Attaque personnelle
Chapitre 5
Largo et son équipe de sécurité se trouvaient dans le bunker. Exceptionnellement, Flack avait été autorisé à entrer. Kerensky leur faisait l'exposé de ce qu'il avait trouvé sur les victimes, Beckie Lewis et Mike Connelly, à savoir, pas grand-chose. Alana fronça les sourcils, et dit :
_ Il faut se concentrer sur Beckie Lewis, et sur les trois gérantes des Nymphes. J'ai dans l'idée que tout est lié à elles.
Flack se leva et se mit à arpenter la pièce.
_ Bon, récapitulons : les trois gérantes se rencontrent en prison : une a été arrêtée pour fraude à l'assurance, une autre pour meurtre, et la dernière pour vol à main armée.
_ Sans oublier qu'on a une danseuse morte, dit Alana.
_ Ainsi que son petit-ami, renchérit Don.
Simon glissa à l'oreille de Largo, sur un ton amusé :
_ Ils sont sur la même longueur d'onde, tous les deux…
Largo sourit. Lui aussi avait remarqué que sa jeune garde du corps, et amie avait un petit faible pour Don. Alana lança, sans quitter l'écran d'ordinateur du regard :
_ Je t'ai entendu, Simon…
Ce qui provoqua un fou rire chez le jeune homme. Alana leva les yeux aux ciel, puis regarda Flack, l'air de dire : « Tu vois, je te l'avais dis, je suis baby-sitter… » Le jeune lieutenant la regarda, un sourire amusé, qu'il tentait de retenir, aux lèvres. Puis, Largo fut rappelé par ses affaires. Il remonta dans son bureau. Alana fit signe à Flack de la suivre, et tous deux montèrent dans le bureau de la jeune femme. Une fois dans l'ascenseur, la jeune garde du corps expliqua, en voyant le regard interrogateur de Don :
_ Je n'en pouvais plus des regards que me lançait Simon. En ce moment, il n'a aucune relation – suivie ou non – et du coup, il vit par procuration.
Elle s'appuya contre la paroi de l'ascenseur, en soupirant, les yeux fermés. Flack s'approcha d'elle, et s'empara de ses lèvres avec douceur. D'abord surprise, Alana ouvrit les yeux, puis les referma, et savoura cet instant, le plaquant étroitement contre elle. Elle glissa ses mains sous sa veste, et leur baiser se fit plus ardent. L'ascenseur mit ce qui leur sembla une éternité à atteindre le 58ème étage, et l'appartement d'Alana. Lorsque les portes s'ouvrirent enfin, ils en sortirent, toujours enlacés, leurs bouches comme scellées l'une à l'autre. Ils ne se séparèrent que pour permettre à Alana d'ouvrir la porte de son appartement, et une fois à l'intérieur, s'embrassèrent à nouveau, se débarrassant mutuellement de leurs vêtements. Flack s'écarta un moment d'Alana, admirant son corps bien sculpté, retirant sa chemise déboutonnée, qui alla rejoindre sa veste par terre. Ils retirèrent tous deux leurs pantalons, se retrouvant en sous-vêtements. Alana laissa courir ses doigts sur les abdominaux bien dessinés de Don, les sentant se contracter sous ses caresses. Le jeune lieutenant lui attrapa les mains, et l'attira à lui. Il la regarda, le souffle court, et elle put sentir à quel point il la désirait. Elle se mit sur la pointe des pieds, et l'embrassa, puis elle l'entraîna à sa suite dans sa chambre. Arrivés là, il la débarrassa de ses sous-vêtements, voulant sentir sa peau nue contre la sienne. Ils s'allongèrent sur le lit, et, se débarrassant de la dernière barrière de tissu qui les séparait, ils purent enfin se découvrir.
Mac demanda à Danny, qui raccrochait son portable en soupirant :
_ Alors ?
_ Il ne répond pas. Il m'a dit qu'il passait au Winch Building. Je crois que je vais aller le chercher là-bas.
Mac acquiesça, et Danny attrapa son blouson, et sortit dans la nuit new-yorkaise, en direction du Winch Building. Quand il y arriva, il frappa à la grande porte vitrée, et y colla sa plaque. Le vigile vint lui ouvrir, et lui dit, surpris :
_ Personne n'a appelé la police…
_ Je sais, mais, il faut que je voie Mr Winch.
_ A cette heure-ci ? Vous ne pourriez pas faire comme tout le monde, et venir pendant les heures d'ouverture ?
_ Appelez-le, s'il vous plait, et dites-lui que le lieutenant Messer est là, s'impatienta Danny.
Le vigile le fit entrer à contrecoeur, et tandis qu'il appelait son patron, ne quitta pas Danny des yeux. Celui-ci lui lança un regard de triomphe lorsque le vigile lui dit d'une voix incrédule, en raccrochant :
_ Mr Winch descend.
Le lieutenant ne put s'empêcher de bomber le torse, afin de montrer son importance. Après tout, le grand patron d'une des plus grosses multinationales de New York se déplaçait rien que pour lui, et ce, en pleine nuit. Le jeune milliardaire arriva, lui serra chaleureusement la main, et lui dit :
_ Lieutenant Messer, que puis-je faire pour vous être agréable ?
_ Je cherche Flack. Il m'a dit qu'il passait ici, et je n'arrive pas à le joindre. Il ne répond ni chez lui ni sur son portable. Je me suis dit qu'il y avait une possibilité pour qu'il soit encore là.
_ Suivez-moi, on va voir ça tout de suite.
Ils prirent tous deux l'ascenseur, et montèrent dans le bureau de Largo. Là, Largo décrocha son téléphone et composa le numéro de l'appartement d'Alana. Il laissa sonner un moment, mais sa garde du corps ne répondit pas. Il essaya le numéro de son bureau, se disant qu'elle y restait souvent tard, mais n'eut à nouveau aucune réponse. Perplexe, il composa le numéro du portable d'Alana, qui sonna un moment avant qu'il ne tombe sur la messagerie. Aussitôt inquiet, il appela Kerensky, toujours dans son bunker.
_ Visionne les vidéos de tout le bâtiment depuis qu'Alana et le lieutenant Flack ont quitté le bunker. Aucun des deux ne répond au téléphone. C'est pas dans les habitudes d'Alana, et vu ce qui lui est arrivé la semaine dernière, ça m'inquiète un peu.
_ OK, je fais ça tout de suite.
Largo raccrocha, et attendit que l'ex-agent du KGB le rappelle pour lui dire ce qu'il avait trouvé. Il n'eut pas longtemps à attendre. En effet, son téléphone sonna, et Kerensky lui dit qu'il lui avait envoyé le fichier. Largo ouvrit son ordinateur portable, et la vidéo de la caméra de surveillance se trouvant dans le couloir menant au bunker apparut sur l'écran, montrant Alana et Don se dirigeant vers l'ascenseur. Puis, il vit les deux jeunes gens dans l'ascenseur, Alana appuyant sur le bouton du 58ème étage.
_ Ils doivent être chez Alana, dit Largo à Danny.
Il se leva, et s'apprêtait à sortir, quand Danny le rappela :
_ Attendez ! Je ne crois pas qu'ils ont envie qu'on les dérange.
Largo revint sur ses pas, et vit ce que Danny voulait dire. La vidéo les montrait en train de s'embrasser. Simon entra dans le bureau de Largo, d'un pas enjoué. Le jeune milliardaire referma son portable, et glissa à Danny :
_ Vaut mieux pas qu'il voie la vidéo.
Simon les regarda, et dit, soupçonneux, en voyant l'air innocent qu'ils tentaient de prendre :
_ Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Rien du tout, dit Largo.
Puis, il vit la main de Largo, toujours posée sur l'ordinateur. Un sourire se forma sur ses lèvres. Il s'approcha, et vif comme l'éclair, retira la main de son ami, et ouvrit le portable. Il vit la vidéo, et son sourire s'élargit.
_ Je savais bien qu'il se passait quelque chose entre eux !
Largo regarda Danny, en soupirant, et dit :
_ Alana va me tuer…
_ Je croyais qu'elle était payée pour vous maintenir en vie… ironisa Danny.
_ Rappelez-le lui quand elle aura décidé de m'étrangler…
Il regarda Simon, et lui dit, dans l'espoir de lui faire oublier ce qu'il venait de voir :
_ Tu devais pas sortir ?
_ Si, je vais y aller. Quoique, je me demande si je devrais pas plutôt aller faire un tour chez Alana.
Il se retourna et se dirigea vers la sortie, et Largo le poursuivit.
_ S'il te plaît, n'y vas pas.
Mais, Simon le regarda, un grand sourire aux lèvres, et poursuivit son chemin jusqu'à l'ascenseur. Largo et Danny le suivirent. Largo, pour l'empêcher d'arriver à l'appartement d'Alana, et Danny, parce qu'il mourait d'envie de voir la tête que ferait Flack en les voyant entrer. Dans la cabine, Largo essaya encore de raisonner son ami, mais il ne voulait rien entendre. Il avait tout essayé, des « je te rappelle que tu étais censé sortir, ce soir » aux « tu sais bien que si tu y vas, elle va te le faire amèrement regretter », en passant par « tu pourrais respecter sa vie privée… » En désespoir de cause, Largo appuya sur le bouton arrêt, mais Simon remit en marche l'appareil. Après plusieurs arrêts et remises en marche, ils finirent par arriver au 58ème étage. Largo le supplia encore de ne pas entrer dans l'appartement, mais Simon sortit son passe, et ouvrit la porte.
_ Alana ! appela-t-il, une fois à l'intérieur, tandis que Largo faisait de grands gestes pour qu'il se taise. Ça t'arrive de répondre au téléphone ?
En entendant la voix de Simon résonner dans l'appartement, les deux jeunes amants sursautèrent. Puis, Alana soupira. Elle se leva, passa son pantalon et son débardeur, puis elle prit son arme, et dit à Flack, qui s'habillait :
_ Je vais lui faire passer l'envie des visites à l'improviste.
Elle sortit de sa chambre en ouvrant violemment la porte, son arme au poing, et fut surprise de voir que Largo et Danny accompagnaient Simon.
_ C'est pas vrai ! s'exclama-t-elle. C'est une réunion de famille, ou quoi ?
Largo dit :
_ C'est pas mon idée, c'est la sienne…
Alana leva les yeux au ciel, l'air de dire « deux gamins… »
_ Je me doute bien. Dis donc, Simon, tu serais pas suicidaire, des fois ?
_ Tu peux pas me tuer, t'es garde du corps.
_ De Largo, précisa la jeune femme.
Le sourire du Suisse disparu instantanément.
_ J'avais pas pensé à ça…
Flack sortit de la chambre, déclenchant le sourire amusé de Simon et Danny. Don avait l'air un peu gêné ; exactement l'air que Danny souhaitait voir sur son visage. A ce moment-là, Kerensky entra dans l'appartement, en disant :
_ Je savais bien que je vous trouverai là.
_ Vous auriez dû me prévenir que vous alliez tous venir, ironisa Alana. J'aurais acheté des petits fours et des boissons…
Kerensky haussa un sourcil, mais poursuivit :
_ J'ai enfin fini avec l'appel anonyme. C'est une femme qui l'a passé.
_ Et le propriétaire de Beckie dit avoir vu une femme rousse sortir de l'immeuble peu de temps avant l'arrivée de la police. Il a cru que c'était une prostituée.
_ Wow-wow-wow, une minute, dit Danny, les sourcils froncés. Vous avez eu accès à l'appel anonyme passé au 911 ? Comment ?
_ Si je vous le dis, il faudra que je vous tue, lui répondit le Russe.
_ Il ne plaisante pas, ajouta Alana.
_ Tu venais pour quoi ? demanda Flack à Danny.
_ Pour te dire la même chose.
_ Flack et moi irons demain voir les dirigeantes des Nymphes pour les enregistrer, et voir si leur voix correspond à l'enregistrement, et puis, on va peut-être rencontrer la fameuse rouquine…
Comme personne ne semblait remarquer qu'elle avait ainsi mis fin à la « réunion », elle ajouta :
_ Vous attendez quoi pour sortir ? On aimerait bien être un peu tranquille…
Les quatre jeunes gens ne se le firent pas dire deux fois, et s'empressèrent de sortir. Il faut dire que se faire accueillir par une arme à feu, surtout dans la main d'une si fine gâchette qu'Alana, avait de quoi inquiéter. La jeune garde du corps se tourna en soupirant vers Flack, et lui dit :
_ Tu vois un peu ce que je supporte chaque jour…
Don sourit, et s'approcha d'elle. Il l'enlaça, le visage à quelques centimètres du sien.
_ Tu veux bien me donner ton arme ?
_ Oh… je l'avais oublié, celle-là.
Elle la lui donna, et il la posa sur la table basse. Puis, il enserra à nouveau sa taille de ses bras, et l'embrassa. Puis, il lui dit :
_ Tu veux que je parte ?
_ Non, reste ici cette nuit.
Elle l'embrassa, et l'entraîna dans sa chambre.
Le lendemain matin, Flack et Alana se trouvaient aux Nymphes. Puisqu'il faisait jour, l'endroit était désert. Les deux jeunes gens se dirigèrent vers Sonia Kitman, Betsie Barber et Ava Beckman, les dirigeantes. Alana avait un dictaphone dans son sac, et elle leur demanda si elles n'avaient jamais vu une femme rousse dans l'entourage de Beckie. Elles lui répondirent par la négative.
_ Nous savons qu'elle travaille dans un club du quartier, dit Flack.
_ Il y a des tas de clubs, et des tas de jeunes filles, lui répondit Ava.
_ Il en vient et en va tous les jours, renchérit Sonia.
_ D'accord, mais, on se souvient s'une jolie rousse, insista Alana.
_ Désolée, c'est non, répondit Ava.
Sachant qu'ils n'en tireraient rien, et que de toute façon, ils avaient ce qu'il leur fallait, Flack dit :
_ Merci de votre aide.
Il sortit, Alana à sa suite. Ils se dirigèrent vers la voiture, mais Alana dit à Flack :
_ On va faire le tour. Je veux savoir ce qu'elles mijotent.
_ Tu sais que c'est illégal, ce que tu veux faire ?
_ Je sais, mais les flics ne sont pas obligés de le savoir.
_ Je te rappelle que je suis flic.
_ C'est vrai. Tu n'as qu'à rester ici, alors…
Mais, il la suivit. Ils entrèrent dans le club par la porte de derrière, qui menait directement dans les loges.
_ Il faudrait leur dire de fermer la porte, ironisa Alana à voix basse. N'importe qui pourrait rentrer.
_ Je vais surveiller l'entrée des loges. Dépêches-toi, lui répondit Flack sur le même ton.
Il se posta donc à l'entrée côté club, tandis que sa compagne fouillait la pièce. Elle ouvrit un placard, et vit toute une collection de perruques, dont une rousse.
_ On a retrouvé notre jolie rouquine, dit-elle.
Dans ce placard, elle trouva aussi des affiches concernant le concert que les Rolling Stones allaient donner à New York. Elle y trouva aussi des informations sur le Madison Square Garden.
_ Elles arrivent, souffla Don.
La jeune femme referma la porte du placard, et tous deux ressortirent aussi silencieusement qu'ils étaient entrés. Une fois qu'ils furent dehors, Flack demanda à Alana :
_ Alors, hormis la perruque, tu as trouvé quoi ?
_ Une affiche du concert que les Stones vont donner ce soir au Madison Square Garden, ainsi que des informations sur la salle. Ça doit représenter une sacrée recette à voler, un concert comme celui-là…
_ Et ça leur fait un sacré alibi.
_ Mouais, je suis pas sûre que ce ne soit qu'un alibi, répliqua Alana.
Ils rentrèrent au Groupe W, donner l'enregistrement des voix des dirigeantes des Nymphes à Kerensky, qui se chargea de les comparer à l'enregistrement de la personne qui avait appelé le 911 le soir où Beckie s'était faite tuer.
_ Mes amis, dit l'ex-agent du KGB, nous avons une correspondance parfaite. Ava Beckman est celle qui a appelé la police pour signaler le meurtre de Beckie Lewis.
_ Comme c'est étrange, dit Alana. J'ai trouvé une perruque rousse au club. Ok, donc, supposons que le concert des Stones de ce soir est la cible. Et, supposons que les personnes qui devaient participer au braquage sont Ava Beckman, Sonia Kitman et Betsie Barber. Et imaginons que Beckie, d'une manière ou d'une autre ait découvert leur petit secret. Qu'est-ce que vous feriez, à sa place ?
_ Je demanderai à en être, dit Flack.
Alana fit la moue. Kerensky dit :
_ Personnellement, je crois que je les ferai chanter. Faire partie de l'équipe est trop dangereux ; une balle est si vite partie…
_ Alors que les faire chanter est un moyen comme un autre de se faire beaucoup d'argent sans être inquiété par la police, compéta Alana.
_ Et le petit-ami, dans tout ça ? demanda Kerensky.
_ Quand il nous a appelé et donné rendez-vous à la gare, il voulait nous parler de quelque chose en rapport avec la mort de Beckie Lewis, dit Flack. Selon lui, ça devait nous aider à résoudre l'enquête. Il a dû découvrir qui a tué Beckie, mais le meurtrier savait qu'il savait, et l'a fait taire.
Alana regarda Flack, et lui dit :
_ Toi et moi, ce soir, dans ta voiture, à côté du Madison Square Garden.
Le jeune homme la regarda, surpris et gêné qu'elle lui fasse ce genre de proposition devant Kerensky, et bredouilla :
_ P-pardon ?
_ En planque, banane ! Tu pensais à quoi ?
_ Euh… à rien, à rien du tout.
Le soir venu, Flack gara sa voiture à proximité du Madison Square Garden, à un endroit où il pouvait voir sans être vu. Alana était assise à côté de lui. Le jeune lieutenant avait demandé à Mac et Danny de venir en renfort, au cas où quelque chose irait mal. Ils virent le fourgon blindé qui devait récupérer la recette du concert entrer dans la ruelle, à l'arrière du bâtiment. Ils virent deux des Nymphes arriver. Flack prit son talkie-walkie, et dit :
_ Très bien, il y en a deux qui sont arrivées. On attend qu'elles soient toutes ensemble, pour les prendre en flag.
Les deux femmes virent avec excitation arriver le fourgon blindé qu'elles devaient braquer. Betsie s'approcha du conducteur, et lui demanda :
_ Excusez-moi, c'est ici, l'entrée des artistes ?
_ On est censé nous donner un passe, ajouta Ava qui arrivait derrière l'homme.
_ Ecoutez, mesdemoiselles, vous n'avez pas le droit d'être ici. Allez attendre devant l'entrée principale.
_ Quoi, il faut qu'on retourne jusque là-bas à pied ? se plaignit Ava.
_ Croyez bien que ça me désole, mais c'est comme ça.
Ava leva les yeux au ciel, puis les deux Nymphes s'éloignèrent. Betsie tomba à terre, en criant :
_ Ah, ma cheville, je me la suis tordue !
_ C'est pas vrai, ce que t'es cloche ! fit Ava.
Le conducteur du fourgon blindé se dirigea vers elles, compatissant.
_ Est-ce que vous voulez de l'aide ? demanda-t-il.
Betsie, qui lui tournait le dos, sortit une arme de son sac, la pointa sur lui, en disant :
_ Ça ira.
Ava sortit une arme à son tour, et dit :
_ Allez, appelle ton collègue.
L'homme obéit, et quand son collègue arriva, elle les délesta tous les deux de leurs armes, et les fit monter à l'arrière du fourgon, après les avoir ligotés et bâillonnés. Ensuite, elles se dissimulèrent derrière le camion. Les agents de sécurités chargés d'amener l'argent de la recette aux convoyeurs ouvrirent la porte, poussant un chariot chargé de sacs contenant des billets. Elles les ligotèrent et bâillonnèrent aussi, et les firent monter dans le fourgon. Ensuite, Ava prit un talkie-walkie, et dit à Sonia qu'elle pouvait venir. Une Tahoe noire arriva, et se gara dans la ruelle. Sonia en sortit. Les trois femmes commencèrent à charger les sacs dans le coffre.
Flack dit :
_ Maintenant, on peut y aller.
Il démarra la voiture, et entra dans la ruelle, bloquant ainsi toute sortie aux trois braqueuses. Les trois femmes sortirent leurs armes, et leur tirèrent dessus. Tout en conduisant, Flack riposta, imité par Alana. Mac et Danny arrivaient juste derrière eux. Le jeune lieutenant immobilisa la voiture, et lui et Alana en sortirent, et s'abritèrent tout en continuant de tirer sur les trois Nymphes. Les coups de feu cessèrent lorsque les braqueuses furent à court de munitions. Flack dit à Alana de le laisser se charger de leur arrestation, rangea son arme, et se dirigea vers les jeunes femmes. Celle-ci se jetèrent sur lui, et engagèrent un combat. Flack, en parfait gentleman parait les coups, mais n'en donnait pas. Alana le regardait, amusée, et lui demanda, quand Betsie lui sauta sur le dos et qu'Ava le frappait dans les tibias :
_ Tu veux un coup de main ?
_ Je m'en sors tout seul, lui répondit-il.
_ Ouais, je vois ça.
Il se débarrassa de Betsie et Sonia en les aplatissant toutes les deux contre la Tahoe, les assommant toutes les deux. Mais, Ava était plus coriace, et le frappa au bas-ventre. Alana se précipita, et ceintura Ava. Le dernier coup reçut ayant eu pour effet de l'énerver, Flack regarda Ava, et dit, avant de lui décocher un coup de poing dans la mâchoire, qui la rendit inconsciente :
_ D'habitude, je suis galant, mais là, avec vous, je vais faire une exception.
Danny et Mac vinrent passer les menottes aux trois Nymphes. Danny se chargea de leur lire leurs droit, et conclut par :
_ De toute façon, vous êtes inconscientes, je ne vois pas trop à quoi ça sert…
Ava attendait dans une salle d'interrogatoire, assise derrière une table, face à un miroir sans tain. Mac entra, un dossier à la main, tandis que Flack, un sac de glace qui lui servait à calmer sa douleur à la mâchoire à la main, entrait dans la salle adjacente, pour assister à l'interrogatoire derrière la vitre sans tain. Quand Ava vit Mac entrer, elle lui dit :
_ C'est pas la peine, je ne vous dirai rien.
_ Ce n'est pas utile. Vos acolytes nous ont déjà tout raconté. On sait que c'est vous qui avez tué Beckie Lewis parce qu'elle vous faisait chanter pour le coup de ce soir. On sait que c'était vous la rousse que le propriétaire a vu sortir de l'immeuble le soir où Beckie est morte. On a retrouvé la perruque dans votre club. Et votre voix a été identifiée comme étant celle de la femme qui a appelé le 911 pour prévenir que Beckie avait été tuée. Votre sœur nous a avoué que c'était vous qui lui aviez demandé de tuer Mike Connelly, parce qu'il savait ce que vous aviez fait, et qu'il voulait vous balancer. Je ne vous parle même pas du braquage, on vous a prise en flagrant délit. J'ai juste une question : Pourquoi votre sœur a-t-elle injecté à Melle Queen un venin mortel ?
_ Elle a quoi ? ! s'exclama Ava, visiblement surprise. C'est pas vrai, ça faisait pas partie du plan ! A cause d'elle, je vais plonger pour avoir essayé de tuer un flic !
_ Un flic ?
_ Ben ouais, un flic. Quand le mec mignon est venu nous interroger, il l'a présentée comme étant sa partenaire.
Mac se tourna vers le miroir sans tain, d'un air très en colère. Il n'aimait pas du tout ce qu'il venait d'entendre. Derrière la glace, Flack n'en menait pas large. Il savait qu'il allait en prendre pour son grade quand Mac ressortirait de la salle d'interrogatoire. Son regard en disait assez long sur ce qu'il pensait de l'initiative de Flack.
Flack se trouvait dans la salle de repos, et se servait un café. Il vit Mac arriver à grand pas, l'air furibond, et déglutit difficilement. Le chef du laboratoire ouvrit la porte à la volée.
_ Vous voulez mettre votre carrière en l'air ? ! hurla-t-il, une fois la porte de la salle de pause refermée, ou plutôt claquée derrière lui.
_ J'ai juste voulu aider Alana. Je me suis dit que si je disais qu'elle était flic, les gens seraient plus coopératifs.
_ Ah oui ? Et à votre avis, que vont penser les Affaires Internes quand ils mettront le nez dans ce dossier ? ! On a quelqu'un qui dit que vous l'avez présentée comme étant de la maison !
_ Elle est accusée de meurtre, de complicité de meurtre, de complicité de tentative de meurtre, et de vol à main armée. Vous croyez vraiment qu'ils vont la croire ?
_ Ça vaudrait mieux pour vous qu'ils ne la croient pas. La prochaine fois, pensez avec votre tête, et pas avec votre braguette !
Mac quitta la pièce. Flack soupira, se disant que ça aurait pu être pire. Puis, il vit Alana se diriger vers la salle de pause. Elle devait avoir fini se déposition. Il la regarda marcher. Décidément, il aimait la voir habillée en cuir. Son pantalon moulant, son débardeur rouge, sa veste de cuir noir, qui lui arrivait à la taille, et ses longs cheveux roux sombres, qui lui tombaient sur ses épaules. Il remarqua que les hommes se retournaient sur son passage, et une bouffée de fierté l'envahit, à la pensée qu'il sortait avec elle. Il sortit de la salle, s'avança vers elle, et l'embrassa à pleine bouche, la plaquant contre lui, une main dans son dos, et l'autre sur sa nuque, conscient des regards envieux que lui lançaient les hommes présents dans le commissariat.
_ Et si on passait le reste de la nuit ensemble ? lui proposa-t-il, les lèvres contre son cou.
_ D'accord, mais chez toi, alors, ça devrait décourager Simon de venir nous déranger.
_ T'en es sûre ? ironisa Flack.
_ S'il tient à sa vie, il restera au Groupe W.
Riant, ils sortirent tous les deux du commissariat, montèrent dans la voiture de Flack, et allèrent dans son appartement, pour partager un vrai moment d'intimité.
The end
