Auteur: Akira
Titre: Dancer in the dark
Groupe : The GazettE
Couple : Aoi x Ruwa
Rating : [G
Genre : AU --' un peu mélodramatique quand même…
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas Le titre est soi le titre d'une chanson de The Rasmus soit le titre du film de Björk XD en tout cas je trouve qu'il collait bien donc voilà XD
Mot de l'auteur : Bon ça devait être un one shot mais finalement c'est plus simple si je la coupe en morceau XD donc y aura au moins trois chapitre…
Chapitres : 2/3 je pense…

Dancer in the Dark
Partie 2

C'était il y a déjà plusieurs jours, et pourtant le souvenir de son corps sous la brute lumière des projecteurs me poursuit toujours. Mais aujourd'hui je dois penser à autre chose, je dois penser à mon travail, à ces photographies de cet inconnu que je dois prendre. Finalement je ne sais pas si je n'ai pas répondu à cette annonce parce qu'elle me faisait penser à lui. Une 'étoile montante'. Non toi tu ne montes plus, tu as déjà atteint le sommet. Le sommet du firmament et le sommet de mon cœur. Pourtant je ne peux m'empêcher d'espère que ce soit toi qui bouge sous ces lumières cru, toi à qui je demande de prendre telle ou telle pose. Je veux être ton marionnettiste, et que tu n'appartiennes qu'à moi.
Oui, mais ça, je n'en ai pas le droit.
Même si cette étoile s'avère être toi, je dois me contenter de te regarder froidement au travers de cet appareil. Ne pas laisser mes sentiments transparaître. De toute façon je ne te connais pas, et toi non plus, alors comment quelque chose pourrait être possible entre nous ? Ce rêve dans lequel tu m'appartiens n'est qu'une utopie, un songe inaccessible que je ne fais que frôlé du doigt sans jamais réellement le toucher.
Je dois me ressaisir et aller à studio ou je découvrirais cette soit disant étoile à qui je dois tiré le portrait. Elle ne doit pas t'arriver à la cheville mais dés fois, on ne choisit pas et j'ai besoin d'argent.

Je sort de chez moi et me dirige vers le studio ou les photos vont être prise. Mon matériel à été amené la veille, c'est donc mains dans les poches que je marche dans ce dédale de rue et de boulevard que forme la capitale. Partout, des affiches de ce spectacle dans lequel tu à tant briller, avec ton visage et ton regard vide qui fixe les passants. Je soupir. Tu me suis partout, comme si tu me surveillais et ton regard quelque part me rassure je crois. .. C'est idiot mais en un sens j'ai l'impression que tu veilles sur moi de loin.
Décidément, je ne change pas. Je dis toujours que je vais t'oublier, penser à autre chose…faire ma vie quelque part, avec quelqu'un mais à chaque fois tu reviens, comme si finalement tu refusais que je parte…
Et moi je te parle dans mes pensées alors que tu ne m'entends pas et que tu ne m'entendras jamais. J'en pleurerais presque mais je sais que je ne le dois pas, que de toute façon ça ne servirait à rien.

Je n'ai jamais compris comme on pouvait tomber amoureux d'une star avant que cela ne m'arrive.

En fait, on ne tombe pas amoureux d'une star…on l'admire et peu à peu les sentiments se transforment, se modifient jusqu'à en devenir un sentiment proche de l'amour.
Non, on n'aime pas une star. On aime ce sentiment d'impuissance et d'inaccessibilité que l'on ressent lorsqu'on la voit.
On n'aime pas une star, on aime se compliquer la vie. Mais finalement sans ces complications perpétuelles, la vie ne serait plus la vie. Aimer quelque chose d'inaccessible, c'est certes ce donné un but que l'on atteindra jamais mais finalement, à chaque pas que l'on fait, on tente de s'en approché, et peut être un jour y arrivera t'on ?
Non, on n'aime pas une star. On aime la personne qu'il y a derrière cette image de perfection, cette personne qu'on aimerait connaître, découvrir, pour enfin pouvoir la comprendre et dire que c'est pour cela qu'on l'aime. Pour ce qu'elle est et pas pour ce qu'elle paraît être. Mais cela peu de personne peuvent le comprendre.
Alors, on essaye de l'approcher. Mais qui peut arrivé à toucher une étoile ?

Je lève la tête et me rend compte que je suis arrivé devant le studio. J'entre, tend ma carte de photographe à la jeune femme assise derrière son bureau qui m'indique l'endroit ou je dois me rendre. Une fois entré dans la salle ou les éclairages ont déjà été installés. Je commence à préparer mon matériel. Un homme entre, Il me regarde d'un air professionnel et m'indique qu'il est le manageur de l' « étoile ». Sans attendre, j'entre dans le vif du sujet. Je n'ai jamais aimé les longues discussions à bâton rompu.

« Comment souhaitez vous que les photos soient prises ?
- Assez simplement, nous ne voulons pas de fioritures. Du noir et blanc, beaucoup de contraste et cela suffira. Nous comptons sur votre savoir faire pour relever la beauté du modèle.
- Bien, je ferais de mon mieux pour ne pas vous décevoir. »

L'homme ressort, m'indiquant rapidement qu'ils arriveront avec le modèle d'ici à dix minutes. J'ai tout le temps de préparer mon matériel. J'installe les projecteurs, règle la lumière. Place l'appareil sur son chevalet, installe la pellicule. Je n'ai jamais aimé travailler au numérique, j'aime la matière, travailler moi-même l'image, la voir se révéler sous mes yeux lorsque je les développe. On m'a déjà dit que c'était une façon de faire ringarde et une perte d'argent et de temps. C'est vrai, j'use beaucoup de pellicules pour peu de photos prises au final, mais je ne ressens pas le même plaisir.
Et il faut tout de même avouer que l'on n'obtient pas le même résultat avec un appareil argentique et un appareil numérique.
La porte s'ouvre et sans me retourner je lance :

« Prenez place s'il vous plait, j'ai presque terminé. »

J'entends les pas léger de cette personne que je dois prendre en photo, des pas léger de danseur. Attrapant les dernières pellicules je me retourne et les pose à coté de mon appareil avant de levé les yeux vers…toi.
Je reste figé, ne réalisant pas que c'est toi, bel est bien toi qui est assis sur cette estrade recouverte de tissus d'un banc immaculé, le regard baissé vers le sol comme si tu songeais à quelque chose.

Je reste debout, là, à te regarder. A vrai dire, je ne sais pas vraiment ce que je peux faire d'autre. Ah si, je dois te prendre en photo, toi qui jusqu'à il y a quelques minutes je n'aurais pas même oser rêver rencontrer. Toutes les bonnes résolutions que j'avais prises auparavant s'envolèrent comme de la poussière à mesure que mes yeux parcouraient ton corps. Suis-je dans un rêve ? Si c'est le cas alors je veux y rester pour toujours. Tu relèves la tête et ton regard se pose sur moi. Ta voix sort alors doucement d'entre tes lèvres comme un mélodie apaisante…

« Ne devrions nous pas commencer ? »

Ta voix…j'ai tant de fois rêver l'entendre que maintenant que c'est fait, je crois que je pourrais l'écouté pour toujours. Je sursaute légèrement lorsque le sens de tes paroles atteint mon cerveau. Oui, bien sur, toi me voir ne t'apporte rien, après tout, il y a encore quelques minutes tu ne s'avais même pas que j'existais. Je ne suis qu'une formalité sur ton planning chargé.
Je m'approche, priant pour que ma voix ne tremble pas.

« Oui, vous avez raison… »

Dois je t'appeler par ton nom de scène ? En ais je seulement le droit ?...
La séance photo commence. Seconde après seconde, j'imprime la marque de ton corps sur la froide pellicule recouverte d'argent, pour l'y graver à jamais, la garder en mémoire. En même temps que mon appareil photo, mes yeux s'imprègne de ton corps, de ses formes, de tout ce qui le rend unique. Je m'abreuve de toi, même si je n'en ai pas le droit…
Je n'ai même pas besoin de te dire quoi que ce soit, un simple regard que nous échangeons, et tu comprends ce que j'attends de toi. Peut être est ce notre professionnalisme qui nous permet d'entretenir une telle connexion, ou peut être est ce autre chose…mais espérer une chose pareil est douloureux pour mon pauvre cœur.
Egoïstement, je profite de cet instant où tu es seul face à moi, ou rien ni personne ne se place entre nous, même si je sais pertinemment qu'il ne se passera rien. Tu es comme entouré d'un cocon protecteur pour m'empêcher d'approcher.
J'ai honte. Comment puis je ne serais-ce qu'oser poser mes yeux de démon sur toi, si pur. J'ai vu des choses qu'on ne devrait jamais voir des choses dont je ne suis pas fier, même si finalement je n'ai pas eu le choix. Non je ne devrais pas…
J'ai vu le sang s'échappant des corps meurtris par la guerre, des entrailles déversées sur le sol en des arabesques aussi compliquées que celle que forment tes mouvements lorsque tu danses sur scène. J'ai vu des corps violés, violentés, des corps se tordant devant des caméras, trempés de sueur et d'autres substances dont je ne voudrais même pas connaître le nom. J'ai vu des choses dont tu ne connais même pas l'existence pauvre ange, des choses que je ne souhaite à personne de vivre. Je vis dans un monde emplie de guerre et de pornographie, un mode de rouge et de noir, tandis que toi ton monde est blanc. Pur. Comme toi.

Je suis un photographe, j'accepte les missions que l'on me demande de faire. Pas parce que j'aime voir ces horreurs, mais parce que j'ai besoin d'argent. Je suis quelqu'un de misérable, qui étale au monde des horreurs pour vivre.
Tu vois, je ne suis pas pur, je ne suis pas un artiste. Je suis quelqu'un d'horrible, quelqu'un d'affreux qui ne mérite même pas de posé
les yeux sur toi.
Tu lèves les yeux sur moi, alors que je suis bloqué derrière mon appareil photo. Ton regard est interrogatif, je sais que tu me demandes que qui se passe.
Un long silence et finalement j'annonce que l'on fait une pause. Après tout il y a presque une heure que nous avons commencé et ma gorge est sèche. Je me dirige d'un pas rapide vers la sortie pour aller aux toilettes. J'ai senti son regard me suivre, ses prunelles noires me brûlaient presque la peau sous leurs caresses. Je me passe de l'eau sur le visage, je crois que quelques larmes se sont perdues sur mes joues car mes yeux me brûlent…mais en fait je n'en suis pas sûr. Je m'essuies le visage et me force à respirer normalement. J'ai besoin de fumer.

Je me dirige donc vers l'extérieur. Arrivé devant le bâtiment, je sors mon paquet de cigarette de ma poche et cherche mon briquet. Plusieurs secondes passent sans que je ne le trouve. Désespéré je soupir, j'ai du l'oublier sur la table à la maison.

« Vous chercher du feu ? »

Je sursaute et me retourne pour le voir me tendre son propre briquet. Je ne sais pas si je peux le prendre…Il a du voir que j'hésitait car c'est finalement lui qui prend l'initiative d'allumer la cigarette que je tiens entre mes lèvres closes. Il me sourit et range l'objet dans une de ses poches.
Il se passe un long moment où je fais semblant d'être à l'aise. Je tente d'être naturel mais comment faire pour réfléchir correctement lorsque l'on touche son rêve du doigt ?
Lui, il fume tranquillement à coté de moi, le regard perdu dans le vide. Il fixe un point au loin devant lui, comme s'il rêvait à quelque chose. Je tourne la tête pour regarder ou son regard est fixé et voit que juste en face de nous se trouve un fleuriste.
Ironie du sort ? Sur le devant de la boutique se trouvent des fleurs, des roses d'un rouge profond, exactement les même que celles que je lui ai offerte après le spectacle.
T'en souviens tu de ces quelques fleurs ? Ou bien ont-elles rejoint la catégorie des souvenirs inutiles… ?
Tu soupir. Que t'arrive t'il ? Un souvenir désagréable ? Ou autre chose ?...peut être devrais je dire quelque chose… J'hésite et finalement c'est toi qui parles le premier.

« Ces fleurs sont tellement belles… »

Oui, sûrement aussi belles que toi, et pourtant même elles semblent bien fade lorsque tu es là.
J'aimerais tant lui dire une phrase comme celle la. Mais je ne dois pas, donc je me contente de la penser, laissant mon regard lui caresser le visage avec douceur.

« C'est vrai…
- On m'en a offert un bouquet à mon dernier spectacle…c'était la première fois… »

Ais je bien entendu ? Mon visage qui s'était tourné vers le ciel revint vers toi vers ton visage qui affiche à présent une mine contrariée. Je le connaît par cœur ce visage parfait, j'arrive à deviner ses sentiments au premier regard, mais cela viens peut être de mon métier. De l'ennuie, de la déception aussi, et de la contrariété.
J'hésite et finalement me lève. Te voir triste me fend le cœur. Je me dirige d'un pas qui doit te sembler assuré, mais qui est bien loin de l'être, vers la petite boutique. Je sens ton regard étonné dans mon dos, plus que jamais sentir tes yeux posés sur moi me transpercent le cœur.
Je sais que je fais la plus grosse bêtise de ma vie mais je crois que si je ne le fais pas maintenant je m'en voudrais à jamais.
J'ai réussit à m'approcher de mon étoile, maintenant il ne me reste plus qu'à m'y brûler les ailes.
J'entre dans la boutique et y achète un des bouquets. Des roses rouges, encore. Les fleurs symboles de l'amour et de la couleur de la passion…Et de la mort aussi, la mort de mon cœur qui je n'en doute pas ne sortira pas indemne de cette histoire.
Tu vas le broyer petite étoile, car un démon amoureux d'un ange ne peut pas survivre bien longtemps dans un mode tel que celui dans lequel nous vivons.

Comprendras tu le message caché derrière elles ? Une partie de moi espère que oui, une autre espère que non. Je demande une carte et y note quelques mots sans trop savoir pourquoi. Peut être que ce que tu m'as dit tout à l'heure m'a donné assez d'espoir pour que j'ose espérer que tu me reconnaîtras en cette personne qui t'a offert des fleurs ?
Je ressort et retourne prés de lui qui fixe maintenant le sol. Quelques pas, j'hésite un peu et finalement arrive à coté de lui, tout tremblant. Pourvu qu'il ne lève pas les yeux sur moi pour l'instant, je lui paraîtrais parfaitement ridicule.
Mais après tout je le suis depuis que j'ai décidé que je l'approcherais, depuis que j'ai compris que je l'aimais, lui que je ne connaissais pas.
Sans un mot je lui tends le bouquet qui à coté de lui me semble tellement moins beau.
Il le prend et me fait un petit sourire. Il rougit, ses yeux prennent des reflets étonnés. Il approche son doux visage des fleurs et respire doucement leur parfum suave. Il n'a pas encore vu la petite carte que j'ai demander d'ajouter. Ah si, ses yeux ce sont posés dessus.
Debout à coté de lui, j'attends le verdict. J'ai l'impression d'être un malade qui attend d'avoir la réponse du médecin sur la maladie qui l'atteint.
Tes doigts se sont refermés sur cette fragile feuille de papier et mon cœur à faillit s'arrêter. Tu ne t'en rends pas compte mais tu tiens ma vie entre tes doigts si fin et délicats.
Tu l'ouvres et mon cœur bat plus fort. Tes yeux naviguent sur les mots que j'ai tracé de ma plus belle écriture, et à chacun d'eux, ma respiration se fait plus difficile tant j'ai la gorge serré.
Et enfin tu arrives à la fin. Tes yeux s'agrandissent en lisant mes dernières lignes.

Tu ne comprends pas ? Je comprends, ce doit être dur d'apprendre qu'une poussière comme moi puisse t'aimer. Dit moi juste que c'est impossible mais s'il te plait ne piétine pas trop mon cœur, il est déjà si fragile…

Les secondes passent et tu ne dis rien. Tu ne trouves pas les mots pour me mettre face à l'impossible. N'hésite pas, de toute façon, quel que soit la manière dont tu les diras, il seront dur à entendre, mais ne te gène pas, je me suis préparé à cela depuis la première fois ou je t'ai vu sur scène.
J'avais espéré un jour toucher ta froide beauté. Je me suis approché, j'ai presque réussit à la frôlé et je t'ai regardé jusqu'à ce que mes yeux en deviennent aveugle, incapable de voir autre chose que toi.
Tu as relevé la tête et tu me regardes. Je crois que tes yeux brillent, pourquoi ? Nos regards se croisent et je vois avec quelque chose qui ressemble à de l'horreur une larme dévalé ta joue pâle
Je n'ai pas le temps de réalisé quoi que ce soit que tu t'éloigne en murmurant quelque chose que je ne comprend pas, ou ne veux pas comprendre, je ne sais même plus en fait.
Avant que je ne puisse prononcé le moindre mot, mais en fait je ne sais même pas si j'aurais pu dire quoi que ce soir, je te vois partir en courant.

Je crois que cela ce nomme de la panique et je ne pensais pas que tu pourrais y succomber toi aussi. Je tombe sur le sol et te regarde partir, je regarde ton corps devenir de plus en plus petit.
Je vois flou, je crois que je pleure. Et cette douleur ? Ah oui…ce doit être mon cœur qui agonise…

OoO

C'était il y a plusieurs jours. Chaque secondes, minutes, heures, puis jours qui se sont écoulées depuis le moment où j'ai posé mes yeux sur ces mots écris de la main de cet homme
Je l'ai imaginé de milles façons différentes, toutes plus belles et impossible les unes que les autres. Pourtant quels que soient ces images que je me fais de lui, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'elles sont bien loin de la réalité. Mais là encore, même s'il est différent, que ce soit en bien ou en mal, si je le rencontre un jour je l'aimerais tout de même, simplement parce que je l'aime déjà.

Aimer….voila quelque chose de bien étrange. Je crois que je n'ai jamais aimé jusqu'à maintenant, du moins je ne me rappelle pas avoir ressentit ces sensations que l'on décrit dans les livres…jusqu'à maintenant.
Les jours qui sont passés on été si interminable. Ses regards me manquent. Mais après tout, je ne connais que cela de lui, et son écriture. J'imagine ses mains, des mains d'artiste. Il n'écrit pas ces mots, il les dessine. Je les imagine traçant ces lettres que me sont destiné, je les imagine caressant ma peau, dessinant des lettres sur mon corps comme il le ferait sur du papier…
Je soupir et regarde ma montre. Je n'ai rien écouté de ce que le manageur me disait. Je crois qu'il me parle de ces photos que je dois faire pour je ne sais plus quelle raison. Il me parle de ce photographe qu'on lui a conseiller et qui est très bon paraît il.
Je rêve, j'imagine que ce photographe est lui, mais de toute façon même s'il l'était, comment le reconnaîtrais-je ?
Je ne connais de lui que des choses bien abstraite, peu reconnaissable…
Le manager me quitte, me laissant me préparer. Je regarde dans la penderie devant moi. Tous les vêtements sont noirs ou blanc. J'en déduis que cela sera le thème de la séance photo. Je choisis quelque chose qui ressemble plus à une toge qu'a une robe ainsi posée sur le cintre et je me change. En fait, c'est une robe un peu étrange…serrée jusqu'à la taille, tandis que les manches et le drapé sont tellement larges que j'ai un peu l'impression de me perdre dedans.
Le manageur frappe de nouveau à la porte et entre en s'exclamant un 'tu es parfait !' dont je me serais bien passé.

Je me force à sourire et m'assoie pour me maquiller. Un trait de khôl, un peu de fard à paupières, quelques touches de fond de teint pour masquer les cernes qui on fait leur apparition sous mes yeux depuis que je ne dors plus.
Je me regarde tandis que Kai-san se place derrière moi.

« Tu es parfait Aoi.
- A force que tu me le répètes je vais finir par le savoir. »

Mon ton est froid. Je soupir et l'ombre de cet homme qui me hante me revient. Mon regard ce perd dans le vide et Kai semble s'en rendre compte. Il sait bien ce que j'ai, il est le seul à qui je peux parler, à qui je peux raconter ce genre de chose. Il est mon ami avant d'être mon manageur, et c'est le seul avec qui je me permets une certaine proximité. Il ne me fera pas mal, et je le sais.
Je sens ses mains se resserrer sur mes épaules.

« Tu pense encore à lui ?
- Oui… »

C'est à son tour de soupirer. Je sais que cette obsession pour cet homme que je n'ai jamais vraiment vu le gêne, mais je n'y peux rien. Je ne parviens pas à contrôler ce sentiment que je ne comprends pas totalement.
Je me lève, un peu brusquement je crois car je vois Kai-san sursauter.
Je m'excuse doucement et attend qu'il me mène au studio ou l'on doit prendre ces photos. Nous traversons quelques couloirs durant lesquels il me parle mais ou je n'écoute encore pas et me fait entrer dans une pièce en me disant que lui n'assisterais pas au photoshoot car il avait encore beaucoup de papier à remplir pour le prochain ballet.
J'entre. Tout est noir dans la pièce à l'exception de la petite scène drapée de blanc, éclairée par des projecteurs. Une voix s'élève, me demandant d'aller m'installer sous la lumière.
C'est une voix douce, une voix agréable à écouter même si j'en ai déjà entendu des plus belle lorsque j'étais à l'opéra de Paris il y a quelques mois de cela.
Je me demande bien à quoi ressemble ce photographe. Je m'assoie et de nouveau, mon esprit par quelque part…J'imagine que cette voix est celle de mon inconnu. Je ne perds pas espoir que ce photographe soit cet homme que j'aime.
Aimer ? Oui c'est bel et bien de l'amour que je ressens pour lui, même si cela me paraît encore bien étrange.
Des pas s'approchent, et je lève la tête pour tomber nez à nez avec…un ange…oui un ange…

Je croise son regard et réprime un sursaut. Non, il n'est pas un ange, un ange n'a pas tant de douleur dans les yeux. Pourtant son visage est beau, très beau même, et sa silhouette fine et élancé. Il aurait pus faire mannequin s'il avait voulut. Mais ces yeux, ce regard…il fait froid dans le dos…un ange avec des ailes noires…
Et pourtant ce regard me dit quelque chose, un regard qui me sonde, ne me regarde pas mais m'admire. Il me fait penser à son regard à lui. Mais il y a quelque chose de différent. Oui, de tellement différent…
Rompant le contact visuel, je murmure juste assez fort pour qu'il m'entende que nous devrions peut être commencer. Il acquiesce et nous commençons. Sa voix chaude et grave me faire frissonner, elle me met à l'aise et en même temps me stresse un peu.
Je n'ai jamais aimer faite des photos, les photographes sont toujours les pires dictateurs qui soient, toujours à vous dire de prendre telle ou telle pose, à vous mettre de telle ou telle façon…mais avec lui ce n'est pas pareil, on sens le professionnalisme dans ses gestes, dans ses déplacements. Un regard et je sais ce qu'il veux. Il ne me dit pas ou me placer, il me laisse faire à ma guise, cherchant toujours les meilleurs point de vue pour faire ressortir ce qu'il veut de mes poses.

Les minutes passent, les pellicules s'enchaînent. Nous en sommes déjà à la cinquième au moins, mais à vrai dire j'ai arrêté de compter.
Je suis couché sur l'estrade, la tête fixé sur le plafond d'un noir d'encre, sur lesquels j'imagine son visage…mais étrangement celui de cet étrange photographe et celle que mon imagination à crée de mon inconnu se mélangent.
Je n'entends plus les cliquetis de l'appareil photo. J'ouvre les yeux que j'avais fermé un instant pour les protéger de cette lumière crue que les projecteurs déversent sur moi et me relève pour le regarder.
Son corps semble figé non loin de là, le regard fixé sur moi. La main tenant l'appareil tremble, tandis que les yeux noisettes reflètent de la panique…

De la panique ? Mais pourquoi ?

Je m'appétais à me lever pour m'approcher lorsque sa voix soudain froide et effrayante s'exclama qu'il était l'heure de faire une pause. Il est vrai que un long moment c'était écoulé mais tellement pris par le travail je n'avais pas vu le temps passé.
Je l'entends poser son appareil avec douceur et sortir en claquant légèrement la porte, me laissant seul dans cette pièce uniquement éclairée par ces deux projecteurs. Quelques instants passent avant que je ne réalise que je suis réellement seul. Je repense alors au début de mon spectacle ou je suis dans une position presque identique, seulement éclairé par ces mêmes lumières froides qu'à l'instant.
Doucement je me lève, et esquisse quelques pas pour m'approcher de la porte et sortir. Il fait froid dans ce couloir comparé à l'intérieur de cette pièce. Je cours légèrement vers ma loge, tout en retenant ma longue robe pour ne pas me prendre les pieds dedans et attrapa mon long manteau avant de sortir. J'ai besoin de fumer un peu.
Quelques mètres de couloir en plus et me voilà dehors. Mon regard se promène et tombe sur cette silhouette que j'ai devinée plus que vue dans le noir de cette pièce.
Oui, décidément, il est réellement taillé comme un mannequin ce beau photographe. Grand et élancé, les jambes moulées dans ce pantalon semblent fines, voire légèrement musclées. Les épaules légèrement carrées, mais qui reste fines et même un peu féminine. Les cheveux long et blond, coulant comme une mer dorée sur son dos.
Ses longues mains que j'avais vu capable de tant de douceur pour tenir son appareil photo et qui cherchent à présent quelque chose dans ses poches. Il tourne légèrement le visage et vois une cigarette entre ses lèvres. Sans un bruit je m'approche et arrivé à coté de lui, demande :

« Vous chercher du feu ? »

Il sursaute et avant même qu'il n'ait le temps de me répondre quoi que ce soit, allume sa cigarette avec un sourire avant de m'en attrapé une et de me l'allumer.
Aucun mot, le silence s'installe entre nous et je dois dire que j'aime ça. Je n'aime pas quand il y a trop de bruit, sauf quand c'est de la musique. Parler pour ne rien dire m'horripile. Les gens qui veulent discuter de tout et de rien pour combler les silences m'énervent. Lui se tait aussi, je crois qu'il me regarde. Finalement, à force de se promener le long de la place devant laquelle nous sommes, mon regard accroche quelque chose.
Ces fleurs, je les connaît…oui ce sont les même que celle que j'ai reçut l'autre soir. Les miennes se sont fanées, comme si elles voulaient me rappeler que tout en ce monde est éphémère, tout comme l'espoir que j'ai de voir un jour cet homme…
Des roses rouge, fleurs de l'amour aux couleurs du sang et de la mort. N'est ce pas paradoxal….
Pour la première fois depuis longtemps je ressens le besoin de parler. Pourquoi ? Je ne sais pas…peut être parce que je sens que lui, tout comme Kai, acceptera d'écouté ce que j'ai à dire ?
Peut être parce que je sens que lui, ne me jugera pas comme les autres…Je lance un regard vers lui remarque qu'il regarde dans la même direction que moi. Le hasard ? Non je n'y crois plus depuis longtemps. Les mots s'échappent d'entre mes lèvres sans que je puisse réfléchir à quoi que ce soit.

« Ces fleurs sont tellement belles… »

N'importe qui d'autre que lui aurait répondu 'pas autant que vous' ou 'elles ne sont que le pâle reflet de votre beauté'. J'y ai eu droit tant de fois que cela ne me fait plus rien. Mais pourtant je crois que si lui il me le disait, je le croirais peut être… Car je sais qu'il me le dirait en tant que photographe amateur de belles choses. Et il faut avouer que je suis une belle chose.
Je ne suis qu'un objet comme ces fleurs ne sont que des végétaux. Je ne sert qu'à montrer une perfection que d'autres veulent atteindre sans jamais pouvoir l'obtenir, comme ces fleurs sont là pour montrer des sentiments qui ne sont que trop rarement véritable...

« C'est vrai… »

Etonné…oui c'est ce que je suis. Je ne m'attendais pas à une telle réponse je l'avoue. Mais finalement ce n'est pas plus mal. Ma voix sort d'entre mes lèvres et je lui raconte, à lui que je ne connais pas, ce cadeau que l'on m'a fait à moi qui ne méritait pas tant. Il ne dit rien mais lorsque les derniers mots sortent d'entre mes lèvres et que je me tourne vers lui, je vois qu'il est comme stupéfié par cette ultime déclaration.
Non, jamais personne avant cet inconnu ne m'avait offert de fleurs, peut être qu'ils n'avaient pas osé ou autre chose, je ne sais pas.
Des secondes passent, et je me rends compte qu'il n'est plus à coté de moi. Je tourne la tête pour le voire entrer dans cette petite boutique aux couleurs vive.
Des questions, beaucoup de question. Qu'est il allé faire ? A-t-il eu une inspiration soudaine pour des photos avec des fleurs ? Ou bien est ce autre chose ? Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire. Dois je le rejoindre ? Dois je attendre qu'il revienne ? Plus de question que de réponse.

J'ai l'impression qu'il passe un temps fou dans cette boutique.

Sentiment d'abandon. Je lui ai parlé, il m'a écouté et il est parti, comme tout les autres alors que je lui faisais confiance.
Non, ressaisit toi Aoi, il est juste parti faire je ne sais pas quoi dans cette boutique. Mais quoi ? Que fait il ? Pourquoi ? Comment ?
C'est il rappelé qu'il devait acheter des fleurs pour sa petite amie ? Et pourquoi cette idée me gène elle ? Il n'y a pas de raison.
Le regard plongé sur le sol, je sens lentement mais sûrement les larmes montées. Non je ne dois pas pleurer, et pourquoi je le ferais ? Je ne l'aime pas, il ne m'aime pas, il ne fait que prendre des photos et je ne fais que danser. Ce n'est pas lui que j'aime, d'ailleurs en fait je n'aime personne alors pourquoi lui…
Non, je ne l'aime pas lui, je crois aimer un inconnu que je n'ai jamais vu.
Je suis ridicule…

Je sursaute en voyant apparaître des roses rouges devant mes yeux. Leur parfum monte jusqu'à mes narines et leur effluve fait du bien à mon cœur que je sentais se serré un peu plus à chaque seconde qui passait.
Je lève la tête et le vois qui me fait un sourire qui semble crispé, comme s'il avait peur de la manière dont je recevrais les fleurs.
Je compose mon visage d'un sourire qui se veux rassurant et attrape le bouquet pour sentir les fleurs de plus prés. Leur odeur m'envoûte. J'ai toujours aimer l'odeur des roses…surtout depuis ce jour là…
Je les admire ces fleurs qui ressemblent tellement à celle que l'inconnu m'a offerte… Mon regard se promène à leur surface et tombe sur un carré blanc sur lequel sont inscrit des lettres. J'ouvre si grand les yeux que je m'en fait presque mal. D'un mouvement brusque, j'attrape le mot et le lis. Je me sens pâlir à chaque mot. Ces lettres, cette écriture, ces mots…cette signature…
Je l'a connaît par cœur, à telle point que je pourrais la refaire trait pour trait. Les mêmes courbes, les mêmes tournures de phrases.

Panique, espoir, panique, amour ? Panique…
Que dois je faire ? Que dois je dire ?
Panique.

Je pleure. Je suis devant quelque chose que je n'admettais pas. Rêve et réalité se rejoignent parfois, toujours au moment où on s'y attend le moins. Je n'étais pas prés à le rencontrer aussi tôt, surtout sous ces traits à lui, cet homme que je viens à peine de rencontrer et qui déjà fait battre mon cœur un peu plus, me fait faire des choses dont je n'ai pas l'habitude.
La larme qui c'est échappée de mon oeil, solitaire, dévale la piste de ma joue jusqu'à tombé dans le ravin formé par mon cou. Je me lève, le regard allant de ces fleurs que j'aime autant que je les déteste à présent jusqu'à cet hommes envers qui mes sentiments on le même mouvement.

Je l'aime ? Non, je n'aime personne…
Je le déteste ? Non, je ne peux pas.
Je ne sais plus, tout ce bouscule. Tout va trop vite.
Les coups de foudre, ça n'existe pas. On ne tombe pas amoureux de quelqu'un en ne l'ayant vu qu'une fois, et pourtant…
On n'aime pas quelqu'un qu'on ne connaît pas, c'est impossible. Non, je le refuse…
Et pourtant…

Je cours et à chaque foulée que je fais je sens comme une douleur dans mon cœur. Il se fissure, je crois. Quelque chose de chaud sur mon visage…des larmes je crois…
Est cela l'amour ? Car si c'est le cas, je ne suis pas prêt à endurer tout cela…

Fin du chapitre