Chapitre 23 : La fin de la négligence

Avec des yeux ébahis, tous regardaient le cercle noirci sur les dalles du sol, les éclairs électriques disparaissant peu à peu...

Edward reprenait lentement son souffle, les mains toujours tendues, tremblant. Derrière lui, Roy fixait la tâche noire avec un regard stupéfait, et un peu apeuré... Ils sortirent tous de cette sorte de torpeur quand le prince s'écroula au sol, la respiration haletante.

"... ooooh... non..."

"Edward... ?"

Roy s'accroupit près de lui, et posa une main sur le dos du blond, assez inquiet.

"Edward... est-ce que ça va ?"

"Je... non... J'ai..."

Un silence, entrecoupé de hoquets, et le blond parvint à expliquer :

"J'ai... eu une crise, tout à l'heure... je crois que j'ai besoin de... dormir un peu..."

Tout doucement, il se laissa aller dans les bras de l'homme qui le soutenait. Il se sentait épuisé, et la fièvre le gagnait de nouveau...


Mais il ne put s'endormir, car alors que les autres commençaient à décider de ce qu'il convenait de faire à présent, les portes s'ouvrirent à nouveau, violemment, laissant passer Lord Bradley et ses hommes.

Le lord semblait très en colère, et il écarquilla les yeux en découvrant tous ces intrus dans son... LE Château... Il reconnut immédiatement Roy, puis le prince entre ses bras. Alors il leva son sabre et s'exclama :

"Lâchez-le sur le champ !"

Ses hommes dégainèrent aussitôt, prêts à se battre, et Armstrong se plaça tout aussitôt devant ses compagnons, prêt à ... ôter sa chemise. Car oui, il était certain que les soldats n'oseraient jamais s'attaquer à un combattant de sa... stature.

Mais c'était sans compter Bradley, à qui il fallait plus que du muscle pour l'impressionner ; il brandit son sabre et chargea le blond moustachu, qui ne réagit pas tout de suite, de surprise.

Heureusement, il n'était pas seul, et le geste de son aînée pour engager le combat le décida à ... ôter sa chemise. Puis, accessoirement, à prendre son arme et rejoindre sa soeur.


De son côté, Roy était un peu déboussolé ; son combat contre le Roi l'avait fatigué, et Edward semblait sur le point de perdre connaissance. Il le souleva, un bras l'entourant, le soutenant de l'autre, et se releva, dans le but de s'éloigner du combat. Mais Edward se remit sur ses pieds, un peu chancelant, mais déterminé, et se planta face tous pour lancer :

"Arrêtez !"

Les bruits d'armes cessèrent petit-à-petit, et tous se tournèrent vers lui. Bradley cria :

"Prince ! Éloignez-vous de cet homme ! Nous allons les faire sortir !"

"Non. C'est vous qui allez sortir, lord. Ces gens sont... des invités. Je vous ordonne de rengainer vos armes !"

Tous les soldats obéirent, sauf le vieil homme, qui ne supporta pas l'humiliation :

"Prince ! Avez-vous perdu la tête ?! Ces hommes vous ont enlevé, et ils ont tué votre père !"

"Ah oui ? Et comment le savez-vous ?"

Pas de réponse. Bradley sembla gêné, mais se reprit vite, disant :

"Ce sont des scélérats ! Bannis de la cour ! Vous devriez le savoir !"

"Bannis... ?"

Le prince se tourna vers Roy, attendant une explication. Celui-ci resta de marbre, et se contenta de dire :

"Les Mustangs n'ont jamais été appréciés dans ce pays."

Edward le fixa un long moment, mais finalement, il sourit et regarda Bradley de nouveau :

"Et bien, c'est terminé. Je lève la sanction de mon père, et je les autorise à revenir."

"Que ?! Quoi !!" s'étouffa le vieux noble de rage. "Je ne supporterai pas cet affront !!"

"Vous le supporterez ! Par ordre de votre Roi..."

Disant cela, Edward recula lentement jusqu'au trône, sur lequel il s'assit avec grâce, sans cesser de fixer Bradley, le défiant d'y répondre quoi que ce soit.

Le lord bouillait de rage, et ne voulait pas s'avouer vaincu. Poussant un cri, il se jeta sur le prince, sabre levé...

... mais avant qu'il ne l'atteigne, Roy s'était placé devant lui ; il claqua des doigts vers l'homme qui fonçait sur lui, et les flammes jaillirent, se précipitant sur le lord qui poussa un cri de peur, puis de douleur, quand il fut brûlé. L'odeur écoeurante envahit lentement la salle, tandis qu'à terre, le corps de Bradley cessait de bouger...


À présent que le Roi était mort, Edward et ses compagnons avaient beaucoup à faire, à commencer par calmer les nobles en furie. Ils apprirent bien vite que tous avaient comploté contre le prince, et le Roi même dans le but d'obtenir le trône : certains finançaient anonymement les résistants, pour engendrer des problèmes à l'extérieur du Château ; c'était pourquoi Bradley, qui menait cette sorte de rébellion, était au courant des projets de la résistance, et savait que le Roi avait péri. Sa mort sema un grand trouble chez ses partisans. La mort d'Envy avait déjà créé un vide, mais sans leur chef, tous se contentèrent de courber la tête, et d'obéir. Nombre d'entre eux furent punis ; beaucoup bannis, d'autres virent leur titre de noblesse perdu, et d'autres acceptèrent simplement la nouvelle allégeance. Il y eut alors bien moins de monde au Château, et Edward trouva l'endroit bien plus vivable... !

Il fallut ensuite régler les problèmes du royaume, et cela, Edward sut très bien le faire. Il commença par envoyer les soldats ramener le calme dans les campagnes, faisant arrêter les troupes de brigands et pilleurs de fermes ; puis il employa les caisses d'or à remettre en état lesdites fermes, permettant par la suite aux habitants de retrouver leur foyers, et de remettre en route l'économie du pays. Cela prit du temps, mais avec Roy à ses côtés, cela passa presque trop vite...

Quand la situation fut rétablie, il demanda à réaménager le Château, et étant donné tout l'or qui restait, c'était acceptable. Il s'agrandit. Toute la ville fut comprise dans le bâtiment, et celle-ci s'étendit aux alentours ; de nombreuses habitations furent construites, beaucoup de jardins furent aménagés à l'intérieur des cours du nouveau Château, et tous les sculpteurs, peintres et autres eurent du travail pendant un très long moment.

Tout revint finalement comme avant. Ainsi que les nouveaux habitants du Château se plaisaient à le faire remarquer au jeune Roi, c'était même mieux que du temps de Trisha... Tel son digne fils, Edward gagna en popularité, et personne n'ignorait tout ce qu'il avait fait pour son peuple. Il s'était bel et bien révélé plus utile que Roy en ce domaine, pour faire changer les choses, et cela, Hugues prit grand plaisir à le remarquer pendant les deux années qui suivirent le couronnement.


(Kin Yu) Je suis vraiment désolée de la longueur de ce chapitre. Le prochain sera le dernier, une sorte d'épilogue, et je vous promets qu'il compensera celui-ci.