3 Septembre 2016.
9h50. Manoir Malfoy. Angleterre.
Draco Malefoy ouvrit les yeux. Il retira délicatement sa main de la chevelure de sa femme et se redressa sur les coudes. Il fronça le nez, agacé. Son jeune fils s'était encore une fois faufilé entre lui et sa femme. Klara dormait profondément le front contre le flanc de son époux, Létò contre elle. Par Salem, il a neuf ans et dort toujours avec ses parents, se dit-il en se levant. Il avait prévenu Klara de ne pas en faire des fils à maman, de ne pas trop les câliner, mais elle n'avait rien voulu savoir.
"-Pour en faire des brutes insensibles de ton genre?" avait-elle même répondu en lui donnant un coup de poing amical sur l'épaule.
Ce que Klara avait dit, elle le pensait et lui aussi d'ailleurs, alors il n'avait pas insisté. Il n'avait d'ailleurs pas très envie que ses fils connaissent le même sort que lui. Un jour, lorsqu'il avait cinq ou six ans, il avait cherché des heures la chambre de ses parents et avait fini par s'endormir mort de peur dans un placard. Non, il ne voulait pas que ce genre de chose arrive à Scorpius ou Letò et ce n'était d'ailleurs jamais arrivé. En grande partie parce que leur chambre était sur le même palier que la chambre conjugale. Alors que la fortune Malefoy s'effondrait peu à peu, Klara avait vendu tout ce qui n'était pas nécessaire dans le manoir, les tapis persans, les armures et tour ce qui était en argent ou en or et qui portait les armoiries de l'ancienne famille de noble dont elle faisait partie depuis peu. Le premier étage était désormais le seul à être meublé mais il leur restait de quoi vivre confortablement pendant une vie entière. Malheureusement leurs enfants n'auraient qu'un héritage limité. Pour Klara, cela n'avait aucune importance mais Draco avait honte. Il avait honte de ne pas pouvoir trouver d'emploi. Mais il avait été humilié, il avait perdu sa fortune et la valeur de son nom. Qui voudrait d'un homme portant la marque ?
La marque des Ténèbres était toujours là, elle n'était plus noire mais blanche encore plus blanche que sa peau et glacée, glacée comme si cet endroit de sa peau été mort. Il n'avait pas été emprisonné à Azkaban avec son père, non mais c'était bien pire. On lui avait donné l'occasion et même l'obligation d'avoir une femme, et cette femme voulait des enfants et maintenant il existait deux enfants au nom maudit qui ne savaient rien de ce que leur père avait fait mais qui allaient en payer le prix. Même s'il n'avait jamais été un Mangemort jusqu'au bout il n'avait jamais été du côté des bons et maintenant il avait simplement envie de se maudire.
Il se rendit à la minuscule volière que sa femme avait aménagée, deux lettres l'attendaient. Il retourna, morose, vers la cuisine, tenant dans ses mains une lettre de son fils et une de Gringotts, la banque des sorciers.
Il décacheta la lettre de la banque, la lettre lui indiquait cordialement qu'il leur restait 1000 galions et 60 noises. La rentrée scolaire de Scorpius avait été un coup dur pour la famille, et, très bientôt, il devrait emprunter de l'argent à sa mère et peut-être même à la famille de Klara, s'ils acceptaient bien sûr.
La seconde lettre n'était pas plus réjouissante. Il n'aimait pas déchiffrer l'écriture enfantine de son fils et il mit un certain temps avant de comprendre que son fils était tombé sur un magazine stupide qu'ils avaient, lui et sa femme, tenté de cacher de sa vue. Scorpius lui demandait si c'était vrai qu'il allait avoir un petit frère. Draco lui répondit rageusement que c'était faux et qu'il ne devait rien croire de ce qu'il avait lu puis il posa la lettre pour que Klara puisse ajouter ce qu'elle voulait.
Puis il prit un autre morceau de parchemin, douta un instant puis écrivit:
Potter,
Je voulais te prévenir que des journaux très peu recommandables sont à Poudlard, mon fils est en possession de l'un d'eux et apparemment le tien aussi. Je me demandais si tu pouvais faire jouer ta position d'auror pour les éradiquer.
Draco se demandait ce qu'il devait mettre à la fin de sa lettre, amicalement? Sincèrement ? Cordialement? S'il te plait? Vas te faire voir? La plume levée, il réfléchit un certain temps puis finit par calligraphier son propre nom au bas de la lettre. Il n'y pouvait rien, l'arrogance était tellement encrée en lui qu'une simple lettre comme celle-ci était un vrai casse-tête (pour rester poli). Il la relut plusieurs fois, et quand elle lui sembla appropriée, il écrivit Harry Potter sur la lettre. Inutile d'ajouter d'autres indications, tous les hiboux du monde savaient où habitait Harry Potter.
Klara arriva quelques instant après que le hibou soit parti. Létò était déjà installé devant le poste de télévision que Klara avait acquéri sans l'autorisation de son mari. Elle l'embrassa sur la joue puis agita ses mains en faisait quelques mouvements compliqués pour mettre du café en route.
"-Je t'ai dit de ne pas faire ça!
-C'est tellement plus simple Draco! Je ne savais pas que l'on pouvait faire de la magie de cette manière mais ça facilite la vie!
-C'est interdit et si quelque chose dérape….
-Chut Malefoy, je fais ce que je veux."
Draco détestait quand elle faisait ça, mais elle n'en avait rien à faire.
Klara recommença à faire de la magie non canalisée en servant à son mari du café, puis lut attentivement la lettre de son fils. Elle pâlit quelque peu mais Draco ne remarqua rien. Comment ces bâtards de journalistes on-t-ils pu savoir? Elle prit délicatement la réponse qu'avait griffonnée son mari, l'air de rien, mais son cœur battait avec une irrégularité inquiétante. La réponse ne l'étonna pas un instant. Bien sûr que Draco ne voulait pas d'autres enfants, bien-sûr qu'elle ne lui avait rien dit comme la dernière fois parce que c'était trop dangereux. Mais comment, si même son mari ne savait pas, les journalistes avaient-ils su?
Elle posa la lettre et se servit du lait. Draco la regarda, il n'avait rien remarqué bien sur, il n'avait jamais vraiment fait attention à elle.
Klara sourit à son mari de ce sourire qu'elle n'adressait qu'à lui seul parce que quelque part elle l'aimait.
10h40 Parc de Poudlard.
Rose et Albus se dirigèrent d'un pas rapide vers la cabane de Hagrid. Le demi-géant les avait invité à prendre le thé hier après midi. Pendant que Rosie jetait discrètement des sortilèges de ramollissement aux gâteaux, Al avait réussi à lui faire promettre de leur montrer des Sombrals le lendemain matin. Ils avaient fixé le rendez-vous à 11 heures mais Rosie tout comme Al avait décidé de venir plus tôt au cas où Hagrid pouvait avancer l'excursion. Al avait vraiment hâte de les voir et il ne pouvait vraiment pas attendre sa deuxième année même si il avait un peu peur. Rosie avait prévenu son cousin qu'ils ne les verraient pas parce qu'ils n'avaient jamais vu quelqu'un mourir devant eux.
Mais Al voulait essayer, juste pour voir, comme ça. C'était certainement stupide d'ailleurs.
Hagrid était là, devant sa maison en train de parler à Luna. Il devait être assez en colère pour que Rosie et Al n'osent pas le déranger.
"-Les élèves seront très intéressés par les Ronflak, disait Luna une expression très heureuse sur le visage.
- Nous n'avons pas de Ronflaks Cornus!
-Si si!"
Hagrid était exaspéré. Cela faisait 20 minutes qu'il tournait en rond dans une conversation stupide avec une Luna bien trop zen. C'était vraiment frustrant d'ailleurs de s'énerver contre une personne impassible.
Soudain Hagrid vit deux des enfants de ses anciens élèves préférés. Rosie lui fit signe de la main et les deux marchèrent vers lui d'un pas assez rapide pour dénoncer leur impatience. Luna prit congé après avoir salué les deux Gryffondors.
"-Que s'est-il passé?
-Rien, c'est leur histoire de Ronflaks Cornus qui revient tous les ans depuis 15 ans…."
Tout en marchant vers la Forêt Interdite, Hagrid leur raconta que tous les ans il se heurtait au même problème Luna était son bras droit comme l'avait dit Mr Lovegood. Hagrid devait donc faire cours avec Luna, qu'il appréciait vraiment sauf quand le moment était venu de faire un cours sur les Ronflaks Cornus. Luna en était même venue à emmener une cage vide censée contenir un Ronflak.
"-Peut être qu'elle est la seule à être capable de les voir?"
Hagrid renifla, voilà qu'elle s'y mettait elle aussi! Tout en s'enfonçant un peu plus dans la forêt, Hagrid leur expliqua la théorie de Luna et son père.
"-D'après eux, ces choses ne seraient visibles que par des sorciers très doués, capables d'utiliser convenablement la magie sans …comment ils avaient dit ça déjà? Ah oui apaliser ses pouvoirs"
Al lança un regard a Rosie pour voir si elle avait compris, mais à la vue de son air étonné, ils se dit qu'elle devait déjà prévoir un tour à la bibliothèque pour trouver la signification d'apaliser ses pouvoirs. Après cinq autres bonnes minutes durant lesquelles Hagrid expliquait en long et en large pourquoi Mr Lovegood était un incompétent fini, ils arrivèrent à l'endroit où les Sombrals étaient réunis.
"-Ils sont là? Demanda Rosie.
-Non pas encore. Il faut que je les appelle, répondit Hagrid avant de siffler d'une manière bien particulière.
Al reteint son souffle, et s'il les voyaient? C'était impossible bien-sûr, il n'avait vu personne mourir. Peut-être que ça le désolait malgré ce que lui avait dit ses parents et la plupart de ses oncles et tantes qui eux, avaient vu la mort en face.
Hagrid leur indiqua qu'ils étaient là. Al frissonna, non ils ne les voyaient pas. Les sombrals l'avaient fasciné, maintenant ils n'étaient que des choses invisibles qu'il pouvait toucher du bout des doigts. Rose était intéressée mais sans plus. Elle demanda ensuite à monter sur l'un d'eux ce qu'elle fit, Al trouvait terrifiant l'idée d'être posé sur quelque chose d'invisible mais cela ne semblait pas poser problème à Rosie.
Hagrid finit par leur proposer de revenir au château car c'était l'heure du déjeuner. L'excursion n'avait pas été aussi excitante qu'ils l'avaient pensé mais dans la tête de Rosie les idées bouillonnaient. Elle voulait tout savoir et tout comprendre.
"-Hagrid, savait vous pourquoi Mrs Peurl est méchante?
- Quoi? Mrs Peurl?
-Oui, reprit Rosie.
-Crystal? Elle n'est pas méchante! S'étonna le demi géant d'un ton bourru.
-Pourtant hier….
- Arrêtez tout de suite. Vous êtes le portrait craché de vos parents! J'ai l'impression de voir Hermione, Ron et Harry le jour où ils m'ont dit que Rogue était mauvais. C'est quoi la prochaine étape Crystal prépare un mauvais coup?
-Non, c'est juste…
-Crystal est gentille, elle est de Serpentard et c'est tout ce qui pose problème aux Gryffondors."
Al ouvrit la bouche d'un air étonné à cet instant n'importe qui aurait pu le confondre avec son père, sauf qu'il n'avait pas de lunettes ronde. Hagrid avait été clair, il aimait bien Mrs Peurl, "Crystal" comme il disait. Les deux Gryffondors firent mine de clore le sujet mais génétiquement parlant, aucun des deux n'étaient du genre à abandonner une idée se vite. Rosie en particulier voulait comprendre la directrice de la maison Serpentard.
13h20. Ministère de la Magie. Département des Aurors. Bureau d'Harry Potter.
Harry venait de déjeuner avec son meilleur ami Ronald Weasley quand un hibou provenant du manoir Malefoy frappa de son bec contre la vitre de son bureau. C'était une lettre de Draco Malefoy. Après l'avoir fait lire à Ron qui semblait avoir oublié que lui aussi avait un bureau, Harry Potter se décida à envoyer une lettre à Mr Lovegood qui, par il ne sait encore quel miracle, était devenu le directeur de Poudlard. Ron était en train de jongler avec quelques objets décoratifs lorsque un e-boux passa sous la porte pour se poster devant les yeux de Harry qui mit rapidement le e-boux goût chocolat dans la bouche et lut le mot que sa femme avait écrit.
Klara Malfoy m'a demandé de l'aide, je pense qu'elle est en danger. Elle m'a demandé un conseil mais je suppose que c'est plus grave. Si tu décides de vérifier si elle et son fils vont bien, emmène-moi avec toi.
Ta femme, Ginny.
Harry n'aimait pas ça. Klara Malefoy, qui était une arrière-cousine de Ginny ne faisait appel à sa cousine que lorsqu'elle avait des difficultés. Draco ne lui avait jamais fait du mal, en tout les cas d'après ce qu'elle disait mais Harry et quelques Aurors avaient dû intervenir à plusieurs reprises pour calmer la colère de Draco. Harry se demandait d'ailleurs toujours comment Draco n'avait pas remarqué le fait qu'ils arrivent toujours aux moments les plus critiques : les moments où ils apprenaient que Klara avait vendu quelques uns des biens matériels de la famille pour acheter de quoi vivre, les moments où elle annonçait à son mari qu'elle attendait un heureux événement et enfin le jour de l'heureux événement… Il ne levait jamais la main sur elle, il ne lançait aucun sort douteux peut être parce qu'il l'aimait vraiment ou peut être simplement parce que Klara était une sorcière douée et intelligente qui avait simplement besoin de menacer son mari pour qu'il ne fasse pas de bêtises… Des bêtises du type : tout casser, puis divorcer, puis se suicider avec l'arrogance et la retenue d'un Malefoy hors de lui.
Harry mis rapidement au courant Ron de leur prochaine mission et comme à chaque fois qu'ils devaient se rendre au manoir, Ron essaya d'esquiver.
"-C'est Draco Malfoy, Harry! Tu ne vas pas t'éclater à sauver sa peau et celle de sa femme toute sa vie? D'ailleurs tu diras à Ginny que je ne sais vraiment pas quelle mouche la piquée pour qu'elle prenne cette Klara, qui est soit dit en passant issue de l'une des familles bulgare au sang pûr les plus ignobles que j'ai jamais vu….
-Tu diras ça à Ginny tout seul Ron! Tu sais bien que j'ai fait une promesse, une vrai promesse à Narcissa.
-Oué je sais…"
Aucun des deux n'insista, Harry savait que ce qui agaçait vraiment Ron dans cette histoire c'était de ce rendre au manoir Malefoy, la où il avait failli perdre Hermione. Harry lui-même avait des frissons lorsqu'il mettait un pied dans le manoir glacé mais c'était du passé désormais. D'ailleurs le manoir avait changé mais ça bien-sûr, Ron ne pouvait pas le savoir. La dernière fois qu'il s'était rendu chez les Malefoy pour une intervention musclée, Ron n'était pas là. Son fils était né le même jour que celui des Malefoy.
Harry envoya un e-boux goût menthe à sa femme lui indiquant l'heure à laquelle il viendrait la chercher pour l'emmener chez les Malefoy.
13h35. Maison Potter.
Ginny venait de recevoir le message de son mari. Elle essayait maintenant de joindre sa mère au Terrier grâce au téléphone. Elle composa à plusieurs reprises le numéro magique mais sa mère ne répondait pas. Il n'y avait personne au Terrier pour garder Lily. Elle appela alors au ministère, le bureau d'Hermione était équipé d'un téléphone mais sa belle-sœur lui répondit qu'elle travaillait jusqu'au soir et qu'elle avait confié Hugo à la femme de Charly.
Ginny appela alors Saïa, elle ne s'entendait pas avec elle, mais il fallait tenter le tout pour le tout. Emmener Lily au manoir Malefoy serait de la pure folie surtout depuis qu'elle et son mari avait décidé d'aider un peu leur fille à s'apercevoir "d'elle-même" que les Malefoy ne sont pas les descendants directs de tous les princes charmants moldus et sorcier des derniers siècles. Saïa, sa belle-sœur adorée donc, lui répondit avec dédains qu'ils avaient déjà huit enfants chez elle et qu'elle ne pouvait pas garder Lily en plus. Ginny reposa le combiné furieuse. Lily était certes un peu difficile mais elle n'était pas ingérable. Si elle l'est, disait pourtant une petite voix au fond d'elle-même. Lily utilisait sa magie avec conscience, pour presque tout ce qu'elle faisait, elle l'utilisait d'une manière très étrange d'ailleurs et Ginny se jura de demander quelques renseignements à Hermione.
Ginny passa encore quelques coups de fil à ses belles sœurs, mais la plupart étaient au travail, c'était ce qu'elles disaient du moins avant de prendre le soin de lui expliquer qu'elles avaient le même numéro de téléphone chez elles et sur leur lieux de travail. Au bord de l'exaspération Ginny envoya un e-boux au filleul de son mari mais Teddy lui répondit qu'il avait rendez vous avec Victoire à Prés-au-Lard. Moi je dis vive la famille…
Résignée Ginny prépara sa fille à se rendre au manoir Malfoy…
