Hello
J'ai écris ce chapitre il y a longtemps mais je ne l'ai jamais posté, j'ignore pourquoi d'ailleurs, je crois que c'est parce que je voulais le finir d'abord. Au final, je me dis qu'il est bien comme il est. Donc autant le poster ! Excusez-moi pour ceux qui lisent mes autres fics, en ce moment c'est un peu dur et je suis comme qui dirait dans une période de bloc où j'ai l'impression de n'écrire que de la merde. Ça va me passer j'espère et je finirais par mettre mes fics à jour.
The Death Of An Angel
Chapitre 7 : A Little Closer
Elle ouvrit les yeux.
Aussitôt, une intense lumière lui brûla les yeux. Elle se retourna en grognant, ramenant ses longs cheveux autour d'elle comme une couverture. Elle respira doucement et savoura l'odeur de la terre autour d'elle. Il n'y avait pas d'odeur plus belle au monde, du moins de ce qu'elle en connaissait, que celle-ci. L'odeur de la rosée matinale sur l'herbe verte, l'odeur de la sève et les parfums enivrants des fleurs. Elle écouta les gazouillements des oiseaux qui l'accueillaient dans son réveil. Elle sourit malgré elle.
Un rire la réveilla complètement. Lilith se tourna vers son frère.
"Tais-toi..." Dit-elle, de mauvaise humeur.
"Qu'y a-t-il mon Ame ? Tu as passé une mauvaise nuit ?" Elle pouvait percer l'amusement dans sa voix et dans ses yeux.
"Je ne suis pas arrivée à dormir."
"Comment cela ?"
"Je ne sais pas... J'ai rêvé..."
"Rêver ? Mais c'est impossible. Notre Père nous a expliqué le concept mais tu sais bien que nous ne pouvons pas rêver."
"Pourtant Derek, j'ai rêvé..."
Elle leva les yeux vers le ciel paisible et cette fois-ci regarda le soleil. La lumière ne lui faisait plus mal. Etrange d'ailleurs qu'elle lui ait fait mal en se réveillant. Le soleil ici n'était que chaleur et douceur et il était facile de le regarder en face sans se cacher les yeux. Mais quelque part, elle savait que le monde était en train de changer. Elle-même était en train de changer...
"De quoi ? De quoi as-tu rêvé ?" Il avait l'air anxieux.
"D'un autre monde..." Répondit-elle évasivement.
"Encore ces histoires !" Il se leva, les poings serrés par la fureur. "Tu ne penses qu'au monde extérieur et tu m'oublies ! Ce n'est déjà pas assez que tu ailles voir cette vieille femme à la Frontière alors que c'est interdit, il faut que tu transgresses encore plus de lois !"
Lilith ramena ses yeux vers son frère et le regarda avec ardeur.
"Et pourquoi devrait-on obéir à des règles que l'on nous a fixé ? Je refuse d'être une marionnette dont on tire les ficelles !"
"Où as-tu appris ce mot ?" Cria Derek, de plus en plus en colère.
"Mérédith bien sûr. Et toi, cher frère, où l'as-tu appris ?" Répliqua-t-elle.
Derek baissa la tête d'un air un peu coupable.
"Père me l'a appris..."
Cette fois, ce fut à Lilith de se lever, furieuse.
"Tu as eu des rendez-vous en cachette avec Père ? Sans moi ?" Finit-elle dans un cri de désespoir. "Je savais qu'Il te préférait à moi ! Depuis le début, je le savais !"
"Ce n'est pas comme si tu étais là de toute manière... Tu étais trop occupée à discuter avec Mérédith !"
"Je te déteste ! Je te déteste !"
À ces mots, Derek plongea son regard dans le sien. Des larmes argents coulèrent sur ses joues.
"Comment peux-tu dire cela ? Toi, toi... Toi que j'aime par-dessus tout. Comment peux-tu dire cela ?"
"Et bien peut-être ne m'aimes-tu pas assez Derek ! Tu crois que tu peux me mentir, à moi ta Soeur ? Je sais que tu aimes Père plus que moi ! Et il t'aime plus que moi."
Elle détourna les yeux, ne voulant pas laisser sa peine déborder devant son frère.
"C'est faux."
Lilith eut un sourire froid et moqueur.
"Ne mens pas Derek. C'est encore pire que ton manque d'amour."
Et elle se mit à courir. Elle connaissait le chemin par coeur maintenant. Cela faisait plusieurs jours qu'elle s'y rendait chaque après-midi. Elle s'asseyait à côté de la pierre où l'attendait Mérédith, de l'autre côté de la barrière, et discutait avec la vieille femme jusqu'au soir. Finis les jeux enfantins avec son frère. Finis les jeux avec les animaux. Le matin, les Jumeaux s'évitaient, le soir, ils dormaient l'un contre l'autre, cherchant désespérément un bout de leur intimité perdue.
Mais ce qui était perdu ne pourrait jamais être retrouvé. Chacun de leur côté, ils évoluaient. L'un avec un Ange, l'autre avec Dieu. Inlassablement, le Destin dénouait un à un les liens qui les avaient unis jusqu'alors.
Quand Lilith s'arrêta de courir, elle était à la Frontière. Grâce aux dons de son Père, elle ne se sentait nullement fatiguée par sa course. Elle jeta des regards autour d'elle, mais ne vit aucune trace de Mérédith. C'était étrange car la vieille femme ne quittait presque jamais son poste.
"Mérédith ?" L'appela-t-elle, tout en se rapprochant de la grille.
Pas un bruit.
"Mérédith ?" Cria-t-elle cette fois-ci. "Où es-tu ?"
Malgré elle, elle commença à pleurer. Son seul lien avec la réalité venait de disparaître.
"Tu pourrais arrêter de faire autant de bruit ? Ça me casse les oreilles..." Intervint une autre voix, masculine.
Elle tourna aussitôt les yeux vers la voix et retint un cri de surprise. Devant elle se tenait un homme, habillé en tenue de guerre. Mais le pire était qu'il se trouvait à l'intérieur du Jardin, adossé avec nonchalance au tronc d'un arbre.
"Qui êtes-vous ?" Demanda aussitôt Lilith, la peur venant se faufiler au creux de son ventre.
Il eut un sourire condescendant et fit un geste du bras, comme pour chasser une mouche.
"Tu n'as pas besoin de le savoir, Petite Fille. L'important est que je sais qui tu es."
Elle n'aimait pas son ton supérieur ni la manière dont il l'avait appelée "Petite fille". Elle n'était pas une petite fille ! Lilith releva la tête avec fierté.
"Et alors ? Que faites-vous ici et comment êtes-vous entré ? Vous devez savoir que ce lieu est interdit."
Son rire bref et froid l'irrita encore plus.
"Que de questions, Petite Fille... Des questions qui resteront sans réponse malheureusement. Je n'ai aucun compte à rendre à un larbin du Seigneur, si toutefois il mérite encore ce nom."
Les joues de la jeune fille rougirent de colère et elle serra ses poings contre son petit corps, prête à se battre s'il le fallait. Bien qu'elle n'ait que des lacunes en cette matière, puisque sa seule expérience se résumait aux jeux de combat avec son frère...
"Je vous interdis de me parler de cette manière ! Je ne suis le larbin de personne et je vous interdis de parler de mon Père ainsi !"
L'homme s'approcha d'elle et il semblait plus dangereux à chaque pas qui le menait vers elle. En l'observant, Lilith se rendit compte qu'il devait être adepte du combat, comme l'indiquait son armure noire, bien que légère. Il portait une très longue épée en fer noir à la taille, avec des inscriptions étranges gravées dessus. Sur son torse trônait le symbole des Anges Guerriers, la colombe, sauf que celle de cet homme était rouge sang, contrairement à la colombe blanche traditionnelle.
"Qui êtes-vous ?" Demanda-t-elle à nouveau.
Elle commençait à trembler malgré tous ses efforts pour rester calme. Cet homme la mettait mal à l'aise. Elle ne savait pas pourquoi.
Il n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle et Lilith ne trouvait toujours pas la volonté ni le courage de bouger. Pourtant, en plongeant son regard dans les yeux vert glacé du jeune homme, elle savait qu'elle ne devait pas rester ici. Elle qui n'avait d'autre expérience en matière d'homme que celle de Derek et de sa beauté presque féminine, elle ne pouvait s'imaginer qu'un homme puisse ressembler à cela.
Sa surprise l'avait empêché de le regarder de plus près au début, bien que c'était la première fois qu'elle voyait un véritable homme, son Père n'en étant pas tout à fait un. Il était bien plus grand que Derek, qui gardait l'apparence de ses quinze ans, et étonnamment musclé, les muscles de son abdomen étant tracés par l'armure qu'il portait. Ses cheveux noirs étaient lâchés et traînaient sur ses épaules en mèches rebelles. Mais le plus étonnant était son regard vert émeraude qui vous figeait sur place.
L'homme qui se tenait devant elle était incroyablement beau, d'une manière tout à fait obscure et dangereuse. Il était les ténèbres là où son frère Derek était la lumière. Pourtant une telle beauté ne pouvait laisser indifférent.
Il l'observa longuement et la fit rougir sous son intense regard, ce qu'elle n'avait jamais expérimenté jusque-là. Finalement, il se décida à répondre :
"Je suis Jareth, l'Etoile Noire. Celui qui mettra fin à l'Empire de Dieu. Celui qui mettra fin à la Guerre Sainte."
"Que voulez-vous dire ?"
Il se pencha un moment vers elle, son visage si proche du sien qu'elle pouvait voir les filaments argentés qui se mêlaient au vert de ses yeux.
"Tu devrais penser à mettre des vêtements avant de poser autant de questions Petite Fille. Cela me distrait."
Après ces mots, la seule chose qu'elle aperçut fut un sourire moqueur, une multitude de plumes noires d'encre et il était parti.
Lilith resta un moment interdite, incapable de penser à quoi que ce soit si ce n'est ces deux yeux verts la regardant. Finalement, elle laissa échapper le souffle qu'elle retenait depuis une bonne minute. Elle aperçut un mouvement sur sa droite et vit une tête cornue s'approcher doucement d'elle. Souriant, elle caressa la tête de la licorne blanche.
"Toi aussi il t'a fait peur ma belle ?" Demanda-t-elle doucement.
La licorne plongea son regard sombre dans le sien, mais ne dit rien.
"En tout cas, je me demande ce que fait Mérédith. Elle ne quitte jamais son poste d'habitude..."
"Oh, mais je suis là ma chère Lilith." L'interrompit la vieille femme.
Lilith se retourna aussitôt avec un grand sourire et vint rejoindre son amie qui était assise à la même place que d'habitude.
"Pourquoi es-tu partie Mérédith ? Je me suis inquiétée."
"J'avais des affaires urgentes à régler. Mais toi, tu m'as l'air bien étrange aujourd'hui. Que s'est-il passé ?"
Lilith hésita un instant puis raconta ce qui lui était arrivé le plus honnêtement possible, car elle n'avait pas appris à mentir. Mérédith écouta l'histoire avec attention et hocha la tête plusieurs fois, l'air entendu.
"Cela n'a pas l'air de te surprendre ?" Demanda Lilith, une fois son histoire terminée.
"En effet, je me doutais qu'il viendrait ici un jour ou l'autre. Quoi que, comment il a réussi à traverser la Frontière, cela reste un mystère pour moi. Il est puissant mais passer à travers ces grilles est normalement impossible, aussi bien pour un Ange que pour un Démon."
"C'est un Démon ?" Demanda la jeune fille, commençant à paniquer.
"Non non. Mais presque. Il s'agit d'un Ange Noir, les Anges chargés de la sécurité de l'Empire de Dieu et de mener les offensives contre les Démons de niveau inférieur. En faisant la Guerre, ils ont perdu de la pureté qui caractérise un Ange aux ailes blanches."
"Mais... il m'a dit qu'il allait détruire l'Empire de Dieu... Comment peut-il le protéger et vouloir le protéger en même temps ?"
"Jareth est un Rebelle, le chef des Rebelles en réalité. Les Rebelles sont éparpillés dans tout Avalon et certains sont même en Terre Désolée, avec les Démons."
"Avalon est la terre des Anges sur Terre n'est-ce pas ? C'est ce qui se trouve au-delà du Désert Rouge."
Mérédith sourit un instant.
"Tu apprends vite mon Enfant." Puis elle ajouta. "Et la Terre Désolée appartient aux Démons de niveau inférieur qui vivent sur Terre. Comme je te l'ai expliqué, le Paradis, et tu connais déjà cette partie, se trouve de l'autre côté du lac de ton Jardin. L'Enfer, lui, est situé après le fleuve du Léthé, le fleuve de l'oubli. Et avant ce fleuve se trouve le Territoire Désolé."
"Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi ce Jardin, ce Paradis Terrestre comme tu l'as appelé, est entre la Terre et le Paradis. Qu'est-ce que Derek et moi venons faire ici ? Notre Père nous a expliqué que c'était pour nous protéger mais je n'en suis plus tellement sûre..."
"Ma théorie est que ton frère et toi êtes les véritables Gardiens de la Frontière. Votre pouvoir est immense, même si vous l'ignorez, et il doit protéger malgré lui l'Entrée du Paradis."
Lilith réfléchit un moment à ces paroles. Elle n'arrivait pas à croire que leur Père puisse se servir d'eux de cette manière. Mais une pensée lui vint soudain à l'esprit.
"Mérédith, si mon frère et moi nous éloignons l'un de l'autre, se peut-il que le pouvoir qui protège la frontière diminue ?"
"Cela est fort possible. Des Jumeaux ont toujours beaucoup plus de pouvoir quand ils sont réunis. Pourquoi me demandes-tu ça ?"
"Derek et moi, nous nous sommes disputés. Je crois que c'est ce qui a permis à ce Jareth de pénétrer dans le Jardin. Mais la question est de savoir pourquoi il est venu... Et pourquoi il est reparti d'ailleurs."
"Je suppose que tu auras la réponse à ta question dans peu de temps."
"Quoi ?"
"Tu ne penses tout de même pas qu'il ne va pas revenir ?" Demanda Mérédith en la regardant bizarrement.
"Je... Je n'y avais pas pensé. Mais que peut-on faire ?"
La peur, mêlée à l'excitation, faisait briller ses yeux d'or. Car en vérité, elle mourrait d'envie de le revoir.
"Malheureusement, je l'ignore. Mais s'il revient je serais là pour l'empêcher de passer."
"Merci Mérédith."
Lilith déglutit avec difficulté. Elle ne pouvait avouer ses sentiments interdits à son amie.
"Tu ferais mieux de retourner auprès de ton frère et de te réconcilier avec lui. De cette manière, le Lien sera plus puissant et Jareth aura du mal à entrer."
Lilith hocha la tête et partit, non sans avoir dit au revoir à la vieille femme. Celle-ci sortit sa pipe en bois et se mit à fumer avec délectation.
La jeune fille aux cheveux d'or, quant à elle, se remit à courir à travers les bois. C'est ce qu'elle préférait au monde. Courir. Et oublier. Ne penser à rien. Surtout pas à de beaux yeux verts qui semblaient hanter ses pensées. Elle rejoint Derek qui était assis contre un arbre, absorbé dans ses pensées. Il jouait avec une petite fleur jaune, la faisant tourbillonner entre ses doigts.
En l'observant de loin, Lilith put admirer la beauté de son frère jumeau. Il est vrai qu'il était complètement différent de Jareth, mais ses traits féminins et enfantins lui conféraient un charme incroyable. Mais là encore, Lilith n'avait pas vraiment assez d'expérience en matière de beauté.
Pourtant, les cheveux argentés de son frère, qui semblait capter tous les rayons du soleil, et son corps fin et agile étaient sans conteste magnifiques. Lilith se prit à rougir en regardant le corps de son frère. La nudité ne l'avait jamais gênée, elle et son frère se promenaient nus dans le Jardin depuis des millénaires, et jamais l'un d'entre eux ne l'avait remis en question.Mais la phrase de Jareth trottait dans sa tête.
"Tu devrais penser à mettre des vêtements avant de poser autant de questions Petite Fille. Cela me distrait."
Qu'y avait-il de distrayant dans la nudité ? Mais le regard qu'avait Jareth à ce moment avait été obscurci par un sentiment qu'elle ignorait. Elle soupira de frustration. Elle était décidément trop ignorante du Monde Extérieur et cela l'agaçait énormément.
Derek leva la tête à ce son. Il lui sourit. Un sourire d'excuse. Lilith sentit son coeur fondre et vint se jeter dans les bras de son frère. Il l'accueillit en riant de bon coeur. Elle adorait son rire.
"Je t'aime Derek."
"Pas autant que moi Lilith." Répondit-il.
Mais au fond d'elle, elle savait que la personne que son frère aimait le plus n'était pas elle. Elle le savait et ce sentiment lui faisait plus de peine qu'elle ne se rappelait en avoir jamais vécu.
"Vous ne pouvez vraiment rien faire ?" S'écria une jeune fille aux cheveux roux, au chevet de Gabrielle et d'Harry.
Tous les deux étaient plongés dans une sorte de coma depuis trois jours déjà. Il n'y avait eu aucun changement. Ils étaient allongés sur des lits à l'infirmerie, les yeux fermés et le visage paisible, comme s'ils dormaient. Mais c'était simplement grâce aux dons de Mme Pomfresh qu'ils avaient survécu jusque-là. Celle-ci les maintenait en vie en utilisant un sort très compliqué qui pompait toute son énergie. Ce sort, appelé Vitae Excessum, permettait de maintenir une personne dans un état où le corps arrêtait de fonctionner, sans pour autant nuire à la vie du patient.
Mais comme Mme Pomfresh ne pouvait passer son temps à utiliser ce sort, un autre médecin très renommé, appelé spécialement par Dumbledore, la relayait. M. Delora venait d'Italie et était connu pour ses capacités en matière d'esprit humain. Cependant, même lui n'était pas parvenu à sortir Harry et Gabrielle de leur état. Il avait expliqué qu'ils ne pourraient en sortir que par eux-mêmes.
"Je vous l'ai déjà dit plusieurs fois Miss Weasley. Il n'y a aucune solution. Il faut juste attendre." Dit M. Delora, qui était chargé du tour de garde.
Ses yeux étaient rougis par l'effort et la sueur perlait sur son front. Il maintenait le transfert d'énergie depuis maintenant deux heures. Et il lui en restait encore deux autres...
"Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas m'apprendre ce sort ? Vous et Mme Pomfresh allez vous tuer si vous continuez de cette manière..." Supplia-t-elle.
Elle détestait rester assise sans rien faire tandis que ses amis mourraient à petit feu.
"Malheureusement non. Même Dumbledore a du mal avec ce sort. Il faut une capacité de concentration exceptionnelle pour ne pas relâcher son attention une seule seconde. Il n'y a qu'une dizaine de personnes sur terre qui savent pratiquer ce sort. Dans les autres cas comme vos amis, on utilise des techniques moldues, c'est-à-dire que la nourriture et les éléments nécessaires à leur survie sont introduits directement dans leur corps grâce à des tuyaux."
"Alors pourquoi ne pas faire la même chose ?"
M. Delora regarda les deux corps à côté de lui, qui brillaient d'une légère lumière blanche à cause du sort qu'il leur lançait, et soupira.
"Leur cas est trop grave. D'après les diagnostics de Mme Pomfresh, leurs esprits se trouvent dans une autre dimension, où l'on ignore tout à fait ce qui peut leur arriver. Si leurs corps dans cette dimension sont blessés ou détruits, alors leurs corps dans notre dimension subiront le même sort. La seule manière de les préserver est de les maintenir dans cet état intermédiaire entre la vie et la mort. Ainsi, s'il leur arrive quelque chose, leurs corps ici seront préservés."
"Mais... S'ils meurent dans cette autre dimension, que deviendront leurs esprits ?" Demanda Ginny, qui commençait à se sentir angoissée.
"Sincèrement, je l'ignore..."
Ginny essaya de retenir ses larmes, mais c'était peine perdue. Décidant qu'elle avait assez déprimé pour plusieurs années, elle sortit sans bruit de l'infirmerie et laissa M. Delora travailler en paix. Elle savait que parler le déconcentrait encore plus.
En marchant vers la tour des Gryffondors, elle se remit à penser aux évènements qui avaient précédé cette situation. Gabrielle qui revenait de l'extérieur trempée et épuisée, qui s'évanouissait... Elle-même allant chercher de l'aide... Harry s'agenouillant auprès de Gabrielle et la tenant dans ses bras... La lumière argentée qui s'était échappée de lui et qui les avait enveloppés tous les deux... Puis plus rien... Deux corps endormis sur le sol, respirant à peine...
Ses larmes recoulèrent à cette pensée. Elle les avait crus morts. Et elle n'était pas loin du compte, car en scrutant leurs auras, elle s'était aperçue qu'elles avaient disparu...
Une voix qu'elle haïssait par-dessus tout vint interrompre ses pensées.
"Mais qui est celui qui ose faire pleurer la Weaslette junior ?"Se moqua la voix.
Ginny se retourna pour lancer un regard haineux à Draco Malfoy. Celui-ci était appuyé avec paresse contre un des murs du couloir. Il était seul. Ginny essaya d'oublier sa beauté qui, malgré tout ce qu'il lui avait fait, continuait à lui donner la chair de poule. Sa bouche se tordit en un rictus amusé, lorsqu'il s'aperçut de la manière dont elle le regardait. Sa bouche...
"Je vois que tu ne t'es toujours pas remise de notre séparation, Weaslette. Quelle tragédie... J'ai pourtant fait en sorte que notre rupture se passe le plus facilement possible. Tu sais combien je peux être gentil avec les gens auxquels je tiens."
Elle n'arrivait pas à croire qu'après tout ce temps, ses paroles arrivaient encore à la faire souffrir.
"Ta gueule Malfoy." Rétorqua-t-elle, tout en serrant les poings de rage.
"Ouuu... Mais c'est qu'elle a des dents la petite. Moi qui pensais que tu allais courir dans les jupes de ton frère ou de ce cher Potter. Tu ne t'en es pas privé la dernière fois."
Ginny aurait voulu lui cracher à la figure, abîmer son si beau visage avec ses ongles... Tout pour détruire cette beauté parfaite qu'elle ne pouvait s'empêcher d'aimer. Malgré tout... Elle devait être maso.
Comme s'il lisait dans ses pensées, il s'approcha d'elle. Elle resta immobile, ne voulant pas lui montrer qu'elle avait peur. Mais elle tremblait intérieurement. Elle fixa à nouveau le bleu de ses yeux. Ce bleu insondable. Ce bleu qui lui avait pourtant montré de la tendresse un jour pas si lointain. Elle aurait voulu retrouver le Draco d'autrefois. Celui qui la faisait rire avec ses sautes d'humeur et son mauvais caractère. Celui qui la faisait rougir avec ses commentaires obscènes.
Il eut un sourire cruel en lisant l'amour et le désir dans les yeux bruns de la jeune fille. Une fois dans les griffes du loup blanc, on n'en sort jamais. C'était une spirale sans fin qui vous entraînait chaque jour un peu plus profondément dans les ténèbres de la folie.
Oui... Elle devait être complètement folle pour aimer un monstre pareil.
"Dis-moi, Weaslette, ton cher sauveur et sa traînée française vont-ils bientôt mourir ?"
Elle resta silencieuse. Quelque chose d'étrange venait de passer dans les yeux du Serpentard. Elle cligna des paupières, cherchant à voir l'aura de Malfoy. Encore une fois, elle fut accueillie par l'obscurité et la noirceur. Son aura était d'un noir profond, comme de l'encre. Cependant, elle put voir quelques zébrures argentées qui se mêlaient au noir.
Mais sa concentration se brisa quand Malfoy saisit son bras avec force.
"Personne ne t'as permis de faire ça Virginia ! Tu devrais apprendre la politesse."
Jamais elle ne l'avait vu si en colère. Ses yeux bleus lançaient des éclairs et dégageaient une force terrible. Ils la clouèrent sur place, tremblante de tous ses membres. Elle n'était qu'un insecte face à lui. La prise sur son bras se desserra puis il la laissa partir. Mais son bras portait les marques rouges des doigts de Malfoy.
"C'est ça fuis... Fuis-moi comme tu fuirais le diable, avant que je ne t'attrape et ne te mange."
Lilith admira un instant le désert rouge qui s'étalait devant ses yeux. Bien qu'il n'y ait aucune végétation, elle ne pouvait s'empêcher d'être fascinée par ce paysage où elle ne pourrait sûrement jamais aller. C'était plus fort qu'elle, malgré les remontrances de son frère, elle voulait sortir de cette prison dorée. Elle en avait assez d'être un pion entre les mains de son Père. Celui-ci semblait d'ailleurs l'avoir complètement oubliée, il ne se préoccupait plus que de Derek.
D'un certain côté, cela l'arrangeait puisqu'elle préférait largement discuter avec Mérédith à la frontière. Mais pour l'instant sa vieille amie était partie et elle l'attendait impatiemment. Les rares fois où Mérédith disparaissait n'étaient pas de bon augure. Elle se rappelait la fois où Jareth avait réussi à pénétrer le Jardin. Il n'était pas revenu depuis mais elle savait qu'elle le reverrait un jour.
Enfin, elle aperçut Mérédith qui était apparue près de la Porte. Ses ailes étaient déployées et plus belles que jamais, mais elle portait un tissu blanc entre ses mains.
"Qu'as-tu apporté Mérédith ?" Demanda Lilith en s'approchant des barreaux.
La vieille femme lui sourit et lui tendit une simple robe blanche.
"J'ai pensé que tu aimerais cela. Ce sont des vêtements."
"Des vêtements ? C'est incroyable ! Je peux les essayer ?"
"Je t'en prie."
Aussitôt, Lilith prit la robe, batailla un moment pour savoir de quelle manière elle devait l'enfiler puis finit par la passer au-dessus de sa tête. Elle avait un sourire éclatant tandis qu'elle s'admirait sous toutes les coutures. C'était étrange d'avoir quelque chose sur la peau, mais pas désagréable.
"Tu es magnifique mon enfant."
Lilith la remercia en rougissant. Elle n'était pas habituée aux compliments. Mérédith sourit encore, ravie de lui avoir fait plaisir. Mais soudain son sourire se figea. Quelque chose, ou quelqu'un, était entré dans le périmètre interdit. Elle se mit aussitôt sur ses gardes. Observant ces changements dans la posture de Mérédith, Lilith regarda curieusement autour d'elle.
"Que se passe-t-il ?"
"Ecarte-toi de la Frontière Lilith. Il arrive."
"Quoi ? Qui arrive ?"
"Je n'ai pas le temps de t'expliquer. Tu es en danger et il te tuera s'il met à nouveau la main sur toi. Va-t-en !"
Mérédith avait vraiment l'air paniqué, elle regardait frénétiquement dans toutes les directions, sentant la présence de l'ennemi mais ne pouvant le localiser. Un cri la sortit de sa concentration.
"Mérédith ! Derrière toi !" Cria Lilith en voyant une ombre se faufiler derrière son amie.
Celle-ci essaya de se retourner mais elle n'eut pas le temps d'exécuter son mouvement car une épée était déjà pressée contre sa gorge. Elle reconnut aussitôt l'épée de Jareth, complètement noire. En levant les yeux, elle en eut la confirmation. Toujours aussi beau, Jareth le Rebelle se tenait derrière elle avec un air calme. Ses ailes noires de corbeau étaient déployées et dégageaient une puissance quasi inimaginable. Mais Mérédith n'avait pas peur.
"Que me veux-tu Rebelle ? Ta place n'est pas ici."
Jareth laissa échapper un rire froid.
"À toi vieille femme ? Rien. Je suis là pour elle."
Il désigna du regard Lilith qui était accrochée aux barreaux de toutes ses forces et essayait désespérément de sortir pour aider Mérédith. Mais les barreaux ne bougeaient pas d'un poil. La jeune fille regarda l'épée de Jareth avec appréhension tandis qu'un filet de sang doré coula sur la gorge de son amie. Elle n'osait pas regarder Jareth, elle avait peur de revoir ses yeux.
"Tu ne pourras jamais pénétrer dans le jardin. Tu es bien stupide ou bien arrogant pour te croire aussi puissant que le Très-Haut. Tant que les Jumeaux seront là pour protéger la Frontière, personne n'entrera au Paradis." Dit Mérédith d'une voix posée, qui ne trahissait absolument pas sa position actuelle.
"J'y suis déjà entré une fois, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas recommencer."
"La fois où tu es entré s'est passée dans des circonstances particulières, qui ne sont pas prêtes de se reproduire."
"Crois-tu que j'ignore pourquoi j'ai été capable de pénétrer dans le Jardin vieille femme ? Si les Jumeaux s'éloignent l'un de l'autre, leur puissance sera diminuée de moitié et même un démon inférieur pourrait y entrer. Et à ton avis, qui a provoqué cet éloignement ? C'est toi et tes histoires sur le monde extérieur. Tu as séduit la Lumière du Soleil avec tes mots et elle a oublié son propre monde et son propre frère. Toi seule est responsable de la Chute Divine."
"C'est faux !" Cria Lilith de l'autre côté de la barrière. "J'aime mon frère et nous ne nous sommes pas éloignés. Il y a juste eu un moment de doute mais il n'est plus là. Mérédith est mon amie et elle a fait ce que je lui ai demandé. C'est moi la responsable."
Tandis qu'elle prononçait ces mots, son regard s'était haussé jusqu'à celui de Jareth, brûlant d'une passion à peine contenue. Puis il baissa les yeux et souffla dans l'oreille de Mérédith. Une étrange fumée noire sortit de sa bouche et pénétra dans l'oreille de la vieille femme qui tomba aussitôt sur le sol, inerte. Lilith hurla son nom et secoua de nouveau les barreaux.
Le ciel au-dessus d'eux s'assombrit tout à coup et une fine pluie commença à tomber sur le sol. Ce phénomène, qui n'était pourtant jamais arrivé jusque-là, ne parvint pas à distraire Lilith de sa fureur. Elle ressentait une telle haine pour cet homme qui avait tué sa seule amie qu'elle en tremblait de tous ses membres. Un pouvoir qu'elle ignorait posséder prenait forme en elle tandis que son corps brillait d'une intense lumière dorée.
Jareth enjamba Mérédith et rangea son épée dans son fourreau, sans paraître se préoccuper du pouvoir que manifestait Lilith. Il s'approcha sans hésiter une seconde et ne s'arrêta que lorsqu'il fut à quelques centimètres d'elle. Elle le regarda avec des yeux assombris par la haine. Il eut un sourire glacial.
"Tu veux me tuer Petite Fille ?"
"Je te hais." Répondit-elle, la voix déformée par la colère.
"Moi aussi."
Cette phrase parvint à la faire sursauter. Que voulait-il dire par là ?
"Pourquoi moi ? Je ne t'ai rien fait !"
"Je te hais pour tous les moments heureux que tu as passé ici avec ton frère bien aimé, loin de la violence de la terre et de la guerre entre Anges et Démons. Je te hais pour l'amour que tu porte à notre Père et pour l'amour qu'Il te porte, Lui qui nous a tous oublié et qui nous a laissé pourrir sur Avalon. Je te hais pour ton ignorance et ton innocence dans un monde qui ne connaît plus que la souffrance."
Abasourdie par cette déclaration, Lilith parvint tout de même à répondre.
"Tu as tué la seule amie que j'avais au monde. C'était la seule qui me comprenait et qui me parlait. La seule à apaiser ma solitude."
"Ta solitude ? Tu me fais bien rire Petite Fille. Tous ceux que j'aimais sont morts sous mes yeux alors que je n'avais encore que six ans d'âge mortel. Tous ceux qui étaient mes amis sont morts peu à peu au combat. Nous nous sommes battus pour le Tout Puissant, pour un monde meilleur. Pendant des années, j'ai cru en Sa cause, j'ai tué des milliers de Démons et vu des milliers d'Anges mourir. Mais nous ne sommes que des pions entre ses mains. Les Anges d'Avalon ne sont que les rebuts du Paradis, de l'appât pour Démons pour que la Terre Céleste reste intouchable."
"Je ne te crois pas !" Cria Lilith, refusant net de croire ce que lui disait Jareth.
Certes, le Tout-Puissant l'utilisait pour protéger la Frontière, mais Il n'était pas comme le décrivait cet Ange Noir. C'était un être bon, qui aimait toutes Ses créatures.
"Et toi Petite Fille ? Pourquoi crois-tu que tu es ici ? Il se sert de toi pour protéger Son Royaume. Le sang sur les mains de Notre Père contient un peu du tien."
Les yeux de Jareth étaient peu à peu devenus complètement noirs tandis qu'il observait la magnifique jeune fille réagir à chacun de ses mots. Certes, il n'aurait pas dû la haïr autant, elle ignorait à quel point le Tout-Puissant pouvait être cruel. Mais c'était plus fort que lui. Il ne pouvait supporter qu'une telle innocence existe encore dans ce monde. Et s'il le fallait, il la détruirait lui-même.
Une larme dorée coula sur la joue de la jeune fille et elle baissa les yeux. Elle savait tout cela mais cela faisait tout de même mal de l'entendre.
Il suivit le parcours de la larme avec une fascination perverse. Il approcha ses doigts du visage de Lilith, à travers les barreaux et ne s'étonna même pas de ne pas sentir d'énergie le repousser.
Elle leva aussitôt les yeux vers lui, toute colère effacée. Les yeux de Jareth semblaient ailleurs. Et en ce moment, elle avait même oublié Mérédith, gisant non loin de là, tuée par ce même homme. Lorsqu'il effleura sa joue, elle sentit un long frisson la parcourir. À part son Frère, personne n'avait jamais osé la toucher.
Jareth récupéra délicatement la larme et ramena son doigt à sa bouche, goûtant la tristesse de la Lumière du Soleil. Elle avait un goût de Paradis... Il ne put s'empêcher de se demander si sa peau avait le même goût. Cette pensée fit émerger en lui un flot d'émotions qu'il pensait avoir oubliées depuis longtemps. Il mourrait d'envie de toucher cette peau dorée, cette peau interdite. De goûter ces lèvres et d'enfouir la tête dans ces longs cheveux.
Elle le regardait avec curiosité, tandis que ces yeux trahissaient des sentiments qu'elle ne comprenait pas. Bizarrement, elle avait envie de se pencher un peu plus. De savoir à quoi ressemblait son odeur. Lorsqu'il prit soudain une de ses mèches entre ses doigts, elle sursauta et sortit de sa transe.
"Ne me touche pas !" Dit-elle, retrouvant sa colère et reculant de quelques pas. "Tu as tué Mérédith."
Il sourit froidement et s'écarta des barreaux. Lui aussi s'était débarrassé de l'étrange enchantement qui s'était emparé d'eux.
"Elle est juste évanouie, idiote. Je l'aime bien cette vieille..." Dit-il avec un regard lointain.
Aussitôt, les nuages gris qui s'étaient amoncelés grâce au pouvoir de Lilith se dissipèrent, révélant un soleil radieux. Lilith se mit à rire. Et comme à chaque fois qu'elle riait, le monde sembla plus radieux. Plusieurs cris d'animaux accompagnèrent son rire et des papillons aux couleurs vives vinrent jouer autour d'elle. Jareth observa cet étrange manège avec un certain détachement mais il ne pouvait nier que ce rire provoquait une étrange nostalgie en lui...
"Lilith !!" Cria une voix au loin.
La jeune fille se retourna aussitôt et put voir son frère, courant vers eux. Il avait l'air paniqué. Elle jeta un regard vers Jareth, mais celui-ci était déjà parti. Poussant un soupir, elle alla rejoindre son frère.
Bon, je pense que la suite ne viendra pas avant longtemps. Il faut être honnête cette histoire n'est pas vraiment ma priorité même si je l'aime beaucoup. Enfin, on verra comment les choses se dérouleront. Gros bisous à tous et merci pour votre soutien, bien que j'en sois vraiment indigne.
Manoa
