Tony toqua à la porte ouverte du bureau.
-Hey, Tony.
-Daniel.
-Entre.
Tony ferma la porte, et se tourna vers son ami.
-Alors, que va-t-il se passer ? Pour toi et Kathleen ?
-Et bien, Kathleen va réintégrer son agence intergouvernementale top secrète, et moi, j'ai un peu de temps pour répertorier et classer toutes les découvertes des dernières missions. Hammond m'a suspendu des missions sur le terrain pour quelques temps, sûrement pour que je réfléchisse aux conséquences de mes actes. Enfin, ça m'arrange, je vais pouvoir ranger tout ça, dit-il en désignant son bureau d'un geste de la main. Et toi ?
-Je vais poser un congé sans solde.
-A cause de lui ?
-J'aurais pu traiter un non, mais là... il ignore totalement mes sentiments, il m'ignore totalement, et ça, je ne peux pas le supporter.
-Tu lui as dit ?
-Non. A l'équipe non plus... Abby me regarderait avec ses yeux de chien triste, McGee restera McGee, quant à Ziva, son coup de poing de la dernière fois m'a suffi.
Daniel regarda son ami ; il essayait de faire comme si tout cela ne le touchait pas, mais il n'arrivait pas à cacher ses véritables émotions.
-Tony, si tu as besoin de quoique ce soit, quelque part où loger, loin de lui, je peux t'héberger.
-Et Jack, tu penses à lui ? Je ne suis pas sûr qu'il soit ok...
-Tony, je me chargerais de Jack. Et si tu veux être seul, tu prendras mon appart, je vais aller chez Jack de toute façon, mais si tu veux de la compagnie, tu viendras avec moi chez Jack ou on restera chez moi, tous les deux.
-Et te priver de ton homme ? Hors de question.
-Tony, ne le prend pas avec cet air-là.
-Non, merci Daniel mais je vais retourner chez moi, ou peut-être à l'hôtel.
-Tony.
-Kathleen le prendrais mal si je te disais oui à toi et non à elle.
-Qu'est ce qu'elle a dit ?
-Tu la connais, elle veut le tuer. Je plains son collègue, Kathleen peut être une vraie plaie quand elle si met.
-Tony... Je...
-Bon, je vais te laisser bosser Dan. Je vais aller taper la lettre pour la directrice et essayait de dormir un peu. J'suis crevé.
Tony quitta le bureau de son ami. Il croisa O'Neill.
-Bonsoir Tony.
-Bonsoir Colonel.
-Jack, pas colonel... Après tout, vous êtes un ami de Daniel, non ?
-Exactement, si vous le cherchez Dan est dans son bureau.
-Merci.
Jack se dirigea vers le bureau de son amant, il entra et referma la porte derrière lui.
-Hey, Daniel !
-Jack.
-Alors, comment tu réagis à la décision d'Hammond ?
-Le général a eu raison de faire ça, je ne lui en veux pas de m'avoir suspendu pendant quelque temps.
Jack s'approcha de Daniel. Ce dernier sourit, sachant ce que son amant comptait faire.
-Jack, la caméra...
-Débranchée, murmura Jack en l'embrassant.
-Tant mieux alors.
Jack se recula.
-Viens vivre chez moi.
-Quoi ?
-Ou moi chez toi. Mais je ne veux plus te laisser. Je ne veux plus que tu partes comme ça.
-Jack, tu es militaire, c'est risqué pour toi qu'on vive ensemble.
-Je pense que le président ne va pas m'embêter tout de suite... Et puis, je suis vieux... La retraite m'appelle.
-Certainement pas.
Jack sourit.
-Suffit de ne pas se faire attraper. Et puis, j'espère que si jamais j'ai des problèmes, les Asgards m'aideront.
-J'espère aussi, répondit Daniel en enfouissant sa tête dans le cou de Jack.
-Daniel ? Ca va ? Tu as l'air inquiet.
-J'ai eu la visite de Tony.
-Je l'ai croisé... Il était bizarre chez le président, enfin, je ne le connais pas beaucoup mais il m'a semblé... triste.
-C'est à peut près ça.
-Qu'est ce qui c'est passé avec Gibbs ?
-Avant qu'on embraque pour le Mexique, Tony l'a appelé... Il lui a dit qu'il l'aimait...
-Ce qui n'est pas le cas de Gibbs ?
-J'en sais rien, soupira Daniel en s'installant sur le canapé, dans les bras de Jack.
-Tony ne t'en a pas parlé ?
-Même lui ne sait pas. Gibbs s'est comporté comme s'il n'y avait pas eu de message... Comme si Tony ne lui avait pas dit qu'il l'aimait.
Il y eu un moment de silence.
-Il ne va pas retourner bosser. Il compte poser un congé sans solde.
-Ce n'est peut être pas la bonne chose à faire.
-J'aurais pas supporté que tu m'ignores.
-Il faut laisser du temps à Gibbs, qu'il fasse le point, savoir quels sont ses sentiments à l'égard de son agent, s'il l'aime.
Jack observait Daniel somnoler sur son épaule, les médicaments et les émotions de ces dernières journées avaient finalement eu raison de lui, il venait de s'endormir. Jack se leva, en prenant garde à ne pas réveiller Daniel. Il referma la porte doucement et se dirigea vers les quartiers des visiteurs. Il allait faire une petite visite amicale à ce cher agent Gibbs.
Jack toqua à la porte. Gibbs lui ouvrit, Jack entra et referma la porte derrière lui.
-Je peux savoir à quoi vous jouez avec lui ?
Gibbs soupira et s'assit sur le lit.
-Qu'est ce qu'il a dit ?
-Lui rien. Mais j'ai des yeux.
-Vous ne le connaissez pas, vous ne me connaissez pas.
-Il a l'air d'un chic type.
-Seulement en apparence, vous oubliez que c'est un terroriste.
-Et alors, il vous aime.
-Et ?
-Comment vous pouvez rester comme ça, sans aucune réaction ?
-Dinozzo ne sait pas aimer, il collectionne les aventures sans lendemain.
-Parce qu'il attend la bonne personne, il pense que c'est vous. Personnellement, je pense qu'il se trompe. Vous ne le méritez pas.
-Vous ne me connaissez pas. Vous ne savez rien de moi.
-Vous n'êtes pas assez stupide pour refuser l'amour quand il s'offre à vous. Je vous ai vu le regarder, quand nous étions à l'hôpital, vous vous inquiétez pour lui, pas comme un subordonnée, ou un collègue, pas même comme un ami, mais plutôt comme un amant. Vous étiez rassuré de savoir qu'il avait arrêté de souffrir, et là, c'est vous qui le blessez.
-Comment avez-vous pu accepter, vous êtes un militaire ?
-J'ai perdu mon fils, j'ai divorcé, j'ai voulu me tuer mais c'est Daniel qui m'a redonné goût à la vie. Je l'ai vu se battre avec acharnement, alors qu'il n'avait reçu aucune formation, je l'ai vu enduré la douleur, ne s'en souciant pas mais s'inquiétant toujours pour les autres. Petit à petit, je me suis mis à l'apprécier, à le considérer comme un ami.
-Et comment ça a basculé ?
-Je l'ai cru mort, on l'a tous cru mort. Il s'était sacrifié pour nous sauver, pour nous permettre de regagner la Terre. Je me suis juré de ne plus le perdre, d'être toujours là pour lui. Et on en est là, on s'aime. Tony est un gars bien, et vous le savez, ne vous faîtes pas souffrir inutilement, ni lui, ni vous.
-Le travail ? Les autres ?
-Depuis quand vous vous souciez de ce que pensent les autres ?
-J'ai été marié.
-Moi aussi.
-Quatre fois.
-Alors vous n'êtes pas si différents finalement, vous attendez tous les deux la bonne personne.
Jack ouvrit la porte et, une fois dans le couloir, se tourna vers Gibbs.
-Il a posé des congés sans solde. Il ne compte pas repartir avec vous.
Jack ferma la porte, laissant l'agent du NCIS seul avec ses pensées. C'était maintenant à lui d'agir.
