Résumé: "— Tetstu !
L'interpellé grogna, il ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux.
— Allez, Tetsu ! insista Kasumi.
Il soupira, attrapa son téléphone et déverrouilla l'écran.
— Katsu il est 6h30 bordel !
— Justement.
— Quoi justement ?
— Hatsuinode.
Hatsuinode. Le premier levé de soleil de l'année."
Chapitre 44 : Hatsuinode
— Tetstu !
L'interpellé grogna, il ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux.
— Allez, Tetsu ! insista Kasumi.
Il soupira, attrapa son téléphone et déverrouilla l'écran.
— Katsu il est 6h30 bordel !
— Justement.
— Quoi justement ?
— Hatsuinode.
Hatsuinode. Le premier levé de soleil de l'année. Ils avaient pour coutume chaque année d'aller au temple à l'aube, puis de s'installer au bord de la falaise pour regarder le soleil se lever.
— Les parents ont dit qu'on y allait pas… qu'on irait au temple avec papi et mamie.
— Rien à foutre qu'ils veulent pas venir, moi je veux.
— Tu veux aller au temple de ton plein gré ?
— Oui. Tu viens ?
Tetsurō considéra la chose quelques instants.
— S'il te plait, insista-t-elle d'une voix trainante.
Il soupira, mais finalement céda.
— Ok… laisse-moi m'habiller et j'arrive.
— Cool !
Elle sauta hors du lit et le rebond manqua de le faire tomber parterre. Kuroo prit encore quelques secondes pour émerger. Il se leva finalement, enfila un jogging et un pull et sortit de sa chambre. Sa sœur l'alpagua à la seconde où il apparut dans le couloir.
— Attends deux minutes, je me lave les dents.
— Tu veux pas faire ça en rentrant, va y on y va.
— Je ne voudrais pas offenser les Dieux avec mon haleine.
Katsu pouffa. Tetsurō partit dans la salle de bain, et du se dépêcher pour ne pas que sa sœur râle.
— Bon c'est bon, voilà, je suis là.
Katsu lui balança ses chaussures et son manteau dessus.
— Oh, comme c'est aimable, merci bien.
Il se prépara, et rejoignit sa sœur.
— Attendez-moi je viens aussi !
Natsume venait de débouler dans l'entrée. Ses ainés acquiescèrent.
— Vous alliez vraiment partir sans moi ? Toute façon avec vos messes basses là…
— Nos messes basses ?
— Fais pas l'innocent Tetsu, je vous vois là, depuis que vous êtes rentré vous êtes dans votre coin à vous lancer des regards entendus là.
— Pas du tout.
— Pas du tout mes fesses, alors je viens.
— On t'a pas interdit de venir.
— Bah parfait, on y va alors, on va rater le levé sinon.
L'air au-dehors était glacial, tout autour était couvert de neige. Ils avancèrent en silence, seuls le bruit de leur pas dans la neige et les gargouillis lointains de la mer brisaient le silence. Ils arrivèrent aux abords de la forêt, et se retrouvèrent bientôt face au torii s'élevant à travers les arbres. Sa couleur cramoisie contrastait avec le blanc tout autour, lui redonnant alors tout son sens mystique. Ils le saluèrent et passèrent en dessous. Ils montèrent tout en haut, un nouveau torii annonça qu'ils étaient tout proche. L'eau de la petite fontaine pour les purifications avait gelé dans la nuit. Ils arrivèrent finalement face au temple, qui avait l'allure d'une vieille bicoque en bois construite par un pêcheur il y a un siècle (ce qui était certainement le cas). Tetsurō s'approcha du honden et y mit trois petites pièces, il s'avança vers la cloche installée sous le petit préau en bois et tira la corde pour la faire tintinnabuler. Finalement, il rejoignit ses sœurs. Ensemble, ils s'inclinèrent deux fois, tapèrent dans leurs mains deux fois, et commencèrent leur prière. Tetsurō n'était pas vraiment croyant, mais il aimait ces moments-là, il savoura le silence, et la sérénité des lieux. Natsume fut la première à s'arrêter, il entendit ses pas sur les petits cailloux du sentier. Finalement, il formula une rapide prière, ouvrit les yeux et s'inclina. Katsu en fit de même quelques secondes plus tard. Ils se sourirent.
— Bon vous venez ! Les interpella Natsume qui avait déjà rejoint le sentier menant à la falaise.
Ils se mirent en routes.
Tetsu haussa un sourcil en voyant le sourire apaisé sur les lèvres de Kasumi.
— Quoi ? s'insurgea-t-elle finalement.
— T'as demandé quoi ?
— C'est pas le père noël j'ai rien demandé !
Tetsu pouffa et se pencha pour lui murmurer d'une voix niaise :
— Kami-sama, faites que je sois pour toujours avec mon amoureuse que j'aime fort fort !
Kasumi le bouscula.
— Tu rougis.
— J'ai froid.
— C'est ça, c'est ça.
— Pff, je suis sûr que t'as fait pareil.
— Moi ? Non, j'ai prié pour la prospérité, la sécurité et le bonheur de ma famille.
— C'est ça oui, je vais te croire.
— Je mens pas !
— Kami-sama, faites que je sois pour toujours avec mes amoureux que j'aime fort fort, imita Katsu.
— N'importe qu…
— Et allez, ça recommence avec les messes basses ! râla Natsume.
— On fait pas des messes basses !
— Ah ouais, et de quoi vous parliez ?
— De la soupe que papi va nous faire, et qu'il va encore foutre je sais pas quoi dedans parce qu'il devient bigleux et qu'il a plus de goût depuis 1952, dit Kasumi.
Les deux autres pouffèrent.
— Bon allez, bougez-vous là.
Ils arrivèrent finalement au bord de la falaise. L'air marin balaya leurs visages. Au loin, par de là les eaux, le soleil étendait ses premiers rayons, se diffusant dans l'atmosphère en projetant des nuances d'oranger et de rose. Ils s'assirent ensemble, et regardèrent le soleil se lever en silence.
Le premier soleil de l'année.
-/-
Les vacances étaient passées en un claquement de doigts. À peine était-il arrivé que Tetsurō devait déjà repartir. Bien heureusement il n'avait pas pris de vol aux premières heures du jour. Cette fois ses parents ne rentrèrent pas dans l'aérogare, ils se contentèrent de quelques instants dans le parking minute pour dire au revoir. Sa mère lui fit toute une liste de recommandations, les larmes commençant à lui monter aux yeux, mais honnêtement Tetsurō avait beaucoup trop froid pour proprement savourer ce moment, ou même écouter. Il salua ses sœurs et ses parents et partit en direction de l'entrée.
— Attends ! Je viens avec toi ! l'interpella finalement Kasumi.
Il se retourna en entendant la voix de sa sœur. Elle sortit de la voiture et récupéra ses affaires dans le coffre.
— On ne t'accompagne pas en ville ? demanda Hatsuko.
— Non, ça sert à rien, je peux prendre un train d'ici. Vous embêtez pas.
Leur mère accepta à contrecœur, leur père la salua à nouveau et démarra la voiture. Kasumi et lui firent de vagues gestes de la main, Natsume leur jeta un regard torve de l'arrière de la voiture qu'ils firent semblant de ne pas remarquer. Finalement ils se retrouvèrent seuls.
— Bah alors, on veut accompagner son grand-frère dans le navion ? moqua Tetsurō.
Sa sœur lui envoya un coup de coude.
— Te donne pas autant de crédit. Je vais juste prendre le train d'ici, c'est moins chiant.
Tetsurō roula des yeux et ne fit aucun commentaire de plus. Cela n'empêcha pas sa sœur de le suivre jusqu'aux portes de sécurité.
— Tu sais que la gare est de l'autre côté hein ?
— Roh mais tais-toi, je viens juste te dire au revoir, t'es lourd, j'aurais dû te laisser en plan.
Tetsurō sourit malgré tout.
— Bon, travail bien, à la prochaine.
— Ouais, toi aussi.
Aucun d'eux ne bougea. Finalement, Tetsurō ouvrit les bras. Kasumi roula des yeux pour la forme mais accepta son étreinte.
— Tu vas me manquer saleté.
— Toi aussi.
Silence.
— Prends soin d'elle, murmura le brun.
Kasumi resserra l'étreinte quelques secondes.
— Prends soin d'eux.
Son cœur se serra, ému de l'entendre dire cela.
— Bon allez, à bientôt.
Il brisa l'échange et tourna les talons.
— Ouais, à plus.
Et il passa les barrières de sécurité. Il se tourna une dernière fois, Kasumi était déjà partie. Il sourit pour lui-même et se remit en marche.
-/-
— Il suffit juste de trouver ce qui l'intéresse, mais après que tu l'as apprivoisé, c'est un gosse plutôt sympa, commenta Kenma, allongé à même le tapis du salon.
Keiji, assit à côté de lui, haussa un sourcil.
— Sympa ? Peut-être avec toi, c'est à peine s'il m'a adressé la parole pendant le séjour…
— Keiji, tu dois comprendre que tu as un côté intimidant, c'est pas toujours facile de t'adresser la parole.
La remarque surprit le concerné.
— On ne m'a jamais rapporté ce genre de chose… Kōtarō, Tetsurō ?
Les deux interpellés, affalés l'un sur l'autre juste à côté, tournèrent les yeux dans sa direction.
— Non mais pas eux, ils pourraient parler à des objets inanimés, c'est pas un bon exemple.
— Hey !
— J'ai tort ?
Kōtarō marmonna une réponse inaudible.
— On pourrait dire pareil de toi Kenma, franchement au début j'avais du mal à venir te parler, continua Bokuto.
— Vraiment ?
— Bon en même temps tu pouvais pas me pifer, donc c'était pas facile…
Kenma pouffa.
— Les temps ont bien changé, continua Kōtarō, haussant un sourcil, séducteur.
Le blond leva les yeux au ciel, mais acquiesça avant de se tourner pour l'embrasser.
— Je veux bien, mais c'est mon petit-frère, il n'a pas à se sentir mal alaise en ma présence, dit Keiji, revenant sur le sujet original de la conversation.
— Bah fait en sorte qu'il soit pas mal alaise…
Keiji soupira.
— J'ai essayé… Quand nous sommes allés à la galerie, j'ai bien tenté de…
— C'était ça que tu essayais de faire ? le coupa le blond, réellement surpris.
Kuroo détourna son attention en entendant son téléphone vibrer. Il déverrouilla l'appareil et sourit en tombant sur la photo que lui avait envoyée sa sœur d'elle et sa petite-amie. En bas de la photo, elle avait noté « retrouvailles ! ». Tetsurō leva son téléphone pour pouvoir prendre une photo en retour. Un peu compliqué de les avoir tous les quatre sur la photo, mais c'était suffisant.
— Tu fais quoi ? intervint Kenma en le voyant faire.
— Ma sœur m'envoie une photo d'elle avec sa copine, je fais pareil, répondit le brun tout en continuant de pianoter sur son téléphone.
— Oh fait voir !
Kuroo ouvrit de nouveau l'image et tendit le téléphone à Kōtarō.
— Hum elles sont mims, commenta ce dernier, passant le téléphone à Kenma qui insistait pour voir.
Kenma et Keiji échappèrent un sourire en voyant la photo.
— J'avoue…
— C'est dingue quand même qu'elles se soient rencontrées, je veux dire, la coïncidence quoi !
— Hum… Même si j'ai pas forcément trouvé ça dingue au début…
— On avait cru comprendre, commenta le blond.
— Roh ça va… Il me reste une sœur, elle a presque l'âge de ton frère Keiji, sait-on jamais, plaisanta Kuroo. Enfin non, maintenant c'est pas ouf, mais dans 10 ans, 27 et 23 ça passe… 20 ans ? 37 et 33 ?
Son petit-ami ne sembla que moyennement amusé du commentaire.
— Je ne souhaite pas cela à ta sœur…
— Roh, Keiji, t'abuses, t'arrêtes d'être méchant comme ça avec Yuu …
L'interpellé roula des yeux.
Ce fut au téléphone de Kōtarō de vibrer. Il souffla en ouvrant ses messages.
— Roh merde j'avais oublié ça…
— De ?
Il tourna les yeux vers Kenma et Keiji.
— C'est mon père qui me prévient qu'on a la cérémonie du passage à la nouvelle année chez ma grand-mère le week-end prochain.
Les deux autres soufflèrent à leur tour.
— Oh merde… On est obligé ?
— Tu sais bien que oui…
— C'est quoi ? demanda Tetsurō.
— C'est un rite pour honorer la nouvelle année et la matriarche du clan. Il est coutume que toute sa sainte descendance y aille avec leurs partenaires pour, je sais pas, honorer la prospérité du clan, bref la barbe.
— Oh… ça a pas l'air si terrible. Ça fait un peu comme l'Obon.
— Sauf que sa grand-mère est vivante, mais beaucoup moins joviale qu'un cadavre, commenta le blond.
— Hey ! Ça va, elle est pas si terrible !
Les deux autres n'eurent pas l'air du même avis.
— C'est juste que… Pff, c'est long, c'est chiant, ya plein de protocoles chiants, l'ambiance est naze et on attend toujours trois plombes…
— Je vais en faire des cauchemars, se plaignit Kenma.
— Pareil, ajouta Keiji.
— Arrêtez de dramatiser comme ça.
— T'as de la chance de pas devoir y aller Tetsu…
La remarque le prit de court.
Oh…
Il avait presque oublié.
Il n'était pas leur partenaire…
Il n'avait aucune raison d'y aller.
Il tenta de prendre sur lui :
— Hmm, de ce que vous m'en dîtes, on dirait bien.
Il se détacha ensuite de la conversation, conversant par message avec sa sœur. Finalement, il prétexta de devoir aller faire à manger pour s'extirper de la situation.
« Tais-toi, garde ça pour toi, garde ça pour toi » se répéta-t-il en boucle.
-/-
Après cette maigre semaine de vacances, voilà qu'ils étaient déjà repartis sur les bancs de la fac. Difficile de reprendre avec de l'entrain. La nuit tombée toujours tôt, il faisait froid, il avait envie de dormir et non d'écouter les cours… Bref, Kuroo avait principalement la flemme. Surtout, il avait besoin de faire la sieste. Au printemps et en été, il pouvait s'installer dehors, mais s'endormir en extérieur en plein mois de janvier tenait du suicide. Ce fut un jour qu'il partait retrouver Keiji après ses cours qu'il avait trouvé ce petit coin de paradis : au dernier étage d'un des bâtiments de la faculté de lettre, juste derrière un amphithéâtre, se trouvait un petit hall où avait été installé un canapé. Que faisait-il ici ? Comment était-il arrivé ici ? Qui donc l'avait apporté ici ? Il n'en savait rien, ce qu'il savait, c'est qu'il était bien plus confortable de s'endormir dessus que sur les marches menant au toit dans la bibliothèque universitaire. Il n'avait montré son rabicoin qu'à un petit comité : Oikawa, Chris et Kōtarō. Ce dernier avait insisté pour l'y rejoindre. Il avait hésité, voulant garder sa découverte pour lui, mais maintenant qu'il était affalé sur le canapé dans les bras de son petit-ami qui lui caressait les cheveux tendrement, il ne pouvait qu'être ravi de la décision qu'il avait prise. Alors qu'il allait s'endormir, il entendit des pas dans les escaliers menant à leur cachette. Tetsurō se redressa d'un coup et s'éloigna de Kōtarō, faisant mine de lire le livre de cours qu'il avait apporté. Son petit-ami pouffa en le voyant faire. Finalement, une silhouette apparut. Ils n'eurent aucun mal à la reconnaitre.
— Keiji, tu m'as fait flipper putain!
— Que faites-vous ici ?
— La sieste, comment tu nous as trouvé ?
— J'ai demandé à Oikawa- il vint s'installer à leur côté- Kōtarō, tu devrais vérifier ton téléphone de temps en temps, Kenma essaye de t'appeler depuis un moment.
L'intéressé fronça les sourcils et sortit son portable.
— Merde, j'étais en silencieux… Il veut quoi ?
— Apparemment tes parents sont à la maison et cherchent à te voir.
Kōtarō fronça les sourcils.
— Qu'est-ce qu'ils foutent là-bas, pourquoi ils m'ont pas appelé directement ?
Keiji haussa les épaules.
— Bon, attends, je rappelle Kenma.
La sonnerie n'eut même pas le temps de retentir une seule fois que déjà Kenma décrocha :
— Kō, t'abuses, ça fait trois fois que je t'appelle.
— Désolé, mon téléphone était en silencieux, qu'est-ce qui se passe ?
— Je… Kenma n'eut pas le temps de finir sa phrase.
La voix à l'autre bout du fils changea.
— Kōtarō, qu'est-ce que j'apprends ?
— Papa ? Qu'est-ce que… Quoi ? De quoi tu parles ?
— Vous comptiez venir ce week-end sans Tetsurō-kun ?
Kōtarō parut troubler par ce reproche. Il leva les yeux vers le brun face à lui. Ce dernier était bien plus troublé par l'utilisation du « Tetsurō-kun » qu'autre chose.
— Hum… Bah je sais pas papa… Il peut venir ?
— Bien sûr qu'il peut venir ! intervint jovialement Bokuto-san.
— Paps, t'es là aussi ? Euh, mais, j'en sais rien moi, grand-mère l'a in…
— Peu importe, le coupa Naruhito.
L'intervention sembla profondément troubler son fils.
— Comment ça peu importe ? Kenma a dû attendre deux ans avant de… J'ai dû râler pour que Oba-san nous laisse venir ensemble.
— Peu importe, c'est décidé. Mais il y a encore beaucoup de préparatifs. Tetsurō-kun est avec toi ?
— Hum…
Le brun se redressa pour que l'on puisse l'entendre.
— Oui, je suis là, bonjour Bokuto-san, Nakayama-san.
— Bonjour mon garçon ! le salua Hiroshi.
— Bonjour…
— Ah, enfin. À quelle heure termines-tu ?
Kuroo, complètement prit de court par la façon dont il s'adressait à lui, mit plusieurs secondes à répondre.
— Hum, j'ai encore deux heures de cours cette après-midi, je finis à 16h30.
— Parfait, nous passerons te chercher.
— Me chercher ?
— Attends-nous devant la porte nord, nous t'y retrouverons, ajouta Hiroshi.
— Euh, d'acco…
— Parfait.
Et il raccrocha.
— J'ai rien capté.
— Honnêtement moi non plus, dit Kōtarō.
— Je crois que tu as détrôné Kenma au rang du favori de Nakayama-san, remarqua Keiji.
— Euh… Je comprends toujours pas bien pourquoi mais…
Il ne termina pas, se contentant d'échapper un sourire.
— Te réjouis pas trop vite, intervint Kōtarō, on verra après ce week-end si tu trouves ça toujours aussi sympa.
-/-
Comme prévu, Tetsurō arriva à la porte nord en temps et en heure. Kōtarō et Keiji avaient encore cours, il avait donc dû s'y rendre seul, et cela ne faisait qu'intensifier son stress. Il resta planté au milieu du parking, regardant intensément chaque voiture qui avait le malheur de ralentir au dos d'âne devant lequel il s'était posté.
— Tetsurō kun, entendit finalement dans son dos.
En se retournant, il découvrit Bokuto-san à quelques mètres de lui, faisant de grands gestes dans sa direction.
Il lâcha un souffle étriqué et afficha le sourire le plus poli de son répertoire. Une fois arriver à hauteur de Bokuto-san, il se pencha pour le saluer. Cependant, avant même qu'il n'ait le temps de se redresser, Bokuto-san c'était avancé pour l'enlacer.
— Mon garçon, te voilà.
— Euh oui… hum, Bonjour Bokuto-san.
Le concerné hocha la tête et lui sourit largement.
— Hiroshi, dépêche-toi, il ne faut pas qu'on arrive trop tard.
Tetsurō tourna les yeux vers la voiture : Nakayama-san était au volant, lunette de soleil sur le nez alors qu'il devait faire environ 5 C° à l'extérieur. Kuroo se retint d'échapper un rictus: diable que cet homme avait la classe.
— Nakayama-san, bonjour, le salua le brun en s'inclinant.
Le concerné fit claquer sa langue, ce qui lui fit relever les yeux. Nakayama baissa ses lunettes pour le regarder dans les yeux. Kuroo mit quelques secondes à comprendre.
— Oh, heu, Naruhito-san.
Ce dernier hocha la tête, satisfait de la rectification.
— Montez, on doit y aller.
Kuroo s'exécuta et s'assit à l'arrière de la voiture.
— Hey, comment ça se fait que toi t'as le droit au « Naruhito-san » et moi juste « Bokuto-san », remarqua ce dernier en rentrant dans la voiture.
— Parce que j'ai demandé, remarqua Naruhito en redémarrant la voiture.
— Oh !
Bokuto-san se retourna brusquement, ce qui fit sursauter Kuroo occupé à attacher sa ceinture.
— Tetsurō-kun, tu peux m'appeler Hiroshi si tu veux.
Kuroo resta interdit quelques secondes, ceinture à la main.
— Euh… d'accord… Hiroshi-san.
Un sourire lumineux s'afficha sur le visage du concerné, et il hocha la tête satisfait.
Franchement, Kuroo avait du mal à comprendre l'engouement des parents de Kōtarō à son égard, mais il n'allait pas non plus s'en plaindre.
— Tokami-san est au courant qu'on vient, hein ? demanda Hiroshi à son partenaire.
— Évidement. Je l'ai prévenu tout à l'heure, il nous attend.
— Il pourra finir à temps tu penses ?
— Il m'a assuré que oui.
Kuroo était complètement pommé. Il n'avait pas osé demander, mais il ne savait absolument pas où les parents de Kōtarō l'emmenaient. Naruhito dut croiser son regard de pauvre chose perdu dans le rétroviseur intérieur, car il lui dit :
— Nous allons prendre tes mesures chez le tailleur.
— Le tailleur ?
— Pour le kimono.
Le kimono ? Quel kimono ? Pourquoi faire ?
— Tu ne pensais tout de même pas venir en jean basket ?
— À vrai dire, je n'y avais pas réfléchi…
Vraiment, qu'il c'était levé ce matin, il était loin, très loin, de se douter qu'il finirait dans cette situation.
Nakayama-san acquiesça vaguement.
— Il s'agit de la célébration du nouveau soleil.
— Du nouveau soleil ?
— Hmm, de la nouvelle année.
— Oh… hum, Kōtarō m'a un peu expliqué.
Naruhito hocha la tête.
Il s'arrêta là dans ses explications.
— Nous sommes arrivés.
Kuroo tourna la tête vers la fenêtre, autour s'étendait jusqu'au ciel de hautes tours de verre. Naruhito et Hiroshi sortirent de la voiture et Tetsurō les suivit.
Ils s'engagèrent entre les tours de verres, rejoignant rapidement d'étroites ruelles sinueuses. La nuit était déjà tombée, les panneaux de devantures et les lampions bloquaient toutes vues du ciel nocturne, leur éclat de lumière se reflétant sur le pavé humide. Finalement ils s'arrêtèrent devant une petite bâtisse faite de bois brun gonflé par l'humidité et le temps, écrasé entre le béton des bâtisses voisines. Naruhito s'engagea le premier à l'intérieur. Tetsurō rentra derrière Hiroshi, et referma derrière lui. Dans la petite échoppe, s'étendaient partout des kimonos, des chutes de tissus, des obis, rangés soigneusement dans des étagères bancales. Naruhito s'avança jusqu'au comptoir et fit tintinnabuler la petite sonnette s'y trouvant, le bruit se répercuta tout autour.
— J'arrive, j'arrive, se fit entendre une petite voix.
Apparut alors un petit monsieur, âgé de bien quatre-vingts ans déjà, au dos courbé et au crâne dégarni, vêtue d'un Kimono montsuri blanc. Ses yeux, qui avaient pris des teintes presque bleues avec le temps, se posèrent sur eux, et un sourire poli se dessina sur ses lèvres.
— Nakayama-san, Bakuto-san, comme cela faisait longtemps, je suis ravi de vous revoir, salua-t-il en s'inclinant.
Ils lui rendirent son salut.
— Tokami-san, nous vous remercions de nous accorder vos services dans un délais si bref.
— Ah-il balaya ces propos de la main- ce n'est jamais un souci. Vos petits derniers ont tant grandi que ça depuis l'année dernière ?
— Ils grandissent à une allure folle, mais je pense qu'ils sont bons pour cette année.
— C'est que nous avons une nouvelle addition à la famille, ajouta Bokuto-san.
Les yeux du vieux monsieur trouvèrent Tetsurō, et il s'inclina de nouveau.
— Oh, c'est une couleur que je n'ai pas l'habitude de voir, commenta Tokami-san.
Tetsurō fronça les sourcils, pas bien sûr de comprendre. Il lui sourit.
— Je vais voir ce que j'ai, annonça Tokami-san en repartant dans le fond de l'échoppe.
— Une… couleur ? se risqua Tetsurō, trouvant le regard de Bokuto-san.
— Conventionnellement, la couleur et la coupe du vêtement dépendent du secondaire de la personne le portant, précisa Nakayama-san.
Hiroshi lui sourit.
— Les omégas sont en bleue, les alphas en rouge, et pour les bêtas…
— Voilà ce que j'ai à proposer, annonça Tokami-san en revenant.
Il tendit vers eux un morceau d'étoffe pourpre, mélange de bleues et de rouge.
Naruhito saisit l'étoffe pour en juger la texture.
— Cela me parait très bien.
Il fit un geste de la main pour inviter Tetsurō à le rejoindre. Il lui tendit le tissu et le brun imita ses gestes pour en deviner à son tour la texture. Il se contenta de hocher la tête, ne sachant pas forcément quel avis il devait émettre.
— Parfait, nous pouvons passer aux mesures maintenant.
Ils avancèrent dans un recoin du magasin. Il s'y trouvait une alcôve dans laquelle était placé un grand miroir. En face, deux petites chaises étaient installées.
— Je vais vous demander de retirer le haut et le pantalon, pour pouvoir ajuster les mesures, lui indiqua le vieil homme.
Tetsurō sentit le rouge lui monter aux joues, il tourna les yeux vers Bokuto-san et Nakayama-san, terrifié. Mais ces derniers ne lui accordèrent aucune sympathie, se contentant de discuter à voix basse. Tetsurō s'exécuta donc, à contrecœur. Se retrouver en caleçon à petit pingouin devant ses beaux-parents n'avait pas fait partit du plan de sa journée. Il se tint donc là, le malaise transpirant de tous les pores de sa peau.
Tokami-san revint, petit tabouret et mètre à la main. Il s'installa à côté du brun et commença à dérouler son mètre.
— Maintenant que nous sommes là, commença Naruhito, nous avions quelques questions.
Tetsurō se crispa. Dans quel guet-apens s'était-il retrouvé ?
— Ne t'en fait pas, nous voulons juste te parler, ajouta Bokuto-san en lui souriant.
Qu'est-ce qu'il se passait au juste ? Ses beaux-parents jouaient maintenant au good cop/bad cop avec lui ?
— Hmm ?
— Restez en place, voulez-vous ? commanda Tokami-san.
— Désolé.
Naruhito s'éclaircit la gorge. Cela n'annonçait rien de bon.
— Nous avons cru comprendre que notre fille, Suki, avait rencontré quelqu'un.
— Et que tu connaissais l'intéressée.
Oh merde… C'était à cause de sa stupide sœur qu'il se retrouvait dans cette situation.
— Ah vraiment ? Suki hum… je…
— Pas la peine de nous mentir, nous sommes déjà au courant.
S'il était déjà au courant pourquoi essayaient-ils de lui tirer les vers du nez ?
— Oh, euh, oui… Hum…
— Kasumi c'est bien ça ?
Tetsurō retint son souffle. Au bout de quelques secondes, il hocha la tête. Bordel, il ne fallait jamais qu'il travaille dans les services secrets, il balancerait tous ses complices en moins de 10 minutes. Honnêtement, il n'était pas bien sûr que même le plus expérimenté et dur à cuir des agents secrets tienne bien longtemps face à Naruhito-san.
— Je vois… Et quel âge a-t-elle ?
— … 20 ans.
Naruhito haussa un sourcil et croisa les bras.
— Si jeune.
— Tu n'avais pas 17 ans Naru quand tu as rencontré Yūma ? commenta Hiroshi, amusé.
Naruhito balaya ses propos d'un revers de la main.
— Ce n'est pas pareil, nous avions le pratiquement le même âge.
Bokuto-san échappa un pouffement, ce qui lui valut un regard noir de la part de son partenaire.
— Et dis-moi Tetsurō-kun, que fait-elle dans la vie ?
— … la même chose que Suki.
— Je vois… Son dossier scolaire est-il correct ?
— Euh… oui, je crois. Je… n'ai pas vraiment vérifié, mais je sais qu'elle a toujours été studieuse.
— Hum… Première histoire ?
— Hum… non…
Naruhito sembla s'en étonner.
— Mais c'est sa première petite-amie.
Vraiment, Tetsurō n'aurait pas tenu 5 secondes face au KGB.
— Oh…
Cela ne sembla pas plaire complètement à Naruhito. Son partenaire rigola de nouveau, il lui adressa un regard taquin.
— J'ai été ton premier petit-copain aussi.
La remarque déstabilisa son partenaire qui sortit complètement de son rôle de bad cop.
— Hiro, s'il te plait, tu ne m'aides pas du tout là.
— Hmm, hmm, lui céda ce dernier, visiblement amusé.
— Et… est-elle comme toi ?
— Comme moi ?
Naruhito insista du regard.
— Oh… bah… oui… bêta. Comme moi et… le reste de ma famille.
La réponse fit grimacer Nakayama, mais il sembla s'en remettre rapidement.
— Je vois…
— Naru…
— Je n'ai aucun problème avec cela.
Hiro haussa un sourcil. Naruhito croisa de nouveau les bras.
— J'ai changé.
Son partenaire lui offrit un sourire, Nakayama évita rapidement son regard.
— Je pense que nous en avons fini.
— Ok…
— Et bien moi aussi je pense avoir terminé, annonça Tokami-san en enroulant son métré.
Tetsurō sursauta en entendant la voix du tailleur : il avait presque oublié qu'il était là.
— Parfait.
— Je devrais avoir fini pour samedi, tout juste attend. S'il y a des reprises, je les ferais sur place, mais je crains de ne pas avoir le temps de finir avant cela.
— Ce n'est pas un souci, lui assura Nakayama en se relevant. Merci infiniment de prendre cette commande dans un délai aussi court.
Ils partirent tous vers le comptoir et Kuroo s'empressa de s'habiller de nouveau.
Il se souvient à peine du trajet retour, trop absorbé par ses pensées.
Que c'était-il passé au juste ?
-Fin du chapitre-
Hey there,
Chapitre un peu court cette semaine, mais j'espère qu'il vous aura plu!
Note: On m'a fait remarquer qu'il y avait beaucoup de termes et concepts, ect, qui revenaient souvent dans l'histoire et que la masse d'information pouvait être troublante; du coup j'ai fait un petit lexique, just in case (merci Granotte de me l'avoir soufflé :) ). Il est un peu en construction et s'étoffera surement peu à peu. Je mets le lien pour y accéder sur mon profil pour ceux/celles que cela intéresse.
Prochain chapitre: "La sève"
"Alors que Keiji se tournait pour demander quelque chose à Kōtarō, il se tut en le voyant.
— Tu ne vas pas mettre ça tout de même ? finit-il par remarquer.
Kuroo tourna les yeux en direction de l'intéressé et pouffa en voyant qu'il avait décidé d'enfiler une doudoune jaune canari par-dessus son habit traditionnel.
— Mais je caille !
— Tu vas te faire défoncer, remarqua Kenma.
Son partenaire fit la moue.
— Tu penses vraiment que tu vas pouvoir échapper à ton père avec ton truc jaune là ? remarqua Kenma.
— C'est pour ça qu'on s'est garé là non, comme ça il nous trouve pas !
— Ton père est là Kōtarō, l'informa Keiji.
En tournant les yeux, ils découvrirent en effet que Naruhito s'avançait vers eux d'un pas pressé."
See ya
