Alors tout d'abord je tiens à présenter mes plus plates excuses pour le retard mais puisque ma correctrice et moi somme en terminale (littéraire 3) il nous est difficile de travailler rapidement sur d'autre sujet…ce chapitre est bizarre certes mais j'espère qu'il vous plaira car il est important…le chapitre 20 et les suivant serons essentiellement sur les gosses sauf si vous me demandez de revenir un peu sur les parents…
31 octobre 2018.
Harry s'accroupi devant la tombe de ses parents. Il posa une gerbe de fleurs sur le sol couvert d'une herbe tendre. Même tendresse qu'il y avait dans son cœur, la tristesse, finalement s'était retirée… Aujourd'hui il ne s'était même pas fait la réflexion stupide à propos des préférences florales de sa mère qu'il ne connaissait pas et ne connaîtrait jamais.
Une page semblait désormais être tournée.
Les dates sur la tombe était ridiculement courtes, la sienne en particulier… Car oui son nom « Harry James Potter » n'avait jamais été effacé, par un étrange hasard mais aussi parce que, quelque part, Harry y trouvait un sens.
« 31 juillet 1980-31 octobre 1981 »
Ça avait été l'époque d'un autre avec une autre famille, un autre monde. Harry James Potter tel qu'il avait été à cette époque n'aurait pas du être aujourd'hui Harry Potter, le sauveur, le père, l'époux, l'ami… le survivant qu'il avait fini par devenir.
C'était une réflexion qui avait longuement mûri, pendant des années… Maintenant elle était périmée. Il avait cessé de ce poser des questions sur son identité présente, son identité passé, son identité possible sans certains facteurs de déroute… Désormais il était Harry Potter, 37 ans, père de trois enfants, marié et Auror reconnu. Il s'inquiétait de la vie de ses enfants et de leur bien être, il s'occupait de sa femme, s'affairait dans la maison, préparait des dîners, passait de longues heures avec Ron sur des enquêtes qui n'avait aucun intérêt sentimental pour lui, ou presque… bref il n'était plus Harry Potter le torturé. Et pour oublier son passé Harry avait une aide imparable : les journaux, la presse, les paparazzis. Les merdeux, comme il les nommait, avaient trouvé une nouvelle cible. Ses enfants. Ce retournement d'intérêt depuis que Lily avait chamboulé tout bon sens à Poudlard avait provoqué l'engouement des journalistes et ils s'étaient peut-être aperçus que si Harry était le survivant il n'échappait pas au temps.
Ce n'était pas mieux, c'était pire, mais Harry n'avait plus l'impression, cette impression quelque peu aliénante, d'être le centre du monde et que même sortir de chez lui débraillé lui était interdit, maintenant il avait cette impression dérangeante que ses fils était beaux, forts et intelligents, que sa fille, jolie comme un cœur était Lily Potter, née le 24 novembre 2006, maison serpentard ET pourtant fille de celui qui s'était battu contre une grande majorité d'entre eux.
Ginny, aux côtés de son époux, resplendissait dans la lumière de l'automne naissant. Les années lui allaient bien, elle n'avait jamais perdu la fraîcheur et la fougue de son adolescence. Elle avait trente six ans ses cheveux roux tombaient toujours sur des épaules aujourd'hui recouvertes d'un gilet de laine. Ginny avait cet air paisible d'une mère et d'une épouse comblée mais au fond d'elle quelque chose la troublait. Une étrange impression de vide s'était infiltrée dans son cœur depuis l'été, peut-être à cause du départ imminent de Lily pour le collège… ou peut-être pas. Les choses s'embrouillaient dans sa tête, elle pressentait quelque chose, mais quoi ? Elle n'avait aucun dont de médium, mais parfois il lui semblait que quelque chose n'était pas à sa place, et sa place c'était à ses côtés. Elle ne pensait pas à ses enfants, elle ne pensait plus à avoir un enfant de plus, ils allaient bien. James était là bon gré mal gré et mis à part la corvée de chaussette supplémentaire sa présence ne changeait rien à son état.
James était donc là, à côté de sa mère, le visage fermé comme une porte. Il était rentré pour les vacances et pas parce qu'il voulait passer du temps avec ses parents mais parce que ces derniers avaient appris par inadvertance que leur fils était un Animagus. Certes Luna trouvait cela très amusant, elle le leur avait raconté sur le ton joyeux d'une conversation mondaine, mais elle avait elle-même puni son fils pour son imprudence « digne des plus grand Gryffondor ». Les Potter, bien moins tranquilles quand à l'imprudence de leur digne progéniture avait privé James du plaisir de rester à Poudlard pour Halloween et participer à la première fête inter maison de Poudlard. En un mois les parents Potter avaient troqué un James souriant, blagueur et boute-en-train contre un fils morose qui laissait parfois des poils sur les coussins. James passait son temps à écrire des lettres à ses amis, cousins et à son frère resté à Poudlard pour l'occasion. Un hibou l'avait d'ailleurs rattrapé sur le trajet du cimetière, il la tenait toujours dans sa main et le ton joyeux de Tristan n'avait rien changé à son humeur.
Hey James !
Te fait pas de bile y aura encore plein d'autres fêtes comme ça ! Moi j'irais avec Abigaëlle, tu sais « gros nichons, yeux de poisson ». Si ça peu te rassurer Lara n'a trouvé personne et tu n'auras pas à supporter ta sœur au bras du Malfoy de première année. Un petit morveux celui là si tu veux mon avis, même son frère vaut plus que lui (la classe quand même, il se fait Joy Perks du clan de Blaise même si elle est en cinquième année…) Sinon Cléa et Franck y vont ensemble, mais Cléa ne veut pas porter de robe. Rose ne veut pas nous dire avec qui elle y va, d'après Albus elle fait comme sa mère quand elle était en quatrième année. Il a vu ça dans l'un des bouquins, sous le titre « Hermione J Granger et son cavalier secret ». Al n'a encore trouvé personne, faut croire que cette fille, Elea Dacty, de son année a foutue les jetons aux autres filles avec ses crises de jalousie.
J'ai une sortie à Prés au Lard là (désolé mec) alors je te laisse.
Je t'embrasse, Tristan.
Ps: Je m'fais quand même chier un max sans toi.
La lettre avait été soigneusement pliée puis froissé dans le poing de James. Il ne savait pas ce qui dans cette lettre le dérangeait le plus. Le fait qu'il ne soit pas là pour Lara (elle lui plaisait mais n'avait pas l'air de s'en apercevoir), que Lily se balade avec ce morveux ou qu'il ne soit pas avec Tristan…
A une centaine de kilomètres de Godric Hollow un e-boux froissait aussi le moral d'un sorcier.
A Mr Draco Lucius Malfoy,
De Parvaty Line Patil, Médicomage, quatrième niveau, pathologie des sortilèges sections malédiction.
J'a le regret de vous annoncer Mr Malfoy que nos craintes se sont fondées après les analyses du 20 septembre dernier. Votre épouse Klara Malfoy à bien été touchée par une malédiction dont vous nous avez parlé et dont nous ignorons encore tout, bien que vos conseils se révèlent très intéressants. Nous ouvrons une enquête dès aujourd'hui sur cette malédiction peut-être ancestrale qui touche votre famille dans le but d'éviter toute aggravation de l'état de votre femme et de votre fille. Nous vous proposons un rendez vous demain à Sainte Mangouste (10 heures 30, ne répondez pas si le rendez vous convient) pour parler des risques encourus par votre femme et votre fille, Astrée Narcissa Malfoy. Ci-joint un traitement provisoire pour calmer les crises provoquées par la malédiction : deux cachets matin, midi et soir de la boite bleue pour votre femme. Pour votre fille, trois goûtes de potion par jour devraient être suffisantes.
Draco avala difficilement l'e-boux qui lui laissait un goût amer vaguement vanillé dans la bouche. Il sortit la baguette de sa femme de l'un des tiroirs et lança un sort qui lui fit cracher un morceau de papier, une copie de la missive. Il ouvrit la petite boite de carton bleu, en retira les deux flacons. Il sortit une tasse de l'un des placards et y versa de la tisane, d'un coup de baguette il réduisit deux cachets en poudre et le dilua à l'aide d'une petite cuillère en argent dans la tasse. Il pris ensuite l'un des biberons de sa fille, y versa du jus de citrouille puis les mains tremblante y versa une goûte de la potion rose. Il fallait qu'elles soient calmes toutes les deux aujourd'hui. Harry et Ginny Potter étaient sur le point de devenir parrain et marraine de sa fille. Il était désormais dans l'obligation d'accepter, il ne savait que peu de chose sur cette malédiction mais il lui fallait être sûr que sa fille ait une seconde protection magique. Il prit la tasse et traversa un sombre couloir intérieur pour accéder à la chambre conjugale. Sa femme était allongée dans le grand lit, la fièvre l'avait prise au corps et Draco pouvait voir la folie dans ses yeux verts voilés. Il se glissa avec précautions dans le lit redoutant de l'effrayer et de provoquer une réaction imprévisible, elle se tourna vers lui, impassible. Ses cheveux blonds paraissaient gris dans la lumière de l'automne naissant et pour la première fois Draco s'aperçu qu'il s'était leurré en beauté, certes il avait beaucoup d'amour pour lui, pour sa descendante, pour le sang qui coulait dans ses veines et dans celles de ses enfants, mais il aimait aussi cette femme qui lui avait été donnée en pâture. Klara n'avait jamais mérité cette vie, ce mariage, cet homme, cette marque, cette réputation, cette malédiction… Mais tous l'avaient déjà atteint. Le mariage lui avait arraché son enfance, son époux son amour, la marque sa pureté, la réputation sa bonté, la malédiction sa santé.
Les lèvres de Draco se serrèrent dans un masque de dureté bien connu, il glissa le verre dans les mains de sa femme qui ne fit pas un geste pour accompagner la tasse à sa bouche.
-Bois.
Klara leva les yeux vers son mari.
-Malfoy.
-Bois.
Pourquoi Klara murmurait elle leur nom de famille, nom de sang ainsi ?
Les yeux de Klara étincelèrent, Draco crut y voir les steppes russes qui habitaient les histoires que sa femme racontait à leurs enfants. Sauvages et glacés. Draco posa une main froide et pâle sur le front rougi de sa femme, lui reprenant la tasse de l'autre main il fit glisser sa tête en arrière. Klara ne semblait pas étonnée, elle remua légèrement mais Draco l'avait déjà bloquée sous lui, d'un geste brusque il fit glisser le liquide entre ses lèvres se félicitant de n'avoir rempli qu'à moitié la petite tasse. Klara se débattait, elle n'était cependant pas assez forte pour échapper au corps de son mari, puis le médicament fit effet, ses mouvements se firent plus lents, ses yeux se remplirent de larmes, peut-être venait-elle de comprendre.
-Malfoy, siffla t- elle encore.
-Dors un peu.
Draco desserra son emprise, les yeux de sa femme plein de larmes lui montraient qu'elle était désormais inoffensive, même la vague de magie qui émanait toujours d'elle s'était calmée. Les paupières se fermèrent finalement, cachant les iris vertes. Draco se laissa tomber complètement sur sa femme, il posa ses lèvres sur ses lèvres provoquant un frisson, qu'il supposa de dégoût, dans le corps malade de son épouse. Il appuya ses lèvres plus fort, elle rouvrit les yeux, il les ferma. Doucement Klara chercha la peau de son mari, elle trouva son bras et, doucement, lui fit comprendre qu'elle savait, que ce n'était pas sa faute à lui.
Draco rouvrit les yeux, Klara les avait déjà refermés et, pour le peu qu'il puisse en juger, elle dormait paisiblement. Il se releva lentement, il avait froid comme il avait toujours froid, mais il en avait un peu plus conscience cette fois. Il reprit le chemin inverse, la tasse était restée dans le lit, tachant peut-être les draps. De retour dans la cuisine il prit le biberon et repris le chemin de la chambre. Astrée était assise en tailleur dans une robe d'un vert très pâle. Ses cheveux blonds tombaient sur ses joues et sa nuque. Elle était calme, très calme pour une fois. La lumière jaune du feu de la cheminée teintait une partie de son visage en or et l'autre moitié, éclairé par la lumière froide qui avait traversé la pluie glacée au dehors, lui donnait une couleur surnaturelle. Ses yeux gris, immenses, fixèrent instantanément ceux de son père, les mêmes ou presque, alors qu'il s'asseyait lui aussi en tailleur en face d'elle. Elle ne fit aucun mouvement, Draco était inquiet, le regard de sa fille sur lui était impossible à cerner. Il la regarda encore un moment, elle avait vu ce qui s'était passé dans le lit, peut-être comprenait-elle aussi. Draco tendit le biberon, espérant qu'elle se comporterait comme tous ces autres bébés. Elle le fit d'une certaine façon, elle prit le biberon et commença à le boire mais son regard toujours fixé dans celui de son père faisait frissonner ce dernier. Quand elle eut finit elle posa précautionneusement le biberon au sol puis attendit. Draco enfin se leva et la pris dans ses bras, il espérait que la potion n'allait pas trop l'assommer et s'allongea avec elle dans le lit. Il était neuf heures du matin, à quatorze heures, les Potter arriveraient. Astrée s'installa entre les bras de son père, tournant le dos à sa mère et sembla s'endormir. Draco ferma les yeux, avant de s'endormir à son tour pensant à l'image qu'ils donnaient ainsi tous les trois. Un assemblage de cheveux trop blonds, de peau translucide, de cils blonds cachant des nuances de gris pâle et de vert émeraude.
Draco se réveilla trois heures plus tard. Sans transition ses yeux s'étaient ouverts, il avait l'impression stupide de n'avoir fait que cligner des yeux. Astrée s'était déjà réveillée, elle jouait avec les cheveux de sa mère. Klara elle aussi avait les yeux ouverts, elle semblait aller mieux, un doux sourire sur les lèvres. Draco se redressa, ce qu'Astrée remarqua instantanément et la fillette prit l'initiative de s'attaquer à une mèche de cheveux de son père. Elle la tira un peu pour la rapprocher d'une mèche de sa mère. Elle sembla un instant en comparer la couleur, puis leur accorda un magnifique sourire, certainement l'un des plus beaux depuis sa naissance. Klara lui caressa la joue, c'était un moment tendre mais cette grasse matinée lui donnait la nausée. Elle avait envie de se lever et de faire quelque chose de ses mains mais si elle s'éloignait trop de sa fille elle risquait d'être prise de vertige comme ça lui arrivait souvent ces dernier temps.
Klara se redressa tout de même, sa main heurta la tasse que Draco avait laissée dans le lit. Elle la posa sur la table de chevet sans exprimer quelque chose de particulier.
-C'est un traitement c'est ça ?
Draco hocha la tête puis s'aperçut que Klara lui tournait le dos il murmura un « oui » timide.
-Une malédiction sur moi.
Second oui même si Klara avait utilisé l'affirmative.
Klara respira profondément elle se leva et ôta sa chemise de nuit.
-Et Astrée? ajouta Draco
-Impossible.
-Comment le sais-tu ?
-Savoir quoi ?
Malfoy plissa les yeux, observant Klara enfiler une robe.
-Tu dis qu'Astrée n'est pas touchée ?
Klara boutonna deux boutons puis regarda Draco, surprise.
-C'est ta mère qui ma dit que cette malédiction ne touchait que les mères ayant eu une fille.
La bouche de Draco s'ouvrit sous le choc. Sa mère savait.
-Attends.
-Attendre quoi ? Tu crois que c'est Astrée le problème ?
-Non, je veux dire…je pensais que c'est… je sais pas… parce que les Malfoys sont misogynes ou que les héritières Malfoy on un caractère assez… indomptable… que c'est pour cela que Astrée à ce comportement… je pensais que les effets de la malédiction provenaient surtout d'elle…
-Tout va merveilleusement bien chez Astrée, elle tient plus de sa mère que de vous autres Aristocrates tristes.
Il y avait une fierté agaçante dans le ton de Klara, qui du même coup reprenait son accent de l'est.
-Donc tu dis que ma mère t'avait prévenu que tu serais touchée par une malédiction si tu donnais naissance à une fille ? Et tu l'as quand même fait ?
-Non nigaud, elle m'a « prévenu » après la naissance d'Astrée. Et moi je t'avais prévenu que ta mère ne m'aimait pas.
Klara pris Astrée dans ses bras, l'embrassa puis se dirigea vers la porte. Avant de passer le seuil elle se retourna encore une fois vers son mari.
-La prochaine fois, chéri, que tu insinues que notre fille à un problème de comportement… je te fais manger ce qui t'as permis de la « fabriquer »… ok ?
Klara sortit, tête haute mais avec le sourire.
Draco se leva, raide il se dirigea calmement vers la cuisine, il n'était pas contrarié par la menace de sa femme, au contraire cela lui montrait l'efficacité du médicament car elle avait trouvé un semblant de comportement normal. La révélation faite sur sa mère en revanche lui donnait envie de vomir. Il attrapa un bout de papier et commença à cracher sa colère dessus. Puis il attrapa une enveloppe et griffonna rageusement le nom: « Narcissa Malfoy, Londres » dessus avant d'attacher le papier rudement à la patte d'un pauvre hibou innocent.
Au même moment un e-boux traversa le salon des Weasley-Granger. La sphère jaune se posta sous le nez d'Hermione en vibrant.
-C'est quoi encore ?
-Aucune idée.
Hermione haussa les épaules en signe d'ignorance, Ron assis dans son fauteuil referma la gazette du sorcier.
-Ginny est peut-être enceinte.
Hermione leva les yeux au ciel.
-Je savais que je n'aurais jamais du te dire ça.
Sans plus développer elle avança les lèvres et croqua l'e-boux. Ses yeux suivirent les lignes invisibles du message sous l'œil avide de Ron. Puis elle avala et se leva du canapé.
-Alors, elle va avoir un autre Potter ?
-Roooonnn ! Je t'ai déjà dit que je n'approuvais pas du tout le projet de Ginny, elle a 36 ans et…
-C'est une Weasley… les Weasley font toujours plein de bébés… c'est comme ça.
Hermione soupira, blasée…
-Non Ginny n'est pas enceinte, du moins pas pour le moment, et cette missive venait de l'hôpital Sainte Mangouste.
Hermione se dirigea pensive vers la bibliothèque
-Sainte Mangouste… t'es pas enceinte j'espère !
-NON ! Ron c'est quoi ton problème avec les bébés ?
-Rien rien…
Hermione prit un livre, puis sortit de la pièce suivit peu de temps après par un Ron toujours aussi curieux.
-Alors c'était quoi ?
-Ça t'intéresses si ça ne concerne pas les « bébés ».
Ron grogna. Hermione posa le volume sur son bureau, s'installa dans son fauteuil et sortit un dossier de l'un de nombreux tiroirs tandis que Ron s'asseyait sur son bureau.
-Ron tu sais que j'apprécie moyennement de te voir assis comme ça sur mon bureau.
-Je peux croiser les jambes si tu veux.
Hermione cligna des yeux, incrédule, puis se mit à sourire bêtement en pensant « Ronald Weasley le retour ».
-Eh bien comporte toi en bonne secrétaire et cherche moi les Malfoy là dedans…
Elle jeta le livre sur les genoux de son mari désormais boudeur…
-Je préférerais l'autre utilité de la secrétaire…
Mais Ron cessa immédiatement sa plaisanterie à la vue du regard noir d'Hermione.
-J'en toucherais deux mots à Melinda alors.
-Malfoy tu dis ?
Il ouvrit le livre avec maladresse, au milieu, puis commença vaguement à en feuilleter les pages jaunies.
-Ron, Ça c'est un livre, LIVRE. Ça se lit de gauche à droite. Il y a un Index, pas un doigt mais une liste, LISTE. Dans la liste il y a le nom Malfoy, M A L F O Y.
Décidément ils avaient beau avoir presque quarante ans, on aurait presque pu les confondre avec le grand roux et la brune échevelée qui se disputaient autrefois dans Poudlard.
-Là j'ai trouvé.
Ron posa le livre ouvert à la page : Famille Malfoy, antécédent magique et histoire de sang.
Hermione repositionna ses lunettes sur son nez et tira le livre vers elle.
-Sérieusement Hermione tu m'expliques ?
-Parvaty vient de m'envoyer une lettre de Sainte Mangouste m'expliquant que les Malfoy, plus précisément la femme de Draco Malfoy est touchée par une malédiction et comme j'ai déjà une expérience juridique de ses affaires elle pense que je peux lui apporter mon aide.
-Hermione, il est midi, c'est ta pause déjeuner, les Malfoys ne valent pas la peine de gâcher une pause déjeuner.
-Ron, premièrement, et même si Draco Malfoy est un nigaud fini, sa femme et sa fille méritent qu'on leur accorde un peu d'attention et qu'on les soigne. Deuxièmement les malédictions peuvent être extrêmement graves et toucher plusieurs générations tout en provoquant des choses totalement imprévisibles… tu te souviens de Lara Combs?
Ron hocha la tête.
-Je vais manger.
-Oui vas y je te retrouve plus tard.
Ron quitta le bureau d'Hermione qui, appliquée, cherchait une piste quelconque.
Deux heures plus tard Hermione n'avait pas rejoint Ron, elle bénissait son statut de super héroïne qui avait aidé à sauver le monde car elle pouvait patiemment travailler chez elle sur des dossiers dont son patron ne connaissait pas l'existence. Elle rédigea deux e-boux, l'un en réponse à celui de Parvati, l'autre pour Ginny.
Il était quatorze heures et les Potter, les trois, venaient de transplaner devant le manoir Malfoy. La pluie avait cessé mais le vent était glacé, le ciel noir annonçait le renouveau de la pluie.
Au moment où Harry s'apprêtait à poser la main sur la poignée du portail un e-boux violet (George en avait expressément réalisé un cassis pour Ginny) se précipita sous le nez de Ginny.
Salut Gin'
Je sais qu'aujourd'hui toi et Harry devez devenir parrain et marraine de la petite fille Malfoy mais je dois vous prévenir avant. Sa femme est touchée par une malédiction qui affecte probablement le bébé. Je pense bien sûr que l'enfant a besoin d'une protection surtout avec cette malédiction mais prenez garde on ne sait encore rien et cela peut s'avérer dangereux. Je pense à une malédiction ancestrale provenant peut-être du Moyen Age mais rien n'est à écarter en particulier le fait que l'épouse Malfoy porte la marque… Des chercheurs tentent en ce moment même de prouver que la marque peut avoir des répercutions sur les générations suivantes, je doute fort de la véracité de leurs recherches mais je peux aussi me tromper.
On sera ravi de vous offrir un dîner ce soir...
Amitiés, Hermione.
Ginny, paniquée, croisa le regard de son mari, elle sortit sa baguette et jeta un sort de surdité à son fils qui déjà morose se mit à tirer la gueule comme un mal aimé. Instantanément il se transforma en grand chien noir qui se mit à renifler autour du couple.
-D'après Hermione les Malfoy sont touchés par une malédiction.
-Quel genre ?
-On ne sait pas, ça touche juste Klara et Astrée, pour Hermione c'est une malédiction ancestrale mais… il se peu que ça ait un lien avec la marque des ténèbres.
Harry fronça les sourcils, il n'était déjà pas très heureux de devenir parrain d'un Malfoy mais si en plus l'enfant était maudit…
-Je ramène James à Poudlard, dis leur que j'aurais un peu de retard.
Le chien ne put contrôler le frétillement de sa queue. Les Potter ne le savaient pas mais leur aîné avait trouvé un bon moyen d'échapper à leur sortilège. James scruta son père puis, feintant son air morose, attendit que Harry relève le « sortilège » et lui annonce qu'ils allaient transplaner ensemble à Poudlard.
Harry posa ses lèvres sur celles de sa femme, puis posa une main sur l'épaule de son fils tout sourire.
Ginny soupira, elle avait cinq minutes de retard, ça ne plairait pas à Draco mais ce qui ne lui plaisait pas du tout à elle c'était cette malédiction. Elle était révoltée que Klara ait encore à supporter ça. Sa fille lui avait apporté un bonheur inattendu, le premier vrai bonheur, car ses fils étaient des Malfoys, des vrais Malfoys froids et réservés, Scorpius plus que Létò et elle avait du mal à le supporter.
Elle posa la main sur la poignée alors qu'une bourrasque de vent plus forte que les autres lui ébouriffait les cheveux. Draco ne reconnu que la masse de cheveux roux qui entourait son visage et lui ouvrit le portail, elle traversa rapidement le jardin se concentrant pour tenir ses cheveux en place et lorsqu'elle monta les marches du perron elle fut surprise de voir Draco et non Klara l'attendre. Elle était plus inquiète que surprise en réalité, le visage de Draco n'avait plus rien de celui de l'adolescent goguenard qu'elle avait connu ni même de l'homme imbus de lui-même mais, détruit par la réputation, il ressemblait juste à un homme triste, son regard était vide, pas de dégoût face à elle, son nom, son sang, son époux… Il avait l'air plus vieux aussi, ses cheveux s'ils ne l'étaient pas déjà semblaient blonds presque blancs et auraient pu révéler des mèches grises.
-Bonjour Draco.
-Bonjour Ginny.
Draco ferma la porte d'un coup sec, Ginny ôta son manteau et le replia sur son bras avant que Draco ne s'en aperçoive et le lui prenne des mains pour le mettre dans un placard.
Ginny était gênée par son comportement comme cela arrive souvent lorsque quelqu'un change, elle se sentit obligée de lui demander comment ça allait.
-Bien. Merci. Où est ton mari ? Il a refusé finalement ?
Ginny sentait de la crainte dans la voix de Draco, chose totalement nouvelle pour ce genre de situation…
-Il arrive, il avait un truc urgent à faire…
« Un truc »… Ginny maudissait ses manières de parler toujours naturelles qui sonnaient faux devant cet aristocrate déchu au milieu de son manoir de glace.
Malfoy se dirigea alors vers l'escalier, son expression inquiète n'avait pas disparu de ses traits fins et son pas raide montrait sa gêne face à la situation.
Ginny le suivit en silence non sans jeter un coup d'œil navré au lustre poussiéreux toujours au sol. Quand elle entra dans le salon elle sut tout de suite que quelque chose n'allait vraiment pas. L'aura ou qu'importe que ce fut donnait l'impression qu'il flottait dans la pièce quelque chose de malsain.
-Bonjour Klara.
Klara se leva, Astrée dans ses bras jouait avec une tasse, l'air de rien. Les deux femmes s'embrassèrent chaleureusement.
-Où est Harrry ?
Ginny fut surprise d'entendre l'accent de Klara, de retour apparemment.
-Il arrive d'une minute à l'autre.
-Il est toujours d'accord hein ?
-Oui ne t'inquiètes pas.
Klara s'était rassise, elle était visiblement très calme, trop même, Ginny avait l'habitude de voir une femme active, forte et pleine de morgue envers son époux.
Ginny posa la main sur la tête d'Astrée pour lui dire bonjour mais remarqua immédiatement l'air agacé de Klara.
-Je peux te parler en privé Klara ?
Ginny savait que cette requête était déplacée mais aussi que devant Draco, Klara ne se confirait pas.
Quelques instants plus tard elles se dirigèrent toutes deux vers la cuisine, avec Astrée.
Draco s'installa dans son fauteuil de prédilection, près de la fenêtre, où il tourna négligemment le dos à la porte de la cuisine et aux femmes par la même occasion. Il croisa les jambes joignit le bout de ses doigts ensemble et attendit en se concentrant pour ne penser à rien et pour cela il avait une technique infaillible, il énumérait chaque chose à portée de sa vue, les arbres, les moineaux, les arbustes, les « tututututut ».
La sonnette magique venait d'être déclenchée, Harry Potter son vieil ennemi stupide devait être devant son portail et si le facteur « malédiction » n'avait pas existé peut-être aurait-il réfléchi à deux fois avant de lui ouvrir.
Draco avait déjà ouvert la porte alors que Harry traversait le jardin, « comme si je l'attendais avec impatience », quoi qu'il en soit l'inquiétude et l'angoisse peuvent parfois provoquer de drôles de comportements, Draco salua donc Harry avec un peu moins de froideur que d'ordinaire et fit mine de ne pas voir le regard surpris du survivant quand il le découvrit en simple jean et chemise (certes verte mais pas sorcière) et comme décors de fond un lustre qui disait vaguement quelque chose à Harry. Draco était, c'est certain, reconnaissant de la venue de Harry mais il n'allait pas non plus faire la conversation et de retour dans le salon il avait presque envie de s'installer dans le fauteuil éloigné des autres, son préféré.
-Où est Ginny ?
-Dans la cuisine, elle s'entretient avec ma femme.
Harry croisa les bras, observant méticuleusement la porte de la cuisine, Draco s'installa sur le canapé.
-Prends place je t'en pris.
Harry grimaça puis s'installa en face de Malfoy.
-Malfoy, je crois que tu n'as pas été très honnête avec nous à propos de ce qu'on s'engage à faire ma femme et moi.
Draco tourna la tête vers la fenêtre, pendant un long moment Harry crut qu'il allait se contenter de faire ça simplement sans prononcer le moindre mot jusqu'au retour de leurs épouses mais…
-C'est vrai, je ne suis pas honnête mais je veux arriver à mes fins.
-C'est grave ?
-Pour Astrée ? Non. On ne pense pas, mais à long terme je pense que ça peut l'atteindre.
-C'est sur Klara que la malédiction porte ?
-Oui.
Harry s'avança, posant ses coudes sur ses genoux fixant droit dans les yeux Draco, comme en interrogatoire.
-Ça te fais quoi Malfoy ?
Draco avala sa salive.
-A ton avais Potter ? Je vais sauter de joie ? Toi tu vas peut-être sauter de joie parce que finalement je n'aurais plus rien et toi tu auras tout. J'ai rien demandé, moi. Je n'ai pas demandé à avoir cette éducation de merde, je n'ai pas demandé à épouser cette fille, on m'a obligé et on l'a obligée, elle aussi. Mais maintenant que je l'aime, on veut me la reprendre !
Draco s'était levé d'un seul coup puis s'était rassis à la fin de sa tirade, l'air tétanisé par ce qu'il venait de dire à Harry Potter. Il fixait un point sur le mur derrière Harry, blanc comme un linge.
-Je te crois Malfoy.
La colère de Draco ne s'atténua en rien, au contraire il était furieux, tellement furieux qu'il avait du mal à respirer correctement mais il n'en laissa rien paraître. Il se leva à nouveau se dirigea vers le bar prit un verre, proposa d'une voix sans timbre un verre à Harry, versa puis posa le verre devant Harry s'en renversant sur les doigts. Harry, attrapa le verre, le renifla, il ne connaissait pas cet alcool, mais c'en était, pour sûr. Il prit une gorgée, c'était fort, très fort surtout pour lui qui ne buvait jamais qu'avec ses amis, du whisky pur feu ou de la bière au beurre… Il reposa le verre, suspicieux, c'était Malfoy qui l'avait servi après tout.
-C'est de la vodka, c'est tout, on peut échanger nos verres si tu n'as pas confiance.
Harry secoua la tête.
-Je n'ai pas l'habitude de boire.
Draco haussa les épaules et fit lentement glisser une gorgé incandescente et brûlante dans sa gorge.
Les femmes arrivèrent une dizaine de minutes plus tard. Klara avait l'air bouleversé mais elle était bonne comédienne et seule Ginny le remarqua. Ginny croisa le regard de Harry et secoua affirmativement la tête, Harry savait à présent qu'il leur fallait accepter.
Sans plus attendre ils préparèrent la cérémonie. Ils étaient déjà plusieurs fois devenus parrain et marraine de l'un ou l'autre des enfants Weasley… Harry était devenu parrain à dix huit ans et il se demandait si cette cérémonie serait plus triste que celle où il avait juré de protéger Teddy Lupin 3 alors que ses deux parents venaient de mourir…
Harry se dit que ça allait forcément être plus glauque. Il sentait l'haleine alcoolisée de Draco debout à côté de lui et cela lui donnait presque le vertige, Klara avait posé Astrée sur la table et l'enfant se tenait terriblement tranquille. Elle ne bougeait pas mais regardait autour d'elle comme apeurée.
-Allons-y.
Draco coupa une mèche de cheveux de la petite fille puis une deuxième. Il créa une petite sphère transparente autour de chacune d'elle puis se tourna vers Harry et lui tendit une des deux sphères contenant les mèches dorées d'Astrée.
-Harry James Potter.
-Oui.
Harry prit la sphère des mains de Draco, il plaça le bout de sa baguette contre elle et la sphère de verre se recouvrit d'un glacis vert émeraude. C'était cette couleur qui apparaissait toujours autour des sphères de parrainage lorsqu'il avait prêté serment. Harry se pencha alors vers Astrée et posa un baiser sur son front, il était désormais officiellement parrain de la fille de Draco Malfoy, et cette constatation lui donnait mal à la tête.
Draco donna ensuite la seconde sphère à Klara qui se tourna solennellement vers Ginny.
-Ginevra Molly Potter, je te choisis pour protéger et chérir ma fille Astée Malfoy.
Acceptes-tu de la protéger, de prendre soin d'elle et de l'aimer si nous, ses parents, ne pouvons plus le faire ?
-Oui.
Ginny répéta le geste de Harry, la sphère se colora d'un rouge chaleureux et brillant à l'image de sa personnalité et sans plus attendre les Potter prirent congé se souvenant que ce n'était pas des amis et que l'état de Klara ne leur permettait pas de traîner plus longtemps ici.
Arrivés chez eux, ils s'assirent tous deux à la table de la cuisine, vidés et pensifs.
-Finalement il n'y avait pas de risque, on aurait pu emmener James, dit Harry.
-Oui mais on ne pouvait pas savoir et franchement Harry je ne sais pas ce qui vas arriver avec cette malédiction…
Prochain chapitre: le bal… et recentrage sur les enfants à Poudlard.
