Hello tout le monde !

Je suis presque pas en retard cette fois :O

Voici donc la seconde partie du chapitre où on arrive doucement à la fin de cette histoire ! J'espère que cela vous plaira !

On se retrouve bientôt aux notes de fin de chapitre, à toute !


Chapitre 9 - Partie 2 : Coquelicot


Sly essuya un filet de sang le long de sa lèvre.

Il fallait qu'elle réagisse. Et vite si elle ne voulait pas mourir.

Sly eut à peine le temps de penser à dégainer sa baguette magique que Coquelicot avait déjà la sienne dans la main. Son premier sort - un magnifique trait rouge sombre, nota l'Écuyère - traversa l'espace qu'elle occupait juste un instant plus tôt. Le deuxième sort fut arrêté par un Protego parfaitement réalisé - elle avait enfin sorti sa baguette - et le troisième fut renvoyé à l'envoyeur, disparaissant aussitôt d'un simple mouvement du poignet.

Petit à petit, l'écart entre les deux jeunes femmes diminua. La vitesse à laquelle les baguettes bougeaient, vomissant sort après sort, atteignit un niveau tel que Sly se demanda si elle allait réellement pouvoir tenir. Et tout à coup, deux craquements. Plus un seul bruit, ni une seule lumière. Et 4 morceaux de bois. Elles étaient si proches l'une de l'autre que leur baguette avait dû surchauffer avec toute la magie accumulée entre elles. Était-ce seulement possible ? L'Ecuyère fut la première à réagir et atteignit l'autre au visage. Sa lèvre éclata et un magnifique rouge carmin inonda le bas du visage de Coquelicot.

Son opposante reprit rapidement l'avantage, virevoltant face à elle, aussi agile et silencieuse que l'araignée piégeant sa proie. Elle était plus rapide, plus souple, restait à savoir qui serait la plus maline. Sly se protégeait tant bien que mal dans ce petit espace que lui offrait le couloir. Elle laissa l'autre prendre l'ascendant, croire qu'elle l'avait dominée. Combien de temps allait-elle encore pouvoir encaisser les coups ? Elle n'avait pas encore trouvé la faille dans la technique de son assaillante.

Et soudain, aussi brusquement que le combat avait démarré, il cessa. Coquelicot avait brisé le rythme d'un léger bond, qui offrit un répit bienvenu. Elle se lécha les lèvres d'un appétit morbide.

- Tu as réussi à briser ma baguette… Avant de te tuer, je vais t'offrir la chance de répondre à une de tes questions. Alors ? Y a-t-il quelque chose que tu veux savoir avant de mourir ?

Sly fronça les sourcils. Mais que voulait-elle ? Cette fille… Elle n'avait jamais vu cela. Qui était-elle ? L'Agence… Elle l'avait entendu prononcer ce nom. Une troupe d'assassins. Sans aucune loi si ce n'était celle du plus fort. Sans honneur. La plupart des contrats refusés par les Chevaliers atterrissaient chez eux. C'est comme ça que Sly en avait entendu parler. Que lui avait dit Branko déjà ? Si tu croises un assassin de l'Agence, méfie-toi, ils sont pires que la Manticore. Si tu peux, débarrasse-toi de lui, sinon fuis. Dans son cas, la fuite ne paraissait pas vraiment une option viable. Ne restait plus qu'à s'en débarrasser. Mais comment ?

Le cerveau tournant à plein régime, Sly choisit une question au hasard.

- Que fais-tu ici ?

Le sourire de Coquelicot s'élargit.

- En voilà une bonne question ! Que fais-je ici ? Suis-je venue pour toi ? Comment t'ai-je découverte ? Toute ta mission est-elle un échec retentissant ?

Coquelicot continuait à discuter, seule, avec de grands gestes gracieux. Si persuadée de sa victoire, que sa proie était piégée dans sa toile. Sly ne devait pas la sous-estimer. Son regard aiguisé étudiait chacun des gestes de l'Ecuyère. Une araignée pas si stupide.

- La famille Rosengart m'a engagée pour te tuer.

- Quoi ?

- Pensais-tu sérieusement que ta couverture de demoiselle Saüser apparaissant mystérieusement allait tenir ? Voilà pourquoi l'Agence est meilleure que votre petit groupe de mercenaires ridicules. Le pauvre Ewald ne se remet toujours pas de ta disparition. Tu aurais au moins pu répondre à ses multiples messages. Si persuadé qu'il t'était arrivé quelque chose qu'il a fini par en parler à son patriarche détesté. Il lui a laissé une mèche de cheveux… Dont l'ADN a parfaitement concordé avec la petite tache de sang dans le bureau du vieux Rosengart. C'est ça quand on ne fait le boulot qu'à moitié, ça finit toujours par te retomber dessus. Enfin c'est ce que j'ai entendu dire.

Un grand sourire éclaira son visage tandis qu'elle lançait son couteau plus loin dans le couloir.

- Tu sais quoi ? Je t'aime bien toi. Je vais te battre à main nue, pour te montrer que l'Agence est meilleure… Et si tu te défends assez bien, je pourrais même te tuer sans trop faire durer la chose. Je suis gentille non ?

Et l'illumination. Depuis quand les Bruņinieks avaient besoin de baguettes pour faire de la magie ? Elle était loin d'être aussi douée que son père, c'était indéniable. Mais elle n'était pas non plus dénuée de talent. Et ce couteau… Bon c'était bien plus petit que la serviette qu'elle avait l'habitude de faire venir à elle mais… Le sortilège d'Attraction était celui qu'elle réussissait le mieux sans baguette.

- Trop gentille. Vraiment, marmonna Sly.

- N'est-ce pas ? C'est ce que tout le monde me dit ! rit Coquelicot. Bon tu es prête ? Je suis pressée, il va falloir que ça se termine rapidement.

- Je vais essayer de satisfaire cette demande alors…

Et la mercenaire de l'Agence attaqua. Exactement là où Sly l'avait prédit. L'Ecuyère tendit la main comme pour parer le coup.

Viens. Viens à moi.

Elle n'avait jamais fait appel à sa magie de manière aussi sûre et désespérée à la fois. Le petit poignard qui était par terre un instant plus tôt se retrouva dans sa main. Couvert de sang.

- Qu'est-ce… que… ? hoqueta Coquelicot.

Sly ne put empêcher un petit sourire fier d'apparaître sur ses lèvres. Elle leva le couteau à hauteur des yeux de son adversaire.

- Tu le savais toi, qu'il est possible de pratiquer la magie même sans baguette ? Attends, laisse-moi répondre, je vois que tu as du mal à reprendre ton souffle. Et bien oui, c'est possible. C'est dommage que tu ne l'aies pas su avant, hein ?

Coquelicot ouvrit la bouche, sans doute pour sortir une dernière bravade, mais seul le sang franchit la barrière de ses lèvres.

- C'est vrai que le rouge te va très bien… Bon allez, j'ai pas que ça à faire. Puisque ma couverture est grillée, autant en finir le plus vite possible. Ça t'embête pas si j'écourte notre petite réunion pour aller voir le directeur ?

Et Sly se détourna, laissant Coquelicot suffoquer dans son sang. Elle ne s'arrêta pas en entendant le corps tomber mollement au sol. Seul un léger tremblement au niveau de sa main gauche, celle qui tenait toujours le couteau, contrastait avec l'impressionnante froideur de son visage. Elle déboucha une dernière fois la fiole qu'elle trimballait partout avec elle et en but le liquide nauséabond. Voilà au moins quelque chose qu'elle n'allait pas regretter. Elle allait devoir se dépêcher, avant que quelqu'un ne découvre le corps de l'autre mercenaire.

A droite, puis deux fois à gauche. Monter les escaliers, traverser le couloir. Encore à gauche, dépasser la salle des professeurs. Les quelques élèves errant dans le couloir ne la regardèrent même pas, trop habitués à la voir patrouiller parmi eux. Et enfin, la porte du bureau du Directeur. Par habitude, elle frappa avant d'entrer.

- Oh, c'est vous, mademoiselle Fischer… Vous allez bien ? demanda le Directeur Rosengart en voyant quelques traces de sang sur son visage.

Sly grimaça rapidement.

- Des élèves ont rendu les escaliers du quatrième étage glissant par je ne sais quel moyen et je suis tombée.

- Ils ont tous les jours un peu plus d'imagination… Passez à l'infirmerie avant d'aller manger, il vaut mieux éviter que les élèves vous voient dans cet état, soupira-t-il en baissant les yeux sur la montagne de papiers qui s'étalait sur son bureau. Derrière lui, une grande baie vitrée ouverte laissait entrer un peu d'air frais, sur laquelle un pigeon picorait quelques restes.

Sly avait toujours détesté tuer. Elle ne l'avait fait qu'une autre fois avant cette journée, lorsque sa vie en avait dépendu. Une mort après un combat âpre, pour sauver sa peau. Elle ne s'était jamais imaginé devoir assassiner quelqu'un de sang-froid, dans un combat inégal, où l'autre ne voit même pas la menace venir. Le Directeur Rosengart était excellent dans son domaine, fin tacticien… Un grand homme. Mais il n'avait aucune connaissance de combat.

La lame fila droit dans la carotide et s'enfonça jusqu'à la garde. L'homme s'effondra sur son bureau, sans même comprendre ce qui venait de lui arriver. Le liquide carmin s'écoula doucement sur le bureau, noyant les dernières notes du Directeur.

Un bruissement fit sursauter Sly. Un témoin ? Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, en position de défense. Un instant plus tard, ses épaules se relâchèrent. Juste un satané pigeon qui grignotait des miettes.

- Allez dégage de là, tu m'as fait peur triple buse.

Le pigeon lui jeta un coup d'œil offensé avant de déployer ses ailes et de s'envoler. Pour un peu, Sly aurait juré qu'il l'avait comprise.

- Arrête de rêver ma pauvre fille, le travail est pas encore fini.


"Quelques jours après la tentative d'assassinat sur Ernst Niafasen, c'est le Directeur de Mighty Adler, Alberich Rosengart qui a été retrouvé mort dans son bureau. L'enquête préliminaire indique la découverte d'un second corps et la disparition d'un membre du corps professoral. Règlement de compte ou assassinat prémédité ? Pour le moment personne ne le sait, mais souhaitons que la lumière se fasse rapidement sur cette affaire car l'école est plongée dans le chaos. Qui sera le prochain Directeur ? Pour tout savoir, n'hésitez pas à nous écouter, demain soir à 20h…"

Branko éteignit la radio dans un soupir. Slepkava avait fait du bon travail là-bas. Alors pourquoi n'était-elle pas encore rentrée ? Cela faisait maintenant trois jours que le Directeur de Mighty Adler était mort et Sly n'était pas réapparu. La seule chose qu'il savait, était qu'elle était ressortie en vie de l'école et depuis, plus de nouvelles. Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Qu'allait-il dire à Putna si celui-ci débarquait à l'improviste, comme à son habitude ? C'était même étonnant qu'il ne soit pas encore venu l'interroger. Peut-être savait-il… ?

Le Paladin se frotta les yeux. Il fallait qu'il cesse de se tourmenter. Il avait toute une équipe à gérer, il ne pouvait se permettre de s'éparpiller ainsi. Il n'avait pas le temps de s'inquiéter pour Sly. Et pourtant… Il avait appris à apprécier cette jeune femme. Son indépendance, sa force, son aveuglement face à toute forme de sentiments. Il ressentait ce besoin de toujours l'avoir en ligne de mire, pour être sûr qu'elle n'allait pas faire de nouvelles idioties. Enfin, c'était ce qu'il se disait. Mais à force de discuter avec lui, il savait bien que ce n'était pas uniquement ça. Il considérait Slepkava comme sa fille. Et cette constatation ne l'emplissait pas de joie. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir des sentiments aussi forts envers un autre Chevalier. Pas alors qu'ils pouvaient tous mourir au détour d'une mission. Les sentiments faisaient perdre toute objectivité. Il pourrait être capable de désobéir aux ordres pour la sauver, elle. Et c'était mal. Absolument contraire à ses convictions.

Branko abattit son poing sur son bureau.

- Et merde !

- Et bien, quel accueil ! Je m'attendais à mieux.

S'il ne sursauta pas, ce ne fut que grâce à l'habitude.

- Quand on parle du loup.

- Je t'apportais quelques nouvelles, mais si tu le prends comme ça, je repars tout de suite, dit l'intrus, moqueur.

- Tu sais où elle est ?

- Elle va bien.

- Que fait-elle ?

- Tu n'as pas besoin de le savoir.

- Quand revient-elle ?

- Bientôt. Elle est en chemin.

Branko soupira, cette fois de soulagement.

- Merci.

- De rien, Mans Asmens. Tu sais me joindre, si tu as besoin.

Le temps que Branko se retourne, l'homme avait déjà disparu. Le Paladin eut un sourire triste. Un fantôme. Était-ce réellement tout ce qui restait de lui ? Ils avaient tant partagé ensemble, que parfois, ces brèves discussions lui paraissaient plus une torture qu'un privilège. Que n'aurait-il pas donné pour changer le passé ? Pouvoir, juste une fois, croiser de nouveau le fer avec lui. Rire sans s'inquiéter de faire du bruit. Discuter, sans devoir cacher leurs échanges au reste du monde.

Pourvu que Sly revienne saine et sauve.


Et voilà pour la conclusion de cette histoire !

Nan je rigole !

Ou pas…

Disons que la grosse partie de l'histoire, qui devait se clôturer par la mort tant attendue de Rosengart est enfin finie. Mais il restera au moins un épilogue, voire peut-être même un chapitre avant l'épilogue, suivant l'inspiration et histoire de conclure correctement cette histoire que j'ai mis tant de temps à écrire :) (*pardon !*)

Les reviews motivent particulièrement les ptits piafs paresseux il parait ;)