La nuit était noire. Depuis quelques temps, aux yeux de Severus Rogue, la nuit était toujours noire. Même en plein jour. Le serpentard marchait sur la pelouse humide. Parfois, son pied glissait sur la terre molle et il aurait presque pu perdre l'équilibre et tomber. Presque, mais Severus Rogue ne tombe jamais. Ou du moins, ne tombera jamais plus. Ce soir, le plus grand des mages noirs lui accordait sa confiance. Une confiance que personne auparavant ne lui avait accordé. Sa cape noir virevoltait sur ses mollets et dans le silence lourd de la cour de Poudlard, on n'entendait que le soufflement rauque de Severus et le claquement de cette cape sur ses jambes. Dans les ténèbres, les arbres devenaient des ombres inquiétantes et la forêt interdite n'avait jamais paru plus mystérieuse. La lune était pleine.

Soudain, il y eu un éclat blanc. Severus s'immobilisa. Cette possibilité avait traversé son esprit. C'est pourquoi il ne parut pas très étonné lorsqu'il murmura en un souffle :

- «Flukeson.»

Un petit papillon argenté qui s'était posé dans l'herbe, près du serpentard, se transforma lentement en sorcier. Cela était plutôt magnifique, mais Severus n'était pas dans l'état d'apprécier tel spectacle. Ses dents étaient si serrées qu'elles grinçaient rageusement.

- «Severus?»

- T'as rien à faire ici.

- C'est toi qui n'as rien à faire ici. Je suis venu pour te ramener! Et te sauver de lui...le Seigneur noir.

Severus Rogue éclata de rire. Un rire rauque, sans joie, un rire de marbre.

- Me sauver! ME SAUVER? Mais qu'est-ce que tu racontes! Tu es plutôt venu me convaincre de rejoindre ses rangs. Le bien! Ceux qui ont la prétention de se nommer le bon côté. C'est lui qui t'a envoyé! Dis-le moi! C'est lui! Il veut m'empêcher de me réaliser! Il ne peut juste pas accepter qu'un autre sorcier soit plus puissant que lui. Il est jaloux. C'est un lâche.

- De qui parles-tu?

- Arrête de faire le malin! Tu es venu sous l'ordre de Dumbledore!

- Je ne suis pas là sous l'ordre de Dumbledore! Il n'a rien à voir là-dedans!

- Depuis combien de temps m'espionne-t-il?

- Severus! Personne ne t'espionne... Tout ce que je veux, c'est que tu n'ailles pas là-bas. Je veux que tu fasses le bon choix.

- Sottises. Tu crois que je suis idiot? Tu débarques comme ça, tu t'interposes entre moi et ma gloire et tu crois que je vais m'accroupir à tes pieds et t'appeler mon sauveur? Qui es-tu, pour commencer? POURQUOI TU FAIS ÇA!

August Flukeson était maintenant à genoux. Sa voix tremblait.

- Parce que c'est mal, Severus Rogue... murmura-t-il. Parce que je sais que tu es quelqu'un de bien. Et parce que je sens que ce que tu vas faire ce soir, c'est pas bien. Alors tu dois pas y aller.

- Tu n'as aucune idée de ce que je vais faire ce soir.

- Tu vas tenter de...tuer des gens. À cause de cette lettre! Des moldus qui ne t'ont rien fait du tout!. Je le sens. Je le sais! Je l'ai lu dans ta tête. J'ai lu dans ta tête que tu allais les tuer et puis que tu allais te tuer toi-même ensuite. Tu te détestes encore plus que tu les détestes. C'est pas Dumbledore ton problème et c'est sûrement pas ce mage noir qui va t'aider à le régler. Tu le sais bien mais t'es trop orgueilleux pour te l'admettre… Il y a des tas de choses que tu n'arrives pas à t'admettre, mais elles sont là. T'es quelqu'un de bien, Severus. Je l'ai lu dans ta tête. Faut seulement que tu fasses le bon choix.

Il y eu un silence pesant avant que le griffondor poursuivre sa lancée. Severus ne bougea pas d'un poil, figé dans ce moment. Ce n'est que plus tard qu'il apprit à fermer son esprit. Personne ne lirait plus jamais dans sa tête comme l'avais fait August Flukeson cette soirée-là.

- Severus, je sais que tu…

La baguette de Severus tremblait dans sa main.

- Je sais que tu…ne me détestes pas tant que ça.

August Flukeson se leva lentement. Il s'approcha de Rogue. Son visage n'était qu'à quelques centimètres. Le sorcier aux cheveux noirs tremblait de rage, d'orgueil, de honte.

- Je sais que tu aimes l'odeur de pluie. Je sais que tu m'aim…

Flukeson ne termina jamais sa phrase. Ce soir-là, les papillons hurlèrent. Severus poursuivit son chemin.


Severus Rogue sortit de sa torpeur avec violence. Des sueurs froides perlaient sur son front . Il se leva lentement, tranquillement, mais ne put rester debout bien longtemps. Ses jambes étaient coupées et il s'adossa au mur derrière lui et se laissa glisser jusqu'au sol. La fenêtre était toujours ouverte. Le vent pénétrait dans la pièce et caressait ses joues, son nez, ses doigts. L'air était si frais, la nuit si noire.

Le maître des potions ne s'abandonna pas à sa faiblesse trop longtemps. Il essuya ses yeux et se dirigea vers la cuisine. Sitôt fait, il se prépara un café.

August Flukeson avait eu tort. Severus Rogue n'avait pas de conscience. Non, il n'était pas un homme bon. August Flukeson avait fait erreur. Il était un mage noir, le bras droit de Voldemort, il était un traître. Non, il n'avait jamais aimé Flukeson. Il n'avait jamais aimé cette façon bête qu'il avait de ressembler à un papillon. Il n'avait jamais aimé cette odeur de pluie, ces cheveux de la couleur de la neige. Il avait toujours détesté cette manière qu'avait August Flukeson de sans cesse s'obstiner à vouloir le ramener.

Il n'avait jamais aimé August Flukeson.

Cependant, alors que Severus Rogue allait prendre une nouvelle gorgée de café, il vit ce petit papillon blanc qui se noyait dans sa tasse. Imbibé de boisson, la minuscule bête se débattait mollement. À ce moment-là, Severus se demanda, avant d'appuyer sur la bestiole pour qu'elle se noie plus rapidement, si ce griffondor finirait bien par un jour ou l'autre sortir de sa tête une fois pour toute. Ce griffondor qu'il n'avait jamais aimé. Non, jamais aimé.

Jamais Jamais Jamais

JAMAIS !

Il n'avait jamais aimé August Flukeson.


Ohé, Bonjour à vous.

J'sais bien que le septième tome refute toute cette fiction --' Mais à quoi bon la laisser pourrir dans mon disque dur, que je répète!

Je l'ai écrite dans un sursaut d'inspiration, j'espère qu'elle vous a fait passer du bon temps.

À moi oui... Surtout Flukeson. Que je vais probablement récupérer dans d'autres histoires. Je n'ai fait que l'effleurer.

Alors merci de me lire, ça a toute son importance.