Bonjour tout le monde. Je ne vais pas vous mentir, je ne sais par quel miracle j'ai réussi à finir ce chapitre à temps. Entre la peinture, le sol à faire, le travail et le déménagement... J'ai un peu peur pour la semaine prochaine, puisque là je vais devoir faire l'appartement et je suis exténuée. Donc je vais faire au mieux je vous le promets.
On va enfin revoir Bella. Ce qui va nous donner un avant gout pour la suite.
Guest: en effet le Juge a la main partout. Si B s'en sort elle pourra en effet dire merci à ses amis et surtout à Paul. Qui ne lâche pas le morceau facilement. Il y a des raisons d'être inquiet pour Ed. Roy ne va pas s'en sortir aussi facilement. Bisous !
MC: Malheureusement, la corruption est partout. Oh ne t'en fais pas, les anciens amis de Bella vont aider pour une fois. Pourvu que le plan fonctionne. Bisous !
Guest: la suite est là. Bisous !
Allez bonne lecture tout le monde. Désolé si le chapitre n'est pas aussi nickel que d'habitude, je l'ai un peu fait dans l'urgence. J'espère que vous me pardonnerez. Bisous !
Mettant le plan à exécution, Alice, Rosalie et Emmett faisaient semblant de mettre ça sur le dos de Paul. Le Quileute leur avait dit d'y aller fort, de ne surtout pas hésiter, plus c'était réaliste et plus le Juge tomberait dans le panneau. Quelqu'un avait balancé pour Bella et lui et il ne savait toujours pas qui. Il était assis dans un couloir à même le sol, attendant qu'Alistair ou Carlisle reviennent avec des nouvelles. Le reste de la troupe était rentré pour aller chercher des affaires propres à Bella et se reposer un peu. Paul n'avait pas eu le cœur à partir. Jasper ne tarda pas à le rejoindre. Lui non plus ne lâchait pas le morceau.
- Alors ? demanda Paul inquiet.
- Ils refusent de me laisser passer ces bâtards, Edward est dans de beaux de drap.
- Ils le laisseront sortir sous peu, tenta de le convaincre le Quileute. Les études de son fils lui tiennent fortement à cœur à ce trou de balle. Il ne lui fera pas rater son année. Tout comme il fera tout pour que Bella rentre au conservatoire.
- C'est pas faux, admit Jasper en soupirant.
Ils étaient assis l'un à côté de l'autre, sur le sol, adossé au mur. Rien n'allait dans cette journée.
- Tu vas vraiment épouser Bella ? demanda le blond cherchant confirmation de sa part.
- Si elle est d'accord, alors je n'hésiterai pas une seconde, répondit Paul avec force. Pour elle, je suis prêt à aller jusque là.
- Je n'en ferai pas autant pour Edward, se marra Jasper cherchant à détendre un peu l'atmosphère.
- Oui sauf que tu ne couches pas avec Edward, enfin pas à ma connaissance, ricana Paul en levant les yeux au ciel.
- Alors c'est vrai ?
- Quoi ?
- Bella et toi vous avez franchi le pas ? demanda Jasper avec un peu plus de sérieux.
- Ça ne te regarde pas la fouine ! soupira Paul en le regardant blasé.
- C'est bon, pas besoin d'épiloguer, je ne suis pas débile. Bella a toute confiance en toi, elle t'aime. D'ailleurs ça m'étonne toujours autant qu'elle ne t'ai pas envoyer un message ou même, je sais pas moi, un mail...
Les yeux de Paul s'ouvrirent en grand comme s'il venait de se prendre une gifle. Mais il était vraiment trop con !
- Quoi ? demanda Jasper en voyant bien sa réaction.
- Ton téléphone c'est un dernier cri, parce que le mien à part téléphoner et recevoir les messages il fait pas grand chose.
Jasper lui tendit son portable et Paul s'empressa de charger sa boite mail. C'est là qu'il le vit. Un mail de Bella. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Le PC était ouvert dans la chambre !
- Putain ! siffla-t-il en voyant ça.
- Alors elle avait bien laissé un message, comprit Jasper en fermant les yeux et en posant tête contre le mur. On ne serait pas arrivé à temps, elle serait morte à l'heure qu'il est.
Paul s'en voulu encore plus aussitôt. Bella avait bel et bien laissé un message d'adieu, à lui et uniquement à lui. Un qu'elle savait pertinemment qu'il ne verrait pas à temps, parce qu'il n'allait jamais voir sa boite mail.
- Lis le, moi je vais aller me chercher à boire, prend ton temps, conseilla Jasper en se levant.
Il cherchait juste à lui laisser de l'intimité, ne sachant pas trop comment Paul allait pouvoir réagir à ce message. Le Quileute se senti fébrile quand il ouvrit le mail.
« Paul,
Je sais ce que tu vas penser, je sais ce que tu vas te dire. Ce n'est pas nécessaire, sache le. Tu n'es pas responsable de ce que je vais faire. Bien au contraire. Tu as été le seul dans cette vie à me montrer que l'humain recelait de belles choses en lui. Tu es mon soleil. Mon souffle d'air.
Tu es mon seul regret, ne pas voir ce qu'aurait pu être notre vie à deux m'arrache le cœur. Tous ses moments passés à la Push avec toi ont été les plus heureux de ma vie, les plus beaux, les plus tendres.
Mais je ne peux plus souffrir, je ne peux plus me battre encore et encore contre l'inévitable. Je n'ai pas ta force, ta résistance et ton entêtement. Je suis fatiguée, je me sens étriquée dans cette vie où les choix des autres me sont imposés. Je n'épouserai pas Royce, j'en suis incapable. Je préfère en rester là avec la vie. Parce que tous les beaux moments qu'on a eu a deux, n'ont malheureusement pas fait le poids face à la dure réalité de ma vie.
Je n'aime pas le piano, je hais mon existence, j'arrive même à me détester moi même. Qui a-t-il à sauver là dedans ?
Je refuse que tu t'en veuilles pour quoi que ce soit. Parce que tu as été la seule lumière dans mon obscurité. Le seul à voir à travers. Ta colère de tout à l'heure n'y est pour rien dans ce je m'apprête à faire. Elle est justifiée et je la comprend mieux que tu ne le penses. Je t'aime et je pense que tu m'aimes aussi. Et je préfère garder cet amour plutôt que de devoir vendre mon âme au diable. Me séparer de toi, c'est me couper de l'air que je respire et qui me tient en vie. Tu as été mon premier en tout point et maintenant je peux le dire, tu seras mon unique.
Oublie moi, pour ton bien et celui de ta mère. L'oubli n'est pas si mal parfois.
Avec tout mon amour. Bella »
Oh quand il allait la revoir ! se dit-il en retenant ses larmes. Il la secouerai tellement fort pour lui faire entrer dans le crâne qu'elle n'était pas seule. Le désespoir transperçait chacune des phrases de ce maudit mail. Avait-elle conscience qu'il ne pouvait pas l'oublier ? Qu'il serrait briser sans elle ? Tout comme elle l'avait certainement été quand elle avait comprit qu'elle serait séparé de lui. Bella avait toujours vécu avec la certitude qu'elle n'avait pas le choix. Que son père finirait forcément par diriger l'entièreté de sa vie. Sauf qu'elle avait goûté à la liberté et qu'elle ne pouvait plus retourner en cage. Elle s'était senti étouffée, une fois encore. Sans parler des sévices que le Juge avait dû lui faire subir. Le bol était plein. Si Bella comprenait sa colère, lui il comprenait son désespoir. Paul percuta une chose essentielle. Il fallait à tout prix qu'il redonne espoir à sa petite amie, sinon elle recommencerait sous peu. Le Juge avait prouvé qu'il ne s'arrêterait pas là. Bella elle ne pouvait plus subir.
- Alors ? demanda Jasper en revenant inquiet.
Paul redressa la tête, lui tendit le portable pour qu'il lise le message. Qu'il comprenne enfin lui aussi. La tristesse s'afficha au fur et à mesure sur le visage du blond.
- Tu vois maintenant ? Quand je te dis qu'il n'y a plus le temps. Ta justice est trop longue pour elle. Probablement qu'elle aidera Edward à force, mais Bella, elle, n'en supportera pas plus. Je dois la sortir de là. Par n'importe quel moyen.
Ce fut la première fois que Jasper s'inclina devant son raisonnement. Il avait raison. Le blond lui fit un signe de tête pour lui dire qu'il avait comprit.
- Je vais t'aider, proposa-t-il sérieusement.
- Vraiment ?
- Oui, déjà, je vais aller chercher un portable pour Bella, il va falloir qu'elle communique avec nous sans que son père soit au courant. Et je sens que c'est mal parti pour qu'on la sépare de ses parents. Le Juge est très influent. Bien plus que je ne le pensais. Une fois encore Bella avait raison sur ce point et je n'ai pas voulu l'admettre. Ça va prendre du temps de trouver les bonnes personnes. En attendant, il va falloir la jouer fine et être malin. Le Juge ne laissera jamais Edward revenir à la coloc après ça. J'avoue être un peu perdu.
- Prend ton pote et dis lui de se barrer, voilà c'est pas plus compliqué que ça, grogna Paul en se relevant. Il va finir par faire une connerie aussi si ça continue. Je proposerai bien de pousser le Juge dans les escaliers mais j'ai pas envie de finir en taule.
- Combien de temps avant les examens et la remise de diplôme ? demanda Jasper en croisant les bras.
- Un mois et demi pour les exams et deux semaines de plus pour les résultats, répondit Paul en fronçant les sourcils.
- C'est le temps que nous avons pour mettre en place ton plan, si Bella est d'accord. Le temps aussi pour récupérer les nouveaux papiers d'identité avec son nouveau nom si la mère d'Emmett accélère la procédure. Moi je m'occupe d'Edward, mais il est temps que sa sœur prenne du recul et le plus loin possible. Néanmoins, il faut qu'elle passe ses exams, son avenir en dépend. Elle est brillante et elle a besoin de trouver sa voix. Je crois que l'audition pour le conservatoire est dans ce laps de temps. Il va falloir convaincre Bella de jouer le jeu. Et je doute qu'elle soit en état de le faire.
- Je vais lui parler. Je la convaincrai, promit Paul sûr de lui. Elle ne recommencera pas cette folie. Il va falloir adoucir la vigilance du Juge.
- Ce qui n'est pas une mince affaire.
- C'est sûr, mais là, il a pas mal à faire pour protéger ses arrières, lança Paul malin. Alors continue à lui mettre la pression avec ton oncle et moi je me charge de Bella. S'il a l'esprit ailleurs, il lâchera un peu de leste. Il est doué, mais il ne peut pas être partout. En plus de ça il est Juge, c'est pas un métier qui est censé laisser autant de temps. Il faudra bien qu'il parte de la maison de temps à autre.
- Et s'il décide de prendre des vacances pour mieux gérer la chose ? s'inquiéta Jasper.
- Déconne pas, il aime avoir du pouvoir, ça le fait bander de juger les gens, il ne prendra pas de vacances, par contre il va probablement abrutir ses enfants comme il le fait avec sa femme.
- C'est là qu'Alistair va nous être utile, sourit le blond en comprenant où Paul voulait en venir. Il regardera le traitement conseillé par ce psy véreux et il réajustera pour Bella. De quoi l'aider, mais sans l'assommer. On va y arriver !
- Il y a plutôt intérêt, sourit Paul sentant la conviction étinceler dans chacune de ses veines.
- Qu'est-ce que vous mijotez tous les deux ? demanda Carlisle en arrivant derrière eux.
Ils s'élancèrent aussitôt vers lui pour avoir des nouvelles, mettant totalement sous silence sa question. Carlisle leva les mains pour les calmer.
- Elle s'est réveillée, elle a beaucoup pleuré quand elle a compris où elle était. Alistair est avec elle, il la calme. En revanche, elle refuse de parler. Elle comprend ce qu'on lui dit, elle fit des signes de tête mais elle n'ouvre pas la bouche. Ce qui ne va pas nous aider des masses pour obtenir des informations.
- Il faut que je la vois, lança Paul le cœur battant avant que Carlisle le calme.
- Doucement. Elle est fragile. De plus, on a découvert des marques sur ses pieds, des croûtes sur ses mains, elle est sous alimentée, laisse encore un peu de temps à Alistair pour la stabiliser.
Les lèvres de Paul se mirent à trembler de rage. Ce putain de Juge l'avait torturé, encore !
- Il l'a enfermé quelque part c'est sûr ! cracha le Quileute en s'arrachant les cheveux.
- Oui, je pense aussi qu'elle a été séquestrée. Malheureusement, je fais ce que je peux, mon ami me soutient pour l'instant, il inscrit le plus de chose possible à son dossier médical, mais il m'a dit que quand le chef de l'hôpital allait revenir, il ne pourrait plus rien faire. Apparemment c'est un grand ami du Juge.
- Tu as eu mes messages pour la tutelle et l'internement ? demande Jasper inquiet.
- Oui et justement, Alistair et mon ami vont mettre une procédure en court pour contrer ces deux décisions, ainsi qu'une petite enquête de l'ordre des médecins que je leur réserve moi même. Cela devrait les ralentir. En attendant il faudra remettre Bella et son frère debout pour qu'ils témoignent. Mais ça va prendre du temps.
- Non ! intervint Paul déterminé.
- Pardon ?
- Non, il y a plus de temps. Donc on va la faire à ma manière pour une fois. Faites votre possible pour contrer la tutelle et je vous en remercie, mais Bella va disparaître de Forks, ça j'en fais la promesse.
Carlisle comprenait où il voulait en venir. Lui même ne s'était pas attendu à autant de corruption dans une si petite ville. Le médecin haussa les épaules.
- Fais comme tu veux, mais il faudra qu'elle garde contact avec Alistair. Elle a besoin d'un suivi psy. Ce genre de sévices reste gravés. Il va falloir qu'elle évacue et Alistair est le meilleur. Et n'oublions pas Edward. Il est tout aussi fragile et instable que sa sœur.
Cela rendait dingue Carlisle de ne rien pouvoir faire de plus. La seule chose qui était en son pouvoir, c'était de mettre des bâtons dans les roues du Juge sans jamais être sûr d'arriver à son but. Néanmoins, ça lui donna encore plus envie de réussir. Il était médecin et il était hors de question qu'il laisse des personnes comme ce psy véreux continuer à exercer. Même sans Bella, il y arriverait, il restait Edward.
- Quand Alistair vous dira que vous pouvez y aller, vous pourrez lui parler, conseilla Carlisle en leur tapotant l'épaule et en partant.
- Où vas-tu ? demanda Jasper en fronçant les sourcils.
- Emmerder le monde en psychiatrie pourquoi ? s'amusa Carlisle en souriant en coin. Ça ralentira le père et ça laissera plus de temps à ton ami pour discuter avec cette jeune fille. Edward doit sortir de là, je vais voir ce que je peux faire.
Paul regarda cet homme aux airs pacifistes partirent. Il y avait quelque chose chez lui qui donnait envie de le respecter. Déjà, aider des inconnus n'était pas simple pour le premier venu.
- Il a l'air cool ton oncle, lança Paul sincèrement.
- Il l'est, c'est ma seule figure masculine, c'est comme un père pour moi. Bella adorerait ma tante Esmée et en retour Esmée serait dingue de Bella. Je sais que personne ne mérite ce qu'ils vivent, mais je trouve ça encore plus déchirant quand on les connaît. Je vis avec Edward depuis un moment. Il est totalement différent quand il n'est pas chez lui. Il peut être drôle malgré lui. Il est cultivé mais n'étale jamais sa science. Il aime la musique et la littérature même s'il fait croire le contraire. Il hait le droit, je crois qu'il a l'impression de devenir comme son père.
- Et bien tu as le parallèle avec Bella. Elle est adorable sans sa famille, lumineuse. Un peu extravertie, elle peut avoir du caractère si elle s'y met. Mais surtout, c'est une tête. Elle a réponse à tout, c'est dingue. Le Juge bouffe leur essence. C'est un trou noir, il ne leur laisse jamais l'occasion d'être eux même. Mais ça va changer, il faut que ça change.
Ils patientèrent encore un bon bout de temps avant qu'Alistair revienne. Paul se senti mal à l'aise aussitôt. Cette homme n'avait aucune expression faciale, en revanche son regard semblait lire en vous.
- Vous pouvez aller lui parler, lança le psy en regardant Paul et en retenant Jasper.
- Mais moi aussi je veux la voir..., se plaignit le blond en fronçant les sourcils.
- Je sais. Mais elle, elle n'a besoin que de lui. Elle n'a toujours pas ouvert la bouche. Elle s'est contentée de me répondre avec des hochements de tête et des haussements d'épaule. Tout ce dont elle a besoin, là, maintenant c'est d'amour et d'espoir. Je pense que tu n'es pas le plus qualifié pour lui offrir.
Paul les laissa à leur discussion et s'élança vers la chambre de Bella, avant qu'Alistair ne lui balance une batterie de recommandations dont il n'avait strictement rien à foutre. Il allait parler à Bella comme il l'avait toujours fait, avec honnêteté. Son cœur s'arrêta quand il la vit enfin, lui tournant le dos, allongée en chien de fusil. Il voyait ses longs cheveux s'étaler sur le drap blanc, la brune ne bougeait pas. Il ne savait pas si elle l'avait entendu entrer ou si elle n'en avait juste rien à faire. La pensée qu'il aurait pu la perdre définitivement lui fit froid dans le dos. Paul contourna alors le lit et se retrouva face à elle. Bella avait la pire tête qu'il lui ait été donné de voir. Ses yeux cernés, son visage qui avait perdu de sa substance et de sa couleur. La jeune femme releva les yeux doucement jusqu'à tomber sur son visage. Quand elle reconnu Paul, ses yeux se remplirent de larmes aussitôt, qui cascadèrent jusqu'à l'oreiller. Le Quileute s'empressa de s'agenouiller devant le lit et de se mettre à hauteur de son visage. Il essuya ses larmes avec tendresse et mit sa main sur sa nuque.
- Bon sang Bella, qu'est-ce que tu m'as fait ? demanda-t-il la voix enrouée par l'émotion. Ne recommence plus jamais ça, pitié ! J'ai bien faillit te perdre. Je peux pas vivre sans toi, tu le sais ça pourtant ? Tu le sais que si tu t'en vas, je pars avec toi.
Il posa son autre main sur sa joue pour effacer ses nouvelles larmes, Bella réagit enfin en l'attrapant et en la serrant contre elle.
- Tu ne peux pas m'abandonner comme ça, pleura-t-il enfin ému. Je sais que c'est difficile, voir inextricable. Mais je ne t'aurais pas laissé épouser cette merde humaine. J'aurais foutu un bordel pas possible dans l'église s'il avait fallu. Et je ne sais pas ce que ton père a promis de me faire si jamais tu ne cédais pas, mais je m'en fous. Je refuse que tu te sacrifie pour moi. J'assumerai les conséquences de mes actes comme une grande personne. Il faut que tu arrêtes de penser aux autres et que tu penses un peu à toi. Parce que je t'aime et je refuse de te perdre, tu m'entends. Je t'aime Isabella Swan !
- Et je t'aime aussi Paul Lahotte, répondit-elle d'une toute petite voix cassée mais sincère.
Un sourire sans nom apparu sur les lèvres du Quileute. D'une, elle lui avait parlé et de deux, elle lui avait dit la plus belle phrase au monde. Il fallait qu'il lui donne de l'espoir, qu'il lui fasse comprendre.
- Mais je peux plus supporter ça...
- Je sais, avoua-t-il avec force et détermination. Jasper voudrait que tu témoignes...
- Non ! paniqua-t-elle aussitôt en se recroquevillant encore plus.
- Et je lui ai dit d'aller se faire mettre, ajouta Paul heureux d'avoir eu raison. J'ai une autre idée. Je vais te sortir de là et même s'il va te falloir un peu de courage pour ça, crois moi, je te le jure, on peut réussir.
Les lèvres de la brune tressautèrent. Elle avait confiance en Paul, beaucoup moins en elle.
- Je ne suis pas aussi courageuse que tu aimerais le croire, pleura-t-elle de nouveau.
- Oh pour moi, tu renfermes une force de caractère au delà de tout ce que j'ai vu. Ce que tu as fait aujourd'hui, d'autre l'auraient fait avant toi depuis longtemps s'ils y avaient subi ton père. Tu as choisi, en quelque sorte de continuer à lui résister alors même que tu tentais de mettre fin à ta vie. Sache qu'il a d'autre moyen de lui résister et c'est toi qui me les a appris. La ruse Bella. La détermination. La patience. C'est avec ça que tu as déjà brouillé ses radars. On peut le faire de nouveau.
- Pour faire quoi ? demanda-t-elle blasée.
- Déjà, Royce n'est plus en course. Il n'y avait plus rien à cacher, donc j'ai balancé ce salopard et ton père n'a pas apprécié du tout. Je pense que la carrière de cet enfoiré va en prendre un coup dans l'aile.
- Si ce n'est pas lui, ce sera un autre, répondit-elle fataliste.
- On va partir Bella, annonça-t-il sûr de lui. Toi et moi, on va se tirer d'ici.
- Tu sais très bien qu'il me retrouvera...
- Ne t'occupe pas de ça, je sais que tu es éreintée, je veux que tu te reposes. Nous on s'occupe du reste. Tu me fais confiance ?
Bella prit une seconde pour réfléchir. Mais il n'y avait qu'une réponse à cette question.
- Bien plus qu'à moi même, avoua-t-elle les lèvres tremblantes.
- Alors tout ce que tu as faire et il faudra que tu y mettes du cœur, d'une c'est de croire en moi jusqu'au bout et de deux c'est de berner ton père encore une fois. Quand il va venir te voir, tu sais très bien qu'il ne va pas être tendre. C'est un connard de première. Alors tu fais abstraction des reproches, il faut que tout ça te passe au dessus de la tête. Je ne veux pas qu'il te bourre le crâne de connerie une fois encore. Ensuite, il va me laisser venir te voir, j'ai passé un marché avec lui. Là je te donnerai un téléphone portable, que tu garderas avec toi. Ça nous permettra de communiquer. Ensuite, tu devras me repousser, faire comme si tu me détestais, que tu ne voulais plus de moi.
Bella fronça les sourcils, ne comprenant pas très bien où il voulait en venir.
- Si ton père croit que je prend de la distance, il te laissera un peu plus de liberté. Je sais que je t'en demande beaucoup, alors que tu es encore sur ton lit d'hôpital. Mais je fais ça pour nous et pour notre avenir. On va y arriver. Parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Ensemble on est invisible et je compte pas te lâcher de si tôt, même si je pique des crises qui pourraient faire croire le contraire.
Un brin de sourire apparut sur les lèvres de la brune, elle ne lui en avait jamais voulu. Pas un instant, ce n'était pas après lui qu'elle en avait, mais après le reste du monde. Paul fit le tour du lit et vint s'allonger derrière elle, la prenant dans ses bras. Il respira l'odeur de ses cheveux, mais ils n'avaient pas la même que d'habitude.
- Un jour tu me diras ce qu'il t'a fait et où il t'avait caché, je t'aiderai une fois encore à effacer ce connard, au fur et à mesure. Tu peux être heureuse Bella, je te le jure, même Ma' l'a vu, mais à condition que tu partes. Il va falloir que tu laisses ton frère se débrouiller avec Jasper. Crois moi, il est aussi borné que moi, un brin plus diplomatique. Jared m'a aidé à trouver une solution, j'aurai même dû la trouver seul et tes amis Alice, Emmett et Rosalie vont nous aider pour ça.
Bella retourna un regard perdu vers lui. Comment ça ?
- Alice a pété un câble quand elle apprit ce que tu avais fait et quand les deux autres ont cherché une explication, elle a balancé. Ton père est dans de beaux draps. On commence à être nombreux à vouloir le noyer dans le lac.
Il avait essayé de faire de l'humour, mais ce qu'il vit dans le regard de la brune lui arracha le cœur.
- Tu y as pensé toi aussi, comprit-il comme s'il lisait dans ses pensées.
- C'est un monstre, alors oui, j'ai déjà pensé à sa mort en étant assez intelligente pour me rendre compte que je n'y arriverai pas. Mettre fin à ma vie, c'était plus simple.
- Je ne veux plus que ça le soit, trancha Paul en la serrant contre lui. Je le tuerai s'il le faut, mais je te récupérerai. Je pense que vu ce qui vient de se passer, il va te laisser un peu tranquille niveau punition. Mais il va chercher à charger ton traitement. C'est là qu'Alistair va nous être utile. Il parait que c'est un super psy, il va adapté tes médocs. Il faudra juste que tu fasses semblant de prendre les autres. Penses-tu en être capable ?
Bella lui fit un signe de tête, c'était dans ses cordes. Elle se retourna pour se plongeait dans ses bras et rester contre son torse. Paul la caressa tout du long. Il avait foiré quand elle avait eu besoin de lui, il ne recommencerait plus jamais cette erreur.
- Ils me pensent tous folle. Je n'ai pas envie de leur parler, avoua Bella fatiguée.
- Alors ne le fait pas, fait croire que tu ne parles plus, proposa Paul. Si ça te soûle qu'ils te croient folle alors que tu ne l'es pas, fais toi passer pour folle, ça apaisera leur vigilance.
- J'ai fait ça parce que ...
- Je sais très bien pourquoi tu as fait ça, la coupa Paul en redressant son visage pour qu'elle le regarde. Ton père, Royce, Edward et moi malgré ce que tu dis. Tu l'as fait à cause de tous ce monde là. Mais ça va changer tout ça. Tu passeras avant le reste du monde très bientôt. Je te ferai passer avant tout le monde. Fais moi confiance.
Il déposa un tendre baiser sur ses lèvres, soulager de pouvoir les retrouver.
- N'en parlons plus pour l'instant. Repose toi.
Elle lui obéit docilement. Se laissant bercer par ses caresses et ses mots tendres. Il était le seul qu'elle avait envie de voir. Rien qu'imaginer ce que son père allait lui dire, elle en tremblait. Mais si Paul lui disait qu'il avait un plan, alors elle le croyait. De toute façon c'était ça ou recommencer ce qu'elle venait de faire et ça, le Quileute ne lui pardonnerai pas. La chaleur de son corps contre le sien semblait traverser son épiderme et la réchauffer de l'intérieur. Il avait des mains bien plus grandes que celles du Juge et pourtant pas une seule fois elle n'avait eu peur que Paul s'en serve pour la frapper. Au contraire, elle n'avait jamais vu autant de douceur envers elle. Et pourtant, le Quileute était connu pour avoir la main leste. Un coup se fit entendre à la porte et Paul redressa la tête aussitôt. La tête blonde de Jasper ne tarda pas à passer.
- Il va falloir y aller Paul, ils veulent la transférer en psychiatrie, le pote de Carlisle n'a pas pu cacher la chambre plus longtemps. Salut Bella ! Ça fait plaisir de te revoir.
La brune lui fit un signe de tête mais n'avait pas envie d'ouvrir la bouche. Pas pour l'instant. Paul déposa un dernier baiser sur les lèvres de la brune et se leva.
- Tu te souviens Amour, la prochaine fois qu'on se voit, tu me repousses, peu importe les témoins. Pas de geste affectueux, tu y mets du cœur. Nous on saura que c'est du pipeau, eux par contre, ils l'ignoreront. Je te filerai le téléphone à ce moment là. Quoiqu'il arrive, quoique ton père dise, ne le prend pas à cœur. Je t'aime Bella, n'oublie jamais ça.
L'amour qu'elle lut dans son regard lui réchauffa le cœur. Elle aussi elle l'aimait. C'était le principal au final. Il fallait qu'elle se raccroche à ça, parce qu'elle n'avait plus d'autre solution. Bella avait besoin de sa liberté. Elle serra une dernière fois sa main et le laissa partir. C'était tout ce qu'elle pouvait faire pour l'instant. Des infirmiers ne tardèrent pas à venir chercher son lit et à lui faire traverser une bonne partie de l'hôpital. Jasper et Paul ne la suivirent pas. Voir l'homme qu'elle aimait la soutenir même après ce qu'elle avait fait, fit réagir un brin Bella. Il ne l'avait pas abandonné, elle ne devait pas le faire non plus. Elle resta donc prostrée dans son lit, se fermant du monde extérieur. Ainsi peut-être, les critiques de son père glisserait peut-être sur sa carapace.
Déjà, quand ils la mirent dans sa nouvelle chambre, elle remarqua aussitôt la vitre par laquelle un médecin la regardait. Bella se tourna donc pour ne pas avoir à faire face à cet homme. Elle l'avait déjà vu. C'était le psy de sa mère, un sale con qui chargeait bien les doses et lobotomisait les gens. Il allait falloir que Bella apprenne à faire semblant de prendre les médicaments. Ce qui n'allait pas être chose aisée. Mais si elle ne montrait aucune résistance il ne lui ferait pas l'affront de vérifier sous sa langue, il fallait juste qu'elle fasse croire qu'elle leur obéissait au doigt et à l'œil comme sa mère. Cet homme entra et lui posa des questions auxquels Bella ne répondit pas une seule fois. Elle resta atone, c'était encore la meilleure chose à faire. Quand il lui tendit des médicaments en lui disant que c'était pour son bien, que ça l'aiderait à oublier, Bella tendit la main avec empressement et les mit dans sa bouche aussitôt, suivi du verre d'eau. Le psy sembla satisfait. Il la laissa donc tranquille. Bella resta ainsi jusqu'à ce que la porte se ferme. Dès que ce fut fait elle recracha discrètement le traitement et le garda dans sa main. La prochaine fois qu'elle irait aux toilettes, ces merdes suivraient.
Elle fit semblant de s'endormir, certainement que ses médocs étaient là pour l'assommer. Seulement, elle se rendit compte qu'elle avait vraiment sommeil. Alors elle se laissa emporter. La brune en avait besoin. Bella se réveilla dès que la porte s'ouvrit sur son pire cauchemar. Son père. Il n'était pas content, ça se voyait tout de suite. Allait-il se retenir vu ce qu'elle venait de faire ?
- Bien, tu es réveillée. Qu'as-tu fait Isabella ? Mettre ta précieuse vie en jeu. Le suicide est un péché que rien ne peut rattraper. Où avais-tu la tête ? A cause de toi et de tes actions, ton frère est en psychiatrie également et une pluie de reproche pleut sur moi. Si c'était notre réputation que tu voulais ternir, tu as réussi avec brio !
De toute évidence, non ! Mais étrangement, Bella n'en eut rien à faire. Ça lui passait au dessus. Qu'il dise ce qu'il voulait, elle savait très bien que c'était une vérité déformée par sa vision des choses. Bella, elle, avait une autre vérité. Edward avait été embarqué de force, très certainement. Paul n'avait pas su fermer sa bouche, probablement. Et les amis de Jasper étaient en train de lui mettre des bâtons dans les roues. Voilà ce qu'elle lisait dans sa mauvaise humeur. Le Juge soupira, prit une chaise et vint s'asseoir à côté d'elle. Bella le suivait des yeux, mais ne lui offrait aucune autre réaction. Elle sursauta quand elle sentit la main de son père sur la sienne.
- Tu aurais dû me parler de Royce, jamais je ne t'aurais conseillé cette union si jamais su cela.
« Conseillé » ! Bella eut presque envie de hurler de rire. Il ne lui avait pas conseillé, il lui avait imposé, nuance.
- C'était pour ça que tu ne voulais pas l'épouser n'est-ce pas ?
C'était le moment où elle devait faire en sorte de l'amadouer. Elle n'aurait pas d'autre occasion de l'adoucir. Alors Bella fit oui de la tête en laissant couler une larme.
- Jusqu'où a-t-il été ? demanda le Juge en serrant les dents.
Bella ne voulait pas parler et certainement pas à lui. Le Juge finit par le comprendre. Il croisa les bras.
- Ça a commencé il y a longtemps ? l'interrogea-t-il à nouveau avant que Bella fasse oui de la tête. L'enfoiré. Et dire qu'il mangeait à table avec nous. Ton frère m'a dit qu'il avait été loin la dernière fois. A-t-il déjà été plus loin que ça ?
La brune lui répondit que non de la tête. Ce qui sembla soulagé un brin Riley. Il posa sa main sur la tête de sa fille.
- Ne t'en fais pas, il paiera pour ça. Je ne lui laisserais pas l'occasion de recommencer avec quelqu'un d'autre. Mais en revanche, toi, tu ne fais plus jamais ça. J'y ai été un peu fort, je le reconnais. Je te promets que ça n'arrivera plus. Je vais prendre soin de toi maintenant. Mais il va falloir que tu m'écoutes à la lettre. Ça va commencer par le traitement du docteur. Puis, il va falloir que tu éloignes ce Quileute. Paul Lahotte va devenir un problème si tu ne lui dis pas de partir. Je t'assure que je suis capable d'être plus souple si tu m'obéis. En es-tu capable ?
Bella bouillonnait à l'intérieur, mais elle devait faire semblant, comme Paul lui avait demandé. Alors elle fit oui de la tête avec un maigre sourire de reconnaissance. Elle attrapa la main de son père et la serra, comme si elle en avait besoin. Il était temps de se sortir de là et si la ruse était la seule solution, alors Bella prenait le risque. Tout mais plus jamais ça. Le Juge laissa apparaître un sourire tendre et lui caressa la joue du pouce.
- Je t'aime ma fille, pas forcément comme tu le voudrais, mais ce n'est pas pour autant que tu ne comptes pas pour moi. Tu es ma chair et mon sang. Je te garderai avec moi si c'est la seule chose qui peut t'aider à aller mieux. Ne parlons plus de mariage pour l'instant. Tu vas te concentrer sur le conservatoire et tu vas briller. Je vais prendre soin de toi à partir de maintenant. Je te le promets.
Si Bella ne le connaissait pas aussi bien, elle aurait pu le croire. Seulement, ce personnage, elle le croisait depuis bien longtemps. Elle ne lui donnerait pas le plaisir de succomber à sa mascarade. Faire semblant, ça par contre, c'était possible. Il était temps qu'elle se montre plus maligne que lui. Le Juge l'avait dit lui même, elle avait hérité de son intelligence, il était temps qu'elle en fasse preuve.
Bella va enfin se reprendre en main. Je vous dis à la semaine prochaine si tout se passe bien. Bisous !
