Hammond entra dans la salle, ils se levèrent.

-Le président a été clair, il a refusé de blanchir Antony DiNozzo, Kathleen When et Daniel Jackson.

-Quoi ? Mais Daniel a sauvé cette foutue planète je ne sais combien de fois, il peut bien faire un geste.

-Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, Jack. Je suis navré.

-Nous pouvons toujours faire pression, menacé de dévoiler le programme à la presse, au public, tenta Jack, énervé.

-Jack ! Pour que Teal'c finisse dans un labo, sur une table de dissection, c'est hors de question.

Chacun restait silencieux suite à l'annonce de cette sentence. Pendant un petit moment, ils avaient le vain espoir de pouvoir reprendre leur vie d'avant, mais maintenant cela devait impossible.

-Général, si Daniel n'est pas réintégré je pars.

-Colonel ?!

-Vous êtes venu me chercher alors que j'étais à la retraite. Et maintenant, maintenant vous voulez me priver de Daniel. C'est simple, Daniel part, je pars.

-Calmez-vous colonel. Nous allons trouver une solution.

-On peut demander aux Tokras, aux Asgards, aux Tollans... la plupart de nos alliés n'ont signé les alliances que parce que Daniel a su les convaincre... Alors, eux pourraient peut-être réussir à convaincre le président, proposa Sam.

-Vous voulez dire que..., tenta de comprendre Hammond.

-Ils rendent une petite visite au président et, disons, qu'ils arrivent à le décider à revenir sur sa position, clarifia-t-elle.

-On peut toujours essayer. Contactez votre père Major.

-Bien Monsieur.

Sam se leva et partit dans la salle de commande.

-Dites voir. Je n'ai pas encore eu trop l'occasion de demander mais qui sont les Asgards, les Tollans et compagnie ? demanda Abby.

-Des extra-terrestres.

-Quoi ?

Elle se tourna vers Gibbs, qui venait de parler.

-Colonel..., commença Hammond, déjà épuisé de la conversation à venir.

-Général, je devais bien expliquer à l'agent Gibbs comment on allait arriver ici...

-Et vous avez été obligé de lui dire la vérité ?!

-A part la vérité je ne voyais pas trop quoi lui dire. Fallait que je trouve quelque chose de crédible... Pas facile.

Daniel sourit, Jack était toujours le même.

-Donc... vous avez été emmené du Mexique à ici par les extra-terrestres ?

-McGee, ne le regarde pas comme s'il avait une jolie petite camisole blanche avec les manches qui s'attachent dans le dos... sourit Tony.

-Les extra-terrestres n'existent pas.

-McGee, dis pas ça.

-Tu en as déjà croisé ?

-Non, mais j'ai jamais non plus croisé Gibbs en caleçon, pourtant ça doit exister.

-Abby, les extra-terrestres..., répéta McGee.

-Existent.

Il se tourna vers O'Neill.

-Vous êtes un militaire, pourquoi vous l'encouragez à croire à ça ?

-Mais parce que c'est la vérité. D'ailleurs le père de Carter est un Tokra.

-Vous voulez dire que son père est un extraterrestre ?

-Non... Enfin, si... Bref, les extra-terrestres existent.

-Ok, Ok O'Neill, les petits hommes verts existent. Maintenant que tout le monde est d'accord avec ça, est-ce que je pourrais aller dormir ?

Jack se tourna vers la femme. Elle le regardait fixement, fatiguée.

-Evidemment. Colonel, conduisez-les dans les quartiers des invités.

-Vous voulez dire les quartiers sécurisés, reprit Kathleen en se levant de sa chaise.

-Bien sûr, lui lança son collègue, Hepta, on ne tient pas à ce que tu te tires, encore une fois.

Jack ouvrit la porte et les attendit. Dans les couloirs, ils étaient dévisagés par les militaires et les scientifiques.

-Si un seul me regarde encore, je l'émascule... grogna Kathleen.

Son collègue la regardant en souriant. Rien n'avait changé, elle était toujours aussi agréable. Ils arrivèrent devant les quartiers des invités. O'Neill ouvrit la porte, et désignant la caméra lança.

-Elle est débranchée mais il y aura toujours quelqu'un devant la porte, en l'occurrence Teal'c.

Il le désigna du pouce, Teal'c resta impassible.

-Il a l'air enchanté de vous obéir, lança Kathleen en s'asseyant sur un des lits.

-Mais non, il adore ça, n'est-ce pas Teal'c ?

Il haussa un sourcil. Jack soupira.

-Merci mon vieux, vous me soutenez toujours, ça me réchauffe le cœur.

Puis, reportant son attention sur les trois amis, leur dit :

-Tant qu'on ne sait pas si le plan de Carter a marché, vous devez rester ici, sous surveillance militaire.

Jack claqua la porte avec son pied, puis s'approcha de Daniel, lui attrapa le visage entre ses mains et l'embrassa.

-Uhmuhm, se fit remarquer Kathleen.

-Repose-toi bien. Demain sera une longue journée, prévint Jack en se reculant.

Tony, sentant une présence près de lui se retourna. Gibbs. Il avait peut être une occasion de lui parler, là, maintenant. Il se lança.

-Gibbs, je...

-O'Neill a raison, va dormir DiNozzo, le coupa-t-il, froidement.

Ils quittèrent la pièce, les laissant tous les trois seul.

-Y a pas à dire, c'est un salaud, lança Kathleen du lit sur lequel elle s'était finalement couchée.

-Qui donc ? demanda Tony en s'allongeant à son tour sur un lit.

-Gibbs.

-Ah.

-Il ne t'a pas parlé de ton appel ?

-Non, pour lui il n'a pas eu d'appel.

-Connard, lança Daniel avant de se glisser à son tour dans un lit.

-Et toi, tu n'es pas avec O'Neill ?

-Pas à la base, Tony, pas à la base.

-Oh mais maintenant tout le monde doit être au courant.

-Ne m'en parle pas, bailla Daniel.

Ils avaient finalement réussi à s'endormir, de ce fait, ils n'entendirent pas les deux coups furent frappés à la porte, ils se réveillèrent quand elle s'ouvrit un peu violemment, claquant contre le mur. Ils restèrent muets, le temps qu'ils s'habituent à la lumière, Daniel fut le premier à reconnaître la forme près de la porte.

-Jack ?

-Ca a marché. Le président vous attend demain dans la matinée.

La femme se redressa sur le lit.

-Vos alliés ont réussi à le faire plier ?

-Disons plutôt qu'ils l'ont convaincu, mais l'idée est là.

-Oh bah, il n'y a pas à dire, je vais tout de suite mieux dormir. Maintenant, éteignez cette putain de lumière.

Elle se rallongea en maugréant et se rendormit. Tony se tourna vers le mur, laissant un peu d'intimité aux deux amants.

-Demain, et tout cela sera oublier.

-On ne pourra pas oublier, Jack, dit Daniel en lui caressant la joue.

Jack sourit.

-Je sais, mais laisse-moi y croire, dit-il avant de l'embrasser.

Tony ferma les yeux, sentant des larmes y poindre. Il n'avait pas pleuré depuis longtemps et là, c'était à cause de lui, l'homme qu'il aimait. Qu'il aimait malgré son comportement froid : Gibbs n'avait montré aucune joie particulière à le retrouver, l'avait regardé comme on regarde un chien perdu qui rentre de lui-même à la maison. Il n'avait même pas parlé du message, avait fait comme s'il ne s'était rien passé. Comment tout pourrait-il redevenir comme avant ? L'action de Tony n'avait fait qu'empirer les choses, s'il ne s'était pas confié, s'il ne lui avait pas dit combien il l'aimait, il aurait peut être pu reprendre tout comme avant. Mais là, il n'y avait absolument aucune chance.