Coucou .
Pour ceux qui lisent Le Jeu du Chat et de La Souris ou Au coeur des Ténèbres, je m'excuse par avance parce que je bloque sur ces deux histoires et je n'arrive plus à écrire. Je vais continuer mais ça va prendre du temps. En plus, je suis concentrée sur des nouvelles histoires (mais pas des fanfics cette fois) sur Fictionpress. Enfin voilà, ça fait longtemps que j'ai écrit ce chapitre donc j'ai pensé à le mettre en ligne. Le chapitre 7 est écrit lui-aussi donc je le publierais sous peu. Mais après je pense mettre cette fic en Hiatus parce que je n'ai pas le temps de m'occuper de 4 histoires à la fois. En plus, ça me fait mélanger toutes mes histoires (d'ailleurs, vous remarquerez peut être que de nombreux éléments reviennent dans toutes mes fics...).
Enfin voilà, merci de continuer à me lire quand même. Dans cette fic, j'adore le passage que je suis en train d'écrire : celui qui commence à la fin de ce chapitre. Vous vous rendrez compte par vous-même.


The Death Of An Angel

Chapitre 6 : When Things Could Get Worse


Gabrielle caressa l'encolure de son étalon, perdue dans ses pensées. Elle pensait à ces dernières semaines. Elle avait découvert un nouveau monde, un monde où elle avait une place. Un monde au-delà de toute imagination. Elle qui avait connu le rejet et l'oubli toute sa vie apprenait enfin à se faire de vrais amis, à leur faire confiance. Et eux apprenaient à l'aimer en retour.

Pourtant, rien ne semblait vouloir être facile avec elle. Il fallait toujours que quelque chose gâche son bonheur. Elle avait essayé, au début. Elle avait tout fait pour que cela marche, elle avait été gentille, drôle, enjouée.

Elle avait espéré.

Et là semblait être son erreur. Car rien ne sera jamais comme elle l'avait espéré. Gabrielle se rappela sa rencontre avec Harry. Moment fugace, moment fatidique qui avait scellé son destin. Il avait été cruel, elle l'avait aidé. Il l'avait sauvée, elle lui avait offert un refuge. Tout avait commencé à partir de ce moment-là. Sa vie avait commencé. Il était celui qui l'avait introduit à son univers, ses amis. Ses ennemis aussi. Mais elle ignorait qu'il y avait un prix à payer...

D'une amitié qu'elle voulait sans faille et qu'il avait finalement accepté, elle aurait aimé aller plus loin. Où, elle l'ignorait. Juste plus loin. Mais plus elle essayait, plus il se dérobait.

Voilà ce qui dérangeait le plus Gabrielle. Depuis ce fameux soir où elle avait cru voir de l'intérêt pour elle dans les yeux d'Harry, depuis qu'il avait failli l'embrasser, ses sentiments envers lui avaient changé. Tandis que lui s'éloignait et l'ignorait, se refermant encore une fois dans sa bulle de solitude. Il avait arrêté de rire avec elle. Ses mots tendres, ses confidences avaient cessé brutalement.

Et c'était ce qui lui faisait le plus mal.

Gabrielle soupira. Pour arranger les choses, il y avait le problème de Draco Malfoy. Outre les trois heures obligatoires par semaine qu'ils passaient ensemble, elle l'évitait le plus souvent. Mais ses yeux pâles la hantaient, comme un fantôme du passé dont on ne parvient pas à se débarrasser. Il n'avait jamais rien tenté cependant, du moins physiquement, avec elle. Ses intentions se résumaient à certains regards, certaines intonations de voix, certains mots...

Mais Gabrielle jouait l'indifférente. Elle avait déjà assez d'un seul mâle complètement dément pour qu'on lui en rajoute un deuxième.

Pourtant il t'arrive de rêver de lui, n'est-ce pas ?

Tais-toi !

Aurais-tu honte de ressentir quelque chose pour lui ?

Je n'ai aucun sentiment pour lui !

Qui parle de sentiments ? Je parle de désir. De sensations. Tu es attirée par lui, physiquement.

N'importe quoi !

Elle se concentra pour faire taire cette ennuyeuse petite voix. Cory la poussa doucement avec le museau, l'air un peu inquiet. Elle lui sourit, puis baissa les yeux, à nouveau, vers la lettre froissée qu'elle tenait en main. Son sourire disparut et pour la première fois depuis longtemps, une larme coula sur sa joue. Il y avait plus d'un an qu'elle s'était promis de ne plus jamais pleurer. Et voilà qu'elle n'était même plus capable de tenir ses promesses envers elle-même. Déjà avec Harry elle avait craqué... Elle essuya sa larme rageusement.

Décidée à se torturer jusqu'au bout, elle relut la lettre.

"Chère Gabrielle,

Où l'es-tu encore vraiment, "chère" je veux dire ? Je suis allé voir tes parents le lendemain de ton départ, inquiète comme j'étais de ne pas te voir en cours ni répondre à mes appels. Et j'apprends que tu es partie précipitamment dans une autre école, en Irlande qui plus est, que je ne peux pas t'appeler parce qu'il n'y a pas de téléphone là-bas, et encore faudrait-il que j'ai le désir de t'appeler, et que par-dessus tout tu ne m'as absolument pas prévenu, ni laissé de message.

Après toutes les choses que l'on a vécu Gabrielle, je dois avouer que le sentiment qui ressort de tout cela, c'est de la déception. Je suis déçue que tu n'aies pas pensé à me prévenir, même un coup de fil aurait été suffisant. Je suis déçue de n'être apparemment pas une amie assez importante pour qu'on la prévienne avant de partir dans un endroit aussi loin que l'Irlande. Je suis déçue parce que je t'appréciais beaucoup Gabrielle. Et toi-même tu sais que peu de gens pensent comme moi. Pour toutes les fois où tu as souffert et où je t'ai aidé, il me semblait avoir mérité un peu de ton respect.

Mais le problème, c'est que tout ce que je pourrais faire ne sera jamais assez. Tu te suffis à toi-même, malgré le fait que tu cherches désespérément le contact des autres. Je croyais avoir brisé ta carapace mais j'avais tort. Et quelque part, j'ai l'impression que tu t'es servie de moi, comme une sorte de remplacement pour ce que tu cherches. Je me rends compte maintenant, toutes les fois où l'on a ri ensemble, où tu m'as vu pleuré, toutes les choses que l'on s'est dites, et je ne t'ai jamais vu pleurer. Oui, je me rends compte que la confiance que tu plaçais en moi était limitée. Que de mensonges aurait-on pu éviter Gaby si je n'étais pas venue te voir ce jour-là ?

Je regrette que notre amitié se termine de cette manière mais je sens que je ne fais déjà plus parti de ta vie. Quelque chose, et j'ai du mal moi-même à savoir quoi, nous sépare. Peut-être est-ce le mensonge, le manque de confiance ou bien le fait que l'on se soit servi de moi. Malgré tout, je te souhaite d'être heureuse, où que tu sois... Sois heureuse car tu le mérites. Les magnifiques moments que j'ai passé avec toi en sont la preuve.

Passe le bonjour à ton "cousin". (Me crois-tu vraiment si aveugle ?)

Avec mon affection,

Clémence."

Le bonheur avait-il vraiment ce prix-là ? Celui d'en perdre un pour en retrouver un autre ? Puis le perdre à nouveau... Lorsque la jeune fille contemplait son passé, elle n'y voyait que des amours perdus. À croire que cela était son destin... D'aimer et de perdre.

Pour l'instant, il ne lui restait que Ginny, la seule qui acceptait de parler avec elle. Tous les autres Gryffondors croyaient qu'elle fricotait avec l'ennemi, plus connu sous le nom de Draco Malfoy, à cause de l'excès de colère d'Harry dans la Salle Commune. Et comme celui-ci ne parlait plus à Gabrielle depuis, les rumeurs s'étaient "confirmées" que Gabrielle avait trompé Celui-Qui-A-Survécu avec le prince des Serpentards.

Dégoûtée du chaos dans lequel sa vie était en ce moment, Gabrielle se saisit des crins de son cheval, s'aida d'un petit rocher et monta sur son étalon, à cru. Ravi d'avoir sa maîtresse sur le dos, Cory secoua la tête. Grâce au licol, Gabrielle parvint à diriger son cheval vers la Forêt Interdite. "Puisque tout va si mal, autant empirer les choses" se dit-elle tout en pénétrant dans les bois.

À cet instant, elle se fichait que cette nuit soit la dernière de sa vie. Elle n'avait plus rien. Sa famille ne la connaissait pas et ne s'était jamais intéressée à elle ni à ses aspirations, et ses amis, pour le peu qu'elle en ait eu, l'avaient abandonné au fur et à mesure. Le monde de magie dont elle avait rêvé si ardemment se révélait aussi tordu et cruel que le monde normal.

Arrête de dramatiser... Lui fit remarquer sa conscience.

Pourtant, dans l'état où elle était, c'était bien comme cela qu'elle voyait les choses.

Elle évita de justesse une branche au niveau de sa tête. Cory avançait d'un pas tranquille, nullement gêné par l'obscurité. Gabrielle ne regardait même pas vers où ils se dirigeaient. Ce qui lui importait c'était de partir loin des gens, loin de ceux qui passaient leur temps à la décevoir. Ou était-ce le contraire ? Cela n'avait plus d'importance à présent. Elle entendit une chouette hululer.

Le bruit la réconforta, elle avait toujours aimé les bruits de la nuit. Ils la fascinaient. Car elle aimait la magie et la nuit a toujours été plus mystique et plus attirante que le jour.

Un loup hurla.

Aussitôt, elle retira le commentaire qu'elle venait de faire. Elle n'aimait pas du tout les bruits de la nuit !

Idiote, tu t'es mise dans cette situation toute seule.

Sous ses cuisses, elle sentit Cory frissonner. Ce n'était jamais bon signe, car son étalon n'était pas du genre peureux. Observant enfin ses alentours, elle se rendit compte qu'elle s'était complètement enfoncée dans la forêt, sans se soucier du chemin qu'elle prenait. Elle espérait seulement que Cory saurait retourner au château.

À cet instant, Cory et elle pénétrèrent dans une assez grande clairière, éclairée par la lune. Cette vision était magnifique, mais Gabrielle ressentait toujours ce frissonnement d'appréhension dans sa colonne vertébrale. Elle croyait voir des yeux jaunes derrière chaque buisson. Le bruissement des feuilles ressemblait à des bruits de pas.

Elle jeta des regards apeurés autour d'elle. Son étalon et elle étaient vulnérables au centre de cette clairière, elle le pressa d'avancer. Mais Cory se braqua soudain, refusant d'aller plus loin.

"Allez Cory ! Avance !" Murmura-t-elle, avec une voix où perçait l'anxiété.

Cory ne bougea pas d'un poil, pétrifié par ce qu'il voyait ou sentait.

"Cory ! Ne me laisse pas tomber !"

Mais l'étalon ne l'écoutait plus. Son instinct animal l'empêchait de faire un pas de plus.

Un léger bruit se fit entendre sur leur gauche. Gabrielle tourna la tête. La panique l'envahit aussitôt. Un énorme loup gris, de la taille d'un cheval, venait de faire son apparition. Si elle avait été dans une quelconque autre situation, Gabrielle aurait pu apprécier la beauté de la créature, avec ses poils ressemblant à la lumière de la lune, sa tête intelligente et ses splendides yeux dorés.

La jeune fille comprenait maintenant pourquoi son étalon ne bougeait plus. Elle-même était paralysée par la peur, elle n'avait même pas le courage de fuir. Et cela aurait été vain elle le savait. Les loups Ignitus couraient bien plus vite qu'un cheval et le feu qu'ils crachaient pouvait atteindre jusqu'à deux mètres.

Un deuxième bruit, sur sa droite cette fois, la fit sursauter. Elle regarda d'où le bruit provenait et put voir avec horreur une deuxième tête de loup apparaître. Le phénomène se répéta deux autres fois, derrière et en face d'elle. Au fur et à mesure, Gabrielle comprenait que sa fin était arrivée. Elle n'avait aucun moyen de fuir, même si elle le voulait. Elle remarqua cependant que les loups restaient calmes et ne la menaçaient pas. Ils la regardaient presque... curieusement. Pourtant, s'ils étaient là, cela ne pouvait pas signifier quelque chose de bon.

Malgré elle, malgré tout ce qu'elle avait pu dire, elle n'avait qu'une certitude : elle ne voulait pas mourir.

Je ne veux pas mourir !

Elle sortit sa baguette et se félicita intérieurement de l'avoir prise. Étrangement, en tenant ce morceau de bois entre ses mains, sa peur avait fait place à la détermination. Ses yeux flamboyaient, comme embrasés par son désir de vivre. Mais les loups, sentant la menace, commencèrent à grogner et à montrer les dents. Ils se mirent en cercle autour d'elle, mais assez loin tout de même. Leur présence dégageait une puissance hors du commun.

Sachant que les incantations ne marcheraient pas avec sa baguette, elle l'agita en pensant à un bouclier de feu qui l'entourerait. Aussitôt, des flammes dorées sortirent du sol et empêchèrent les loups d'avancer. Puis elle tendit sa baguette vers l'Ignitus derrière elle, pensant l'immobiliser. Pendant un moment, elle crut avoir réussi, mais quelques secondes plus tard, le loup se dégagea du sort et continua d'avancer vers le feu, encore plus en colère.

Alors qu'elle se sentait désespérée, se souvenant que les Ignitus étaient immunisés contre la magie, du moins celle des sorciers, une figure apparut dans l'ombre des arbres, juste devant ces yeux.

Interdite, elle put voir un éclat de lune refléter des cheveux d'un blond pâle. Malfoy... Malfoy était là. Gabrielle voulut parler, lui crier de s'enfuir, mais une autre silhouette se dégagea derrière lui. Contrairement aux autres loups, bien que de la même taille, l'animal était complètement noir. Ses yeux également. Pendant un bref moment, irréel, elle croisa le regard du Serpentard à travers les flammes. Puis il se tourna vers l'animal et lui lança un ordre dans une langue étrange :

"Aanval"

Aussitôt, l'animal s'élança vers les autres loups qui s'étaient hérissés en sa présence. Il mordit le premier à la gorge avec une force inouïe et le loup couina faiblement. Dans un éclair de compréhension, alors qu'elle voyait l'animal se battre, Gabrielle se rendit compte qu'il s'agissait en réalité de Nigtheyes. Il avait la même fourrure et les mêmes yeux. Comment avait-il pris cette forme, elle l'ignorait mais elle lui était reconnaissante de son aide.

Et Nighteyes semblait avoir largement l'avantage sur les quatre loups blancs. Tandis que les Ignitus peinaient à suivre son rythme trop rapide, il virevoltait, sautait, mordait, griffait et crachait un feu noir. Bientôt, les loups s'avouèrent vaincus et se dépêchèrent de sortir de la clairière. Nighteyes, ses yeux noirs flamboyants, se tint droit sur ses pattes en les regardant partir, arrogant et fier.

L'esprit de Gabrielle, quant à lui, essayait d'enregistrer ce qui venait de se passer. Son petit chiot était devenu un loup, même s'il était croisé avec un Sinistros, énorme. Elle l'observa, complètement fascinée, tandis que Draco, lui, se rapprocha d'elle.

"Tu pourrais peut-être songer à abaisser ta barrière..." Dit-il, un sourire arrogant accroché au visage.

Encore sous le choc, Gabrielle fit ce qu'il avait dit et descendit de son cheval, qui paraissait aussi médusé qu'elle.

"C-comment as-tu su que j'étais là ?" Finit-elle par dire, la voix tremblante.

"Mon instinct." Répondit-il simplement.

Pendant ce temps, Nigtheyes s'était rapproché d'elle d'un pas hésitant, comme s'il avait peur de la faire fuir. Elle tendit la main vers lui et aussitôt, il vint blottir sa grosse tête contre sa main. Elle caressa son poil soyeux et lui dit :

"Je n'arrive pas à croire que c'est toi Nighty. Comment as-tu fait pour avoir cette taille ?"

Ce fut Malfoy qui lui répondit.

"C'est moi qui lui ai donné cette forme."

Gabrielle tourna son regard vers le Serpentard, ne comprenant pas.

"Comment ?"

"J'ai entendu ton appel à l'aide, alors je suis venu jusqu'ici. Ton chiot était là aussi. Mais quand j'ai vu les Ignitus, j'ai pensé que la seule solution était de le faire prendre une taille adulte pour qu'il puisse les combattre. Comme tu le sais, la magie est inefficace contre ce genre de loups."

"Tu as délibérément mis Nighteyes dans une position aussi dangereuse ?" S'écria Gabrielle.

"C'était ça ou tu mourrais."

Elle se tut, n'ayant rien à répondre. Puis elle pointa sa baguette vers Nighteyes et celui-ci reprit une forme normale. Elle le prit dans ses bras et le caressa, le remerciant longuement pour son aide. Enfin, elle le déposa sur le dos de son cheval qui ne rechigna pas, encore sous le choc.

Le dos tourné à Malfoy, elle s'appuya un instant contre le flanc brûlant de son étalon. À cet instant, elle avait tellement froid qu'un peu de chaleur n'était pas de refus.

"Tu vas m'ignorer encore longtemps ?" Finit par demander Malfoy d'un ton froid.

Gabrielle se tint immobile. Elle refusait de se retourner car elle savait que si elle faisait cela, quelque chose d'irrémédiable se passerait. Mais un bras la fit se retourner de force. Elle retint son souffle devant la vision qui s'offrait à elle. Malfoy avait un air qui ne laissait aucun doute de ce à quoi il pensait. La lune faisait des reflets argents sur ses cheveux lisses et ses yeux étaient deux puissants trous noirs qui l'aspiraient encore et encore.

Elle voulut ouvrir la bouche mais il lui suffit d'un regard pour la faire taire.

"Pourquoi continues-tu à nier Gabrielle ? Nier l'attraction qu'il y a entre nous. Si seulement tu te laissais aller..." Murmura-t-il d'une voix si basse qu'elle en eut des frissons.

Il fit glisser ses longs doigts fins sur sa nuque, lentement, comme pour la torturer. Ses yeux ne lâchaient pas les siens, tandis que Gabrielle sentait le monde autour d'elle vaciller. Draco prit une mèche de ses cheveux entre ses doigts et joua un moment avec, lançant une décharge dans la tête embrouillée de la jeune fille.

"Si seulement tu pouvais voir ton aura... Si brillante... Si seule."

Soudain, il fit quelque chose qu'elle n'avait jamais expérimenté jusque là et qui la laissa pantelante et en sueur. Il mélangea sa magie à la sienne. Il lui suffisait de la toucher et de se concentrer pour que sa magie vienne entrelacer celle de Gabrielle. Elle aurait dû se sentir violentée, que quelqu'un fasse cela sans lui demander la permission, mais c'était comme retrouver une partie d'elle-même qu'elle ignorait avoir perdu. Et le plaisir qui se dégageait de cette étreinte invisible était presque insupportable.

"Draco..." Gémit-elle involontairement.

Et ce simple mot parut lui faire perdre tout contrôle. Il se jeta contre elle et l'embrassa comme un dément, lui dévorant la bouche, suçant, léchant, mordant, sans se préoccuper de ses sensations à elle. Mais elle s'en fichait totalement. Elle lui laissait le contrôle et en savourait chaque instant. Quand il se calma un peu, elle essaya de lui rendre son baiser, plus doucement, mais ce geste ne fit qu'attiser sa violence.

Jamais de sa vie elle n'avait été embrassée de cette manière. C'était comme embrasser le diable en personne. Dangereux, mais addictif. Draco pressa son corps contre le sien, comme s'il avait peur qu'elle s'en aille. Gabrielle en oubliait de respirer. Elle n'avait plus conscience de rien sinon de l'obscurité qui régnait devant ses yeux et de cette bouche qui lui aspirait toute volonté.

Aussi soudainement qu'il avait commencé, le baiser s'acheva. Draco et Gabrielle se regardèrent, le souffle court, chacun se noyant dans les yeux de l'autre. Et la jeune fille pouvait voir dans ces yeux bleus, rendus noirs par la nuit, quelque chose comme de l'attente. Il attendait qu'elle fasse une chose, bien qu'elle ignore quoi.

"Pourquoi ?" Demanda-t-elle finalement.

"Pourquoi quoi ?" Répondit-il stupidement.

"Pourquoi m'avoir embrassé ?" Cria-t-elle presque, effrayant son cheval derrière elle.

"Parce que j'en avais envie."

La colère s'insinua rapidement dans la jeune fille.

"Et tu crois que c'est une raison suffisante pour te jeter sur moi ? Pour me forcer à... partager ma magie ?"

"Je ne t'ai pas entendu te plaindre." Se justifia-t-il.

"Le silence ne veut pas dire oui !"

"Ça ne signifie pas "non" non plus..."

Elle tourna la tête, honteuse. Elle n'aurait pas dû faire cela... Elle n'aurait pas dû...

"Pourquoi as-tu honte ?"

C'était au tour de Malfoy d'être furieux.

"C'est à cause de Potter n'est-ce pas ?" Continua-t-il, haussant la voix d'un ton à chaque mot. "Tu as peur de la manière dont il va réagir s'il apprend cela ?"

"Je t'interdis de le lui dire !"

"Et en quel honneur obéirais-je à tes ordres ? Je fais ce qu'il me plaît à ce qu'il me semble."

"Tu n'es qu'un monstre ! Un monstre !"

À peine ces mots étaient-ils sortis de sa bouche que Malfoy serrait ses doigts autour de sa gorge, l'étranglant à moitié. Elle essaya de se débattre, en vain.

"À qui la faute ?" Dit Malfoy, détachant chaque mot avec soin.

Puis la pression disparut. Gabrielle s'écroula sur le sol et plaça une main sur sa gorge, dans une stupide attitude de protection. Elle savait que Malfoy aurait pu la tuer, sans qu'elle n'ait pu esquisser le moindre geste. Quand elle releva les yeux, il avait disparu.

Après s'être assuré qu'il n'était plus là, elle ferma les yeux et laissa les larmes couler sur ses joues froides. Chaque bouffée d'air était un supplice. Sa gorge la brûlait et elle avait l'impression que son coeur se déchirait en petits morceaux, lentement. Elle ne se rappelait pas avoir tant souffert depuis deux ans.

Un jappement à ses pieds la fit sursauter. Elle baissa la tête et put voir Nighteyes, devenu un chiot à nouveau, qui couinait, semblant partager sa tristesse. Elle le prit dans ses bras en enfouit sa tête près de son petit corps tout chaud. La douleur s'atténua aussitôt.

Derrière elle, Cory s'approcha et elle s'appuya sur son flanc. Il n'y avait vraiment que les animaux pour apaiser la peine qu'elle ressentait...


"Gaby ! Mais tu es trempée ! Que t'est-il arrivé ?" S'écria Ginny en voyant Gabrielle entrer dans la Salle Commune de Gryffondor. Elle l'y attendait depuis une bonne heure déjà.

La vision qu'offrait Gabrielle faisait peine à voir : ses vêtements étaient sales et pleins de boue, ses cheveux étaient mouillés et collaient à son visage. Elle avait les traits tirés et ses yeux étaient fiévreux.

"Je ne sais pas ce qui se passe Gin. Je me sens vraiment pas bien." Dit Gabrielle d'une voix faible.

Elle avait les bras autour de sa taille, comme pour s'empêcher de tomber. Son chiot, à ses pieds, gémissait en se frottant contre sa jambe. Ginny jeta un coup d'oeil à son aura et faillit pousser un cri d'horreur. L'aura de Gabrielle était réduite à un simple filet doré qui couvrait la peau de la jeune fille. Il n'y avait plus de belles ailes dorées ni de puissance lumineuse.

"Merlin ! Gabrielle..." Ginny mit une main sur sa bouche puis se précipita vers son amie.

"Je suis désolée... Je ne fais que... créer des ennuis à tout le monde." Eut le temps de dire Gabrielle avant de s'évanouir sur le sol.

Aussitôt, Ginny courut dans le dortoir des garçons et cria le nom d'Harry. Celui-ci sortit avec précipitation de sa chambre, en caleçon et les cheveux ébouriffés, suivi d'un Ron encore à moitié endormi.

"C'est Gabrielle. Il y a quelque chose qui ne va pas !" Cria-t-elle.

Quelque chose d'indéchiffrable passa dans les yeux d'Harry pendant un moment puis il se précipita à la suite de Ginny. En voyant Gabrielle écroulée sur le sol, il sentit la peur et la colère monter en lui. Il s'agenouilla auprès d'elle et prit sa tête encore trempée par la pluie sur ses genoux. Elle respirait à peine. Paniqué, il cria à Ron et à Ginny d'aller chercher de l'aide. Puis, concentrant son attention sur Gabrielle, il murmura :

"Allez Gabrielle, ne me laisse pas tout seul ici... je t'en supplie. Réveille-toi... Gabrielle..."

Il avait vaguement conscience de présences autour de lui, des élèves ameutés par le bruit. Mais tout ce qui comptait c'était Gabrielle et qu'elle soit sauve. Même s'il devait donner sa vie en échange. Qu'elle soit sauve...

Alors que ces pensées l'assaillaient, une chose en lui commençait à prendre forme. Une chose plus puissante que tout ce qu'il avait vécu jusque-là. Plus forte que tous les pouvoirs qu'il avait pu acquérir au fil des ans. Il ferma les yeux et se laissa emporter par cette violente force. C'étaient comme des vagues, allant et venant dans son être, chaque fois plus intense.

Le monde s'effaçait. Il ne restait que lui et le corps de Gabrielle pressé contre le sien. Elle. Lui. Eux. Elle ne doit pas mourir...

Il faut la sauver !

Je dois trouver la force.

La force.

Et le monde s'effaça.


Un rire enfantin transperça la tranquillité du monde. Des sons lumineux, venant de la terre. Deux enfants de Dieu. Libres, heureux, ensemble. Ils couraient. Elle devant, lui derrière. Elle se cachait derrière un arbre. Mais il la retrouvait toujours. Car elle était son âme. Elle riait, lui la poursuivait.

Nus, ils étaient la perfection sous forme humaine. Lui, grand, fin, pâle comme la lune. Des cheveux blancs aux magnifiques reflets argent. Des yeux brillants d'une lueur argentée. Des yeux innocents et mystérieux. Elle, plus petite, à la peau couleur de miel. Elle avait une chevelure faite de fils d'or, qui descendait jusqu'à ses chevilles. Et ses yeux avaient la même lumière que le soleil, aussi éblouissante.

L'Homme et la Femme. La Fille et le Garçon. La Lune et le Soleil. Les Jumeaux, enfants cachés de Dieu.

Le Jardin était leur terrain de jeu. Il ne connaissait que cela : le jeu. Ils en vivaient, s'en nourrissaient. Remède contre l'ennui, pour eux qui vivaient reclus dans ce lieu paradisiaque. À jamais, ils étaient condamnés à avoir quinze ans. Mais pour eux, cela était loin d'être une malédiction. Ils se suffisaient l'un l'autre. Ils ne vivaient que parce que l'autre existait. Car telle était la volonté de Dieu.

La jeune fille s'écroula sur l'herbe ondoyante, à bout de souffle.

"Tu as gagné Derek. J'abandonne."

La silhouette argentée s'approcha et eut un sourire moqueur.

"Je gagne toujours ma chère soeur. Ce jeu commence à devenir ennuyeux..."

Elle se leva, calmement, lentement, prit une pomme d'or à l'arbre sous lequel elle était abritée. Les yeux de Derek se rétrécirent avec suspicion. Mais elle ne fit que croquer dans la pomme...

Et sans prévenir elle la lança de toutes ses forces sur son frère. La pomme atteignit son ventre et le fit se plier en deux. Le rire de la jeune fille éclata aussitôt, clair et joyeux.

"Ne me sous-estime pas. Je peux toujours te battre, même quand je suis à terre." Dit-elle.

Derek se releva et lui sourit, malgré la douleur. Il aimait son rire. Lorsqu'elle riait, les couleurs semblaient plus étincelantes, les fleurs plus belles et le soleil lui-même semblait accompagner la jeune fille dans sa joie.

"Je m'en souviendrais Lilith."

Elle lui rendit son sourire étincelant et se remit à courir. Il la suivit. À travers les arbres fleuris, ils couraient sans relâche, comme si leur vie en dépendait. Et peut-être était-ce le cas... Les animaux levaient la tête à leur passage, pas le moins du monde effrayés. Ces animaux étaient aussi leurs compagnons de jeu. Comme eux, aucun animal ne vieillissait ni ne mourrait. Chacun était à sa place dans cette nature parfaite. Aucun autre sentiment que la joie n'était possible. Le mal y était banni à jamais et rien ne saurait perturber cette harmonie divine. Rien...

Les journées étaient ensoleillées et le ciel demeurait toujours d'un bleu éclatant. Parfois quelques nuages aux formes amusantes venaient distraire les deux enfants. Les nuits étaient claires et chaudes, la lune immense et protectrice. Il n'y avait pas d'étoiles cependant. Car les étoiles étaient trop instables pour faire partie de ce jardin. Il y avait une forêt d'un côté et un lac de l'autre. Et entre les deux, des plaines et des rivières.

Et si les jumeaux pouvaient déambuler dans tout le Jardin, il leur était interdit de franchir la limite de la forêt, ni de traverser le lac en entier. Cette interdiction était inscrite dans leur sang et aucun d'entre eux n'aurait songé à désobéir. On ne discutait pas les ordres du Père.

"Dis Derek..." Chuchota Lilith, alors qu'ils s'étaient étendus au soleil, reposés et nourris par les nombreux fruits du Jardin.

"Quoi ?" Répondit son frère, curieux de l'intonation étrange qu'il sentait dans la voix de l'autre moitié de son âme.

"T'es-tu jamais demandé ce qu'il y avait de l'autre côté ?"

Il n'avait pas besoin de demander de quel côté elle parlait. Il savait.

"Oui, mais cela ne sert à rien d'y penser. Notre place est ici."

"Je sais..." Elle se tut un instant, hésitante. "Mais j'aimerais tellement voir le monde de Dehors !"

"Notre Père nous a expliqué que c'était un monde plein de violence, de haine et de misère. Pourquoi voudrais-tu t'y rendre ?"

"Mais qu'est-ce que ces mots que notre Père méprise ? Je ne comprends pas ce qu'ils signifient.""

"Et bien..." Derek parut réfléchir un instant. "Cela veut dire que c'est mal."

"Mal ?"

Les deux petites lumières d'or rencontrèrent celles argentées de son frère avec une innocence qui n'appartient qu'aux enfants.

"Je crois que c'est ce qui nie à autrui."

"Alors, la vie que nous avons, dans le Jardin, c'est bien ?"

"Pourquoi dis-tu ça ? Tu n'aimes pas être avec moi ?"

À cet instant, Derek crut que son coeur allait se briser. Jamais il n'aurait cru que Lilith puisse penser que leur vie n'était pas assez.

"Oh non Derek ! Ne pense pas cela ! Tu sais bien que tu es mon Ame, mon Frère. Je ne peux pas imaginer vivre sans toi. C'est juste que parfois, je me sens à l'étroit dans ce jardin. J'ai l'impression que mon âme cherche quelque chose de différent. De l'aventure..."

"Il faudra se contenter de nos aventures Lilith." Répondit Derek d'une voix plus froide que d'habitude.

C'était la première fois qu'il parlait de cette manière. Aussitôt, Lilith se jeta dans les bras de son frère et murmura :

"Je suis désolée. Je n'aurais pas du dire cela. Pardonne-moi."

"Bien sûr."

Et il lui sourit en la serrant plus fort contre lui. Cette étreinte, pourtant fraternelle, réveilla un sentiment en elle qu'elle n'avait jamais expérimenté jusque là. Elle ne savait pas très bien comment le décrire. À part le fait qu'elle voulait se tenir le plus près possible de lui. Mais était-ce possible ?

Un jour que Derek s'était endormi à l'ombre d'un arbre, accompagné d'une jument qui était allongée à côté de lui, Lilith décida de faire un tour dans la forêt. Elle s'amusa un instant à faire la course avec les cerfs, puis à jouer à cache-cache avec les lapins. Elle grimpa aux arbres et fut accueillie par les écureuils. Le temps passa vite et elle ne rendait pas compte de l'endroit où elle allait.

Ce n'est qu'en voyant une immense grille blanche qu'elle s'aperçut qu'elle était arrivée à la Frontière. Celle qu'on lui avait interdit d'approcher. Elle aurait dû partir. Elle n'avait pas le droit d'être ici et une partie d'elle-même voulait l'empêcher d'aller plus loin. Mais la curiosité était trop forte. Comme le papillon de nuit devant le feu, elle s'approcha, attirée par l'inconnu que représentait cette simple grille.

Alors qu'elle avançait, elle put voir une immense porte fermée, forgée dans le grillage, qui laissait voir une terre aride au loin et un ciel encombré de nuages sombres. Elle posa ses mains sur les barreaux et regarda avec étonnement le nouveau monde qui s'offrait à elle. Cela n'avait rien à voir avec son Jardin. Il n'y avait pas d'espaces verts ni d'animaux. Juste un désert rouge. Même l'air semblait moins respirable. Tout lui indiquait de revenir en arrière, de rester dans son petit coin de paradis.

Mais elle se sentait, malgré elle, poussée vers cet autre monde, ce monde plein d'aventures, de choses qu'elle ignorait. Peut-être la vie Dehors était-elle moins monotone que la sienne... Ses pensées furent interrompues par une vieille voix de femme.

"Que fais-tu si près de la Frontière, Lumière du Soleil ?"

Lilith tourna la tête vers la voix et aperçut une vieille femme, assise sur un bloc de pierre, juste à côté de la porte. Elle portait une robe marron et usée, et son visage semblait être fait de poussière tellement il paraissait âgé. Seules ses ailes, immenses et d'un blanc lumineux, contrastaient avec son apparence miséreuse. Lilith savait que les Anges, les instruments du Très-Haut, avaient des ailes mais elle ne savait pas qu'elles pouvaient être si belles.

"Sais-tu que ta place n'est pas ici Enfant ?" Continua la femme.

"Je sais Vieille Femme, mais ma curiosité était trop grande." Répondit Lilith d'une voix un peu hésitante.

C'était la première fois qu'elle parlait à quelqu'un d'autre qu'à Derek et à leur Père. Elle en retira une sensation étrange mais non désagréable. La vieille femme se mit à rire avec sincérité.

"C'est compréhensible, je l'avoue. Mais ça ne va pas plaire au Tout-Puissant."

"Et bien je me fiche de ce qu'Il pense !" S'écria Lilith avec véhémence.

Elle mit une main devant sa bouche, choquée par ses propres paroles blasphématoires. Mais la vieille femme ne fit que rire encore plus.

"Une chose est claire, tu vas Lui donner du fil à retordre Enfant. Allez viens t'asseoir près de moi et parlons."

Trop excitée de parler encore et de découvrir le monde, Lilith fit ce que la vieille femme lui demandait et s'assit sur l'herbe, juste à côté du bloc de pierre, séparée de sa nouvelle amie seulement par la grille. Elle remarqua que l'herbe s'arrêtait de pousser juste après les barreaux de la grille.

"Quel est ton nom Enfant ? Nous autres, du Bas Niveau, ne connaissons seulement ton titre. Celui de Lumière du Soleil."

Si la jeune fille connaissait les usages de l'autre monde, elle aurait su que donner son véritable nom à un étranger était plus que dangereux. Car celui qui sait votre nom a un pouvoir sur vous. Mais elle n'était encore qu'une enfant ignorante...

"Mon nom est Lilith."

"Lilith ? Étrange qu'Il ait choisi ce nom en particulier... Mon nom est Meredith, ma chère Lilith. Je suis la Gardienne de la Frontière."

"Vous gardez ?" Elle ne put empêcher la surprise de percer dans sa voix.

"Je n'ai peut-être l'air que d'une vieillarde faible et usée, mais ma force angélique reste aussi tranchante que dans mes jeunes années. Comme le témoignent mes ailes."

"Alors la force d'un Ange se mesure par rapport à ses ailes ?" Demanda Lilith, avide de nouvelles connaissances.

"En effet, par rapport à leur beauté et leur grandeur. Mais aussi et surtout par leur Aura, quoique peu de personnes soient capables de les lire."

"Les Auras ?"

"Oui, chaque être vivant possède une aura qui leur est propre. Un Ange masculin possède une aura argentée et un Ange féminin une aura dorée. Seuls les Démons possèdent une aura noire. Les Humains, eux, n'ont pas de couleur définie, elle est tout le temps mouvante."

"Les Démons ? Les Humains ? Oh il y a tant de choses à apprendre sur le monde extérieur !"

"Veux-tu que je t'apprenne Petite Fille ?"

"Oh oui, Meredith, j'adorerais ! Mais il faut que je retourne auprès de mon frère, il va se réveiller et se demander où je suis passé. Je reviendrais bientôt." Cria-t-elle avant de disparaître dans la forêt.

"J'y compte bien ma petite Lilith." Murmura la vieille femme avec un petit sourire amusé.


"Je ne comprends pas comment elle a pu arriver dans un état pareil !" Chuchota une voix où perçait l'inquiétude. "Elle n'a pas de blessures apparentes et pourtant son esprit est un véritable chaos."

"Vous seriez capable de l'aider ?" Demanda une autre voix, plus vieille et plus sage.

"Je l'ignore. J'ai été formée pour guérir toutes les blessures externes possibles, entrer dans l'esprit de quelqu'un et tenter de le guérir est aussi dangereux qu'extrêmement difficile. Je pourrais me perdre dans les nombreux labyrinthes de la pensée humaine et rester coincée à l'intérieur de son esprit. Ou bien créer de nouveaux dommages et détériorer la situation. Sincèrement Albus, je ne vois pas de solution. Peut-être faudrait-il appeler un expert ?"

"Malheureusement, on ne peut pas laisser n'importe qui pénétrer sa pensée..." La voix avait l'air songeuse, comme perdue dans ses pensées. "Et lui ?"

"Son état est différent, bien qu'il soit plongé dans le même état comatique. J'ai l'impression qu'il ne lui sert que de support. Le fait qu'on ne puisse pas les détacher l'un de l'autre, du moins mentalement, m'inquiète beaucoup. Ils risqueraient de rester dans cet état indéfiniment. De plus, si quelqu'un essaye de s'introduire dans le lien qu'ils ont formé, j'ai peur qu'il ne détruise les deux en même temps."

"Que peut-on faire alors Poppy ? On ne va pas les laisser ainsi !"

C'était la première fois qu'elle entendait la voix du directeur aussi tendue.

"À ce stade Albus, je crois qu'il faut les laisser régler ça tout seul. Si leur volonté est assez forte, ils s'en sortiront... Qui sait où ils sont à cette heure ?"

"Comment cela ?" Demanda une autre voix, féminine.

"Leurs deux esprits doivent errer quelque part, entre ce monde et un autre, pris au piège. Le seul moyen d'en sortir serait de trouver la sortie."

"Encore faudrait-il qu'ils sachent qu'ils sont pris au piège..." Déclara Pomfresh.

"Et c'est bien là tout le problème Poppy..." Soupira le directeur.

Le reste de la conversation devint flou, comme si un voile s'était interposé entre elle et eux. Elle savait qu'elle était à moitié réveillée mais ce bref éclat de conscience semblait s'effacer au fur et à mesure qu'elle replongeait dans le sommeil. Mais était-ce vraiment un sommeil ? Elle ne savait plus. La seule chose certaine autour d'elle était la présence de quelqu'un d'autre, qui voyageait à ses côtés. Elle ne savait pas qui. Il n'y avait qu'une odeur de forêt, une odeur d'herbe fraîchement coupée.

Elle ouvrit les yeux...


Fini ! Alors vous aimez bien le passage avec Derek ? Moi j'ai adoré l'écrire en tout cas. Et ça continue dans le prochain chapitre.En espérant des reviews Gros bisous

Manoa