Draco tendit la baguette à son propriétaire qui venait de comprendre pas mal de choses…

-Mais ne crois pas un instant que cette bague est l'unique raison de l'envoi de ta fille, de Lily Potter, à Serpentard.

Harry soupira. Si son espoir avait été un ballon, il viendrait de se dégonfler bruyamment… Il jeta un coup d'œil à la tombe auprès de laquelle Draco et lui se tenaient.

Severus Tobias Rogue.

1960-1998

Directeur de L'école de Sorcellerie Poudlard: 1997-1998

« Un sorcier courageux, un sorcier mort pour la paix, un sorcier fidèle à l'amour »

-Une question, Potter. « Un sorcier courageux, un sorcier mort pour la paix » je veux bien mais un sorcier fidèle à l'amour ?

Harry enleva une feuille de la tombe, il avait aperçu Albus arriver au loin avec Rose, Lily et les deux petits Malfoy et ne savait pas du tout quoi dire à Mr Malfoy à propos de son parrain.

-J'ai très bien connu Rogue. J'ai déjà du mal à croire qu'il était du côté des bons, mais alors qu'il ait aimé ne serait-ce qu'une seule personne… c'est de la science fiction (c'est quoi la science fiction pour des personnages comme ça ?)…

-Et il a pourtant aimé quelqu'un et sans cet amour je ne serais certainement pas là aujourd'hui.

-Quoi ?

Harry se rendit compte de la maladresse de ses mots à la vue de l'expression choquée qu'arborait maintenant le visage d'un Malfoy au bord de l'apoplexie.

-Non ! Non ! C'est pas mon père !! Il aimait ma mère mais mon père c'est James Potter pas lui.

Harry avait levé ses deux mains. La baguette d'aubépine, dépassant légèrement de sa manche, était retenue par une attache spécialement faite pour les baguettes magiques. Le choc sur le visage émacié et livide de Malfoy laissa place à une entière expression de dégoût.

-Ta mère.

Harry hocha la tête mais arrêta là ses explications car les enfants n'étaient maintenant plus qu'à quelques mètres d'eux.

-Papa, c'est vrai que Peurl vas devenir directrice ? lança Albus d'une voix forte.

-Comment vous savez ça ?

-C'est une école papa.

-Oui.

Harry souriait. Il savait bien sûr que les rumeurs allaient vite… surtout quand elles étaient encore confidentielles. Il ne pouvait se rappeler, d'ailleurs qu'avec tristesse le nombre incalculable de rumeurs infondées dont il avait fait l'objet du temps des ses études.

-Et tu lui as demandé quoi à Peurl ?

-Quoi ?

-Si on change de directeur c'est bien parce qu'il faut que quelque chose change.

-Oui mais c'est pas moi qui choisit.

Rosie et Albus le regardèrent l'air de dire « tu te fous de qui ? ».

Harry ne pouvait ôter le sourire nié qui s'était posé sur ses lèvres mais il s'atténua quelque peu lorsqu'il croisa le regard vert en miroir, celui de Lily.

Lily. Lily. Lily.

Son sourire avait complètement disparu à présent.

-Papa c'est lui Rogue ?

La petite fille s'était plantée devant la tombe, elle pointait un index inquisiteur vers la terre couverte d'une herbe tendre et verte. Harry avait envie de lui dire qu'on ne montrait pas les gens du doigt.

-Oui.

Il était maintenant contrarié. Draco l'avait remarqué, parce qu'habituellement c'était lui et lui seul qui savait provoquer cette expression sur le visage de Potter. De l'agacement pur provoqué par de la pitié mais aussi de l'impuissance. Quelque chose le dérangeait profondément dans cette constatation. Il y avait les amis de Potter, ceux qui étaient réellement bons avec lui, il y avait maintenant sa famille qui lui devait respect et amour et il y avait lui, le revers de la médaille, celui qui donnait de la valeur à la gentillesse des autres.

-Et si on rejoignait les autres ?

Malfoy avait fait mine de ne s'adresser qu'à ses fils mais c'était aussi une perche tendue à Harry Potter pour lui permettre d'éviter d'autres questions ou quoi que ce soit…

Le groupe se fraya alors un chemin entre les tombes. Rose entama une discussion animée avec Scorpius, sous le regard étonné de son oncle et de Draco.

Le sujet de la conversation portait sur les potions.

Draco tenta de calmer ses nerfs en se répétant que ce n'était pas une conversation d'amoureux, pas de minauderies futiles, pas de demande en mariage… une simple discussion sur les cours. Durant l'espace de trois très longues secondes il avait imaginé cette rouquine au bras de son petit blond à lui, il s'était imaginé, lui, serrant la main de Weasley et…et… Non s'il finissait de formuler, même en pensée, cette horrible vision il s'écroulerait ici sur cette herbe ridiculement foisonnante et respirant le bonheur…

-Dis-moi Malfoy, ça lui arrive souvent à ta femme ce genre de…de

-De crise ?

Harry acquiesça. Malfoy ne semblait pas se formaliser face au mot « crise » ni au ton que Harry avait employé. Après tout, il leur était impossible de s'adresser la parole l'un et l'autre sur un autre ton que celui du mépris.

-Ma famille est soumise à une malédiction ancestrale, qui touche les filles. Astrée est la première née Malfoy depuis le début du Moyen Âge, elle a un pouvoir énorme, plus encore que les garçons de cette famille… Il se trouve, et je l'ignorais totalement, qu'en levant le charme qui empêchait les épouses des Malfoy de donner naissance à une fille, j'ai donné vie à une petite fille très particulière et, pour faire simple, si elle veut sa mère auprès d'elle, elle n'as aucun besoin de crier… sa mère arrive.

-Mais on a aussi de grand pouvoir, Scorpius et moi, n'est-ce pas père ?

-C'est certain, Létò.

-Tous les sorciers sont égaux en magie.

Harry avait prononcé cette phrase comme une sentence, s'adressant au père et à son fils, souhaitant donner une leçon, essayant d'ôter pour la millième fois cette morgue, cet orgueil impétueux chez les Malfoys.

-C'est beau Potter, « nous sommes tous égaux, nous naissons tous avec la même chance… »

Draco avait posé une main sur l'épaule de son jeune fils, ses yeux emplis de malice, comme lorsqu'il était adolescent et qu'il se plantaient avec défis dans ceux de Harry.

-En es-tu sûr Potter ?

Harry voulait répondre, quelque chose. Dumbledore l'aurait fait. Il aurait sortit une phrase terrible au sujet de l'amour, du cœur des Hommes, du courage… mais rien ne sortit de sa bouche. Il avait l'impression d'être à nouveau un gamin, mais le gamin qu'il avait été aurait pu répondre, et de regarder encore une fois ce sourire laid, déformé par une sourde et vile victoire se former sur le visage vieillit de Draco Malfoy. Le garçon qu'il avait été aurait pu dire, bien sûr, « nous sommes tous pareils ». Mais l'homme, le sorcier, le Harry Potter, qu'il était devenu en était à présent incapable, parce que c'était faux. Les sorciers ne naissent pas avec les mêmes pouvoirs…

Deux heures plus tard. Terrain de Quidditch. Poudlard.

Le soleil s'habillait de rouge, de rose et de carmin alors que l'équipe de Quidditch de Gryffondor s'entraînait clandestinement. Ils n'avaient pas encore de batteurs, ni même d'attrapeur, mais il y avait le capitaine, Virginia Thunder, élève en sixième année, et trois des Maraudeurs. Franck, le quatrième Maraudeur, était assis dans les gradins avec un gros volume de « La Métamorphose, art et science magique » de Minerva McGonagall posé sur les genoux. A côté de lui il y avait aussi Albus et Rose, ils jouaient aux échecs sorciers tout en écoutant un groupe de rock sorcier à la mode. Le but était de profiter de cette journée de liberté… et des derniers rayons de soleil de l'été. Hugo était sur le gradin le plus bas, la tête posée sur ses mains.

Il avait supplié, en cachette, ses parents de rester, il ne s'était pas fait beaucoup d'amis pour l'instant et se contentait de rester auprès de sa sœur. Mais même avec sa sœur il avait l'impression de ne pas être à sa place. Il était en première année et elle et ses amis étaient en troisième, il n'avait pas envie d'être considéré comme le petit frère collant. Hugo soupira, peut-être lorsque les cours commenceront réellement, si ils commencent un jour… il aura l'occasion de faire connaissance avec la minorité non Weasley-Potter.

-Hugo ! Ho ptite tête ! Ça te dit de t'essayer au vrai Quidditch?

Hugo leva la tête vers son cousin. Rose, Albus et Franck le regardait aussi, inquiets. Hugo se leva du banc et hocha la tête. Il tendit la main vers un balai laissé aux bords du terrain, celui-ci se précipita dans sa main et le garçon à la chevelure brune indisciplinée l'enfourcha habilement.

-Ta des réflexes petit ?

Virginia, une grande blonde agile se mit à tourner autour d'Hugo. Ses grandes dents souvent cassées durant les matchs lui donnaient un air féroce.

Sans prévenir elle envoya le Souaffle en l'air de toutes ses forces. Hugo d'abord fit mine de ne pas bouger, accordant un sourire entouré de tache de rousseur, et se précipita sur le Souaffle. Il le renvoya immédiatement à son envoyeur qui ne s'y attendait visiblement pas.

-Cool, petit gars ! C'est quoi ton nom ?

-Hugo Weasley.

-Hugo Weasley. Et ton père c'est Ronald Weasley c'est ça ?

Hugo acquiesça. Virginia recommença à tourner autour de lui sous le regard attentif des autres.

-Je suppose que tu fera un bon attrapeur pendants quelques années, mais si tu deviens comme ton père il faudra te changer de poste.

Hugo souriait, faisant apparaître deux fossettes sur ses joues.

-Tu peux revenir pour le choix des joueurs (c'est quoi le VRAI mot ?) ?

Hugo acquiesça, arborant toujours le même sourire.

-Bon tu vides le terrain maintenant et t'enlèves ce sourire niais de ton visage ok ?

Hugo obéit docilement mais le sourire toujours figé sur son visage ne disparut que lorsqu'il entendit la voix de Lily s'élever.

-Bravo Hugo !! On pourra jouer l'un contre l'autre toi et moi, comme avant Poudlard !

Lily mâchait un chewing-gum. Elle était entourée, bien entourée, de curieux pour la plupart, et de Serpentard en particulier. La mâchoire d'Hugo se contracta. Il ne pouvait déjà pas supporter Lily lorsqu'ils se rendaient mutuellement visite mais alors la supporter sept années…

-Peut-être bien, Lily.

Lily fit mine d'admirer le terrain.

-Dommage qu'il n'y ait pas d'arbres sur le terrain…

Hugo entra dans son jeu, hocha la tête et ajouta d'un ton railleur:

-Dommage que la tricherie ne soit pas dans les règles du jeu hein ? Ça vous permettrez peut-être de gagner un jour, Serpentard.

Un garçon à la gauche de Lily s'avança d'un air menacent, mais les Gryffondor en vol avait atterrit bruyamment et même Rose et Albus s'étaient précipités aux cotés d'Hugo. Le garçon recula, voyant certainement que même un groupe entier de Serpentard de première année n'avait rien à faire face à ces Gryffondor, plus âgés et plus impressionnants qu'eux.

-Et si vous alliez vous tapir au fond de vos égouts ?

James n'osa pas regarder sa sœur en disant ces mots, c'était sa sœur après tout, et celle-ci s'en rendit compte.

-Pourquoi tu ne me regardes pas en disant ça James ? Et d'ailleurs nous ne sommes plus aux cachots…

James secoua la tête,agacé.

-Je continue à croire que c'est une grosse erreur qui t'a envoyée à Serpentard.

-J'ai toujours voulut être à Serpentard.

-Oui, avec les Malfoy c'est ça ?

-James arrête.

James tourna la tête vers son frère. Il le toisa un instant ce souvenant que lui aussi avait aussi faillit être envoyé à Serpentard, comme leur père.

-On s'arrache, les mecs.

James mit son balai sur l'épaule, rageur. Cléa, Tristan et Franck le suivirent du même pas.

Albus leva les yeux au ciel.

-Lily, c'est quoi ton problème avec Hugo ?

-Je n'ai aucun problème avec Hugo, c'est lui qui s'emporte à chaque fois que je lui parle.

Albus fronça les sourcils vers sa sœur.

-Me prends pas pour un demeuré.

Il agita son doigt de manière significative prés de sa tempe.

-Mais c'est vrai Al. Je parlai juste de tactique de jeu avec mon cousin.

En disant mon cousin Lily lança un regard appuyé à Hugo.

-Vous n'êtes dans aucune des deux équipes, vous êtes des premières années et vous êtes, par-dessus tout et que vous souhaitiez ou non, de la même famille, même si vous n'êtes pas dans la même maison.

-Albus le sauveur, Albus Severus détenteur de la paix inter maison.

-Lily !

Albus n'en croyait pas ses oreilles. Était-ce bien Lily, sa petite sœur, celle qui se confiait à lui il y a encore quelques jours ? Était-ce bien elle, sa petite sœur, qui lui parlait ainsi ? Il la regarda longuement, sans la toiser, son regard était simplement triste et le soleil qui finissait sa course se reflétait dans ses yeux comme dans une marre un peu trop verte.

Lily avait un regard impassible, vert aussi, mais elle tournait le dos au soleil et aucune lumière ne s'y reflétait. Albus se demandait si elle savait, elle aussi, que ce qui les unissait si fort jusqu'à présent venait de disparaître. Elle se demandait si ce qui se passait en cet instant allait être important, sans frère ou avec frère ? Telle était la question.

Albus baissa les yeux.

-Ok Lily. Je ne sais pas à quoi tu joues, je ne sais pas quel rôle tu veux jouer, mais souviens toi, on est pas des poupées, toi, moi, Rose, Hugo ou même Scorpius et Létò, on t'appartient pas.

-Je sais Albus.

Lily le regardait avec une expression moqueuse sous ses taches de rousseur.

Albus secoua la tête, découragé.

-A demain !

Lily s'en allait déjà, souriante, laissant Albus Rose et Hugo avec leur désolation. Seul Scorpius ne suivit pas Lily. Le trio mit du temps avant de s'apercevoir qu'il était encore là, lui aussi. Le couvre feu allait sonner et il leur faudrait bientôt rejoindre leur dortoir.

-Pourquoi tu la suis partout ?

Rose avait posé la question fatidique.

-Je veux voir. Lily est spéciale, je veux savoir ce qui se promène dans ma maison.

Un silence s'installa, en même temps que la nuit, claire et fraîche.

-Je crois que tu as raison, Al quand tu dis qu'elle joue un rôle.

-Comment ça ?

-Je crois qu'elle pense que les maisons sont toujours en vrai désaccord comme à l'époque de nos parents ici.

-On ne s'entend pas si bien que ça pourtant.

-C'est sûr mais on ne s'insulte pas sur nos sangs, ou sur nos capacités magiques.

-Elle a fait ça ?

Albus s'était arrêté. Scorpius, soudain mal à l'aise, baissa les yeux.

-Tu peux le dire je ne m'étonnerais pas.

Scorpius releva la tête, plissa les yeux.

-Elle a dit quelque chose de très étrange. Enfin, pour mon père c'est sûrement pas étrange du tout.

-Explique.

Al croisa les bras, il dépassait d'une tête Scorpius et celui-ci s'adressait à la petite lune montante derrière la tête du Gryffondor qui lui faisait face.

-Elle a dit que ce n'était plus drôle maintenant, sans le sang.

-Sans le sang ?

-Oui tu sais, « sang pur », « sang mêlé », « sang de bourbe ». Elle a dit que sans ces catégories les choses sont moins… marrantes.

-Oué, ben c'est-ce que je disais ! Elle se croit dans une maison de poupée. Je me demande d'où est-ce qu'elle sort toutes ces conneries.

-Si mon père dit ce genre de truc, ton père le fout en taule illico presto ! Mais je crois que si une Potter commence à dire des trucs pareils c'est pire…

Albus hocha la tête, avec à l'intérieur de celle-ci une vision navrante de sa sœur dirigeant un parti pro discrimination du sang. Il voyait très bien ce que Scorpius voulait dire, si un ancien Mangemort ou un fils de Mangemort disait ce genre de trucs on le corrigerait vite fait, mais sa sœur, faisant parti de la famille Potter avait pour ainsi dire le sang bleu. Les Potter étaient bénis, idolâtrés, ils avaient droit à tout… Peut-être même au pire, scandale ou pas.

Albus enfonça ses mains dans ses poches et se dirigea, soucieux, vers le château, suivi de Scorpius, Rose et Hugo. Trois d'entre eux se dirigèrent prestement vers la tour de Gryffondor sans saluer Scorpius.

En bon Maraudeurs, James, Cléa, Tristan et Franck n'était pas sagement couchés dans les dortoirs silencieux, ou presque, de Gryffondor. Ils étaient dans la Salle sur Demande, confortablement installés dans les canapés de velours rouge. Ils discutaient à voix basse comme si quelqu'un pouvait les surprendre ici, ou peut être parce qu'ils avaient trop l'habitude d'avoir des secrets.

« -Et mon piercing qu'est-ce qu'il va devenir ?

-Je pense qu'il va momentanément disparaître comme le reste.

-Et réapparaître ensuite ?

-Oui !

-Comment tu peux être sûr ?

-Tu crois vraiment que tous les Animagus reprennent leur forme humaine à poil ?

Cléa tira sa langue percée à Tristan, puis tourna son regard vers Franck, inquiète.

-J'en suis certain, Cléa.

Cléa joua un instant avec son piercing, rassurée. Elle avait fait des pieds et des mains pour l'avoir, et ses parents maudissaient encore plus qu'avant la nouvelle matière obligatoire à Poudlard, c'est-à-dire « l'étude des Moldus ».

-Quoi que ce serait drôle…

Après que Franck et Cléa aient échangé des regards exaspérés, James se mit à verser une potion verdâtre dans quatre fioles différentes.

-Bonne chance les mecs, ajouta t-il en donnant une fiole à chacun d'entre eux.

Les Maraudeurs s'éloignèrent les uns des autres aux quatre coins de la salle, l'opération était délicate et pour garder leur sérieux il fallait qu'ils se séparent…

Luna Londubat sortit doucement du lit conjugal, enfila un peignoir bleu pervenche à pois et sortit discrètement de l'appartement fourni par Poudlard. Elle n'avait pas voulut alerter son époux et avait attendu patiemment qu'il s'endorme pour aller retrouver son fils et vérifier que tout dans ses plans s'était bien déroulé. Luna n'était pas fâchée, elle trouvait l'idée courageuse bien qu'un peu dangereuse, mais, après tout, le leitmotiv des Gryffondor c'était ça, courage et danger. Luna était fière de son fils, un Gryffondor, mais sa conscience lui disait aussi que s'il avait été à Serdaigle il y aurait eu moins de risques d'échec et certainement pas de tentative de ce genre. Comment Luna Londubat savait-elle ce que son fils était en train de faire ? C'était une question que Luna ne se posait pas. C'était naturel pour elle de tout savoir sur ses enfants, elles les avaient portés en elle après tout.

Tel un fantôme, elle se dirigea vers la Salle sur Demande. Elle se souvenait de ses nombreuses excursions vers cette pièce à l'utilité certaine. En quatrième année d'abord, au service de L'AD, puis en lors de sa sixième année, du moins avant son enlèvement.

Luna atteignit le couloir, elle fit apparaître une causeuse bleue elle aussi et s'y installa confortablement. Ses yeux bleus qui avaient gardé une lueur naïve fixaient l'endroit où devait apparaître la porte de la salle.

Dans quelques instants les quatre maraudeurs allaient sortir de la salle, du moins s'ils parvenaient à reprendre forme humaine. Dans la pièce chaleureuse se tenait pour l'instant une étrange réunion d'animaux.

Un serpent, un loup, un chien noir et un foussa.

Le chien et le loup chahutaient joyeusement, tandis que le lémurien s'observait les pattes et que, placidement, le serpent testait sa langue.

« -Bon sang, je savais que j'avais rien à faire à Gryffondor…

-Oué mais Cléa chérie, tu es rouge et jaune, c'est particulier tout de même.

-Oué. James t'est qui le loup ou le chien ?

C'était assez difficile de savoir lequel du loup ou du chien lui avait répondu vu qu'il leur était inutile d'articuler.

-Le chien. C'est Tristan le loup.

-Donc la bestiole qui reste c'est Franck.

-T'es quoi Franck ?

-Un lémurien, répondit il joyeusement.

-Un lémurien ?

-C'est quoi ça ?

-Oué c'est quoi.

-Ben c'est ça.

Franck-lémurien sauta agilement sur le fauteuil que sa forme humaine avait quitté quelques instants plus tôt.

-J'ai jamais vu un truc pareil.

La remarque de Tristant fit rire Cléa et James. Mais Franck apparemment ravi, les regardait avec un air bienveillant.

-Maintenant il faut qu'on essaye de reprendre forme humaine. N'oubliez pas de rester bien concentrés !

-On peut pas rester un peu comme ça ?

James reniflait toutes sortes de choses autour de lui, la queue remuante.

-Tu auras le temps plus tard mais là il faut rentrer aux dortoirs.

James arrêta de renifler Cléa et s'éloigna résolu. Il murmura un faible « tu sens bizarre Cléa » puis repris sans difficultés son apparence de Gryffondor de quatrième année. Les autres suivirent son exemple rapidement.

-Bien. Aucun poil en trop ? Aucune écaille ? Langue fourchue ?

Après s'être observés mutuellement, chacun conclut que tout s'était passé pour le mieux.

-On peut y aller alors.

James sortit la carte du Maraudeur, murmura la formule mais son sourire s'effaça lorsqu'il vit le petit point marqué : Luna Londubat devant la porte.

-Oh oh…