Chapitre 5 : Enlèvement.
"Qui êtes-vous ?"
Roy resta figé sur le seuil, espérant vaguement, qu'il se recouche et se rendorme... Mais le garçon se redressa un peu plus et reposa sa question. "Mince... mince, mince, mince !! C'était vraiment la dernière chose dont on avait besoin !!"
"Qu'est-ce que vous faites ici ? En pleine nuit ?!"
Et voilà qu'il commençait à paniquer ! Il ne fallait surtout pas qu'il réveille qui que ce soit, ou ils risquaient tous de se faire attraper... !
"Répondez !"
"Hé..." chuchota Maes derrière lui ; Roy tourna la tête pour l'écouter. "Faut le faire taire... Il va rameuter tous les vieux nobles par ici ! Occupes-t-en, je surveille le couloir."
Roy s'avança vers le lit ; il l'avait déjà fait, ça ne serait pas très difficile... Le garçon se recula entre ses couvertures, visiblement paniqué.
"Qu'est-ce que vous voulez ?! Sortez d'ici !! Lâchez-m... !!" Roy lui attrapa le poignet avant de lui plaquer une main sur la bouche, l'empêchant de faire plus de bruit ; le garçon se débattit, et il dut l'immobiliser contre le matelas pour éviter ses coups... Il allait le maintenir en place d'une jambe, son autre main se dirigeant vers la nuque du garçon pour le réduire au silence ; mais il n'en eut pas le temps : l'adolescent cessa de bouger de lui-même, le visage crispé, ses vêtements trempés de sueur. Roy le relâcha prudemment, et tendit une main vers la tête blonde pour se rendre compte qu'il était brûlant de fièvre...
"Roy ! Il faut y aller, c'est presque l'heure !"
"D'accord..." Il se détourna du lit et n'avait pas fait un pas que son ami lui lançait, toujours à voix basse :
"Qu'est-ce que tu fais ? On l'emmène !"
"Quoi ?"
"Il nous a vus, Roy, on ne peut pas le laisser ici !"
"Mais... ce n'est qu'un gosse, et il est malade ! Avec un peu de chance, il pensera qu'il a fait un cauchemar, et puis c'est tout... "
"On ne peut pas faire confiance à la chance, Roy ! On ne doit pas prendre de risques : prends-le, dépêche-toi !"
Roy fit demi-tour et se pencha sur l'adolescent : il respirait avec difficultés, comme s'il avait quelque chose dans les poumons... Roy passa une main sous ses épaules pour le redresser, attrapa la couverture, l'enroula dedans, et le souleva : il était incroyablement léger...
Maes l'attendait dans le couloir ; ils reprirent la direction du hall, descendant rapidement les escaliers, et retrouvèrent les autres aux portes de la muraille. En voyant le garçon emmailloté dans sa couverture, les autres s'interrogèrent, et Maes se contenta de dire : "Il nous a vus !" Ils montèrent chacun sur un cheval, Roy maintenant fermement le corps inconscient contre lui, puis suivirent la route de la colline, s'éloignant du Château.
XxXxXxXxX
Leur mission avait frôlé l'échec... Retrouver les coffres d'or qui constituaient la fortune du Château était certes délicats, mais avec leurs espions dans les lieux et les cartes des différents étages, elle lui avait semblée réalisable... Heureusement pour eux, Riza avait trouver la salle, sans toutefois réussir à y entrer : les portes aux vitraux transparents lui avaient fait voir les vingtaines de caisses empilées jusqu'au plafond, mais il n'y avait eu aucune serrure à forcer... De dépit, elle avait donc rebroussé chemin, notant tout de même l'emplacement de la salle, pour pouvoir la replacer sur la carte... Quant à Maes et Roy, ils avaient carrément ramené un otage !
Il l'avait déposé dans sa chambre de l'auberge, l'installant confortablement sous plusieurs couvertures ; Jean avait compris, et irait partager la chambre de Riza et Fuery... Il avait ensuite essayé de le faire boire, mais il semblait incapable d'avaler quoi que ce soit dans son état. À défaut de pouvoir faire quoi que ce soit d'autre, il réajusta les couvertures et sortit, fermant la porte à clé.
Dans la salle du restaurant, il retrouva Maes qui l'attendait, debout appuyé contre le bar, derrière lequel l'aubergiste essuyait quelques verres.
"Alors ?"
"Alors quoi ?"
"Tu m'as dit qu'il était malade. Comment va-t-il ?"
"Pour l'instant il dort, allons faire la même chose. On verra tout ça demain matin..."
XxXxXxXxX
Le lendemain, Maes était allé chercher le médecin du quartier ; le garçon ne s'était toujours pas réveillé, et sa fièvre n'avait fait qu'augmenter, ce qui inquiéta grandement le vieil homme qui l'examina. Malheureusement, il ne put en dire grand-chose, et se contenta de prescrir quelques médicaments destinés à faire baisser la fièvre. La plupart était arrivée avec les carrioles, et ils n'eurent pas à aller bien loin pour les trouver. Mais le médecin n'avait visiblement pas pensé au moyen de les lui donner...
"Comment tu vas lui faire avaler, s'il ne se réveille pas ?"
"Pourquoi moi ?!"
"Roy, c'est toi qui as voulu ouvrir cette porte, et résultat, on se retrouve avec un gamin souffrant sur les bras. Donc, c'est à toi de t'en occuper !"
"Parce que tu crois que je n'ai pas autre chose à faire que de jouer à la poupée ?!"
"... poupée ??"
"Hum ! Ce petit... on ne sait pas ce qu'il a. Je me demandais pourquoi sa chambre était fermée à clé... Si c'est un le fils de l'un des seigneurs, pourquoi il n'y avait pas, je ne sais pas, quelqu'un avec lui, ou des remèdes sur la commode, quelque chose comme ça..."
"Je ne sais pas à quoi tu penses, mon vieux, mais moi, j'ai une autre idée en tête..."
"... Laquelle ?"
"Qu'est-ce que ça t'inspire, le mot : "otage" ... ?"
"Tu n'es pas sérieux..."
"On ne peux plus !"
"Et les autres, ils en pensent quoi ?"
"Pas besoin de demander : nous avons un objectif, et personnellement, je suis sûr qu'ils sont tous prêts à tout pour l'atteindre..."
"Il vient peut-être du Château mais il reste un gosse ! Notre objectif est une chose, mais nos valeurs en sont une autre : si nous faisons ça, Maes, nous ne vaudrons pas mieux qu'eux !"
"Réfléchis quand même avant de t'énerver... C'est le moyen idéal de faire pression sur le Roi ! Qui que soit son père, il sera sûrement prêt à tout pour le récupérer, et tu peux être sûr qu'il ira réclamer au Roi de nous obéir pour qu'on lui rende son cher fils !"
"... c'est quand même tordu. Je n'aime pas ça..."
"Hé ! On viens de lui payer le médecin, et il va avoir droit à une infirmière rien que pour lui ! Sans compter les repas que dans sa grande bonté notre aubergiste ne lui fera pas payer... ! Ce n'est pas comme si on allait le maltraiter ! Et à mon avis, il est déjà assez mal en point comme ça..."
"Tu as peut-être raison, finalement... C'est vrai que cela pourrait être un sérieux atout dans les semaines à venir... Mais... TU PARLES DE QUI QUAND TU DIS "INFIRMIÈRE" ?!!!"
Maes éclata de rire, et lui lança les sachets de médicaments dans les mains.
XxXxXxXxX
Roy était assis sur une chaise près du lit du garçon ; les sachets étaient posés sur la table de nuit, à côté de la cruche d'eau et d'un verre à moitié rempli.
La respiration erratique du petit blond le faisait se sentir mal à l'aise, sans qu'il comprenne vraiment pourquoi... Son visage crispé par la douleur lui comprimait le coeur, et il se demandait vraiment pourquoi un enfant aussi mignon n'avait pas eu quelqu'un près de lui cette nuit-là... sa mère ou une servante...
Il avait passé la journé à essayer de lui faire ingurgiter les cachets contre la fièvre, sans grand succès. Il semblait trop profondément inconscient pour se rendre compte de ce qui se passait... C'était assez embêtant, car Roy ne voyait pas d'autre façon de l'aider à les avaler...
Après avoir utiliser au mieux des linges humides sur le front du petit, il s'était, sans s'en apercevoir, plongé dans sa contemplation... Il avait remarqué la couleur or profond de ses mèches, qui encadraient son joli visage, et s'amusait de temps en temps à y faire jouer la lumière qui filtrait à travers la fenêtre...
La solution lui vint dans une idée soudaine, et il ne pensa pas une seconde qu'elle pourrait lui causer des problèmes... Il prit deux autres cachets, les déposa au fond du verre, et à l'aide de la cuillère, entreprit de les réduire en une poudre fine. Cela ne fut pas très difficile, étant donné la fabrication artisanale de ce genre de médicaments... puis il dilua la poudre avec un peu d'eau, et en prit une gorgée.
Tout à sa tâche, il s'assit ensuite le bord du lit, pour se pencher vers le garçon, avant de lui entrouvrir délicatement les lèvres du pouce, et d'y déposer les siennes...
(Matsuyama) C'est dommage, le titre gâche la surprise... Et... Début officiel du RoyEd !! Ça commence fort, Ed est inconscient... T.T Vous avez le droit de penser que ça va un peu vite... Dites-vous que Roy a passé la journée à le regarder dormir (qui aurait pu résister ? XD !!)...
Mais je m'occuperais de la suite, ne vous en faites pas XD !
Alors, reviews ?
