Chapitre 3 : Infiltration.
Le jour J était arrivé.
Caché dans les bois qui entouraient la colline, Roy observait avec attention les allées et venues des soldats qui gardaient les lourdes portes de la muraille entourant le Château. La première phase du plan consistait à déterminer le moment propice à une intrusion, sans alerter qui que ce soit. C'était donc Roy qui s'en occupait, notant avec précision le nombre de relève et le temps pendant lequel les portes restaient sans surveillance. Au bout de quelques heures, il comprit que c'était assez irrégulier, et qu'ils ne pourraient pas se fier aux changements de gardes pour entrer... Il faudrait donc appliquer le plan B.
Comme Roy s'attendait un peu à revenir bredouille de son observation, il avait demandé à Furey d'attendre au puits derrière la colline, au bout d'un petit chemin qui traversait le bois, à l'abri des regards : c'était là que venaient les serviteurs qui travaillaient au Château pour recuillir de l'eau, puisqu'ils ne pouvaient utiliser celui de la place publique : les habitants étaient si plein de rancoeur envers le Roi qu'ils ne les laissaient jamais approcher... Lorsqu'il rentra à l'auberge, le jeune homme l'attendait, avec visiblement une bonne nouvelle. Il lui apprit donc qu'il avait rencontré une jeune servante qui était prête à les aider, et il lui avait demandé de retourner au puits en fin d'après-midi, avant le repas des soldats. Ils n'attendaient donc plus que le retour de Jean, Riza et leur groupe, qui devaient ramener les carrioles. Ceux-ci arrivèrent avant midi, avec les carrioles pleines et aucun problème. Il y avait de la nourriture en abondance, plusieurs caisses d'or et beaucoup de plantes médicinales. Falman en utilisa donc certaines pour préparer, à l'aide de la cuisinière de l'auberge, une grande quantité de drogue destinée aux boissons des soldats... La jeune servante avait assuré qu'il serait très facile de leur faire boire, ce qui serait un sérieux avantage pour eux. Ainsi, les gardes endormis, ils n'auraient aucune difficulté à entrer... Une fois la poudre prête, Fuery retourna voir la jeune servante, lui indiquant comment l'utiliser. À présent, il ne leur restait plus qu'à attendre le soir.
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Dans une petite pièce jouxtant la grande cour, au milieu des piaillements des volailles, plusieurs gardes se reposaient en dicutant, autour de quelques cruches d'alcool. L'un d'eux restait plus ou moins en retrait, assis près de l'entrée, surveillant le ciel. Les rires gras des hommes fusaient à chaque minutes, et il nota avec mépris que les cruches se vidaient à une vitesse ahurissante...
"Oh ! Hugues ! Tu connais pas la dernière ?" Le soldat qui venait de lui parler semblait sur le point de s'écrouler de sa chaise... Il lui répondit d'un simple signe de tête.
"Il paraît que le Prince va se fiancer ! T'entends ça ? On va bientôt avoir un nouvel héritier pour le trône !!"
"..."
"Bah dis quelque chose ! C'est pas tous les jours qu'on a un mariage à célébrer !!"
"... c'est bien."
"C'est bien ?? C'est tout ce que tu trouves à dire ?! T'es vraiment pas net, comme gars...!"
Et il se replongea dans sa chope. Hugues se contenta d'afficher un air indifférent. Il lui était de plus en plus difficile de passer inaperçu... Ce qui se passait à la cour ne l'intéressait pas : le prince se mariait, bon, et après ? Il ne savait même pas à quoi il ressemblait ! Cela n'avait aucune importance, tout ce qui comptait pour l'instant, c'était de rester encore jusqu'au soir... Ensuite, il n'aurait plus besoin de supporter tous ces imbéciles s'imbibant à longueur de journée...!
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La nuit était tombée. Cela faisait trois heures que les soldats avaient diné, et il n'y avait plus un bruit dans la grande cour. Plus de mouvements non plus sur les chemins de ronde, ou devant les portes de la muraille. Roy et ses compagnons en conclurent donc que la jeune servante avait bien fait son travail...
Ils avaient amené des chevaux, en cas de fuite précipitée, et les laissèrent devant les grandes portes, attendant que Hugues vienne leur ouvir. Il ne tarda pas, quelques minutes à peine après leur arrivée : tout était parfaitement synchronisé. Il leur avait fallu tellement de temps pour tout mettre au point que chacun tenait à ce que leur mission se passe le mieux possible. Ils suivirent donc Hugues qui leur fit traverser la grande cour, monter deux escaliers de pierre, traverser la petite cour après en avoir ouvert les portes, puis les mena jusqu'à l'entrée du Château en lui-même. Des bruits de fêtes résonnaient dans les étages, sans doute quelques salons de nobles profitant pleinement de leur nuit... Une fois dans le hall, ils se regroupèrent autour de Roy, qui leur rappela les dernières instructions :
"Parfait. À partir de maintenant, plus un bruit : il nous faut rester le plus dicret possible. Mettons-nous en équipe de deux, et commençons à chercher. Maes, tu viens avec moi..."
Ils se séparèrent donc, chaque équipe se dirigeant vers un étage, se faufilant silencieusement dans les couloirs. Roy et Hugues s'occupèrent du septième...
"Tu n'as aucune idée d'où elles pourraient se trouver, n'est-ce pas ?"
"Non, Roy, désolé. Les simples soldats ne sont pas admis à l'intérieur. C'est la première fois que j'entre..."
Ils s'intéressaient à toutes les pièces fermées : comme la plupart des habitants du Château ne prenaient pas la peine de fermer leur chambre, et que les salles communes telles que les salons, les salles de jeux, ou les bibliothèques n'avaient souvent même pas de portes, ils eurent vite fait de faire le tour de l'étage...
"Si ça se trouve, c'est le Roi qui les garde dans sa chambre..."
"... Maes, tu as vraiment des idées stupides parfois... Avec tout ce que les soldats ont récupéré depuis des années, il faudrait que sa chambre soit immense pour contenir tous les coffres !"
"Je disais ça comme ça ! Mais tu as raison, vu son intérêt pour l'or, je ne pense pas qu'il les garde avec lui..."
Ils arrivèrent dans l'aile est. Il n'y avait pas beaucoup de pièces, et la plupart étaient ouvertes ; dans celles qu'ils réussirent à forcer, ils ne trouvèrent qu'une sorte de réserve remplie d'étagères, contenant un nombre incalculable de flacons de toutes sortes, et une bibliothèque, sans doute contenant des ouvrages précieux, mais ce n'était pas ce qui les intéressait...
La dernière porte qu'ils essayèrent était fermée. Ils eurent plus de difficultés à l'ouvrir que les autres, ce qui les convainquit d'avoir trouvé ce qu'ils cherchaient : une fois qu'ils auraient récupéré tout l'or du Château, il leur serait possible de faire pression sur le Roi ; les nobles ne supporteraient pas de vivre comme les gens du peuple, Il n'aurait d'autre choix que de les écouter... Du moins, ils le croyaient...
Après quelques crochetages infortunés, ils finirent par débloquer la serrure ; Roy l'ouvrit sans beaucoup de précaution, puisque que de toutes façons, il n'y avait personne dans cette partie du Château. Mais il fut déçu. Ce n'était pas la salle des coffres. C'était une chambre comme les autres. Sauf qu'elle n'était pas vide...
Alors que Roy ouvrait la porte et s'arrêtait de surprise sur le seuil, Maes juste derrière lui, le garçon se redressa dans son lit, et les vit...
(Matsuyama) Héhé !! Ça commence à venir... ! Tu as coupé au bon moment, je vais pouvoir terminé là-dessus, moi aussi ! Pour ceux/celles qui se poseraient la question, je pense que, en gros, KinYu fait le point de vue de Roy&Co, et moi celui d'Edward et des habitants du Château... en gros, hein...
Alors, commentaires ?
