La suite pour ces chers lecteurs !
RaR :
Amand1 : J'adore ton ironie, lol. En tout cas, les deux héroïnes sont dans la mouise, ça se voit très bien dans ce chap. Pour les démons ben... suffit de lire et d'apprécier. Mais comme je me sens d'humeur généreuse, pour l'instant ils s'en sortent pas trop mal. Mais ça peut changer du jour au lendemain de toute façon (sourire amusé) Pour Bellatrix, je dois dire que j'aime bien la folie, ça lui va très bien je trouve. Mais bon, ce n'est qu'une mise en place pour les drames à venir, lol. Je rassure beaucoup là xP Bises Amand !
Sharee : Alala, sadique va (pliée de rire) C'est loin d'être la fin tu sais ? Faut que je réserve deux trois effets pour la fin aussi. Pour les démons (on dirait qu'ils plaisent bien ceux-là, lol) ben suffit de lire. En tout cas, j'espère que personne n'est très attaché à une quelconque religion : je casse un peu les clichés religieux là, même si je me base sur eux pour se faire (mais c'est pas bien méchant). Et pis, les gens cardiaques auront droit à un chapitre bonus si leur coeur tient jusqu'à la fin : ce sera ma façon à moi de vous remercier tous, héhé. Gros bisous Sharee !
Zofia : lol, le tape pas trop l'ordi, tu pourras plus lire après. Ce serait cruel pour toi et pour moi (sourire d'ange) Bises à toi zofia !
Et bonne lecture of course !
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5. Silence et rituel
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Tout ce qui avait toujours retenu le lord noir avait volé en éclat grâce à ce cher Stéor. Voldemort ne remercierait jamais assez son prédécesseur. Un sourire glacial étirait les lèvres fines du sorcier maléfique, rendant les mangemorts présent tout autour de lui plus nerveux. Ils étaient en vue de leur destination finale : le cœur de la forêt de Brocéliande, en France donc. Beaucoup de comptes et légendes tous plus farfelus les uns que les autres circulaient sur le compte de cette forêt chez les moldus et en vérité, cela amusait énormément le lord noir. Quoi de plus divertissant que de détruire son ennemi en utilisant ses propres inventions pour le faire ? Avec le temps, nombres de légendes avaient sombré dans l'oubli mais certaines s'étaient révélées au grand jour grâce aux recherches acharnées des mangemorts.
Marchant silencieusement entre les arbres centenaires de la forêt silencieuse, le sentier qu'ils suivaient était étroit et ne permettait pas à plus de deux hommes de se tenir de front. Formant une sombre colonne, la délégation de mauvais augure avançait lentement sous le feuillage pesant des géants de sève. Le groupe était accompagné de Solestre, l'Imbre incarnée à présent au service de Voldemort, ce qui n'était pas du goût de certains.
- Pourquoi faut-il qu'on se coltine cette abomination ? Grommela entre ses dents serrées Marcelus Bridge, l'un des plus récents serviteurs de Voldemort.
En vérité, l'Imbre non loin derrière lui le révulsait : bien plus terrible que toutes les créatures de la terre, l'hybride était une faucheuse ambulante. L'objet de ses craintes avait d'ailleurs entendu la remarque pourtant discrète du mangemort et elle se rapprocha imperceptiblement de lui, les mangemorts s'écartant sans peine à son approche, mal à l'aise. En moins de trente secondes, Solestre fut derrière l'humain qui l'avait fort aimablement qualifiée d'abomination et elle attendit un instant avant de lui faire sentir sa présence. Le reste du groupe poursuivait sa marche mais toute l'attention des personnes présentes était concentrée sur le duo. Même le lord noir suivait l'affaire malgré sa position en tête de colonne, écoutant attentivement.
Solestre finit par rire de sa voix aigue et basse juste derrière Marcelus. Ce dernier fit un bond en l'entendant et pâlit visiblement en se tournant vers elle. Des gouttes de sueur apparurent sur son front au fur et à mesure que le rire de l'Imbre incarnée montait dans les aigus. Tentant de l'ignorer, le mangemort se détourna et reprit sa marche en faisant son possible pour calmer l'angoisse insidieuse qui s'était emparé de lui. Tous les autres mangemorts avait frissonné au son de la voix de Solestre, pris d'une peur quasi instinctive. Le cri suraigu d'une buse transperça le calme de la forêt et le rire de l'Imbre cessa brusquement.
Le cœur du mangemort rata un battement et il se retourna vers l'Imbre, cette dernière ayant saisit sa nuque d'une poigne de fer.
- Les carrières les plus téméraires sont également les plus courtes, chuchota l'Imbre en le fixant de ses yeux d'un noir d'encre.
Le mangemort n'eut pas le temps de crier avant de sentir la main libre de l'Imbre fouiller dans sa poitrine. Lui arrachant le cœur sans ménagement, elle le lui montra avant qu'il ne meurt au bout de son bras, les yeux écarquillé par l'horreur et l'incrédulité. L'hybride jeta le cœur plus loin tandis qu'un souffle de répulsion et d'effroi circulait chez les autres encapuchonnés, hébétés par cette exécution violente. Balançant rageusement le corps sans vie du mangemort contre l'un des arbres proche d'eux, l'Imbre laissa échapper un grognement moqueur.
Ne se préoccupant plus des humains cachés par leurs capuchons, Solestre remonta en tête de colonne pour rejoindre le lord noir. Celui-ci l'accueillit avec un claquement de langue à la fois amusé et répréhensif.
- Voilà un spectacle stimulant, siffla la voix dérangeante du lord à l'intention de l'hybride. Toutefois, j'ai besoin d'eux en vie…
Une nuance menaçante perçait dans le ton de Voldemort. Il n'accepterait pas trouble au sein de son armée. Et si pour cela il devait faire tomber quelques têtes, il s'exécuterait avec joie. Comprenant le message l'Imbre ne répliqua pas mais un éclair de colère passa dans ses yeux d'ébène. On ne lui disait jamais ce qu'elle devait faire, sous peine de mort instantanée. De même, les insultes étaient mal venues avec elle. Emettant un grondement significatif, elle fit comprendre ses quelques règles à suivre à son mettre en lui transmettant des images lourdes de sens. Le lord chancela sous l'afflux, prit par surprise. Il lui jeta un regard d'avertissement pour qu'elle cesse avant de lui faire un signe, hochant sèchement la tête en signe d'accord.
Satisfaite, l'Imbre incarnée laissa son maître reprendre seul l'avant de la colonne, maintenant une distance de cinq mètres en eux. Les siens n'avaient pas pour habitude d'obéir à un simple humain. Mais la créature y trouvait un certain amusement : le lord répandait autour de lui une belle pagaille, qui dégageait le plus souvent l'odeur du sang frais. Pourquoi s'en priver alors ? C'est sur cette pensée que Solestre poursuivit la marche en silence, un fin sourire jouant sur les lèvres du démon qu'elle possédait.
Voldemort retourna à ses pensées. « Nous avons ouvert la première porte : la porte des Terres de Cendre. La deuxième se trouve ici, au cœur de cette forêt française. Qui l'eut cru… ? » La haine qui couvait sous son sourire glacial se cristallisa un instant comme ses pensées déviait sur le jeune Potter. Ses yeux se réduisirent à deux fentes rageuses et, serrant les poings, il se promit de faire souffrir le jeune homme dans un avenir proche. Il s'apaisa en repensant à Lucius, ce dernier ayant apparemment réussi un coup de maître : capturer la dépositaire du pouvoir des anges.
- Détruis-la… Murmura le lord noir dans un élan de sadisme pur.
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Aux heures les plus sombres de la nuit, le bras droit de lord Voldemort crut devenir fou en découvrant la disparition de ses captives. Balançant un poing rageur contre le mur de la cellule le plus proche, il hurla le nom de l'un des mangemorts en charge de la surveillance des deux jeunes femmes. Le gardien arriva au pas de course, effrayé par la colère qui transparaissait dans la voix du sang pur blond. Ce dernier ramena son poing vers lui en le débarrassant du sang à moitié séché qui recouvrait la pierre de la cellule. Se disant qu'il allait le tuer en sortant dans le couloir, Lucius respira un bon coup pour garder son flegme habituel malgré la lueur meurtrière qui dansait dans ces yeux.
- Où sont-elles ? Questionna d'une voix dangereusement basse le mangemort le plus puissant de tous.
Reculant d'un pas mal assuré, le gardien sentit son sang refluer dans ses veines en comprenant la situation. « Impossible, la porte était verrouillée ! » Pensa-t-il tandis que son visage se tordait de crainte, devenant presque risible. Lucius perdit son calme et il empoigna le mangemort au col en le soulevant presque du sol, ivre de rage.
- Retrouve-les… Retrouves-les ou je jure de t'éviscérer comme un porc !
Le cri du bras droit attira l'attention d'autres mangemorts qui vinrent aux nouvelles. Mais ils le regrettèrent bien vite. Lucius laissa retomber le gardien qu'il tenait, ce dernier s'affalant au sol sans ménagement. Le sorcier blond passa alors un regard glacial sur tous les sorciers noirs présents en fulminant.
- Si je ne les vois pas dans cette cellule avant midi, je lâcherai les ombranes sur vous tous, prévint-il avec une fureur qui paralysa même les plus téméraires. Exécution !!! Beugla-t-il comme un dément.
Les mangemorts ne demandèrent pas leur reste et partirent en courant, sortant déjà leurs baguettes. Fermant les yeux pour reprendre le contrôle de ses nerfs, le bras droit observa alors la cellule avec plus d'attention. Les murs étaient par endroit souillés de sang et les chaînes qui étaient auparavant fixées au mur gisaient sur le sol, à moitié effritées. « Effritées ? » Examinant le sol, le père de Draco s'accroupit et passa un doigt sur la pierre inégale des dalles. Le bout de son doigt était recouvert d'une fine poudre bleutée plus fine que du sable. « Qu'est-ce que c'est que ça ? » Se redressant, il s'avança vers l'une des chaînes encore enchâssée dans le mur et il l'attrapa pour examiner son extrémité. Le dernier maillon de la chaîne vacilla avant de tomber dans un tintement métallique.
Le ramassant, il passa sa main sur le fer déchiqueté et la retira bien vite en blasphémant : il venait de se couper. Jetant le maillon contre le sol de toutes ses forces, ce dernier vola en éclat. Haussant un sourcil étonné, il se pencha pour essayer de comprendre le phénomène. « Etrange… Depuis quand le fer tombe-t-il en poussière ? »
Se redressant en jurant, Lucius ressortit de la cellule de plus mauvaise humeur encore, si cela était possible. « J'ai commit l'erreur de jouer avec elles au lieu de les exécuter… Si jamais je retrouve la fille aux cheveux bleus, je la tuerai moi-même sans attendre. Et son sang servira à nourrir sa mère ! » Partant d'un éclat de rire à moitié fou, le sang pur sortit des cachots sans pouvoir mettre un terme à son hilarité mi démente, mi déterminée.
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- Harry ?
Relevant la tête du bouquin qu'il lisait, le survivant adressa un regard à celle qui le dérangeait avec une surprise non feinte sur les traits. Cho se tenait devant lui, se balançant avec gêne de droite à gauche sur ses pieds. La bibliothèque ressemblait fort à une cathédrale ce matin là tant le silence était roi entre les longues rangées de livres. Draco, Ron et Ginny étaient en cours de potion pour les deux premiers et de métamorphose pour la troisième. Harry avait demandé à McGonagall la permission de louper les cours ce matin, souhaitant faire des recherches à la bibliothèque. La directrice des lions avait tout d'abord refusé, trouvant le moment bien mal choisit à seulement quelques mois des Aspics. Mais le survivant avait tellement insisté face à sa directrice, contrant tous ses arguments avec une vivacité déconcertante, qu'elle avait fini par lui céder la victoire.
En vérité, Minerva McGonagall ne s'inquiétait pas trop pour les résultats scolaires du jeune Potter. La présence de miss Granger dans la bande du survivant avait eut le mérite de rendre Harry tout comme son ami de rouquin plus sérieux. Cela était sans doute également dû aux responsabilités de plus en plus grandes que devait assumer le balafré. Quoi qu'il en soit, Harry pouvait se permettre cette absence, c'est pourquoi il se retrouvait seul dans la bibliothèque en cette matinée pluvieuse.
Toussotant doucement pour ramener le survivant sur terre, Cho s'assit en face de lui avec un semblant de sourire. Harry repoussa un peu le gros volume relié de cuir qu'il avait entamé en le fermant. Ayant glissé une plume pour marquer son endroit, il se dit qu'il verrait la suite plus tard. Accordant alors toute son attention à la serdaigle, il la gratifia d'un regard curieux.
- Je peux t'être utile ? Demanda-t-il finalement en constatant le silence de son amie.
Cho tressaillit et détourna les yeux en rougissant très légèrement. Bien que sa relation avec Harry n'ait jamais été très poussée, elle avait toujours eu cette impression de sentir des papillons voleter dans son estomac en le voyant. L'impression étant redoublée lorsqu'elle discutait avec lui.
- Je me demandais juste si ça allait, répondit au bout de quelques minutes la serdaigle.
- Plus ou moins, se contenta de dire Harry, volontairement évasif.
- Tu sais, je…
Cho hésita un instant avant de poursuivre et ses yeux tombèrent sur le livre qu'était en train de lire le survivant. Sortilèges noirs et Démons par J.K. Rownie. Fronçant un peu les sourcils en voyant le titre du livre, elle se demanda un instant ce que cherchait le célèbre sorcier. Puis, soupirant en posant ses coudes sur la table, revint sur le visage d'Harry.
- Je sais que je ne les connais pas très bien mais je suis tout de même inquiète pour elles, laissa tomber Cho.
Voyant un éclair de peine passer dans les yeux verts du gryffondor, elle lui adressa un sourire d'excuse en prenant son menton dans sa main pour soutenir sa tête. Les doigts de son autre main dessinaient les veines du bois. Le tout conférait à la jeune femme une attitude songeuse qui intrigua un peu Harry.
- Enfin… Surtout pour Hermione en fait, avoua Cho d'une petite voix. Je ne connais pas vraiment la française…
- Hmm…
- Je me demandais… si je pouvais aider… ? Proposa maladroitement la jeune femme avec une légère rougeur sur les joues.
Harry la considéra un instant, se disant qu'il devrait revoir son jugement sur elle. Après tout, l'histoire qui avait par le passé ruiné toute chance d'amitié entre eux était loin maintenant. Il ne pouvait plus lui tenir rigueur de son attitude passée. Soupirant face à la serdaigle, il croisa les bras avant de les poser sur la table, la mine préoccupée. Un élève fit racler un banc derrière Cho, attirant ainsi l'attention désapprobatrice de Mme Pince. Le regard de la bibliothécaire, préalablement concentré, se fit plus dur en rabrouant sévèrement le jeune garçon, ce dernier battant en retraite vers la porte de la salle. Le survivant avait suivit la scène et il n'avait pu empêcher l'apparition d'un fin sourire sur ses lèvres. En face de lui, Cho se détendit en voyant son sourire, rassurée.
- Je suis contente, dit-elle à voix basse, attirant l'attention du survivant. Il nous reste de l'espoir…
Harry ne comprit pas vraiment et allait lui demander de s'expliquer mais la jeune femme se leva avec souplesse du banc et s'éloigna de lui. Harry eut le temps de distinguer son expression apaisée avant qu'elle ne disparaisse derrière la porte de la salle. « Vraiment étrange… » Mais le survivant avait depuis bien longtemps renoncé à la résolution de l'énigme féminine, préférant éviter les migraines. Son attention revint sur le livre et sa curiosité fit une nouvelle fois surface en lui, le poussant à reprendre sa lecture. Ouvrant le livre à l'endroit de la plume, il mit négligemment cette dernière sur le côté puis s'en désintéressa, n'ayant d'yeux que pour l'épais volume. S'étant arrêté au milieu d'un chapitre, il eut la flemme de tout relire et remonta seulement de quelques lignes.
« Les plus grands sortilèges de notre époque sont, malheureusement, tous plus ou moins rattachés à la magie noire. On n'énumèrera pas les nombreux exemples ici (voir le chapitre 4 du présent volume pour plus d'informations). Nous tenons dans le présent ouvrage à prouver l'existence d'un lien, même ténu, entre les sortilèges sombres et les créatures imaginaires qui peuplent nos cauchemars (et parfois notre réalité). Sachez avant d'en apprendre plus, chers lecteurs, que toute beuglante ou missive du même acabit sera détruite dès réception, sans autre forme de procès. Evitez donc, je vous prie, de gaspiller votre temps ainsi que le notre… »
Sautant plusieurs lignes, Harry se mit en tête de trouver le mot 'démon' à l'intérieur du corps de texte. Il ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait mais après tout, avait-il besoin de se justifier devant lui-même ? Tournant finalement la page, puis la suivante, il s'arrêta brusquement en voyant apparaître le mot qu'il cherchait.
« Nous ne répèterons jamais assez que ces informations sont à prendre avec les plus grandes précautions, leur exactitude remettant en cause nombre de nos croyances en matière de démon et autres créatures des ombres. »
« Hein ? » Revenant un peu en arrière pour comprendre de quoi il retournait, le jeune sorcier aux yeux émeraude lut avec une attention à rendre jalouse Hermione elle-même.
« Prenez en considération la vision canonique des religions chez les moldus. Notre explication sera basée sur le christianisme mais peut être appliquée à bon nombre d'autres religions. De même, la plupart des légendes volent en éclat face à notre récente théorie. Mais cela vous sera plus compréhensible après ce qui suit.
Nous savons sans l'ombre d'un doute que les plus puissants démons sont la représentation physique des 7 pêchés capitaux : la paresse représentée par Belphégor, l'orgueil représenté par Lucifer, la gourmandise représentée par Béhémoth, la luxure représentée par Asmodée, l'avarice représentée par Mammon, la colère représentée par Satan et l'envie représentée par Léviathan... »
Harry ne comprenait strictement rien de tout ça, le traité lui faisant face lui donnant l'impression d'être plus arriéré qu'un troll lobotomisé. Pourtant, une chose était certaine : plusieurs courant de pensée sorciers avançaient l'existence des Enfers et du Paradis. Le survivant comprenait également qu'Enfers comme Paradis n'étaient, selon l'idée sorcière, pas aussi enchevêtrés dans les mains de Dieu qu'il n'y paraissait. Pourquoi cela ? Harry était bien incapable de répondre. Mais au-delà de toute considération religieuse, il se basa sur son expérience et admit à contrecœur que les démons n'étaient pas de stupides machines à tuer avides de sang. Pire encore, leur existence était indubitablement prouvée par la présence du Trio et les pouvoirs de Voldemort. D'ailleurs, n'était-ce pas de Satan en personne que le lord noir avait reçu ses pouvoirs ?
Mais qu'est-ce que cela avait en rapport avec eux ? Allaient-ils voir débarquer dans le parc de Poudlard les 7 démons au complet ? Des images de son rêve lui revinrent en mémoire et Harry eut l'impression qu'il allait vomir. Sa vue se brouilla un instant et il chancela sur son banc, s'accrochant désespérément à la table pour ne pas s'effondrer.
« Bon sang, un rêve peut avoir un tel effet sur moi ? » Laissant le livre là où il était, le plus célèbre des gryffondor se leva en tanguant légèrement et il partit de la bibliothèque sans prêter la moindre attention aux protestations véhémentes de Mme Pince. La bibliothécaire était indignée de voir un livre abandonné de la sorte ! Harry ne l'écouta pas et il se lança dans le couloir avec la désagréable impression d'être faible. Bousculant plusieurs élèves sur son passage, et même Mme Bibine, il se rua en direction de l'infirmerie sans ralentir un seul instant. « Malheur… et mort… » Ces deux mot le hantaient depuis son rêve mais il ne comprenait pas les avertissements de son propre cerveau, les souvenirs de son rêve étant tout à fait flous. Seule une angoisse plus épaisse que le brouillard du lac restait imprégnée dans le souvenir de son rêve.
- Mr Potter ! Le rappela la voix inquiète de Bibine.
Il l'ignora et continua sa course folle dans les couloirs de l'école de sorcellerie. Harry devait, Harry voulait atteindre l'infirmerie. Il ne savait pas pourquoi exactement il réagissait avec autant de hâte mais il avait une sorte de pressentiment.
Il arriva finalement devant la porte de l'infirmerie et l'ouvrit à la volée avec fracas, faisant un vacarme de tous les diables. Plusieurs personnes sursautèrent à l'intérieur : Dumbledore et Pomfresh discutaient à voix basse près du lit de Raphaël tandis Fleur veillait sur lui en silence. Harry avait à peine fait un pas à l'intérieur de la pièce qu'il s'effondra, inconscient. Mme Bibine, qui le coursait, faillit lui marcher dessus et, se rattrapant au dernier moment, se contenta de sauter par-dessus le survivant avant de s'agenouiller devant lui avec inquiétude.
- Mettez-le sur un lit, professeur Bibine, demanda Pomfresh en prenant une voix apaisante pour éviter de paniquer.
L'infirmière de Poudlard se rendit à pas précipités dans son bureau tandis que le professeur de vol soulevait Harry dans ses bras avec une petite grimace pour ses pauvres reins malmenés par l'opération. Dumbledore découvrit un lit avant que sa collègue ne pose le survivant dessus. Fleur s'était levée en voyant son ami s'écrouler et elle vint au chevet du jeune homme. Pomfresh ressortit de son bureau et houspilla les trois inquiets.
- Oust ! Laissez-le respirer, ordonna l'infirmière en les éloignant de son patient.
Le directeur et les deux professeurs battirent en retraite fasse à elle et l'infirmière ausculta le balafré avec une mine préoccupée. La porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée pour livrer passage à une Mme Pince survoltée, le chignon défait et les lunettes de travers. La bibliothécaire s'appuya contre le mur avec une respiration sifflante, passablement essoufflée. Dumbledore la rejoignit avec un sourire pétillant de malice : il avait rarement vu cette femme si redoutablement sévère dans un état pareil.
- Que vous arrive-t-il très chère ? Demanda le directeur en prenant son bras pour la soutenir ; Fleur et Bibine s'étaient rapprochées avec curiosité.
- Je… Je… Le jeune Potter, commença-t-elle en balayant la pièce du regard à la recherche de la personne mentionnée. Oh, fit-elle en le voyant inconscient. Dumbledore, il s'est senti mal dans ma bibliothèque : il lisait calmement avant de… venir ici, acheva-t-elle en reprenant un peu de son souffle, et de sa dignité au passage.
La femme à la mine sévère se redressa en remerciant le directeur d'un hochement de tête pour sa sollicitude et elle épousseta un peu sa manche pour se donner une contenance. Les trois autres remarquèrent alors qu'elle tenait un livre contre son flanc. Pendant se temps là, Pomfresh administrait une potion de sommeil à Harry, celui-ci étant à moitié inconscient seulement.
- Je me suis demandé si son malaise avait un rapport avec ce qu'il lisait alors, je me suis intéressée à ce livre, fit Mme Pince en désignant le livre qu'elle portait. Et… Vous devriez voir par vous-même…
Elle tendit le lourd volume relié de cuir à Dumbledore et celui-ci s'en saisit avec un froncement de sourcils. Il n'avait jamais vu ce livre dans la bibliothèque de Poudlard. Bon, en considérant qu'il ne passait pas souvent son temps entre les rangées de livres poussiéreux, c'était somme toute assez compréhensible. Retournant le livre, il lu le titre en silence tandis que les deux professeurs se rapprochaient pour voir également et un hoquet surprit échappa à la demi vélane.
- Mais c'est…
- Un livre interdit, termina Mme Pince en affichant un air passablement contrarié.
- Où a-t-il pu se procurer ce volume ? Questionna Mme Bibine en observant toujours le dit volume.
- Aucune idée, avoua Mme Pince en affichant une moue agacée, les lèvres pincées. Personne n'a eu accès à la réserve à part moi depuis plus d'un mois.
- Il ne vient pas de la réserve, s'éleva la faible voix d'Harry derrière eux, les faisant sursauter.
Ils revinrent vers son lit en le considérant avec perplexité et même anxiété. Le célèbre gryffondor leur offrit un sourire d'excuse en restant allongé, sonné par la potion de sommeil mais résistant obstinément à ses effets. Mme Pomfresh le scrutait avec la même attention que les autres sans la moindre inquiétude : le survivant était juste fatigué, rien de bien grave. Bien que les images de son rêve le hantent encore, Harry les ignora du mieux qu'il put en fixant le directeur. Il puisait dans la tranquillité inébranlable et malicieuse du vieux sorcier la volonté de repousser ses craintes.
- C'est le professeur Lupin qui me l'a envoyé, révéla Harry en fouillant dans l'une de ses poches pour en sortir un parchemin froissé qu'il tendit au directeur. Il voulait que je le lise avec attention pensant que cela nous serait utile par la suite…
- Je vois, souffla Dumbledore en saisissant le mot de Lupin. Bien, je doute que ce soit une mauvaise idée venant de sa part… Toutefois, fais plus attention à toi, Harry, nous avons déjà assez d'ennuis comme ça sans en rajouter, termina Dumbledore d'une voix soucieuse, mi-autoritaire, mi-paternelle.
Harry haussa un sourcil face à ce ton mais il ne releva pas, bien trop épuisé pour protester. Il finit finalement par glisser dans les bras de Morphée en cédant la victoire à la potion, entendant la voix de Pomfresh chasser tout le monde.
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Le cri strident d'un autre rapace traversa la forêt de Brocéliande et Voldemort fit signe à sa compagnie de s'arrêter, observant les environs. Une atmosphère lourde pesait entre les arbres clairsemés de la vieille forêt, comme chargée d'électricité. Mais quoi de plus normal pour une forêt dont on disait qu'elle était la demeure de Merlin en personne… Solestre remonta la colonne pour rejoindre son maître en écartant sans ménagement les mangemorts les plus lents, soufflant d'une voix désagréablement aigue à l'oreille du lord noir :
- Seriez-vous perdu, sorcier ? Le ton moqueur était à peine voilé.
- Retiens ta langue, Imbre, siffla Voldemort en tremblant de rage. Tu oublis à qui tu t'adresses…
- Non, je ne crois pas, mon… seigneur, répliqua l'imbre incarnée en appuyant délibérément sur le dernier mot, le tournant au ridicule.
Voldemort serra les dents et ne répliqua pas, scrutant toujours les alentours du regard. La deuxième porte devait se trouver ici, quelque part entre l'abondance végétale étouffante de cette satanée forêt française et son immobilité contre nature. Le lord noir sortit un parchemin et le déplia sans un mot, le papier sec craquant légèrement entre ses doigts osseux. Solestre observa la carte qu'il tenait de là où elle était avant d'émettre un petit bruit dédaigneux.
- Parfois je me demande comment vous pouvez commander à un si grand nombre, railla la voix aigue de l'imbre incarnée. Pas étonnant… Une armée d'idiots… Fit-elle en baissant le ton juste pour le principe.
Voldemort serra la carte, la déchirant à moitié dans sa colère. Il se jeta sur l'imbre en ignorant le parchemin qui échoua au sol et agrippa le cou du démon possédé de sa main rougeoyante. Ses nerfs étaient bien plus susceptibles depuis qu'il avait hérité des pouvoirs de Satan. Ses yeux se révulsèrent sous le regard abasourdi de l'imbre et il resserra sa prise sur son cou, une expression de folie pure imprimée sur ses traits. Se défiant mutuellement du regard, les deux ennemis alliés luttèrent un instant l'un contre l'autre sous les yeux ahuris et craintifs des mangemorts.
- Les sorciers se croient tout permis de nos jours, murmura d'une voix anormalement basse et grave Solestre.
L'imbre libéra une partie de son pouvoir et Voldemort se retrouva plaquer à une arbre trois mètres plus loin, totalement sonné. « Comment… ? » Solestre le rejoignit avec un sourire indulgent, se moquant ouvertement de lui.
- Il ne suffit pas d'être puissant, mon maître, persifla l'hybride en maintenant le sorcier contre le tronc par sa volonté. Maîtrise est synonyme de victoire…
Relâchant brusquement son pouvoir en le dirigeant sur le sorcier, ce dernier écarquilla les yeux en sentant une boule d'énergie invisible l'écraser contre le tronc de l'arbre. Le lord noir allait invoquer sa puissance quand l'imbre relâcha son emprise sur lui, le laissant mollement tomber au sol avec un ricanement railleur puis elle se pencha au dessus du lord qui rageait silencieusement.
- N'oubliez pas, sorcier : vos pouvoirs sont grands, mais ils ne sont rien face à mon contrôle, susurra d'une voix désagréable l'imbre incarnée en s'éloignant. La porte est par là, ajouta-t-elle en partant vers le sud-est.
Les mangemorts hésitèrent puis la suivirent finalement tout comme Voldemort. « Je me ferai un plaisir de te tuer lorsque le temps sera venu, Imbre. Compte sur moi pour ne pas oublier cela… » La rancœur vissée dans sa mémoire, le lord oublia toutefois Solestre lorsque son esprit détecta enfin ce qu'il cherchait. « La deuxième porte : Des Flammes Gelées. » Ils débouchèrent dans une clairière formée par une colline. Au sommet de cette dernière, une même pierre, invisible aux moldus et à ceux dont les pouvoirs sont trop faibles, flottait au dessus de l'herbe dense. Les arbres qui entouraient la clairière tendaient leurs branches vers la pierre en lévitation, insufflant une aura malsaine à celle-ci. Voldemort savait que les Flammes Gelées seraient plus violentes que les cendres… « Peu importe. Si je parviens à lier les Enfers à la Terre, je pourrai enfin tous les écraser, ces misérables… » S'avançant seul vers l'objet de ce voyage, il posa sa main sur le minéral étrangement chaud. Murmurant l'incantation, la pierre se fissura et il recula prudemment. Le démon gardien captif de la pierre apparut à leurs yeux. Il avait les mêmes traits que le précédent.
« Etrange… » Solestre le contempla un instant puis, finissant par se lasser de tout cela, courut si vite vers lui que personne ne la vit faire. D'un geste précis et puissant, elle ne lui laissa pas le temps de bouger une seule fois avant de lui arracher la trachée avec une telle violence qu'elle faillit le décapiter complètement. Tous sursautèrent, y comprit Voldemort. « Elle est vraiment très dangereuse. Il faudra que je me méfie… et que je l'envoie à ce cher Potter. » Un sourire sadique apparut sur ses lèvres tandis que Solestre se plaçait au dessus de la porte pour l'ouvrir. L'observant en silence, le lord noir la laissa faire sans un mot.
Le temps d'un battement de cils, la pleine sembla geler : les arbres se recouvrirent de givre tout comme l'herbe qui se mit à crisser sous leurs pieds. L'air était si froid qu'il leur déchirait la gorge à chaque respiration. Plusieurs mangemorts s'étouffèrent et tombèrent à genou dans la clairière étincelante, se coupant les genoux et les mains sur les herbes à présent acérées. Puis tout disparut comme par enchantement lorsque l'ombre sous les pieds de Solestre se mit à rétrécir.
- Cette porte est à présent ouverte, déclara l'imbre en s'inclinant légèrement devant Voldemort.
- Parfait, répondit celui-ci en hochant la tête. Partons, ordonna-t-il sans attendre, pressé d'en finir.
Solestre profita de l'inattention de son maître pour sourire d'un air narquois, une expression rusée se répandant sur ses traits. Le lord n'avait pas remarqué l'étrange disparition du démon gardien… Et ce n'était certainement pas elle qui allait s'en soucier. « Vous risquez d'avoir des surprises, my lord… » Eclatant d'un rire effroyablement aigüe, l'imbre quitta la clairière à la suite des autres, de très bonne humeur.
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Ce n'était pas vraiment le silence qui régnait autour d'elle qui l'avait réveillé. Pas plus que le corps allongé sur elle, bien que la douleur qu'il entraînait soit à la limite du supportable. Ni le cri frustré d'une chouette hulotte prise dans une chasse effrénée et visiblement peu fructueuse. Encore moins le vent qui agitait sans répit les branches des arbres, faisant danser les feuilles dans une joyeuse farandole florale. Non, ce n'est rien de tout cela qui réveilla Raziel mais une phrase enfouit dans sa mémoire qui avait ressurgit pendant son inconscience rêveuse. « Si tu reviens dans l'ombre de la forêt, appelles mon nom et je viendrai… Tu es notre seule chance…» Espérant être dans la forêt Interdite, la serpentard rassembla ses dernières forces pour utiliser ses cordes vocales. Un nom, un seul nom tambourinait dans sa tête et elle resserra ses bras autour du corps d'Hermione pour se forcer à agir. Pour elle.
- LIËNA !!!
L'effort lui fit tourner la tête et l'un de ses bras glissa de nouveau au sol, comme dépossédé de tous ses os et tous ses muscles. Sous la main de son autre bras, elle sentit les cheveux emmêlés de la préfète des lions et son cœur loupa un battement. « Faites qu'elle vive. Qu'elle vive… » Elle aurait voulu utiliser ses pouvoirs. Elle essaya d'utiliser ses pouvoirs. La française aurait du s'abstenir : à l'instant même où l'aura angélique s'empara d'elle, un feu plus blanc qu'une pleine lune naquit sur son bras, la brûlant férocement. Un léger cri lui échappa puis elle sombra une dernière fois dans l'inconscience.
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De retour à la Cabane Hurlante, Sang déposa Magenta sur l'un des canapés du salon. Carmin lui avait parlé de l'incantation et cela ne lui plaisait guère. Le fait que les auberons lui aient révélé les quelques images qui la hantaient à présent, cela aussi l'inquiétait. « Et alors quoi ? Serais-je devenue lâche ?! » Serrant la mâchoire dans une attitude de défi, elle lança une bougie à Carmin.
- Allume ça et place là au centre de la pièce, lui ordonna-t-elle ne se penchant sur Magenta. Va ensuite dans notre chambre et ramène moi le miroir… ainsi que le grimoire qui se trouve dans la commode, ajouta-t-elle après une seconde de réflexion.
- Oui, obéit aussitôt Carmin en se dirigeant vers l'étage au pas de course.
La cheftaine du Trio se pencha sur sa compagne et elle lui caressa la joue avec tendresse, un sourire doux venant éclairer ses lèvres malgré son inquiétude. « Dis-moi ma muse… quel tour viens-tu de me jouer ? » Magenta fronça les sourcils en se réveillant, une effroyable migraine se lovant fort péniblement à l'arrière de son crâne. Elle grogna discrètement avant de s'immobiliser en constatant la présence de Sang, ainsi que sa main sur sa joue. Leur chef semblait perplexe et inquiète à nouveau pour elle. « Décidément, je ne t'apporte que des ennuis, Sang. Pardonne-moi… » L'objet de ses pensées se pencha un peu plus vers elle en la voyant se réveiller et elle lia ses lèvres aux siennes en silence. Ouvrant des yeux rond, surprise, Magenta la laissa faire sans réagir : les marques d'affections étaient rares chez la démone de son cœur. « Qu'est-ce que ça cache ? » Sang mit un terme aux réflexions de sa compagne en l'enlaçant étroitement, l'intriguant plus encore. La serrant contre elle en glissant sa tête au creux de son cou, la cheftaine l'embrassa là avant de lui murmurer :
- Je t'en prie, ne quitte jamais mon côté Magenta…
- Sang ? L'appela cette dernière, surprise.
- S'il te plait, ne refais jamais ça, souffla la cheftaine sans répondre à son appel, trop occupée à contrôler le tremblement de sa voix.
- Sang…
- Je ne supporterai pas de te perdre, Magenta ! Resserrant ses bras autour d'elle, Sang l'embrassa à nouveau dans le cou. Je t'en pris…
Magenta sourit affectueusement en se sentant fondre face au comportement de sa compagne. Elle la fit remonter vers sa bouche et embrassa sa cheftaine avec bien plus de fougue que cette dernière précédemment, la maintenant contre elle avec fermeté. Une langue se lova contre ses lèvres et elle rit en l'accueillant, la caressant de la sienne tandis qu'un feu impétueux naissait dans son bas-ventre, la faisant gémir. La langue de Sang se fit plus impérieuse en entendant son gémissement et la démone frissonna de désir. Pourtant, avant qu'elle ne puisse aller plus loin, un raclement de gorge gêné monta dans la pièce et elles se séparèrent précipitamment, Magenta s'empourprant légèrement.
- J'ai tout ce que tu m'as demandé, déclara simplement Carmin en détournant pudiquement les yeux même si un sourire amusé étirait ses lèvres.
- Bien, répliqua Sang.
Pas le moins du monde gênée par la présence de Carmin ou par son intervention, la cheftaine reprit les lèvres de Magenta en la collant à elle. Le baiser sulfureux mit Carmin mal à l'aise et il se détourna totalement, laissant la victoire à Sang. Cette dernière se sépara toutefois de sa compagne à regret pour s'intéresser au grimoire que tenait Carmin. Elle se leva et le prit tandis que Magenta se redressait avec un regard curieux pour le volume de cuir. Sang avisa la bougie allumée au milieu de la pièce et elle ouvrit le livre à une page préalablement marquée. L'incantation qu'elle allait faire allait lui demander une concentration totale et un peu de son sang.
- Carmin, ramène-moi une dague, ordonna Sang en lisant les nombreuses lignes de l'incantation en question.
- Euh… oui, s'exécuta Carmin après une légère hésitation.
Magenta quitta le canapé pour rejoindre sa compagne, jetant un coup d'œil à l'incantation par-dessus son épaule.
- Qu'est-ce que tu mijotes… ?
- Nous rentrons, déclara simplement Sang sans quitter le grimoire des yeux.
- Quoi ?
Carmin venait de revenir avec la dague et il s'était arrêté sur le pas de la porte, perplexe.
- Pourquoi maintenant ? C'est trop tôt, fit-il en lui tendant l'arme blanche. Nous ne savons même pas s'ils nous croirons…
- Ils n'auront pas le choix.
Empoignant la dague, Sang s'entailla le bras d'un geste vif, faisant sursauter ses deux amis. Le fluide vital noir se mit à couler de l'entaille et Sang arrêta Magenta d'un geste lorsque cette dernière voulut prendre son bras pour le soigner. Son sang tomba sur la bougie et celle-ci se mit à grésiller fortement, laissant échapper une fumée plus noire que de la poix. Lançant la dague sur le canapé, la cheftaine se mit à murmurer l'incantation sans plus faire attention aux deux autres qui demeuraient bouche bée, pris de court. La fumée prit une consistance plus importante et elle les enveloppa totalement, les étouffant presque. Prit de panique, Carmin voulut s'échapper mais la fumée le retint et s'enroula plus encore autour de lui, exerçant une telle pression sur son torse qu'il avait du mal à respirer.
- Sang !? Mais qu'est-ce que tu fais ?
Le cri de Carmin résonna à ses propres oreilles un long moment avant qu'il ne se sente tomber en arrière avec un drôle de chatouillement au niveau du nombril.
- Aaaaah !
La voix de Magenta se tut aussi brusquement qu'elle s'était élevé non loin de lui et le démon noir, prit peur, inquiet pour son amie. Incapable de respirer, il ne put appeler aucune aide et il se sentit glisser dans l'inconscience au fur et à mesure que le noir se faisait dans son esprit. « Je ne vais tout de même pas mourir ainsi quand même… Sang. Sang, pourquoi as-tu fait ça ? Tu ne peux pas nous avoir trahis… N'est-ce pas ? » Il manquait d'oxygène et son esprit échappait à tout contrôle. Soudain, il repensa à son enfance et à sa rencontre avec les deux autres démones :
La rue grouillait de succubes. Lilith, l'une des démons les plus importants et les plus respectés, les Premiums, étaient de passage à la capitale impériale des enfers : Armageddon. En conséquence, nombre de succubes avaient suivit leur patronne et envahissaient à présent les grandes rues de la cité impériale bourdonnante d'activité. Carmin courait à travers les rues, cherchant à semer l'une de ces créatures aux allures de femmes fatales qui s'était mit en tête de le cajoler. Traversant deux ou trois autres rues en catastrophe, faisant se retourner quelques passants sur son passage, le jeune démon à la peau plus noire que l'ébène se faufila entre deux bâtiments pour atteindre l'un des jardins de la capitale. Là il continua à courir de toutes ses forces, traversant les carrés de pelouse luxuriants sans se préoccuper des jardiniers qui protestaient avec véhémence face à son irrespect. Carmin entendait le rire de la succube à ses trousses derrière lui et il accéléra encore : les créatures à la beauté envoûtante étaient célèbre pour leur cruauté. On les comparait souvent à des mantes religieuses.
Il allait sortir du jardin par l'entrée principale quand il bouscula rudement quelqu'un et se retrouva les quatre fers en l'air, sonné.
- Magenta, ça va ?
Cette voix le fit frissonner d'étonnement. Elle appartenait forcément à une démone supérieure étant donné ses inflexions. Secouant la tête, Carmin se releva prestement et il allait s'enfuir à nouveau quand une poigne d'acier le retint. Il grimaça sous la pression exercée sur son bras et lança un regard courroucé à celle qui osait le retenir ainsi. Là, devant lui, se dressait une démone qui devait avoir à peu près le même âge que lui dont la peau était de la couleur du sang humain, un rouge si profond qu'il en devenait hypnotique. Ses cheveux d'un noir de jais lui tombaient dans le dos, cascadant sur ses épaules en d'innombrables vagues aux volutes très souples. Aussitôt il avait reconnu l'une des plus jeunes et des plus talentueuses recrues des Mains Sanglantes : Sang Bel Ederin. Cette dernière lui adressa un regard froid et le fit se tourner vers celle qui était au sol, sa coéquipière au sein des Mains Sanglantes : Magenta Fer Ciral.
- Excuse-toi immédiatement, lui ordonna Ederin.
- Je n'ai pas que ça à faire, figure-toi, lâcha Carmin en bravant sa crainte de la démone qu'on disait redoutable malgré sa jeunesse. Laisse-moi partir !
Le ton pressant avait fait hausser un sourcil à Ederin et Ciral se releva en époussetant ses manches, une lueur interrogatrice flottant dans ses iris. Le rire de la succube se fit plus fort et Carmin trembla malgré lui, ne se souciant plus des deux autres. Il se retourna et fit face à la folle furieuse qui le poursuivait depuis de nombreuses minutes. Cette dernière se rapprocha du groupe et jaugea les jeunes démons du regard, visiblement moqueuse voir dédaigneuse.
- Mais qu'avons-nous là ? Un jeune éphèbe qui cherche protection auprès de faibles donzelles ? Railla la succube à la beauté épanouie, ses grand yeux vert contrastant avec sa chevelure d'un blond vénitien flamboyant.
Carmin sentit la crispation d'Ederin sur son bras suite à la phrase de la succube et il lui lança un regard interrogateur. Il se figea en constatant que ses yeux était dilatés de colère et un mouvement de recule involontaire le fit se dégager de la jeune démone rouge sang. Il se retrouva contre Ciral et celle-ci lui adressa un sourire rassurant en secouant la tête, lui faisant comprendre que sa compagne allait s'occuper de ça. Ederin justement défiait la succube du regard avec un sourire arrogant.
- Il faut être bien désespérée pour jeter son dévolu sur un démon qui n'est sans doute pas majeur de surcroît, susurra la démone d'un rouge soutenu laissant apparaître un sourire suffisant.
Piquée au vif, la succube braqua un regard étincelant de colère sur elle.
- Tu crois pouvoir m'arrêter, jeune effrontée ? Tu n'as rien à faire sur mon chemin.
- Tu t'en prends à mon coéquipier, succube, je te conseille de déguerpir vite fait, mentit Ederin sans montrer la moindre peur, ce qui agaça la succube.
- Coéquipier ? Peu m'importe, je le veux, s'énerva la beauté fatale.
- Tu ne l'auras pas, vas-t'en ! Jeta d'un ton las Ederin en se détournant pour mettre un terme à la discusson.
Pas mal de démons s'étaient rassemblés ou observaient de loin, intrigués par la situation. La jeune Sang Ederin était de plus en plus connue et suivie par les habitants de la capitale pour ses prestations à chaque fois impressionnantes pour une démone de son rang au sein des Mains Sanglantes, l'organisation chargée du maintient de l'ordre et des misions les plus diverses dans tous les Enfers. Bien sûr, les Mains Sanglantes n'était pas la seule organisation du genre, elle avait même de nombreuses rivales. Toutefois, c'était elle qui attirait tous les regards pour deux raisons essentielles : elle ne refusait jamais aucune mission, même les plus suicidaire ; et de toutes, elle était celle qui avait le plus haut niveau : tous ses membres étaient des combattants redoutables et certains étaient même mortels.
La succube hésita, observant Carmin de la tête aux pieds. Ce dernier n'en menait pas large et il espérait de toute son âme que la ruse d'Ederin allait marcher. Cette dernière était revenue vers Ciral et celle-ci lui adressa un sourire, amusée par le mensonge. Un haut responsable des Mains Sanglantes, attiré par le rassemblement, se fraya un chemin à travers la foules des spectateurs et rejoignit les trois jeunes gens. Il congédia d'un regard sévère la succube et adressa ensuite un geste de la main à Ederin, lui signifiant sèchement de la suivre. Il répéta le geste avec les deux autres et tout trois le suivirent sans mot dire.
Le haut responsable avait en à peine une seconde réglé le problème sans même prendre la parole, impressionnant du même coup le jeune Carmin.
« C'est ainsi que l'on s'est rencontrés. Je les ais ensuite rejointes sous l'ordre de notre sauveur et nous formons à présent l'un des groupes les plus efficaces de l'organisation. » Carmin se sentait toujours glisser et finalement, après un dernier sursaut de vie, il se laissa engouffrer par les ténèbres et son esprit plongea dans le noir le plus total.
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Fin du chap…
Dans le prochain chapitre, vous pénètrerez vraiment dans la société infernale. (Préparez les tubas, lol) Un commentaire ? Une critique ? Un mot d'encouragement ? Une demande ? Une pétition contre le suspens ? Vive le petit bouton Go en bas à gauche ! Héhé…
Bises,
Lumenor.
