Elle était en train d'ouvrir une bouteille d'eau quand on toqua à sa porte

Elle était en train d'ouvrir une bouteille d'eau quand on toqua à sa porte. Elle fronça les sourcils et jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était plus de vingt-deux heures. Elle venait juste de sortir de la douche après une heure à courir sur son tapis pour essayer de calmer sa frustration. Depuis cette après-midi, elle était en feu, son ventre la tiraillait et malgré tous ses efforts, son désir était toujours là.

Elle avança jusqu'à la porte et se mit sur la pointe de pied pour jeter un coup d'œil à travers le judas. Elle sentit son estomac faire plop-plop en voyant qui était devant sa porte.

« Va-t-en », crie-t-elle.

« Sûr, c'est plus efficace que de faire comme si tu n'étais pas là », se moqua-t-il.

Elle entendit un petit grattement contre sa porte et devina qu'il s'y était appuyé.

« Comme si tu ne m'avais pas déjà espionné par la fenêtre ».

Elle sourit machiavéliquement et ouvrit brusquement la porte. Une étrange bouffée de satisfaction l'envahit quand il s'écroula sur sa moquette.

« Bon sang, Cuddy ! »

Il grimaçait de douleur et elle haussa les épaules. Elle croisa les bras sur sa poitrine et leva un sourcil pour lui faire comprendre qu'elle attendait qu'il justifie sa visite.

« Finalement, merci. Jolie chemise de nuit. Tu dors toujours sans culotte ? »

Elle fit un bon en arrière et posa une main sur sa chemise de nuit pour la coller à ses jambes.

« Lève-toi », ordonna-t-elle.

Il attrapa sa main pour la forcer à l'aider à se relever. Il se redressa, l'attirant brusquement contre lui, le nez dans ses cheveux. Elle le repoussa et remit en place les bretelles qu'il avait, dieu sait comment, réussi à faire tomber dans son geste.

« Désolé », mentit-il. « Heureusement qu'il y avait des airbags pour atténuer le choc de la collision. J'aurais pu me blesser ! »

« Qu'est ce que tu veux ? »

Elle croisa de nouveau les bras et plissa les yeux dans sa direction, ignorant son cœur qui battait trop fort dans ses oreilles. Comment faisait-il pour lui faire ça !?

« J'étais dans le coin. J'ai jeté un coup d'œil et j'ai vu que t'avais ouvert une bouteille de vin, je me suis dit que je pourrais te faire économiser le trajet en taxi. »

« La fenêtre de ma cuisine se trouve dans mon jardin », remarqua-t-elle, décidant qu'elle ne voulait même pas savoir ce qu'il faisait dans son jardin tout compte fait.

« Je sais, et la fenêtre de ta chambre est sur le côté. Tu devrais installer une échelle, c'est pas évident de grimper par là, j'aurais pu me blesser ».

Il s'avança vers elle, son regard dans le sien.

« Tu n'es pas saoule ».

« Tu es en retard, j'ai ouvert cette bouteille il y a deux jours. Désolée. »

Elle étira sa nuque, tentant d'apaiser la tension qui s'y accumulait. Quand son regard retomba sur lui, il remuait les lèvres de gauche à droite. Elle l'observa, stupéfaite quand il fit volte-face et partit en direction de la cuisine. Elle ne bougea pas et ferma les yeux, l'écoutant ouvrir et fermer les tiroirs. Elle sentait que ça allait mal se finir. Une minute plus tard, sa tête réapparu au détour du couloir.

« Tu n'aurais pas quelque chose de comestible par hasard ? »

« House », commença-t-elle.

Il disparut de nouveau et elle se précipita vers la cuisine.

« House ! », répéta-t-elle une fois dans la cuisine.

Il avait la tête fourrée dans son réfrigérateur.

« Même pas une bière ! Non mais tu viens de quelle planète ? »

Il sortit une bouteille d'eau et referma le frigo.

« Tu ne peux pas rester. »

Elle se demanda si son ton était aussi pathétique en vrai qu'à ses oreilles. Il posa la bouteille sur le comptoir, à côté de la sienne et se posta juste en face d'elle.

« Pourquoi ? Y a une loi contre ça ? Il faut que tu ais un taux d'alcool supérieur à 0,5 et il faut que ça se passe chez moi ? »

« Oui », répliqua-t-elle fermement quand il posa la main sur son épaule.

Ses doigts remontèrent le long de sa nuque et elle ne put s'empêcher de pencher légèrement la tête.

« Tu as l'air de t'en sortir très bien sans alcool », murmura-t-il contre sa gorge alors qu'il y déposait ses lèvres.

Ses mains caressèrent son dos contre son grès. Ses mouvements étaient irréguliers, hésitants puis plus fermes, reflétant la lutte qui se faisait en elle entre vouloir et devoir. Une part d'elle avait envie de se laisser aller à une étreinte avec lui, une autre partie d'elle dressait une liste, encore plus longue que d'habitude, relatant toutes les raisons pour lesquelles c'était une mauvaise idée. La première étant que si elle cédait, House squatterait chez elle jusque tard demain matin, juste pour l'énerver. La seconde était que si elle autorisait cela une fois, il aurait désormais le contrôle. Elle se mordit la lèvre pour ne pas gémir quand ses mains englobèrent ses seins à travers le tissus. Ses genoux tremblèrent sous son poids et il la fit reculer jusqu'au mur derrière elle, attentif à ses réactions.

Elle lâcha un léger cri quand, à peine son dos plaqué contre le mur, elle sentit sa bouche se refermer autour de son téton, attisant le feu qui brûlait dans son estomac. Raison numéro trois…Une des mains de House agrippa ses fesses pour la coller d'avantage à ses hanches et cette fois, elle ne put retenir son gémissement. Raison numéro trois…Oh, et puis merde ! Elle lutta avec sa ceinture qui ne voulait pas se défaire et il sourit contre sa bouche. L'air qu'il soufflait dans sa bouche était brûlant et elle mit sa perte de contrôle sous le coup du manque d'oxygène.

« House… »

Elle était à bout de souffle quand il lâcha ses lèvres et qu'elle parvint enfin à défaire sa ceinture.

« Lit. »

Ils commencèrent à avancer dans le hall, s'arrêtant à chaque pas pour toucher un peu plus de peau ou partager un baiser.

« Tu vois Cuddy ».

Sa voix n'était qu'un grognement alors qu'il la poussait sur le lit et s'allongeait sur elle.

« On est tous les deux gagnants. »

« Pas de capitulation, juste une mi-temps », précisa-t-elle avant d'attraper sa bouche pour le faire taire.

Il quitta sa bouche pour glisser sur son menton, jusqu'à sa nuque.

« Comme tu veux… »

J'ai gagné, pensa-t-elle en souriant.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

« Je sais que vous êtes du genre à coucher puis vous en allez, mais vous ne pensez pas que là c'est un peu extrême, docteur Cuddy ? »

Elle serra les dents à ces mots. Il s'était placé juste derrière elle alors qu'elle signait des papiers à l'accueil. Elle avait vu au moins cinq infirmières se figer dans leurs gestes, comme si quelqu'un avait pressé le bouton pause de cette scène et que tout autour d'elle s'était immobiliser.

« Vous ne pourriez pas retourner embêter Wilson ou maltraiter un patient ? »

Elle se força une voix calme, dénuée d'émotion, ce qui n'était pas chose facile quand elle bouillonnait déjà de l'intérieur.

« Vous harceler est beaucoup plus drôle et gratifiant. Rien qu'avoir le plaisir de regarder vos… »

Elle claqua le dossier sur le comptoir et se tourna vers lui.

« S'il n'y avait que mes fesses qui vous intéressez, vous auriez pu vous contenter de regarder en silence. Qu'est ce que vous voulez ? »

Elle le dépassa et s'éloigna, espérant que mettre de la distance physique entre eux suffirait à la calmer. Evidemment, il refusa de la laisser et la suivit à travers la clinique jusqu'à son bureau.

« Eh bien, je me suis réveillé seul, encore une fois, et j'ai découvert quelque chose de tout à fait intéressant dans un des tiroirs de ta commode ».

Elle se tourna brusquement vers lui et le fusilla du regard. Elle fut soulagée de voir qu'il avait fermé la porte de son bureau derrière lui.

« Et alors ? Jaloux ? »

« Bien sûr que non, je voulais juste te prévenir que si tes petits joujoux veulent nous accompagner un soir, je suis prêt à leur laisser une petit place dans le lit. Je me sens d'humeur généreuse aujourd'hui. »

Elle se força à sourire, même si ça devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure qu'il parlait. Mais il était hors de question qu'elle lui montre une faiblesse, elle ne le laisserait pas la déstabiliser.

« C'est bon à savoir, dommage que tu n'ais jamais l'occasion de prouver à quel point tu es généreux, étant donné que tu ne seras plus jamais dans mon lit. »

« Tu dis toujours ça. Pourtant, on est là, presque dans une vraie relation. Tu sais, je crois qu'il y a des couples mariés qui couchent moins souvent que nous. »

« C'est une proposition ? »

Elle faillit rire, satisfaite, quand il eut un geste de recul.

« Parce qu'il faudrait que tu te convertisse », ajouta-t-elle en feintant d'être sérieuse.

Il ne mit que quelques secondes à s'adapter à cette nouvelle conversation, à mettre sa stratégie en place pour reprendre le contrôle de la situation. Il s'avança vers elle et posa une main sur son coude dans ce qui ressemblait presque à une étreinte. Elle se figea, le regard fuyant vers la vitre derrière lui d'où n'importe qui pouvait les voir.

« Je ferais n'importe quoi pour toi ».

Son visage ne reflétait aucune trace d'humour, ses yeux étaient plantés dans les siens et sa voix aurait pu paraître sincère si elle n'avait pas appris à y déceler la moindre parcelle de sarcasme.

« Et ils disent que l'amour ne change pas les gens », ironisa-t-elle.

Sa prise se resserra sur son bras durant une fraction de seconde avant qu'il ne se penche vers elle, beaucoup trop près. Elle frissonna, se demandant comment il pouvait lui faire perdre ses moyens d'un simple toucher. Elle voulait reculer, mais ne le pouvait pas. Le moindre geste de recul reviendrait à capituler. Elle déglutit difficilement avant de comprendre qu'il n'y avait qu'un moyen de gagner ce combat là. Elle jeta un rapide coup d'œil par dessus son épaule et fut satisfaite de remarquer que personne ne prêtait attention à eux. Elle s'apprêtait à dépasser une nouvelle limite. Celle ci était faite de plusieurs épaisseurs de fils barbelés, et de gardes plantés tous les deux mètres, mitraillettes aux poings. Elle se pencha en avant, lui offrant volontairement une vue plus que plongeante dans son décolleté et passa doucement sa langue sur ses lèvres.

« House, je… »

« Hey, Lisa, j'aurais besoin de…Oh, désolé. J'interromps quelque chose ? »

Wilson était debout devant la porte et sa voix était presque aussi amusée que son air…Si c'était possible. Il avait un dossier dans une main et un énorme sourire sur les lèvres. La main de House avait immédiatement lâché son bras et elle se sentit soudain exposée, comme si quelqu'un avait fait disparaître ses vêtements d'un coup de baguette magique.

« Bien sûr que non, Wilson. »

Elle ne sut pas comment elle avait fait, mais sa voix paraissait presque calme. Elle inspira profondément et fit un pas en arrière, laissant les gardes et leurs mitraillettes reprendre leur poste entre House et elle. Elle était à la fois soulagée et agacée d'avoir été interrompue. Elle ne savait même plus ce qu'elle voulait.

« Pas du tout, par contre si tu étais apparu hier soir, là ça aurait été vraiment gênant ! », intervient House.

« Sortez de mon bureau, House », aboya-t-elle.

Elle avait besoin d'une minute et d'être loin de lui pour reprendre ses esprits. Il lui fit la moue et elle grogna avant de plaquer une main dans son dos, le poussant littéralement dehors.

« Qu'est ce qui vous dit que je n'avais pas une question vitale à vous poser à propos d'un patient ? »

« Dans ce cas, ça serait bête de vous faire perdre votre temps plus longtemps. Allez lui sauvez la vie avant qu'il ne soit trop tard », répliqua-t-elle.

Elle lui sourit effrontément avant de lui claquer la porte au nez. Elle se tourna vers Wilson qui avait du mal à dissimuler son rire.

« Vous savez que ça ne fait que l'encourager, n'est ce pas ? », remarqua-t-il.

Il la scruta un moment avant de secouer la tête.

« Evidemment que vous le savez, c'est pour ça que vous le faites ».

Elle tendit une main sans répondre et il l'observa sans comprendre.

« Le dossier, Wilson ! »

Il jeta un coup d'œil vers ses mains et regarda le dossier comme si c'était la première fois qu'il le voyait avant de le lui tendre.

« Désolé », marmonna-t-il. « J'ai besoin d'une autorisation pour utiliser une bactérie anaérobique contre la tumeur de Madeline. Elle ne répond pas à la chimiothérapie. Je pense qu'elle doit être… »

Elle avait signé l'autorisation avant même qu'il ait fini de parler, lui rendant déjà le dossier.

« Faites le. Autre chose ? »

« Qu'est ce qu'il y a entre vous et… »

« Autre chose, à part ça ? », le coupa-t-elle.

Il soupira et posa une main sur sa hanche.

« Il ne veut rien me dire », expliqua-t-il inutilement, après tout, si House le lui avait dit, il ne serait pas en train d'essayer de glaner des informations auprès d'elle.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi il n'avait rien dit, mais doutait que ça soit à cause des multiples menaces qu'elle avait faite. Le fait que House garde le silence sur leur relation lui faisait étrangement plaisir et lui donner espoir sans qu'elle ne sache pour quoi.

« C'est dommage. Peut-être devriez-vous le saouler un bon coup avant de l'interroger », ajouta-t-elle avant de désigner une pile de dossiers sur son bureau. « Je suis occupée, vous vouliez autre chose ? »

« Non. »

Il s'éloigna, acceptant la défaite. Malheureusement, une victoire contre Wilson n'avait rien de satisfaisant, ce n'était pas compliqué de gagner et il était très bon perdant. Une victoire contre House en revanche, quand ça arrivait, c'était tout autre chose. C'était intense, une poussée d'endorphines qui vous brouillaient les sens et vous mettez sur un petit nuage parce que vous saviez que ça voulait dire quelque chose. Ça vous laissez stone, à bout de souffle, tremblant et c'est pour ça qu'elle continuait de se battre encore et encore contre lui, dans l'espoir de ressentir tout ça à nouveau.

TBC…