Bon, comme vous semblez avoir apprécié le début de cette petite fic, je vais poster plus tôt ! Laissez-moi vos impressions, ça aide toujours à s'améliorer :P Bon week-end à tous !


Elle se redresse, appose ses mains sur mon torse et entame un massage cardiaque.

- Non, je ne peux pas mourir comme ça.

- 1, 2, 3, 4, 5…

- Mais c'est pas possible !

- 1, 2, 3, 4, 5…

- Ne me laisse pas mourir, je t'en prie…

- 1, 2, 3, 4, 5…

- Ziva !

Je me retourne, les yeux pleins de larmes d'assister à ma propre mort et je vois Gibbs qui arrive en courant. Je me relève et m'écarte de mon corps inerte et sans vie.

Elle ne semble pas l'avoir vu et continue son massage.

- Tony, tu ne peux pas partir, je te l'interdis ! crie-t-elle entre deux insufflations.

- Crois-moi, je n'en ai pas plus envie que ça, moi non plus.

Elle reprend mon pouls et ce qu'elle sent paraît la soulager. Je suis de nouveau en vie. Et heureusement, sur ces entrefaites, arrive l'ambulance, qui se gare presque à mes pieds. Les deux hommes qui en descendent courent vers nous et s'approchent de moi, tandis que Ziva se relève et s'écarte de leur chemin. Elle s'avance vers Gibbs et je vois qu'elle hésite. Je sens bien qu'elle a besoin de réconfort, mais je sais qu'elle n'osera jamais aller vers Gibbs. Ni personne d'autre.

Je suis mal en point. Ce que disent les ambulanciers ne me rassure pas du tout et me met encore plus mal à l'aise si c'est possible. Toute cette histoire me rend très mal. D'habitude, les gens n'ont pas pour habitude de sortir de leur corps pour pouvoir se regarder mourir. Du moins, personne n'a pu en témoigner. D'un côté, s'ils sont morts, c'est logique.

J'entends des noms de médicaments dont je n'ai jamais entendu parler auparavant, et ils m'injectent tout ça dans le corps. Moi qui ai horreur des piqûres, me voilà servi… Un troisième ambulancier descend du véhicule et arrive à son tour, tirant un brancard. Ils me déplacent sur le brancard et s'éloignent rapidement vers l'ambulance. Ziva esquisse quelques pas, puis se retourne vers Gibbs, attendant soit qu'il l'en empêche, soit qu'il l'encourage. Il lui adresse un signe de tête lui signifiant d'y aller. Elle court alors en direction du camion et monte à bord. Je la suis et l'imite. Quand même, je ne vais pas laisser mon corps tout seul, quoi…

Arrivés à l'hôpital, on descend sur le goudron et les ambulanciers se mettent à courir vers l'entrée des Urgences. Ce qui se passe sous mes yeux ne me présage rien de bon. Ziva les suit. Ou devrais-je dire nous suit jusqu'aux portes du bloc et là, on lui dit d'attendre, qu'un médecin la tiendra au courant. Je m'avance vers elle et, bien sûr, comme elle ne me voit pas, elle fait demi-tour et passe en me frôlant le bras. Sa main me passe au travers et c'est là une sensation très étrange. Je n'arrive pas à mettre de mots dessus, mais je me sens extrêmement seul au monde, sans le moindre pouvoir sur le monde qui m'entoure. Elle s'appuie contre le mur du couloir et glisse le long, jusqu'à toucher le sol. Elle s'y assoit et pose sa tête dans ses bras, son front contre ses genoux. Je jurerais qu'elle pleure. Ziva, pleurer ? C'est assez inconcevable, d'après moi. Mais j'entends un léger sanglot qui me conforte dans mon idée. Je fais alors quelques pas dans sa direction et arrivé près d'elle, je m'assois à sa droite. J'aimerais serrer dans mes bras cette Ziva si fragile, qui, pour une fois, pensant que personne ne peut la voir, se laisse aller à des sentiments purement humains. Mais je la vois et je vois enfin cette facette de sa personnalité qu'elle cherche si énergiquement à dissimuler. Elle relève le visage, essuie une larme d'un revers de main et, l'espace d'un instant, j'ai l'impression d'exister à nouveau. Elle se tourne vers moi et il me semble qu'elle me regarde. Mais non. J'avais oublié qu'elle ne pouvait pas.

C'est horriblement frustrant et tellement incroyable ce qui m'arrive. A bien y réfléchir, j'ai lu un truc à propos de gens, qui près de la mort, ont eu l'occasion d'avoir des OBE : Out of Body Experience. Mais je ne ressens pas la même chose que ce qu'ils ont décrit. Eux, c'était plutôt, une vague sensation de déjà vu à leur réveil. Alors que moi, je me sens bien vivant, je respire, je sens le vent sur mon visage, la chaleur du corps de Ziva près du mien, à la différence près que je ne peux la toucher. Je voudrais être là pour elle, pour la consoler, malgré ce qu'elle voudra faire croire quand les autres seront là, elle a besoin de réconfort. Je voudrais la serrer dans mes bras, lui dire que tout va bien se passer, que je vais réintégrer mon corps sous peu, mais je n'en suis moi-même pas sûr.

A quoi rime tout ça ? Est-ce une quelconque leçon ? Le prix de la vie, je le connais, je côtoie la mort tous les jours. Ma vie, je la risque tous les jours. Ou alors… ? Pour faire réaliser l'attention que nous porte notre entourage. Dans ce cas, c'est réussi, jamais je n'aurais pensé que Ziva s'inquiéterait de mon sort.