Chapitre 12 : Rencontre en haut lieu.
Edward se prélassait dans l'eau délicieusement chaude lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit soudain. Il se redressa en sursaut, serrant les jambes sous la mousse, et tourna la tête pour voir Roy, planté dans l'encadrement de la porte, qui s'empourprait devant la scène... Il ferma rapidement la porte, se cachant derrière :
"Dé... désolé, je croyais que tu avais fini..."
"Ce n'est pas grave. Tu voulais me dire quelque chose ?"
"Euh... nous sommes prêts, on y va quand tu veux..."
"D'accord, je me dépêche."
Le bruit des pas tandis que Roy s'éloignait... Edward termina son bain, se sécha et s'habilla rapidement ; il s'arrangea au maximum, essayant de garder un peu d'allure malgré ses vêtements trop grands. Puis il sortit de la chambre et descendit jusqu'au salon. Tandis qu'il traversait la salle du restaurant, l'aubergiste le salua d'un clin d'oeil, et Monsieur Hugues, devant le salon, l'accueillit d'un grand sourire.
"On va pouvoir y aller, alors ! Si votre Altesse voulait bien mettre son manteau..."
Edward eut un petit rire, et enfila le vêtement que Hugues lui tendait ; puis il sortirent dans l'arrière-cour, où les chevaux harnachés les attendaient, en compagnie de Roy, Jean, Riza, ainsi que cinq autres gars qu'Edward n'avait jamais vu. Roy le fit monter devant lui, et ils se mirent en route. Vers le Château.
Au Château, Winry était morte d'inquiétude. Elle était là lorsqu'un homme à la carrure impressionnante était venu apporté un message de la part de la Résistance... Elle avait tout de suite deviné qu'il s'agissait d'Edward... Elle avait vu le Roi, jusqu'alors complètement abattu, se redresser soudain, les yeux brillants ; cela l'avait émue, de voir à quel point il s'inquiétait, certainement bien plus qu'elle-même... Une demande de rançon aurait été moins surprenante qu'une visite, mais elle espérait que cela soit signe qu'Edward rentrerait vite... Elle n'avait pas quitté le Roi un seul instant - au diable les ordres de ses parents - et avait tenté, bien qu'elle soit tout aussi anxieuse, de le rassurer au sujet de son fils... Et là, dans la salle du trône, assise à sa gauche, elle attendait avec lui le moment où les résistants arriveraient, avec, elle l'espérait, le prince à leurs côtés...
Pour tromper l'attente, elle observait les nobles qui s'étaient réunis dans la salle. Ils n'étaient pas nombreux - seuls ceux que le trône intéressait étaient présents... - et plusieurs dizaines de soldats formaient une sorte de chemin d'honneur depuis les portes jusqu'au bas des marches, en haut desquelles siègeait le Roi. Il y avait ce jeune homme aux cheveux noirs, aux côtés de Lord Bradley, et discutaient à voix basse ; un drôle de sourire étiraient ses lèvres, et elle détourna rapidement la tête, mal à l'aise, lorsqu'il leva les yeux vers elle...
Devant les portes de la muraille qui entourait le Château, le petit groupe à cheval attendait que les gardes viennent leur ouvrir.
"Edward ? Est-ce que ça va ?"
"Je... j'ai un peu de mal à respirer... mais ça va..."
"Ne t'inquiète pas, tout se passera bien."
"Tu dis ça à chaque fois... et à chaque fois, je te crois..."
Les lourdes portes s'ouvrirent, et les chevaux se remirent en marche. Jean et deux autres hommes avançaient devant eux, Riza, Hugues et trois autres les suivaient. Ils n'étaient pas nombreux par rapport au nombre de soldats qui les suivaient du regard, tandis qu'ils traversaient la cour, mais Edward avait dit que cela réduirait les risques qu'ils se fassent arrêter - il était hors de question qu'une armée envahisse le Château, les gardes n'auraient jamais accepté...
Ils arrivèrent devant les portes du Château, mirent pied-à-terre, et pénétrèrent dans le hall.
Lorsque la porte de la salle s'ouvrit, Winry retint son souffle, angoissée ; le silence s'abattit sur la petite foule de seigneurs, et le Roi avait les doigts crispés sur le marbre de son fauteuil, raide, fixant la porte...
"Edward ?"
Le garçon prenait de profondes inspirations, comme pour se calmer. Roy lui posa une main sur l'épaule, un peu inquiet... Mais Edward se redressa, et fit d'un ton rassurant :
"Tout va bien. Laisse-moi faire, d'accord ?" Roy sourit, songeant que les rôles s'étaient inversés, et hocha brièvement la tête ; Edward se détourna avec un sourire, et poussa les portes de la salle du trône.
Il y avait déjà du monde... Lui qui espérait que cela serait tranquille, comme entrevue... Il avança sans prêter attention aux regards que les seigneurs lui jetaient. Aucun doute, ils étaient surpris, stupéfaits même, et Edward n'en prit que plus d'assurance. Il avança d'un bon pas jusqu'au bas des marches, suivi de très près par Roy et les autres, et leva la tête vers son père pour lui sourire...
Le Roi restait pétrifié, partagé entre l'angoisse de ce que cette visite annonçait et le soulagement immense de voir son fils vivant et en bonne santé... Il se leva lentement, descendit les marches d'un pas hésitant, et arriva devant le garçon, qui le fixait en souriant... Il avait eu si peur que le soulagement lui fit monté les larmes aux yeux, et il s'accroupit pour prendre son fils dans ses bras.
Edward lui rendit son étreinte, tout en levant les yeux vers Winry qui attendait en haut... Son regard exprimait tellement de joie qu'il s'en sentit légèrement mal à l'aise, sans comprendre pourquoi... Il entendit chuchoter à son oreille :
"Edward... Tu vas bien... ?" Il se dégagea des bras de son père pour lui répondre, à voix basse également :
"Très bien ! En pleine forme, même. Mais ce n'est pas ça le plus important..."
"Le plus important ? Bien sûr que c'est toi ! J'ai eu si peur, je me demandais où tu étais... Les soldats ont été à ta recherche, mais ils ne t'ont pas trouvé... Manifestement, ce sont ces gens qui t'ont séquestré : ils seront punis, tu peux me faire confiance... !"
"Non, tu ne comprends pas... Je ne veux pas qu'ils soient arrêtés..."
"Quoi ?"
"Papa, depuis combien de temps est-ce que tu ne t'es plus intéressé à ce que te disaient tes ministres ? Tes soldats ? Ton peuple ? Est-ce que tu te souviens de la dernière fois que tu as rendu justice ? Depuis que tu ne fais plus attention à personne d'autre que moi, tu délaisse complètement le reste... je me trompe ?"
"Ed... tu es malade..."
"Oui, tu me l'as assez répété... Mais est-ce que ma santé vaut de laisser dépérir le royaume ? Est-ce que je suis plus précieux que tout un peuple ? Il comptait sur toi, et tu l'as déçu... Maintenant, il te demande de régler ses problèmes, parce que c'est ton devoir, et que tu l'as négligé trop longtemps... Tu ne peux pas refuser..."
"Ils t'ont enlevé... !"
"Bien sûr... Mais je vais bien, non ? Et grâce à ça, maintenant, tu vas les écouter, et les aider, n'est-ce pas ?"
"Ed..."
"Je compte sur toi, papa. Tu as un rôle à tenir, tu n'as pas le droit de t'y soustraire. En attendant que tu règles tout ce qui ne va pas, je vais rester avec eux..."
"Quoi ?!"
"Tu as bien entendu. Si je reste, tu ne t'en occuperas pas, et la situation deviendra encore pire qu'elle ne l'est déjà... Alors je vais repartir avec eux, et quand tout sera rentré dans l'ordre, je rentrerai..."
"Ed..." Il séloigna et croisa les bras, toisant son père d'un regard sévère :
"J'ai pris ma décision. Fais ce qu'ils te demandent, ou je ne rentrerai pas !"
Le Roi le regarda, stupéfait : depuis quand Edward avait-il autant d'asurance ? depuis quand s'occupait-il des affaires du royaume ? pourquoi n'avait-il... plus peur ?
Il se releva lentement ; il fixa son fils quelques secondes, puis les hommes qui attendaient derrière lui, et revint sur Edward qui continuait à sourire... Il hocha la tête.
"Très bien. Je ferai vite."
"Ne te presse pas, j'ai tout mon temps... !" fit Edward avec un clin d'oeil, avant de se détourner, laissant son père médusé...
Dans la petite foule, tout près de Lord Bradley, Envy avait suivi la scène avec une attention extrême. Il n'avait rien entendu de ce que le prince avait dit, mais la réaction du Roi lui en apprenait suffisamment pour comprendre ce qui se passait...
En revanche, quand le prince se détourna pour retourner avec les résistants, il fronça les sourcils, vaguement inquiet... "Qu'est-ce que c'est que ça ? Il s'en va ?! Pourquoi il ne reste pas ? Ce n'est pas bon pour moi, ça... !" Il dissimula une grimace de mécontentement en les voyant repartir. "Merde !!" Tandis que la foule recommençait à murmurer et que le Roi et la jeune fille sortaient de la salle, Envy s'éclipsa discrètement par une autre porte, cachée près d'une tapisserie, et qui servait généralement aux servantes. Il courut le long des couloirs, jusqu'à une petite cour, d'où il accéda à son écurie. Là il prépara rapidement son cheval, espérant qu'il arriverait à temps...
Sur la route qui menait à la ville, le petit groupe avançait rapidement, pour être sûr de ne pas être suivi. Mais en passant, Edward remarqua soudain un éclat étrange dans l'herbe du chemin : il tira sur les mains de Roy pour faire arrêter le cheval.
"Hé ! Qu'est-ce que tu fais ?"
Sans répondre, Edward sauta à terre, et s'éloigna de quelques pas ; aussitôt, Riza et Hugues qui étaient derrière se rapprochèrent du chemin, s'assurant qu'Edward reste près d'eux.
Le garçon se pencha dans l'herbe, et chercha pendant une minute ils-ne-savaient quoi... Puis il se redressa soudain, tenant quelque chose étroitement serré dans sa main. Roy s'approcha à son tour.
"Qu'est-ce que tu as trouvé ?" Edward se tourna vivement vers lui, lui lançant un regard gêné ; il revint vers le cheval isabelle et Roy l'aida à remonter, sans trop comprendre ce qui se passait.
Une fois qu'ils se furent remis en route, Edward se pencha en arrière pour se coller contre lui, et leva la main : il tenait entre deux doigts une petite bague à trois anneaux, argentée sans aucune marque. Une bague de fiançailles...
"Qu'est-ce que c'est ?" fit Roy, incertain sur son envie d'entendre la réponse.
"La bague que Winry m'avait offerte. J'ai cru que je ne la reverrai jamais... On me l'avait volée... J'ai de la chance..."
Roy se tut. Il pensait apprécier la jeune fille qu'Edward lui avait décrite, mais à présent, il sentait poindre un étrange sentiment de jalousie envers elle...
Envy franchit les portes de la muraille et inspecta rapidement les environs.
Ils étaient au bas de la route. Parfait ! Il fit avancer son cheval, à la robe bai cerise, jusque dans les bois qui bordaient la route, et descendit rapidement. Ils avaient dû s'arrêter quelques instants, il avait été trop long pour espérer les rattraper... et pourtant... il avait de la chance !
"Nous y voilà !"
Hugues descendit de son cheval en sautant, et aida Edward à en faire autant.
"Hm...Jolie bague... !"
"C'est un cadeau d'une amie..."
"Amie seulement ?"
"Hugues !!" Il tourna la tête juste à temps pour s'écarter de Roy, qui était descendu à son tour.
"Quoi ? Tu as vu ce que c'est ?"
"J'ai vu maintenant aider Jean à s'occuper des chevaux !!"
Puis il agrippa le bras d'Edward et l'entraina à l'intérieur. Une fois dans la chambre, il le lâcha et s'assit sur son lit, la tête dans les mains...
"Euh... Roy ?"
Silence.
"Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu m'as fait mal..."
Il releva vivement les yeux, et vit le garçon se masser le bras là où il l'avait attrapé...
"Oh je... pardon, excuses-moi..."
"C'est à cause de cette bague ?"
"... euh... et bien, je..."
"Il faut pas t'en faire pour ça... C'est juste un cadeau !"
"Edward, c'est une bague de fiançailles... On n'offre pas ce genre de cadeau à la légère..."
"... tu veux dire que... qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Edward, voyons... si elle t'a offert cette bague, c'est qu'elle est amoureuse de toi..."
Un grand silence. Edward avait les yeux grands ouverts, comme s'il cherchait à comprendre ce que Roy venait de dire... Puis il réagit enfin.
"Hein ??! Non ! Winry est juste une amie, elle n'est pas... enfin, non ! Tu te fais des idées, ce n'est pas ce que tu crois !"
"On dirait que ça t'embête de penser qu'elle puisse t'aimer.."
"Comme un ami !! Bien sûr !"
"Pourquoi es-tu si nerveux, tout à coup ?"
"Hein ? Nerveux ? Je suis pas..."
Il ne finit pas sa phrase : Roy venait de le tirer à lui, et il se retrouva sans trop savoir comment assis sur ses genoux.
"Euuuuh... Roy ?"
"Allez, dis-moi..." chuchota celui-ci.
"De... de quoi... tu parles ?"
Roy l'enlaça, enfouissant son visage dans les cheveux d'or, souriant ; Edward était un peu mal à l'aise, ne comprenant pas ce qu'il voulait...
"Ce n'est pas grave... Un jour tu le diras..." dit l'homme dans son cou. Le souffle chaud le fit frissonner, et il se laissa aller, posant sa tête contre l'épaule de Roy...
Un peu plus loin dans la rue, Envy se tenait caché, ayant observé l'arrivée du petit groupe à l'auberge. "C'est donc ici qu'ils le cachent ? Très bien... Attends-moi, mon prince, j'arrive !"
Et il fit demi-tour, en direction du Château, un grand sourire satisfait aux lèvres...
(Kin Yu) Le retour de Kiku. Je crois que c'est l'un derniers chapitres qu'elle rédigera, le reste est plus de mon ressort... !! Supsence sur cette fin de chapitre ! Vous avez envie de voir la suite ?
(Matsuyama) J'ai un poll sur mon profile, j'aimerais bien que mes lectrices aillent y répondre... Merci d'avance !
