Chapitre 19 : Rassuré.
Le livre posé sur la table de nuit, Roy regardait le garçon dormir. Il affichait un petit sourire dans son sommeil, ses mèches dorées encadrant son visage, et il le trouvait adorable...
Il devait être près de minuit. Il avait commencé à lire dès qu'il était retourné dans la chambre ; mais la respiration calme et régulière du blond l'endormait presque, et il avait fini par abandonner. Depuis, il le contemplait, préférant encore le regarder plutôt que de dormir... De toute façon, il ne pouvait pas dormir : il avait un peu froid, et c'était assez désagréable...
Il s'allongea mieux sur les couvertures. Ses mouvements devaient être engourdis, car ils réveillèrent Edward, qui gémit avant d'ouvrir les yeux. Roy resta immobile.
"... Désolé. Rendors-toi..."
Edward leva la tête. Il ne savait pas pourquoi Roy refusait de se coucher sous les couvertures... Il trouvait cela idiot : la cheminée de l'étage devait être éteinte depuis un moment, il ne faisait plus assez chaud pour rester ainsi en pyjama à l'air libre... Il se redressa sur un coude, sans prêter attention aux remarques de Roy ; au lieu de cela, il souleva un pan de la couverture et fit, en la rabattant sur eux :
"Imbécile..."
Il les recouvrit tous les deux et se rallongea, un bras autour de la taille de l'homme, qui n'osait toujours pas bouger... Roy avait les yeux grands ouverts, mais aussi un petit sourire en coin qu'Edward ne vit pas dans l'obscurité... Il releva la tête pour lui sourire, et se cala dans l'épaule de l'homme, qui replia son bras pour lui caresser les cheveux...
Il se rendormit doucement, avec un soupir de bien-être. Roy le fixait toujours, sa main jouant dans les mèches d'or ; il n'y aurait jamais cru... Un grand sourire éclaira ses traits.
"Et bien... voilà déjà un grand pas de fait... !"
Il n'avait pas pu s'endormir. Il n'y arrivait pas. Sentir le souffle du garçon, le léger contact de sa poitrine contre ses côtes quand il respirait, son bras qui le brûlait presque sur son ventre... tout cela le mettait fort mal à l'aise, et en même temps le remplissait de joie...
"Il est tellement beau... Comment ai-je fait... ? Pourquoi moi, et pas cette fille ? Edo, qu'est-ce qui te plaît chez moi ? Est-ce que tu comprends seulement ce qui se passe... ?"
"Tu sais..." chuchota-t-il dans le noir, au-dessus de la tignasse d'or tout près de lui... "Je n'ai pas voulu te répondre tout à l'heure... C'est dur de s'y habituer, mais... il y a des gens mauvais, partout... Tu es... merveilleusement beau... et ça... ça attire des ennuis, souvent... ces gens... ils ne pensent pas à toi... juste à leurs envies... Ils n'imaginent même pas le mal qu'ils peuvent te faire... ils n'en sont pas capables... Ils sont égoïstes, et ta beauté... ils la veulent, tout simplement... c'est dur, c'est affreux même... mais c'est comme ça..."
"Et c'est pour ça que je t'ai giflé... je le regrette, profondément, mais... j'ai eu tellement peur... tu n'imagines même pas... peur de te perdre... je t'admire, tu sais... malgré cette vie de reclus, ce qui t'est arrivé... tu parles encore, tu arrives à sourire... tu es là... avec moi... Qu'est-ce que tu as vu en moi, qui te plaise ? Est-ce que je suis... ton premier amour... ? Pourquoi moi... ?
On dirait que je me plains... mais je suis tellement heureux, je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu m'as choisi... Tu es le Prince, tu es beau, tu es intelligent, tu peux avoir le royaume à tes pieds et tu t'entiches d'un comte exilé... pourquoi ?
Et moi... pourquoi est-ce que je m'accroche comme ça...
Hmm... Je sais bien pourquoi... ça ne se commande pas... et tu ressens la même chose...
... merde... je crois que tout le monde est mauvais, dans le fond..."
Il inspira profondément pour se calmer... la chaleur dans son ventre n'avait rien à voir avec le contact du bras d'Edward... c'en était risible... D'un autre côté, il pouvait toujours se dire que c'était pour l'aider... Mais il en avait surtout envie...
Délicatement, il ôta les mèches du visage du prince. Sa peau était douce et chaude de sommeil ; il aimait tellement le sentir contre lui...
Edward remua. Avec un soupir, il se détourna pour se retrouver sur le dos, allongé près de l'homme, une main sur le ventre. La couverture avait glissé...
À travers les replis du vêtement trop grand, il voyait la blancheur de la peau, comme rayonnante dans l'obscurité de la chambre... Edward tourna la tête de côté, vers la fenêtre... La clavicule saillit sous la peau tendre, et l'hypnotisait presque... Prenant une grande inspiration, Roy avança une main...
Cette situation était bien différente des autres fois... Il n'avait jamais osé le toucher comme cela. La première fois, il était malade, et ils se connaissaient à peine... ensuite, Edward avait été trop méfiant, et c'était normal... dans la salle de bain, quand ils étaient arrivés, il était trop angoissé pour vraiment penser à ça... Mais là, Edward était juste endormi près de lui, et il s'était passé bien des choses depuis leur 'rencontre'...
Bientôt, la veste du pyjama fut écartée. Du bout des doigts, sa main parcourait la peau fine, délicatement ; en de longues caresses, elle suivit une veine sur le cou, descendit doucement jusque sur les côtes, remonta lentement sur la poitrine qui se soulevait et s'abaissait profondément... Il faillit sursauter en entendant le soupir d'aise s'échapper des lèvres entrouvertes du garçon... Edward remua un peu, tournant la tête vers lui ; il sourit en écoutant les profonds soupirs, en voyant l'expression de bien-être sur son visage angélique... Sa main redescendit sur la hanche ; la peau était chaude, sous les couvertures, et ses doigts étaient froids... De faibles gémissements se joignirent aux soupirs ; Edward se cambra légèrement dans son sommeil, ramenant une main sur le torse de l'homme, où il agrippa inconsciemment sa chemise. Le sourire de Roy s'élargit...
"C'est bien, ça... c'est bon signe... Ce sera sûrement plus facile que je ne le prévoyais..."
Quand il se fut assuré qu'Edward lisait bien dans la bibliothèque, Roy referma silencieusement la porte, et se dirigea vers le lavoir. Une fois à l'intérieur, le long de l'allée qui entouraient les bassins, il ouvrit une porte qui se fondait dans le mur, et entra dans la pièce, refermant soigneusement à clé derrière lui...
Ed avait vu la porte se refermer. Roy allait encore s'isoler pendant plusieurs heures... Que pouvait-il bien faire ? En plus, cette fois-ci, il avait laissé Hugues avec lui, histoire qu'il n'aille pas fouiner dans le manoir à sa recherche... Que cachait-il donc... ? Il n'osait pas vraiment demandé, il avait peur que sa curiosité soit mal prise. Il ne voulait pas que Roy se fâche contre lui... De toute façon, il finirait bien par lui en parler...
Assis à la fenêtre, il délaissa son livre et regarda vers le bois. Les petites ombres rousses sautaient entre les touffes d'herbes, et il sourit.
Il n'était pas retourné dans le bois depuis... l'incident. Un long moment s'écoula, jusqu'à ce qu'un mouvement près de lui le fasse sursauter : Hugues était debout, appuyé contre le rebord de la fenêtre, et le fixait.
"À quoi tu penses ?"
Ed détourna les yeux. Il n'en avait même pas parlé à Roy... Il ne voulait l'inquiéter davantage, il se rendait bien compte de tout ce que l'homme faisait pour lui depuis le début... et il ne voulait pas qu'il s'occupe de lui sans arrêt. C'était sûrement pour cela qu'il disparaissait pendant plusieurs heures de suite, régulièrement... pour être un peu en paix...
"Edward, tu pleures... ?"
Il eut un sursaut et s'essuya rapidement les yeux.
"Edward... qu'est-ce qui se passe ?"
Le ton était différent. Il regarda Hugues, qui lui souriait gentiment... Après tout, il savait qu'il était digne de confiance. Roy lui faisait confiance, en tout cas. Peut-être aurait-il une réponse, finalement ? Cela ne demandait qu'un petit effort pour parler... Le regard bienveillant de l'homme le poussa à se confier.
"J'ai... ce soir-là... vous savez..."
"Je sais."
"Papa, il... il a dit... il a dit des choses, je... je n'arrive pas à y croire, c'est... ça fait mal..."
Hugues s'assit sur le rebord de la fenêtre, à ses côtés. Ils étaient à présent face-à-face. N'avait-il pas déjà parlé de cette nuit à Roy ? Il avait caché des choses, et visiblement, cela le faisait souffrir...
"Tu en as parler à Roy ?"
"Non. Je veux pas lui en parler..."
"Pourquoi ?"
"Je ne veux pas qu'il s'inquiète..."
"Tu crois que souffrir en silence, c'est mieux ? Il finira par s'en rendre compte, et il s'en inquiétera encore plus."
"Je ne veux pas..."
"Bon... alors, j'écoute..."
Ed eut un petit sourire, et raconta ce que le Roi lui avait dit ce soir-là, au sujet de la mort de sa mère. Il avait beaucoup de mal à ne pas pleurer, mais il se retint jusqu'au bout. Maes l'écouta sans l'interrompre (le garçon le faisait assez bien tout seul), et quand il termina, il le fixa pendant un long moment. "Merde... qu'est-ce que je vais répondre à ça, moi... ?" Il ôta lentement ses lunettes et les fit tourner entre ses doigts, réfléchissant.
"Edward... Ce genre de choses... c'est très fréquent, dans nos régions... C'est malheureux, mais c'est comme ça. Chaque semaine, il y a au moins une femme qui meure en couches. En général, c'est à cause du manque d'hygiène. Ou du manque de soins. Souvent, c'est dû à une maladie, une maladie des os. Malheureusement, beaucoup de femmes en sont atteintes... La Résistance s'occupe de ce problème, parmi tant d'autres : elle offre des locaux à peu près sains, et des médecins qui acceptent d'agir sans être payés... on voit plus souvent le contraire, d'ailleurs... La Reine était malade, Edward. C'est à cause de cette maladie, qu'elle n'a pas survécu à l'accouchement. Tu n'y es pour rien. Comment pourrais-tu l'être ? Ne penses plus à ça..."
Le garçon le fixa, les yeux grands ouverts. Un long moment s'écoula, tandis que Maes s'efforçait de soutenir le regard du prince, qui s'emplissait petit à petit de soulagement... Il détourna la tête et remit ses lunettes. Il se sentait mal...
Edward ne vit pas son malaise, et sourit timidement. Infiniment soulagé... Il tourna à nouveau son regard vers le bois, son sourire s'élargit un peu, et il replongea dans ses pensées.
Hugues descendit de la fenêtre et s'éloigna, pas vraiment fier de lui..." Je savais qu'elle allait mal, mais... ça devait arriver, le Roi a toujours été comme ça... mais je ne pouvais décemment pas laissé ce gosse croire qu'il avait tué sa mère... !"
Roy revint dans la bibliothèque à peu près deux heures plus tard. Il se sentait bien mieux, et fier de lui, confiant. Edward était toujours sur le rebord de la fenêtre, la tête appuyée contre la vitre, les yeux fermés... Il sourit et se dirigea silencieusement vers lui ; le cuir du fauteuil crissa quand il s'assit, et Ed tourna la tête vers lui. Roy sourit.
Ni l'un ni l'autre ne bougèrent pendant quelques minutes, se regardant en silence.
Puis Edward sauta à terre et rejoignit l'homme sur le fauteuil, s'asseyant sur ses jambes, de côté, la tête posée contre son épaule. Roy ramena ses bras autour du blond et le serra contre lui. Ils passèrent un long moment ainsi, le garçon simplement appuyé sur lui, les mains sur ses cuisses, les mains de l'homme sur sa nuque et son épaule.
Ed ferma les yeux, et sourit. Il se sentait si bien comme ça...
Roy se contentait de l'observer... Son sourire l'encouragea à faire ce qu'il avait prévu.
Lentement, sa main sur la nuque du prince descendit dans le dos, très lentement, avec beaucoup de douceur, entre la caresse et l'effleurement... Edward ne bougea pas, mais il était indéniable qu'il sentait cette main descendre, de plus en plus bas, allant-et-venant le long de sa colonne vertébrale... Au bout d'un moment, les caresses se firent plus insistantes, et Ed frissonna : voilà que la deuxième s'y mettait elle-aussi, remontant de l'épaule à son cou, délicatement, pour lui faire relever la tête... les doigts effleuraient sa mâchoire, le faisant soupirer ; il entrouvrit légèrement les lèvres, mais pas les yeux. Il voulait ressentir pleinement ces nouvelles sensations...
À dire vrai, il se sentait un peu perturbé. Il avait l'habitude des doux baisers de Roy, et des tendres étreintes qu'il lui offrait, un peu n'importe quand dans la journée... il aimait cela. Il se sentait bien. Mais là, c'était différent, et un peu inquiétant... mais pas désagréable. Et puis, c'était Roy... il lui faisait confiance...
La main dans son dos dévia lentement sa trajectoire, pour venir frôler ses côtes, s'attirant un nouveau soupir, plus fort. Ed n'était pas spécialement chatouilleux, mais les doigts aventureux qui suivaient le tracé de ses os, parcourant ses flancs, allant se perdre dans le creux de ses reins... c'était insupportable... Il étouffa un gémissement quand la deuxième descendit de son cou pour se balader sur son torse, en de douces caresses à travers sa fine chemise noire... Il avait chaud... cela lui était déjà arrivé... mais il connaissait suffisamment cette sensation pour se rendre compte que celle-ci était différente... Sans se contrôler, il leva les bras et se décala légèrement sur les jambes de Roy, pour venir l'enlacer, se collant à lui, frissonnant, ayant de plus en plus chaud... Il se sentait mal à l'aise dans son pantalon... C'était la première fois qu'il se retrouvait dans une telle situation ; il était inquiet, un peu anxieux, même, mais... Roy était là. Son odeur... tellement rassurante...
En le voyant se coller à lui, les yeux toujours clos, Roy sourit, et laissa tomber doucement une main dans le creux des reins, l'autre continuant sa descente sur la cuisse du blond. Elle se rejoignirent presque... l'une par dessous, l'autre par dessus, dans des caresses qui ressemblaient à des massages, à travers le tissu du pantalon...
La porte de la bibliothèque s'ouvrit brusquement, et il retira ses mains. Il crut entendre Edward grogner, et celui-ci leva la tête pour voir entrer le nouveau-venu : Hugues, sur le pas de la porte, regardant la scène avec des yeux ronds et un début de sourire...
"Le repas est presque prêt !" annonça-t-il gaiement, avant de repartir vers la cuisine, laissant la porte ouverte.
Roy soupira.
"On se lève ?" Il fut surpris, et très satisfait, de voir Edward le fixer avec un regard accusateur, avant d'émettre un gémissement plaintif et de s'enfouir à nouveau dans son épaule. Il rit doucement, et le souleva, s'attirant un cri de surprise ; il le porta jusqu'à la cuisine malgré ses protestations sonores...
"Mon dieu... !" soupira Edward, allongé sur son lit, un bras cachant ses yeux. "Pourquoi c'est si long..."
Il se redressa vivement dès que la porte s'ouvrit enfin. Roy entra, en tenue de nuit, et ne put s'empêcher de sourire en voyant le bond le fixer avec impatience... Il monta sur le lit et s'allongea à son tour, sans un geste de plus. Edward s'empressa de les recouvrir, et se colla à lui sous les couvertures, cherchant sa chaleur, son contact... Roy savait très bien ce qu'il voulait, et il en était ravi.
Ed ne faisait plus cauchemars depuis qu'il avait commencé, et il semblait de plus en plus réclamer sa présence, ce qui, évidemment, le comblait de joie...
Il se tourna sur le côté, et laissa l'adolescent se blottir contre lui, la tête posée sur son torse. Il ramena son bras droit autour de ses épaules ; de l'autre main, il caressa d'un doigt les lèvres roses, par lesquelles il sentait le souffle du garçon s'accélérer... il descendit lentement sur le menton, suivant la ligne du cou, et se glissa ensuite sous la veste, provoquant un petit soupir...
"Je suis si bien comme ça..." Ed ferma les yeux, inspirant profondément...
L'autre main sur ses épaules, descendit à son tour, tandis que sa jumelle déboutonnait sa veste, parcourant la peau chaude de son torse ; elle descendit sur ses côtes, jusque sur la hanche, et le caressa lentement, délicatement...
Roy sourit en entendant la respiration du garçon se faire plus régulière, et continua à promener ses mains jusqu'à ce qu'il soit complètement endormi...
Il le contempla un long moment, lui caressant la joue, fixant sourire heureux qu'il affichait dans son sommeil... C'était tellement beau à voir... Il lui faisait confiance, c'était un sentiment précieux, qu'il voulait à tout prix conserver...
Il s'allongea mieux, gardant le blond contre lui, puis s'endormit à son tour.
Quatre jours. Quatre jours que Roy passait à le taquiner, le rendant tremblant d'impatience jusqu'au soir... Il avait réfléchi, bien sûr... il avait beaucoup lu... Et maintenant, il attendait l'homme dans leur chambre, décidé, mais affreusement anxieux également...
Quand Roy entra, il trouva le prince assis sur le lit, levant la tête pour le voir s'avancer.
"Edward ? Qu'y-a-t-il ?"
"Il faut... qu'on parle..."
Roy fronça les sourcils. Parler ? De quoi ? Il s'assit rapidement à son tour, et attendit, fixant le garçon d'un regard inquiet.
"De quoi veux-tu parler ?"
Il n'eut aucune réponse. Edward se contenta de sauter dans ses bras, les faisant partir en arrière dans les oreillers. Roy était stupéfait, et ne réagit pas lorsque le garçon s'installa au-dessus de lui, allongé sur son torse, les jambes de chaque côté de sa taille. Un long moment passa, jusqu'à ce que l'homme se reprenne.
"Euh... Ed ? Tu peux me dire ce que... ?"
Il fut interrompu par un baiser, timide et affectueux. Il répondit tout de suite.
Quand ils se séparèrent, Edward avait le visage rouge, et ses yeux brillaient d'un éclat étrange, que Roy n'avait jamais vu avant... Il sentait son corps chaud collé à lui, parcouru de légers frissons.
"Ed... ?"
Il fut infiniment surpris quand le garçon avança une main pour lui caresser le visage... Doucement, son regard se promena sur lui, et il finit par croiser à nouveau les perles noires qui le fixaient, attendant une explication. Quoiqu'au fond, Roy savait ce qui se passait...
"Roy... toi aussi... est-ce que toi aussi tu as envie de..."
Comprenant de quoi il parlait, Roy se trouva sans réponse. Pouvait-il lui dire comme ça ? Il risquait de lui faire peur, de le décevoir... Il ne pouvait pas non plus mentir en répondant 'non'...
"Que veux-tu entendre ?"
Ed le fixa une seconde, et se mordit la lèvre inférieure dans un geste d'incertitude.
"... Sois sincère..."
Un silence.
"La réponse est oui..."
Il vit Ed inspirer un grand coup et paniqua.
"Mais, écoute, je... je ne veux pas..."
Un doigt sur sa bouche l'interrompit. Il contempla le visage souriant du blond, sans comprendre. Ed se rapprocha de lui, et commença :
"Je ne suis pas complètement stupide... Et même si j'en ai l'air, je ne suis pas naïf. Je sais bien ce qui m'est arrivé... et je sais que ce n'est pas ce qui se passe entre deux personnes amoureuses. C'est vrai que j'ai un peu peur... plutôt beaucoup même... mais... Toi, tu es différent... Tu m'aimes... Tu ne me feras pas mal, n'est-ce pas ?"
Roy ne sut quoi répondre. Il ne s'attendait pas du tout à une telle attitude de la part du blond... Lui qui pensait qu'il aurait au contraire à lui expliquer, le rassurer, le convaincre... ! Et là, c'était Edward qui lui demandait ! Il avait été stupide... À force de s'inquiéter, il n'avait pas vu que le prince allait beaucoup mieux qu'il ne le pensait... Dire qu'il le croyait traumatisé... visiblement, il s'était bien remis... !
Son manque de réaction fit douter le blond :
"Roy... tout ce que tu fais depuis quelques jours... c'est bien... pour me rassurer, non ? C'est parce que tu en as envie... ?"
Toujours pas de réponse. Il se contentait de le fixer, presque euphorique...
"Roy... ? Je... Je veux le faire... avec toi... Dis... ?"
Il se ressaisit. Ce qui se traduisit par un clignement des yeux et une grande inspiration.
"Oui ! Ed... euh... Très bien." se reprit-il d'un ton plus calme. Bien qu'intérieurement, il se sentait sur le point d'exploser de bonheur. Enfin... !
Edward sourit. Un large sourire, toutefois teinté d'inquiétude. Roy reprit le contrôle de lui-même, et fit d'un ton rassurant :
"Tout va bien se passer, d'accord ?"
Ed eut un petit rire : "Tu dis ça à chaque fois... Et je te crois." Il se pencha pour l'embrasser.
Alors que Roy approfondissait le baiser, il leva les bras pour venir enlacer le blond ; du bout des doigts, il lui caressa lentement le dos, le faisant soupirer contre ses lèvres, avant de redescendre devant lui, pour déboutonner la chemise de nuit couleur saumon... Ed l'embrassait toujours, et fit un mouvement des épaules pour aider l'homme à le débarrasser de sa chemise, qui glissa lentement avant de finir sur le sol. Ses mains caressaient à présent la peau exposée, provoquant de grands frissons dans le corps du blond, qui entrecoupait le baiser pour reprendre son souffle de temps en temps...
Roy le fit basculer sur le côté, et la situation s'inversa : Ed s'allongea dans les oreillers, et regarda l'homme s'installer au-dessus de lui, un éclat de peur dans ses yeux dorés. Roy le vit, et lui sourit. Dans un nouveau baiser, il laissa courir ses mains sur la poitrine qui se soulevait et s'abaissait rapidement... Il releva juste assez la tête pour chuchoter à l'oreille du garçon :
"Ed... n'aie pas peur, mon ange... Tout va bien..."
[passage MA censuré, allez lire le chapitre en entier sur mon forum]
Edward avait fermé les yeux, et essaya d'écouter ce que l'homme lui disait. Il se força à se détendre, ce ne fut pas facile, la sensation était vraiment oppressante...
Roy sourit, attendri, devant l'effort qu'il faisait, et l'embrassa doucement sur la tempe pour l'encourager.
Edward ouvrit les yeux à cet instant, et vit le sourire du brun... Qui se transforma sans qu'il le veuille en rictus méprisant, rappelant dangereusement... celui du baron...
Le visage d'Envy s'imposa à son esprit, et Ed hurla de peur, fermant les yeux, et se débattant violemment.
Roy ne comprit pas tout de suite ce qui se passait ; mais quand il l'entendit hurler de douleur et le supplier, il sut immédiatement à quoi le garçon pensait. Alors, de son mieux, il le maintint immobile, retirant son doigt pour attraper les poignets du prince, qui criait et se débattait... Il lui parla, longtemps, tentant de le calmer, presque allongé sur lui, sans pour autant l'étouffer...
Au bout de longues minutes interminables, Ed cessa de bouger complètement, le souffle rauque, en sueur, les yeux mi-clos... Roy attendit encore, et après un moment de silence, Ed parla.
"... je... suis désolé..."
"Quoi... ?"
"J'ai... tout gâché..."
Roy soupira et le relâcha, avant de l'enlacer, toujours couché sur lui.
"Mais non, voyons... C'est normal, que tu penses à ça... Ce n'est pas de ta faute."
"E... Envy..." De faibles sanglots s'échappèrent des lèvres sèches. Roy jugea le moment opportun pour dire :
"Il ne te fera plus jamais de mal, Edo... Ça, je peux te le promettre."
"Tu... me protégeras... ?"
"Non, Ed... Il ne reviendra plus te voir... Jamais."
"Tu... qu'est-ce que tu... ?"
"Il est mort, Edo... c'est fini. C'est son souvenir, qu'il faut combattre, maintenant. Si tu veux, on peut arrêter, pour ce soir..."
"Mort... ?"
"Oui. C'est moi qui l'aies tué. Quand je suis allé te chercher..."
"Tu... as tué... ?"
"Je suis désolé..."
"... pour moi ?"
Roy haussa les sourcils devant le timide sourire qu'affichait le blond. Edward leva les bras pour les passer autour de son cou, l'attirant à lui, enfouissant sa tête dans son épaule...
"Je t'aime..."
Roy soupira.
"Je crois qu'il est temps de dormir."
Ed se dégagea pour le regarder, interrogateur.
"Mais... on..."
"Tu es trop fatigué pour continuer, Edward. On a le temps..."
"Mais... et toi... ?"
"J'attendrai. Ce n'est pas moi qui compte, c'est toi..."
"Imbécile !" Roy ouvrit de grands yeux surpris, se reculant légèrement. Ed semblait furieux...
"Tu vas me laisser comme ça ? À penser encore à toutes ces choses... ? On a commencé, il faut qu'on termine, sinon, je te garantie que tu ne vas pas beaucoup dormir, cette nuit... !"
[passage MA censuré, allez lire le chapitre en entier sur mon forum]
Écroulés l'un sur l'autre, cherchant leur souffle, ils mirent un long moment avant de se reprendre... Ed ouvrit les yeux, les bras autour de la nuque de Roy, et il lui sourit quand il leva la tête vers lui. Roy se décala sur le côté, le libérant de son poids, et le blond vint se blottir contre lui, en sueur, toujours haletant, et complètement épuisé...
Roy les recouvrit du mieux qu'il put, et, avant de s'endormir, Edward murmura... :
"... Merci."
(Matsuyama) ... que dire ? Je ne peux plus rien écrire, mon clavier est inondé... (avec quoi, ça, à vous de voir XD) Olàlà, je gâche l'ambiance, c'est pas normal...
(Kin Yu) Fiouu...
