Jamais je n'aurais pensé que Ziva s'inquiéterait de mon sort.
- Oh, espèce d'idiot, bien sûr que si, tu le savais. Le seul problème, c'est que tu n'en avais rien à faire, pauvre hypocrite. Tu l'a vue, tu as vu sa tristesse, tu as vu sa déception, sa sensibilité grandissante. Tu as vu tout ça, mais tu n'y as pas prêté attention. Tu t'es focalisé sur toi et ton histoire avec Jeanne, cette histoire vaine, que tu as essayé de protéger de la tentation d'une autre. Tu étais parfaitement conscient de l'attraction mutuelle qui agissait entre vous, seulement tu ne voulais pas céder et tu as essayé de t'installer dans une relation normale, tout en sachant que ce n'était pas pour toi. Tu le savais ; sinon, tu n'aurais pas essayé de la protéger de Ziva. De te renfermer comme tu l'as fait. De la blesser comme tu l'as fait. Tu savais tout ça. Tu l'as fait délibérément. Tu n'es qu'un lâche. Et un traître.
- Stop. J'admets, je suis coupable de sa douleur, je le sais déjà. Pas besoin de me torturer plus avec ça, merci. Je ne suis pas quelqu'un de mauvais au fond, j'essayais juste de me prouver que j'étais « normal ». Que je pouvais aussi vivre une histoire normale avec une fille normale dans une vie normale. C'est tout. Jamais je n'ai eu l'intention de blesser Ziva. C'est quelqu'un de bien que je respecte et que j'apprécie vraiment.
- Que tu respectes ? Et c'est comme ça que tu le lui prouves ? En la rejetant comme tu l'as fait ? En l'ignorant ? En paradant devant elle, exhibant ton bonheur avec cette fille, alors qu'elle s'éprenait de toi, petit à petit. Tu as été égoïste et blessant. Tu as de la chance si un jour elle te pardonne.
- Je ne lui demanderai jamais de me pardonner. Elle le fera si elle peut, si elle veut. Mais je la respecte vraiment, malgré ce que tu peut dire.
- Tu la respectes ? La seule raison pour laquelle tu la respectes, c'est parce qu'elle pourrait te tuer de 18 façons différentes rien qu'avec un trombone.
- Tu vas trop loin, de quel droit te permets-tu d'avancer tout ça ? Et puis, mais… Mais… Qui es-tu ?
A ce moment-là, je me rends compte que je ne discutais pas avec moi-même, mais avec un double de moi, assis près de moi, qui me ressemble de façon troublante, habillé pareil que moi, juste avec un air sévère et sérieux.
Il se lève, se poste devant moi en époussetant son pantalon. Mais d'où il sort celui-là ? Cela nous fait un troisième DiNozzo. Oh mon dieu, que dirait Ziva ? Je pense qu'elle ferait une syncope.
- Je suis toi.
- Tu es moi ? Non non, à ce que je sache, je suis moi. Toi, tu ne peux pas être moi, tu es toi.
- Je suis toi. Tu ne vois pas la ressemblance. Je suis toi, trait pour trait.
- Oui, mais tu racontes plus de débilités que moi.
- Non. En fin de compte, tu as peut-être raison, je ne suis pas toi. Je suis ton côté sage et posé. Celui qui balance tes décisions, qui pèse le pour et le contre. Je suis, comment dire… ? Ta conscience.
- Ma conscience ?
Je pars dans un rire nerveux et un peu anxieux. Tout ce qui m'étais arrivé jusque là était carrément bizarre, mais je dois dire que ça dépasse les bornes. Ma conscience.
- Ma conscience, laisse-moi rire. C'est quoi tout ça, une blague ? C'est un coup de Ziva ? Le bleu ? Gibbs ? Parce que, dans ce cas, bravo pour le déguisement, j'ai bien l'impression de me voir dans un miroir !
Mon clone soupire, l'air exaspéré et regarde alentour, sûrement dans l'espoir que je gobe son histoire.
- C'est bon, t'as fini ? finit-il par me demander.
- Qu'est-ce que tu me veux, pourquoi est-ce que tu es là, et pas au fond de ma tête alors ?
- Je vais te résumer la situation en deux simples phrases. Tu es entre la vie et la mort dans ce bloc opératoire.
- Oui, ça, je l'avais compris tout seul. Tu peux me dire quelque chose que je ne sais pas ?
- Tu me laisse finir, oui ?
- Oui, oui, vas-y.
- Bon. Tu es entre la vie et la mort dans ce bloc opératoire. De notre entrevue dépend ton sort.
- Là, par contre, t'as le droit d'être plus clair.
- Solution n°1 : Tu comprends rapidement là où je veux en venir et tu as le droit de choisir : retourner dans ton corps ou le laisser et quitter la vie. Solution n°2 : Tu es un parfait idiot et tu ne comprends rien. Auquel cas, la vie sur Terre, c'est fini pour toi.
- Hey, c'est quoi ce chantage ?
- Bon sang, Anthony DiNozzo, on a pas trois ans. Lève-toi.
Non, Tony n'est pas schizo, c'est juste une idée qui m'est venue et que j'ai trouvé très intéressante à développer. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !