Auteur:
Akira
Titre:
Dancer in the dark
Groupe
: The GazettE
Couple :
Aoi x Ruwa
Rating
: G
Genre
: AU --' un peu
mélodramatique quand même…
Disclaimer
: ils sont à
moi, ils habitent dans mon placard…
Mot
de l'auteur :
POV complétement inattendu…celui de Kai xD
Chapitres
: 4/6
Dancer in the Dark
Partie 4
Quand je serais grand...
La phrase s'est toujours arrêter là. Quand je serais grand, après je ne le sais pas. Parce qu'à quoi cela me servirait t'il de penser à un âge que je n'attendrais jamais.
Parce que je suis malade.
J'ai depuis petit une maladie appelée leucémie, ou cancer du sang, généralisé et qui me rend fragile. Je suis en continuel danger…La moindre maladie, et je suis couché, et chaque jour qui passe, on me découvre autre chose. La vie est ainsi faite, il faut des gens chanceux, et il en faut d'autres malchanceux.
Quand je serais grand, je serais sûrement mort.
Mais je ne me plains pas de cette situation, à quoi bon cela me servirait-il ? Cela ne me fera pas vivre plus longtemps, cela ne diminuera pas le nombre de médicaments qui s'entassent à côté de mon assiette à chaque repas et que je dois prendre pour me maintenir dans un semblant de bonne santé.
J'ai vu les années passées, parfois lentement, d'autre fois plus vite, mais elles me paraissaient toujours aussi longue et répétitive. L'hôpital, les cours, la maison. Toujours le même schéma qui se répétait chaque mois, parfois chaque semaine.
Malgré tout, j'ai profité de chacune d'elle comme si elles étaient la dernière, savourant chaque seconde comme un bonbon au goût sucré qui fondrait lentement sur ma langue. Parce que finalement, elles auraient toute put être la dernière.
Et finalement je suis arrivé au moment où je devais décider de mon avenir. Ce 'quand je serais grand' de mon enfance et qui me paraissait tellement difficile à atteindre de trouvait finalement là, devant moi, à me narguer comme une sucrerie que je ne pouvais jusque là pas atteindre et qui maintenant, malgré qu'elle soit à portée de ma main, me semblait toujours impossible à attraper.
Tellement irréel, tellement inattendu…
Je suis arrivé devant cet embranchement, à ce moment marqué du signe du changement et je ne savais pas quoi choisir. Je n'avais jamais réfléchit, je n'avais pas de rêves, pas de désirs spécifiques.
Alors j'ai fait ce qu'on me disait, en bon mouton que j'avais finalement toujours un peu été, me fondant dans ce moule que je pensais quitter plus tôt que cela.
Je n'avais jamais été un mauvais élève, et j'avais toujours ressentit un certain attrait pour les arts. C'est donc de cette manière que je me suis retrouvé à suivre une formation de commercialisation des métiers artistiques.
La vie est parfois étrange. On la commence en avançant dans un brouillard si épais qu'on y voit pas à quelques semaines, et on la termine en décidant de la vie et de l'avenir d'un autre, alors que nous même n'avons qu'une vision très pessimiste de notre futur…
Aoi. Cet ange brun qui n'a pas eu une vie plus rose que la mienne, et pourtant les causes en sont tellement différentes. Malgré ma maladie, j'ai vécu dans une famille heureuse, avec des parents qui m'aimaient et étaient au petit soin pour moi.
Aoi, lui, il n'a jamais eu cette chance.
Je me rappellerais toujours de notre rencontre. Il faisait beau ce jour là et je ne travaillais pas pour la première fois depuis longtemps. J'étais donc sorti me promener, profiter de l'air frais de ce début de printemps.
J'avançais tranquillement, flânant dans ces rues pleines de monde et qui me paraissaient pourtant sereine. Et je suis arrivé dans une partie de la ville que je ne connaissais pas.
Je l'ai vu, debout devant cette petite palissade de bois, sa petite main d'enfant appuyée dessus, ses vêtements salis par la crasse des rues et cet air perdu sur le visage.
Et moi, sans savoir pourquoi, je me suis approché comme attiré par cet enfant dont je ne connaissais rien. Mon regard a croisé le sien et je n'ai rencontré que deux orbes noirs, vides. Tellement vide, alors qu'elles auraient dû refléter l'innocence de l'enfance.
C'est son regard plus que son apparence qui m'a fait aller vers lui. Je me suis approché et je me suis accroupit devant lui.
Il ne devait pas avoir plus de sept ans à l'époque, et moi, du haut de mes 22 ans je devais lui faire peur…du moins c'est ce que je pensais avant de lui parler. Comment aurais-je pu faire peur à un être qui avait déjà vécu l'enfer malgré son jeune âge ?
Je me suis penché vers lui et je lui ai demandé d'une voix douce ce qu'il faisait là tout seul.
« Je joue. »
Deux mots, prononcés d'une petite mais jolie voix fluttée. Elle m'a choquée cette réponse, plus que je ne lui avouerais jamais, et pourtant elle semblait tellement appropriée. Un enfant ne joue pas tout seul dans la rue à cet âge là. Un enfant joue dans un parc, sous l'œil attentif de ses parents…
« Ici ?
- Oui.
- Mais tes parents savent que tu es là ?
- C'est quoi des parents ? »
Aucune larme, aucun tremblement dans la voix, pas un sanglot qui s'échappe de sa gorge. Il m'avait dit ces mots qui, à moi, semblaient si effroyables d'une voix à peine ennuyée, presque un peu curieuse. Une voix emplit d'innocence mais certainement pas affligée de la moindre tristesse. Je suis resté longtemps là à le regardé d'un air choquée. Et puis finalement, j'ai réussit à lui demander :
« Mais…tu n'as pas de maison ?
- Si ! J'habite là bas ! »
Il tendit son petit bras ou l'on devinait encore les rondeurs de l'enfance vers un immeuble qui contenait, au vu du panneau que je distinguais sur la porte, un orphelinat.
Des enfants vivaient donc là, des enfants abandonnés, ou dont les parents étaient morts et qui n'avaient pas de familles pour s'occuper d'eux.
Je me retrouvais soudain devant une réalité que je connaissais, dont j'étais parfaitement au fait de l'existence, mais qui, maintenant que je me retrouvais devant le fait accomplit, m'emplissait de peur, et peut être un peu de pitié, pour ces pauvres enfants.
Je me retrouvais devant une malchance tellement différente de la mienne. Certes, j'étais malade et je pouvais mourir à tout moment. Mais eux devaient apprendre à vivre sans parents pour les éduquer, sans mère pour les rassurer, les prendre dans leurs bras lorsqu'ils pleurent après un cauchemar ou quand ils se sont fait mal.
Pas de père pour partager leurs jeux, pas de mère pour recevoir de la tendresse …
Et j'eus soudain horriblement peur. Une peur que je ne comprenais pas et dont je ne connaissais pas l'origine. Une peur que mes parents aussi disparaissent, m'abandonnent seul dans ce monde qui me semblait soudain si hostile. Et du haut de mes 22 ans je me suis senti plus vulnérable que ce petit ange brun que je venais de rencontrer, encore plus vulnérable que je ne l'étais déjà.
Lorsque je me suis retourné, il était reparti jouer sur ce tas de terre qui lui servait de terrain de jeu. Je l'ai vu tourbillonner sur lui-même dans ce terrain vague, j'ai vu ce qui m'avait semblé être un vilain petit canard tourner sur lui-même avec une grâce propre aux cygnes… Ses cheveux longs voletaient autour de lui et, malgré son age, je l'ai trouvé gracieusement magnifique. Il ressortait une innocence sans borne de ses mouvements, comme s'il se raccrochait à cela pour ne pas penser au reste, à tous ces détritus qui l'entouraient, souillant son âme d'enfant qui n'aurait du connaître qu'amour et douceur.
Je suis retourné le voir, interrompant sa ritournelle, et il m'a dit qu'il imitait simplement ce qu'il avait vu à la télévision.
Et moi, j'ai plongé mon regard dans le sien et je m'y suis noyé. J'ai soudain eut la certitude que ce gamin que j'avais en face de moi avait du potentiel, que je pouvais en faire une star.
Et c'est ce que j'ai fait, même s'il m'a fallu pour cela beaucoup d'effort. Ça n'a pas été facile, il m'a fallut de l'aide, il a fallu qu'on me fasse confiance, et il a fallut que je le fasse travailler dur, ce pauvre petit ange abandonné sur terre. Mais j'ai fini par y arrivé. J'en ai fait un homme beau et talentueux, j'en au fait une étoile, une belle étoile brillante et haute dans ce ciel hostile et froid. Je l'ai rendu intouchable, je l'ai mis à l'abris de ce qui lui faisait peur, je l'ai éloigné du besoin. Je lui ai donné l'amour dont il avait été privé durant ces sept années qu'il avait passé dans cet orphelinat…
J'ai été comme un frère pour lui et je l'ai aimé comme un père.
Et même si ce piédestal que lequel je l'ai placé est tout ce qu'il y a de plus instable, il m'a sourit et m'a remercié. Et si jamais un jour il vient à en tomber, je serais en dessous pour le rattraper. Mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il n'en tombe pas, car je lui en ai fait la promesse.
Malgré tout, ce pauvre petit ange n'a jamais oublié ce passé, cette enfance qu'on ne peut souhaiter à personne. Je l'ai vu prendre conscience de ce qu'il avait vécu, et de ce qu'il n'avait jamais eu. Je l'ai vu se construire ce rempart autour de son cœur pour se protéger des autres et de leur cruauté.
Je l'ai assisté et je l'ai même aidé à se construire cette image de perfection qu'il montre aux autres. Je suis, ou plutôt j'étais, la seule personne à le connaître tel qu'il était vraiment.
Je dis j'étais, car c'était avant qu'il ne rencontre ce photographe.
Uruha…un pseudonyme qui reflète bien ce qu'il est. Une beauté extérieure, et intérieure aussi mais il ne s'en rend pas compte. Il se dégage de lui une impression de…je ne trouve pas de mots pour l'exprimer.
J'ai été choqué de son discours lorsque nous avons discuté. Il a une vision du monde et de lui tellement noire, tellement défaitiste…
J'ai connu la tristesse et j'ai vu la misère d'un enfant orphelin, mais lui il a vu des horreurs que je ne voudrais jamais voir, ces choses que l'on voit à la télévision en ce disant que ce n'est pas réel, il les a vu de prés et il en a garder un traumatisme, même s'il ne l'avouera jamais.
Et à cause de cela, il se dévalorise. Il ne veut pas tâcher une soit disante pureté que se dégage d'Aoi.
Oui, Aoi est pur, mais cette pureté il l'a gagné à la sueur de son front, il l'a gagné en reniant son enfance. Il s'est inventé un passé pour pouvoir construire son avenir.
Uruha lui, ne se rend pas compte qu'il a gardé son innocence, elle c'est juste retranchée au fond de lui, elle c'est mise à l'abri quelque part ou il ne la trouve plus mais elle est toujours là…
En fait, ils se ressemblent. Ils sont pareils tout en étant différent. Leurs peurs n'ont pas la même origine, mais elle a le même résultat, ils en viennent à en avoir peur des autres, à les détester. Ils ont peurs de tous ce qui les ramène à leur passé, pourraient faire resurgir des souvenirs qu'ils ont enfouis profondément dans leurs esprits. Peurs de ceux qu'ils aiment car cela reviendrait à dire qu'ils aiment ce passé qu'ils renient du plus profond de leurs êtres.
Mais renier cet amour qu'ils partagent sans le comprendre, ou sans l'admettre, leur fait mal. Plus que s'ils l'acceptaient. Parce que finalement en reniant l'autre, ils renient une part d'eux même…
Penser que c'est moi qui aie mis en place cette situation me fait me sentir mal à l'aise. J'ai voulu bien faire et ma bonne intention a mal tourné. J'ai pensé que les rapprocher, eux qui ont des douleurs si proche, les aiderait, soignerait leurs cœurs abîmés. J'ai pensé qu'ils pouvaient se comprendre et finalement je m'étais trompé ?
Ou pet être justement qu'ils se comprennent trop bien et que cela n'a fait qu'attiser cette peur.
Les peurs et les démons ont la peau dure, ils semblent s'effacer au fil du temps et reviennent au moment ou on ne s'y attend pas.
Cette longue conversation que j'ai eu avec Uruha m'a mis devant ce qui m'avait échappé. Je ne pensais pas qu'Aoi se laisserait aller à la peur. Mais le fait est que ce fut le cas. Cela me rassure et m'effraie à la fois, car cela veut dire que cette barricade qu'il a formée autour de son cœur est en train de si fissurée. Mais d'un autre coté, j'ai peur que tout cela aille trop vite pour lui, qu'il ne le supporte pas, qu'il ne trouve pas comment gérer ces sentiments nouveaux qu'il ne connaissait que de loin pour les avoir effleuré mais qu'il n'avait jamais lui-même éprouver.
Je n'ai même pas vu la scène mais je l'imagine presque comme si j'y avais assisté. Son beau visage à du pâlir. Oui…
Peut-être n'aurais-je pas dû envoyer Uruha le retrouver, peut-être est ce moi qui aurais dû y aller. Je le comprends ce petit ange, je devine sur son visage la moindre de ses pensées.
Finalement, je crois que je ressens une certaine jalousie envers Uruha. C'est moi qui lui ais permis de l'approcher, c'est moi qui ai espéré qu'ils s'aiment et se comprennent. Et pourtant je crois qu'au fond de moi je ne veux pas voir Aoi s'éloigner de moi. J'étais jusque là la seule personne importante pour lui, la seule à pouvoir panser ses blessures. J'étais le seul à tout connaître de lui.
Et le pire c'est que c'est moi-même qui ai livré à Uruha ce qu'il ignorait sur Aoi. Je lui ai livré mon ange sur un plateau, et je l'ai fait de mon propre chef…
J'ai l'impression d'être un père qui a livré sa fille…mais finalement c'est presque cela. Je suis la personne qui s'approche le plus d'un père pour lui, le seul qui jusque là pouvait se vanter d'avoir son amour, dont j'étais d'ailleurs le seul destinataire.
Je suis jaloux de lui, oui, car il me vole celui qui peu à peu était devenu ce qu'il y a de plus important pour moi, celui qui me donnait encore de me battre pour continuer à vivre.
Que vas t'il m'arriver si on me l'enlève ?
Je ne m'étais jamais posé la question et la réponse me fait tellement peur que je n'osais jusque là pas même y penser…
Il est devenu ce qui me donne envie de continuer ; Avant de le rencontrer je ne vivais qu'au jour le jour, sans même éprouver de plaisir à voir le lendemain arriver. Tout simplement parce que ce lendemain pouvait être assimilé à la fin possible de ma vie.
Mais il a pris tant d'importance dans ma vie que si on me l'enlève, cela en reviendrait à m'arracher le cœur.
J'ai peur. J'ai de nouveau peur de cet avenir que peu à peu j'avais appris à ignorer. La question à changer mais les implications restent les mêmes…
« Et quand il sera parti ? »
Il ne me restera plus rien, plus que mes yeux pour pleurer sur ce passé heureux que nous avions vécu ensemble, plus que ces souvenirs douloureux…
Non, je ne veux pas qu'il parte, je veux qu'il reste mien, mais en même temps je ne souhaite que son bonheur et ce n'est pas avec moi qu'il l'atteindra.
J'ai peur de cet avenir que je devine. J'ai plus peur de lui que de la maladie qui me ronge car elle je la connais, elle m'est familière, tandis que je ne connais rien de ce futur…
Voir son sourire le matin est devenu ce qui me faisait me lever. Le soutenir jour après jour, travailler pour lui montrer que je suis là, que je ne fais ça que pour lui, le rassurer en lui montrant que je suis toujours là quand il a besoin d'un confident, lui prouver que je tiens à lui, que je pense à lui. Toujours.
Pourtant je ne veux que son bonheur…Et si son bonheur doit passer par lui, il faudra bien que je l'accepte…
Mon cœur se serre à cette idée, des millions de question s'entassent dans mon esprit, toutes plus pessimistes. Elles me donnent toute la peur de l'avenir.
Que ce passera t'il si je meurs ? Que lui arrivera t'il si je ne suis plus là, si Uruha l'abandonne ? Comment réagirait-il si je disparaissais ?
Peut-être n'ais-je déjà plus qu'une place infime dans son cœur, qu'il m'a déjà entièrement remplacé par ce photographe…
…Pourquoi est-ce lui qui a réussi à prendre son cœur en otage ? Peut-être ne l'ais-je pas assez protéger ? Je n'ai pas réussit à le garder pour moi. J'ai en partie échoué, je n'ais pas tenu ma promesse de le protéger pour toujours…
Si Uruha le fait souffrir, qui sait si Aoi s'en remettra-t-il ?
...Mais comment pourrait-il le faire souffrir ?
Je l'ai su dès que je l'ai vu, leurs âmes sont sœurs. Les lueurs que je vois dans les yeux de l'un répondent parfaitement à celles dans les yeux de l'autre. Leurs cœurs brisés se recollent ensemble de manière tellement parfaite que s'en est effrayant. Les pensées de l'un sont les paroles de l'autre et les larmes que l'un versent sont les douleurs que l'autre ressent.
Ils pourraient se comprendre sans même se parler, juste en un regard, juste en se frôlant la main.
Mais cela, ils ne s'en rendant pas totalement compte, car les esprits emplis de peurs camouflent leurs sentiment si semblable. Il leurs faudra vaincre cette peur pour pouvoir se trouver.
Et alors je devrais me faire à l'idée que je l'ai perdu.
Lorsque Aoi est parti, lentement mon cœur s'est fissuré. Comme si une partie de lui était attachée au sien et que sa course tirait lentement sur le fil les liant, emportant avec lui ce morceau de chair palpitante et le séparant de l'autre partie de mon cœur, toujours à l'abri en moi.
Je l'ai vu partir en courant et j'en ai eu mal, autant pour moi que pour Uruha qui restait immobile, comme incrédule devant cette attitude inattendue.
Aoi n'est pas quelqu'un de courageux. Il fait l'homme fort, mais ses peurs l'empêchent de devenir cette personne forte et insensible qu'il fait semblant d'être.
J'ai eu pitié de l'ange blond qu'Aoi venait d'abandonner avec autant de cruauté. J'ai eu pitié de ses larmes que je devinais sur ses joues et de ses sanglots que je voyais secouer ses épaules. J'ai eu pitié de lui comme j'ai eu pitié d'Aoi il y a si longtemps.
Alors je me suis approché, pensant le rassurer comme je l'avais fait avec Aoi. Les mots pour le toucher n'ont pas été très durs à trouver, je les avais tant de fois utilisé avec mon ange brun. Ils sont tellement semblables que j'étais sûr que ces mots le toucheraient comme ils ont touché Aoi avant lui.
Des mots simples qui ont rencontré un cœur entouré d'une glace si dure et si épaisse que j'ai cru que je n'arriverais pas à l'atteindre. Mais la glace a fondu et a libéré ce cœur qui ne demandait que ça pour être heureux.
Mais parfois pour comprendre, on a besoin de l'aide d'un autre, de quelqu'un pour enlever le surplus qui refusait de fondre, toujours refroidis par le froid extérieur…
Et lorsque la chaleur fut assez présente autour de lui, que l'amour avait remplacé la peur, il ne restait plus que quelques mots à dire pour qu'il puisse aller de l'avant.
J'aurais pu aller chercher Aoi moi-même. J'aurais pu, oui, mais je ne l'ai pas fait car ce n'était pas mon rôle.
Moi j'étais le confident, le père et le frère. J'étais les bras dans lesquels on peut pleurer, l'épaule sur laquelle on s'appuie pour se reconstruire.
A présent je suis celui qui doit veiller et conseiller de loin… n'intervenant que lorsque c'est nécessaire.
Oui, c'était à lui d'y aller, car à présent, il est le seul à connaître les mots qui pourront soigner son cœur et celui d'Aoi…
