Chapitre 3: A bout de force
Une heure, peut être deux…je suis là, épuisé sur le sol froid du couloir de l'hôtel. Mes paupières sont closes, mais je ne dors pas. Je ne peux pas. Je sais bien que j'ai l'air ridicule, là, seul, assis contre la porte de la chambre de mon meilleur ami. J'y peux rien. Je suis ainsi. Ridicule me correspond bien au fond: je suis amoureux de Lui, la seule personne dont je ne devrais pas…
Pourquoi je n'arrive pas à passer au dessus de tout ça? Pourquoi?
Je me décide tout de même à me lever, retourner dans mon lit, à la chaleur des draps mais pas de ses bras.
Un baiser dans le cou, puis sur mes lèvres…mes mains glissent le long de son dos tandis qu'il me rapproche encore un peu plus de lui.
«Je t'aime Gustav», sa voix est un murmure et je me sens pousser des ailes. Moi aussi je t'aime. Son nez frôle le mien et je sourie.
«Gustav…»
Tais toi mon amour…laisse moi profiter de ton étreinte
«Gustav…»
Je fourre ma tête dans son cou.
«Gustav!»
J'ouvre les yeux et me réveille en sursaut. Il est là, rigolant de tout son être face à ma tête.
- T'en as mis du temps, me réplique-t-il
- désolé…
Ce n'était qu'un rêve…un rêve de plus…
- Tu avais l'air heureux…avoue que j'étais dans tes plus beaux songes!
Je me force à sourire
- mais bien sûr Ge', plaisantais-je faussement
- allez lève toi, il me tape sur la cuisse, pour une fois que c'est moi qui te réveille! Ça fait bizarre, continue-t-il avec toujours ce même air joyeux.
- Je me suis couché tard, répondais-je pour me défendre
- Bien sur
- C'est vrai!
- Mais je n'en doute pas une seule seconde!
Il me fait un clin d'œil avant de sortir de la pièce. Je soupire…encore une journée avant de retrouver ce lit douillet…oui d'habitude je suis le premier levé, mais d'habitude elle n'est pas là…et c'est trop dur de la voir là où j'aimerais être. Si vous saviez comme c'est difficile…
Je me résous tout de même à me lever, j'ouvre la fenêtre et tombe nez à nez avec la ville de Paris. J'entends des cris, je regarde vers l'entrée…bien sûr, des tas de fans ont su quel était notre hôtel et attendent avec impatience qu'on sorte. Je sourie, j'aime qu'on pense à nous…qu'on pense à moi…j'en ai besoin, car avec Lui j'ai l'impression que je suis presque invisible. Je suis le plus éloigné des quatre jeunes de Tokio Hotel, mais je vois que certaines fans sont là pour moi, pour le groupe dans son ensemble.
Une fois lavé et habillé, je descends rejoindre les autres.
- Gus! Enfin! T'as vu l'heure, rie le châtain, accompagnée de sa douce et belle Sarah
- Je suis à l'heure MOI, tout le temps MOI, pas comme un certain Georg Listing, répliquais-je
- Si je t'avais pas réveillé tu serais en retard, et puis je suis en avance aujourd'hui!
- Oui, AUJOURD'HUI, souriais-je
- Bon ça suffit vous deux! De vrais gamins, dit Bill des plus sérieusement
Je regarde Georg, puis Bill…et on explose de rire
- Ben quoi?
- Bill c'est toi qui dis ça? Mais le monde est à l'envers ici!
- Georg je t'emmerde je suis toujours un beau et grand homme, boude le brun
- …l'espoir fait vivre c'est ça Gus?
- oui Ge'
- Je comprends mieux
- Maieuh! Tom ils se foutent de moi!
- Pas bien, je vais vous gronder, se moque son frère
- Tom!
- Ok Billounichounet, DAVIIIID! Y'a Ge' et Gus qui sont que des méchants!
On rie de plus belle, même Bill qui s'amuse beaucoup de la situation. Voilà les Tokio Hotel tels que vous ne les connaissez pas…sinon on passerait rapidement dans les plus grands bêtisiers de la connerie pure!
- Les jeunes préparaient vous! Séance photo dans moins d'une heure! Oh Sarah bonjour, c'est toi qui les prends en main aujourd'hui!
- Oui chef, rie-t-elle
- prenez exemple sur cette jeune demoiselle les gars, sourie David
- Oui chef!
On a répondu tous les quatre en même temps pour se foutre de lui! Je me sens mieux, faire les cons me fait oublier mes sentiments…enfin presque…
Je me retrouve seul avec Sarah…elle va me trouver une tenue à mon goût, c'est toujours ainsi.
- tiens, que dis tu de celui là?
- …non j'aime pas trop…
- Oh…bien…
Elle fouille dans sa penderie. Le tee-shirt d'avant? Il était pas mal, mais je veux du plus discret. Oui je sais, il y a peu j'étais heureux de voir qu'on pensait à moi, mais là…tout à changer au fond de moi d'un coup…j'aimerais être invisible…pourquoi? Parce qu'à l'instant où je vous parle, j'ai l'impression qu'on lit sur mon visage que je suis malheureux, comme une impression que tout mon corps montre mes sentiments enfouit en moi depuis si longtemps. Et c'est dur. Trop dur.
- Et ça?
Elle me montre un tee-shirt noir et rouge, ainsi qu'une veste en faux cuir noir.
- C'est parfait, merci Sarah
- Jeans comme d'habitude?
- Oui je veux bien
- Par contre je t'interdis la casquette avec un ensemble comme celui-ci!
- Oui maman
- Hey!
Elle me balance un cintre et je me surprends à lui sourire. Sourire que je perds vite quand Georg arrive et l'embrasse.
- prépare toi Gus on va être assailli de photo!
Des flashs…son sourire…encore des flashs…son regard….toujours des flashs…son rire, ses cheveux virevoltants dans l'air…flashs…
Je suis pitoyable…je sourie alors que le cœur n'y est pas. Faire semblant. Je suis fort dans ce jeu là…peut être trop. Regardez-moi, voyez ce que je suis en ce moment. Mais non, personne ne le remarque, tout le monde croit voir le vrai Gustav Schäfer, heureux. Mais pourquoi personne ne remarque ma douleur? Pourquoi personne ne se rend compte que je mens quand je rie, que je mens quand je lève mon verre à la santé des amoureux, que je mens sans arrêt pour me protéger? Suis-je aussi fort qu'on le croie? Mais merde regardez mon cœur! Il pleure sans arrêt pour Lui, il a mal…pourquoi personne ne le voit…pourquoi…
- Gustav sourie un peu plus, crie le photographe
Un peu plus de mensonge? bien, comme tu voudras.
Flash back
- Gustav…
- Oui?
- Tu…tu crois que Sarah se mettrait avec moi juste pour l'argent?
C'est à moi que tu demande ça…
- Je ne sais pas…
- …
On reste silencieux. Je ne veux rien lui dire, il doit faire ce qu'il a envie, je n'ai pas le droit de le couper en plein bonheur. Alors j'attends, j'attends tout simplement qu'il décide.
- Je l'aime…
Moi aussi je t'aime
- Quand je la vois j'ai l'impression d'être aux anges
Quand je te vois je me sens voler
- C'est ça l'amour non?
Je crois oui…
- Je ne sais pas…
- Tu es le plus romantique pourtant! Tu devrais savoir!
- Ça ne veut rien dire…
- Gus…
Mon visage s'est refermé. Pourquoi en parles-tu avec moi?
- Je…je vais voir Sarah…souhaite moi bonne chance!
- Ouais…bonne chance…
- Merci…t'es un mec génial!
Une tape dans le dos, rien de plus amical! Il s'en va…rejoindre celle qu'il aime…me laissant dans la solitude…
Fin Flash back
- Gustav!
Je sors de mes pensées et remarque que je suis tombé. Je sens tout tourner autour de moi. Pourquoi ces souvenirs me hantent? Je ne veux plus revivre ces moments…j'ai trop mal…
- Gustav ça va?
Tu as l'air paniqué Georg…ne t'en fais pas pour moi…tu m'as déjà achevé…
- réponds moi Gus!
- Oui…
Ma voix est faible mais tu l'entends car ton visage a l'air rassuré. Tu pose une main sur mon front. Laisse-moi. Je ne veux pas te voir…je n'en peux plus…vas-t-en…sors de ma vie…
- Il est brulant!
- J'ai appelé un médecin il arrive, s'exclame David
…
J'ouvre les yeux. Je suis installé sur un lit…je suis retourné à l'hôtel. J'essaie de me lever mais une main m'empêche d'aller plus loin.
- reste couché…faut que tu te reposes
- Ge'…
- Pourquoi tu nous as pas dit que tu allais mal…on aurait repoussé le photoshoot…
- Mais ça va…
- Tu t'es à moitié évanouis! Fou toi pas de moi Gus, me reproche-t-il
- Mais j'te dis que ça va! Ça m'a pris d'un coup! C'est passager! Je n'allais pas retarder tout le monde non plus!
- La santé avant tout, dit-il d'une voix plus forte
- Je vais bien, b-i-e-n
Je soupire et me lève. Il m'attrape le bras et me balance sur le lit.
- TU RESTES LA!
- Georg calme toi!
Il me fixe. Son regard me fait presque peur…puis il s'adoucie.
- excuse moi Gus…je t'ai pas fais mal?
- laisse-moi seul
- …pardonne-moi…
Il glisse sa main sur la mienne. Je détourne le regard.
- Je…je ne veux pas que le groupe te bouffe la santé…je tiens à toi Gustav…
- Ge'…
Je remonte mes yeux dans les siens…une nouvelle force en moi. Quelques mots et me voilà prêt pour affronter la vie.
- T'es mon meilleur ami…t'es…comme mon p'tit frère…je veux toujours être là pour toi…
Il passe sa main sur ma joue et sort de la pièce…
«Comme un p'tit frère»
Cela suffit pour m'enlever le peu de force que qu'il m'avait donné…
OoOoOoOoO
alors qu'en pensez vous ? moi je m'éclate à l'écrire celle là !
küssen
OoOoOoOoO
