Auteur: Akira

Auteur: Akira
Titre: Dancer in the dark
Groupe : The GazettE
Couple : Aoi x Ruwa
Rating : G
Genre : AU --' un peu mélodramatique quand même…
Disclaimer : il sont à moi, ils habitent dans mon placard…
Mot de l'auteur : Uruha en tien une couche en espérant que ça finisse bien xD Heureusement que Kai est là xD C'est un POV Uruha…
Chapitres : 3/6 finalement…

Dancer in the Dark

Partie 3

Combien de temps suis-je resté assis là sur cette petite place après que tu sois parti, à vrai dire je n'en ai aucune idée. Je compte mes larmes, les secondes et le nombre de pas qui me sépare à présent de toi, toi qui était devenu si proche et qui maintenant t'éloigne.

Mais après tout, tu es une étoile. Tes mouvements ne sont pas libres. Tu as une orbite et tu dois la suivre, un chemin pré-tracé que tu n'as d'autre choix que de parcourir, passant toujours aux même endroits, inlassablement.

Mais pourquoi cela devrait être une raison pour broyer mon cœur déjà tellement abîmé par trop de temps passé à t'admirer ? Non, je ne mérite pas cela. En quoi vouloir approcher celui que l'on aime est-il un crime suffisamment odieux pour recevoir une telle peine ?

Cette douleur dans ma poitrine… oui, c'est mon cœur qui me prouve qu'il est encore là, et qu'il bat. Et chaque nouveau battement me transperce la poitrine comme un poignard.

Je t'aime oui. Chaque seconde qui passe ne fait qu'augmenter ce sentiment que ton image à fait naître dans mon cœur.

Non, on n'a pas besoin de connaître une personne pour l'aimer, on a juste besoin de la voir, car son visage est capable de soigner les pires blessures. Sauf que ton visage a disparu, il est partit, remplacé par une fontaine de larmes et une avalanche de pleurs, par une armée de remords et une panique ambiante qui enserre mon cœur comme une cage dont les barreaux se reprocheraient à mesure que le temps passe… jusqu'à l'étouffer.

Et moi je suis là, à genoux au milieu de cette place. Les passants me regardent mais je n'y prête même pas attention. Sur mes joues les larmes ont séché. A quoi cela sert-il de pleurer si tu n'es pas là pour voir mes larmes ? Et même, comment pourraient-elles refléter toute la douleur que je ressens. J'ai mal, si mal que je pourrais en mourir. Malheureusement l'amour n'est pas une maladie mortelle, elle est toute au plus handicapante.

Vois-tu comme mon cœur saigne ? Non, bien sur que tu ne le vois pas, tu as tourné le dos à ce qui fait de toi un humain, à ce qui fait de toi que tu es comme moi, les sentiments que tu aurais pu ressentir, que tu as ressentit en ayant ces fleurs dans les mains, tu t'es retourné devant eux, tu les as snobée comme tu snobes les gens qui t'approchent de trop prêts, qui veulent te toucher. Je sais que quelque chose s'est passé entre nous lorsque tu les as vu…mais finalement peut-être qu'à travers de l'odeur, tu as senti l'odeur de ma décadence. Oui c'est peut être ça, tu as senti au travers de ces fleurs que je t'ai offerte toute l'horreur de mon être, tout ce côté noir de moi que je voulais te cacher, que je croyais avoir enfoui quelque part de manière à ce que tu ne le vois pas, que tu ne vois de moi que cette carapace resplendissante qui aurait pu te plaire. Mais tu m'as percée à jour et ce que tu as vu t'a répugné au point de te faire fuir.

Vois tu comme j'agonise maintenant ? Bien sûr que non tu es trop loin pour le voir. Tu dois bien rire à présent, quelque part. Avoue, tu te moques de moi qui ai voulu te toucher et qui me suis brûlé.

Je suis Icare, j'ai voulu m'approcher du soleil et je m'y suis brûlé les ailes, sauf que mes ailes étaient déjà faite des cendres de l'enfer, de cette enfer où je vie, de cette terre, les restes de cette humanité qui ne mérite pas de vivre, qui devrait payer pour ses atrocités. Toi tu vis dans une bulle, un endroit vide de souffrance, blanc, immaculément blanc. Tes ailes à toi sont aussi blanches que ce monde dans lequel tu vis, ce monde si différent et pourtant si semblable au notre…

Mais finalement comment t'en vouloir ? Tu es un ange, et un ange ne doit pas être sali, il est là pour nous aider, pauvres humains impie à survivre dans ce monde noir et austère.

Finalement si ce monde immaculément blanc était accessible alors il n'y aurait plus de raison de le désirer. Voilà peut-être pourquoi tu as refuser que je t'approche, pourquoi toi, soleil, tu as brûlé mes ailes déjà abîmées. Parce que tu en as l'obligation.

Je soupir. Affalé au milieu de cette place, je me sens comme un enfant qui aurait perdu sa mère dans un supermarché. Je le connais pourtant ce supermarché, j'y suis déjà aller, mais la perte du seul repère que j'avais jusqu'à maintenant m'a chamboulé et je suis comme dans un monde inconnu.

Lorsqu'on a vu la lumière de près, les ténèbres semblent toujours plus sombres.

Et je pleure de nouveau. Je n'arrive qu'à faire que cela, les mots ne s'articulent pas correctement, seul ton nom sort avec les bonnes lettres à aux bons endroits, c'est étrange non ?

C'est étrange : plus on aime quelqu'un plus il est difficile de l'oublier. Car oui je t'aime, c'est bel et bien de l'amour que je ressens pour toi, ton visage, ta peau que j'ai senti une fraction de seconde en te donnant ce bouquet de rose, ce regard que nous avons croisé et qui m'a semblé regarder au plus profond de mon âme. Je me suis senti mis à nu devant toi. Comme un nourrisson devant sa mère, comme une femme devant un homme qui la désire. Je t'ai senti me déshabillé du regard. Je crois que je t'ai plus au début. Et après tu as vu le reste, le sombre, le noir, ce que je ne voulais pas que tu voies mais qui était inévitablement derrière ce que je voulais que tu voies. L'ombre suit toujours la lumière c'est bien connu.

Finalement c'est un peu grâce à moi que tu es là…Je suis la part d'ombre de ta lumière, je suis ce qui fait que tu parais plus lumineux encore jour après jour. Seulement je ne suis pas le seul dans ce cas, le nombre de tes fans se compte par centaine, je sais, mais laisse-moi espérer être le seul un instant. Je peux au moins me vanter d'avoir été l'un des rares à te parler face à face. Bien pâle réconfort.

Oui je t'aime. Et au diable ceux qui disent qu'on aime pas quelqu'un qu'on ne connaît pas. Avant de connaître une personne, il faut bien qu'elle nous soit inconnu. Et il y a toujours eux des fous pour aimer l'inconnu. Je crois que j'en fais partie et c'est peut être pour ça que je suis devenu photographe. J'aurais pu devenir fonctionnaire et rester enfermé dans un bureau, et alors dans ce cas, oui, j'aurais pu dire que je ne t'aimais pas d'un véritable amour, mais du même amour que tous ceux qui vont te voir à l'opéra bouger sur cette scène, applaudir ce pantin que tu deviens pour leur bon plaisir.

Mais j'ai choisit d'être libre moi.

Encore une fois, nous sommes si différents, j'ai choisi d'être libre alors que tu as choisi d'accrocher ta vie à des fils, accroché à des bâtons tenu par des gens qui te manipulent. Je veux être le seul à te manipuler Aoi, le seul et l'unique, je veux que tu m'appartiennes à moi et à moi seul, je veux que tu ne bouges que tu ne respires que tu ne vives que pour et par moi. Mais c'est impossible, te rendre ainsi te rendrais objet de ma volonté or je n'ai ni la prétention ni le droit de te posséder.

Alors à la limite je voudrais posséder ton âme et ton amour, à défaut d'avoir ton corps en son entièreté. Mais là encore, impossible, car être à moi reviendrait à offrir son âme au diable.

Je suis le diable Aoi. Un diable beau, sympathique, mais un diable quand même qui peut te faire grimper encore plus haut que tu n'es comme il peut te faire descendre plus bas que terre, dans cet enfer d'où il sort et où tu n'as jamais mis les pieds.

Rassure-toi, je ne te ferais jamais de mal, j'en suis incapable.

Mais je le pourrais, car tu m'en as fait et la vengeance à toujours un goût délectable sur la langue.

Mais qu'est-ce que je raconte. Comment puis-je penser oser une chose pareil…

J'ai honte, tellement honte…

Et je pleure encore et les larmes ont un goût salés sur ma peau, sur les lèvres. Elles sont sèches et ma langue qui passe dessus n'arrive pas à les faire redevenir humide. Elles ont le goût salé de la défaite. Je suis sûr que les tiennes doivent avoir le goût de la fraise…

Et je sens une main se poser sur mon épaule.

Je sursaute et mon visage baigné de larmes tombe sur deux longues jambes. Celui à qui elles appartiennent aurait pu faire mannequin j'en suis sûr, croyiez en mon expérience de photographe. Mon regard remonte et finalement c'est le visage de son manageur que je vois. Que me veut-il ? Je suis occupé à me morfondre là, je ne peux pas tout faire.

Mon visage se tourne vers le ciel, il est d'un bleu qui me fait penser à ton nom de scène, belle journée pour mourir de chagrin, le soleil brille et les oiseaux chantent, c'est l'été…oui belle journée pour mourir…

La voix de ton manager me ressort de ma contemplation du ciel mais je n'entends pas ce qu'il me dit, je ne veux même pas comprendre le sens de ses mots, je sais que ce sont des reproche. Pour t'avoir laisser partir, pour t'avoir approcher, pour avoir voulu te souiller.

C'est étrange, les mots n'ont pas ce ton cinglant que prennent les gens qui sont au dessus des autres, ils me semblent doux et réconfortant. Un sanglot se coince dans ma gorge.

Une main se tend pour m'aider à me relever et je la saisi sans vraiment savoir pourquoi, je n'ai pas besoin de réconfort, je n'ai besoin que d'une chose, toi et je ne l'aurais jamais. C'est bête mais c'est comme ça, il faut parfois se faire une raison.

Une étreinte ?

Des mots qui mit à la suite des autres mettent une première couche de colle sur mon cœur en morceau, la douce chaleur de ses bras autour de moi qui tente de me faire revenir sur terre, des mots qui disent que tout va bien. Non, tout ne va pas bien, je suis mort, mon cœur est mort écrasé par un être qui a enfermé le sien sous une pellicule de glace, et qui est parti, loin, en me laissant seul…

Non tout ne va pas bien car partout ailleurs il y a encore la haine, la peur et la violence. Mais je crois que là, pendant quelques minutes, j'ai envie d'oublier tout ça. Juste profiter de cet instant de liberté qu'on me propose et ne penser qu'à moi.

Le manager se détache de moi et m'entraîne doucement vers un banc non loin pour m'y faire m'asseoir. Resté au beau milieu de cette place n'est pas vraiment le mieux dit-il, et il a raison.

Je ressens comme un besoin de tout raconter, je ne l'ai jamais fait avant, mais après tout à quel ami l'aurais-je dit ? À quel femme, à quel enfant ? À quel amant ? Qui aurait accepté de m'écouter raconter une histoire telle que celle qui sort à présent d'entre mes lèvres ?

Mais lui je ne sais pas, il dégage comme une aura de confiance tout autour de lui qui me fait me dire que je peut le faire, que j'en ai le droit. Peut être que lui aussi est un ange après tout, mais pas le même genre d'ange qu'Aoi.

Aoi est là pour nous montrer ce que nous ne serons jamais, lui est là pour nous aider a passer au dessus de ces considérations physiques, il est Là pour nous aider à surmonter nos peines, à nous dire que tout n'est peut être finalement pas perdu.

Il est peut être un ange gardien…notre ange gardien à tous les deux…

Mon visage se tourne vers le sien et son sourire m'éblouit, il réchauffe encore mon cœur de par sa chaleur réconfortante, sa douce sincérité… Comment peut on être triste lorsque l'on voit un bijou tel que ce sourire.

Il me parle maintenant et sa voix douce me raconte Aoi. Il me raconte ce qu'il sait de lui, tout ce qu'il sait. Encore une fois je découvre une partie de celui que j'aimais et que je ne connaissais pas, car la vérité est souvent bien loin de ce que l'on raconte à des journalistes. Il me raconte sa vie, son enfance, Il est orphelin.

Premier choc, orphelin ? Je ne le savais pas, il ne l'a jamais dit dans des interviews et ce n'est pas marqué dans sa biographie, en même temps cela ne nous regarde pas, en quoi savoir qu'il n'a jamais connu ses parent changent-il quelque chose à son talent.

Son enfance n'a pas été celle d'un ange, au contraire, il à vécu une enfance triste, si triste qu'elle me rappelle certaine image que j'aurais préféré éviter revoir dans ma mémoire.

Il me raconte tout, sa vie, ses peines, comment il l'a découvert un jour au coin d'une rue, si pur malgré sa peau noircis pas le sale. Il me raconte ce jour dans ce terrain vague alors qu'il tournoyait sur lui-même.

Et il me raconte comment il a fait de lui un ange. Comment il l'a mis sur ce piédestal branlant et comment il fait tout depuis pour le stabiliser. Et il me dit qu'il a besoin de moi, car il sait que c'est moi qui ai apporté les fleurs à Aoi la dernière fois, car il m'a vu les donner au vigil. Il me dit aussi qu'il savait en me demandant de le prendre en photo qu'il se passerait quelque chose et qu'il l'espérait même.

Mon regard est perdu devant moi alors que je l'écoute parler. Le silence est fait maintenant et je me tourne pour le regarder, je le vois, il pleure. Il s'excuse de ce qu'il a fait.

« Pourquoi ?

- Je ne pensais pas que vous souffririez tant

- Ce n'est pas grave, j'ai l'habitude de souffrir. »

Il semble choqué de ma réponse.

« La vie est une souffrance perpétuelle. On ne peut pas respirer sans penser à ceux que cela met en danger de mort que de le faire, on ne peut pas manger sans penser à ceux qui n'ont rien, on ne peut pas regarder la télévision sans tomber sur des images pire chaque jour qui passe. Je ne peux pas faire le point sur ma vie sans constater tout ce que je n'ai pas et surtout ce que je ne pourrais jamais avoir. Oh bien sûr il y a aussi des bons cotés, sinon la vie ne vaudrait pas le coup d'être vécu, mais plus le temps passe et plus il m'est difficile de trouver pourquoi je veux vivre…du moins ça c'était avant quand je ne le vois. »

Il faut parfois accepter de souffrir pour pouvoir continuer à vivre. L'amour, l'amitié ne sont que des formes de souffrances plus douce que la douleur physique. On souffre quand on n'est pas auprès de celui qu'on aime ou que l'on ne voit pas un ami auquel on tient pendant longtemps. Mais tout cela fait partie de ce qu'on appel la vie et elle ne serais pas pareil si nous n'avions pas tout cela.

Mais encore faut il prêter un peu d'attention à ce qui nous entour pour y faire attention.

Il m'écoute parler en silence. Il sait que j'ai raison et je le voix soupiré acquiescer tristement.

« Tu devrais aller le chercher. »

Il a attendu que la tempête soit calmée pour dire cela. Pourquoi irais-je ? Il ne veut pas me voir, je lui rappelle sûrement de trop mauvais souvenirs. Pourtant je sais que quoique je dise pour l'instant, quoi que je pense au plus profond de moi je vais y aller quand même, parce que je l'aime et parce qu'il m'aime aussi, si j'ai bien tout compris.

Il m'aime aussi, ces mots me paraissent presque déplacé entre mes lèvres.

Et pourtant c'est le cas.

Je tourne la tête vers lui et le vois qui me regarde. Ses yeux me disent d'y aller, que je n'ai rien à perdre. C'est vrai mais finalement je n'ose pas. J'ai peur qu'il ait tord, et en même temps j'ai peur qu'il ait raison.

Sans un bruit je me lève, il est parfois mieux de ne pas réfléchir et de prendre des décisions sans penser à ce qui pourrait arriver, après tout advienne que pourra, mon cœur est déjà en lambeau, ça ne peut pas être pire n'est-ce pas ? Mon regard se perd vers l'endroit où Aoi est parti et je m'y dirige, lentement d'abords, comme hésitant, mes pieds se posent l'un devant l'autre comme s'ils réapprenaient à marcher, puis finalement je me mets à courir jusqu'à arriver jusqu'à un pont de pierre.

Tu es debout là…que fais tu ?

Tu pleures je crois…

Quelque chose de rouge s'échappe de tes doigts et durant un instant ma respiration se bloque, que fais-tu ?

Du rouge volette un peu partout, recouvre le sol et vole jusque devant mes yeux…

Un pétale de roses.

A suivre…