Désolée d'avoir mis autant de temps à mettre le troisième chapitre en ligne, mais j'étais en plein dans les exams, alors, je pouvais pas tout faire...
Chapitre 3
Alana débarqua au commissariat et monta directement dans le bureau de Flack. Elle posa son casque sur le bureau, et se planta devant Flack, les mains sur les hanches. Don ne put s'empêcher d'admirer ses formes mises en valeur par sa combinaison de cuir. Il redescendit vite sur terre, quand Alana lui demanda :
_ Qu'est-ce qui s'est passé ?
_ On ne sait pas encore. Mr Cardignac dit qu'il ne se souvient de rien. Mais, tous les indices nous ramènent à lui, et en plus on l'a retrouvé endormi à ses côtés.
_ Qui vous a prévenus ?
_ Un appel anonyme. Quelqu'un aurait entendu une femme hurler. Votre patron est au courant ?
_ Je lui ai rien dit.
Flack haussa un sourcil. Alana s'en aperçut.
_ Quoi ?
_ J'ai rien dit, répondit-il en levant les mains.
_ Mouais... admettons.
Elle sortit son portable, et dit quand elle obtint la communication :
_ Maître Andersen ? Alana Queen à l'appareil. Je crois que Cardignac va encore avoir besoin de vos services... très bien, je vous attends.
Elle raccrocha.
_ Elle arrive.
_ Merci, j'avais compris.
Alana et Maître Andersen se trouvaient dans une salle avec Cardignac. Celui-ci avait visiblement été mécontent de voir que la jeune avocate allait le défendre à nouveau. Largo avait beau lui avoir dit qu'elle était très compétente, il ne pouvait s'empêcher de se sentir méprisé d'avoir encore un avocat commis d'office.
_ Où est Largo ? demanda-t-il.
_ Toujours en Europe.
Michel dévisagea Alana, et s'exclama :
_ Il ne compte pas rentrer ?
_ Je ne lui ai rien dit.
Cardignac se leva, et commença à faire les cent pas dans la salle.
_ Non, mais, je rêve ! Comment je vais faire, pour sortir de là, moi !
_ Largo ne peut rien de plus pour vous. Vous êtes maintenant entre les mains de la justice. Kerensky se chargera de faire toutes les recherches nécessaires.
_ Kerensky me déteste !
_ On se demande bien pourquoi...
_ Alana, j'exige que vous appeliez Largo. Dites-lui de rentrer au plus vite.
_ J'ai un scoop pour vous, Michel : je ne suis pas à vos ordres. De plus, il est hors de question que je dérange Largo, alors qu'on peut se débrouiller sans lui.
_ Vous voulez surtout prouver que VOUS pouvez vous débrouiller toute seule ! C'est ma tête qui est en jeu ! Vous êtes simplement jalouse que Largo ait choisi Simon au lieu de vous, pour diriger l'Intel Unit.
Alana se leva à son tour, et toisa Michel. Ses yeux lançaient des éclairs.
_ Sachez que je n'ai rien à prouver. Je ne suis absolument pas jalouse que Simon soit devenu le chef de la sécurité.
Elle se dirigea vers la porte, s'apprêtait à la franchir, quand elle s'arrêta et se retourna. Elle ajouta :
_ Comme vous l'avez dit vous-même, c'est VOTRE tête qui est en jeu. Quand vous serez décidé à coopérer, appelez-moi, et je trouverai un créneau pour vous, entre deux rendez-vous.
Elle sortit, et regagna le Groupe W, non sans avoir dit à Flack de la prévenir s'il avait une quelconque information. À peine était-elle arrivée dans son bureau, que son téléphone sonna. Elle brancha le haut-parleur, et répondit, d'une voix distraite, tandis qu'elle retirait son blouson de cuir :
_ Queen.
La voix énervée de Largo la fit se concentrer en ¼ de seconde :
_ Qu'est-ce que j'apprends ! Cardignac a été arrêté pour meurtre ! Comment se fait-il que je l'apprenne de Cardignac ! Tu crois pas que tu aurais pu m'appeler !
Alana grimaça. Elle allait tuer Cardignac. Qu'on la laisse seule avec lui pendant seulement une seconde, et elle lui ferait sa fête !
_ Je voulais pas te déranger avec ça. Kerensky et moi prenons tout en main. De toutes façons, tu peux rien faire de plus. Cardignac a été retrouvé à côté d'elle. En plus, il a un mobile : elle l'a accusé de viol pour lui soutirer de l'argent. Ne t'inquiètes pas, Maître Andersen s'occupe de sa défense.
Elle entendit Largo soupirer.
_ D'accord, dit-il. Tu as carte blanche, mais si quelque chose tourne mal, je veux que tu me préviennes tout de suite, compris ?
_ A tes ordres, chef. Alors, et ce contrat, ça avance ?
_ Pas vraiment. Les Italiens sont coriaces.
_ Bon courage, dit Alana avant de raccrocher.
Elle décida d'appeler le labo du CSI, pour savoir si l'analyse des preuves avançait.
_ Mac Taylor, entendit-elle.
_ Lieutenant Taylor, Alana Queen. Est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez sur l'affaire du Beckie Lewis ?
Il y eut un silence au bout du fil. Alana insista :
_ S'il vous plaît, c'est important. Je ne porte pas Cardignac dans mon cœur, mais il risque sa vie. Mon travail, c'est de veiller aux intérêts du Groupe, et ça me coûte de le dire, mais Cardignac est un membre important du Groupe. Si un des membres du Groupe W était coupable de meurtre, les conséquences pour l'avenir du Groupe seraient désastreuses.
Nouveau silence.
_ Je vous en prie, Mac...
Mac soupira, puis finit par dire :
_ D'accord, venez au labo.
_ Merci. J'arrive tout de suite.
Alana entra dans le labo. Elle retrouva Mac, en train de comparer le sperme retrouvé sur le drap de Beckie, avec le profil ADN de Cardignac.
_ On a une correspondance, lui dit-il.
_ Je m'en serais doutée.
Stella entra dans le labo, une feuille à la main.
_ Mac, j'ai trouvé quelque chose d'étrange. Oh, bonjour Alana.
_ Bonjour, Stella.
_ Qu'est-ce qui est étrange?
_ Beckie avait des traces de rohypnol dans le sang.
_ La drogue du viol ? demanda Alana.
_ Tout à fait. Ça enlève toute combativité à la victime.
_ Alors, expliquez-moi comment quelqu'un a pu entendre Beckie crier, si elle était dans le cirage ?
_ Il y a plus surprenant, fit Stella. Le sang de Mr Cardignac contenait aussi des traces de rohypnol.
_ Ça, c'est bizarre, en effet ! s'exclama Alana. Ça voudrait dire que Cardignac s'est fait piégé deux fois en peu de temps, et dans des circonstances similaires ! Heureusement qu'il plus de chance en affaires ! Et dire que l'usage veut que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit !
A ce moment là, Flack entra dans le labo. Il ne remarqua pas tout de suite Alana.
_ Alors, dit-il, ça avance ? Une pression extérieure, dont je ne citerai pas le nom, m'oblige à mettre les bouchées doubles sur cette affaire.
Il remarqua enfin que Stella lui faisait signe de se taire.
_ Quoi ? demanda-t-il.
Alana toussota. Il se tourna dans sa direction, et rougit de confusion en la voyant.
_ La « pression extérieure dont vous ne citerez pas le nom, mais qui vous oblige à mettre les bouchées doubles sur cette affaire » se trouve justement dans le labo. Comme je n'avais rien à faire, je me suis dit que j'allais venir ici, histoire de voir si on prenait bien soin de la tête d'un des membres de la compagnie pour laquelle je travaille.
Elle regarda Mac et Stella, et leur dit :
_ Merci, vous m'avez bien aidée.
Puis, au moment de sortir, elle posa une main sur l'épaule de Flack, le regarda d'un air faussement compatissant, mais dans lequel on voyait qu'elle était en colère, et ajouta :
_ Pardon de vous obliger à faire votre boulot.
Puis, elle franchit le seuil de la porte du labo. Flack la suivit, en la rappelant.
_ Alana ! Alana, attendez-moi !
Sans se retourner, Alana lui fit signe de laisser tomber. Mais, il continua. Il finit par l'attraper par le bras, et l'obligea à s'arrêter. Elle se retourna d'un air furibond, et le fusilla du regard.
_ Qu'est-ce que vous voulez ? lui demanda-t-elle, les dents serrées.
_ Tout à l'heure, dans le labo, c'est pas ce que je voulais dire.
_ Arrêtez de vous foutre de moi ! J'ai très bien compris ce que vous voulez ! Vous faites semblant de vous intéresser à moi, vous faites semblant de vouloir m'aider, tout ça pour me mettre dans votre lit ! Toutes vos petites attentions, vos invitations pour prendre un petit déjeuner, vos : « si vous voulez, je peux vous faire participer à l'enquête », tout ça parce que vous aviez envie de me sauter !
Leur altercation avait attiré des employés du labo, dont Danny et Lindsay, dans le couloir. Flack essaya de la calmer, car il n'avait vraiment pas envie que leur dispute alimente les commérages du labo, mais elle se dégagea, et dit :
_ Vous savez quoi ? Oubliez-moi !
Elle partit. Danny se dirigea vers Flack, et lui dit :
_ Alors, y'a de l'eau dans le gaz, entre toi et Alana ?
_ Ouais. Elle m'a entendu l'appeler « pression extérieure », et ça ne lui a pas plu.
_ Tu m'étonnes…
Sur le parking, Alana s'apprêtait à reprendre sa moto, quand son portable sonna. C'était un hôpital de Paris, qui l'appelait pour lui dire que Joy avait été blessée par balle, mais qu'elle s'en sortirait. Elle prévint Largo, puis rentra au Groupe, complètement démoralisée par les événements de ces derniers jours. Après avoir appelé l'avocate de Cardignac, et lui avoir communiqué l'information que Mac et Stella lui avaient donnée, elle coupa le téléphone, ainsi que son portable, mit l'album de James Blunt, et sortit une bouteille de Whisky. Elle négligea de prendre un verre, et but à même la bouteille. Et dire qu'elle avait cru que Flack voulait sincèrement l'aider ! Comment avait-elle pu être aussi bête ? Il lui avait fait le coup classique du preux chevalier venant au secours de la damoiselle en détresse. Elle n'avait certes rien d'une damoiselle en détresse, mais elle avait accepté le coup de main.
Flack tournait en rond dans son appartement. Cela faisait trois heures qu'il s'était disputé avec Alana, et cela faisait trois heures qu'il essayait de la joindre, mais son portable était coupé. Il avait bien dû l'appeler une vingtaine de fois, mais n'avait laissé aucun message. Il décida d'aller la voir directement pour s'excuser. Si elle ne voulait pas l'écouter, il insisterait… et se ferait sûrement jeter dehors par le reste du personnel de sécurité. Simon avait raison sur ce point : le Groupe W était une véritable forteresse. Y entrer sans y être invité relevait de l'exploit. Tant pis, il tenterait sa chance. Après tout, qui ne risque rien n'a rien. Il saisit son blouson, ses clés, et partit d'un pas déterminé… qui l'était déjà beaucoup moins dans le couloir menant à l'appartement d'Alana. Il s'arrêta devant la porte close, respira un grand coup, et frappa. La réponse qui lui parvint lui apprit qu'elle avait bu :
_ Qui que vous soyez, allez au Diable !
Mais il ne voulait pas se laisser décourager de cette façon. Il insista.
Alana en était déjà aux ¾ de sa bouteille de Whisky, quand elle entendit frapper à la porte. Espérant décourager son visiteur, elle cria :
_ Qui que vous soyez, allez au Diable !
Mais, l'empêcheur de boire tranquillement ne l'entendait pas de cette oreille. Il frappa à nouveau. Tout en maugréant des choses pas belles à entendre, elle posa la bouteille sur la table basse, se leva avec peine, et se dirigea en titubant vers la porte. Elle regarda dans le judas, mais celui qui voulait la voir ne voulait pas être vu. Sur le qui-vive, malgré le brouillard dans lequel l'alcool l'avait enveloppée, elle retourna vers la table basse pour prendre son arme, se redirigea vers la porte, se mit hors d'une éventuelle ligne de tir, ouvrit la porte à la volée, et pointa son arme sur… Flack, qui avait l'air très surpris. Elle baissa son arme en soupirant, et dit :
_ Qu'est-ce que vous voulez ?
Il avisa la bouteille aux ¾ vide, et dit :
_ Vous ne devriez pas boire autant.
_ Ça va, arrêtez de faire semblant de vous inquiéter pour ma santé.
_ Qu'est-ce que vous comptez faire ?
_ Vous claquer la porte au nez, finir ma bouteille, et continuer d'écouter James Blunt, sans qu'un Boy Scout pétri de bonnes intentions vienne me déranger. Sur ce, bonsoir.
Elle referma la porte, mais Flack la repoussa. Etant ivre, Alana n'offrit pas une grande résistance. Elle pointa son arme sur lui, et dit :
_ Je vous jure que si vous ne sortez pas tout de suite de chez moi, je vous fais un troisième œil.
_ Vous êtes ivre, Alana… soupira-t-il.
Il lui prit son arme, puis se dirigea vers la table basse, saisit la bouteille, partit dans la salle de bain, et la vida dans le lavabo. Elle l'avait suivit, et lorsqu'elle vit ce qu'il faisait, elle voulut lui donner un coup de poing, en lui disant, d'une voix pâteuse et pas convaincue :
_ Vous avez pas le droit de faire ça !
Il esquiva le coup, et la ceintura sans problème. Elle essaya de se dégager, mais n'y parvint pas. Il la souleva de terre, et la fit sortir de l'appartement.
_ Où est-ce qu'on va ? demanda-t-elle.
_ Prendre l'air, et avaler une cafetière.
_ J'ai pas envie. Reposez-moi.
_ Pas question.
Il prit l'ascenseur, Alana toujours dans ses bras, puis récupéra sa voiture, et roula toutes fenêtres ouvertes, jusqu'à un café qu'il connaissait bien. Arrivés là, il l'aida à descendre, et tous deux entrèrent dans le café. Il la soutint jusqu'à une table dans le fonds de la salle. Elle lui dit :
_ Vous savez que vous sentez bon ?
Elle lui mit une main aux fesses.
_ Alana… arrêtez.
_ Pourquoi ? Ne me dîtes pas que vous n'en avez pas envie, je sais que c'est pas vrai.
_ Pas comme ça. Vous êtes complètement bourrée. Je vous préfère sobre.
Il commanda deux cafés. Lorsque la serveuse les leur apporta, il lui dit de laisser la cafetière à leur table.
Au bout d'une heure, Flack ramena Alana au Groupe W. Elle n'avait toujours pas dessoûlé, mais il ne pouvait pas passer sa nuit à lui faire boire du café. Ils entrèrent dans l'appartement d'Alana. En se dirigeant vers sa chambre, elle se prit les pieds dans la table basse, et s'écroula de tout son long. Flack l'aida à se relever, et la conduisit dans sa chambre, où elle s'écroula sur le lit, et s'endormit dans la seconde qui suivit. Il se chargea de l'allonger correctement, et de la mettre sous les couvertures. Puis, réalisant qu'il était trop fatigué pour reprendre la voiture et rentrer chez lui, il s'allongea à côté d'elle, et s'endormit assez rapidement. Dans la nuit, il se réveilla, et ayant trop chaud, se mit torse nu. Alana se tourna vers lui, dans son sommeil, et se colla à lui. Gêné, il sentit qu'elle posait sa tête sur son torse, et l'entourait de son bras, tout en jetant une jambe en travers des siennes. Il sentit qu'elle était crispée, et secouée de spasmes, et comprit bientôt qu'elle pleurait. Il lui caressa le bras, pour la calmer, et elle finit par s'apaiser. Il se rendormit rapidement.
Le lendemain, Alana ouvrit les yeux, et le peu de lumière qui passait à travers les rideaux lui fit mal aux yeux. Elle grogna. Elle était complètement groggy, et avait mal au crâne. Puis, elle réalisa qu'elle avait la tête sur le torse nu de Flack, et se redressa précipitamment. Dans ce mouvement, elle réveilla Flack. Il se redressa aussi, et se frotta les yeux. Puis, il vit qu'Alana le fixait, les yeux exorbités.
_ On a… On a pas… couché ensemble ? Je me rappelle pas ! S'il vous plaît, dîtes-moi qu'on a rien fait !
_ Rassurez-vous, on a rien fait.
_ Alors, comment ça se fait que vous soyez dans mon lit, et… nu ?
_ Je ne suis pas nu, j'ai encore mon pantalon.
Elle tira violemment les couvertures, pour vérifier.
_ Rassurée ? lui demanda-t-il.
_ Pourquoi vous êtes dans mon lit ?
_ J'étais trop fatigué pour rentrer, après vous avoir ramenée.
_ Oh…
Elle se leva, et alla dans la salle de bain, chercher un tube d'aspirine. Flack la suivit, et lui dit, en voyant le tube :
_ Mal au crâne ?
Elle acquiesça, tout en regardant le cachet fondre dans l'eau.
_ C'est ce qui arrive quand on abuse de la bouteille, glissa Flack.
Elle grogna, ce qui fit rire Flack. Puis, elle le regarda, et lui dit :
_ Merci d'avoir fait ce que vous avez fait pour moi, hier.
_ De rien, c'est tout naturel, après la façon dont je vous ai traitée. Mais, dites-moi… c'est seulement ça, qui vous a fait vous jeter sur la bouteille ?
_ Si vous voulez savoir si j'ai un problème avec l'alcool, la réponse est non. D'habitude, je ne bois pas, ou très peu. Et, non, ce n'est pas à cause de vous que j'ai décidé de noyer mon chagrin dans une bouteille de Whisky. En sortant du labo, j'ai reçu un coup de téléphone. C'était un hôpital de Paris, qui me prévenait que Joy a été blessée par balle. Joy Arden, vous savez, je vous ai parlé d'elle, l'autre jour ? (il acquiesça) Bref. Toujours est-il qu'après ce coup de fil, je me suis demandé à quoi je servais. Cardignac est en prison pour meurtre, Joy est à l'hôpital, et mon patron est sans cesse la cible de tueurs de la Commission.
_ Sans ça, votre boulot serait routinier.
_ Je sais, mais si j'étais vraiment compétente, on aurait pas à se méfier de la Commission Adriatique.
_ Si vous n'étiez pas compétente, vous ne seriez pas le garde du corps de Mr Winch.
Elle soupira, et hocha la tête.
_ La prochaine fois que vous avez un coup de blues, appelez-moi, et oubliez la bouteille. (elle rit) Et contrairement à ce que vous m'avez jeté à la figure au labo, je ne fais pas semblant de m'intéresser à vous, et de vouloir vous aider. J'ai toujours été sincère, avec vous.
_ Je sais, mais j'étais énervée, et les mots ont dépassé ma pensée. Le stress des derniers jours, qui est ressorti de façon…
_ Spectaculaire ? proposa Flack. Tous les gens présents dans le labo en ont profité.
Alana sourit, et dit :
_ Juste une chose : hier soir, je n'ai rien fais de… déplacé, quand j'avais bu ?
Flack eut un léger sourire, en pensant aux avances qu'elle lui avait faites dans le café, mais répondit :
_ Non, rien du tout.
Alana fronça les sourcils.
_ C'est quoi, ce sourire ?
Flack regarda soudain sa montre, et dit :
_ Vous avez vu l'heure ? Il faut que j'aille bosser.
Il se dirigea vers la chambre, récupéra sa chemise, la passa, et sortit de l'appartement, suivi par Alana.
_ Don ! Don ! Vous n'allez pas vous en tirer comme ça ! Don !
Flack entra dans l'ascenseur, et Alana y arriva, au moment où les portes se fermaient. Elle lui lança :
_ Je vous jure que je vous aurai à l'usure !
Puis, elle se retourna, et vit qu'Alicia Del Ferril était dans le couloir, alors qu'elle n'avait rien à y faire. Elle était toujours au bon endroit pour recueillir les ragots !
_ Bonjour, Alicia, fit Alana avant de se dépêcher de rentrer dans son appartement, et d'en fermer la porte.
Elle savait qu'Alicia allait monter toute une histoire du peu qu'elle avait vu, et dont les seules paroles qu'elle avait entendues étaient sorties de leur contexte. Elle allait croire que la jeune garde du corps était tellement désespérée d'un point de vue sentimental, qu'elle était prête à s'abaisser à harceler un homme pour qu'il couche avec elle. Pathétique !
Flack arriva au labo, et y retrouva Danny. Celui-ci haussa un sourcil, en voyant qu'il portait les mêmes vêtements que la veille, et qu'en plus ils étaient froissés.
_ T'as eu une panne de machine, et ton fer à repasser à rendu l'âme ? lui demanda-t-il.
_ Quoi ? (il regarda ses vêtements) Oh, ça ! Je suis… sorti hier.
_ Hein-hein ! Elle s'appelle comment ?
_ Alana.
_ Alana ? Comme… Alana Queen ? (Flack parut gêné) C'EST Alana Queen ?
_ C'est pas ce que tu crois…
_ Ouais, c'est ça ! T'as découché, et tu veux me faire croire qu'il ne s'est rien passé !
_ Je te jure ! Je suis allé la voir pour m'excuser, et quand je suis arrivé, elle avait plongé le nez dans la bouteille, et elle était complètement bourrée. Je l'ai entraînée de force dans un café, et quand on est rentrés, elle s'est endormie comme une masse, et moi j'étais trop crevé pour rentrer, alors je suis resté, et j'ai dormi chez elle.
_ Et pendant tout ce temps, il ne s'est rien passé ? Même pas une main aux fesses ?
Flack rougit. Danny s'en aperçut, et s'exclama :
_ Je le savais !
_ Elle m'a fait des avances au café. Mais, ça ne compte pas : elle était ivre.
Danny lui fit un sourire narquois, lui faisant comprendre qu'il n'en croyait pas un mot. Flack lui donna un léger coup dans l'épaule, et lui dit :
_ Arrêtes, je te jure que c'est vrai !
Alana était affalée sur son canapé, essayant de combattre son mal de crâne, lorsque Kerensky entra. Quand il vit la tête qu'elle avait, il dit :
_ Soirée trop arrosée ?
_ C'est peu de le dire.
Elle lui raconta le peu qu'elle savait de sa soirée, et Kerensky éclata de rire.
_ C'est pas drôle ! Je te signale que j'ai fais un truc déplacé, hier, je ne m'en souviens pas, et Flack a refusé de me dire ce que c'était. En tout cas, ça a pas eu l'air de le gêner, vu le sourire qu'il avait en y pensant.
Kerensky rit de plus belle. Alana lui lança un coussin du canapé en pleine figure. Lorsque le Russe fut calmé, il lui dit :
_ Je reviens. Je vais te chercher un remède contre la gueule de bois. Tu m'en diras des nouvelles.
Il partit, et revint ¼ d'heure plus tard, avec un récipient contenant un liquide pâteux et verdâtre. Alana le regarda avec méfiance et dégoût.
_ J'espère que tu ne songes pas un seul instant que je vais boire ce… truc ?
_ Si. Et, je peux t'assurer que tu vas le boire. Dans une petite heure, tu seras fraîche comme une rose, et la gueule de bois ne sera plus qu'un mauvais souvenir. (il lui remua le récipient sous le nez) Tu as le choix : avoir mal au crâne toute la journée, ou pouvoir faire ce que tu veux, sans avoir l'impression que tout tourne autour de toi. Et, par « ce que tu veux », j'entends « aller voir ton cher flic ». (Il vit qu'Alana était prête à lui lancer un autre coussin) Pour travailler, bien sûr ! ajouta-t-il précipitamment.
Alana se leva, prit le récipient, et but le breuvage d'un trait, en se bouchant le nez.
_ Au fait, dit Georgi. Tu seras sûrement ravie d'apprendre que Cardignac sort de prison aujourd'hui. La présence de rohypnol dans son sang a créé un doute suffisant pour le remettre en liberté.
_ Super, comme ça, on l'a à nouveau dans les pattes ! Ils auraient pas pu le garder encore un petit peu, histoire de lui apprendre la modestie ?
Le Russe rit, puis quitta son appartement, pour retrouver la « douceur » de son bunker. Une fois Kerensky parti, elle se rassit sur le canapé, ferma les yeux, et attendit, sans trop y croire, que le remède de Kerensky fasse effet. Elle finit par s'endormir, et en se réveillant, deux heures plus tard, elle constata qu'elle n'avait plus mal au crâne. Elle se leva, et décida de suivre le conseil de Kerensky. Elle prit une douche rapide, et se rendit au commissariat. Elle monta directement au bureau de Flack, s'assit en face du jeune policier, croisa les bras sur sa poitrine, et attendit. Flack la regarda, puis finit par demander :
_ Je peux vous aider ?
_ Je ne partirai pas d'ici avant que vous m'ayez dit ce que j'ai fait cette nuit.
_ Je vous l'ai dit : rien du tout.
_ J'ai un scoop pour vous : je ne vous crois pas. Alors ? J'attends.
Flack ne répondit pas. Alana insista :
_ Je vous signale qu'Alicia Del Ferril a entendu la phrase que je vous ai dite quand vous avez pris l'ascenseur. Cette femme est la pire commère qu'on puisse avoir au Groupe W, et en plus, elle a le chic pour déformer les propos. Imaginez un peu la réputation qu'elle va me faire au sein du Groupe. En plus, admettez que ça peut porter à confusion. En pleine campagne du Groupe W sur le harcèlement sexuel dans les entreprises, on vous voit sortir de mon appartement, la chemise ouverte, et moi vous poursuivant en criant que je vous aurai à l'usure.
Flack va-t-il lui avouer qu'elle lui a mis une main aux fesses, et qu'elle lui a fait des avances ? La suite au prochain épisode…
To be continued…
