Hello à tous ! Me revoilà avec un nouveau chapitre !

Natty Caro : Coucou toi ! Merci beaucoup pour ton welcome back :). Je suis heureuse d'être également de retour et de retrouver vos reviews qui sont beaucoup moins nombreuses mais après ma longue absence je peux comprendre que beaucoup se soient désintéressés de ma fiction malheureusement mais c'est comme ça ! Quoiqu'il soit, je te remercie du fond du coeur d'être toujours fidèle 3 ;). J'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre.

Orlya : Hello toi ! Je partage ton avis, le mensonge est pire que tout. Après, certains dirons que dans certaines situations, il est préférable de mentir...ça se défend mais dans le cas d'Alec, il aurait été préférable qu'il soit honnête. Merci pour ta fidélité et pour tes reviews que je prends toujours plaisir à lire.

Bonne lecture à tous !

Chapitre 26 – L'enveloppe

PDV Alec

Des stylos, des feutres, des cahiers, des règles, des surligneurs, des ciseaux, des crayons et surtout des tonnes d'étiquettes éparpillées un peu partout. Le salon ressemblait à un champ de bataille en ce moment.

Installé au sol, sur notre tapis italien en 100% fibre naturelle qui nous avait coûté une petite fortune, toute la famille s'activait à organiser les fournitures scolaires. Cette tâche était relativement rapidement pliée habituellement, mais cette année, tout était en double car nous étions désormais les heureux parents de deux enfants.

— Lesquelles de ces pinceaux m'appartiennent ? nous questionna Côme qui tenait dans chacune de ses mains 4 pinceaux différents.

Magnus soupira.

— Nous avons manqué cruellement d'organisation lors de l'achat de vos fournitures. Nous aurions dû tout séparer dès le départ. Maintenant ça nous oblige à repasser chacune de vos listes en revue et de cocher au fur et à mesure.

— Oui enfin, c'est surtout Daddy qui aurait dû procéder ainsi, c'était sa responsabilité les listes de fournitures, commenta tranquillement notre fille.

— Très juste ma fille, approuva mon époux sans gêne et sans me jeter un regard.

— Je ferai mieux l'année prochaine, me défendis-je en cherchant à établir un contact visuel avec lui.

Il finit par me regarder, puis me fit un petit sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

— Allez, ne traînons pas, il reste beaucoup à faire puis je conduis Côme chez le coiffeur à 17h, dit-il en attrapant un protège-cahier.

Silencieusement, je me remis au boulot à mon tour avec un pincement au cœur. Magnus se comportait différemment avec moi depuis qu'il avait découvert pour le baiser. Au début, je pensais que je me faisais des idées mais plus les jours passaient, plus je ressentais cette sensation oppressante...il prenait ses distances. Il ne me regardait plus dans les yeux, ne me taquinait plus, ne me témoignait plus des gestes d'affection, il m'appelait toujours Mon Amour ou Bébé, mais c'était plus par habitude. Dans sa façon de prononcer ces petits surnoms, il y avait quelque chose de différent qui ne me rassurait pas...et par-dessus tout, nous n'avions pas fait l'amour depuis qu'il m'avait pris contre le mur de notre chambre et qu'il n'avait pas atteint l'orgasme. Magnus n'avait pas jouit...il m'avait baisé, m'avait fait venir plutôt rapidement comme d'habitude mais lui...rien. Il s'était même carrément arrêté, prétextant qu'il était épuisé. C'était la première fois qu'une telle chose se produisait. Même fatigué, il continuait toujours jusqu'à ce qu'il atteigne l'orgasme à son tour. D'ailleurs, j'étais toujours impressionné par sa performance physique et son endurance alors je savais que ce n'était qu'une excuse. Sur le moment, une partie de mon cerveau a voulu y croire car je refusais de penser que la cause de sa soudaine baisse de libido était liée directement à moi...pourtant il semblerait que ce soit bel et bien le cas. Il ne m'avait pas encore pardonné et m'en voulait toujours. Il m'avait dit que ça prendrait du temps, je le comprenais mais tout de même après 10 jours, la situation ne faisait qu'empirer. Au fond, si nous n'étions pas en pleine procédure d'adoption de Côme, je pense qu'il aurait envisagé un break...je l'avais trahi et blessé...j'étais un mari horrible.

— Daddy, peux-tu m'accompagner au centre commercial quand nous aurons terminé ?

Je relevai la tête puis regardai ma fille en fronçant les sourcils.

Il ne nous manquait plus rien pour sa rentrée pourtant. Pourquoi souhaitait-elle aller au centre commercial ?

— De quoi as-tu besoin ? la questionnai-je tout en attrapant un protège-cahier transparent.

— Hmmm, je te le dirai quand on y sera, me répondit-elle avec un grand sourire.

— Tu en fais des mystères, commenta Mag's.

— C'est bientôt l'anniversaire d'Aaron, lâcha tout à coup Côme.

Aria le fusilla du regard.

— Traître ! lui balança-t-elle.

Magnus soupira.

— Ce n'est pas le 13 octobre son anniversaire ? s'etonna-t-il.

— Si...mais je ne sais pas quoi lui offrir alors je me disais qu'aller faire un tour dans les magasins m'aiderait à trouver l'inspiration...

— Ça va sœurette, ce n'est pas une demande en mariage que tu prépares non plus, il n'y a pas le feu au lac ! s'exclama Côme en attrapant sa trousse afin d'y ranger tous ses stylos.

Piquée au vif, Aria attrapa sa trousse à son tour, puis commença à ranger ses fournitures avec un peu trop de vivacité.

— Toi, je ne te raterai pas quand ce sera l'anniversaire de Drew, marmonna-t-elle.

Côme s'arrêta tout à coup dans son geste.

— Hey ! s'indigna-t-il.

— Ok les enfants...ça suffit les chamailleries. Je vais t'y conduire mon cœur, approuvai-je.

Les yeux de ma fille s'illuminèrent.

— Tu es le meilleur, merci Daddy ! s'exclama-t-elle en venant se jeter dans mes bras.

Magnus nous observa une minute, posa le regard sur Côme, puis lui ébouriffa gentiment les cheveux.

— Alors mon fils, es-tu anxieux à l'idée de commencer ta quatrième dans un nouveau collège ? lui demanda-t-il.

Côme soupira brièvement puis rangea sa trousse dans son sac avant de répondre.

— Oui je le suis. Je n'aurai plus mes amis, plus mes repères et mes habitudes...tout sera nouveau...c'est l'histoire de ma vie en ce moment.

— Te sens-tu oppressé par tous ces bouleversements ? m'inquiétai-je.

— Non, pas oppressé mais ce n'est pas facile de tout recommencer. J'ai une nouvelle vie, une nouvelle maison, un nouveau collège, de nouveaux amis...de nouveaux parents, ajouta-t-il avec des trémolos dans la voix. J'ai conscience d'être chanceux de cette seconde chance qui s'offre à moi...c'est juste que je ne suis pas certain de pouvoir supporter un seul boulversement de plus.

Magnus regarda Côme avec tendresse puis posa sa main sur la sienne.

— Les choses n'ont pas à se faire radicalement et en une seule fois, lui dit Magnus.

— C'est vrai...mais je me sens submergé tout de même...

Aria et moi échangeâmes un regard. Nous étions tous les deux confus désormais.

Magnus et Côme entretenait un lien spécial. Il existait aussi un lien spécial entre Magnus et Aria évidemment, entre Aria et moi également mais il était vrai qu'entre Côme et moi, il y avait encore du chemin à parcourir. Bien sûr, nous nous entendions bien, il lui arrivait de se confier à moi mais il le faisait plus aisément avec Magnus...c'était comme s'il se reconnaissait en lui.

Côme, nous regarda tour à tour Aria et moi.

— Je...je fais allusion à mes sentiments...pour Drew, nous expliqua-t-il en chuchotant presque le prénom de ce dernier.

Oh !

Je comprenais mieux tout à coup. Le changement supplémentaire qu'il ne se sentait pas en mesure d'affronter était de taille car accepter ses sentiments pour Drew, n'était qu'un petit pas sur la longue route des bouleversements que cette acceptation allait engendrer dans sa vie.

— Magnus à raison, les choses n'ont pas à se faire de façon radicale. Puis tu dois toi aussi prendre le temps de bien réfléchir à ce que ces sentiments signifient pour toi, ce qu'ils représentent et où tu veux qu'ils te conduisent. Tu dois être sûr de toi afin d'éviter que l'un de vous deux finissent par avoir le cœur brisé.

— Oui, tout comme Drew doit mener cette même réflexion. Alors pas de précipitation dans un sens ou dans l'autre. Ne soyez pas prompte à vous enfuir et ne vous hâtez pas non plus, lui conseilla Magnus.

Côme nous regarda avec des yeux reconnaissants.

— Merci, nous dit-il, à vous deux.

Et ce simple mot, me réchauffa le cœur autant que le feu qui crépitait actuellement dans notre cheminée.

PDV Magnus

La rentrée des enfants s'était passée sans encombre hier. Aria avait été folle de joie de se trouver dans la même sixième que son meilleur ami Drew mais déçue d'être séparée de Sofiane et Aaron, qui eux, avaient été affectés dans la même classe. Côme avait rencontré ses nouveaux professeurs et camarades, l'adaptation en classe risquait d'être un peu plus difficile pour lui mais j'avais confiance en lui, il saura trouver les clefs pour surmonter les défis qui l'attendaient. En parlant de défis, ma fille aussi en aura à relever. Elle était la plus jeune de sa classe mais pas du collège car un autre élève, prénommé Natiai, avait lui aussi intégré le collège avec un an d'avance. Il était dans la classe de Sofiane et d'Aaron.

— Alors, comment as-tu vécu cette rentrée ? Accompagner ta fille pour sa rentrée au collège à tout juste 10 ans, ça devait être quelque chose, dit Victor.

Nous étions dans notre bar habituel, situé à proximité de l'hôpital. Le lieu était bondé de personnel hospitalier sans surprise. Les conversations tournaient principalement autour d'interventions chirurgicales, de patients difficiles et des relations amoureuses entre confrères et consœurs.

Je pris une gorgée dans mon scotch. Je ne buvais pas d'alcool aussi fort habituellement mais dernièrement, j'appréciais de plus en plus ce whisky.

— C'est vrai que c'était particulier comme émotion. Camille était là.

Mon ami manqua de recracher le Macallan qu'il était en train de boire.

— Camille était là ! répéta-t-il hébété.

— Oui, avec Rafael. C'était important pour Aria que sa mère soit présente.

— Je comprends mais comment Alec a-t-il réagit ?

— Il a fait avec. Il n'avait pas choix de toutes les façons, dis-je en haussant les épaules.

Victor me dévisagea.

— C'est moi ou tu t'en fous un peu ?

— De quoi ?

— De ce qu'il aurait pu ressentir. Je veux dire, tu donnes l'impression que son avis sur la présence de Camille n'avait pas d'importance.

— Il n'en avait pas.

— Mag's...dis...est-ce que tout va bien entre vous ? Depuis la fois où tu m'as demandé de garder les enfants une nuit de plus...je me pose des questions.

J'avalai mon verre cul sec. Victor me regarda avec inquiétude.

— Un deuxième ? me proposa-t-il en levant déjà la main pour appeler le serveur.

J'acquiesçai. Nous restâmes silencieux jusqu'à ce que mon deuxième verre n'arrive. Je pris aussitôt une gorgée, appréciant la sensation de brulure et d'amertume que me procurait mon breuvage. Victor ne me pressa pas, il se contenta de siroter son verre, me laissant le temps et l'espace nécessaire jusqu'à ce que je me sente prêt à parler.

— Alec a embrassé un autre mec, lâchai-je.

Cette fois, le Macallan ne put être sauvé. Mon ami ayant avalé de travers à l'annonce de la nouvelle, commença à tousser bruyamment. Je lui tendis un mouchoir en papier afin qu'il puisse s'essuyer la bouche et le menton tout en lui tapotant le dos.

— Magnus...ce n'est pas drôle, me reprocha-t-il.

— En effet...

— Arrête. Comment peux-tu plaisanter là-dessus ! s'exclama-t-il.

J'attrapai mon verre, puis observai le liquide brunâtre une minute avant de l'apporter à mes lèvres sans rien ajouter de plus. Victor observait chacun de mes gestes et chacune des mes expressions.

— Par tous les anges...tu...tu ne plaisantes pas, comprit-il.

— Non.

— Mais il a perdu l'esprit ma parole ! s'énerva-t-il soudainement en agrippant les extrémités de la table, ce qui la fit légèrement trembler. Comment a-t-il pu bafouer ainsi les vœux de notre mariage ! vociféra-t-il.

Un petit sourire étira mes lèvres malgré moi en l'entendant dire « notre mariage ». C'est lui qui avait officié la cérémonie après tout, je le comprenais totalement.

— Ouais, je pense bien qu'il a perdu l'esprit...surtout qu'il s'agit de l'un de ses étudiants.

Victor fit un geste brusque puis manqua de renverser définitivement son verre.

— Je te conseille de le finir, lui suggérai-je en pointant son whisky du doigt. Je ne suis pas sûr qu'il survive à ce qui va suivre.

— Je ne suis pas sûr d'y survivre moi-même. Mon cœur a failli lâcher deux fois déjà...

Il termina son verre néanmoins. Je me lançai dans le récit de toutes les perturbations que notre couple avait subit depuis le retour de Camille.

— Waouh...je me doutais que vous viviez des moments compliqués mais ça c'est...waouh...et puis moi qui suis venu te supplier de vous occuper de Côme.

— Tu n'as pas à t'en vouloir, nous sommes heureux que Côme soit dans nos vies, je te l'assure.

— Oui, je sais bien mais...

— Pas de mais. Adopter faisait déjà partie de nos projets, tu le sais.

Victor soupira.

— Comment gères-tu la situation ? Ça se passe comment à la maison ?

— C'est compliqué...je fais de mon mieux pour ne rien laisser transparaitre devant les enfants mais c'est difficile. Les faux-semblants, je déteste ça. Alec s'est excusé et m'a demandé de lui pardonner un bon million de fois, il fait des efforts, en vrai il est redevenu le Alec dont je suis tombé désespérément amoureux, le Alec fiable, qui prend soin de moi et de sa famille mais quelque chose s'est brisé en moi, je ne lui fais plus confiance et...

Je baissais un peu la voix avant de poursuivre.

— Il s'est passé un truc étrange il y a quelques semaines, c'était le lendemain après avoir découvert la vérité. On discutait de toute cette situation merdique dans notre chambre et je ne sais pas comment, j'ai fini par le baiser contre le mur.

Victor écarquilla les yeux, un petit sourire apparu sur ses lèvres.

— C'est une bonne façon de régler les choses, approuva-t-il.

— Ouais...ben non. Déjà, pendant que j'étais en lui, je n'arrêtais pas de penser à comment David — c'est le prénom de l'étudiant qu'il a embrassé — avait posé ses lèvres sur lui, mit sa langue dans sa bouche, caressé son corps, eu une érection...plus j'y pensais, plus j'étais en colère et plus j'avais envie de baiser Alec avec violence pour le faire payer. C'est mal Victor, très mal. Quand j'ai réalisé ce à quoi je pensais, un sentiment m'a envahi tout à coup...le dégoût. Je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Pour la première fois en 10 ans, je n'avais pas envie de lui et n'ai pas pu jouir. Alec fut complètement décontenancé, j'ai mis ça sur le dos de la fatigue, je ne voulais pas le blesser ou du moins sur le moment, je refusais de me l'avouer.

Victor fut signe au barman de nous resservir.

— Tu n'as plus confiance comme tu l'as dit, je pense qu'il est normal que ton désir pour lui soit en berne. La plupart des mecs sont capables de faire la distinction entre sentiments et sexe mais c'est différent quand il s'agit de son âme-sœur. Tu couches avec lui non pas pour juste te soulager mais parce que tu l'aimes et que tu veux le lui exprimer à travers l'acte.

— Tu as raison. Pas une fois je n'ai eu de rapport avec lui sans que ce ne soit guidé par l'amour que je lui porte en premier. Il m'a dit qu'il n'avait rien ressenti pendant ce baiser, qu'il n'avait pas eu de plaisir, pas d'érection...ça m'a apaisé un peu.

Victor fronça les sourcils.

— Oui mais s'il n'est pas attiré par ce mec, pourquoi l'avoir embrassé ?

— Selon lui, il étouffait à la maison. Il se sentait en prison et incompris par rapport à Camille. Trainer avec David l'aidait à oublier et au moment où ça a dérapé, il a admis avoir éprouvé un sentiment de liberté plus qu'un désir quelconque. Puis il était curieux aussi de savoir ce que ça fait d'embrasser un autre homme, comme tu le sais, il n'a connu que moi. Tu sais Victor, j'étais prêt à tout pour lui, s'il m'en avait parlé, s'il m'avait dit qu'il était curieux de ça, ça ne m'aurait pas dérangé d'organiser...

— Un plan à trois ! s'exclama mon ami, mi-choqué, mi-intéressé.

— Oui mais surement pas avec toi ! le prévins-je.

— Oh là mais tu es fou ! Je vous considère comme mes enfants ! Ce serait incestueux! dit-il en grimaçant.

On éclata de rire devant le cours ridicule que prenait cette conversation.

— Enfin voilà...pour le moment j'en suis là et je ne sais pas quoi faire. Je pense aux enfants, à la procédure d'adoption de Côme. Je ne peux pas tout foutre en l'air. Je m'inquiète aussi de Camille, si elle apprenait que c'est le chaos entre Alec et moi, elle pourrait intenter une action pour avoir la garder d'Aria...je...

— Rien de tout cela n'arrivera, me réconforta Victor en posant une main amicale sur mon épaule. Avoir des crises dans un couple c'est normal, aucun juge ne t'enlèvera la garde de ta fille pour ça, qui plus est toi, tu es exemplaire.

— Ouais enfin...je travaille beaucoup et ne passe pas suffisamment de temps avec ma fille. C'est souvent Alec qui participe aux activités, qui va aux courses et gère le quotidien, si je le quitte, je ne m'en sortirai pas.

— Tu...tu penses vraiment à une séparation ? me questionna Victor avec inquiétude.

Je soupirai.

— Je ne sais pas. Je suis perdu.

— Est-ce que tu l'aimes toujours Mag's.

— Évidemment. L'amour ne s'en va pas ainsi.

— Très bien. Autre question. Penses-tu que ton amour est suffisamment fort pour lui pardonner.

— Je...j'espère que oui.

— Moi je sais que oui. Vous devez travailler dur ensemble pour reconstruire la confiance que vous avez perdu. J'image qu'Alec s'est aussi senti trahi quand tu as accepté que Camille revienne dans la vie d'Aria. Tu avais de bonnes raisons d'accepter, je le sais mais pour Alec ce fut tout de même perçu comme une trahison. Vous devez rester souder et reconstruire ce qui a été brisé. Pardonner ce qui doit l'être, vous rappeler de la force de votre amour, de vos vœux de mariage, des promesses faites et avancer main dans la main.

Je soupirai de nouveau. Victor avec raison, je ne devrais pas abandonner si rapidement, au contraire, je devais faire en sorte de récupérer mon couple en perdition...on devait le faire ensemble avec Alec, main dans la main mais allais-je pouvoir dépasser tout ça et lui pardonner ? Je n'en savais strictement rien et c'est ce qui m'effrayait.

PDV Aria

— C'est ton père Alec qui te récupère ? me questionna Sofiane tandis qu'il patientait devant le conservatoire de musique avec moi.

Il était 18h, nous venions de terminer nos cours respectifs. Batterie pour lui et piano pour moi. Il faisait déjà très froid en ce début de soirée du mois de Septembre. Mains dans les poches, tête baissée, les gens se pressaient de rentrer chez eux se mettre au chaud après une dure journée de travail, d'autres s'apprêtaient à rejoindre leurs amis dans les bars et galeries environnants. L'hiver était déjà là mais n'empêchaient pas pour autant les français de vivre leur vie, les rues étaient très animée.

— Aria ? m'interpella mon ami, en me ramenant sur terre.

— Euh oui, c'est Daddy, il terminait à 18h lui aussi. L'université n'est pas très loin, il sera bientôt là, tu peux y aller, lui dis-je avec un petit sourire rassurant.

Sofiane rentrait à vélo. Il avait de la chance de vivre dans ce beau quartier qui respirait les arts et la culture. Hormis le conservatoire, il y avait aussi de nombreuses galeries artistiques et des musées.

— Je n'ai pas envie de te laisser seule...hésita-t-il.

— Regarde autour de toi, il y a du monde partout, je t'assure que ça ira puis tu dois rentrer, ta mère s'inquiétera autrement.

— Aria, je sais que mon quartier à l'air chic et réconfortant mais il y a des gens louches partout, regarde ce type là-bas avec sa capuche et ses lunettes sur le nez...j'ai l'impression qu'il nous observe.

Je pivotai la tête et regardais dans la direction qu'il m'indiquait. Il y avait effectivement un mec à capuche et à lunette debout à l'angle, mais il était plus occupé à taper sur son téléphone qu'à nous observer en vrai. Probablement qu'il avait rendez-vous avec des amis et leur demandait où ils étaient.

— Tu deviens parano, rétorquai-je, il n'en a rien à faire de n...

Mon téléphone flambant neuf, que j'avais reçu hier en guise de cadeau de rentrée au collège, commença à sonner pile à cet instant. Je le sortis et vis qu'il s'agissait de Daddy. Je décrochai aussitôt.

« Coucou ma Princesse, je viens de terminer, je suis là dans 15 minutes grand max. Attends-moi à l'intérieur d'accord ?

D'accord, mais je suis déjà devant Daddy...

Quoi ? Toute seule ? s'affola-t-il aussitôt.

Avec Sofiane mais il ne va pas tarder.

Bon, je me dépêche. À tout de suite.

D'accord »

Je raccrochai.

— Daddy arrive, annonçai-je à Sofiane.

Je vis qu'il termina rapidement de taper un texto sur son téléphone avant de le remettre dans sa poche en soupirant.

— C'est ta mère, devinai-je.

Il me jeta un petit regard gêné.

— Elle abuse sérieux...je ne suis plus un bébé.

— Mais pas un adulte non plus...

Il me lança un regard courroucé.

— Et toi tu es plus jeune que moi et une fille de surcroit ! rétorqua-t-il.

— Qu'est-ce que c'est que ce commentaire sexiste ? m'indignai-je.

— Je dis juste que si ma mère est inquiète pour moi, tu devrais comprendre que je le sois pour toi également...

— C'est ta mère Sofiane, c'est ce que font les parents.

— Les amis aussi, insista-t-il.

— Je sais, lui répondis-je en lui faisant un petit sourire. Rassure-toi, Daddy sera là dans moins de 10 minutes.

— Es-tu certaine que ça va aller si je pars ? Tu devrais au moins attendre dans le hall. C'est nul que Côme n'est pas pu venir à son cours, je ne me sentirai pas si misérable de te laisser...l'été et ses longues journées me manquent déjà, soupira-t-il.

Je rigolai.

En parlant de mon frère, je me gardais de révéler la raison qui l'avait poussé à sécher son cours le jour de la reprise...raison qui n'est autre que mon meilleur ami. Ces deux-là étaient partis au centre commercial, à la mercerie plus précisément. Drew travaillait en ce moment sur la confection d'une chemise. Il m'avait confié qu'il galérait à trouver la parfaite matière pour sa création, qu'il manquait d'inspiration. Le fait qu'il avait demandé à Côme de l'y accompagner en disait long sur la confiance qu'il lui témoignait. Il espérait que sa présence l'aiderait, un peu comme une muse. En réalité, il m'avait proposé de l'y accompagner également, mais nous avons un récital de prévu au moins de Décembre alors il était hors de question que je rate les cours même si j'étais plutôt douée et n'étais plus à une leçon près. Côme lui, commençait les cours au conservatoire donc il échappait au récital de cette fin année. Pour être honnête, c'était ridicule de l'en dispenser, il était déjà en capacité de jouer parfaitement Lettre à Élise de notre amiBeethoven grâce aux leçons individuelles que lui donnaient papa régulièrement.

— Aria ! Tu es sacrément dans la lune ce soir ! Attend ton père à l'intérieur ! m'ordonna Sofiane avec autorité.

— D'accord, d'accord, je vais faire ça, le rassurai-je

Je commençais à avoir sacrément froid de toutes les façons.

— Parfait, à demain ! me salua-t-il en montant sans tarder sur son vélo.

Je le regardai s'éloigner un instant puis pivotai, prête à rejoindre le hall d'accueil quand une voix m'interpella. Je m'arrêtai dans mon geste. Me retournant, je vis un homme qui me regardait avec un petit sourire aux lèvres. Je fronçai les sourcils, méfiante. C'était le mec à capuche et aux lunettes.

— Aria Bane ? répéta-t-il.

Comment me connaissait-il ?

— Qui...qui êtes-vous ? demandai-je sur la défensive.

Il rigola.

— Ne t'inquiète pas, je suis un ami de ton père...Alec, précisa-t-il. Enfin je suis l'un de ses étudiants, je m'appelle David et j'ai quelque chose pour toi. Il me tendit une enveloppe épaisse marron en papier kraft.

J'étais de plus en plus pommée. Je fis un pas en arrière.

— Non merci, dis-je en regardant l'enveloppe d'un mauvais œil. Écoutez, je ne sais pas qui vous êtes mais je viens d'avoir Daddy au téléphone et il ne m'a pas dit...

— Crois-moi, dans cette enveloppe contient tout ce que tu as toujours voulu savoir, tous les petits secrets existants entrent Alec, Magnus et...ta mère.

J'écarquillai les yeux.

Comment savait-il autant de chose sur moi et ma famille ? N'avait-il pas dit n'être qu'un étudiant de mon père ? Des secrets entre mes pères et ma mère ? Je savais qu'ils me cachaient des choses mais qui était ce type ? Pouvais-je lui faire confiance ?

— Pourquoi me donnez-vous ça ?

— Parce que je veux t'aider.

— Pourquoi ? On ne se connait même pas.

— C'est vrai mais je sais ce que ça fait que d'être trahi par ceux qu'on aime. Ton père Alec m'a raconté tout ce qu'il s'est passé entre lui, ta mère et ton père Magnus. Ils veulent te cacher la vérité mais moi je trouve ça injuste, tu as le droit de connaître ton histoire, celle de ta naissance, pourquoi ta mère était en hôpital psychiatrique. Tout est là.

Il me tendit de nouveau l'enveloppe.

— Prends-la et tu décideras après de si tu veux l'ouvrir ou pas mais au moins, quelqu'un t'aura donné le choix et la chance de connaître la vérité. Mon numéro de téléphone est à l'intérieur, si tu veux discuter, je suis là.

Je finis par lui prendre l'enveloppe ou du moins, c'est plutôt lui qui me la fourra dans les mains ne me laissant pas le choix.

— Tes pères ne doivent pas la voir, autrement ils la détruiront, m'avertit-il.

— Mes pères ne feraient jamais une telle chose ! les défendis-je.

— Nous sommes tous humains Aria, au final, nous ne faisons que ce qui va dans notre propre intérêt, tu le comprendras assez tôt.

— Donc...vous aussi, vous faites ça car vous y voyez un intérêt pour vous. Quel est-t-il ? Je ne vous crois pas quand vous dites le faire pour m'aider...l'altruisme n'émane pas trop de vous, narguai-je.

Il éclata de rire.

— Sans surprise, tu es très intelligente et manies le sarcasme à merveille. Si tu veux en savoir plus sur mes motivations, contacte-moi.

Et juste comme ça, il tourna les talons et s'en alla d'un pas rapide. Je regardai l'enveloppe une minute avant de la ranger dans mon sac. Je ne savais pas trop ce que j'allais en faire pour le moment, c'était complètement irréaliste ce qu'il venait de se produire.

Une voiture ralentie à mes côtés, la tête de mon père apparue. Je me mis à l'observer tout en repensant à ce que m'avait dit ce David.

Que pouvait être ces secrets connectant mes pères et ma mère ? Il y avait un lien avec ma naissance avait-il dit ? C'était censé car j'étais l'unique lien qui les unissait ..à moins que je ne me trompais...mon père aussi était une chose qu'avait Daddy et ma mère en commun...

— Grimpe Chérie, qu'attends-tu ? Il fait froid, tu vas tomber malade, me pressa mon père.

Je repoussai mes réflexions pour le moment puis pris une profonde inspiration avant de monter en voiture.

— Bonsoir Daddy, lui dis-je tout en attachant ma ceinture.

— Ça va Princesse ? s'enquit-il en me dévisageant légèrement.

— Oui...je me sens juste épuisée.

Entre autres...pensai-je.

— Longue journée n'est-ce pas ? Pas simple hein la vie de collégien.

— Ouais, quelque chose comme ça, lui répondis-je en baillant.

Il se pencha puis déposa un baiser sur mon front.

— On passe récupérer ton frère chez Drew, tu peux fermer les yeux, je te réveillerai quand nous serons à la maison, me dit-il.

J'acquiesçai.

— D'accord, merci Daddy.

Il se repositionna puis s'inséra dans la circulation après avoir actionner son clignotant. Je fermai les yeux avec la sensation que je venais de recevoir un coup de massue. L'enveloppe dans mon sac pesait lourd...lourd de secrets, lourd de curiosité mais aussi lourd de culpabilité car même si je ne m'étais pas encore décidé entre en regarder le contenu ou non, je savais d'ores et déjà que je n'allais pas en parler à mes pères.

Fin du chapitre.