Chapitre 7 : Nouvelle crise.
"Il s'appelle Edward..."
Un long silence. Les yeux grands ouverts, l'expression ahurie du Hugues aurait pû être comique si la situation n'avait pas été aussi délicate.
"... oh, merde..."
"Oui, tu l'as dit..."
"Mais... Tu en es sûr ?"
"Hugues !"
"Euh, oui, bien sûr, tu en es sûr... Je... je ne vois pas ce qu'on va bien pouvoir faire... Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? On ne peut pas le ramener, surtout pas maintenant ! Ce serait le meilleur moyen de se faire arrêter... !"
"Exactement... Je ne vois pas trop quoi faire, moi non plus... Autant continuer. Maintenant que nous avons commencé, on ne va pas s'arrêter en si bon chemin. En plus, depuis six jours, sa fièvre est pratiquement tombée, il a l'air en très bonne forme. Donc, pas de problème avec lui... Alors nous continuons !"
"Euh, Roy..."
"?? ... Aurais-tu encore oublié de nous dire quelque chose d'important ?"
"Y a un peu de ça..."
Roy soupira en se passant une main sur le visage.
"Je suis prêt. Vas-y."
"Au Château, on a annoncé les fiançailles du Prince..."
"QUOI ?!"
"Je ne pense pas que le Roi attende gentiment qu'on lui ramène... Je suppose qu'il va y avoir des recherches, et les soldats seront plus violents que jamais... Il faudra faire très attention..."
"Mais... Tu sais qui est la fiancée ?"
"?? ... Pourquoi ça t'intéresse ? Tu pensais qu'il était libre ?"
"Hugues !! Ce n'est pas le moment de plaisanter !!"
"Bah quoi ? En plus, c'est vrai qu'il est drôlement mignon... !"
"BIEN puisqu'on a fini de discuter je vais RENTRER !!"
"Fais pas semblant de ne pas entendre ! Tu le trouves mignon aussi, non ?"
Un claquement de porte rageur lui répondit...
Il avait du mal à respirer... Certes, il n'avait plus de fièvre, mais il se sentait toujours aussi mal ; il grelottait malgré les couvertures épaisses qui le recouvraient, et il avait très soif... Ça allait recommencer, il en était certain. Il avait appris, depuis le temps, à reconnaître les symptômes. Il tenta de calmer ses tremblements en se calfeutrant sous les couvertures, serrant étroitement la sienne contre lui... Cela marcha plus ou moins bien...
En plus, il avait besoin d'aller aux toilettes, mais n'osait pas se lever... la petite pièce à côté était pourtant toujours ouverte, Mustang avait même dit qu'il serait le seul à l'utiliser... Mais s'il se levait, il avait peur de ne pas tenir debout ; il sentait sa tête commencer à tourner, comme si la chambre tanguait autour de lui...Il ferma les yeux très fort, et inspira profondément, essayant d'échapper sans succès à la quinte de toux dont il fut pris au même instant.
"Hé là !"
Épuisé, il n'eut pas la force de tourner la tête pour voir l'homme entrer. Avec la nuit qu'il avait passée, il était vidé de ses forces, de toutes façons...
"Tu tousses beaucoup, depuis hier soir... est-ce que ça va ?"
"Oui, bien sûr, je suis en pleine forme, ça ne se voit pas ?" marmonna-t-il, le visage caché dans l'oreiller.
"Euh... est-ce que tu as faim ? J'ai ton petit-déjeuner, mais si tu ne veux rien..."
Pas de réponse. Peut-être était-il sur le point de se rendormir... ce devait sûrement être le cas, car il lui sembla se réveiller lorsqu'il entendit la porte se refermer... l'homme était reparti sans insister. Au moins une qualité à lui reconnaître... Il s'endormit sur cette pensée...
Il passa la journée à dormir, parfois agité de tremblements, se réveillant avec des quintes de toux affreusement douloureuses. Il fallait admettre qu'à défaut de le soigner définitivement, les remèdes de son père l'empêchaient au moins de trop souffrir... hors, ici, il n'y en avait pas...
Étrangement, l'homme resta près de lui tout ce temps. Comme s'il n'avait rien d'autre à faire... ! Il s'avoua tout de même qu'il était assez réconfortant d'avoir quelqu'un à ses côtés, ne serait-ce que pour l'aider à se redresser...
Un peu plus tard, dans la nuit, Roy fut réveillé en sursaut par le souffle haletant du garçon, qui tentait de reprendre sa respiration avec beaucoup de difficultés ; il se redressa et vit, en face de son propre lit, la silhouette recroquevillée de l'adolescent, penché au-dessus du sol, plié en deux, empêtré dans les couvertures qui l'empêchaient de se redresser normalement... Roy se leva précipitamment et alla s'asseoir près de lui, passant un bras autour des épaules maigres, secouées de spasmes ; il essaya de le faire s'asseoir correctement, mais le garçon restait obstinément penché au-dessus du sol... Il comprit bien vite pourquoi...
Après un spasme plus violent que les autres, le plancher se colora soudain de rouge... S'il était déjà inquiet, Roy paniqua cette fois à la vue du sang qui s'achappait des lèvres du blond... Mais que pouvait-il bien faire ? Et surtout, était-ce grave ? Ne sachant absolument pas comment réagir, il se contenta, impuissant, de l'empêcher de s'écrouler à terre...
Edward était complètement inconscient de ce qui se passait... il avait des vertiges, ses poumons étaient en feu, et il sentait la nausée l'envahir à cause de ce goût de fer dans sa bouche... c'était étrange qu'il ne soit pas déjà tomber de son lit... Tout était noir autour de lui, il avait chaud, tout son corps le faisait souffrir...
Toujours paniqué, Roy attendit, aussi patiemment qu'il put, que la crise passe, ce qui finit par arriver quelques longues minutes d'angoisse plus tard. Assis à côté du garçon, qui tremblait de tous ses membres, il le cala contre lui, la tête blonde dans son épaule, et lui frotta gentiment le dos, dans un geste apaisant. Il fut surpris de constater que le garçon s'agrippait à sa chemise, comme en quête de réconfort, et cela le calma presque immédiatement ; il sourit et lui embrassa les cheveux, tout en le serrant plus fort entre ses bras.
Après quelques minutes de calme, il sentit le corps du blond se détendre, et devenir lourd contre lui. Il se rendit alors compte que ses vêtements étaient trempés, et qu'il avait manifestement perdu connaissance... Roy ferma un instant les yeux, inspira profondément, puis les rouvrit ; il allongea délicatement le garçon sur le lit, et entreprit de lui retirer ses vêtements couverts de sueur ; une fois terminé, il alla chercher une de ses propres chemises, suffisamment grande pour l'habiller un minimum, et lui enfila sans trop de difficultés. Puis il le recouvrit chaudement de sa couverture. Il songea un instant à le faire boire, mais renonça vite, refusant de penser à ce que cela impliquait... Bien que, bizarrement, cela ne l'aurait pas déranger plus que ça... Il grinça des dents, et retourna se coucher, surveillant tout de même le blond du coin de l'oeil...
Maudit Hugues... ! Il devrait peut-être éviter de le regarder dans les yeux, la prochaine fois qu'ils discuteraient... cela lui éviterait peut-être de lire en lui comme dans un livre ! Il était bien trop clairvoyant à son goût...
(Matsuyama) C'est bizarre, ces symptômes... est-ce que quelqu'un sait de quelle maladie est atteint Edward ? Je pose la question sérieusement, je n'en ai pas la moindre idée, on a décidé de ça complètement au hasard... Si quelqu'un a une idée, qu'il/elle nous le dise dans les commentaires... Sinon, je remarque que c'est souvent grâce à Hugues que Roy et Ed finissent ensemble, dans les fics XD !!
