Ohmygod ! J'avais plus internet ! Gomenasai minna-san.
RaR :
Viviane : C'est demandé gentiment donc aucun problème, Miss… autre chose pour ton service ? Bise à toi !
Zofia : Héhé, noir oui. Solestre me plait aussi… De plus en plus en fait. Où je vais le chercher ? Ben, pour ce qui est des démons et des péchés, je fais des recherches, pareil pour les anges. Mais comme y'a souvent pas mal de trous dans ces renseignements, j'invente ce qu'il me manque : Sang, les sorts, nouvelles races, coutumes, etc… Et pour le couple vedette ben… Je prépare les coups d'éclats, don't be afraid… Enfin pas trop, lol. Kiss zofia.
Amand1 : Et bien pour les démons… je dois dire que je m'amuse énoooormément. Vous verrez bien (faudra se lever tôt pour avoir des infos à ce niveau là). Bella revient oui, tant qu'un perso ne meurt pas, il peut revenir à tout moment. Solestre… Héhé… Mouahah… Mouahahahah ! (se reprend) Bise Amand !
Sharee : Solestre encore. En tout cas je l'ai soigné ce perso, ça devrait vous plaire (grand sourire). Les enfers… C'est une vision très personnelle alors je ne sais pas si ça va coller… Mais bon, verrai bien suivant vos retours. Sur Sang, je ne dirai rien… tu n'as qu'à lire, très chère. Bah, les héroïnes ne peuvent pas mourir de toute façon, n'est-ce pas ? Tu me connais, on m'appelle « French Bambi » après tout (héhé… mes amis ont de l'ironie, c'est limpide, lol). Michi et kissou ma Sharee !
Je tiens à préciser pour ceux qui y croiraient encore que tout est à J.K. Rowling SAUF Raziel et sa famille, les démons, les bestioles pas nettes… Toutes les nouveautés pour résumer. Valà, bonne lecture à tout le monde !
Résumé (je suis nulle pour ça, ne m'en tenez pas rigueur siouplé) : Au début de sa septième année, Harry se prépare aux examens tandis que ses amis envisagent leurs futurs en dehors de Poudlard. De son côté Voldemort met en place son plan le plus improbable mais également le plus mortel qui soit : réveiller les souvenirs d'un ancien culte longtemps traqué par les Aurors et depuis longtemps disparu. Le plan est lancé à la stupéfaction générale et ceux dont on ne croyait pas en l'existence entre en scène : les démons. Voldemort devient potentiellement surpuissant, déséquilibrant les forces. Les Anges entrent alors en scène à leur tour pour rééquilibrer les forces en présence et Raziel, française de 17 ans scolarisée à BeauxBâtons, reçoit à son tour des pouvoirs dépassant ceux des sorciers. Une course à la maîtrise s'engage et va durer longtemps, émaillées par des affrontements, des décès et des trahisons… Ici Raziel et Hermione se sont échappées du manoir de lord Voldemort tandis que le Trio est retourné en enfers. Le reste des sorciers recherchent les deux jeunes femmes et le lord poursuit l'ouverture des portes avec l'aide de Solestre…
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7. Là où la chance tourne
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Eole s'agitait en tout sens depuis plus d'une demi heure, maintenant, dessinant des tableaux éphémères sur la cime des arbres. La forêt interdite se pliait à ses caprices, comme dansant une valse aux pas malhabiles. Cependant, lorsque un cri perça le silence opaque du sous-bois pour s'élever vers le ciel étoilé, les bourrasques cessèrent de jouer, comme attentives. Plus rien en ces heures sombres ne semblait vivre dans la forêt. Tout était immobile. Tout ? Non, pas vraiment. Entre les racines noueuses de la vieille forêt, un bruit de galop emplissait l'air de son rythme obsédant. A travers la brume épaisse qui glissait à quelques centimètres du sol, une ombre volait presque entre les arbres, bougeant au rythme de ce galop. La course semblait urgente.
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En cette nuit plutôt calme, rien ne perturbait le parc de l'école sorcière. Même le vent n'avait pas réussi à rider la surface polie du lac en contrebas. Raphaël n'arrivait pas à dormir. Le dîner était terminé depuis bien longtemps et ses amis étaient tous allés se coucher. Cela faisait plus de deux heures qu'il tournait en rond dans la salle commune des gryffondors, cherchant vainement quoi faire pour tuer son angoisse. Dumbledore avait bien sûr envoyé des aurors à la recherche d'Hermione et de sa sœur mais le domaine de Voldemort restait introuvable à ce jour. Comment des aurors pourrait-ils pu le découvrir en quelques heures alors que des décennies n'avaient pas suffi à le faire ? « Raziel… » En fait, le directeur comptait plus sur les membres de l'Ordre que sur les agents du ministère pour retrouver les deux jeunes femmes et Alastor avait été chargé de superviser les recherches. Mais Raphaël n'y croyait plus trop…
Affalé dans l'un des fauteuils de la salle commune depuis quelques minutes seulement, il reporta son regard sur le feu qui brûlait dans la cheminée en entendant une bûche craquer. Des étincelles s'envolèrent un peu partout dans l'âtre avant de retomber mollement sur les braises rougeoyantes. Raphaël soupira, agacé par son inaction forcée. Suivant une impulsion, il se leva soudain et sortit de la salle commune avant de quitter la tour des gryffondors. Il était très tard… ou très tôt ? Quoi qu'il en soit, si jamais le jeune gryffondor se faisait prendre par Rusard dans les couloirs à cette heure-ci, il savait pertinemment qu'il aurait de gros, très gros ennuis. Mais à vrai dire il s'en moquait éperdument : rester à ne rien faire le rendait fou.
Les pierres anciennes du château étaient en temps normal humides, que le temps soit clément ou non. La nuit les rendait d'autan plus humides ce qui les transformait en véritables savons lorsqu'on ne prenait pas garde à son équilibre. Plus d'un fois le jeune français faillit tomber, jurant dans sa langue natale sans se priver. Son humeur n'était pas des meilleurs ces derniers temps.
A son grand malheur, c'est exactement le moment que choisit Peeves pour expérimenter sa nouvelle invention : la bombabouse à tête chercheuse.
- Prêt ? Lancez !!!
La voix aigue de l'esprit frappeur de Poudlard couvrit le cri surprit de Raphaël avant que ce dernier ne prenne ses jambes à son cou pour éviter le projectile qui suivait absolument tous ses mouvements, le rattrapant au fur et à mesure qu'il rencontrait marches et autres armures mal placées. Il était arrivé dans le hall et entendit dans l'un des couloirs adjacents la voix rauque de Rusard. Le concierge devait sans doute parler à son horrible chatte. Sans demander son reste, le français se jeta littéralement sur les portes du château et sortit le plus rapidement possible avant de se faire prendre par le vieux grincheux. Il eut à peine le temps de voir quel a bombabouse ensorcelée changeait de cible pour aller éclater sur la veste du concierge inattentif.
En s'éloignant du château, il entendit ses cris de rage le poursuivre dans le parc durant plusieurs secondes. Finalement, l'air paisible de la nuit lui fit du bien, allégeant suffisamment le poids de son angoisse pour lui inspirer enfin un sourire. Il se dirigeait vers le chêne. Leur chêne.
En approchant, il entendit des voix qui chuchotaient. Un instant, il eut le réflexe de se tourner et de partir en courant mais, prenant conscience de son idiotie, il secoua la tête en poursuivant vers l'arbre. Cela ne pouvait être que des élèves, n'est-ce pas ? Des professeurs ne se seraient pas gênés pour parler à voix haute. « Et si c'était autre chose… ? » Ignorant volontairement cette possibilité, il arrivait enfin assez prêt pour entendre distinctement les voix. Les branches du chêne se balançaient au dessus de lui, craquant de façon irrégulière sous l'emprise du vent.
- … confiance en eux.
- De toute façon, nous ne pouvons qu'attendre…
Raphaël n'avait eut aucun problème pour reconnaître la voix du professeur Delacour. L'appeler ainsi était d'ailleurs très étrange pour lui, il avait du mal à s'y faire.
- Attendre… Je ne fais que ça depuis des années, attendre.
L'amertume contenue dans la voix du célèbre Harry Potter le laissa un instant figé.
- Vous avez l'intention de broyer du noir toute la nuit ?
Ca, c'était la voix de Ronald Weasley. Le rouquin était le plus compliqué de tous pour Raphaël. Il avait du mal à cerner le caractère flamboyant du jeune homme et ses quelques sautes d'humeur avaient le don de le prendre au dépourvu. Mais ce trait de caractère là lui rappelait régulièrement son aînée. C'est avec un soupir qu'il fit remarquer sa présence aux autres tandis qu'il restait debout à un mètre d'eux. Fleur se leva aussitôt pour le rejoindre avec un sourire chaleureux.
- Je pensais que tu dormirais à cette heure…
- Je n'y arrive pas.
- Hmm… Le sourire de Fleur s'effaça un peu, devenant plus triste que réconfortant. J'aurais du m'en douter, fit-elle en lui prenant la main.
La pression que la demi vélane exerça alors sur sa main le réconforta un peu. Certes, elle n'était pas sa sœur, loin de là ; mais au moins elle était là. Il n'était plus seul.
- Ginny n'est pas avec vous ? Demanda le français en se laissant entraîner par Fleur.
- Non, elle dort, lui répondit cette dernière en le faisant s'asseoir.
De tous, c'est d'elle qu'il était le plus proche.
- Draco aussi, les renseigna Harry avec une mine dépitée qui valait son pesant de galions.
La pleine lune avait le mérite de leur offrir une visibilité plutôt bonne, ce qui leur permit de sourire un peu, amusés. Ron de son côté n'avait rien dit depuis l'arrivée de Raphaël. Seulement parce qu'il ne savait pas quoi dire, tout simplement. Il avait très peur pour elles. Mais s'il voulait être honnête avec lui-même, il devait bien avouer que son inquiétude était surtout dirigée vers Hermione. La française était importante, d'accord, mais pas personnellement et le plus jeune des Weasley n'avait pas honte de ressentir les choses comme ça. Au final, le silence s'installa entre les quatre amis. De ceux qu'on aimerait rompre car ils sont dérangeants mais qu'on ne parvient pas à briser parce qu'ils sont aussi chargés d'émotions. Il y avait des moments comme ça que Raphaël détestait par-dessus tout.
Puis ils entendirent un bruit très léger, comme lointain. Un bruit qui devait être puissant mais qui leur parvenait assourdi par la végétation très dense qui entourait le parc. C'est Fleur qui l'entendit la première. Sans dire un mot, elle avait tourné la tête vers la Forêt Interdite, écoutant. En voyant l'attention qui se peignait sur ses traits, les autres l'imitèrent chacun à leur tour, si bien qu'après une ou deux minutes, ils tendaient tous l'oreille. Et ils perçurent tous le bruit qui avait attiré son attention. Raphaël n'était pas très rassuré. Il faut dire que la nuit, aucune forêt n'était bien rassurante : le bruit des branches qui craquent est lugubre, tout comme les hululements des chouettes et autres animaux nocturnes. Mais ce bruit là était différent. Inhabituel. Harry finit par se lever en constatant que le son devenait de plus en plus fort et les autres l'imitèrent. Puis ils attendirent de voir ce qui allait apparaître.
Le galop était reconnaissable à présent mais cela ne les avançait pas plus. Seuls les centaures pouvaient se comporter ainsi et, franchement, ils n'avaient pas vraiment envie de voir l'un d'eux débarquer à Poudlard au beau milieu de la nuit. Après tout, ils étaient les seules âmes éveillées à des kilomètres à la ronde.
- A votre avis, c'est…
- Pas normal, le coupa Harry en sortant sa baguette.
Les autres n'eurent pas le temps de sortir les leurs qu'un cheval entièrempent blanc sortait de la forêt interdite au grand galop. A l'instant même où ils comprirent que ce n'était pas un cheval mais une licorne, stupéfaits, ils abandonnèrent l'idée de la baguette comme la créature fonçait vers eux sans ralentir le moins du monde. Ron recula d'un pas, impressionné par la vitesse de la licorne et Raphaël eut très envie de faire pareil. Mais d'un autre côté, devaient-ils vraiment craindre une licorne ? Pas vraiment.
Puis tout se passa dans le plus grand désordre. La licorne s'arrêta pile devant eux en ruant, manquant d'assommer Harry. Le survivant n'avait pas reculé et faisait face à la créature magique. Fleur le rejoignit en scrutant avec curiosité la nouvelle venue, tout à la fois fascinée et éberluée.
Liëna se cabra, faisant voler des mottes de terre partout autour d'elle. Elle ne pouvait pas communiquer avec des humains, fussent-ils sorciers ou non. Donc sa tache se révélait plutôt complexe. Et je n'ais que peu de temps, se dit la licorne en ruant une fois de plus. Dirigeant alors sa corne vers le groupe, elle tourna ensuite sa tête vers la forêt, pointant les ombres entre les arbres pour tenter de se faire comprendre. Mais visiblement, cela rendait les bipèdes perplexes. Repartant un trottant vers la forêt, elle s'arrêta à quelques mètres puis se retourna pour les regarder encore en faisant des mouvements encourageant de sa tête. Ils ne bougeaient toujours pas, ce qui l'obligea à être plus expéditive. Reprenant son galop vers eux, elle se dirigea droit sur le premier venu, qui se révéla être une première, et d'un mouvement très délicat exécuté avec maestria elle parvint à percher l'humaine sur son dos avant de repartir aussi sec vers la forêt interdite.
- Fleur !
Réagissant au quart de tour, Raphaël et Harry se mirent à courser la grande licorne sans se préoccuper de Ron. Ce dernier avait prit la direction inverse, repartant en trébuchant vers la silhouette sombre du château. Tout ça était anormal et Ron savait que les professeurs devaient être prévenus. Il espérait simplement que ses deux amis n'auraient aucun problème dans la forêt et que Fleur leur reviendrait entière… « Ginny en serait malade autrement et quand elle est comme ça, elle est insupportable », pensa le rouquin en souriant.
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La réception du Trio ne se passa pas comme prévu.
Quand Sang cessa de murmurer l'incantation, le noir se fit beaucoup plus intense autour d'eux et elle sentit une forte attraction qui était inhabituelle. Peu d'expériences étaient aussi terrifiantes que celle-ci : on avait exactement l'impression de se noyer à la seule différence que ce n'était pas de l'eau qui emplissait nos poumons mais une ombre plus épaisse que du ciment frais. Et, malheureusement pour le trio, le lieu était également très mal choisi. Non seulement leur cheftaine les avait transportés au quartier général des Mains Sanglantes, mais en plus ils se retrouvaient au beau milieu d'une réunion de toute évidence très importante. « Mauvais calcul… » Se dit Sang en percutant une table de bois couleur acajou, s'étalant de tout son long sur le meuble. Magenta fit de même un peu plus loin et elles entendirent un bruit mou lors de la réception de Carmin. Redressant la tête avec un froncement de sourcils, Sang constata avec gêne que son coéquipier avait atterri sur les genoux de Kadria T'Ril, première dirigeante des Mains Sanglantes et accessoirement sœur de l'un des quatre Princes des enfers, Bélial.
- Je peux savoir ce que tout cela signifie ? Interrogea la voix contenue de la dirigeante, maîtrisant froidement sa colère.
Carmin disparut bien vite des genoux de la démone la plus respectée de la capitale et il contourna la table pour lui faire face de l'autre côté, mettant Sang et Magenta entre elle et lui. Cette dernière afficha un sourire coupable avant de sauter à bas de la table pour le rejoindre, adressant un regard contrit à la supérieure de Sang.
- Excusez-nous, fit Magenta en s'inclinant légèrement face à leur supérieure irritable.
Sang émit un bruit de gorge, attirant l'attention générale, et elle s'assit sur la table en question en observant sa supérieure avec amusement. Les nombreux parchemins qui gisaient sous son postérieur auraient d'ordinaire mit n'importe qui mal à l'aise mais Sang ne faisait rien comme tout le monde, c'était d'ailleurs en partie pour ça qu'elle était célèbre parmi ses pairs. La quinzaine de démons attablés dans la salle de réunion semblaient estomaqués.
- Je ne savais pas que j'avais un sens de l'humour aussi effronté, déclara Sang de sa voix la plus charmeuse pour tenter d'adoucir le regard meurtrier de Kadria.
- Descends de là tout de suite, Sang, ou je te botte les fesses personnellement ! Ordonna cette dernière en serrant les dents.
- Ah, c'est demandé si gentiment, susurra la cheftaine du Trio en se levant.
- Que faites-vous ici ? Je croyais vous avoir confié une mission, continua la dirigeante en ignorant la remarque de son agent le plus turbulent.
- C'est pour la mission que nous sommes rentrés, l'informa Sang en sautant lestement à terre. Mais face à pareille réunion, je ne peux imposer nos petits problèmes. Nous ferons notre rapport plus tard, finit-elle en s'inclinant imperceptiblement.
Sans attendre de réponse de la part de leur dirigeante à la peau dorée, Sang sortit de la salle en faisant signe aux autres de la suivre. Ses deux amis ne se firent pas prier en constatant l'air furieux de Kadria et ils partirent en quatrième vitesse. Une fois dans le couloir, la cheftaine du Trio poussa un soupir agacé en prenant la direction de la sortie.
- Désolée pour tout ça…
Entendre les excuses de Sang était quelque chose de plutôt rare en temps normal et au lieu de les étonner, cela les apeura. Si la démone qui commandait leur groupe était assez perturbée pour s'excuser devant eux, les choses allaient vraiment mal. Les vieilles pierres de la grande bâtisse les encerclaient de toute part, suintant leur odeur de moisi par leurs interstices crasseux. Seules quelques fenêtres venaient éclairer le long boyau de pierres et ces dernières évoquaient plus des meurtrières que des fenêtres classiques. Le plafond, très haut, disparaissait au dessus de leurs têtes dans les ombres que n'arrivaient pas à éclairer la lumière rougeâtre des enfers. Ici, il n'y avait ni soleil, ni lune. Aucun nuage ne venait assombrir le ciel et aucune étoile ne régissait la nuit. Le ciel était aussi rouge que la terre infernale était noire car les nuits infernales n'étaient faites que d'illusion.
Au dehors, ils pouvaient entendre le bourdonnement incessant de la capitale semblable à une nuée de mouches s'abattant sur la ville. Devant eux, Sang restait silencieuse. Magenta aurait bien voulu la rejoindre et lui prendre la main mais à présent qu'ils étaient revenus aux enfers, elle se devait d'être bien plus prudente. Chacun d'eux avait des ennemis ici. Des ennemis souvent mortels et qui ne se priverait pas pour tuer l'élu de leur cœur afin de les atteindre au plus profond de leur âme… et de leur cœur, bien sûr. Parfois, Magenta se demandait bien pourquoi les livres humains décrivant leur domaine était si erronés. De quel esprit dérangé pouvait bien provenir les fosses remplies d'âmes tourmentées et les créatures assoiffées de sang ? Un vaste mystère. Toujours est-il que Magenta retrouva la lumière rouge si caractéristique des enfers et cela la réchauffa bien plus que le pâle soleil de la Terre.
Ils venaient de débarquer sur l'une des plus grandes places de la ville, celle que l'on appelait la Chrysalide à cause de la fontaine qui trônait en son centre : elle avait la forme d'un cocon dont les anneaux étaient sertis d'émeraudes. Avec le temps, Magenta avait fini par apprécier le style tape à l'œil de cette sculpture. Sang passa la fontaine sans dire un mot et sans adresser ne serait-ce qu'un seul regard à la sculpture de pierre recouverte d'eau. S'engageant dans une artère principale, la cheftaine avançait au pas de charge, ne se souciant pas des démons qu'elle bousculait dans sa hâte. Derrière elle, Magenta et Carmin n'en menaient pas large.
Finalement, après une bonne dizaine de minutes passées ainsi, Carmin finit par prendre la parole tandis qu'ils rejoignaient la seule avenue de la ville, celle qui desservait la plupart des bâtiments administratifs d'Armaggedon. Elle prenait également place au cœur du quartier noble.
- Où nous conduis-tu ?
- Chez moi, répondit discrètement Sang en scrutant les ombres d'une rue voisine.
Magenta suivit son regard et découvrit une silhouette encapuchonnée qui patientait à côté d'une vieille auberge à la réputation prestigieuse. Sous le tissu de la capuche, elle distinguait vaguement des yeux fendus et injectés de sang qui débordaient d'impatience. « Impatience pour quoi ? » Sang les entraînait toujours plus vite, si bien qu'en arrivant devant chez elle, ils couraient presque. Dans le mouvement, Magenta avait perdu la silhouette de vue et lorsqu'elle regarda à nouveau, il n'y avait plus rien mais elle avait clairement vu l'éclat froid du métal à la ceinture de l'inconnu : une dague. « C'était sans doute un assassin… » Un frisson la secoua et elle entra chez sa compagne sans un regret. La cheftaine les emmena dans le salon de réception du premier étage et après leur avoir indiqué les sièges, elle leur fit signe de faire silence. Sans un bruit, elle se rendit à l'une des fenêtres du salon et observa l'avenue en contrebas.
Carmin adressa un regard dubitatif à Magenta et celle-ci haussa les épaules puis elle détailla la décoration du salon. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait chez Sang. Durant de longues années, tous les briefings de leur groupe s'étaient déroulé ici même, dans ces fauteuils de cuir noir impeccables. La table basse au milieu des fauteuils avait vu passé nombre de cartes, ordres de missions et autres missives de convocation. De nombreux souvenirs, plus ou moins agréables…
- Elle sait, lâcha soudain Sang d'une voix tendue, rompant le silence.
Magenta avait sursauté en l'entendant et son attention se tourna vers la démone à la peau rouge sang. Elle était toujours à côté de la fenêtre, adossée nonchalamment au mur tout en les fixant gravement. Dans son fauteuil, Carmin trépignait.
- Que veux-tu dire ? Fit-il sans comprendre.
- Kadria, lui répondit Sang en s'approchant d'eux. Elle sait pour la porte…
- Comment ?
Avant de s'asseoir dans son siège, Sang passa une note à Magenta pour toute réponse. La dépliant avec curiosité, la démone claire commença à lire à voix haute la note afin que Carmin puisse en profiter lui aussi.
- « Révision de serrure à 21h. »
- Pas de doute, elle est au courant, admit Carmin en croisant les bras, l'air songeur.
- Quand as-tu eu… ?
- Mon trait d'esprit lorsque j'étais sur la table de réunion était surtout là pour détourner l'attention, révéla Sang avec un petit sourire satisfait. Et notre chère dirigeante sait très bien jouer la comédie, accorda-t-elle.
- Donc…
- Préparez-vous à lui faire face ce soir même, confirma Sang en posant ses pieds sur la table basse. Et pour cela, nous avons d'abord besoin de faire le point ensemble…
- C'est-à-dire ?
- Ce que nous allons dire, précisa la cheftaine avec un air indécis. Et ce que nous allons taire…
- Nous devons lui parler du lord, affirma Carmin d'un ton catégorique. Il est hors de question de laisser cette histoire dans l'ombre…
- J'en conviens, admit Sang.
- Satan, murmura Magenta d'une voix préoccupée. Nous allons avoir de gros ennuis…
- Oui.
Carmin avait l'air tout aussi préoccupé que Magenta. Sang les observait d'un œil presque amusé, se disant que ces deux-là auraient pu passer pour frère et sœur en certaines circonstances. Mais la cheftaine n'avait pas le cœur à rire car les jours à venir seraient sans doute parmi les plus sombres de toute leur carrière. Et dans le pire des scénarios, de toute l'histoire des enfers… Repensant soudain à la jeune humaine, Raziel, elle prit le temps de réfléchir. Sans compter qu'elle n'avait rien oublié des avertissements du miroir d'Etirèv dans la Cabane Hurlante. Les images hantaient toujours un coin de sa mémoire et les ignorer aurait été une grave erreur : trop de choses étaient en jeu.
Finalement, après quelque minutes de silence plutôt inhabituelles dans ce salon, Sang enleva ses pieds de la table et elle se pencha en avant dans son siège, s'assurant bien d'avoir toute l'attention de ses deux coéquipiers.
- Nous ne parlerons pas des sorciers, décida la cheftaine. N'en parlez à personne ici, je veux que cela reste entre nous.
- Mais…
- Non, j'ai dit ! Coupa sèchement Sang en foudroyant Carmin du regard. Nous ne savons pas vraiment si nous pouvons leur faire confiance : cette Raziel me semble digne de confiance, elle nous l'a prouvé. Mais pour ce qui est des autres... Laissons faire le temps cette fois-ci et voyons ce qu'il peut nous apprendre. En attendant d'être fixés, nous ne dirons rien : pour aucun d'entre eux, ordonna-t-elle.
Magenta acquiesça sans trop rechigner : elle préférait ne pas mêler les humains à cette affaire. La brouille qui secouait les enfers et la terre était issue du lord… Voldemort et Satan, personne d'autre. D'autant plus que le groupe de sorciers qu'ils avaient rencontré joueraient peut-être un grand rôle dans cette affaire donc, le plus sage était de laisser faire les choses. Après un soupir courroucé, Carmin accepta finalement de suivre les instructions de Sang. Mais tout ça ne lui plaisait pas : l'humaine en question n'avait-elle pas des pouvoirs angéliques ? Il oublia un instant la question en entendant Magenta prendre la parole.
- Et en ce qui concerne les portes elles-mêmes…, commença-t-elle d'une voix hésitante.
- C'est un sujet qu'il ne sera pas facile d'aborder, les prévint Sang en soupirant. Les portes ne sont pas des babioles sans importances : leur pouvoir est très grand. Si jamais elles venaient à être toutes ouvertes, la Terre ne s'en remettrait jamais.
- Et les enfers seraient…
- Probablement détruits, termina Sang.
Ils gardèrent un instant le silence face à cette perspective plus que troublante.
- Le Paradis n'acceptera pas un tel désordre, réfléchit soudain à voix haute Magenta. Ils enverront les Puissances (1) s'occuper de tout ça et le résultat sera la ruine…
- J'en ai bien peur, dit simplement la cheftaine en hochant la tête.
- On peut peut-être empêcher l'intervention des anges, non ? S'ils s'en mêlent, la confusion sera telle que plus personne ne sera épargné, poursuivit Carmin avec crainte.
- Comment veux-tu les retenir ? Tu vas leur dire de se tenir gentiment tranquilles pendant que leurs protégés meurent par milliers ? Railla Sang.
- Non, bien sûr que non ! Se défendit Carmin d'un ton indigné. Mais…
- Si les portes restent closes, ils n'interviendront pas, raisonna Magenta sans se gêner pour les interrompre.
- Donc nous devons les maintenir fermées, rebondit aussitôt Carmin, reconnaissant pour ce soutient inattendu.
- Vous ne connaissez rien au fonctionnement des portes ! Eclata Sang avec colère.
Carmin et Magenta restèrent muets d'étonnement face à leur cheftaine de toute évidence excédée. Cette dernière se leva sans un mot de plus et sortie de la pièce en claquant la porte. Dans le salon à nouveau silencieux, les deux démons se fixaient sans comprendre le soudain changement d'humeur de Sang. Magenta s'était levée pour aller retrouver sa compagne lorsque un sombre parchemin apparut devant elle avec un 'pop' sonore. Avec le temps, on se faisait à ce système de communication spécifique aux enfers mais là, après des mois passés sur la Terre, la démone claire sursauta. Elle mit un certain temps à prendre le parchemin en main durant lequel Carmin tenta d'apercevoir le cachet de l'expéditeur. Et lorsqu'il vit la cire noire et les armoiries jaune, son sang ne fit qu'un tour. Celles d'un prince : Lucifer.
« Le Prince de l'Est… Que peut-il bien vouloir à Magenta ? » Se demanda le démon noir, méfiant, tandis que son amie dépliait la missive avec des mains tremblantes. La lecture se fit sans un seul bruit. Carmin essaya à plusieurs reprises de lire les sentiments de Magenta mais elle restait impassible. A la fin de sa lecture, le parchemin s'embrasa dans un panache de flammes noires. Comme le silence s'éternisait, le démon noir fit une tentative :
- Magenta… ?
Sa coéquipière avait les yeux dans le vague et elle revint au présent en battant des paupières, tournant un regard confus vers la voix qui venait de l'appeler. Elle sembla enfin réagir et se leva fébrilement de son fauteuil.
- Je dois partir, j'essaierai de revenir avant 21h, lança Magenta en allant à la porte du salon.
Avant même que Carmin ait pu la retenir la démone claire s'éclipsa, le laissant seul dans la pièce avec ses interrogations.
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Harry avait un point de côté. Ils suivaient péniblement, avec Raphaël, l'allure très rapide de la licorne en se faisant peu à peu distancer. Plus le temps passait, plus la licorne disparaissait dans les brumes de la forêt. A tel point que Harry craignait de se perdre dans les dix minutes qui venaient. La respiration laborieuse de Raphaël lui parvenait de la droite, indiquant que le jeune français souffrait de cette course folle. Sa propre respiration était très rauque. L'air frais de la forêt avait le pouvoir de les rafraîchir mais avait aussi un mauvais effet sur leurs gorges qui devenaient peu à peu douloureuses. Plusieurs hurlements de loups se faisaient entendre depuis un moment, contrebalancés par des hululements de chouettes. L'ambiance était lugubre…
Harry sauta une racine saillante et Raphaël fit de même juste après, se réceptionnant comme il put. Ses mollets commençaient à protester face à cette épreuve et Harry fit la grimace : ils allaient avoir de fortes courbatures le lendemain. Raphaël poussa un gémissement derrière lui et il entendit un bruit mat. Lançant un regard désespéré à la licorne qui se confondait déjà avec la brume, il fit demi tour à regret en espérant que tout irait bien pour le professeur Delacour.
Raphaël avait buté contre une pierre dissimulée par les ombres, s'étalant de tout son long sur l'humus odorant du sous-bois. Harry se pencha sur lui et l'aida à se relever tout en essayant de ne pas perdre la licorne de vue. Ce qui revenait à faire l'impossible. Après quelques minutes perdues durant lesquelles ils reprirent leur souffle, Harry repartit en direction du bruit de galop qu'ils entendaient toujours. Bizarrement, il avait l'impression d'avoir déjà vue cette scène quelque part… Mais où ? « Mon rêve ! » Sous le coup de la surprise, Harry pila. Raphaël lui rentra dedans avant d'avoir pu comprendre ce qu'il se passait et ils se reçurent tous les deux au sol avec dureté.
Le jeune français allait se mettre à grommeler lorsque Harry sauta d'un bond sur ses pieds pour reprendre la poursuite, en courant comme un dératé cette fois-ci. Ebahi, Raphaël faillit rester sur place puis suivant le survivant avec un temps de retard, il finit par extérioriser sa frustration :
- Harry !
La nuit devenait de plus en plus sombre et l'air de la forêt refroidissait à mesure que les minutes avançaient. Les deux jeunes sorciers avaient du mal à différencier les arbres de la brume tant le sous-bois manquait de lumière. De ce fait, Harry faillit marcher sur le corps de Fleur. Cette dernière n'avait pas tenue la cadence infernale de la licorne et avait finalement chuté, n'osant pas se retenir à la crinière de la créature par peur de la blesser. Le jeune Potter se pencha sur son professeur de métamorphose tandis que Raphaël continuait sa course en constatant que la licorne poursuivait son chemin. Il passa un talus épais et s'écorcha sur de sombres buissons aux épines acérées avant de continuer sur quelques mètres, dérapant sur le sol trop humide. Un hennissement lui parvint d'un peu plus loin et la créature équine apparut au milieu de la brume, faisant valser les écharpes grises en se cabrant.
Raphaël stoppa et l'observa. Mais avant qu'il n'ait récupéré son souffle, l'étrange licorne rua et repartie vers les ombres à bride abattue. Le français n'eut pas même le temps de faire un seul pas que la licorne était déjà invisible.
- Non !!!
Le cri désespéré du jeune Riel se perdit dans la brume.
- Raphaël ?
Revenant là où il avait laissé Harry, le français trouva ses deus amis au sol, l'un essoufflé et l'autre sonnée. Il fallut un petit moment avant d'entendre la voix de Fleur s'élever dans la pénombre de la forêt. La demi-vélane poussa un faible gémissement en rouvrant les yeux, passant une main légère sur son avant bras gauche : elle l'avait mit en avant pour amortir sa chute. Résultat, une belle estafilade déjà rouge courait sur sa peau fragile. Raphaël l'aida à se relever pendant qu'Harry tentait de reconnaître les environs. Mais la tâche était ardue. S'avançant lentement vers un bosquet de buissons épineux, il le contourna et continua à avancer jusqu'à trouver une énorme racine sortant du sol. Il s'arrêta pour l'observer un instant, impressionné par sa taille. Finalement, il allait poursuivre lorsque que la voix de Fleur l'appela :
- Harry ?
Il revint donc vers eux en jetant un dernier regard intrigué à la racine. Raphaël accueillit son retour avec un sourire.
- Elle n'a rien, annonça le français, soulagé.
- Bien sûr que je n'ai rien, soupira Fleur en secouant la tête. Mais je ne comprends vraiment pas… Depuis quand les licornes se comportent ainsi ?
- Je ne sais pas, lui répondit Harry en levant la tête pour scruter le ciel, songeur.
- Vous ne pensez pas… ?
Le craquement d'une branche proche les fit tous les trois sursauter, interrompant Raphaël dans sa question. Harry sortit une fois encore sa baguette et Fleur fut tentée d'en faire autant mais elle se tourna plutôt vers le plus jeune d'entre eux pour l'encourager à finir sa question d'un mouvement de main. Raphaël prit une inspiration pour apaiser sa peur puis il reprit :
- Vous ne pensez pas qu'elle nous a amené ici pour quelque chose ? Demanda donc le jeune français. Les licornes n'agissent jamais à la légère : elles ont toujours une bonne raison pour le faire. Hagrid affirme qu'elles sont bien plus intelligentes que nous le pensons…
- Sans doute, approuva Fleur en passant un regard méditatif sur les environs.
- Mais pour quoi ? Questionna Harry d'un ton perplexe.
Lui non plus n'avait rien trouvé de très intéressant aux alentours. Et le fait de se retrouver seuls en pleine nuit dans cette forêt… « Les licornes ne sont pas maléfiques. Mais tout ça porte à confusion quand même… » Sur cette pensée, le survivant ouvrit la marche en retournant vers l'énorme racine qu'il avait vu un peu plus tôt. Les deux autres le suivirent sans faire de commentaires : ils n'avaient rien de mieux à proposer pour le moment. Ils auraient pu transplaner : Fleur, au moins, connaissait la formule et le mouvement de ce sortilège. Mais ils avaient tous la ferme conviction que leur présence ici n'était pas une erreur. Ils n'étaient pas ici par hasard : les licornes n'agissaient jamais à la légère.
Passant près d'une pierre de forme pyramidale, Harry crut réentendre le hurlement d'un loup mais l'épaisse végétation qui les cernait étouffa tant le son qu'il ne pouvait pas en être absolument certain. Depuis toutes ces années passées à Poudlard, s'il y avait bien une chose dont le survivant se méfiait c'était la forêt interdite. Cette dernière était plus imprévisible qu'un sombral blessé.
Le célèbre gryffondor eut l'impression de repasser devant un chêne à la forme très reconnaissable : l'arbre rabougri inspirait la forme d'un serpent enroulé sur lui-même. Poussant un soupir exaspéré, il continua quand même, espérant toujours trouver quelque chose, ou quelqu'un… Dans cette atmosphère lugubre, il aurait même été content de voir apparaître un détraqueur : tout plutôt que ce silence oppressant. Après dix minutes supplémentaires à marcher à l'aveuglette, Fleur finit par s'arrêter en baissant les bras, agacée.
- Ca ne sert à rien, autant chercher une aiguille dans une botte de foin, murmura le professeur.
- Hmm… Meubla Raphaël en guise de réponse, complètement absent.
- Qu'y a-t-il ? Fit Harry en se rapprochant du jeune français.
- Je ne sais pas, avoua ce dernier en affichant une mine contrariée. J'ai la désagréable impression de passer à côté de quelque chose d'important… Mais quoi ?
- Je ne sais pas vous, mais moi, je commence à en avoir assez de chercher dans la pénombre, fit soudain Fleur en sortant sa baguette. Même si la pleine lune nous éclaire. Lumos !
Aussitôt la lumière se fit autour d'eux, révélant une sorte de minuscule clairière au sein des innombrables arbres de la forêt. Le sol était recouvert d'herbes à moitié arrachées et quelques pierres venaient jouer les trouble-fêtes sur ce terrain très plat. Le vent qui parvenait à se faufiler entre la végétation dense chahutait les quelques lys qui avaient germé dans ce coin de forêt. S'était assez étrange en vérité : cet endroit ressemblait à une île isolée au milieu d'une mer démontée. Le calme ambiant en était presque surnaturel. Raphaël était mal à l'aise.
- J'ai l'impression de violer un sanctuaire, murmura le jeune homme aux cheveux bleu sombre.
- Moi aussi, fit Harry sans oser bouger.
- Cet endroit est différent, conclut Fleur. Comment… ?
- On nous observe, prévint soudain Harry d'une voix tendue.
Ils se turent en même temps en balayant les ombres alentours d'un regard méfiant. Fleur leva sa baguette plus haut puis elle la rabaissa en faisant un pas en arrière.
- N'ayez crainte, fit une voix légère et veloutée sous le couvert des arbres. Je ne suis pas votre ennemie…
- Qui est là ? Interrogea Harry avec appréhension.
- J'ai vu la licorne, continua la voix sans se préoccuper de la question. Et j'ai vu ce qu'elle protégeait…
- De quoi parlez… ?
- Montrez-vous, demanda Raphaël en coupant Fleur.
La voix resta silencieuse et plus rien ne vint déranger le sanctuaire. Ils crurent un instant que l'être était repartit lorsqu'une centaure pénétra dans la petite clairière, entrant de ce fait dans la lumière. Son pelage était entièrement noir. Une cape également noir drapait ses épaules finement musclées et son ventre était barré de quelques cicatrices impressionnantes. Une épée courte pendait à sa taille, maintenue en place par une ceinture de cuir ouvragée. Ses cheveux longs d'un rouge flamboyant étaient parsemés de quelques fils argentés attestant de son age respectable. La lumière ne leur permettait pas vraiment de voir la couleur de ses yeux mais Raphaël crut y distinguer du vert et du jaune.
La centaure fit une sorte de révérence doublée d'un fin sourire espiègle. Il y avait une certaine aisance dans ses gestes qui la rendait gracieuse.
- Je me nomme Sonata, se présenta la centaure à la voix mélodieuse. Et je sais certaines choses…
- Quel genre de choses ? Demanda Harry en fronçant les sourcils : l'espèce de jeu que jouait la centaure l'irritait.
- Les humains sont si étranges, soupira Sonata du ton de la conversation. Vous faites beaucoup de bruit, ne vous souciez pas du reste du monde et par-dessus le marché, vous vous croyez maîtres en ce monde…
- Sommes-nous ici pour un procès improvisé ou pour recevoir de l'aide ? La coupa sèchement une Fleur aux nerfs de plus en plus à vif.
Le silence revint, tendu, puis un rire léger secoua la centaure, faisant danser ses cheveux dans son dos. Le son était plus doux qu'une brise d'été et soulagea un peu la tension que ressentaient les trois sorciers. Retrouvant alors son calme, Sonata fit une petite révérence avec un sourire avant de repartir vers les ombres du sous-bois.
- Veuillez me suivre…
Harry hésita une fraction de seconde et Raphaël le prit de vitesse, passant devant pour suivre l'étrange femme jument. « Depuis quand les centaures sont solitaires ? » Se demanda le survivant en suivant le petit groupe. La marche était lente : la centaure avait peut-être pitié des jambes des humains. Personne ne parlait et cela mettait Harry mal à l'aise, comme si quelque chose de grave allait se produire. Il considéra durant un instant l'utilité de prendre la parole mais une pensée le frappa soudain : Ron avait-il prévenu les professeurs ? Et si c'était le cas, ceux-ci allaient-ils les retrouver dans l'immensité de cette forêt ? « Probablement pas. » Du se résigner le survivant en dérapant sur une racine couverte de mousse humide. Les autres le regardèrent reprendre son équilibre, interrompant la marche quelques secondes. La curiosité finit par l'emporter sur la réserve et Harry posa sa question :
- Depuis quand les centaures sont-ils solitaires ? Questionna-t-il d'une voix septique.
- Depuis que les humains marchent debout, ironisa Sonata d'un ton amusé.
Les sorciers en restèrent muets, étonnés.
- Il n'y a pas de règle établie parmi les nôtres, sorcier, précisa une Sonata plus sérieuse. Nous sommes un peuple libre et nous avons tous notre libre arbitre. Certains sont voleurs et menteurs, d'autres sont guerriers et d'autres encore sont voyageurs. Je suis un peu des deux derniers : guerrière voyageuse, fit-elle en sautant gracieusement un tronc échoué au sol.
- C'est la première fois que je vois un des vôtres en solitaire, remarqua Fleur en escaladant le tronc en question.
- C'est normal, rares sont ceux qui quittent la harde, concéda Sonata en attendant qu'ils franchissent l'obstacle. Mais cela n'est pas interdit. Par contre, parler avec des humains est très mal vu parmi les miens, fit-elle en soupirant. Quel dommage, vous êtes si drôles…
- Drôles ? Bougonna Raphaël, manquant se casser la figure en sautant du tronc.
- Oui, confirma la femme jument avec un sourire.
- C'est pour ça que vous nous aidez ? Questionna Harry tandis qu'ils reprenaient leur progression, clairement exaspéré par la situation.
- Non, jeune humain, ce n'est pas pour ça que je vous aide, répondit calmement Sonata.
- Laissez-moi deviner, fit Raphaël d'une voix sarcastique. Vous essayez de percer les mystères du sens de l'orientation humain ?
Fleur allait rire mais elle se retint, se contentant simplement de sourire pour ne pas vexer leur guide. Elle était ravie de constater que Raphaël n'avait rien perdu de son humour malgré tous les changements qui étaient intervenus dans sa vie dernièrement. La centaure s'arrêta un instant suite à la remarque du jeune français, étudiant ce dernier en silence. Pour le coup, Harry n'était pas rassuré : si la centaure se vexait, ils seraient dans de beaux draps. Sonata finit par ruer en faisant claquer ses sabots sur l'humus de la forêt. Cet humain avait du cran et ça lui plaisait.
- Tu as de l'esprit, jeune homme, finit par souffler Sonata. Intéressant…
Un hennissement traversa la forêt sur les ailes du vent, faisant cabrer la centaure de surprise. Cette dernière se tourna dans la direction de l'appel, son visage prenant une expression à la fois inquiète et pressante. Elle partit vers la source du bruit en se contraignant à trotter pour ne pas perdre les sorciers.
- Vite à présent, lança la femme jument par-dessus son épaule. Le temps presse !
Pris de court, les trois sorciers n'eurent d'autre choix que de la suivre en courant le plus vite possible. Quelque chose angoissait sans aucun doute la centaure. Mais qu'est-ce qui était en mesure d'inquiéter un centaure à l'intérieur de son propre domaine ? Harry n'avait pas le temps d'y réfléchir. Ils passèrent un bosquet de bouleaux, un buisson aux fruits plus rouges que le feu lui-même, et suivirent un sentier tellement étroit qu'ils ne l'auraient pas vu sans la centaure pour les guider. Le trot de cette dernière s'accéléra soudain lorsqu'un hennissement plus plaintif se fit entendre.
Laissant les humains en arrière, Sonata se mit à galoper sans se soucier des branches mortes et autres racines, les franchissant toutes d'un saut leste. Le tonnerre de ses sabots contre le sol étouffait les bruits d'une bataille mais les lumières qui vacillaient plus loin devant elle ne pouvaient la tromper : des sorciers utilisaient leur magie. Sonata eut vite fait de faire le rapprochement avec le hennissement d'un peu plus tôt et une vague de colère la submergea. La centaure sortit son épée courte dans un sifflement métallique, se lançant dans la bataille avec un cri sauvage. Comme elle l'avait deviné, des sorciers humains s'en prenaient à la licorne au comportement étrange. Mais elle ne pouvait ignorer cet affront : les licornes étaient des créatures sacrées pour le peuple centaure. Toutefois, la centaure marqua un temps d'arrêt en découvrant les sorciers en question : ils portaient des capes entièrement noires dont le grand capuchon dissimulait le visage. Leurs baguettes étaient toutes levées et la licorne leur faisait face un peu plus loin semblait blessée : elle ne posait plus sa patte antérieure droite sur le sol et une vilaine coupure courait sur son poitrail. Pourtant, elle refusait de bouger, leur tenant tête.
Ne prenant pas la peine d'analyser la situation plus que cela, Sonata se rua sur les sorciers noirs. Ils étaient sept en tout. L'attaque surprise de la centaure les prit au dépourvu ce qui lui permit d'en tuer deux sans aucune résistance, sa lame s'enfonçant sans problème dans la chaire tendre. Elle se retira lorsqu'un sort passa à un cheveu de sa croupe et elle rejoignit la licorne, s'interposant entre elle et ses assaillants. Cette situation était si inhabituelle, si impensable, que la centaure hésita un instant à intervenir plus que cela. Les centaures ne se mêlaient jamais des affaires des humains et Sonata, en se montrant aux jeunes sorciers, avait déjà enfreint les règles de son peuple. Devait-elle aggraver encore plus sa faute ?
La licorne derrière elle profita de cette intervention pour disparaître dans les ombres de la forêt tandis que le petit groupe du survivant tombait nez à nez avec les mangemorts. Ces derniers n'attendirent pas longtemps avant de réagir et lancèrent deux Avada pour neutraliser la centaure tandis que trois autres se dirigeaient vers les sorciers.
- Protego !
Fleur brisa le silence de la forêt interdite en lançant son sortilège de protection tandis que Harry faisait de même juste à côté d'elle. Raphaël fit un roulé boulé pour éviter le sort qui le visait tout en sortant sa propre baguette. La ruade de Sonata pour éviter l'attaque des mages noirs fut bien plus impressionnante que la précédente, envoyant ses sabots dans les airs avec une rapidité étonnante pour une masse pareille : le corps équin était certes élégant avec ses muscles fins mais très grand. Dans son agitation la centaure envoya un autre mangemort au tapis, mettant par la même occasion les deux groupes à égalité.
- Stupéfix !
Les trois sorciers lancèrent ce sort en même temps d'un commun accord silencieux pendant que Sonata se dressait devant le dernier sbire de Voldemort, grattant le sol de ses sabots avec une expression fort intimidante sur le visage. Le mage noir recula en trébuchant, tombant lourdement au sol. La centaure en profita pour l'assommer d'un coup de sabot bien dosé à la tête puis elle se tourna vers les bipèdes.
- Vite !
Partant au galop entre les arbres noirs qui déchiraient la brume, elle les força à courir aussi vite que leurs jambes le leur permettaient.
- Hey ! Où est-ce que… vous nous emmenez !? Lança Harry en cherchant son souffle.
- Voir ce que la licorne garde, répondit par-dessus son épaule la centaure.
Raphaël ou Fleur n'eurent pas le cœur à poursuivre la conversation, bien incapables de faire autre chose que respirer aussi douloureux cela soit-il. Le survivant, lui, avait perdu son souffle quelque part sur l'humus sombre de la forêt et était impuissant à le retrouver.
- Allez ! Les pressa la centaure.
- Attendez ! La rappela Fleur en la voyant disparaître derrière un bosquet de rosiers.
Ils accélérèrent malgré leurs poumons en feu afin de ne pas perdre leur guide et Harry, qui était devant les deux autres, stoppa net en passant derrière le dit bosquet, stupéfait. Fleur et Raphaël lui rentrèrent dedans tandis que le survivant restait impassible, stupéfait. Devant eux, la centaure poursuivit au trot jusqu'à la licorne qui se tenait un peu plus loin au milieu d'une zone dégagée. En prenant conscience de la présence des humains, la licorne se cabra puis frappa durement le sol de ses sabots, entraînant le regard de tous vers le sol. Raphaël eut un hoquet de surprise et Fleur se précipita vers les deux corps allongés sur l'herbe desséchée de la forêt, suivie par ses deux amis.
- Hermione, murmura Harry en se figeant.
- Elles… Elles respirent ? Chuchota d'une voix anxieuse Raphaël.
Fleur ne lui répondit pas et elle se pencha sur les deux jeunes femmes, posant une main tremblante sur les cheveux d'Hermione. Le professeur de défense contre les forces du mal ne percevait pas leur respiration : leurs cages thoraciques ne bougeaient pas. La licorne secoua sa crinière puis elle disparût définitivement dans la pénombre de sa forêt, laissant la suite aux sorciers. Sonata la regarda partir avec l'impression d'être témoin d'un évènement rare, ce qui l'amenait à réfléchir : depuis quand les licornes protégeaient-elles des humains ? « Jamais, alors pourquoi… ? » Fleur glissa sa main jusqu'à l'épaule d'Hermione afin de la retourner mais lorsque ses doigts atteignirent leur but, elle sentit un liquide poisseux. « Non… » Scrutant sa main aussitôt, elle prit une inspiration saccadée en découvrant ce qu'elle ne voulait pas croire. « Depuis quand sont-elles ici ? Il faut les ramener de toute urgence ! » Se dit la demi vélane. Se relevant, la française aux cheveux blonds braqua un regard désespéré sur la centaure, une lueur implorante dansant dans ses yeux saphir :
- Aidez-nous à les ramener au château !
- Pourquoi ferais-je une telle chose ? S'étonna la centaure sans esquisser le moindre geste.
- Je vous en prie, avec votre aide nous irons plus vite, expliqua Fleur comme Harry et Raphaël venaient près d'elle pour la soutenir, en silence, encore sous le choc. Et puis nous ne savons même pas où nous sommes, termina-t-elle avec une mine désespérée sous les yeux impassibles de Sonata.
- S'il vous plait, renchérit finalement le jeune français suite au silence de leur guide.
La centaure piétina le sol tout en les observant, réfléchissant en silence. Elle posa ensuite ses yeux sur les deux inconscientes en évaluant leur chance de survie. Croisant les bras dans sa réflexion, la femme jument ne vit pas le survivant qui se tenait juste devant elle à présent et elle sursauta en l'entendant parler :
- Nous aurons une dette envers vous, Sonata, mais pour l'instant nous devons les sauver !
La détermination du jeune sorcier la prit un peu de court et elle du reconnaître que leur progression serait sans doute lente sans son aide. Après tout, ils n'avaient que deux jambes là ou elle avait quatre pattes robustes et taillées pour la vitesse. Poussant un soupir exaspéré, la centaure se demanda pourquoi elle se retrouvait tout le temps dans des situations bizarres avant de prendre sa décision.
- Très bien, je vous aiderais, fit-elle. Quel est le plan ?
Fleur reprit sa baguette en main et elle fit apparaître deux brancards non loin de leurs amies. Harry se pencha aussitôt sur Hermione pour la déplacer, essayant d'ignorer les blessures et l'odeur de sang. Raphaël fit de même avec sa sœur, serrant les dents pour ne pas pleurer. « Ca ne servirait à rien, le mal est fait… » Puis, une fois cela fait, Fleur se rapprocha de la centaure avec une expression un peu gênée.
- Nous… Nous ne pourrons pas tenir votre allure malheureusement, commença-t-elle avec hésitation. Pouvons-nous…
- Dépêchez-vous, la coupa Sonata avec une certaine tension dans la voix, son regard balayant les environs.
Fleur hocha la tête et elle fit signe à Raphaël d'approcher. Ce dernier monta sur le dos de la centaure avec quelques difficultés puis il aida Fleur à faire de même.
- Je ne pourrai pas vous prendre tous les trois, les prévint Sonata en battant nerveusement l'air de sa queue, pressée de partir : l'odeur du sang attirait beaucoup de créatures dangereuses au sein de la forêt interdite.
- Pas de problème, déclara Harry en levant sa baguette. Accio Poussière d'Etoile !
Le temps que le balai volant d'Harry arrive, Fleur lança un sort de lévitation et d'attraction mêlées sur le brancard de Raziel.
- Harry, fait de même avec Hermione et suis-nous, conseilla Fleur tandis que Sonata prenait un trot léger pour partir.
Harry hocha simplement la tête avant d'enfourcher son balai. Se tournant vers Hermione, il crut distinguer un capuchon noir entre les arbres mais ce dernier disparut l'instant suivant, le faisant douter de lui. Il lança alors le sort sur le brancard de sa meilleure amie puis il tapa son pied sur le sol pour prendre son envol. Sonata prit donc le grand galop, secouant ses deux passagers. Raphaël, qui se tenait juste derrière le buste de la femme jument, n'eut d'autre choix que celui d'entourer sa taille de ses bras pour éviter la chute. La centaure émit un bruit agacé mais elle ne fit aucun commentaire, trop occupée à éviter les obstacles qui se dressaient sur son chemin. Fleur suivait du coin de l'œil l'évolution du brancard de Raziel en gardant sa baguette pointé sur lui : si jamais le lien invisible entre la baguette et le brancard était rompu, ce dernier tomberait au sol sans ménagement. L'étrange convoi filait vers le parc de Poudlard à travers le silence de la sombre forêt, inconscient du danger qui le guettait.
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Le palais du Prince de l'Est était l'un des plus imposants parmi tous ceux de la capitale démoniaque. Seul le Palais Impérial le surpassait en beauté. En pénétrant dans ce lieu voué au silence et à la contemplation, Magenta réprima un sourire nostalgique. Suivant le tapis rouge qui conduisait au salon privé de la bâtisse, elle ignora superbement le valet qui attendait non loin de la porte d'entrée. Ce dernier la laissa passer sans l'intercepter, s'inclinant respectueusement à son passage. La démone claire traversait donc le hall aux dimensions respectables lorsqu'elle entendit un bruit de verre brisé en provenance du salon en face d'elle. Sans qu'elle en ait vraiment conscience, son allure ralentit sensiblement : le maître des lieux était à l'évidence d'une humeur massacrante. Ses pas résonnaient dans le hall malgré le tapis qu'elle foulait, les murs de calcaire blanc renvoyant l'écho étouffé de ses chaussures sur le tissu vermeil.
Un serviteur sortit en catastrophe du salon, passant la porte avec un empressement affairé. Magenta l'ignora aussi et elle poussa doucement la porte du dit salon. La pièce baignait dans une ambiance chaleureuse grâce au feu qui illuminait toute la pièce depuis la cheminée. Mais malgré cette atmosphère accueillante, la jeune démone tremblait légèrement. Lucifer était réputé pour sa patience limitée. Le maître des lieux se retourna à son entrée, la fixant de ses yeux dorés tandis qu'une colère sourde l'enveloppait entièrement.
- Vous… Vous vouliez me voir ? Demanda la voix confuse de Magenta comme celle-ci s'inclinait légèrement pour saluer le prince.
- En effet, répondit Lucifer d'un ton glacial.
Magenta en fut tellement surprise qu'elle redressa la tête pour l'observer. Jamais elle avait vu une telle rage imprimée sur ses traits. Bien moins confiante, la jeune démone se mit à trembler légèrement. Lucifer serra un poing tout en allant à sa table de travail pour y ramasser une enveloppe jaune. Le cachet qui scellait l'enveloppe était intact et Magenta sut en voyant sa couleur et ses armoiries de qui ce pli pouvait bien provenir. Il était rare de voir les démons pâlir à cause de leur physionomie atypique mais à cet instant précis, Magenta pâlissait.
- Magenta Fer Ciral, l'apostropha le Prince de l'Est en agitant le pli jaune sous son nez. Peux-tu m'expliquer la raison de ceci ? Tout de suite, acheva-t-il en se contenant le plus possible, à deux doigts de la gifler.
La jeune démone recula d'un pas, effrayée. « Alors c'était lui... » Prenant conscience des implications de cette situation, Magenta s'effondra au sol : ses jambes réduites à du coton ne pouvaient plus la soutenir. « Echec et mat. »
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Héhé, vive les intrigues !
(1) Les Puissances occupent la quatrième place (sur 9, ce dernier étant le plus éloigné du divin) de la hiérarchie céleste et leur planète de référence est Mars. Comme les Anges, les Puissances ne sont pas ailés. Malgré leur place plutôt intermédiaire parmi les chœurs, leur force est grande. Ils sont qualifiés pour les tâches impliquant des combats de gravité moyenne. L'Archange qui les dirige est Camael.
Envie de prendre la parole ? (mais si, vous le voulez au fond de vous) Alors on clique svp, merci ! (sourire d'ange)
Bises,
Lumenor.
