Chapitre IV :

Reita fut réveillé par les gigotements de son amant.

- bonjour. Fit une petite voix endormie au creux de ses bras.

- bien dormi ? demanda le brun en déposant un baiser sur le front du blond

- oui, répondit il en se frottant les yeux, tu sais je me suis posé beaucoup de questions hier soir, je voulais t'en parler.

-Ah euh oui, mais tu veux pas petit déjeuner d'abord ?

-Non ! Reita, euh

-quoi ? Attend ça ça t'as pas plus hier soir ? Reita paniquait totalement il s'était relevé les yeux exorbités.

-non, ne t'inquiète pas pour ça. Dit il d'un air coquin. Mmh mais reviens par là j'ai froid. Il fit une moue boudeuse et vint se recaler contre le torse de son amant.

Dis moi tu te souviens, hier quand tu es venu au bar...

-oui, évidemment, mais je croyais que tu voulais qu'on en parle pas de ça.

-oui je sais mais quand tu as voulu m'enlever à monsieur Kimura, qu'est ce que tu as voulu dire ?

Reita devint rouge pivoine, et cacha son nez sous la couette. Uruha descendit la couverture et le fixa dans l'attente d'une réponse. Il savait où il voulait en venir.

et bien, tu étais avec cet homme et je n'ai pas pu le supporter alors, …alors j'ai voulu affirmer que tu étais mon petit ami.

Un grand silence s'installa après cette déclaration, Uruha semblait pensif, en tout cas il en prenait l'air. Reita avait l'impression que ça faisait une éternité que personne n'avait dit un mot. Il s'imaginait toutes sortes de scénarios terribles dans lesquels Uruha le renvoyait à coup de pieds au derrière. Finalement, Uruha lâcha une phrase d'un air détaché, tout en jouant avec les cheveux de Reita. Ce dernier, étant dans ses réflexions intenses n'avait strictement rien entendu et du le faire répéter. Il soupira mais répéta tout de même.

j'ai dit : « ça me va ».

hein ?! .il fronça les sourcils

t'es sourd ma parole : ça me va !!! hurla t'il à son oreille

Reita rit.

-je veux dire : qu'est ce qui te va j'ai pas compris ! Je comprends rien à cette conversation ! Qu'est ce qui ce passe explique moi !! …je suis perdu.

-ça me va … je veux bien être ton petit ami, enfin si tu l'accepte aussi.

Le bassiste eu un court moment d'assimilation de l'information, une fois qu'il eu bien compris, il embrassa le blond à pleine bouche, si bien qu'il se retrouva sur lui.

Alors, comme ça je t'intéresse, tu serais rien qu'a moi. Mon Uruha, je serais celui qui te vois le matin au réveil et le soir avant de me coucher ?

Ca se voit que t'es un artiste, tu parles comme une fille ! le taquina t'il

Reita fit mine d'être vexé et de se lever. Uruha le rattrapa violemment par le bras.

- je t'appartiens autant que tu m'appartiens, je ne veux plus qu'on se quitte. Désolé de m'être moqué de toi.

- Ca veut dire que j'aurais le droit d'avoir ton numéro ?

- possible oui…

- Tu sais, je voulais te dire aussi. Si tu m'as vu comme ça, enfin si excité sur cet homme. C'est parce que je t'avais vu entrer dans le bar, j'étais furieux et ensuite quand je t'ai vu avec Shinobu je… il ne finit pas sa phrase et baissa la tête, déjà qu'il avait furieusement bégayé.

- mais, c'est lui ce sale obsédé ma sauté dessus, d'ailleurs je l'aime vraiment pas ce type il a dit des choses sur toi qui

- écoute Reita, je sais qu'il est un peu capricieux mais c'est mon ami, j'ai confiance en lui.désolé si tu as t'es senti mal, mais il a du bien vouloir faire.

Reita ne protesta pas car il n'avait pas envie de contrarier Uruha, mais son ton sonnait faux…

mmh si tu le dis.

Reita se tus, Uruha fit de même ils se regardèrent droit dans les yeux : ils en avait autant envie l'un que l'autre.

Un après midi de mai, ils décidèrent de déjeuner ensemble dans le parc, déjà deux mois qu'ils étaient ensemble et ils ne se laissaient pas l'un de l'autre. Les horaires difficiles d'Uruha leurs permettaient de se voir que très rarement, environ trois fois par semaine et il n'avait jamais de vacances.

- Reita tu peux me jouer quelque chose ?

- à la guitare ?

- oui puisque tu l'as apporté, s'il te plait !

- d'accord, mais quand on sera chez moi, je te montrerais ma nouvelle basse, et là tu verra que j'y suis vraiment plus doué

- si tu veux, mais moi je préfère la guitare.

- Si tu aimes tant que ça, tu devrais prendre des cours. Le peu d'accords que je t'ai appris tu te débrouilles hyper bien !

- merci, mais déjà que Shinobu me court après pour que je paye le loyer.

- tu sais si tu veux tu pourrais venir habiter dans mon appartement je sais c'est vraim-

- merci Reita mais je tiens à être indépendant, on se dérangerait et c'est pas une bonne idée.

- alors je t'aiderais à payer

- non Reita je ne peux pas accepter !

- c'est ça ou t'es à la rue !

-me…merci, tu sais Shinobu a du mal à me comprendre, il veut absolument que je fasse des extras.

-quel con ! Ça l'en merde hein que t'ai de la dignité et vie sociale toi au moins !

- Arrêtes ! Je lui dois beaucoup ! Sans lui je serais encore chez mon père a crevé misère et a me faire battre alors ne l'insulte pas. Le blond éclata en sanglot…je lui dois tout…

- tu ne m'avais jamais raconté tout ça ? Pourquoi ?

- mais qu'est que tu crois que je fais host boy par vocation ?

-non …non mais. Tu veux dire que c'est lui qui t'a fait entrée dans ce club.

-Au début s'était mon petit copain, il était très amoureux de moi et je ne supportais plus de rester chez moi alors j'en ai profité pour vivre chez lui. Et puis il m'a proposé de venir travailler avec lui, on s'est quitté mais on est resté colocataire. Et depuis, on vit comme ça.

- Mais il est pas net ce mec avoue le ! Rien que de faire entrer un adolescent dans un club comme ça c'est complètement inconscient ! Tu vas pas faire ça toute tas vis quand même

- Tu as raison d'avoir honte de moi ! Quoi tu crois que je ne me rends pas compte à quel point c'est pitoyable ! Même pas majeur et on m'est déjà passé dessus le centuple de mon age !!

- tu …tu n'es pas majeur ?

Uruha sorti une cigarette, il tremblait et ses gestes étaient saccadés.Reita le regardait complètement atterré.

-mais réponds !! Fit il en lui secouant brutalement le bras. La cigarette tomba sur l'herbe fraîche.

Uruha recula violemment et eu un regard apeuré, un regard d'enfant. « Ne me touche pas ! » dit il en détachant chaque mot.

Reita n'en pouvait plus il parti a grande enjambés et laissé Uruha seul, sans entendre les cris qui lui était destinés de véritables plaintes de douleur, Uruha hurlait à en perdre la voix, pleurait et frappait contre le sol sans pouvoir se relever, complètement impuissant « Reita reviens, je suis désolé, ne pars pas !! Ne me laisse pas ! Je t'en supplie tout sauf ça… pas toi aussi…» le blond resta là un moment à pleurer, quand il réussi à se lever il rentra chez lui, Shinobu l'y attendait.

-oh mon ange, ça va mais qu'est ce qui c'est passé ?

- je vais dans ma chambre

- non, sûrement pas explique moi.

Uruha le regardait silencieusement, mais il éclata vite en sanglot, la douleur était trop forte. Il fallait qu'il parle.

- Il ne comprend pas, il veut que je quitte mon travail, il ne comprend pas, il ne comprend pas … il m'a laissé, il me déteste maintenant.

- écoute, dès le début je t'ai dit que ce n'était pas une bonne idée cette relation, n'ai je pas toujours raison ? Il te met des étoiles dans les yeux, il te laisse espérer des choses qui n'arrivent jamais aux gens comme nous. On doit ce contenter de ce que l'on a, tu a raison il ne peut pas comprendre. Il ne te connais pas comme moi je te connais.

- mais, je l'aime. Dit il simplement, comme si s'était une évidence.

- tu l'aimes ! Ah ah laisse moi rire, au premier qui veut bien sortir avec toi tu lui offres ton amour ?! Mais ce n'est pas ça l'amour ! Et dit toi bien, même si c'est difficile : nous on ne pourra jamais nous aimer réellement car on les dégoûte, ils nous méprisent au fond, si ils sont avec nous c'est pour ce sentir supérieur.

- Reita n'est pas comme ça. Dit il sans conviction.

- tu en as encore beaucoup à apprendre. Mais sache que moi, je t'aimerais toujours pour ce que tu es.

- merci Shin sans toi je ne sais vraiment pas ce que je serais.

- ce n'est rien, allez repose toi. Et oublie les idées que ce Reita a cru bon te mettre dans la tête.