Chapitre 4 : Fiançailles.

C'était une journée ordinaire, comme toutes les autres.

Edward se réveilla tard ce matin-là, car il était toujours un peu secoué de sa crise de la veille. Les épais rideaux qui entouraient son lit l'avaient protégé de l'éclat du soleil qui illuminait la chambre... Il se redressa, encore un peu endormi, et se leva ; la fatigue se faisait ressentir dans tout son corps, et son estomac était un peu douloureux... Il supportait de moins en moins tous les remèdes que lui faisait avaler son père. Qui n'étaient pas très efficaces, d'ailleurs... Que pourrait-il bien faire, aujourd'hui ? Ah, oui, il n'avait pas fini de traduire le texte que Winry lui avait apporté ; heureusement qu'elle était là pour rompre la monotonie de son quotidien... Avec des gestes lents, il s'habilla, se coiffa, puis se dirigea vers son bureau, pour découvrir le plateau argenté recouvert d'une grosse cloche de la même matière. Il s'assit et la souleva : son repas... Non pas qu'il soit affamé... Il n'avait jamais très faim, dans ces moments-là, mais il fit l'effort de boire le jus de fruits. Après quoi il reposa la cloche et poussa le plateau sur un coin du bureau, avant de se remettre à sa traduction...


Winry arriva un peu plus tard, comme à son habitude, avec un jeu de cartes. Elle fut grandement soulagée de la voir déjà sur pieds, cela signifiait - pensait-elle - qu'il se remettait de mieux en mieux, et qu'il y avait peut-être un espoir de guérison... Elle s'installa sur le tapis, à même le sol, et l'invita à la rejoindre avant d'étaler les cartes entre eux. Ils passèrent deux heures à jouer, ponctuées de rires, et ce fut Edward qui remporta la partie finale.

Comme elle l'observait trier les cartes, couleur par couleur, elle se mit à fouiller dans sa petite sacoche, s'attirant l'attention du garçon. Il la regarda quelques minutes sans rien dire, la voyant s'inquiéter de ne pas trouver ce qu'elle cherchait, puis, au moment où il s'apprêtait à lui demander ce qui n'allait pas, elle releva la tête avec un sourire victorieux, le poing serré.

"Ah !"

Il se contenta de lui sourire en fronçant les sourcils, ce qui la fit rougir. Elle baissa la tête et commença à balbutier :

"Je... en fait, ce n'est pas grand-chose, mais... Je voulais... euh, tiens !"

Elle tendit le bras devant elle et ouvrit la main, les yeux résolument baissés sur le tapis. Edward fixa le petit objet un instant : c'était une bague en argent, composée de trois anneaux soudés qui lui donnaient une forme ondulée. Lisse, et sans aucune décoration.

"C'est pour moi ?"

Winry rougit de plus belle et réussit à dire :

"C'est juste... un cadeau, juste comme ça... Porte-le, ça me ferait plaisir..." Sa voix s'éteignit sur la dernière phrase, mais le garçon s'empara de l'anneau et le passa immédiatement à son doigt, avec un grand sourire qui la fit fondre sur place...

Elle resta déjeuner avec lui, puis expliqua que ses parents tenaient à ce qu'elle assiste à leur réunion de l'après-midi, aussi prit-elle congé d'une révérence, s'attirant les moqueries d'Edward qui ne voulait pas la voir faire, puis sortit de la chambre, le laissant à nouveau seul.


Il avait du mal à se concentrer sur son texte... Tournant entre ses doigts l'anneau qu'elle lui avait offert, Edward rêvassait, assis sur le rebord de la fenêtre. L'après-midi s'écoula lentement, et il le passa à observer les allées et venues des animaux qui se montraient parfois entre deux branches d'arbres ; il y avait beaucoup d'écureuils dans cette forêt, mais il n'en avait jamais vu de près... Le paysages se déclina peu à peu en toutes sortes de rouges lorsque le soleil commença à se coucher.

Trois coups à la porte. Secs et brutaux, qui ne ressemblaient pas à ceux de Winry ou de son père. Il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que quelqu'un entra, sans précaution, et il resta stupéfait.

C'était un jeune homme, élégant, avec de longues mèches noires qui tombaient autour de lui... Il avança en détaillant la pièce, marchant comme s'il s'agissait de sa propre chambre... Edward était trop soufflé pour dire quoi que ce soit...

"Mon Prince ! Ravi de vous rencontrer enfin. Je suis baron, mais mon nom serait trop difficile à prononcer : appelez-moi Envy..."

"Qu'est-ce que vous faites ici ?"

"Simplement vous rendre une petite visite ; il faut bien que je sache au moins à quoi vous ressemblez..."

"Pourquoi... ?"

"Hum... Jolie chambre... Vous ne devez pas rire tous les jours, ici !"

"Qu'est-ce que vous voulez ?!"

Il éclata d'un rire hautain, comme s'il s'adressait à un petit enfant.

"Beaucoup trop de choses pour les énoncer maintenant... Tiens, qu'est-ce que vous avez au doigt ?"

Il lui attrapa la main d'un geste brusque, pour examiner la bague ; Edward ne réussit même pas à se débattre.

"Hum... Voilà qui n'arrange pas mes affaires... Vous avez réussi à vous trouver une petite amie ?"

"Lâchez-moi ! De quoi parlez-vous ?"

"Oh ? ... Pauvre petite chose jamais sortie de sa boîte... ! Ce que tu portes au doigt, mon joli, c'est une bague de fiançailles ! Ça ne m'arrange pas du tout, en effet. Qui que ce soit, il va falloir que tu arrêtes de la voir... Après tout, c'est ma bague, que tu devrais porter... !"

Sans laisser au garçon le temps de répondre quelque chose, il lui retira brutalement l'anneau et le lâcha enfin. Edward voulut protester, mais une main froide plaqué sur sa bouche l'en empêcha :

"Du calme, mon Prince... Tout ce que tu as à faire maintenant, c'est attendre patiemment le jour où je reviendrais te chercher pour le mariage. Et gare à toi si tu réponds autre chose que 'oui'..."

Envy le relâcha, tourna les talons en empochant la bague, et sortit aussi brusquement qu'il était entré, faisant claquer la porte.


Lorsque le Roi arriva, un lourd plateau encombré dans les bras, comme tous les soirs, il paniqua à la vue de son fils à genoux sur le tapis, penché au-dessus du sceau de métal qu'il lui laissait près du lit... Il posa rapidement le plateau sur le bureau, faisant trembler les flacons, et s'accroupit près de lui pour le prendre par les épaules.

Lorsque les soubresauts qui l'agitaient se clamèrent quelque peu, il le regarda s'essuyer le menton d'un revers de main, et fut stupéfait de le voir lever vers lui un visage ruisselant de larmes.

"... papa... pourquoi tu as fait ça ? ..."


Il faisait nuit depuis longtemps, mais Edward avait du mal à dormir... Il ne cessait de remuer sous les couvertures, un coup il avait trop chaud, un coup trop froid... C'était la fièvre qui ne le quittait jamais, et il commençait à s'épuiser... Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis que son père était parti en promettant d'arranger la situation. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il se sentait de plus en plus mal, et il espérait de toutes ses forces que cela n'annonce pas une nouvelle crise...

Tiens ? Des cliquetis dans la serrure ? Qui cela pouvait-il bien être ? Quelle heure pouvait-il bien être ? Il se redressa tant bien que mal pour écarter le rideau qui lui cachait la porte. Cela durait bien longtemps... Cela ne pouvait pas être Winry, elle ne se serait jamais tromper de clé... ni son père... Pourquoi était-ce aussi hésitant ? Observant la porte grâce au clair de lune qui filtrait à travers les vitraux de la fenêtre, il attendit, presque avec indifférence tant sa fièvre le plongeait dans un état second, que celui qui était derrière se décide à entrer... Cela arriva bientôt.

La porte s'ouvrit et une haute silhouette se détacha dans la pénombre. Un homme qu'il n'avait jamais vu auparavant, et un autre derrière lui, sur le seuil. Il distingua nettement leur expression surprise, et cela l'étonna un peu... Pourquoi n'avançaient-ils pas ? Il se redressa dans son lit :

"Qui êtes-vous ?"


(KinYu) Parfait ! À moi la suite ! Vous vous rendez compte que ça fait deux fois qu'on vous laisse sur la même scène ? Ne vous en faites pas, la suite arrive bientôt. Des commentaires ?