Chapitre 2.

Flack se gara devant Les Nymphes, et entra dans le club. Il fut aussitôt assailli par la musique et la fumée de cigarette qui formait un nuage dans la salle. Il repéra Alana appuyée au bar, qui surveillait une des danseuses. Il la rejoignit, et quand il fut assez prêt, il put remarquer qu'elle était vêtue d'une robe près du corps, et de chaussures à talons. Ses cheveux étaient lâchés sur ses épaules. Il fut obligé de hausser le ton pour lui parler, et lui lança :

_ Bonsoir !

Elle quitta la danseuse des yeux, et le regarda. Elle le vit lorgner sa robe, et éclata de rire. Il lui demanda :

_ Avec une robe aussi apprêtée, où rangez-vous votre arme ?

_ Dans mon sac. Et si vous me demandez pourquoi la jupe est fendue aussi haut, je vous flanque un coup de pied retourné en guise de démonstration.

Flack rit avec elle. Ensuite, Alana lui désigna la danseuse qu'elle surveillait, et lui dit :

_ C'est elle qui accuse Cardignac de l'avoir violée.

Elle regarda Flack, et remarqua qu'il avait gardé son costume. Elle dénoua sa cravate. Comme il la regardait s'un air surpris, elle s'expliqua :

_ Vous faîtes tâche dans le décor. Vous en voyez beaucoup des hommes qui se promènent dans un club de strip-tease en costume ?

_ C'est vrai.

Elle lui retira sa cravate, la glissa dans la poche de sa veste, puis lui déboutonna le col de sa chemise.

_ C'est un peu mieux.

_ Vous dîtes que je fais tâche, mais vous avez déjà vu une femme autre qu'une danseuse dans un club de strip-tease, vous ?

Elle saisit une de ses mèches, la mit sous son nez, et demanda :

_ Et avec une moustache, ça va mieux ?

Il éclata de rire. Puis, il reporta son attention sur la danseuse, et la vit se diriger vers les coulisses. Il dit à Alana :

_ Je crois que c'est le moment d'aller lui parler.

Lui et la jeune femme la suivirent, et entrèrent dans les vestiaires à sa suite.

_ Beckie ? Beckie Lewis ? demanda Alana, à la jeune danseuse, qui se démaquillait.

La jeune femme se retourna, et répondit, intriguée et méfiante :

_ Oui. Qui êtes-vous ?

_ Je suis le lieutenant Flack, et voici ma partenaire, le lieutenant Queen, répondit Don en lui montrant son insigne.

Alana lui jeta un regard en coin, en l'entendant la faire passer pour un policier. Heureusement pour elle, Beckie ne demanda pas à voir son insigne, et se contenta de celui de Flack.

_ Qu'est-ce que vous me voulez ?

_ On est là pour la plainte que vous avez déposée, fit Alana.

_ Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Je vous ai déjà tout dit, fit-elle, nerveuse.

_ Et bien, le collègue qui s'occupe de votre affaire a dû partir en congé maladie, et il n'a pas eu le temps de nous mettre au parfum, alors si vous pouviez nous raconter en détails ce qui s'est passé ce soir là, ça nous aiderait beaucoup, fit Alana avec un sourire innocent.

_ Je dansais, comme tous les soirs, et il y avait ce type…

_ Vous l'aviez déjà vu auparavant ?

_ Oui, c'était un habitué.

_ Il avait un comportement étrange ?

_ Je crois qu'il avait des vues sur moi. A chaque fois qu'il venait ici, il ne regardait que moi. Il me laissait de bons pourboires.

_ Revenons-en au soir du viol, s'il vous plaît.

_ Lisez votre rapport, répondit Beckie, de plus en plus nerveuse. Je me souviens plus très bien.

_ Creusez dans vos souvenirs, vous allez certainement vous rappeler quelque chose.

Beckie soupira, et dit :

_ Après le show, je suis sortie pour récupérer ma voiture, et il m'attendait. Il m'a sauté dessus, m'a arraché mes vêtements, et m'a violée. C'est tout ce dont je me souviens.

Alana la remercia, et retourna dans la salle principale, suivie de Flack. En sortant, ils virent deux des propriétaires, qui se tenaient de chaque côté de la porte. Elles les dévisagèrent, et ne les lâchèrent plus du regard, jusqu'à ce qu'ils soient retournés au bar.

_ Y'a quelque chose de pas net chez cette fille, fit Alana, quand ils purent parler tranquillement.

_ C'est peu de le dire. Je crois qu'on a piégé votre ami.

_ N'allez pas trop vite en besogne.

_ Quoi ? Vous ne pensez pas qu'on l'a piégé ?

_ Si, mais… c'est pas mon ami. Dites-moi, une équipe du CSI a bien été dépêchée pour récupérer les indices ?

_ Bien sûr, toujours.

_ Vous croyez qu'ils accepteraient de réexaminer les indices ? Quelque chose a dû leur échapper. Je sais que cette fille a été violée… tout du moins, c'est ce qu'assure le kit de viol.

_ Comment savez-vous ce que dit le kit de viol ?

_ Si je vous le dis, il faudra que je vous tue. Plus sérieusement, je sais aussi que Cardignac n'est pas un violeur. Qui fait partie de l'équipe du CSI qui s'est occupée des indices ?

_ Stella Bonasera, et Lindsay Monroe.

_ J'aimerai travailler avec elles. Vous pensez qu'elles accepteront ?

_ Ça me paraît difficile, vous n'êtes pas flic. Mais, je peux demander à récupérer l'affaire, et vous tenir au courant des avancées scientifiques. Pour l'enquête sur le terrain, vous pourrez faire équipe avec moi.

_ Vous savez qu'en me faisant passer pour un flic, vous risquez votre insigne ?

_ Mes supérieurs ne sont pas obligés de le savoir.

Alana regarda sa montre, puis dit :

_ Je dois rentrer. J'ai une journée chargée demain. Largo et moi avons eu l'autorisation de parler à Cardignac. A mon avis, il va être très remonté.

_ Pourquoi ?

_ On a appris qu'on lui avait assigné un avocat commis d'office. Ça a dû le faire sortir de ses gonds.

Elle ne put s'empêcher de rire.


Largo et Alana étaient dans une salle avec Cardignac, afin de recueillir sa version des faits. Son avocate, Maître Andersen, était avec eux. Cardignac fulminait d'être traité comme n'importe qui.

_ Largo, j'ose espérer que vous allez engager le meilleur avocat de New York ! Je ne veux pas de cette…

_ On se calme, Michel, fit Largo. Parlez-nous plutôt de ce qui s'est passé avec Beckie Lewis.

_ Je suis allée la voir danser, comme je le fais souvent. Je lui ai laissé un pourboire assez conséquent.

_ Les analyses montrent que vous ayez bu beaucoup d'alcool, fit Andersen.

_ J'ai seulement bu 3 verres de champagne !

_ Dites-nous pourquoi on a retrouvé votre peau sous ses ongles ? demanda Alana.

_ Elle m'a griffé en dansant contre moi.

_ Et votre carte de visite ?

_ Je sais plus. J'ai dû la lui glisser dans…

_ Ça va, pas besoin de détails, le coupa Alana.

_ De quoi vous souvenez-vous, Michel ? lui demanda Largo.

_ Je me souviens de presque rien. Je me souviens qu'on avait bu assez pour être ivres, je me souviens d'être sorti avec elle, je me souviens du parking, mais ensuite plus rien. Elle avait craqué pour moi, c'est si difficile à admettre ? Elle était folle de moi. Je ne comprends pas pourquoi elle m'accuse de l'avoir violée.

_ Vous rendez-vous compte, Mr Cardignac, que tous les indices sont contre vous ? lui demanda son avocate.

_ Dites donc, vous, vous êtes pas censée me défendre ?

_ Je vous informe juste que tout vous montre du doigt, tout vous désigne coupable.

_ Largo, trouvez moi un vrai avocat. Je ne veux pas de cette incompétente.

Andersen se leva, et dit :

_ Vous avez raison. Je m'en vais, je pers mon temps, ici.

Largo se leva aussi, et dit :

_ Maître Andersen, s'il vous plaît, attendez-moi dehors. Il faut que je vous parle.

L'avocate sortit, et Largo regarda Cardignac.

_ Ecoutez, Michel, vous allez arrêter de vous comporter en gamin pourri gâté. Je vous signale que Kerensky a fait des recherches sur Andersen. Elle est extrêmement compétente.

_ Ah oui ? Alors pourquoi est-elle commise d'office ?

_ Par choix. Elle veut permettre aux plus pauvres de se défendre. Je ne la renverrai pas.

Sur ce, il sortit. Alana ne tarda pas à le suivre. Dehors, ils retrouvèrent Andersen. Largo la pria d'excuser le comportement inadmissible de Cardignac, et lui assura qu'il ne prendrait pas d'autre avocat. Andersen parut surprise.

_ Mais… pourquoi ? Je veux dire, avec votre argent, vous avez de quoi vous assurer les services des meilleurs avocats du monde, pour le reste de votre vie. Pourquoi ne pas prendre un as du barreau ?

_ Parce que j'ai toute confiance en vous. Je sais ce que vous valez. Quand aura lieu l'audience préliminaire ?

_ Demain.

Alana aperçut Flack, et le rejoignit.

_ Hey, Boy Scout, l'appela-t-elle. Quoi de neuf ?

_ Boy Scout ? grimaça-t-il.

Alana hocha la tête.

_ J'ai pu récupérer l'enquête. Venez, je vous emmène au labo du CSI. Ils vous expliqueront mieux que moi ce qu'ils ont trouvé.

Elle le suivit jusqu'au labo, où il lui présenta Stella et Lindsay.

_ Pourquoi voulez-vous qu'on reprenne nos analyses ? lui demanda Stella.

Consciente qu'elle lui avait donné l'impression qu'elle remettait en cause son travail, elle essaya de la rassurer :

_ Je sais très bien que vous connaissez votre boulot, et que vous êtes très compétente, seulement je refuse de croire qu'un employé du Groupe W soit un violeur, surtout pas Cardignac. En tant que membre de la sécurité du Groupe, je peux vous dire que tous les renseignements ont été pris sur nos employés, surtout en ce qui concerne les membres du Conseil. Comprenez qu'ils ont accès à des dossiers très importants pour le Groupe. Je connais Cardignac, et je peux vous assurer que ce n'est pas un violeur. Je voudrais comprendre ce qui s'est passé cette nuit là, et pourquoi Cardignac a été piégé.

Stella la regarda un instant, silencieuse. Alana commençait à penser que la jeune femme allait la mettre dehors avec pertes et fracas. Mais, elle soupira, et dit :

_ D'accord, je vous crois. J'ai refais les analyses du kit de viol, et j'ai trouvé quelque chose d'étrange.

_ Etrange comment ?

_ Disons que c'est pas le genre de chose qu'on s'attend à trouver dans le cas d'un viol. Nonoxinol 9, alcool polyvinyle et glycérine.

_ En langage clair, ça veut dire quoi ? demanda Alana, complètement larguée.

_ C'est un film contraceptif, qui est difficile à détecter. Il se dissout à la chaleur, et comme vous le savez, en cas de rapport, le corps s'échauffe. Il faut insérer ce film 15 minutes à 3 heures avant le rapport.

_ Ce qui veut dire que Beckie a inséré le film pendant qu'elle était au travail, fit Alana, qui voyait où la scientifique voulait en venir.

_ Comment a-t-elle pu prévoir qu'elle allait être violée ? fit Flack, suivant la déduction.

_ Exactement, fit Stella

Un sourire étira les lèvres d'Alana, et elle s'exclama :

_ Je crois qu'on tient de quoi innocenter Cardignac !

Elle sortit son portable, et composa un numéro.

_ Largo ? Alana, dit-elle dans le récepteur. J'ai de très bonnes nouvelles. Cardignac va pouvoir être libéré sans passer par la case « tribunal ». On a la preuve que la fille a menti.

Elle se tourna vers les autres, et remercia chaudement les deux scientifiques. Puis, elle demanda à Flack :

_ Je retourne voir Les Nymphes. Je veux savoir pourquoi elle a fait ça. Vous m'accompagnez ?

_ Avec joie. J'aimerais bien savoir pourquoi, moi aussi.


Flack et Alana entrèrent dans le club. Ils repérèrent Beckie, et se dirigèrent vers elle.

_ Hey, Beckie ! fit Alana. Vous vous souvenez de nous ?

_ Ouais, vous êtes flics.

_ On est là pour parler de votre petit mensonge, fit Flack.

_ Quel petit mensonge ?

_ Allez, on sait tout, lui dit Don.

_ La question est : « pourquoi avoir accusé Michel Cardignac de viol, alors qu'il n'a rien fait, et vous le savez très bien ? »

_ J'ai pas menti.

_ Ouh, la vilaine, elle persiste, dit Alana. Vous avez deux solutions : soit vous retirez votre plainte, soit vous continuez à l'accuser, et dans ce cas, ça se règlera au tribunal, et on apportera la preuve que vous avez menti. Ça s'appelle un faux témoignage, et… combien ça coûte, ça, Flack ?

_ Je ne crois pas qu'elle ait envie de le savoir.

_ Vous avez raison. Y'a rien de pire que la prison.

Elle regarda Beckie, qui paraissait affolée, et lui dit :

_ Alors, qu'est-ce que vous décidez ?

_ D'accord… Je vais retirer ma plainte. Ecoutez, je pensais pas que ça irait aussi loin. Une de mes amies a accusé un richard de viol. Il a casqué pour s'en tirer. Je voulais juste de l'argent.

Flack et Alana se regardèrent, chacun pouvant voir dans les yeux de l'autre tout le mépris que lui inspirait Beckie. Alana regarda Beckie droit dans les yeux, et lui dit, cassante :

_ Avec une mentalité telle que la vôtre, vous irez loin !

Puis, elle tourna les talons, et sortit du club. Elle marcha droit devant elle. Flack la rappela :

_ Hey ! La voiture est juste là !

Elle s'arrêta, se retourna, et marcha vers lui. Elle fulminait.

_ Je ne comprendrais jamais la cupidité humaine. Comment peut-on salir ainsi la réputation d'un homme, quitte à l'envoyer en prison, pour de l'argent ?

_ Je sais, c'est aberrant. Allez, venez, je vous offre un verre.


Flack et Alana étaient attablés devant une bière.

_ J'ai remarqué que vous et votre patron étiez très liés…

_ Je vous arrête tout de suite. Si vous insinuez qu'il se passe quelque chose entre Largo et moi, vous vous trompez. Il est follement amoureux de Joy Arden. Elle fait partie de l'équipe de sécurité. Si on s'entend aussi bien, c'est parce qu'on est une famille ; une grande famille, venant d'horizons divers et variés.

_ Et… vous avez quelqu'un dans votre vie ?

_ Mais, dites donc, lieutenant Flack ! Seriez-vous en train de me draguer ?

_ Tout à fait. Sauf si ça vous gêne.

_ Je pense que je vais pouvoir gérer ça. Mais, là, il faut que je rentre.

_ Laissez-moi vous raccompagner jusqu'au Winch Building.

_ Non, ne vous dérangez pas. Je vais prendre un taxi.

Elle finit sa bière, et au moment où elle s'apprêtait à partir, Don, la retint.

_ J'aimerais vous inviter à prendre le petit déjeuné.

_ Si vous voulez. Demain, 8 heure, au Beckett's Café, ça vous va ?

_ C'est parfait.


Flack attendait Alana au Beckett's Café. Il était 8h30, et Alana n'était toujours pas là. Il commençait à craindre qu'elle ne lui ait posé un lapin, quand il la vit pousser la porte, et entrer. Elle était toute de cuir vêtue, et portait un casque de moto. Elle l'aperçut, et se dirigea rapidement vers lui. Elle s'assit en face de lui.

_ Excusez-moi pour le retard, mais Largo partait en Europe tôt ce matin, et j'avais une foule de choses à voir avec lui avant. En plus, pile aujourd'hui, il y avait une circulation monstre. Même en moto, ça n'avançait pas vite.

_ Alors, comment ça se passe au Groupe W ?

_ Depuis que Beckie Lewis a retiré sa plainte, les choses sont redevenues normales – enfin, aussi normales qu'elles puissent être au Groupe W. Cardignac a été libéré hier soir.

_ Vous avez laissé votre patron partir seul en Europe ?

_ Non, Simon est avec lui. Et vous, vous êtes sur une nouvelle enquête ?

_ Non, pour l'instant c'est calme. Pourvu que ça dure.

_ Oui, avec la vie de fou qu'on mène, c'est agréable de rien faire, soupira Alana.

La serveuse apporta leurs petits déjeunés.

_ J'ai commandé pour vous, expliqua Flack.

Ils commencèrent à manger, tout en discutant. Le téléphone de Don sonna.

_ Finie la journée tranquille, ironisa Alana, tandis qu'il décrochait.

_ Flack, dit-il. Quoi ? Très bien, j'arrive.

Il raccrocha.

_ Désolé, je vais devoir vous quitter. On vient de me signaler un meurtre.

_ Allez-y, je vais finir toute seule.

Il sortit de la monnaie de sa poche.

_ Non, c'est pour moi. Ça m'apprendra à être en retard.


Flack arriva sur les lieux du crime. Il retrouva Stella et Lindsay.

_ Qu'est-ce qu'on a ? demanda-t-il.

_ Une mort par étouffement, lui répondit Stella. La police a reçu un appel anonyme d'une femme disant qu'elle avait entendu des cris venant d'ici. La victime, c'est Beckie Lewis.

_ L'entraîneuse ?

_ En personne. Il semblerait qu'on ait arrêté le tueur. Il était endormi à côté d'elle quand la police a défoncé la porte.

_ Faut vraiment être taré pour s'endormir à côté d'un cadavre ! Il est où ?

_ Dans la patrouilleuse.

Il regarda dans la direction indiquée, et s'exclama :

_ C'est une blague !

_ J'ai bien peur que non.


Stella et Lindsay relevèrent tous les indices à proximité du corps, puis celui-ci fut emmené. Stella prit une bouteille de champagne vide, l'emballa, et dit :

_ Ils se sont bien amusés !

_ Il y a une chose que je ne comprends pas, dit Lindsay, qui passait le lit à la lampe ultraviolet. Cette fille porte plainte contre lui pour viol, et le soir de sa libération, elle l'invite chez elle pour prendre un verre, et visiblement… ils n'ont pas fait que boire.

Stella regarda le drap, et vit des tâches luminescentes apparaître.

_ Ils se sont vraiment bien amusés ! dit-elle.

_ Oui. Vraiment, y'a un truc qui m'échappe. Pourquoi lui a-t-elle demandé de venir ?

_ Vous aurez peut-être votre réponse pendant l'interrogatoire.

Lindsay s'accroupit, et ramassa une fibre rouge sur la moquette, près de la porte. Elle l'emballa pour analyse. Les deux scientifiques passèrent la pièce au peigne fin, mais ne trouvèrent rien de plus. Elles firent un relevé d'empreintes, puis retournèrent au labo.


Alana rentra au Groupe W après son petit déjeuné en ville. Alicia Del Ferril l'intercepta avant qu'elle n'entre dans l'ascenseur, et lui dit :

_ Vous connaissez la dernière ? Cardignac a été arrêté ce matin, parce qu'il a tué la fille qu'il a violée.

_ Je vous rappelle, Alicia, qu'il a été blanchi de cette histoire.

_ Il n'empêche qu'il l'a zigouillée.

_ Je vais régler ça, Alicia. Autre chose ?

_ Non, je voulais juste vous mettre au courant. Les intérêts de Largo sont en jeu.

_ Comme c'est aimable à vous de vous soucier de Largo !

Une fois Alicia partie, Alana fonça dans son bureau, passablement énervée, et décrocha son téléphone.

_ Flack, entendit-elle dans l'écouteur.

_ C'est quoi, ce bordel ! fulmina-t-elle. Cardignac a été arrêté !

_ Ce matin.

_ C'est pour ça qu'on vous a appelé, hein !

_ Calmez-vous. Je ne savais pas de quoi il retournait avant que j'arrive sur les lieux.

_ Vous avez un sacré culot de me demander de me calmer ! Vous attendiez quoi pour me mettre au courant ! Que ça soit passé au journal du soir !

_ Désolé, mais je suis en train de travailler sur l'affaire ! Je n'ai pas eu le temps de vous prévenir !

Alana respira un grand coup, pour se calmer, bien consciente de s'en prendre à la mauvaise personne. Celui qui méritait son courroux, c'était Cardignac, qui n'avait pas suivi les consignes de Largo : rester loin de cette fille.

_ J'arrive. Je veux tout savoir.

A peine avait-elle raccroché, que son téléphone sonna. Elle décrocha :

_ Qui que vous soyez, dépêchez-vous, je suis pressée, dit-elle en guise de préambule.

_ Alana, c'est Largo. Qu'est-ce qui t'arrive ?

_ Euh… rien.

_ Tout va bien au Groupe, t'es sûre ?

_ Oui, oui, ne t'inquiètes pas, j'ai la situation bien en main. Je te rappelle. Un rendez-vous urgent.

Elle raccrocha sans avoir dit à son patron qu'un de ses employés était accusé de meurtre.

To be continued…