Cauchemar(s)
Sanzo s'arrêta quelques instants pour acheter les cigarettes qui commençaient à manifester leur absence. Lorsqu'il les eut en main il s'apprêta à partir lorsqu'il fut bousculé par une petite fille aux cheveux d'un noir profond. Il lut jeta un regard effrayant qui ne sembla pourtant pas la troubler le moins du monde. Ce fut lui qui se troubla un peu devant cet aplomb inhabituel chez une gamine de cet âge. Mais sans plus s'occuper de cette jeune fille il sortit rejoindre Goku qui réclamait toujours à manger. Sans l'écouter Sanzo reprit sa route vers la forêt. Il entendit bientôt des petits pas qui les suivaient. Il se retourna finalement et vu la petite fille qui l'avait bousculé un peu plus tôt. Elle ne prit même pas la peine de se cacher ou de feindre l'ignorance. Elle les suivait et elle voulait qu'il le sache. Au bout de quelques minutes il s'impatienta et se retourna brusquement ce qui surprit Goku occupé qu'il était à calmer son estomac qui criait famine.
- Qu'est ce que tu me veux ? interrogea durement le moine
- Vous êtes bien Sanzo et Goku ?
- Et en quoi ça te regarde ?
- Vous êtes bien Sanzo et Goku ? répéta-t-elle sans se troubler devant l'agressivité manifeste du jeune homme.
- Oui mais je répète ma question, en quoi ça te regarde ?
- Je peux vous aider à sauver vos amis.
- Ah oui et en quoi une gamine de ton genre peut nous aider ? Retourne jouer à la Barbie les adultes ont des trucs importants à faire. Aller dégage !
- Sans moi vous vous ferrez tuer, vous n'avez pas la moindre idée de ce qui vous attend.
- Je n'ai pas encore besoin qu'une gamine vienne me sauver !
- Il ne faut pas se fier aux apparences mon petit Sanzo !
Le moine en resta bouche bée devant l'insolence de la petite fille, il n'était pas habitué à ce genre de réaction, surtout chez une personne aussi jeune.
- Tes parents ne t'ont pas appris à ne pas répondre aux adultes ?
- Mes parents m'ont abandonné à ma naissance.
- … Ne compte pas sur moi pour m'apitoyer sur le sort d'une pauvre gamine insolente.
- Je ne t'en demande pas tant.
- …
- J'AI FAIM ! cria Goku qui n'en pouvait plus de ce dialogue où on ne lui prêtait aucune attention.
- Tiens, fit la jeune fille en lui tendant un paquet de biscuits avec un doux sourire contrastant avec son expression froide précédemment.
- Goku ne mange pas ça, ça doit être un piège !
Mais c'était trop tard Goku avait déjà engloutit la moitié du paquet sans aucun effet secondaire apparent.
- C'est bon tu me fais confiance maintenant ?
- Ce n'est pas parce que tu nourris mon singe que tu es digne de confiance !
- Moi je lui fais confiance, déclara calmement Goku
- Arrête de penser avec ton estomac ! lui cria le jeune moine troublé de sa ressemblance avec Gojyo à ce moment.
- Je ne sens pas une aura malfaisante venant d'elle c'est bon on peut lui faire confiance.
Sanzo était toujours surpris par la vitesse à laquelle Goku accordait sa confiance et la naïveté avec laquelle il jugeait les gens. Lui en était incapable son caractère méfiant toujours à l'affût d'un piège. Mais il devait reconnaître que Goku avait raison sur un point aucune aura malfaisante n'entourait la petite fille.
- Bon ok dis nous ce que tu sais, soupira Sanzo.
Aucune surprise ne modifia l'expression de la jeune fille comme si tout était calculé d'avance et qu'elle n'avait jamais douté que Sanzo ne cédât. Cette assurance indisposait Sanzo, elle était vraiment mystérieuse et il le sentait elle cachait quelque chose, il le découvrirait tôt ou tard ce qu'elle leur cachait.
- Si tu nous disais ton nom, apparemment tu nous connais déjà mais nous on ne te connaît pas.
- En effet. Je m'appelle Hikari ! Ravie de vous rencontrer, déclara-t-elle avec un charmant sourire auquel Goku répondit mais qui ne toucha pas Sanzo qui continua à l'observer fixement attendant qu'elle ne trahisse son secret.
- Et en quoi tu peux nous aider ?
- Je sais qui a kidnappé vos amis et plus important encore je sais où le trouver, conclut-elle avec un sourire satisfait.
- Eh bien j'en suis ravi pour toi mais moi aussi je sais, on a rendez vous figure toi, à l'arbre en pleurs, on est déjà en retard d'ailleurs.
- Mais vous ne pouvez pas y aller !
- Et pourquoi ça mademoiselle je sais tout ?
- J'AI FAIM !
- Parce que, répondit elle en jetant un autre paquet de gâteaux à Goku, c'est un piège, tous ceux qui s'approchent d'un peu trop près de cet arbre deviennent fous en revivant les pires moments de leurs vies.
- On n'est pas si faibles que tu ne le penses !
Un sourire supérieur vient effleurer les lèvres de Hikari elle mit son temps pour répondre, tellement que Sanzo se demanda si elle allait parler aujourd'hui ou demain.
- Je comprends mieux pourquoi c'est toi qui a été choisi en premier, tu es le plus faible, trop sur de toi mais tellement plus fragile, encore aujourd'hui hanté par ton passé, tu es une cible facile. C'était un jeu d'enfant de te soumettre à sa volonté avec un simple cauchemar. Tes autres amis plus forts, nécessitent plus de travail, voilà pourquoi il les a kidnappé et t'a laissé te tuer par tes souvenirs sur place. Tu devrais remercier Goku sans lui te serrais déjà mort.
- Tu ne sais rien, tu ne connais rien à la vie, alors abstient toi de juger sans connaître ! siffla Sanzo sentant la colère gronder sous son expression impassible qu'il essayait de maintenir malgré les piques qui faisaient mouche. C'est faux je ne suis pas faible ! Je ne suis pas faible !!
- Bon on va sauver vos amis ? proposa la jeune fille moqueuse.
- Ouais ! Gojyo, Hakkai on vient vous délivrer ! cria Goku ravi, le ventre enfin plein et prêt à combattre.
- Par ici jeune homme, sourit Hikari en montrant la direction inverse à celle qu'ils devaient initialement prendre.
Dans une grotte humide et sombre.
Gojyo sentait son corps protester contre la trop grande dose de sommeil qu'il lui donnait. Il réclamait quelque chose de consistant pour remplir son ventre désespérément vide. Ses jambes réclamaient elles aussi un peu d'exercice. Mais cela aussi était impossible. Il se demandait si ses geôliers l'avaient oublié ou si leur but était de le faire mourir de faim et d'ennui. Il en était là de ses réflexions quand il entendit à nouveau des pleurs. Paniqué à l'idée du retour fantomatique de sa mère il dirigea ses yeux très vite dans les moindres recoins de sa prison minuscule. Mais au bout de longues minutes constatant rassuré que rien ne venait il prêta l'oreille et distingua des pleurs amers parmi le silence mais qui loin de le briser le rendait plus enveloppant, plus oppressant. Comme si ce silence profond c'était déjà habitué à ces pleurs récurrents et s'y était adapté pour ne pas être remplacé. C'était des pleurs tranchants qui vous enveloppaient pour vous faire ressentir la peine de leur auteur. Gojyo tâcha de ne pas se concentrer sur la douleur qu'ils soulevaient pour s'intéresser sur le lieu d'où ils provenaient. Il était heureux de constater qu'il n'était pas seul, même si sa seule compagnie était une personne qui semblait aux prises avec une tristesse enveloppante.
Au même moment qu'il parvenait enfin à localiser les pleurs, quelques pas sur sa droite il entendit une voix calme et douce et même s'il ne parvenait pas à comprendre distinctement les paroles qu'elle prononçait, la chaleur de celle-ci l'enveloppa dans une couverture confortable le consolant de toutes ces tristesses. Apparemment cela eut les mêmes effets sur la détresse de son voisin ou voisine. Tout à sa joie de savoir que ce lieu inquiétant était occupé par des personnes de chair et de sang capables d'éprouver autant de la tristesse que de la sympathie envers la tristesse des autres il voulut participer à la discussion et peut être trouver une solution pour qu'ils s'enfuient.
- He oh y a quelqu'un ?
- Gojyo ?! s'étonna une vois douce étrangement familière.
- Oui c'est moi, qui es tu ?
- C'est moi Hakkai ?
- Hakkai ? Ca me fait plaisir de te revoir vieux !
- Techniquement tu ne me vois pas vraiment !
- Ah oui pardon de t'entendre, Gojyo souriait aux murs inhospitaliers de sa geôle , ils allaient s'en sortir maintenant qu'ils s'étaient retrouvés
- Je te présente Hikage qui est elle-même prisonnière.
- Bonjour Hikage !
- Ssssalllut, murmura-t-elle la voix encore bordée de larmes.
- Passons aux choses sérieuses comment on sort d'ici ? demande Gojyo impatient de fuir ces murs oppressants.
- Je ne sais pas, les murs ont l'air solides, et on risquerait de faire trop de bruit et d'attirer les gardes.
- Je, je connais un chemin. J'ai découvert une fissure sur la porte de la cellule où je me trouve, je pourrais ensuite vous délivrer.
- Ouais ! Youpi la liberté n'est plus très loin, se réjouit Gojyo.
- Cela fait longtemps que tu es la ?demanda Hakkai à la petite fille qu'ils découvrirent devant leurs yeux une fois les portes ouvertes.
Elle était très petite et semblait n'avoir pas plus de six ans. Ses cheveux avaient l'éclat de la lune, blancs et purs et ses yeux contrastant étaient aussi noirs que la nuit profonde. Elle semblait très timide et peu sure d'elle-même. Ses yeux reflétaient une tristesse poignante et semblaient prêts à déverser des tonnes de larmes d'un moment à l'autre.
- Un peu, éluda-t-elle. Elle ne voulait pas leur dire le rôle qu'elle avait eu auprès de leur geôlier de peur qu'ils ne veuillent plus l'aider.
- Bon maintenant nous devons sortir d'ici sans nous faire repérer.
- Je, j'ai entendu des gardes qui discutaient….commença-t-elle pas hésitante…
- Je n'ai rien entendu moi, remarque Gojyo.
- Sa cellule est plus près de la sortie, cela expliquerait qu'elle entende mieux que nous, conclut Hakkai.
Hikage rassurée continua :
- La personne qui nous a kidnappé ne serait pas là cette après midi.
- Mais comment savoir que c'est encore l'après midi, il fait toujours nuit…s'interrogea Gojyo
- C'est l'après midi, trancha Hikage avec une assurance nouvelle ce qui coupa court à toute protestation.
Ils sortirent discrètement de peur d'alerter les gardes. Hikage les conduisit sans jamais se tromper à la salle où ils purent récupérer leurs armes. En passant devant la salle où elle était il y a peu installée pour accomplir les ordres macabres de son geôlier elle sentit la curiosité qui la porta une fois de plus a regarder sous le bureau et qui l'emporta finalement et elle essaya d'ouvrir discrètement le tiroir sans succès. Elle demanda donc de l'aide à ses compagnons. Gojyo détruisit le meuble ce qui permit donc d'ouvrir et de récupérer un dossier.
- On le regardera après il faut vite partir avant que l'on se fasse repérer.
Hikage regarda tristement le meuble détruit. C'était le point de non retour, il allait les poursuivre en sachant qu'ils savent tout sur lui et en sachant qu'elle l'a trahit. Une peur soudaine la saisit, et s'il s'en prenait à sa sœur ? Non elle chassa bien vite ses idées de sa tête, elles réussiraient à le détruire et à rétablir leur vie d'avant. Avec ses nouveaux amis elle n'avait rien à craindre.
Shikyo n'en pouvait plus d'attendre, même avec un énorme retard ils devraient déjà être là. La peur pour leurs amis aurait du les conduire le plus vite possible au lieu de rendez-vous.
Et là il se serait débarrassé du foutu moine qui s'obstinait à rester en vie et aurait conduit Goku à son repère pour enfin… Il se résigna, ils ne viendraient pas, quelque chose ou quelqu'un les en avaient empêché. Il avait un mauvais pressentiment, beaucoup trop de choses clochaient. La situation lui échappait sans qu'il puisse la reprendre en main. Il retourna donc à son repère en courant de peur que la situation ne le fuie encore plus. Il devait la rattraper pour tout remettre en ordre. Il le fallait, et personne ne se mettrait en travers de son chemin.
Eh ben voila désolé pour l'énorme retard, donc là j'offre un grand chapitre pour tous ceux qui sont resté fidèles à attendre la suite. Et je m'excuse encore d'avoir tardé.
