s'en sortir vivantes, ce coup ci… Dumbledore braqua un regard alarmé sur lui : il n'avait pas une seule seconde pensé que cela pouvait arrivé mais… « Vieux fou, ta jugeote se détériore avec le temps… Par Merlin, si jamais elles… » Refusant d'aller plus loin dans sa pensé, Dumbledore termina sa tasse d'une traite pour se donner le temps de composer une réponse valable.
- Il le faut, Séverus. Il le faut…
Le maitre de potion n'ajouta rien, très peu convaincu par cette réponse évasive. Dumbledore remarqua bien son hésitation mais il n'avait rien de mieux à lui offrir que cela. Soupirant et se levant de son fauteuil, le directeur de Poudlard alla vers le perchoir de Fumseck. Là il caressa les plumes du pheonix silencieux, observant un coin du ciel à travers la fenêtre non loin d'eux.
- C'est dans ces moments là que ton chant nous manque, mon vieil ami… Murmura Dumbledore dans le silence pesant du bureau.
- Ginny ?
Fleur avait appelé d'une voix douce la jeune gryffondor, cette dernière étant visiblement perdue dans ses pensées, une expression angoissée voilant son visage. La rouquine lui adressa un pâle sourire avant de se détourner à nouveau, reprenant sa contemplation silencieuse du parc à travers la petite fenêtre en face d'elle. Elles étaient dans le salon des préfets en chef. Le petit salon était plongée dans un silence impressionnant : Harry et Draco étaient tous les deux assis sur l'un des fauteuils du salon, Harry étant à moitié assis sur les genoux du Serpentard blond. Fleur elle occupait le fauteuil en face d'eux et observait avec tristesse sa rouquine debout à sa gauche. Ron, quand à lui, était affalé dans l'un des fauteuils alignés contre le mur, le visage fermé. Son expression n'avait cessé d'être orageuse depuis que Dumbledore leur avait fermement ordonné de rester tranquilles, leur interdisant de faire quoi que ce soit de dangereux.
Ils avaient tous plus ou moins acquiescé à la demande du directeur, même si cela ne faisait qu'empirer leur inquiétude. Harry, qui jouait avec l'écharpe vert et argent de Draco, finit par libérer le bout de tissu en soupirant bruyamment, attirant l'attention de Fleur et Ron.
- On doit bien pouvoir faire quelque chose, s'entêta le survivant en levant un regard suppliant sur le professeur de défense contre les forces du mal.
Cette dernière détourna la tête, elle aussi peinée de ne pouvoir rien faire.
- Et que voudrais-tu faire ? Répondit Draco à Harry en enserrant sa taille d'un bras tendre. Tu vas te lancer tout seul à leur poursuite et décimer l'armée de Voldemort ?
Harry baissa la tête, vaincu. Ron de son côté serra les dents de rage en entendant le nom du lord noir à l'origine de tous leurs problèmes. « Un jour… Un jour il paiera… » Cette idée bien encrée dans son esprit permettait au rouquin de la bande de supporter l'attente détestable qui s'était instaurée lors de l'enlèvement de leurs deux amies. Il s'inquiétait tellement pour elles, et surtout pour Hermione. Il n'avait pas vraiment renoncé à la jeune gryffondor. S'il voulait être honnête avec lui-même, il aurait avoué qu'il l'aimait toujours même si elle s'était indubitablement éloignée de lui. « J'aurais du être là… pour la protéger… » Grimaçant à cette pensée qui lui faisait mal, il lâcha un juron et sortit du salon sans un mot pour aller marcher dans le parc.
Pensant qu'il pestait contre l'attente et non pour autre chose, les autres le laissèrent tranquille. Fleur finit par se lever et elle rejoignit sa cadette devant la fenêtre, l'enlaçant doucement dans le dos. Elle posa son menton sur l'une de ses épaules et resta ainsi sans un mot, la serrant simplement contre elle. Un léger tremblement secoua la rouquine tandis qu'elle tentait de maîtriser un sanglot épuisé puis elle posa sa main sur les bras de la française avec reconnaissance.
Harry se cala plus confortablement contre Draco et les deux couples restèrent silencieux un long moment, trouvant l'étreinte qu'ils échangaient réconfortante.
Ron avait sans s'en rendre compte prit le chemin de l'infirmerie, faisant claquer ses chaussures avec colère sur les dalles en pierre du château. Plusieurs élèves plus jeunes s'étaient précipitamment écarter en le voyant traverser les couloirs d'une pas rageur : le rouquin était célèbre pour ses éclats de mauvaise humeur. Le gryffondor se rendit donc devant l'infirmerie en pensa à sa meilleure amie avec quelques regrets amers au fond de la gorge. Quand il vit enfin la porte d'infirmerie en face de lui, il mit un terme à ses réflexions avec étonnement, se demandant bien pourquoi il était venu ici. Haussant finalement les épaules en se disant que ça n'avait pas grande importance, il poussa la porte et entra sans se préoccuper du vacarme qu'il introduisait dans la pièce. Avant qu'il n'ait eu le temps de refermer la porte derrière lui, Mme Pomfresh lui tomba dessus en brandissant une plante dans sa main levée.
- Vous ne pouvez pas être plus discret, jeune homme ? S'indigna l'infirmière avec colère. C'est un lieu de repos ici, par un cirque !
Prit au dépourvu par la colère de l'infirmière, Ron murmura des excuses penaudes avant de refermer doucement la porte. Sa propre colère s'était quelque peu apaisée.
- Bon, soupira Pomfresh en baissant son bras armé de la plante. Qu'es-tu venu faire ici ? Tu ne te sens pas bien ?
Ron allait répondre que c'était en effet le cas quand il se ravisa en catastrophe. « C'est bien la dernière personne à qui je pourrai parler de ce qui me préoccupe… Cherche, bon sang. Cherche ! » Espérant vite trouver une réponse à la question de l'infirmière de Pourdlard, son regard tomba sur un lit occupé d'où il vit dépasser une chevelure bleu foncé. « Raphaël… » Durant un instant, il avait presque oublié que le jeune français était ici depuis la disparition de sa sœur, refusant de quitter cet endroit aseptisé.
- Je suis venu voir Raphaël, déclara-t-il en s'avançant déjà vers le jeune garçon.
Mme Pomfresh le laissa faire avec un hochement de tête. Elle lança un regard attendri au jeune français, une expression quasi maternelle sur le visage, avant de retourner dans son bureau pour terminer son infusion de plante.
Ron s'approcha lentement du jeune homme, ne sachant pas s'il dormait ou non. Le voyant remuer, il le rejoignit avec moins de manières et tira une chaise à côté du lit pour s'asseoir. Il ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait en entamant une conversation avec lui mais puisqu'il était là à présent, autant parler un peu avec lui. Il paraissait si seul en plus…
- Raphaël ?
Le jeune français remua encore en grognant un peu. Ron laissa échapper un sourire amusé et il attendit qu'il émerge avant d'aller plus loin. Raphaël avait vraiment du mal à se défaire de l'étreinte de Morphée : il avait prit une potion de sommeil voilà quelques heures, ce qui avait passablement ramolli son métabolisme. Ouvrant péniblement les yeux, il observa un instant le plafond en fronçant les sourcils, se demandant bien où il était. Puis, retrouvant peu à peu tous ses esprits, il soupira en se retournant avant de s'immobiliser en découvrant Ron à son chevet. Rougissant un peu en bafouillant quelques mots incompréhensibles, il se redressa d'un seul mouvement.
- Du calme, ce n'est que moi, le rassura le rouquin avec une pointe d'amusement.
- Excuse-moi, je ne t'avais pas vu, répliqua Raphaël d'une voix gênée.
- Pas grave, le coupa Ron, faisant un geste de la main pour lui signifier que ça n'avait pas d'importance. Comment te sens-tu ?
- Euh… Mieux, répondit aussitôt Raphaël. Enfin, je suppose… Ajouta-t-il après un froncement de sourcils peiné.
Ron ne répondit rien, baissant la tête pour regarder ses mains. Il avait vraiment envie d'éclater, de crier, de pleurer… Il avait envie d'envoyer valser son malaise en le faisant exploser à la face du monde mais il ne pouvait pas. Pas ici. Pas comme ça. « Si seulement… » Il pensait toujours qu'il aurait pu faire quelque chose s'il avait été avec les deux jeunes femmes, et cela lui sapait le moral. Raphaël l'avait observé avec attention et il haussa un sourcil en reconnaissant sa propre réaction juste après la disparition des deux jeunes femmes. Se raclant la gorge pour attirer son attention, il souffla doucement :
- Tu n'y es pour rien…
Ron le contempla, bouche bée. « Suis-je si transparent que ça ? ».
- Moi aussi je m'en suis voulu…
Le rouquin haussa un sourcil en comprenant et un soupir franchit ses lèvres avant qu'il ne se mette à parler sans pouvoir s'arrêter.
- J'aurai du être là, commença-t-il en fixant un regard douloureux sur le drap blanc du français. Je n'ai même pas bougé le petit doigt pendant qu'elles se faisaient enlever par ces chiens et… Il doit bien y avoir un moyen pour les retrouver. Je ne veux pas la perdre, lâcha-t-il en sentant des larmes perler au coin de ses yeux. Je l'aime…
Raphaël le contempla à son tour, bouche bée.
- De qui parles-tu ? Demanda-t-il finalement.
Ron releva un regard surprit sur lui avant de se traiter d'imbécile : les français n'étaient pas au courant pour l'histoire entre Hermione et lui. « C'est vrai… »
- Je… Je parlais d'Hermione, fit le rouquin en rougissant un peu.
- Oh…
Raphaël n'ajouta rien de plus, ne sachant pas quoi lui dire et comprenant mieux l'attitude désespérée de son aîné. Lui non plus ne pouvait rien faire…
La porte du cachot se rouvrit avec un grand fracas métallique, faisant sursauter Raziel avec une grimace douloureuse. Ses nombreuses blessures étaient toujours ouvertes car elle n'avait pas eu la force de les soigner par son pouvoir. Elle sentait le liquide poisseux qui s'échappait de ses plaies mais à vrai dire, elle n'en avait cure : les mangemorts avait ramené un corps en piteux état. « Her… Hermione ? » Se sentant pâlir, Raziel eut un mouvement pour se rapprocher du groupe mais le mangemort resté à la porte l'en empêcha en lui envoyant un coup de pied dans les côtes. La française poussa un gémissement en entendant une ou deux côtes craquer sous l'impact et elle s'éffondra, vaincue.
- Reste tranquille ou je t'achève, miss Ange, siffla l'homme encapuchonné avant de partir d'un grand rire sadique.
Ses deux collègues enchaînèrent à nouveau le corps inconscient d'Hermione avant de ressortir en plaisantant, visiblement de très bonne humeur. « Bande de trolls… J'aurai votre peau ! » Fulminait en silence la serpentard en tentant à nouveaux de se redresser. Elle essaya d'appeler sa compagne mais la seule chose qui réussit à sortir de sa bouche fut un filet de sang. Crachant un peu afin d'effacer ce goût métallique de sa bouche, elle rampa vers l'inconsciente avec quelques difficultés avant d'être stoppée par ses chaînes. « Hermione… » Cette dernière ne bougeait vraiment plus. Elle n'était même pas sûre qu'elle respire tant son immobilité était totale. Prenant soudain conscience de la situation désastreuse dans laquelle elles se trouvaient, Raziel sentit un certain désespoir sourdre en elle, la piétinant avec la même efficacité qu'un bulldozer écrasant une cabane branlante. « Ne me laisse pas… Je t'en prit, ne me laisse pas Mione… » Elle n'avait pas la force de pleurer mais c'était égal, son cœur saignait à la vue de la gryffondor inconsciente.
« Je ne le supporterai pas… »
« J'ai échoué. Je n'ai pas su te protéger… Je suis bien inutile… finalement… » Serrant les dents de rage et de douleur, la française sentit une colère plus froide que la glace s'emparer de tout son être, la balayant telle une lame de fond. « Impardonnables… » Se redressant sur ses bras, elle se força à s'asseoir en maîtrisant tout aussi froidement la douleur qui irradiait son corps. « Impardonnable… » Relevant doucement la tête pour épargner le plus possible son cou, ses yeux étincelant de haine malgré le voile qui les recouvraient se posèrent sur Hermione. « Impardonnables. » Prenant lentement appui sur le mur derrière elle, l'héritière des anges intima l'ordre à ses jambes de la soulever, ignorant les protestations de toutes sortes. « Impardonnable. » La position debout lui donna un instant le tournis, la faisant vaciller. Manquant de retomber sur le sol crasseux de la cellule, elle se raccrocha avec le peu de force qui lui restait au mur, comme habitée par une entité faite uniquement de vengeance. « Impardonnables ! » Ses mains glissèrent sur la pierre humide avec maladresse. Elle avait du mal à déplier ses doigts, engourdis qu'ils étaient par la perte de sang et le froid. « Impardonnable ! » Posant à nouveau ses yeux sur sa compagne, la rage qui fourmillait en elle sembla exploser et elle tira de toute sa force sur les chaînes qui la maintenaient captive. « Impardonnables !!! »
Les chaînes furent parcourues d'un reflet bleuté avant de se briser comme des anneaux de glace l'auraient fait après un choc trop violent, volant en éclats. Elle ne s'intéressa même pas au phénomène, s'élançant vers l'inconsciente tandis qu'une poussière étincelante volait partout dans la cellule et elle tomba à genou près d'elle. Raziel tandis une main tremblante d'épuisement vers Hermione et elle la retourna, espérant plus que tout l'entendre respirer. La gryffondor respirait bel et bien, même si sa respiration était d'une faiblesse inquiétante.
La haine céda la place à l'espoir chez la française et la fatigue la rattrapa, la faisant s'asseoir en chancelant. « Je n'ai pas le temps de me reposer. Si jamais ils reviennent maintenant… » Ne préférant pas terminer sa pensée, la française agrippa les épaules de la gryffondor et l'attira dans son giron avec le peu de douceur qu'elle pouvait employer, ses tremblements devenant de plus en plus erratiques. Elle se pencha sur le visage intact de son cœur pour l'embrasser doucement sur le front, se disant qu'elle lui jouerait le coup de la belle au bois dormant quand elles seraient loin de ce manoir de fous. « Et maintenant… » Elle ne savait pas si ce qu'elle espérait faire allait marcher. Elle ne savait même pas comment s'y prendre. Pourtant, elle n'avait pas le choix, elle devait essayer… Se concentrant de toutes ses forces sur l'image d'Hermione, elle vit la pièce s'éclairer comme la lueur bleutée revenait l'envelopper. « A moi de jouer. Faites que ça marche…» Se focalisant sur le sentiment d'espoir qui l'avait envahi un peu plus tôt, elle murmura d'une voix exténuée le sortilège de transplanage.
L'éclat qui la nimbait sembla exploser et elle laissa échapper un gémissement en se sentant happer vers le haut. Les murs disparurent de son champ de vision et elle se cramponna désespérément à Hermione, horrifiée à l'idée de lâcher l'inconsciente durant le transfert. Après un demi minute de doute et de tiraillement éprouvant, son dos entra en contact avec un sol tapissé d'herbe et de feuilles. Les environs sentaient l'humus et l'humidité.
Raziel ouvrit un œil pour être sûre d'être assez loin et, voyant de grands arbres au dessus d'elle, elle le referma. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle les avait emmenée mais elle était bien trop vidée pour faire quoi que ce soit de plus. Resserrant mollement son étreinte autour du corps d'Hermione, son esprit perdit pieds et elle se sentit glisser dans le noir, sa tête roulant sur le côté.
Et voilà, un autre chapitre de terminé. Alors, z'en pensez quoi ? Quelle était donc l'incantation de Magenta ? Que va-t-il arriver à nos deux inconscientes ? Fumseck rechantera-t-il un jour ? Que s'est-il passé dans la cellule exactement ? Affaires à suivre…
Une tite review ? (fait un grand sourire cajoleur)
Bises,
Lumenor.
