Chapitre 13 : Pourquoi tu es là...
"Je vous assure que c'est la meilleure solution... !"
"Votre Majesté, vous n'allez tout de même pas écouter ça ?!"
"Je suis persuadé que votre fils a été trompé, nous ne pouvons décemment pas le laisser aux mains de ces gens..."
"C'est ridicule ! Il était en très bonne santé, il a pris leur défense !"
"C'est bien ce que j'ai dit, il a été abusé... Nous ne pouvons pas faire confiance à ces gens, quand vous aurez régler leurs problèmes, il élimineront le Prince, soyez-en certain !"
"Je n'ai jamais rien entendu de plus stupide !!"
"Silence, tous les deux... !"
Winry et Envy se tournèrent vers le Roi, qui les regardait d'un oeil sévère. Il devait prendre une décision, mais il ne voulait en aucun cas mettre en danger la vie d'Edward... Ce que Envy proposait était plutôt risqué...
"Si nous ne tardons pas, je puis vous assurer que la surprise les empêchera de réagir. Je participerai moi-même à l'opération, et je vous ramènerai votre fils... ! Nous n'attendons que votre accord, sire..."
"Votre Majesté, je vous en prie, c'est une très mauvause idée !!"
"Expliques-moi pourquoi, Winry, et je ne ferai rien..."
"Je... Edward est loin d'être stupide, sire... !! S'il a parlé pour les Résistants, je suis sûre que c'est parce qu'ils agissent pour une bonne cause ! Même vous, ne pouvez négliger les décisions du Prince... ! S'il a choisi de rester avec eux, c'est qu'ils ne doivent pas être dangereux !!"
"Votre fils est encore un enfant, Votre Majesté ! Il n'a aucun discernement, et qui pourrait lui en vouloir ? Vous ne devez pas le prendre au sérieux !"
"Ce n'est plus un enfant !! Il est parfaitement capable de prendre des décisions importantes !!"
"Mais qu'en pense son père, hum ?"
Silence. Winry était furieuse : pourquoi n'arrivait-elle jamais à se faire entendre ?! Le Roi était trop inquiet pour comprendre ce qui motivait ces hommes ; Edward avait compris, sûrement, mais ce... cet Envy allait encore obtenir ce qu'il voulait ! Petit baron prétentieux !
Le Roi, lui, considérait sa réponse, et les propos d'Envy... Winry espérait ardemment qu'il ne fasse pas de bêtises...
"Très bien. Envy, vous avez toutes les autorisations nécessaires. Allez chercher mon fils..."
"Je vous garantie que vous ne le regrettrez pas, sire !"
"Non !! Votre Majesté, je vous en prie... !!"
Mais il coupa court à la discussion d'un geste de la main, et les deux autres n'eurent d'autres choix que de sortir de la salle.
Dans le couloir, Winry se tourna vers le jeune baron :
"Si quoi que ce soit se passe mal, je vous garantie que vous allez le regretter amèrement !!"
Il avança vers elle, la coinçant contre le mur...
"Du calme, mademoiselle... Je vais vous ramener votre doux prince, vous devriez être heureuse... Ce soir, il sera de retour à la maison, et tout redeviendra comme avant. Alors ne faites pas de bêtise, jeune fille, ou c'est vous qui le regretterez..."
Il sourit, d'un sourire qui la fit frissonner de peur, et s'écarta d'elle avant de s'en aller...
Edward se réveilla avec une sensation de bien-être trop peu souvent ressentie... Il s'étira longuement, et finit par ouvrir les yeux : deux perles noires le fixaient, souriantes et amusées.
Il se redressa un peu pour s'apercevoir qu'il était à moitié allongé sur Roy, en travers du lit.
Il s'écarta rapidement, rougissant à vue d'oeil, et s'assit sur le bord du lit, sans oser regarder l'homme qui devait afficher un immense sourire...
"Qu'est-ce qui t'arrive ?" Le ton amusé ne laissait aucun doute sur le fait que Roy connaissait déjà la réponse à sa question... Aussi Edward ne bougea-t-il pas.
"C'est drôle, c'est toi qui m'as réveillé... on aurait dit un chat... !" fit Roy en se relevant. "Tu as faim ? Il est tard..."
"Oui..."
"Alors descendons, les autres doivent se demander ce qui se passe... !"
S'il avait su combien il avait raison...
Il suivait Edward dans le couloir. Le garçon avançait joyeusement ; sans doute se sentait-il bien mieux, maintenant qu'il n'était plus malade et qu'il avait rassuré son père... Roy eut un sourire attendri en le voyant dévaler les escaliers. Sûrement Gracia avait-elle préparé une autre de ses délicieuses merveilles... Il arriva au bas des marches...
... et sentit une lame aiguisée se poser sous son menton... !
Analyse rapide de la situation : Edward était contre le bar, un jeune homme devant lui ; l'homme qui tenait le sabre sur sa gorge était un soldat, et il y en avait une dizaine d'autres dans la salle, qui maintenaient ses compagnons immobiles... Ils étaient coincés...
"Enfin je te retrouve ! On peut dire que tu nous auras fait peur, avec toute cette histoire... !"
Edward ne répondit pas. Une rage froide l'envahissait face à ce baron insolent et arrogant. Envy lui attrapa le poignet pour lentement aller le plaquer contre le bois du bar, se penchant à son oreille pour qu'il soit le seul à entendre...
"J'ai participé aux recherches... Tu m'as fait courir dans toute la ville... J'aurais aimé que tu sois un peu plus... réactif, tu aurais pû essayer de t'enfuir, non ? Mais bon, l'important, c'est que je te tienne enfin, mon Prince !"
"Lâchez-moi tout de suite..." murmua Edward, à peine plus fort que le jeune homme.
"Hors de question. On rentre au Château, et je convaincrai le Roi de me laisser décider de la punition de ces chiens... On n'enlève pas le Prince impunémment ! Je suis sûr que c'est ce qu'ils se diront au moment où on leur tranchera la tête... !"
Edward écarquilla les yeux, et se débattit en hurlant :
"Lâchez-moi tout de suite !!!"
Envy éclata de rire en rafermissant sa prise, puis l'entraina vers la sortie sans prêter attention à ses hurlements, faisant signe aux soldats de le suivre...
"Hors de question, mon Prince ! N'oublie pas que nous avons un mariage à célébrer !!"
Loin de la surface, dans le froid et l'humidité, Roy s'accrochait aux barreaux de sa cellule, la tête posée contre les barres de métal glacé...
"Tu vas attrapé la crève si tu reste comme ça..."
"La ferme, Hugues... On est dans une belle merde, et c'est ma faute... Alors je n'ai qu'à crever..."
"Tu crois que ça va aider le petit ange ?"
Roy releva la tête et la tourna vers Maes, au fond de la cellule, collé entre Jean, Riza et Fuery, qui le regardaient avec inquiétude...
"... quoi ?"
"Si tu meurs, en quoi est-ce que ça aidera ton prince ? Tu comptes laisser ce petit baron à la noix devenir Roi ? Et Edward, qu'est-ce qui va lui arriver, à ton avis ? Tu vas rester là sans rien faire ?"
"Qu'est-ce qu'on peut faire ?"
"D'abord, il faut sortir d'ici..."
"Maes, c'est bien d'avoir des idées et de faire le gamin, mais il y a un moment où il faut savoir s'arrêter !!"
"Bon, maintenant que tu as repris du poil de la bête, on n'a plus qu'à attendre que les gardes s'en aillent... !"
"Mais de quoi est-ce que tu parles ?"
Et Maes Hugues sourit, de l'un des ses grands sourires qu'il avait quand il savait quelque chose que les autres ignoraient... Et il sortit lentement de sa poche, sous les yeux ébahis de ses amis...
... un petit trousseau de clés... !
"Qu'est-ce que ça veut dire ?!!"
Le Roi regarda son fils, furieux et hurlant, assis sur son lit, devant lui. Il était enfin de retour... et cette fois-ci, il ne le laisserait pas repartir ! Mais le garçon semblait plus déterminé, plus enclin à crier aussi...
"Je croyais que tu avais compris !! Pourquoi est-ce que tu l'a laissé faire ça ?!! Qu'est-ce qui t'as pris ?!!"
"Ça suffit, arrêtes de hurler..."
"Je hurle si je veux !! Je croyais qu'on était d'accord, pourquoi tu n'as pas fait ce que tu devais faire ?! Pourquoi tu n'as rien fait ?!! Et pourquoi avoir envoyé ce sale type me chercher ?!!!"
"Edward, ça suffit..."
Le ton était différent... son père n'avait jamais parlé comme ça... alors il se tut...
"Écoute-moi bien : on ne peut pas avoir confiance en ces gens. Ils font partie du peuple... ils n'ont pas la même éducation, le même mode de vie, ils ne comprennent pas ce qui se passe dans ce royaume, alors ils se plaignent... Toi non plus, tu ne comprends pas... C'est pour cela qu'il faut que tu me laisse faire..."
"Te laisser faire quoi ? N'importe quoi ? Rien ? Comme d'habitude ?"
"Oui..."
"Mais regarde ce qui s'est passé, à faire comme d'habitude !! Pourquoi tu ne veux absolument rien entendre ?!!"
"Silence !"
Edward s'interrompit aussitôt... Son père avança vers lui, et il se surpris à tenter de reculer sur son lit... Son regard n'avait plus rien d'aimant ou d'inquiet, il était dur et froid, et en colère...
"Tu n'as rien à dire, rien à décider... tu dois juste faire ce que je te dis, et vivre longtemps..."
"... quoi ?"
"Tu es mon fils ! Et il est hors de question que tu ressortes de cette chambre : je pensais te l'avoir assez répété, tu me l'as dit toi-même. Il est interdit de sortir, et dorénavant, je veillerai à ce que cette pièce soit attentivement surveillée..."
"Quoi ?? Pourquoi ?!"
"Pourquoi crois-tu que j'ai veillé sur toi pendant toutes ces années ? Crois-tu vraiment que c'est agréable, d'avoir un enfant aussi malade ? Si je n'avais pas été là, tu n'aurais même pas survécu... Mais j'avais fait une promesse. Alors à partir d'aujourd'hui, il est hors de question que je te permette n'anéantir le travail de toutes ces années juste parce que tu en as envie..."
"... papa... qu'est-ce que..."
"Tu n'as pas le droit, c'est tout."
"... pourquoi ?"
"À cause de ta mère..."
" ... ?? "
"Oui... elle voulait vraiment avoir un enfant... un fils... Elle était très heureuse en te prenant dans ses bras... elle a même eu le temps de te donner un nom..."
Edward était pétrifié... c'était la première qu'il entendait parler de sa mère, et d'une façon aussi... douloureuse...
"Je n'aimais qu'elle... Elle était ma femme, ma reine... elle était l'amour de ma vie, et tu me l'as prise..."
Il sursauta, horrifié, ne comprenant pas, ou plutôt en ayant peur de comprendre...
"Elle est morte en me demandant de m'occuper de toi... de veiller sur toi... mon fils... Un fils dont je n'avais pas l'utilité et qui a mis trop longtemps à naître..."
" ... quoi... ?"
Le Roi le regarda à nouveau dans les yeux pour continuer :
"Tu as été trop long et ta mère s'est vidée de son sang pendant l'accouchement. Tu me l'as prise, et elle m'a demandé de te garder... C'était vraiment difficile. Mais j'avais promis, alors il n'est pas question que tu n'en fasses qu'à ta guise pour risquer une nouvelle crise plus dangereuse et te retrouver dans le même état que ta mère. Elle est morte parce qu'elle voulait que tu vives. Je ne te laisserai pas gâcher cela pour des imbécilités..."
Il se détourna, et sortit calmement de la chambre, la refermant à clé.
Edward se laissa doucement glisser du lit, des larmes silencieuses coulant sur ses joues... brisé, et anéanti...
(Kin Yu) Dernier chapitre de Kiku ! Maintenant, c'est à moi de jouer, mais soyez compréhensifs si le temps d'attente s'allonge un peu...
Que de révélations !! Edward va-t-il supporter le choc ? Et Roy arrivera-t-il à le sauver sans se faire voir ? Réponse au prochain chapitre !
(Matsuyama) J'ai un poll sur mon profile, j'aimerais bien que
mes lectrices aillent y répondre... Merci d'avance ! (on ne sait
jamais, ce n'est pas avec deux votes que je vais pouvoir me décider...
lol)
