Chapitre 1 : Malchanceuse jusqu'au bout !

Aujourd'hui, c'est le grand jour ! Nous sommes le 4 septembre et devinez quoi ? C'est la rentrée ! J'étais tellement stressée que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit et résultat : je me suis levée à six heure et demi tandis que les cours commencent à neuf heure.

Bon, ce n'est pas grave ! Je vais prendre mon petit déjeuner, puis préparer mon sac. Oui. Je descends lentement les escaliers, estimant que j'ai suffisamment le temps de me traîner. Une fois dans la cuisine, je m'empare de la pâte à tartiner au goût de chocolat ainsi qu'un morceau de pain. Le ventre légèrement rempli, je pars à l'étage pour m'habiller.

Le reflet que renvoie le miroir me fait sourire. Mes cheveux, habituellement lisses, sont en pétard et je me dis que j'aurai du mal à démêler toute cette jungle. Prenant mon courage à deux mains, ainsi que mon peigne, je commence la séance de torture pour mon cuir chevelu.

Sept heures trente-quatre. L'heure n'avance pas ! Je me pose vraiment plein de question, genre : qu'est-ce que les autres vont penser de moi ? Qui seront mes nouveaux camarades ? Est-ce que je serais dans la classe de Karola ? Ah lala, tant de questions qui auront leurs réponses dans environ une heure et demie.

Bon… et si j'écoutais de la musique pour faire passer le temps ? Mouais, ça me paraît une bonne idée.

Huit heure quarante-deux. Enfin ! J'enfile un gilet et je sors. Il fait un peu frisquet mais le temps va se radoucir, je pense. Je fais le trajet à pied, seule. Devant les portes de l'immense bâtiment scolaire, je retrouve la tignasse blonde de mon amie, qui discutait avec Klaus, un copain à elle. Décidant de ne pas les interrompre, je me dirige autre part mais " Karo " m'appelle à ce moment-là.

« Kassandra ! Je suis ici ! »

Je me faufile entre la foule d'étudiants pour retrouver l'adolescente et je la salue, ainsi que le joueur de foot.

Puis ils ont repris leur conversation. Parmi tous les élèves, je cherche des camarades de troisième mais je n'en trouve aucun. La sonnerie retentit et toute la masse d'élève se dirige vers les classes. Après avoir jeté un petit coup d'œil sur le panneau au beau milieu du hall, j'ai vu que je devais aller en salle 09. Je ne peux même pas décrire la tension qui règne dans mon corps.

Dans la pièce, je m'installe à la première rangée, étant la seule rangée de libre. Zut, j'aurai dû m'y prendre avant. Trop tard. Je ne peux même pas regarder qui sont les autres élèves sans prendre le risque de me faire choper par le prof, qui, au passage, n'a pas l'air bien sympathique.

« Bonjour, je suis Mr Weill et je serai votre professeur principal, ainsi que celui de mathématiques. Des questions ? »

Apparemment, aucune main ne s'est levée derrière moi car il enchaîne :

« Bien, je vais faire l'appelle avant de commencer. »

Le professeur ouvre son carnet volumineux et regarde sa liste. A coup sûr, je suis la première.

« Aufen, Kassandra.

- Oui. »

Puis j'écoute la suite, quand, vers la fin de la liste, un nom m'a tout de suite interpellée.

« Schneider, Karl-Heinz.

- Ici. »

Machinalement, toute la classe se retourne pour l'observer. C'est Mr le phoque ! Ca alors ! Il est dans ma classe. Et zut ! Y'a pas à dire, je vais devoir le supporter toute une année, et je suis sûr qu'il ne va pas se gêner pour me balancer des vannes lors de la pause. Par contre, je ne sais pas pourquoi les autres se sont retournés. Peut-être qu'il s'est mis toute la classe a dos, qui sait. J'entends juste les deux filles à coté de moi chuchoter entre elles :

« T'as vu ? C'est Karl-Heinz !

- Ben j'ai des yeux tout comme toi…

- Il est trop canon en vrai. »

Pff, les filles, vous n'avez pas de goût.

« Et pour finir, Waka…bayashi, Genzo.

- Présent. »

Tiens, lui aussi, tout le monde l'observe. Décidément, je suis tombée sur une classe bien bizarre…

Ouf ! Pour la deuxième fois de la journée, la sonnerie signale l'heure de la pause déjeuner. Je sors dans la cour, après trois heures à écouter un prof super ennuyant débiter son discours sans fin. Je respire l'air frais à grande bouffée, et cherche Karola ou Klaus du regard. Finalement, je les trouve tout au fond du terrain.

Et devant, qui vois-je ? Karl-Heinz et l'autre, je ne sais plus qui, le dernier de la liste, je crois. Histoire de le taquiner un peu, je passe devant lui en lançant un " Salut, le phoque " moqueur, auquel il y répondit par " Va-t-en Kassandra " sur un ton plus que froid.

Carrément décontenancée par sa réponse, je me fige instantanément sur place, devant lui. Il ne lève même pas la tête, et le seul à me fixer, c'est son copain, le japonais. Puis les deux garçons s'éloignent, sans même me jeter un regard.

J'aperçois ma meilleure amie et Klaus qui arrivent, ayant sûrement vu la scène de loin.

« Ca, c'est ce que j'appelle se faire rembarrer en beauté, rigole Karola

- … Ouais…

- Tu connais Karl ? me demande Klaus.

- Heu… en quelque sorte. Toi aussi ?

- Il fait partie de l'équipe de foot, au cas où tu ne le saurais pas.

- Ah… en tout cas, il a pas l'air d'être le même que j'ai rencontré à l'arrêt de bus. Il m'avait l'air plus joyeux que ça.

- C'est parce que ses parents vont se séparer qu'il s'est renfermé comme ça. Il ne parle même plus à ses coéquipiers.

- Ah, ça explique tout.

- Bon ! Ca va être à nous de manger, déclara la blonde en nous prenant tous les deux par le bras. »

Fin du chapitre 1