Hello to you ! Ouille aïe, me tapez pas ! Je sais je sais, l'attente a été extrêmement longue, c'est une honte, j'en suis consciente. Ça va faire presque un an (bon pas tout à fait mais pas loin) que je n'ai pas posté, je m'en rends compte en allant vérifier et ça me fait peur je vous avoue. Je ne pensais pas avoir mis autant de temps ! Mais il faut savoir que je suis rentrée dans une nouvelle période de ma vie, les études supérieures, et que tout ne s'est pas fait sans heurts… Je m'excuse donc, mais il faut comprendre aussi.

En échange, je vous offre un long chapitre (19 pages Word), et ça c'est quand même bien lol. Plein de rebondissements, je suis assez fière de moi je dois dire. Chacune de nos quatre héroïnes va être mise en avant, tour à tour. Donc tout le monde sera content je pense.

J'arrête là le blabla. Merci à mes deux choupinettes, seules lectrices qui continuent à lire cette fic et à me laisser des rewiews. Je fais donc un gros bisou à Sailor Ocean et Aminteitha, et je leur dédie ce chapitre. Merci les filles.

Résumé : Les filles ont passé Noël toutes ensemble avec leurs familles et amies. Amy a retrouvé la mémoire et la marque de Tenshi a été activée. Sailor Death est plus menaçante que jamais, alors que les filles ne savent pas ce qui les attend. Mais pour l'instant, ce sont les vacances de Noël et elles tentent d'en profiter…

Rappel des persos :

En 2ndeB : Tenshi Murasaki/ Sailor Spirit, amoureuse de Rei

Hoshi Asano/ Sailor Yume, amoureuse d'Eriol

Rei Akiro/ idole des secondes, amoureux et ami de Tenshi, ami de Hoshi, délégué

Nezumi Orochi/ rivale de Tenshi, fan de Rei, déteste Sachiko

Sachiko Neko/ amie de Tenshi et Hoshi, ainsi que du reste du groupe, sœur jumelle de Sachi

Katsuya Kaze/ ami de Sora, ainsi que du reste du groupe, cousin de Saphira

Kitsune Yashaki/ meilleure amie de Nezumi, déteste Tenshi et Sachiko

Kimi/ camarade

En 2ndeD : July Hanashiro/ Sailor Sakura

Sora Iruno/ Sailor Genki

Hiro Akashi/ meilleur ami de Shino, ami de July et Sora, ainsi que du reste du groupe

Shino Kuro/ meilleur ami de Hiro, ami de July et Sora, ainsi que du reste du groupe

Sachi/ amie de Sora et July, déléguée, sœur jumelle de Sachiko

Ryu/ camarade

En 2ndeC : Eriol Shang/ ami de Hoshi (amoureux ?), petit frère de Xianghua

Jun/cavalière de Katsuya au bal de Noël

Autres élèves : Xianghua Shang/ troisième année, amie de Tenshi, grande sœur d'Eriol, membre du club d'arts martiaux

Saphira Kaze/ troisième année, cousine de Katsuya, responsable du club théâtre

Kataki Tomodachi/ deuxième année, membre du club théâtre, petit-ami de Sora ?

Lou/ troisième année, membre du club théâtre

Yosuke Mahiro/ première année, membre du club théâtre

Autres persos : Sailor Death/ pire ennemie des Sailors Crystal

Amy Mizuno/ mère adoptive de Tenshi, Sailor Mercury

Mako Kino/ mère adoptive de July, Sailor Jupiter (mais a oublié)

Minako Aïno/ mère adoptive de Sora, Sailor Vénus (mais a oublié)

Séverine Meio/ mère adoptive de Hoshi, Sailor Pluton (mais a oublié)

Mine/ s'occupe de la maison de Sora et Minako, au courant du secret des filles

Necros/ serviteur de Sailor Death

Melle Hinobushi/ professeur du club d'arts martiaux

Mylène et Frédéric Tenno, Olivia Tomoe, Raya Hino/ Sailor Neptune, Sailor Uranus, Sailor Saturne, Sailor Mars (mais ont oublié)

Mme Fugitake/ directrice adjointe du lycée Saionji

Hanata Asuma/meilleure amie de Hiro et Shino, n'est pas scolarisée au lycée Saionji

Bonne lecture à toutes !

CHAPITRE 28 : Le sortilège de Sailor Death.

Sailor Death : Trois jours… Le sortilège va continuer à se répandre…

Un sourire cruel se dessina sur son visage.

Sailor Death : Necros, va faire un peu de grabuge sur Terre, histoire d'occuper nos jeunes Sailors… Que je puisse finir tranquillement le deuxième cercle.

Necros : A vos ordres, maîtresse. Je pars immédiatement.

Sailor Death acquiesça, satisfaite. Ses projets ne souffraient d'aucun retard, tout était parfait. Bientôt, les Sailors Crystal ne seraient plus un problème…

--

Sora se leva de relative bonne humeur ce matin-là. En effet, même si l'inquiétude et la peur de Sailor Death restaient présentes, deux jours après l'activation du sortilège sur Tenshi et Noël, l'ambiance était encore à la fête, et puis après tout elle était encore en vacances. Elle avait prévu de sortir un peu, sa mère ayant des choses à régler avant de repartir en tournée pour le jour de l'An. Elle descendit rejoindre celle-ci dans la cuisine, l'esprit encore embrumé de sommeil.

Minako : Bonjour ma chérie, bien dormi ?

Sora : Oui…

Minako : Je ne rentrerai pas ce midi pour déjeuner, nous finirons sûrement tard vu le nombre de choses qu'il reste à faire.

Sora : Ok… J'ai prévu de passer la journée en ville de toute façon.

Minako : Tu as raison, profite de tes vacances !

Minne : Bonjour mademoiselle Sora.

La servante venait d'entrer dans la salle à manger, un plateau chargé du petit-déjeuner. Elle servit Sora et débarrassa celui de Minako.

Sora : Bonjour Minne.

Minako : Tu seras seule aujourd'hui Minne. Sora et moi ne mangerons pas ici ce midi.

Minne : Entendu.

Minako : Bien, j'y vais à présent je suis déjà en retard, mon manager va m'attendre encore !

Sora (rire) : Dépêche-toi avant qu'il ne craque.

Minako : Je devrais le ménager je sais ! Bisous ma chérie, à ce soir Minne.

Minne : Passez une bonne journée mademoiselle.

Minako : Merci !

Et elle disparut hors de la cuisine en coup de vent. Sora eut un sourire.

Sora : Elle a toujours tellement de choses à s'occuper qu'elle n'est jamais à l'heure. Son manager est bien courageux.

Minne : Oui, mais mademoiselle Minako est toujours très sérieuse dans son travail.

Sora : En effet.

Elle finit son petit-déjeuner puis remonta dans sa chambre pour s'habiller. Minne lui avait dit qu'il avait encore neigé durant la nuit, si bien que le grand tapis blanc qui recouvrait la ville depuis Noël n'avait toujours pas disparu, à la plus grande joie de Sora, entre autres. Mais qui dit neige, dit froid. La jeune fille prit donc des vêtements chauds dans son armoire, avant de commencer à se déshabiller. Etrangement, elle avait un mauvais pressentiment.

Qui se confirma dans la minute qui suivit.

--

Hoshi, levée de bonne heure comme à son habitude, faisait ses devoirs, qu'elle avait délaissés depuis le début des vacances, quand une sonnerie retentit dans la petite chambre lumineuse. Abandonnant quelques secondes ses révisions de kanji, gentiment données par mademoiselle Hinayama, elle tendit la main pour attraper son téléphone portable, vibrant et sonnant à tout va.

Hoshi : Allô ?

?? : Hoshi… C'est… C'est arrivé…

Hoshi : Sora ? C'est toi ? Qu'est-ce qui passe ? Qu'est-il arrivé ?

Le ton à la fois inquiet et traumatisé de son amie l'alarmait au plus haut point.

Sora : Le symbole de Sailor Death…

Hoshi comprit immédiatement.

Sora : Je… Je suis marquée moi aussi…

Hoshi : Sora, calme-toi. Tu n'as pas mal ?

Sora : Non…

Hoshi : Alors pour le moment tu n'as rien à craindre. D'accord ?

Sora : D'accord.

Hoshi réfléchit un instant. Elle ne pouvait guère faire grand-chose, les Sailors Crystal n'avaient visiblement aucune prise sur ce sortilège. Elles avaient eu beau réfléchir, elles n'avaient trouvé aucune solution, pour l'instant du moins.

Hoshi : Ecoute, le mieux à faire est de prévenir Amy. Elle sera de bon conseil. Et puis elle a sûrement déjà réfléchi à la situation, peut-être aura-t-elle une idée.

Sora : Entendu, je l'appelle tout de suite.

Hoshi : Tiens-moi au courant d'accord ?

Sora : D'accord. …Hoshi ?

Hoshi : Oui ?

Sora : Merci. Désolée de t'avoir appelée.

Hoshi : Je suis heureuse que tu l'aies fait. Nous sommes toutes là les unes pour les autres non ?

Sora (sourire) : Oui. Je te rappelle alors.

Hoshi : N'hésite pas. Bisous.

Hoshi raccrocha, songeuse. Leur ennemie de toujours continuait à frapper… Elles devaient agir, mais comment ? Sailor Death ne pouvait être atteinte que lorsqu'elle était sur Terre. Il leur fallait attendre, dans tous les cas. Bien malgré elles, la Sailor de la Mort tenait les rênes.

Puis son esprit dévia sur un tout autre sujet, et Hoshi se mit à rougir, se sentant à la fois coupable et ravie. Car l'objet remplaçant Sailor Death dans ses pensées n'avait aucun rapport avec leur mission. Seul son cœur était concerné. La raison de ce trouble ?

Hoshi avait rendez-vous dans l'après-midi avec Eriol.

--

Sora marchait d'un pas vif dans les rues de Tokyo, entre inquiétude et soulagement. Inquiète car elle n'avait pu joindre Amy, et soulagée car Hoshi avait su trouver les mots pour apaiser ses craintes. Le symbole de Sailor Death était apparu sur elle, oui. Mais elle n'était pas la première à être marquée. Tenshi avait dû être véritablement paniquée en voyant cet étrange tatouage porteur de mort dont elle ignorait tout. Sora, elle, en savait un peu plus. Et puis, les Sailors Crystal trouveraient le moyen de s'en sortir. Elles n'étaient pas seules. Sailor Mercury, la Reine Sérénité et leur mystérieuse alliée étaient là. Tout irait bien.
Tout à ses pensées, elle ne faisait pas attention autour d'elle et percuta de plein fouet une personne.

Sora : Je suis désolée !

Mais elle se rendit alors compte qu'elle connaissait la jeune fille qui se tenait devant elle. Des cheveux violet foncé, une expression aimable, un joli sourire tout en fossettes alors qu'elle s'excusait… Suivi d'une lueur mélangeant surprise et reconnaissance dans son regard noir.

Jeune fille : Oh, tu es… Sora c'est ça ?

Sora : En effet. Et toi tu es la cavalière de Katsuya au bal de Noël… Jun ?

Elle acquiesça et sourit à son interlocutrice.

Jun : Nous avons vraiment passé une excellente soirée. Je crois que ton cavalier était Kataki non ?

Sora : Oui… Tu le connais ?

Jun : Nous sommes dans la même classe. C'est grâce à lui que j'ai connu Katsuya. Nous sommes amis depuis la première année, et il m'a invitée à assister à une répétition du club de théâtre. J'ai beaucoup aimé donc j'ai gardé cette habitude, je viens souvent regarder les séances.

Elle eut un petit rire.

Jun : Tu ne m'avais jamais vue ?

Sora sentit ses joues s'empourprer.

Sora : Non, jamais… Désolée…

Jun (rire) : Je ne suis pas vexée ne t'inquiète pas. En fait je ne suis que très peu venue assister aux répétitions ces derniers mois à cause des révisions des examens.

Sora : Ah, vous préparez les examens d'entrée dans les différentes universités ? Kataki m'en a parlé.

Jun hocha la tête.

Jun : Je vise haut donc je dois travailler beaucoup ! Mais dis-moi, tu as déjeuné ?

Sora : Non pas encore.

Jun : Dans ce cas-là je t'invite. Ce sera plus sympa pour parler. A moins que tu n'aies déjà quelque chose de prévu bien sûr.

Sora : Pas du tout mais… Ça me gêne un peu.

Jun : Ne t'en fais pas, ça me fait plaisir de te payer le déjeuner. Et puis c'est l'occasion de se connaître un peu mieux, non ?

Sora (sourire) : Oui tu as raison.

--

Jun : Alors, tes vacances ? Elles se passent bien ?

Sora : Oui, j'ai passé un Noël très agréable. Et il a neigé donc je suis très heureuse.

Jun lui sourit. Elles s'étaient finalement installées dans un petit restaurant très apprécié des lycéens et des étudiants.

Jun : Tu aimes la neige ?

Sora : Oui, comme Tenshi.

Jun : Une de tes amies c'est ça ?

Sora : Oui, la blonde.

Jun : Je m'en souviens.

Elle piocha dans les plats qui se trouvaient entre elles à l'aide de ses baguettes.

Jun : Et donc, tu es dans la même classe que Katsuya ?

Sora : Non, les cours d'anglais et de sport sont les seuls que nous ayons en commun. C'est comme ça que je l'ai rencontré, nous nous sommes retrouvés assis l'un à côté de l'autre en cours d'anglais. Puis je l'ai revu au club de théâtre.

Jun : Je vois. Et Kataki ?

Sora : Par le club de théâtre. Il était mon partenaire principal dans la pièce que l'on a dû préparer pour la fête de Noël.

Jun : Le Bouvier et la Tisserande, je sais. J'ai assisté à la représentation bien sûr. Vous étiez tous très bons.

Sora : Merci ! Mais dis-moi, tu n'as jamais pensé à intégrer le club de théâtre ? Intéressée comme tu as l'air de l'être…

Jun : Ah, c'est une bonne question ! Mais en fait, je préfère regarder plutôt que jouer.

Elle s'appuya contre le dossier de sa chaise et poursuivit d'un ton songeur.

Jun : On apprend énormément de choses sur les gens en les regardant… J'aime cela. Ça me permet de découvrir beaucoup sur la personnalité des autres.

Sora : Et… Ça c'est passé comme ça avec Katsuya et Kataki ?

Jun lui adressa un sourire mystérieux.

Jun : Bien sûr ! Je pense les connaître assez bien tous les deux. Enfin, ce sont de bons amis après tout. Même si j'ai particulièrement apprécié être la cavalière de Katsuya au bal de Noël…

Jun laissa planer sa phrase en suspens, et Sora tenta de décrypter ce qu'elle avait voulu dire, d'autant plus qu'elle avait l'étrange impression que c'était d'une importance capitale pour elle. Mais Jun attrapa un takoyaki et continua sur sa lancée.

Jun : En parlant de ça… Est-ce que… Est-ce que tu sors avec Kataki ?

Lourd silence. En fait, Sora ne savait pas quoi répondre. Cette question l'avait prise de court. Sortait-elle avec Kataki ? Elle-même était incapable de fournir une réponse. Il l'avait invitée quelques fois, elle avait été sa cavalière au bal de Noël. Elle l'appréciait beaucoup oui. Et la réciproque semblait tout à vraie. Il s'intéressait visiblement à elle. Et elle en était flattée. Mais la considérait-il comme sa petite amie ? Et du reste, est-qu'elle, elle accepterait cela ?

Mais Jun intervint, coupant court à ses houleuses et compliquées réflexions.

Jun : Ah, excuse-moi, c'était indiscret… Ça ne me regarde pas désolée. Je n'aurais pas dû te poser cette question.

Sora : Non… Ce n'est rien.

Elle était soulagée que ça lui évite de répondre. Elle n'avait pas envie de réfléchir plus loin.

Jun (grand sourire) : Bon allez, finie la parlote, mangeons comme il se doit !

Sora lui rendit son sourire, chassant toutes ces pensées de son esprit.

Sora : Oui !

--

De son côté, Tenshi errait sans but dans les rues de Tokyo. Enfin, sans but, pas tout à fait. Elle souhaitait simplement profiter de la ville enneigée. Le calme et la pureté de la neige la calmaient et la rendaient sereine. Elle aimait la contempler, ne rien faire d'autre que la contempler, tandis qu'elle marchait encore et encore. Elle aurait pu passer son après-midi à cela. Elle avait tout son temps.

En effet, alors qu'elle devait passer la journée avec sa mère, Amy avait été appelée pour une urgence à l'hôpital. Et bien qu'elle soit en vacances, elle avait répondu présente sans tarder. Une vie était en jeu, et Amy n'était pas du genre à abandonner les autres. Mais du coup, Tenshi s'était retrouvée seule. Et comme s'il s'était remis à neiger, elle avait décidé de sortir et d'en profiter.

Elle s'était éloignée du centre, animé et bruyant, pour se diriger vers les quartiers résidentiels, plus calmes. Il y avait peu de monde dans les rues, peu de voitures qui roulaient, les toits comme les trottoirs étaient recouverts de neige, exactement ce que Tenshi recherchait. Oublier ses soucis de cette manière était des plus agréables pour la jeune fille. Mais ses soucis ne voulaient visiblement pas l'oublier.

Au détour d'une rue, des éclats de voix obligèrent Tenshi à lever les yeux et donc à quitter sa contemplation silencieuse du blanc sous ses pieds. Et là, elle se figea. Il était impossible qu'elle tombe sur lui, alors qu'elle tâchait justement de ne pas y penser. Kami-sama lui en voulait, c'était certain.

Juste devant ses yeux, à quelques mètres, deux filles, lycéennes à n'en point douter, étaient visiblement en grande conversation avec un garçon du même âge, sur le pas du petit portail de la maison de ce dernier. Lui.

Lycéenne 1 : Rei, s'il te plaît, accepte !

Lycéenne 2 : Oui, ce sera une super fête, le meilleur réveillon que tu aies passé !

Rei : Les filles, je suis contente que vous ayez pensé à moi, mais je vous l'ai dit, je ne peux pas venir. Je suis déjà pris.

Lycéenne 2 : Oh, s'il te plaît ! Tu sais, nous tenons beaucoup à ce que tu viennes !

Lycéenne 1 : C'est très important pour nous…

Lycéenne 2 : Ça ne vaudra pas le coup sans toi…

Ces dernières phrases avaient été prononcées en rougissant. Rei soupira : il n'aimait pas ce genre de situations. Il ne voulait pas blesser ces deux jeunes filles, mais il ne pouvait pas non plus les bercer d'illusions ou leur mentir. Elles devaient comprendre.

De son côté, la surprise passée, Tenshi s'était mise en retrait, de façon à ce qu'ils ne la voient pas, sans trop savoir pourquoi. Un réflexe. Et à présent elle bouillonnait. Comment ses filles osaient-elles harceler Rei comme cela ? Il leur avait dit qu'il ne pouvait pas. Point barre, tout le monde rentre chez soi. Mais non, elles insistaient. Et ce qu'elles avaient finir par clairement sous-entendre –Tenshi avait beaucoup de défauts mais n'était sûrement pas stupide-, la mettaient en colère. Quand elle se rendit compte qu'elle était en pleine crise de jalousie, elle rougit mais ne se démonta pas. Après tout, elle aimait Rei et ne le cachait pas, et les raisons pour lesquelles elle l'avait repoussé n'avaient rien à voir avec ce qu'elle ressentait pour lui. Elle n'avait donc pas à avoir honte de ses sentiments, même si elle ne sortait pas avec lui.

Lycéenne 1 : Allez Rei s'il te plaît !

Ces filles commençaient sérieusement à l'agacer. Elles importunaient Rei et le mettaient mal à l'aise, mais Tenshi le connaissait, il était trop gentil pour le leur dire clairement. Mue alors par une espèce de pulsion, entre adrénaline et instinct, elle marcha de manière décidée vers le trio, sans même avoir conscience de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle allait le faire, c'est tout.

Tenshi : Rei je suis là ! Je suis en retard excuse-moi, le bus a été pris dans des embouteillages !

Rei s'interrompit et fronça les sourcils, stupéfait. Les deux lycéennes se retournèrent vers la nouvelle venue, partagées entre surprise et jalousie. Tenshi, elle, avec une assurance qu'elle ne se connaissait absolument pas, continua à marcher jusqu'à s'arrêter juste en face de Rei.

Rei : Tenshi, qu'est-ce que…

Tenshi : Ne me dispute pas je t'ai déjà dit que ce n'était pas ma faute.

Elle lui lança un regard appuyé significatif. Il sembla alors comprendre et son visage prit une expression soucieuse.

Rei : Je m'inquiétais, c'est tout.

Tenshi : Maintenant je suis là.

Elle se tourna alors vers les deux jeunes filles avec un grand sourire, attrapant en même temps le bras de Rei.

Tenshi : Tu ne me présentes pas tes deux amies ?

Les deux en question s'empourprèrent.

Jeune fille 2 : Ce n'est pas la peine, on s'en allait de toute façon.

Jeune fille 1 : Oui oui, on partait. A la prochaine, Rei.

Elles s'éloignèrent rapidement, échangeant entre elles des murmures empressés, entre incompréhension, colère et jalousie. Tenshi et Rei purent juste entendre un « Mais qui est cette fille ? » plutôt rageur avant que les deux lycéennes ne disparaissent au coin de la rue. Ils échangèrent un regard complice et éclatèrent de rire.

Rei : Elles ne s'y attendaient visiblement pas du tout, je pense.

Tenshi : Ça leur apprendra à ennuyer les gens. Tu aurais dû être plus ferme avec elles !

Rei : Je sais… Mais tu étais là depuis longtemps ?

Ce fut au tour de Tenshi de rougir. L'instant fugitif de bonheur partagé s'évanouit, pour laisser place à une grande gêne entre les deux. Tenshi se rendit alors compte de ce qu'elle venait de faire. Elle s'était comportée comme petite amie, jalouse qui plus est. Bon, elle avait simplement voulu sortir Rei d'une situation embarrassante, elle ne devrait pas en avoir honte. Mais lui, qu'en pensait-il ? Après tout, elle l'avait repoussé, et maintenant elle agissait comme si elle était sa petite amie. Elle n'en avait pas le droit. Il lui en voulait certainement.

Tenshi : Je… Je suis désolée.

Elle n'osait plus lever les yeux, mais ne pouvait ignorer le regard brûlant de Rei qu'elle sentait posé sur elle. Elle regrettait presque son geste, à présent.

Rei : Pourquoi ?

Tenshi : Je n'aurais pas dû intervenir et m'imposer comme ça… C'était maladroit de ma part, excuse-moi.

Rei : Non au contraire, je te remercie. Elles me gênaient mais je n'arrivais pas à leur faire comprendre fermement.

Il se pencha légèrement et lui murmura à l'oreille.

Rei : Tu es vraiment adorable…

Le cœur de Tenshi bondit dans sa poitrine. Elle sentait le souffle de Rei sur sa joue, son visage était bien trop près… Elle se serait bien laissée tenter. Lui-même ne désirait qu'une seule chose, l'embrasser.

La tentation était grande… Mais Tenshi reprit ses esprits à temps. Elle ne pouvait pas flancher, non. Elle devait penser à Sailor Death, penser qu'elle l'avait repoussé. Même si leurs sentiments étaient parfaitement clairs entre eux alors que la situation était plus que floue. Et chacun en était tout à fait conscient.

Tenshi recula légèrement et s'excusa. Rei soupira.

Rei : Non c'est moi… Je connais très bien la situation et je n'aurais pas dû.

Tenshi inspira profondément pour chasser ce trop plein d'émotions qui avait atteint son paroxysme. Quand soudain elle ressentit une douleur aiguë qui la traversa fugitivement et qui la fit ployer, la forçant à s'agenouiller, lui coupant le souffle. Rei, inquiet, s'agenouilla à sa hauteur et la prit par les épaules.

Rei : Tenshi, ça va ? Que se passe-t-il ?

Elle lui agrippa le bras. Elle reconnaissait trop bien cette douleur. Une lueur de panique la saisit. Elle devait prévenir Hoshi. Ou July. Ou Sora. Non, sa mère. Vite.

Elle n'en eut pas le temps.

L'éclair de souffrance la visita de nouveau. Bien plus puissant. Ses yeux se voilèrent ; elle ne voyait plus rien. Ses jambes ne la portaient plus ; elle s'effondra complètement. Ses oreilles bourdonnèrent puis un silence oppressant l'étreignit ; elle n'entendait plus aucun son. Aussi ne saisit-elle pas les appels inquiets de Rei. Cet état de confusion, terrifiant pour une Tenshi privée de sens, dura quelques trop longs instants. Puis une dernière douleur s'abattit sur la jeune fille, irradiant depuis sa poitrine jusque dans tout son corps, devenant immédiatement insupportable. Une fois de plus, elle avait l'impression d'être brûlée vive.

Tout s'arrêta en un instant. La souffrance s'évanouit. Quelque chose de précieux disparut avec elle.

Rei : Tenshi ! Réponds-moi, je t'en supplie ! Tenshi !

Il secoua la jeune fille. Elle avait perdu conscience. Il constata alors avec horreur qu'elle ne respirait plus. Son cœur manqua un battement. Fébrile, il chercha son pouls. Il fut légèrement rassuré lorsqu'il le sentit sous ses doigts. Très faiblement certes, mais il le sentait.

Il venait d'avoir la peur de sa vie.

Décidant de prendre la situation en main –la vie de Tenshi était toujours en danger-, il la prit dans ses bras et la porta sans perdre un instant à l'intérieur. Encore heureux qu'ils soient juste devant chez lui. Il la déposa dans son propre lit et la couvrit. Elle était à présent brûlante de fièvre. Il alla chercher un linge mouillé qu'il déposa sur son front.

Enfin, il prit le temps de se poser. Il avait fait tout ce qu'il estimait nécessaire et urgent. Que devait-il faire à présent ? Appeler une ambulance ? Il était certain que le mal de Tenshi ne pouvait être soigné par la médecine. Par un quelconque moyen normal. Réfléchissant, il décida finalement d'appeler Hoshi. Il était convaincu que les amies de Tenshi pourraient comprendre ce qu'il s'était passé et savoir ce qu'il convenait de faire. Et Hoshi était la seule dont il avait le numéro –en plus du fait qu'elle était la seule à ne pas lui avoir montré ouvertement de l'hostilité quant à « l'affaire Nezumi Orochi » et qu'elle était celle avec laquelle il s'entendait le mieux-.

Jetant un dernier regard au visage enfiévré de Tenshi, il déposa un baiser sur son front et sortit de la pièce, son téléphone portable à la main.

La vie de celle qu'il aimait était en jeu.

--

Hoshi eut un sourire attendri en voyant l'adorable tortue en peluche que lui tendait Eriol.

Eriol : Elle te plaît ?

Hoshi : Beaucoup. Elle est vraiment très mignonne.

Elle l'attrapa et la serra contre elle. Elle adressa un sourire éclatant au jeune homme.

Hoshi : Merci beaucoup Eriol. Je vais l'appeler Tamago ! (NDA : référence au manga/anime Love Hina…)

Eriol (rire) : Ça lui va comme un gant ! Bien, où veux-tu que nous allions à présent ?

Hoshi : Ah non, c'est à ton tour de choisir. J'ai mené notre sortie depuis le début de l'après-midi, maintenant c'est à toi.

Eriol : Mais ça ne m'a pas ennuyé, au contraire. Je veux seulement te faire plaisir.

Hoshi rougit, une fois de plus. Sans être trop pressant ou ennuyant, Eriol multipliait les attentions depuis qu'ils s'étaient retrouvés à l'endroit fixé pour leur rendez-vous. Et c'était très agréable en vérité. Tendue ces derniers temps à cause des problèmes avec Sailor Death –Hoshi ne pouvait s'empêcher de se faire sans cesse du souci-, elle se sentait pour une fois réellement bien.

Eriol sourit devant l'embarras de la jeune fille.

Eriol : Bon alors je choisis. Quittons la fête foraine pour un endroit plus calme d'accord ?

Hoshi : Entendu !

Il lui prit la main et l'entraîna vers la sortie de la fête foraine que Hoshi avait voulu voir.

Eriol : Je connais une rue où les boutiques d'art sont légion, tout près d'ici. On y trouve tout ce qu'on veut en matériel de dessin, entre autres. Ça te dit ?

Hoshi : Bien sûr ! C'est une merveilleuse idée !

Eriol : Alors suis-moi !

Ils marchèrent quelques minutes parmi les immeubles gris de Tokyo, avant de déboucher dans une petite rue beaucoup plus colorée. En effet, tous les magasins présentaient des vitrines aux couleurs très disparates, ce qui créait un camaïeu intéressant. En tout cas, beaucoup plus gai que l'agencement des différentes nuances de gris que pouvaient prendre le béton, le bitume et la pierre.

Hoshi : Super ! Je ne savais pas qu'il existait un tel endroit !

Eriol s'autorisa un petit sourire.

Eriol : J'étais sûr que ça te plairait.

Ils flânèrent le long de la rue, Hoshi se régalant devant chaque vitrine. Pour la plupart, elles constituaient de véritables œuvres d'art à elles-seules, présentant de superbes instruments à l'usage des artistes. Inévitablement, Hoshi et Eriol se lancèrent dans une grande discussion de passionnés sur le sujet, chacun donnant son avis sur ce qu'il préférait et expliquant les raisons de son choix.

Quand soudain Hoshi tomba en arrêt devant une des vitrines. Une vitrine d'un magasin de style traditionnel, aux cadres en bois laqué. La porte consistait en un panneau de bois en treillis recouvert de papier de riz, emblématique de l'architecture japonaise. Des lanternes de papier peintes étaient suspendues au plafond, mettant en valeur par leur lumière les objets en exposition dans la vitrine, dont l'arrière-plan était constitué de lattes de bambou liées entre elles. Enfin, le fronton de bois laqué qui surplombait le tout arborait le nom de la boutique en lettres calligraphiées, en or sur fond noir : « Le Chevalet du Temple ».

Mais Hoshi n'avait rien remarqué de tout cela, non. Ses yeux, brillants d'émerveillement, étaient fixés sur une seule chose : un coffret en bois de merisier verni, plus large que profond, au fermer d'argent. Son ornementation, épurée, ne consistait qu'en un unique kanji peint en noir sur le couvercle : hijutsu, l'art.

Hoshi : Elle est magnifique…

Eriol vint la rejoindre, intrigué par son arrêt subit devant la vitrine.

Eriol : Que regardes-tu, Hoshi ?

Hoshi : La boîte de rangement, là au centre… Je la trouve absolument magnifique.

Eriol eut une moue appréciatrice.

Eriol : Je suis de ton avis, elle est plutôt…

Mais il s'interrompit, coupé par une musique qui d'un faible bourdonnement devint de plus en plus sonore. Une musique qui ressemblait à s'y méprendre au générique de Hello Kitty.

Hoshi rougit et sortit son téléphone portable, responsable du vacarme.

Hoshi : Excuse-moi.

Elle s'éloigna pour répondre à l'appel.

Hoshi : Allô ? … Rei ?!

Elle baissa subitement la voix et Eriol se tourna de nouveau vers la vitrine. Il contemplait le coffre qui avait captivé Hoshi d'un air songeur. Une idée germait dans son esprit. Une idée à priori très bonne et tout à fait réalisable. Et qui tombait également à point nommé.

Le retour d'Hoshi le fit sortir de ses pensées. Elle arborait un visage soucieux et semblait tout à coup pressée.

Hoshi : Je suis désolée, Tenshi a un problème, je dois y aller c'est urgent.

Eriol (sourire amusé) : Tenshi a un problème et c'est Rei qui t'appelle ?

Hoshi s'autorisa une mimique amusée devant le sous-entendu évident.

Hoshi : Oui oui, c'est Rei qui a appelé ! Laisse donc ces deux-là régler leurs problèmes tout seuls, ils sont assez grands !

Elle reprit un ton sérieux.

Hoshi : Ecoute, je suis désolée de te laisser comme ça mais c'est grave, je dois absolument y aller.

Eriol : Je comprends, ne t'inquiète pas. Nous avons déjà passé un très bon moment ensemble.

Hoshi (sourire) : Oui. Et la prochaine fois, je ne partirai pas comme ça.

Eriol : Entendu.

Hoshi : Excuse-moi encore une fois.

Elle se détourna, s'apprêtant à partir. Mais Eriol la ramena à lui, il avait une dernière chose à lui dire. Ou plutôt, à lui transmettre. Sous le coup d'une impulsion, comme si ses sens lui avaient donné un ordre que son esprit n'avait pu vérifier. Une impulsion commandée par un désir.

Hoshi n'eut même pas le temps de se demander pour quelle raison Eriol l'avait retenue. Toute question, toute réflexion abandonna son esprit, chassées par une sensation des plus agréables qui ranimait en elle une émotion aussi inconnue que familière.

Des lèvres chaudes pressées contre les siennes. Des lèvres appartenant à Eriol.

Après avoir manqué un battement, le cœur d'Hoshi repartit de plus belle à un rythme effréné. A l'instant où elle crut qu'il allait exploser, Eriol se retira, interrompant le baiser et laissant une Hoshi toute étourdie et déboussolée. Ses yeux se rivèrent dans les siens, sérieux, sincères, même si sa propre audace l'étonnait.

Eriol : Pour que tu ne m'oublies pas.

Hoshi : … Eriol… Je…

Eriol : File, Tenshi a besoin de toi non ?

Une vague de culpabilité envahit Hoshi, qui acquiesça et partie en courant, après un dernier regard troublé à Eriol. Elle avait oublié Tenshi ! Tenshi, qui se mourrait, alors qu'elle, elle était toute entière occupée à ce bouleversant baiser. Son premier baiser. Et elle se rendit alors compte qu'elle n'aurait voulu que ce soit avec personne d'autre qu'Eriol.

Mais elle ne devait pas laisser ses pensées dériver. Elle chasse volontairement le souvenir de baiser à la fois si délicieux et si troublant. Tenshi avait besoin d'elle. Sailor Death avait de toute évidence frappé de nouveau.

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Inconsciente du drame qui se déroulait, July vivait sa propre tragédie. A un degré bien moindre certes, mais pour la principale intéressée, c'était le calvaire.

Elle était sortie effectuer quelques courses à la demande de Mako, qui ne pouvait bouger de la boutique. July avait accepté sans se plaindre, elle avait aussi besoin de sortir un peu et de se changer les idées. En effet, elle se sentait maussade ces derniers temps. En partie parce qu'elle s'angoissait à propos de la marque de Sailor Death qui l'avait atteinte, mais il y avait autre chose, une raison obscure, qu'elle sentait sans pouvoir l'identifier. Prendre l'air lui ferait donc sûrement du bien.

Solidement emmitouflée dans son manteau noir et enserrée par son écharpe bleue, elle s'amuse à laisser ses empreintes de pas dans la neige toute fraîche sur tout le chemin jusqu'à l'épicerie. Le soleil commençait déjà à décliner, teintant les toits des maisons et les trottoirs enneigés d'une lueur dorée, comme s'ils s'enflammaient. Il ne chauffait pas, eut égard à l'hiver, mais July se sentit réconfortée par cet astre éclatant.

Elle s'apprêta à entrer dans l'épicerie, quand deux personnes en sortirent, deux personnes qu'elle reconnut instantanément. Et le contraire fut également vrai.

?? : Ah, ma chieuse préférée !

Ces yeux noirs moqueurs ne pouvaient pas tromper. Son pire fléau était devant elle. Pire que Sailor Death, assurément. Hiro Akashi. Il était accompagné d'Hanata.

July sentit son humeur s'assombrir un peu plus.

Hiro : Ça fait longtemps qu'on ne n'est pas vu !

July : Si tu étais venue en cours, tu m'aurais vue.

Son ton acerbe n'échappa pas à ses interlocuteurs.

July : De toute façon, moins je te vois, mieux je me porte.

Hanata (rire) : Elle a tout compris.

Hiro : Oh, tu es si cruelle avec moi !

Il avait employé le ton pathétique qu'il aimait utiliser pour faire enrager July, mais celle-ci n'avait pas le cœur à leurs disputes.

July : Ne commence pas à m'ennuyer.

Hanata voulut intervenir pour essayer de détendre l'atmosphère devenue tendue et empêcher Hiro de répliquer, ce qu'il s'apprêtait à faire, elle le connaissait suffisamment pour en être certaine.

Elle leva le sac plastique qu'elle avait à la main.

Hanata : On s'apprêtait à aller manger un morceau devant le temple Sengaku-ji. Tu veux nous accompagner ?

July : Non merci.

Hiro : Oh allez July ! Ça sera sympa ! Tu m'en veux pour le dernier jour de cours ? Franchement, ce n'est pas grave !

July : Ça n'a rien à voir, laisse tomber.

Hiro soupira en se passant une main dans les cheveux.

Hiro : Tu es incompréhensible des fois, July.

July : J'ai le droit de ne pas être de bonne humeur, ok ?

Elle était exaspérée, sans toutefois en comprendre vraiment la raison, car après tout, Hiro ne lui avait rien fait, en tout cas pas plus que d'habitude. Elle les dépassa, Hanata et lui, pour entrer dans l'épicerie, pressée d'en finir avec cette conversation. Mais elle n'en eut pas le loisir, Hiro la retint par le bras.

July : Lâche-moi.

Hiro : Sûrement pas. July, si tu as des problèmes, tu peux m'en parler. Nous sommes amis après tout.

Un instant elle fut tentée de lui confier son ressentiment ; mais Hanata lui offrit un sourire rassurant, et alors elle se referma. Non, elle ne voulait pas que Hiro s'occupe d'elle. Pas par pitié ou obligation.

July : Je vais très bien, laisse-moi tranquille.

Hanata : Est-ce moi qui te dérange ?

Sa voix était douce mais affirmée. Hanata était observatrice, et essayait simplement de comprendre. July se renfrogna, et la honte colora ses joues.

July : Non, bien sûr que non.

Hiro : Hana, qu'est-ce que tu racontes ? Pourquoi est-ce que tu aurais quelque chose à voir là-dedans ?

Hanata : Je ne sais pas. Je cherche à comprendre.

Elle mentait. Elle pensait savoir ce qui se passait. Mais ce n'était pas à elle de le dire, oh non. Contre toute attente, elle se mit à rire. Décidément, Hiro n'en ratait pas une !

Hiro : Mais qu'est-ce que tu as à rire ? Je suis assurément bien malchanceux avec deux filles comme vous ! Entre l'une qui fait la tronche et l'autre qui se marre toute seule, je suis bien avancé !

Hanata, toujours secouée d'un fou rire, lui tapota l'épaule.

Hanata : Tu comprendras, va. Ne t'inquiète pas.

Hiro, loin de se contenter de cette phrase énigmatique, s'apprêtait à demander des explications, quand un vif éclat de lumière verte illumina le ciel, précédant un furieux éclair de foudre déchaînée. Le soleil, quoique déclinant, était pourtant toujours présent dans l'éther orangé du couchant.

July comprit avant même que la voix ne retentisse dans son esprit et, se dégageant de la prise de Hiro, elle murmura un vague « Désolée j'ai à faire », avant de se mettre à courir en direction du tonnerre et de l'éclat de lumière.

« Sailor Death » avait clamé la voix alliée dans sa tête.

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Il obéissait. Sa maîtresse lui avait ordonné de semer la pagaille quelque part à Tokyo, alors c'est ce qu'il faisait. Distraire ses ennemies était si facile… L'une d'elle allait venir sans doute rapidement à sa rencontre.

Et il se faisait une joie de s'en occuper.

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Hiro vit July lui échapper trop rapidement pour qu'il puisse la retenir. Encore une fois, pensa-t-il. Mais cette fois-ci, il n'allait pas la laisser faire. Il avait bien vu dans ses yeux que quelque chose la tracassait. Et foi de Hiro, il découvrirait ce que c'était. Et l'aiderait, bien entendu. Sa chieuse préférée n'était pas la même quand elle ne répliquait pas à toutes les piques qu'il lui lançait.

Il déposa le sac qu'il avait à la main dans les bras d'Hanata.

Hiro : Désolé je reviens. Tu peux me garder ça et m'attendre ici s'il te plaît Hana ? T'es super merci.

Et sans attendre de réponse, il la planta sans autre forme de procès et partit à la poursuite de July. Elle ne lui échapperait pas. Pas cette fois. Elle allait lui dire ce qui n'allait pas.

Hanata sourit en regardant son meilleur ami tourner à l'angle de la rue à la suite de July. Ces deux-là l'amusaient. Elle était curieuse de voir comme cela finirait.

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July courait, courait. Sailor Death avait encore frappé ; il fallait se dépêcher.

July : Où est-elle ?

Voix alliée : Il. Elle a envoyé Necros. Tourne à droite.

July : Merci. Le bouclier de protection est en place ?

Voix alliée : Tu viens de rentrer dans son périmètre.

July : Très bien. Pouvoir du cristal de Flora, transforme-moi !

Un éclair de lumière verte plus tard, Sailor Sakura apparut.

Sailor Sakura : Je suis prête !

Guidée par les indications de son alliée, elle finit par déboucher sur un important carrefour, au niveau duquel plusieurs routes se croisaient. L'endroit était désert, grâce au kekkai mis en place pour éloigner les passants du danger. Sailor Sakura parcourut tout l'espace du regard afin de repérer Necros.

Sailor Sakura : J'aurais sûrement besoin d'aide. Où sont les autres ?

Voix alliée : Yume et Spirit ne viendront pas, il y a un problème. J'ai réussi à contacter Genki, elle arrive le plus rapidement possible.

Sailor Sakura : Et Amy ?

Voix alliée : Je ne peux pas la joindre, je ne peux établir de contact avec les Sailors Senshis.

Sailor Sakura : Alors je vais devoir me débrouiller toute seule, pour le moment.

Elle avança de quelques pas, prudemment, désireuse de ne pas s'exposer. Précaution qui s'avéra utile, car un rayon d'énergie maléfique la frôla une demi-seconde plus tard. Reculant précipitamment, elle répliqua immédiatement.

Sailor Sakura : Cercle végétal de Flora !

Sans attendre de voir si son attaque avait atteint sa cible, elle courut jusqu'à un point qui lui permettrait de voir son ennemi.

Necros : Maudite sois-tu, petite Sailor !

Elle leva la tête ; il était bien là. Vêtu entièrement de noir, capuche rabattue sur un visage inexistant, flottant dans les airs, tel était le serviteur de Sailor Death. Sakura lui adressa un sourire ironique.

Sailor Sakura : C'est toujours un plaisir.

Necros : Tu es toute seule aujourd'hui ? Comme c'est dommage pour toi !

Sailor Sakura : Ça ne m'empêchera pas de te mettre ta raclée !

Elle lui renvoya un cercle végétal, qu'il esquiva avant de contre-attaquer. Sakura roula sur le côté, évitant le rayon noir.

Sailor Sakura : C'est inutile, tu sais bien que tes pouvoirs sont inutiles contre moi !

Necros : Ma maîtresse m'a doté de sa nouvelle magie, qui peut vous résister.

Comme pour appuyer ses dires, il fit jaillir un rayon concentré de pure énergie de ses mains.

Voix alliée : Attention !

Sailor Sakura amorça un mouvement mais l'attaque, plus rapide que d'ordinaire, la frappa de plein fouet. Projetée à terre, elle accusa le coup.

Sailor Sakura : Son attaque m'a touchée !

Voix alliée : Le nouveau savoir de Sailor Death lui a été transmis. Fais attention ! Ses rayons pourront te blesser.

Sailor Sakura : C'est déjà fait…

Elle se releva péniblement, la main plaquée contre son ventre. Quand elle la retira, elle était tâchée de sang.

Voix alliée : Comment te sens-tu ?

Sailor Sakura : Bien, rassurez-vous. La blessure est superficielle, même si elle saigne abondamment.

Elle fit face à Necros, une détermination farouche lisible dans ses yeux.

Sailor Sakura : Et il y a quelqu'un dont nous devons nous occuper.

Necros : Je t'attends, ridicule petite Sailor !

Le combat reprit. Après plusieurs échanges vains de rayons d'énergie, Sailor Sakura comprit qu'elle n'arriverait à rien ainsi.

Sailor Sakura : Il faut d'abord le faire descendre de son perchoir. A terre, il aura plus de difficultés. Allez mes plantes ! Aidez-moi ! Croissance luxuriante !

Invoquées par le pouvoir de la Sailor de la Nature, des lianes et des racines sortirent de terre et se lancèrent à l'assaut de l'ennemi pour l'amener au sol. Mais Necros parvint à se protéger. De rage, Sakura fit de nouveau appel à son pouvoir afin de faire venir les racines à elle et les lier entre elles.

Sailor Sakura : Si tu ne viens pas à moi, c'est moi qui viendrai à toi !

Elle sauta alors sur la plate-forme végétale qu'elle avait ainsi créée, puis elle la dirigea vers Necros. Quand elle se serait suffisamment approchée, elle pourrait frapper. A l'aide ses pouvoirs elle forma une épée de bois. Elle n'avait pas les compétences de Tenshi au corps-à-corps, mais possédait ses propres capacités au kendo. Elle avait juste besoin d'un sabre, que la nature venait de lui fournir.

Necros tenta de la faire chuter, mais elle louvoya entre ses rayons. Plusieurs la frôlèrent mais elle garda le contrôle de la plate-forme.

Enfin, elle arriva au niveau du serviteur de Sailor Death. Elle arma son ken et frappa. Necros érigea un bouclier en hâte pour se protéger, mais la lame végétale, renforcée par le pouvoir de sa porteuse, descendait déjà sur lui.

L'impact fut violent. Les deux adversaires furent projetés. Mais si Necros put se rétablir tant bien que mal grâce à son pouvoir de lévitation, Sailor Sakura, sans sa plate-forme pour la soutenir, se sentit tomber. En chute libre. Désespérément libre. Elle réfléchit à ce qu'elle pourrait faire pour se rattraper, mais elle tombait bien trop rapidement.

Cependant, le choc redouté contre le bitume du sol ne vint pas. Ouvrant les yeux qu'elle avait instinctivement fermés pendant sa chute, Sailor Sakura rencontra un regard noir. Son cœur manqua de lâcher sous la surprise.

Sailor Sakura : Hiro ?!

Voix alliée : Attention ! Au-dessus de toi !

Laissant sa stupéfaction de côté, aussi grande soit-elle, elle poussa le garçon qui l'avait rattrapée et tous deux s'affalèrent. Un rayon maléfique s'abattit à l'endroit où ils trouvaient une seconde avant. Sakura se releva prestement et contre-attaqua. Il fallait s'occuper de Necros avant de poser toute question.

Elle esquiva plusieurs attaques et tenta de l'atteindre. Mais elle était préoccupée et pas attentive à son combat. Que faisait Hiro ici, bon sang ?!

Sailor Sakura : Je croyais que personne ne pouvait rentrer dans le kekkai à part nous !

Voix alliée : C'est la vérité. Si ce garçon a pu entrer, c'est que sa volonté d'entrer était plus forte que tout. Qu'il voulait passer à tout prix. Ou qu'il a des pouvoirs.

Sailor Sakura : Ça c'est impossible. Il est abasourdi par la situation, je l'ai vu dans ses yeux.

Voix alliée : Derrière toi !

Sakura effectua une roulade pour éviter la nouvelle attaque de Necros. Cependant, elle remarqua que celle-ci était moins précise. Son ennemi avait été ébranlé par leur clash précédent.

Appelant grâce à son pouvoir son épée de bois qu'elle avait lâchée dans sa chute, elle la lança de toutes ses forces en direction du serviteur de Sailor Death. Elle se ficha dans son épaule droite.

Sailor Sakura : Touché !

Necros : Argh…

Ayant déjà été secoué par l'impact précédent, il décida de se retirer. Il avait déjà bien occupé la petite Sailor, il avait donc rempli sa mission. Il fit un geste et s'évanouit dans un vortex de lumière noire.

Sailor Sakura : Lâche.

Voix alliée : Les affrontements avec les serviteurs de Sailor Death ne sont jamais bons. Mieux vaut qu'il se soit enfui.

Sailor Sakura : Peut-être.

Hiro : July ?!

Sakura se retourna, saisie de panique. Elle en avait presque oublié Hiro. Mais il avait bel et bien vu toute la scène, Necros, son costume de Sailor, leurs pouvoirs respectifs… Et il l'avait sauvée. Elle ne pouvait le nier. Il l'avait rattrapée alors qu'elle tombait. Il avait été là. Pour elle.

Ignorant ses joues qui s'empourpraient, elle fit face à lui. Qui la contemplait avec toute l'incompréhension à laquelle on pouvait s'attendre.

Hiro : July, qu'est-ce qui se passe ici ? Je ne comprends pas.

Il avait une foule d'autres questions à poser, mais il se retint. Les yeux noisette de sa vis-à-vis l'en empêchaient. Elle était comme un animal acculé. De fait, elle se demandait ce qu'elle devait faire, quelle attitude adopter. Comment expliquer à Hiro la scène qui venait d'avoir lieu ? Pouvait-elle lui avouer qui elle était véritablement ? La croirait-il ?

Dans tous les cas, elle ne pouvait pas décider de cela toute seule. Tenshi, Sora et Hoshi avaient leur mot à dire. Toutes les Sailors Crystal étaient concernées par le fait que leur secret soit en péril.

Hiro : Tu ne veux rien me dire ?

Sailor Sakura : Je ne peux pas.

Hiro : Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?

Sailor Sakura : Ne rends pas les choses compliquées.

Hiro : C'est moi qui rends les choses compliquées ?! Alors que tu me caches des trucs importants ? Merde, je croyais que nous étions amis July ! Tu peux tout me dire !

Sailor Sakura : Ce n'est pas le problème !

Hiro : Il est où alors le problème ? Tu ne me fais pas confiance ?

Sailor Sakura : Ça n'a rien à voir !

Hiro : Alors dis-moi ce qui se passe !

Sailor Sakura : JE NE PEUX PAS !

Son cri retomba dans le silence pesant. Hiro la regardait dans les yeux, tentant de découvrir, de déchiffrer ses pensées. Mais elle s'était fermée comme une huître.

Hiro (doucement) : Tu ne me diras rien alors.

Sakura s'apprêta à acquiescer, mais elle se sentit soudain mal. Ses jambes se dérobèrent sous elle et elle s'affala sur le sol. Elle eut juste le temps de se rappeler qu'elle était blessée avant de sombrer dans l'inconscience.

Hiro : July !

Le cœur soudain rempli d'appréhension, il accourut à ses côtés. Son inquiétude crût de façon alarmante alors qu'il retirait une main pleine de sang de la jeune fille après l'avoir calée contre lui.

Hiro : Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

July ne voulait rien lui dire. Libre à elle. Mais il se jura de découvrir quel secret elle cachait, un secret si dangereux qu'elle en était blessée. Il éluciderait le mystère, foi de Hiro.

Et voilà un bon gros chapitre bien plein de terminé ! lol. J'espère qu'il vous a plus, moi en tout cas c'est l'un de mes préférés. Il y a de tout, vie privée des filles, Sailor Death, action, sentiments, bref tout le monde trouve son compte XD.

Je vous donne la réponse pour le mini-jeu de chap précédent, à savoir retrouver qui dit quoi : Amy, Frédérique, Hoshi, July, Mako, Minako, Mylène, Olivia, Raya, Séverine, Sora, Tenshi (et en effet, July était violente mais c'est tout à fait elle XD.).

Enfin, j'ai décidé de reprendre toute la fanfiction en abandonnant le style théâtral, trop restreint parfois. Je pense avoir suffisamment bien évolué dans mon écriture, il ne me correspond plus. Et j'espère donner une réelle amélioration ainsi.

Voilà, je vous laisse ainsi, les longs discours ne sont pas toujours intéressants. Je vous dis à la prochaine, et je remercie encore celles qui me suivent. Gros bisous à tous.