JOUR 18 : Etre submergé
Personnage : Amy
écrit aussi pour la journée des femmes et filles de science
Une « équation ».
D'après ses professeurs, il s'agit une relation, en général une égalité, contenant une ou plusieurs variables. Les variables sont quant à elles... des symboles, associés à une valeur indéterminée. Du moins, c'est ce qu'elle croit comprendre. Amy s'est retrouvée tellement submergée par toutes ces nouvelles informations qu'elle n'est plus sûre de tout suivre correctement.
Elle recopie donc la leçon consciemment, relis le cours une fois rentrée chez elle et, sans trop y mettre de conviction, fait un premier exercice.
À sa grande surprise, le résultat qu'elle trouve est juste. Alors elle recommence, encore et encore. Et à chaque fois, la réponse est bonne. Elle se sent alors pousser des ailes. Elle qui ignorait le matin même que des lettres pouvaient avoir leur place dans les mathématiques, la voilà qui joue avec elles comme si elle les avaient toujours côtoyées.
Alors le lendemain matin, quand le professeur demande à la classe comment leur sont apparus les devoirs, elle s'exclame :
- C'était génial ! Je veux faire des équations toute ma vie !
Bien évidemment, tous les élèves rigolent. Certains parce qu'ils se moquent de tout ce qu'elle dit ; elle est Amy, la fille étrange qui n'a toujours pas apprit à se taire en cours et qui pourtant n'arrive pas à parler aux autres jeunes de son âge. Rire d'elle leur semble donc normal. Et puis il y a ceux qui rigolent parce que l'idée de vouloir faire des mathématiques toute sa vie est aberrant.
Et puis, il y a le petit malin qui s'est réveillé un jour avec trois poils au menton et qui pense alors tout connaître :
- Les filles, c'est pas fait pour la science.
Amy se rembrunit alors. Elle pensait s'être trouvé un objectif, quelque chose dans lequel elle était douée mais après tout, il n'a peut-être pas tord. Des femmes en science, c'est idiot, non ? Il y a certes eu Marie Curie, mais Marie Curie c'est l'exception, pas la règle. Et alors qu'une boule se forme dans sa gorge, le professeur se fait sec :
- Les sciences, c'est fait pour ceux qui les aiment. Ou toutes celles. Et je n'ai jamais vu quelqu'un aussi enthousiaste que toi à l'idée de faire du calcul, Amy. Alors si c'est ce que tu veux faire, je suis sûr que tu peux y arriver. Je crois en toi.
La conviction qu'il met dans ses propos a deux effets.
Premièrement, les élèves cessent de rire.
Secondement, Amy reprend confiance.
Alors elle travaille encore et encore, dévore les livres, même ceux qui ne sont pas de son niveau. Quand elle fait des exercices supplémentaires, son professeur accepte de les corriger tout de même. Il l'encourage, lui répète combien elle semble faite pour les chiffres. Combien elle doit persévérer.
Par la suite, elle abandonne un peu les mathématiques pour les expérimentations et la physique mais à chaque fois qu'elle pose un calcul, elle réentend ces propos qui ont tout changé.
« Je crois en toi »
Alors quand elle reçoit le Prix Nobel, vingt-cinq après sa découverte des équations, elle ne manque pas de remercier celui qui a su la pousser vers le haut. Et surtout, elle n'oublie pas de reprendre ses mots.
« Les sciences sont faites pour tout le monde. Je crois en vous »
j'ai arrêté de suivre en mathématiques en terminale (la faute aux suites) mais j'en profite pour saluer mes profs dans cette matière qui ont toujours été géniaux, pédagogiquement et humainement parlant. Ceux d'SVT aussi étaient extraordinaires (mention à M.T qui prenait des élèves au hasard pour imiter avec eux la mitose et qui a aussi empêché un élève de se suicider dans la même année en "sacrifiant" 30 minutes de son cours pour lui tenir compagnie dans le couloir. On aime les gens comme ça). En physique aussi (sauf en première, mais faut bien une exception). Bref, merci et chapeau !
