Ce chapitre est surtout axé sur Alana, car il va lui arriver quelque chose de pas forcément drôle. Au départ, je voulais qu'elle se fasse tabasser, puis j'ai changé d'avis. J'ai dû le re-updater, car je viens de me rendre compte qu'il en manquait une bonne partie. Je vous laisse découvrir…

Chapitre 4

La nuit était tombée depuis longtemps sur New York. Alana et Flack étaient toujours au commissariat, et Flack refusait toujours de dire à Alana qu'elle l'avait dragué, sous l'emprise de l'alcool. La jeune femme cherchait un moyen de lui faire « cracher le morceau », quand son téléphone portable sonna.

_ Queen, j'écoute.

_ Lieutenant Queen ?

Alana ne réagit pas tout de suite, étonnée qu'on l'appelle « lieutenant ». Puis, elle se souvint que c'était comme ça que la présentait Flack à ceux qu'ils interrogeaient.

_ Allô ? Lieutenant ? Vous êtes toujours là ?

_ Oui, oui. Qui est à l'appareil ? Comment avez-vous eu ce numéro ?

_ C'est Mike Connelly. Le lieutenant Flack a écrit votre numéro au dos de sa carte. J'ai des informations qui pourraient vous aider à résoudre le meurtre de Beckie.

_ Très bien, je vous écoute.

_ Pas au téléphone. Retrouvez-moi devant Grand Central. Vous pouvez y être dans combien de temps ?

_ 30 minutes, ça vous va ?

_ C'est parfait, je vous attends là-bas. Venez avec votre partenaire.

Alana raccrocha. Elle regarda Flack, toujours assis à son bureau. Il n'avait même pas levé la tête quand le téléphone avait sonné. Il semblait rêver à son lit. A cette heure-là, il n'y avait qu'eux deux ; le commissariat était silencieux. Elle lui dit :

_ En route, partenaire. Mike Connelly vient d'appeler.

_ Le petit-ami ?

_ Lui-même ! Il a des informations. Il veut qu'on le retrouve à Grand Central dans ½ heure.

Flack bondit sur ses pieds, saisit son blouson, et la suivit dehors, brusquement bien mieux réveillé.


Flack gara la voiture devant la gare. Il n'y avait personne dans les rues. Connelly les attendait, et faisait les cent pas. Don et Alana descendirent de voiture, et se dirigèrent vers lui.

_ Alors ? demanda Alana. Qu'y avait-il de si important que vous ne pouviez pas nous dire par téléphone ?

Mais, Mike n'eut pas le temps de répondre. Une silhouette se découpa d'une ruelle, et se dirigea vers eux. Arrivée au milieu de la route, la silhouette leva une arme, et en vida le chargeur sur Connelly. Don et Alana s'abritèrent derrière la voiture. Ils voulurent riposter, mais la silhouette avait tourné les talons, et s'enfuyait en courant. Alana partit en trombe, en criant :

_ Appelez une ambulance, et voyez ce que Mike a à nous dire ! Je m'occupe du tireur !

Elle partit à la poursuite de la silhouette. Elle la suivit dans les tunnels du métro, mais au moment où elle pensait l'attraper, la silhouette franchit une grille, qu'elle referma à clé derrière elle. Alana s'acharna dessus, mais sans succès. Le tireur était juste derrière, et la regardait sans bouger. C'était tellement rageant, pour Alana, de l'avoir à portée de main sans pouvoir l'atteindre. Elle le vit lever une arme vers elle, et sortit la sienne, mais au moment où elle appuyait sur la gâchette, elle ressentit comme une piqûre sur le côté de son cou. Son tir fut dévié, et la balle traversa l'épaule du tireur, puis celui-ci monta une volée de marches, et sortit du tunnel. La balle alla s'encastrer dans le mur. Consciente que le temps qu'elle revienne en arrière, sorte du métro, et refasse la chemin par la surface, le tireur se serait enfui, Alana donna un coup rageur sur la grille. Elle tâta son cou, et en retira une fléchette ornée de plumes rouges. Elle la garda, pour demander une analyse et savoir ce qui lui avait été injecté, et rejoignit Flack. Quand elle arriva, l'ambulance était déjà là, ainsi qu'une équipe du CSI, à savoir Mac et Danny. Elle sut alors que Mike était mort, et qu'ils étaient là pour recueillir les indices. Espérant que Connelly ait parlé, elle salua Danny et Mac, et demanda à Flack :

_ Alors, il a dit quelque chose ?

_ Il a pas eu le temps de dire grand-chose. Juste « elles l'ont tuée ».

_ C'est tout ? Pas de nom ?

Flack haussa les épaules. Mac s'approcha d'Alana et lui demanda :

_ Vous pourriez me décrire le tireur ?

_ Pas vraiment. Il était cagoulé. Il doit mesurer environ 1,75m. Il court vite.

_ Un homme ? Une femme ?

_ Je ne sais pas. Il portait des vêtements amples. A sa démarche, je dirais que c'est une femme, mais ça peut aussi être un homme qui a une démarche féminine.

_ C'est possible, en effet.

_ Par contre, je l'ai blessé. Ça peut peut-être vous aider.

Danny et Mac la regardèrent avec intérêt.

_ Vous pourriez m'y conduire ? fit Danny.

_ Tout de suite.

Elle sortit la fléchette de sa poche, et la tendit à Mac, en disant :

_ Vous pourriez analyser ça, s'il vous plaît ? Il m'a injecté quelque chose, et à mon avis, c'est pas des vitamines. J'aimerais savoir ce que c'est.

_ Bien sûr.

Mac prit la fléchette, et la mit dans une pochette en plastique, puis la rangea dans sa mallette. Puis, Alana et Danny passèrent par la surface pour aller de l'autre côté de la grille bloquée. Danny trouva quelques gouttes de sang, puis réussit à retirer la balle fichée dans le mur. Des traces de sang étaient encore visibles dessus. Il emballa précieusement ses preuves, puis au moment où il se relevait, il vit une fibre noire accrochée à la grille. Il la récupéra, puis tous deux repartirent sur la scène de crime. Une fois que celle-ci fut prise en photo sous tous les angles, et que tous les indices furent relevés, toutes les personnes présentes sur les lieux repartirent, à l'exception d'Alana et Flack. La jeune femme était appuyée contre la voiture, et regardait l'endroit où se trouvait le corps de Mike Connelly quelques minutes auparavant.

_ Il en savait beaucoup, dit Flack.

_ En tout cas, assez pour se faire assassiner. Il était devenu trop dangereux. Vous savez ce que je crois ?

_ Non, quoi ?

_ Beckie aussi en savait trop. Elle a dû menacer de tout déballer aux flics, et on l'a tuée.

_ Et Cardignac, dans tout ça ? Quel rapport avec le Groupe W ?

_ Aucun. Cardignac s'est juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. En plus, c'était le coupable idéal : Beckie l'avait accusé de viol, et le lendemain de la libération de Cardignac, on la retrouve morte, Michel à ses côtés. Dommage collatéral.

Elle étouffa un bâillement. Flack s'étira, et dit :

_ On est tous les deux crevés. Je vous ramène. On va dormir un peu, et demain, tout sera plus clair.

_ Pas tout de suite.

_ Pourquoi ?

_ Parce que je veux savoir ce que j'ai fait la nuit dernière. Je ne monterai pas dans cette voiture tant que je n'aurai pas la réponse.

_ Vous savez que je pourrai très bien vous laisser ici, et rentrer chez moi ?

_ Oui, mais vous ne le ferez pas. Alors ?

Flack soupira, puis dit :

_ D'accord. Vous m'avez mis une main aux fesses, et fait des avances dans le café.

Alana le regarda, bouche bée, puis quand elle put parler, dit :

_ C'est pas vrai ? ! J'ai pas fait ça ? !

_ Pourtant, c'est la vérité. Vous montez, maintenant ?


Flack déposa Alana devant l'immeuble du Groupe W. Elle le regarda, et dit :

_ Appelez-moi, si vous avez du nouveau.

_ Promis.

Elle ouvrit la portière, et s'apprêtait à descendre, mais se retourna sur une impulsion subite, se pencha vers Don, et l'embrassa. Puis, ils se regardèrent un moment, tous les deux étonnés : Don, qui ne s'attendait pas à ça, et Alana, qui ne pouvait pas croire qu'elle venait de l'embrasser.

_ Je… j'ai dérapé, mentit-elle.

Don lui fit un sourire ironique, lui montrant qu'il n'en croyait pas un mot.

_ A plus tard, dit-elle, précipitamment.

Elle sortit vite de la voiture, et monta les marches en courant. Un vigile la vit, et la fit pénétrer dans le bâtiment.

_ Bonsoir, Mademoiselle Queen, lui dit-il.

_ Hein ? Quoi ? Oh ! Bonsoir, répondit-elle.

L'ascenseur arriva enfin, et elle s'y engouffra.


Alana se réveilla en sueur. Elle regarda la fenêtre. Dehors, il faisait encore nuit noire. Elle grelottait, mais elle se sentait brûlante à l'intérieur.

_ Génial, grommela-t-elle. J'ai de la fièvre. Manquait plus que ça.

Elle finit par se rendormir, et fut réveillée quelques heures plus tard par un bruit qu'elle mit du temps à identifier comme étant la sonnerie de son portable. Elle tâtonna sur sa table de nuit pour le trouver, et décrocha.

_ Queen, dit-elle, d'une voix endormie.

_ Alana, c'est Mac. Il faut que vous veniez au labo. C'est urgent.

_ Très bien. Je m'habille et j'arrive.

Elle raccrocha, et sortit du lit en grognant. Elle ne se sentait pas mieux. A tous les coups, on lui avait inoculé le virus de la grippe, pour la clouer au lit pendant quelques jours. Quand elle se vit dans la glace, elle eut l'impression de voir un zombie. Elle soupira, démoralisée, et dit :

_ Je déteste être malade.

Elle fit une toilette rapide, s'habilla rapidement, et partit pour le laboratoire des CSI. Quand elle y arriva, elle tomba sur Flack, en lui rentrant littéralement dedans.

_ Ouch ! fit-elle.

_ Vous allez bien ? Vous avez une mine affreuse.

_ Merci du compliment. Qu'est-ce que vous faites là ?

_ Mac m'a dit qu'il avait trouvé ce que vous aviez. Je suis venu voir.

_ Ça tombe bien, moi aussi.

Ils trouvèrent Mac, qui était avec Danny. Tous deux faisaient des têtes d'enterrement.

_ Qu'est-ce que vous avez trouvé ? demanda Alana.

_ On vous a inoculé le venin de l'Androctonus Mauritanicus, lui répondit Mac.

_ Pitié, pas de termes scientifiques ! gémit Alana. Je suis pas assez en forme pour faire semblant de comprendre ce que vous me dites.

_ C'est le venin d'une des espèces les plus dangereuses de scorpions vivant au Maroc, l'informa Danny.

_ Il existe un antidote, non ?

_ On vous a dit que la mauvaise nouvelle, fit Danny. La très mauvaise nouvelle, c'est qu'il semblerait que celui qui vous a injecté le venin l'a modifié. Les effets sont ralentis, pour prolonger l'agonie, et il n'existe aucun antidote pour ce qu'il vous a injecté.

_ A part la fièvre, quels sont les symptômes ?

_ Frissons, sueur, nausée, vomissements, hypertension artérielle, et pour finir, défaillance des fonctions vitales, fit Mac.

Ils la virent se plier en deux, en se tenant l'estomac, le visage déformé par la douleur.

_ Est-ce que les crampes d'estomac font partie des symptômes ? demanda-t-elle, les dents serrées par la douleur.

_ Comme le venin a été modifié, c'est tout à fait possible, répondit Danny.

_ Mac, fit Don, vous pouvez élaborer un antidote ?

_ Personne ici n'a les compétences requises pour ça. J'ai un très bon ami au NIH. Je vais l'appeler et voir s'il peut nous aider. Le problème, c'est que je ne sais pas de combien de temps on dispose.

Pendant que Mac appelait son ami, Alana décrocha son téléphone, qui sonnait :

_ Queen.

Une voix déformée lui répondit :

_ Alors, qu'est-ce que vous pensez de mon petit cadeau d'hier soir ?

_ J'ai dormi comme un bébé. C'était quoi, un calmant ? En tout cas, ça m'a fait le plus grand bien.

Mais, sa voix crispée ne trompa pas son interlocuteur :

_ Les crampes d'estomac ont déjà commencé ?

_ Je me sens très bien, merci.

Une nouvelle crampe d'estomac la plia en deux. Elle se retint de gémir.

_ Vous devez déjà avoir de la fièvre, poursuivit son interlocuteur. Ça va empirer au cours des trois prochains jours. A la fin de ces trois jours, vous serez morte. Profitez bien du temps qu'il vous reste, et laissez-moi tranquille. Je vous donnerai peut-être l'antidote.

La communication fut coupée.

_ Trois jours. Vous avez trois jours, fit Alana, en s'écroulant par terre, terrassée par la douleur.

Mac donna à son interlocuteur du NIH le temps qui leur restait, écouta la réponse, puis raccrocha.

_ Mon ami arrive de Washington par le premier avion, dit-il. Flack, ramenez la chez elle, et assurez-vous qu'elle ne fasse aucun effort physique.

Flack acquiesça, puis aida Alana à se relever. Il l'entraînait vers la sortie, quand elle se retourna, et demanda :

_ Vous avez analysé le sang ?

_ Oui, fit Danny. Notre tireur est une femme.

_ Je le savais, murmura Alana. On sait qui c'est ?

_ Non, elle n'est pas fichée.

Alana soupira, déçue, et se détourna pour partir. Mac la rappela.

_ Alana. (elle le regarda) Je trouverai l'antidote. Je vous le promets.

Alana lui fit un pauvre sourire.

_ C'est gentil à vous, Mac. Mais, soyons lucides : trois jours, c'est beaucoup trop court. Vous n'y arriverez pas.

Puis, elle partit avec Flack. Mac se retourna, et vit Danny, qui avait un grand sourire ironique aux lèvres.

_ Qu'est-ce qui vous fait sourire ? lui demanda-t-il.

_ Vous avez envoyé Flack veiller à ce qu'elle ne fasse aucun effort physique.

_ Et alors ?

_ Vous n'avez rien remarqué ? demanda Stella en entrant.

_ Remarqué quoi ?

_ Mac… vous êtes désespérant, fit-elle. Il craque pour elle, enfin ! C'est évident ! Au fait, pourquoi ne doit-elle faire aucun effort physique ?

_ Cette nuit, le petit-ami de Beckie Lewis a donné rendez-vous à Alana et Flack devant la gare de Grand Central, dit Danny. Il avait des infos sur le meurtre de Beckie. Seulement, avant qu'il ne parle, quelqu'un lui a tiré dessus. Flack est resté avec lui, et Alana a poursuivit le tireur jusque dans le métro, et c'est là qu'il lui a injecté le venin de l'Androctonus Mauritanicus, mais en version modifiée.

_ C'est mauvais, ça ? fit Stella, les sourcils froncés.

_ Oui, parce qu'il n'existe aucun antidote pour ce type de venin, fit Mac.

_ A cause de la modification, compléta Danny.

Tandis que Mac commençait à préparer le matériel dont son ami du NIH aurait besoin, Danny et Stella continuèrent de parler de Flack et d'Alana.

_ Alana l'a embrassé hier, quand il l'a ramenée au Groupe W, fit Danny.

_ Non ? !

_ Si, je vous assure. C'est Flack lui-même qui me l'a dit. Il m'a aussi dit qu'un soir où il était allé la voir alors qu'elle était bourrée, elle lui a mis une main aux fesses, et lui a fait des avances.

_ C'est pas vrai ! ?

Mac leva les yeux au ciel, puis se tourna vers eux.

_ Vous n'avez rien d'autre à faire ? leur demanda-t-il.

Comprenant le message, ils se mirent aussitôt au travail.


Flack et Alana pénétrèrent dans l'appartement d'Alana. Flack soutenait la jeune femme, car elle avait les jambes tellement tremblantes, qu'elle manquait de tomber à chaque pas. Il l'aida à s'asseoir sur le sofa, puis lui demanda :

_ L'armoire à pharmacie est dans la salle de bain ?

_ Oui, au dessus du lavabo.

Flack y alla, et revint quelques instants plus tard, un verre d'eau dans une main, et un médicament pour calmer les crampes d'estomac dans l'autre. Elle le prit.

_ Vous devriez aller à l'hôpital, dit Flack, visiblement inquiet.

_ A quoi ça servirait ? Vous avez entendu Mac : il n'existe aucun antidote.

_ Oui, je sais, mais les médecins pourraient ralentir les effets du poison.

_ Arrêtez, vous ne croyez pas ce que vous dites.

_ Mais…

_ C'est non ! Je n'irai pas ! Je ne veux pas crever dans un hôpital !

Elle avait dit ça en le regardant droit dans les yeux. Ils restèrent comme ça un bon moment. Le silence s'installa entre eux. Il fut brisé par Kerensky, qui dit en entrant :

_ Alana, on a un problème avec Cardignac. Il veut retourner aux Nymphes pour enquêter lui-même. Il a l'impression que tu ne prends pas cette enquête au sérieux.

_ C'est pas vrai, il m'aura vraiment tout fait, celui-là, soupira Alana.

_ Dis donc, ça a pas l'air d'aller, fit Kerensky.

_ J'ai été infectée par le venin d'un scorpion, et y'a pas d'antidote. Où est Cardignac ?

_ Dans son bureau.

Alana se leva et se dirigea d'un pas décidé mais tremblant vers l'ascenseur. Flack la suivit, en essayant de la raisonner, mais elle ne voulut rien entendre. Résigné, il monta avec elle dans l'ascenseur, et la suivit dans le bureau de Cardignac. Quand ils y furent entrés, Alana prit une posture normale, et assura sa voix, avant de dire :

_ Qu'est-ce que j'apprends, Michel ? Vous voulez enquêter vous-même aux Nymphes ? Vous ne pensez pas qu'ils vont vous reconnaître, là-bas ?

_ Je comptais y aller déguisé.

Il exhiba fièrement une perruque de longs cheveux gris, ainsi qu'une longue barbe, grise elle aussi.

_ Et vous comptez faire authentique en vous déguisant en Gandalf le Gris ?

_ J'aurais plutôt dit « Merlin l'Enchanteur », dit Flack.

Alana s'appuya au bureau, prise de vertiges.

_ Vous… vous allez bien ? fit Cardignac.

_ Faites pas semblant de vous occuper de ma santé.

Le vertige passa. Elle se redressa.

_ Je vous interdis de quitter le bâtiment. Vous n'irez pas aux Nymphes, et surtout pas avec ce déguisement ridicule. Si vous mettez le nez dehors, je vous descends, c'est clair ?

_ Enfin, vous n'oseriez pas…

_ Ecoutez, Michel, je me contrefous de ce que vous pensez de ma façon de mener l'enquête. Je ne vous laisserai pas mettre en péril le Groupe W. Si pour ça il faut vous abattre, je n'hésiterai pas une seule seconde, pigé ?

Cardignac déglutit difficilement, puis répondit, blanc comme un linge, et d'une voix aiguë :

_ Oui.

Alana et Flack sortirent du bureau, et reprirent l'ascenseur. Une fois dans la cabine, Flack dit :

_ J'ose espérer que vous plaisantiez, quand vous l'avez menacé de mort.

_ Bien sûr. Vous me croyez assez bête pour menacer quelqu'un en présence d'un flic ? (il sourit) Là, au moins, je suis sûre qu'il restera tranquille.

Ils retournèrent dans l'appartement d'Alana. Kerensky y était toujours.

_ Largo est au courant de ce qui t'arrive ? demanda-t-il.

_ Non, et je compte sur toi pour ne rien lui dire. Et n'en parle pas non plus à Simon. Largo serait au courant dans la seconde qui suit.

_ D'accord, mais à une condition : tu restes tranquille, et tu te reposes.

_ Je ne te promets rien, mais je vais essayer. J'ai un service à te demander : trouves tout ce que tu peux sur Les Nymphes, les danseuses, leurs familles et leurs amis. Je veux savoir si elle ou quelqu'un de leur connaissance a les compétences nécessaires pour manipuler et fabriquer du poison.

_ D'accord, mais si je trouves quelque chose, je veux que ce soit lui (il désigna Flack) qui aille poser les questions.

_ De toutes façons, je ne l'aurai pas laissée y aller, le rassura Don. S'il le faut, je l'assomme.


Stella et Danny travaillaient sur les indices du cas Beckie Lewis, quand un homme entra dans leur labo.

_ Excusez-moi, leur dit-il, les obligeant à lever les yeux de leurs microscopes. Savez-vous où je peux trouver Mac Taylor ?

_ Vous devez être l'agent du NIH ? lui dit Stella, en lui tendant la main. Je suis Stella Bonasera, et voici Danny Messer.

_ Matthew Brody, leur répondit-il, en leur serrant la main.

_ J'appelle Mac, dit Stella.

Elle prit son portable, et prévint Mac que son ami était arrivé. Mac entra quelques instants plus tard, et exposa rapidement la situation à l'agent Brody. Il lui montra les résultats d'analyse. Brody les consulta, puis dit :

_ Je vais avoir besoin d'un peu de sang de Melle Queen. Est-elle dans les parages ?

_ J'ai demandé au lieutenant Flack de la ramener chez elle, pour qu'elle se repose.

_ Tu as bien fait de la mettre au repos, mais il faut qu'elle revienne pour une prise de sang.

_ Je viens d'appeler Flack, dit Danny en raccrochant son portable. Ils arrivent tout de suite.

En attendant, Brody étudia plus attentivement les résultats d'analyse.

_ Celui qui a fait ça a de très bonnes connaissances en chimie, commenta-t-il. Le venin utilisé est du vrai. Il n'a rien de synthétique.


Flack et Alana entrèrent. Mac les présenta à Brody, et celui-ci regarda fixement Alana pendant de longues secondes, puis lui dit :

_ Quels symptômes se sont manifestés ?

_ De la fièvre, des crampes d'estomac, et plus récemment des vertiges. On la fait, cette prise de sang ?

_ Asseyez-vous.

Tandis qu'elle obéissait, Brody sortit de sa mallette le matériel nécessaire, lui fit un garrot au-dessus du coude, désinfecta la zone, puis lui enfonça l'aiguille dans le bras. Il remplit trois fioles, en vue de différents tests. Il venait de finir quand le portable d'Alana sonna.

_ Queen, fit-elle, espérant que ce ne soit pas le tireur qui appelait pour la narguer.

La voix de Kerensky lui répondit :

_ J'ai les renseignements que tu m'as demandés. Je sais qui peut t'avoir empoisonnée.

Elle lui donna un numéro.

_ Rappelle sur ce numéro.

Elle raccrocha. Quelques secondes plus tard, le téléphone du labo sonna. Mac brancha le haut-parleur.

_ Vas-y, Kerensky, on t'écoute, dit Alana.

_ Les trois dirigeantes des Nymphes se sont rencontrées en prison, en Belgique. Sonia Kitman a été arrêtée pour fraude à l'assurance, après avoir touché 3 000 000 Francs Belges ; Betsie Barber pour vol à main armée ; et Ava Beckman pour avoir trucidé son petit-ami avec un tire-bouchon. Et, cerise sur le gâteau ; Joan Beckman, la sœur d'Ava, a un doctorat en chimie, et travaille dans un labo pharmaceutique, qui a récemment importé du Maroc tout un lot de jolis petits Androctonus Mauritanicus. Les autres danseuses sont blanc comme neige.

_ Ok. Merci Georgi.

_ A ton service, ma belle.

Il coupa la communication. Mac composa un numéro en disant :

_ J'appelle un juge. Il va nous falloir un mandat pour prélever l'ADN de Joan Beckman. Danny, Flack, trouvez son adresse, et allez la chercher. Brody et moi nous mettons au travail.

_ Et moi, je fais quoi ? Je peux accompagner Don et Danny.

_ Non, vous, vous restez ici et vous vous reposez, fit Brody.

Alana soupira. Elle se leva, et arpenta la pièce.

_ Je me sens inutile. J'ai besoin d'action. A votre avis, pourquoi j'ai postulé au Groupe W ? Si j'avais voulu d'un boulot tranquille, j'aurai été gardien de nuit dans un parking.

Elle s'arrêta de marcher, en s'apercevant que sa vue se brouillait. Elle cligna des yeux plusieurs fois, espérant qu'ainsi sa vue reviendrait à la normale, mais rien n'y fit. Elle se sentit soudain tomber, et ne put rien faire pour se retenir. La dernière chose qu'elle entendit avant de s'évanouir, ce fut Flack qui criait son nom, ainsi qu'une chaise qui raclait le sol.

Tout en sachant que quand elle se réveillerait, elle le tuerait, Flack demanda instamment à Mac d'appeler une ambulance pour la conduire à l'hôpital ; ce que Mac s'empressa de faire.


Danny et Flack se trouvaient devant la porte close de Joan Beckman. Ils sonnèrent et frappèrent plusieurs fois, mais ne reçurent aucune réponse. Une porte s'ouvrit derrière eux, et une vieille dame sortit sur le palier.

_ Qu'est-ce que c'est que ce raffut ? demanda-t-elle.

Les deux jeunes gens se retournèrent, et Flack sortit sa plaque.

_ Excusez-nous pour le bruit, madame, dit-il. Nous sommes de la police. Pourriez-vous nous dire si Melle Beckman est chez elle ?

_ Jeune homme, à cette heure-ci, Melle Beckman est au travail, voyons ! Ceci dit, je ne l'ai pas vue depuis hier soir, et ça ne lui ressemble pas. Je l'ai vue sortir, mais je ne l'ai pas entendue rentrer.

_ A quelle heure est-elle sortie ? fit Danny.

_ Il devait être minuit, à peu près.

_ Que portait-elle comme vêtements ?

_ Des vêtements noirs et larges. On aurait pu en mettre trois comme elle, dedans.

Flack et Danny s'entreregardèrent. Flack remercia la vieille dame, et tous deux sortirent de l'immeuble.

_ Ça colle à la description que nous en a faite Alana, dit Flack, une fois dehors.

_ Et l'heure aussi. A minuit, les rues sont quasi-désertes, et il ne faut pas plus d'une demi heure pour aller à Grand Central, d'ici. Connelly vous a donné rendez-vous à 0h30. Ça colle.

Ils se rendirent à Bio Pharmaceutics, le labo où travaillait Joan. Malheureusement, une fois sur place, on leur apprit que Joan n'était pas venue travailler, et qu'elle avait volé une fiole du venin de l'Androctonus Mauritanicus. Personne ne savait où trouver Joan. Ils repartirent avec un sentiment profond d'échec.


Pendant ce temps, Alana s'était réveillée, et s'était rendue compte qu'elle était à l'hôpital. Ça l'avait mise dans une rage folle. Comment Flack avait-il pu l'amener ici contre son gré ? Lorsque le médecin entra, il lui dit d'emblée :

_ Vos résultats d'examens sont revenus. Je dois dire que votre état est assez préoccupant.

_ Je suis au courant. Il faut que je sorte d'ici.

_ Il n'en est pas question. Vous n'êtes pas en état de quitter l'hôpital.

_ Ecoutez, docteur. J'ai été infectée par le venin modifié d'un scorpion. Il n'existe aucun antidote. Il me reste moins de trois jours, et si je ne reçois pas l'antidote d'ici là, je mourrai. Il est hors de question que je passe mes derniers jours dans un hôpital. Alors, je vais vous signer une décharge, et vous allez me laisser sortir, vu ?

Une fois la décharge signée, elle se dépêcha de se rhabiller, et prit un taxi, jusqu'au labo du CSI. Elle voulait savoir si les recherches de Mac et de Brody avançaient, mais quand elle vit Flack, ce fut plus fort qu'elle, elle le gifla.

_ Comment avez-vous pu me faire ça ? ! Comment avez-vous pu m'amener là-bas, après ce que je vous ai dit ? ! Je ne veux pas finir mes jours dans un hôpital !

Elle fut obligée de se calmer, car elle était à bout de souffle. Flack était conscient qu'il avait profité de l'inconscience d'Alana pour l'emmener à l'hôpital. Il avait espéré que les docteurs la garderaient de force, et qu'ils pourraient éventuellement retarder l'effet du poison. Il en avait parlé à Mac, mais il avait paru sceptique. Pour lui, face à ce type de venin, les médicaments seraient inutiles. Ils éviteraient peut-être qu'Alana souffre trop, mais au final, il doutait qu'ils pourraient retarder les effets du venin. Flack regarda Alana, qui s'efforçait de respirer normalement. Son coup de colère lui avait littéralement coupé le souffle. Il savait comment ça allait évoluer : elle aurait de plus en plus de mal à respirer, et elle finirait par mourir d'insuffisance respiratoire. La pire des morts : l'étouffement ; et la plus lente, aussi. Si Mac et Brody ne trouvaient pas l'antidote à temps, Alana n'aurait pas la chance de connaître une mort rapide.

Quand elle eut retrouvé son souffle, et se fut calmée, elle demanda à Flack :

_ Vous avez retrouvé Joan Beckman ?

_ Non. On est allé à son domicile, et à son travail, et elle n'était pas là. Au labo, on nous a dit qu'elle n'était pas venue travailler, et qu'elle avait volé une fiole du venin qui a servi à vous infecter. Sa voisine nous a dit qu'elle n'était pas rentrée hier.

_ Forcément ! Elle a tué un homme ! Elle allait pas rentrer pour nous attendre.

_ Danny fait le tour des hôpitaux, pour savoir s'ils n'ont pas soigné quelqu'un qui s'était fait blesser par balle.

_ Je le plains. Il est pas prêt d'avoir fini. On est à New York. Il ne se passe pas une journée sans que quelqu'un se fasse tirer dessus.


Danny entra dans l'hôpital, et se dirigea vers l'accueil des urgences. C'était au moins le dixième hôpital qu'il contrôlait, et partout la réponse avait été la même : « Désolé, mais ça ne me dit rien. » Sans grand espoir, il demanda si Joan s'était faite soigner ici. Quelle ne fut pas sa surprise, quand le réceptionniste lui répondit :

_ Ça me dit quelque chose. Entre 0h30 et 1h du matin, vous dîtes ?

_ Oui, c'est ça. Une femme avec des vêtements noirs, très larges. Elle avait reçu une balle dans l'épaule.

_ Oui, je me rappelle. Elle est encore ici ; le médecin a voulu la garder en observation.

_ Quelle chambre ?

Le réceptionniste consulta son ordinateur.

_ Chambre 2. Au fonds du couloir, à gauche.

_ Appelez la sécurité.

Le réceptionniste fit signe à un homme en uniforme. Celui-ci vint les retrouver. Danny lui expliqua rapidement qui il était, et ce qu'il voulait faire, et tous deux se dirigèrent vers la chambre 2. Quand ils y arrivèrent, Joan mettait ses chaussures.

_ Vous nous quittiez ? demanda Danny.

_ Vous êtes qui ? lui demanda-t-elle, d'une voix agressive.

_ Un ami de la femme que vous avez empoisonnée.

_ J'ai empoisonné personne, moi.

_ Bien sûr, et moi je suis le Pape.

Il lui passa les menottes.

_ Joan Beckman, je vous arrête pour le meurtre de Mike Connelly, et pour la tentative de meurtre d'Alana Queen. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous lors de votre procès.

Il la fit se retourner.

_ Où est l'antidote ?

_ J'ai rien à vous dire, fit-elle.

_ Ok, si vous le prenez comme ça… (il l'entraîna dehors) Je vous jure que vous finirez par parler.


Danny fit entrer Joan dans une salle d'interrogatoire, où l'attendait Stella. La jeune femme fit signe à Joan de s'asseoir, puis lui demanda, pour l'amadouer :

_ Comment va votre épaule ?

_ A votre avis ? Je me suis fait tirer dessus !

Stella avait donné le ton de l'interrogatoire : elle se donnait le rôle du gentil flic compréhensif, et Danny aurait celui du méchant flic. Cela convenait parfaitement au jeune homme.

_ Comment vous êtes-vous fait ça ? demanda gentiment Stella.

_ J'étais dans un café. Y'a eu une fusillade, et j'ai pris une balle perdue.

_ C'est bizarre, on a pas eu d'appel pour une fusillade, fit Danny. Où étiez-vous entre minuit et une heure du matin ?

_ Chez moi, je dormais.

_ C'est pas ce que nous a dit votre voisine. Moi, je parierai plutôt que vous étiez à Grand Central, en train d'abattre quelqu'un, et d'empoisonner une deuxième personne.

_ Prouvez-le.

A ce moment-là, Lindsay entra, sa mallette à la main.

_ Aucun problème, répondit Danny. Le lieutenant Monroe, ici présente, va faire un prélèvement pour une vérification d'ADN.

_ Vous avez pas le droit !

_ Oh, si ! On a un mandat. Je vais aussi vous demander de me donner votre pull, il faut qu'on prélève des fibres et qu'on les compare avec celles retrouvées sur le lieu du crime.

Lindsay se chargea des prélèvements ADN, puis repartit avec, ainsi qu'avec le pull. Joan savait qu'elle était démasquée.

_ Dites-nous où est l'antidote, dit Stella.

_ Sûrement pas ! répondit Joan, avec un rictus cruel. Il me restera la satisfaction de savoir qu'elle est morte.

_ Nous avons un mandat pour fouiller chez vous et au labo où vous travaillez, fit Stella.

_ Ça ne changera rien. Vous ne trouverez pas l'antidote.


Mac et Brody travaillaient toujours sur l'antidote, mais pour l'instant, leurs recherches n'avaient pas avancé d'un pouce. Ils se jetèrent un regard qui en disait long sur ce qu'ils pensaient : ils savaient qu'ils ne trouveraient pas l'antidote à temps. Ils continuaient, mais leur seul véritable espoir était que Joan Beckman avait fabriqué un antidote, et que les enquêteurs le trouvent avant qu'il ne soit trop tard. En attendant, les chances de survie d'Alana étaient quasi-nulles. Lindsay entra dans leur labo.

_ L'ADN de Joan Beckman correspond au sang trouvé dans le métro, et les fibres du pull à celles récoltées par Danny. Par contre, elle refuse de dire où est l'antidote, les informa-t-elle.

Mac et Brody soupirèrent de lassitude.


Stella et Danny se trouvaient chez Joan Beckman. Cela faisait deux heures qu'ils cherchaient un indice sur l'endroit où se trouvait l'antidote, et ils n'avaient rien trouvé de probant. Stella soupira :

_ Si on ne trouve pas ce fichu antidote dans les prochaines 48 heures, Alana n'a aucune chance !

_ Ouais, c'est déprimant…

Armés de leurs gants en latex, ils se remirent à fouiller l'appartement. Au bout de quelques minutes, Danny retourna le canapé, et s'exclama :

_ Héhé ! Regardez un peu ce que j'ai trouvé !

Stella se redressa, et le regarda. Danny exhibait fièrement une clé.

_ Qu'est-ce qu'elle ouvre, à votre avis ? lui demanda-t-elle.

_ Je n'en ai aucune idée. Une consigne, peut-être.

_ Super ! Vous avez combien il peut y avoir de consignes dans une ville comme New York ? !

_ Je sais : autant chercher une épingle dans une meule de foin.

_ Ouais, on aurait sûrement plus de chance de la retrouver… Bon, on rentre au labo, et on cherchera à quel casier appartient cette clé.


Alana et Flack arrivèrent au Groupe W. Le jeune policier dut la soutenir pour marcher jusqu'à l'ascenseur, puis jusqu'à son appartement. Alana avait de plus en plus de mal à respirer. Son téléphone sonna.

_ Queen, répondit-elle.

_ Alana, c'est Largo. Tout se passe bien, au Groupe ? Cardignac n'a pas encore fait des siennes ?

_ Non… il est… interdit de… sortie.

_ Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu parles bizarrement.

_ Rien. Je viens de faire… un footing… avec Kerensky… Je suis… épuisée.

_ Tu es sûre que ça va ?

_ Oui… oui. Tu rentres… quand ?

_ Je ne sais pas encore. Les négociations prennent plus de temps que prévu. Peut-être à la fin de la semaine, peut-être plus tard. Je te rappellerai pour te le dire.

_ D'accord.

Elle raccrocha. Flack la regardait, bien conscient que le deuxième jour touchait à sa fin. La journée du lendemain serait certainement la dernière pour la jeune femme. Elle lui dit :

_ Arrêtez… de me regarder… comme ça. Je ne veux pas… de votre pitié.

Il secoua la tête, et s'approcha d'elle.

_ Ce n'est pas de la pitié, c'est des regrets.

_ Pour quoi ?

_ J'aurais aimé vous connaître mieux.

Puis, il se pencha vers elle, et l'embrassa.

_ Au moins je ne regretterai pas de ne pas vous avoir embrassée.


Danny et Stella cherchaient toujours d'où pouvait provenir la clé qu'ils avaient trouvée chez Joan Beckman. La jeune femme avait refusé de leur dire ce qu'elle ouvrait. Elle avait ajouté que cela leur permettrait de justifier leurs salaires. Ils étaient donc partis faire le tour des endroits où l'on pouvait utiliser une consigne, et avaient commencé par les nombreuses gares de New York.

De leur côté, Mac et Brody étaient de plus en plus gagnés par l'envie de tout laisser tomber, et de rentrer chez eux. Mais, ils savaient qu'une vie était en jeu, et que le temps leur manquait. Il était 3h du matin ; le troisième jour venait de débuter. Ils ne disposaient plus que de quelques heures pour trouver la formule miracle, qui permettrait à Alana de rester en vie.


Flack avait aidé Alana à se coucher, et s'était allongé à côté d'elle, afin de pouvoir agir au plus vite, si le poison venait à avoir raison d'elle. Il avait les yeux grands ouverts, et regardait défiler les heures, au son de la respiration de plus en plus difficile d'Alana. Il dut finir par s'assoupir, car il se réveilla en sursaut, vers 9h. Alana le secouait. Il se rendit compte qu'elle ne pouvait presque plus respirer. Il bondit hors du lit, se chaussa, la prit dans ses bras, et sortit en courant de la chambre, en direction du parking. Il roula à tombeaux ouverts jusqu'à l'hôpital. Mais, avant d'y arriver, Alana perdit connaissance, et Flack ne l'entendit plus respirer. Sa poitrine ne se soulevait plus. Il appela Danny, et lui expliqua la situation.

_ On est à Grand Central. Je crois qu'on a trouvé la bonne serrure, lui répondit Danny.

_ Dépêche-toi, sinon, ça va être trop tard.

Il pila sur le parking des ambulances, descendit, et hurla qu'on lui amène un brancard, et qu'on fasse venir un médecin. Les urgentistes s'activèrent, et en quelques secondes, Alana fut emmenée à l'intérieur de l'hôpital. Elle fut intubée, et choquée plusieurs fois, avant que son cœur ne reparte enfin, après plusieurs autres arrêts cardiaques. Le médecin s'approcha de Flack, et lui dit :

_ Je ne peux rien faire d'autre que d'essayer de la stabiliser.

_ L'antidote est en chemin.

_ Espérons qu'il arrive vite. Si son cœur s'arrête une nouvelle fois, j'ai bien peur qu'on ne puisse pas le faire repartir.

A ce moment là, comme en réponse aux prières muettes de Flack, Danny franchit la porte des urgences, une fiole remplie d'un liquide transparent à la main. Il l'a donna au médecin, qui se dépêcha d'entrer dans la salle de soin où se trouvait Alana. Danny et Flack le suivirent, et arrivèrent juste au moment où le médecin administrait l'antidote à Alana, via sa perfusion. Le cœur de la jeune femme s'arrêta à nouveau. Le médecin la choqua une nouvelle fois, espérant que l'antidote fasse effet rapidement. Au plus grand soulagement de tous, le tracé redevint normal. L'urgentiste regarda les deux policiers, et leur dit :

_ Maintenant, on doit attendre que votre amie se réveille pour vérifier s'il y a d'éventuelles séquelles au cerveau. Dites-moi ce qui lui est arrivé.

Danny se chargea de lui expliquer les évènements des trois derniers jours, tandis que Flack retournait au chevet d'Alana.


Elle resta inconsciente pendant quelques heures. Lorsqu'elle finit par ouvrir les yeux, elle tourna la tête sur sa gauche, et sa première vision fut Kerensky, appuyé au mur de la chambre. Elle grimaça, et murmura :

_ Je savais bien que j'irai en Enfer…

Kerensky rit, et répliqua :

_ En tous cas, tu n'as pas perdu ton sens de l'humour !

Largo entra à ce moment là, et lui dit :

_ Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu as failli mourir, et je n'en savais rien !

_ Je suis pas morte, lui répondit-elle avec un sourire désarmant.

Largo soupira, puis la serra dans ses bras, en disant :

_ Tu m'as fait une sacrée peur, tu sais.

_ A moi aussi, fit une voix derrière le jeune milliardaire.

Tous regardèrent en direction de la voix, et virent Flack, appuyé au chambranle. Largo et Kerensky décidèrent, d'un commun accord, de laisser les deux jeunes gens seuls. En sortant, Largo regarda Flack, et lui dit :

_ Merci de lui avoir sauvé la vie.

Flack hocha la tête, puis se dirigea vers le lit d'Alana.

_ Comment vous sentez-vous ?

_ Mieux. Au fait, je crois que maintenant qu'on a passé deux nuits ensemble, on peut se tutoyer, non ?

Don rit, puis acquiesça.

_ Si on peut appeler ça « passer la nuit ensemble », ajouta-t-il. La première fois, tu étais ivre, et la deuxième, mourante.

_ N'empêche qu'on a quand même dormi dans le même lit.

_ Kerensky a raison, tu n'as pas perdu ton sens de l'humour.

_ Vaut mieux, quand on voit tout ce qui m'est arrivé ces derniers jours. On m'empoisonne, et alors que je vais mourir, un jeune et beau flic m'avoue qu'il aimerait bien me connaître mieux, et après ça, il m'embrasse.

_ Quel manque de savoir vivre, ironisa Flack, tout en rougissant.

_ Non, pas du tout. Moi, j'ai trouvé ça plutôt touchant. En plus, ça m'évite d'avoir à prendre les devants.

Ils se regardèrent un long moment, jusqu'à ce que le médecin entre dans la chambre, et dise :

_ Vos analyses sont revenues. Elles sont normales. Je vais préparer votre fiche de sortie, et vous pourrez partir ensuite.

_ D'accord. Merci, docteur, répondit Alana.

Le médecin repartit. Flack regarda Alana, et lui dit :

_ Comme ça, tu vas pouvoir à nouveau m'assister sur l'affaire Beckie Lewis.

To be continued…