Bonjour bonjour,
Joyeuse Saint-Valentin à tous !
C'est pas une fête que je célèbre personnellement mais j'espère que vous passerez tous une bonne journée et ce peu importe votre statut relationnel.
N'oubliez pas, l'important c'est d'être d'excellente compagnie pour soi-même !
Je vous offre donc un petit chapitre en cette jolie journée ensoleillée en Belgique (tellement rare !)
On se retrouve à la fin !
Bonne lecture :)
Lorsque Eva se retrouva dans le hall du Venisia hôtel, elle n'en crut pas ses yeux. Décidément, la magie : c'était impressionnant. En un claquement de doigts, ils avaient traversé la ville.
« Si je seulement j'avais des pouvoirs magiques… Je me téléporterai loin de cette planète ! » pensa-t-elle.
Passé le moment d'émerveillement, Eva sentit son estomac se retourner. Elle se pencha et vomit l'intégralité de son repas de midi ainsi que des boissons bues au bar sur le magnifique sol en verre poli du plus luxueux hôtel de la ville.
Rapidement, Layla s'agenouilla près d'elle et lui frotta le dos.
- On aurait dû vous prévenir. Les voyages magiques peuvent être traumatisants pour l'organisme. Ça va aller ?
- Oui… Je…
Eva s'interrompit. Si elle continuait de parler : elle allait à nouveau vomir. Elle se maudit intérieurement d'avoir prise une double portion de la spécialité de son père. Elle ne sait pas ce qui l'apitoyait le plus : le fait de gâcher la nourriture ou le fait de faire une entrée en scène si peu classe au Venisia.
La seconde option ne serait plus un problème, car, dans quelque temps, on les jetterait sûrement dehors sans ménagement Valencia, Iris et elle. Le Venisia était un hôtel exclusivement réservé aux touristes.
« Oh non, je crois que… »
Eva fit signe à Layla. Cette dernière comprit instantanément et fit apparaitre un seau morphix devant la jeune femme qui, cette fois-ci, ne prit pas le temps de s'émerveiller face à ce tour.
De son côté, Iris n'en menait pas large. Debout près de Brandon qui tenait Valencia dans ses bras, elle n'avait rien dans l'estomac donc rien à évacuer, mais elle était blanche comme un linge. Elle se sentait à deux doigts de tombée dans les pommes. Heureusement, Flora anticipa cela et se saisit de son bras. La demoiselle se laissa glisser sur le sol avec le soutien de la fée.
- Stella ! S'exclama Musa, on aurait dû les prévenir !
- Oui ! La préparation mentale avant une téléportation magique réduit considérablement les effets secondaires que l'on peut ressentir les premières fois ! poursuivit Bloom.
- Et je suis ravi de constater que vous êtes attentives à mes cours, mesdemoiselles. Déclara une voix très familière.
- Professeur Palladium !
C'était en effet Palladium qui se tenait là dans le hall. Il était l'un des professeurs accompagnateurs du voyage avec Avalon et Griselda et, depuis son arrivée, il passait un long moment à observer l'arbre se trouvant dans l'entrée de l'hôtel. Il devait reconnaitre qu'il n'avait jamais rien vu de tel. Comment un arbre pouvait-il se porter aussi bien dans un lieu aussi hostile à la nature ? Il cherchait à comprendre et à entendre la Voix de la Nature qu'il n'arrivait pas à distinguer clairement.
Par contre, ce qu'il avait clairement bien entendu, c'était ses élèves qui faisaient encore des bêtises. Il y avait avec elles, et les spécialistes qui les suivaient, deux jeunes femmes qu'il ne connaissait pas et une qu'il… Qui lui rappelait très fortement une de ses meilleures étudiantes.
- Pouvez-vous m'expliquer ce qu'il se passe ici ?
- Professeur ! Nous devons voir madame Faragonda !
- Elle n'est pas ici, tout comme Salladin.
- Comment ça ? s'étonna Riven.
- Voyons, vous vous doutez bien que Fontaine-Rouge et Alféa ne peuvent pas rester sans surveillance. Et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nos chers directeurs n'ont pas embarqué dans le vaisseau vous amenant sur Zénith.
Alors comme ça les directeurs n'avaient pas voyagé avec eux. Bloom l'avait à peine remarqué et pourtant cela paraissait logique. Ces dernières années, la Dimension Magique et particulièrement Magix avait subi de nombreux assauts de sorcières, sorciers et démons. Les directeurs des trois écoles principales de magie et de héros et anciens membres de la compagnie de la lumière devaient se tenir prêts. Ils ne pouvaient se permettre de partir plusieurs jours à l'autre bout de la dimension magique laissant leur école dans les mains de quelqu'un de moins expérimenté. À la vue de leurs hauts niveaux en magie, Salladin et Faragonda avaient dû se téléporter pour leur arrivée sur la planète puis repartir aussi sec. Et ben, c'était une sacrée révélation, mais cela n'arrangeait pas leurs affaires… Et ça n'allait pas aller de mieux en mieux, car l'IA de l'hôtel se mise à parler.
« Intrusion, intrusion ! Iris Nova, Eva Ivanov et Valencia Anderson sont priés de quitter les lieux dans les cinq minutes sous risque de pénalité. »
- Des pénalités ? s'étonna Sky.
- C'est quoi encore cette merde ?
- Riven !
Eva, qui n'avait plus rien à vomir pour l'instant, se permit d'éclaircir un peu la situation.
- Sur Zénith, on a un système de points… On part tous avec le même nombre à partir de nos quinze ans. Si on enfreint certaines règles, on en perd, si on réalise certaines tâches on en regagne. Entrer dans un hôtel réservé aux touristes, ça risque de nous coûter quelques points.
- Eva, ça va être inscrit dans mon dossier ! Paniqua Iris, ça risque de compromettre mon examen !
- C'est bon Iris… Marmonna Eva.
- Non c'est pas bon… Ajouta froidement la jeune femme, je sais que ça ne t'intéresse pas, mais moi je veux faire des études.
Eva aurait voulu lui répliquer quelque chose… Quelque chose de cinglant, car elle détestait qu'on mette en avant le fait qu'elle ne voulait pas faire d'études après le lycée. Sur Zénith : c'était vu comme un échec et elle n'aimait pas qu'on la rappelle à cette réalité. À la place, elle plongea sa tête dans le seau morphix que lui tendait Layla pour finir de rendre son déjeuner. Iris tenta de se relever, mais force était de constater qu'elle avait besoin de repos, car elle retomba tout de suite. Elle laisse échapper des larmes de rages. La jeune femme n'avait jamais eu de grandes pénalités dans son dossier. Celle qui tombera à la suite de leur entrée dans l'hôtel serait la plus grave et elle pourrait bien contrecarrer son entrée dans les écoles de science politique de la planète. Ce type d'établissement était très regardant sur le comportement civil des postulants, de bonnes notes ne suffisaient pas.
Le professeur Palladium sentit que la situation avait besoin d'être reprise en main. En effet, ses élèves et leurs invités semblaient complètement dépassés. Et ils comprenaient que les trois jeunes inconnues présentes risquaient des ennuis si l'affaire n'était pas éclaircie rapidement. L'elfe s'approcha du comptoir de l'hôtel. Il n'y avait personne, mais l'écran s'y trouvant s'éclaira.
« Que puis-je pour vous professeur Palladium ? »
- Mes élèves ont invité trois de leurs connaissances et vous les menacez. J'aimerais que vous les laissiez tranquilles.
« Ses trois jeunes Zénithiennes sont entrées sans passer par l'entrée dans un établissement privé. Cela est passible de sanction, je ne fais qu'appliquer le règlement. »
Stella rejoignit le professeur.
- C'est moi qui les ai poussés à se téléporter avec nous. Je ne sais pas quelles sanctions vous souhaitez leur infliger, mais elles ne sont pas justifiées !
« Princesse Stella de Solaria, je ne souhaite en aucun cas faire du mal à vos invités, mais je dois appliquer les consignes que l'on m'a données. Cependant, je prends en compte cette information. Les pénalités infligées à mesdemoiselles Iris Nova, Eva Ivanov et Valencia Anderson seront moins élevées. »
Sky se joignit à Stella.
- Est-ce que le règlement de l'hôtel interdit à ses résidents d'inviter des Zénithiens ?
« Non, Votre Altesse. »
- Ces jeunes femmes sont nos invitées.
« Votre altesse prince Sky d'Eraklion. Mesdemoiselles Iris Nova, Eva Ivanov et Valencia Anderson sont autorisées, à titre exceptionnel, à rester au Venisia jusqu'à ce soir. »
- Ce soir ? Pourquoi ? s'interrogea Flora.
« Mesdemoiselles Iris Nova, Eva Ivanov et Valencia Anderson ont été invités, mais cela ne semble pas être de leur propre volonté. Aucune pénalité ne leur sera affligée pour ces faits. À cette heure-ci, elles doivent être en cours. Une enquête interne est ouverte pour expliquer leurs présences ici. Dans ce cadre, la loi Zénithienne leur imposer un couvre-feu. »
- Mais, c'est injuste ! S'exclama Bloom scandalisé.
« Je ne fais que transmettre. Je vous souhaite une excellente fin de journée. N'hésitez pas à m'appeler si vous avez besoin de mes services. »
Le professeur Palladium se passe la main sur le visage tout en soupirant. Zénith était décidément une planète bien étrange et ses élèves, bien que courageux et brillants, étaient bien trop téméraires. Il pensait qu'une fois la menace de Valtor écartée, les Winx seraient se faire un peu plus discrètes, mais cela n'avait pas l'air d'être le cas. Et il ne se sentait pas apte à gérer cette dose d'aventure qui semblait pointer le bout de son nez.
Heureusement, il n'eut pas à la faire. La voix grinçante de Griselda résonna dans le grand hall.
- Puis-je savoir ce qui se passe ici ?
Dans un grand salon privatisé du septième étage du luxueux hôtel Venisia de Nocturna, Avalon tâcha au mieux d'évaluer la problématique de la jeune femme ramenée par ses élèves il y a une heure. Cette dernière avait perdu connaissance à la suite, visiblement, d'une utilisation magique anormalement élevée. Et c'était justement fort curieux, car, bien qu'Avalon détectât en elle une essence magique : elle n'était pas suffisamment éveillée pour l'épuiser ainsi. Était-ce parce qu'elle était Zénithienne qu'un peu de magie l'avait fait tomber dans les pommes ? Il était bien vrai que cette planète était l'une des rares sur laquelle la magie n'était pas particulièrement présente. Cependant, les deux autres demoiselles avec qui étaient rentrées les Winx avaient été épuisées par un transport magique sans pour autant en subir de graves conséquences. Avalon savait percevoir le potentiel magique de chaque être et force était de constater qu'aucune d'elles n'en avait.
Seule celle présentée comme Valencia avait un potentiel qu'il n'arrivait pas à évaluer.
Il devait donc exclure son hypothèse selon laquelle l'évanouissement de la demoiselle avait un lien avec son origine ou l'absence d'un environnement magique.
Bien, mais cela ne l'avançait guère.
Avalon le savait, il s'agissait de la sœur de Tecna. Il l'avait deviné avant même que les Winx ne lui délivrent l'information. Pour cela pas besoin de son don, tout dans son aspect lui rappelle son ancien élève. Exception faite de ses cheveux. Par contre, il était incapable de dire si elle était plus jeune ou plus âgée.
Cette information, quoiqu'anodine, lui était cruciale, car, dans ses analyses magiques, il détectait quelque chose de peu commun. Une vibration étrange qu'il avait déjà ressentie aux abords de la fée de la technologie, mais plus faiblement. Cela était tellement faible qu'il pensait même que ses sens lui jouaient des tours. Mais là : c'était plus fort. Et cela pourrait tout expliquer.
- Alors Avalon ? Qu'en est-il de notre jeune invitée ?
Cette voix, il l'a reconnu tout de suite, il n'eut pas besoin de détacher ses yeux de Valencia pour savoir que la doyenne d'Alféa venait de se téléporter derrière lui. Griselda l'avait appelé sous sa demande tout comme Palladium avait demandé après lui lorsqu'il avait été décidé de prendre la sœur de Tecna en charge.
Elle avait pris du temps à venir. Un voyage à travers la dimension magique demandait beaucoup d'énergie et en faire trois dans la même journée : des efforts considérables. Faragonda devait partager les mêmes intuitions que lui.
- Elle ne s'est pas encore réveillée. Elle présente un épuisement magique certain. Pourtant, son essence magique n'est pas encore assez développée pour lui prodiguer autant de fatigue.
Il entendit Faragonda se rapprocher.
- Oh ! Voilà qui est peu commun ! Elle lui ressemble énormément !
- Ne mâchez pas vos mots. C'est elle en tout point.
- Cela reste à vérifier. Disait-elle cela au sens propre ou au sens figuré ? Sûrement les deux. Une personne n'était pas l'autre, la personnalité de Valencia différait sûrement de celle de Tecna. Mais, ils ne pouvaient tout deux affirmer ce qu'ils pensaient secrètement sans obtenir confirmation de leurs suspicions.
- Où sont les filles ?
- Dans une pièce plus loin. Avec le professeur Palladium et les deux autres jeunes femmes les accompagnant.
- Bien. Il me semble que le plus important pour le moment est d'effectuer un transfert magique pour cette petite. Nous ne pouvons pas laisser une quelconque complication s'installer.
Avalon hocha la tête. Lorsqu'un être magique consommait plus d'énergie que ses capacités ne lui permettaient, il pouvait développer une maladie qui, sans intervention extérieure, pouvait s'avérer mortelle. À trop user de magie, on pouvait la retourner contre nous-mêmes. Il fallait alors rétablir l'équilibre en rendant le surplus de magie qu'on avait gaspillé à son propre être en empruntant celui d'autres personnes.
- Oui, je le pense également, mais il y a un problème. Elle a usé de tellement d'énergie qu'un seul transfert ne suffirait pas. Il faudrait que nous soyons deux.
- Deux ? s'étonna la doyenne, c'est inhabituel.
- En effet.
Faragonda tendit la main, prête à commencer un transfert. Avalon l'arrêta.
- Non ! Vous avez déjà utilisé trop de magie aujourd'hui ! Je me charge du premier transfert. Griselda ou Palladium pourront se charger du second. En attendant, je vous conseille d'aller voir les deux jeunes femmes que les Winx et leurs amis nous ont ramenées. Elles savent peut-être des choses que nous ignorons.
Il précisa :
- Elles sont dans le salon privé à côté. Nous nous sommes permis de les louer en vous attendant.
Faragonda hocha la tête. Elle devait le reconnaitre : ce n'était pas une mauvaise idée. De plus, elle devait s'assurer que ces demoiselles soient stabilisées et qu'elles puissent rentrer chez elles en toute sécurité.
Elle quitta donc le professeur Avalon, marchant à pas lent dans les couloirs de l'hôtel pour économiser un peu d'énergie. C'est vrai qu'elle ne s'était pas ménagée aujourd'hui… Ni même cette année en général. La menace constante de Valtor avait mobilisé beaucoup de son temps et de son énergie en plus d'assurer le bon fonctionnement d'Alféa.
Elle devrait songer à rester un peu ici et surtout à dormir. Cela serait plus raisonnable. Il y avait Ophélia pour gérer les problèmes de santé et les blessures magiques, Wizgiz qui avait assez d'ancienneté pour aider les plus jeunes professeurs en cas de besoin puis il y avait sa mini-fée. Elle était tout à fait capable de répondre au besoin des enseignants… Et Barbatéa ! Elle aussi était d'une redoutable efficacité.
La doyenne d'Alféa réalisait qu'elle était très bien entourée… Et ce depuis des années par une équipe des plus formidables. C'est à se demander pourquoi elle se permettait si peu de pauses.
Oui, elle resterait ce soir sur Zénith. Et peut-être un peu plus si elle arrivait à se déculpabiliser sur le fait de céder sa place pour quelques jours.
C'est sur cette réflexion qu'elle pénétra dans le salon dans lequel se trouvait ses meilleures élèves ainsi que leurs petits amis et deux inconnues qu'elle devina être les Zénithiennes dont lui avait parlé Avalon. Les deux jeunes femmes semblaient aller bien. Elles étaient assises sur des fauteuils. L'une d'elles, une demoiselle aux cheveux châtains, buvait ce qui s'apparentait à une tisane tandis que l'autre agitait nerveusement la jambe.
- Madame Faragonda ! S'écria Bloom en la voyant, quel soulagement !
- Bien le bonsoir mesdemoiselles et monsieurs. Alors, comment vont nos invités ?
- Beaucoup mieux, dit la demoiselle aux cheveux châtains, merci.
- Elles ont vécu un léger traumatisme à la suite de la téléportation magique. C'était un premier contact un peu brutal pour elles, mais rien d'insurmontable, précisa Palladium, quelques remèdes, un repos bien mérité et vous ne ressentirez plus aucun effet secondaire !
- Parfait. Je suis ravie de l'apprendre !
- Comment va Val ? L'interrogea celle qui n'avait pas encore ouvert la bouche.
Faragonda lui lança un regard interrogateur auquel Layla réagit tout de suite.
- La sœur de Tecna. D'ailleurs, voici Eva et Iris. Elles sont toutes deux des amies proches de Tec.
- Ah ! Je suis enchantée de vous connaitre.
- Ouais, nous aussi. Alors comment va-t-elle ?
- EVA ! s'indigna Iris.
- C'est bon Iris ! Ça fait une heure qu'on est là et on n'a aucune nouvelle ! Personne ne nous dit rien !
La directrice intervient.
- Votre amie va bien. Elle a juste besoin d'un soin un peu plus particulier que les vôtres, elle se tourna vers Griselda qui se tenait légèrement à l'écart, Griselda, si vous pouviez effectuer un transfert de magie sur Valencia dans l'immédiat, cela me serait d'un grand secours.
La surveillante générale hocha la tête et partit sans dire un mot. Faragonda reporta son attention sur le reste de la pièce. Elle trouvait les spécialistes et les Winx étrangement calmes. La plupart d'entre eux étaient assis et semblaient attendre… Une mauvaise nouvelle. Leurs visages étaient graves. Avaient-ils aussi un mauvais pressentiment ?
- Valencia a dépensé trop d'énergie magique. Cela n'est pas grave, mais peut affaiblir fortement l'organisme ce qui peut entrainer l'apparition de maladie liée à la magie. Ces dernières sont difficiles à soigner. C'est pour cela que nous devions intervenir rapidement.
- Elle va aller mieux ?
- Oui sûrement. Les Winx et les spécialistes ont eu le bon réflexe de l'amener tout de suite auprès de nous. Le temps est un critère essentiel dans ce genre de situation. Le transfert magique va permettre à votre amie de recouvrir son énergie. Ensuite, elle aura besoin de repos et, bien entendu, qu'on l'observe un peu dans les prochains jours justes au cas où.
- Ça veut dire qu'elle possède de la magie ? s'étonna Iris.
- C'était déjà étonnant pour Tecna, mais alors là pour elle : c'est exceptionnel ! marmonna Eva.
Sur ce point, personne ne la contredit. Tous savaient à quel point il était rare qu'un Zénithien possède des pouvoirs magiques. L'hypothèse qu'avait formulée Griselda il y a quelques années au sujet des parents de Tecna devenait plus probante à ses yeux. Et le fait qu'ils aient refusé de faire passer le test de l'essence à leurs deux autres filles étaient très parlant.
Une alarme discrète se fit entendre dans la pièce. Iris sortit son téléphone de sa poche et l'hologramme d'un homme y apparut.
- Papa !
- Iris ! Pourquoi n'es-tu pas à la maison ? Le rendez-vous à l'ambassade a lieu dans une vingtaine de minutes ! Nous devons partir maintenant.
- Oh euh… Mince, déjà ?
- Oui. Où es-tu ?
- Euh… À l'hôtel Venisia.
- Pardon ?
- C'est… Une longue histoire excuse-moi.
- On en reparlera ce soir. Je t'envoie une navette. Soit devant le hall de l'hôtel dans deux minutes.
L'homme raccrocha. Iris soupira.
- Je suis désolée que les choses ne se soient pas passées comme prévu.
Elle se tourna vers le professeur Palladium et s'inclina légèrement.
- Je vous remercie pour vos soins.
Elle se tourna ensuite vers les spécialistes et les Winx et s'inclinant à nouveau.
- Je vous remercie de nous avoir amenés ici.
Puis vers Faragonda pour qui elle s'inclina plus fortement.
- Je vous remercie, madame, de prendre soin de Valencia. Je la remets à vos bons soins.
Toute la salle semblait perplexe face à l'attitude de la jeune femme. Seule Musa se permit d'intervenir.
- Tu es sûre que tu ne peux pas rester avec nous le temps qu'elle se réveille ?
- Non, je suis désolée. J'aimerais bien, mais je dois aider mon père. C'est pour ça que je suis en permission cette après-midi. J'espère qu'on se reverra avant votre départ.
Le ton d'Iris semblait quelque peu défaitiste. Flora sembla l'avoir perçue aussi, car elle s'était levée à son tour afin de lui donner une accolade. Ce fut au tour d'Iris d'être prise de court.
- Prends soin de toi et n'en fais pas trop. Conclus Bloom depuis le canapé.
Iris hocha la tête, fit signe à Eva puis prit la direction de la porte. Lorsqu'elle fut sortie de la pièce, Brandon se permit enfin de poser une question qui lui brulait les lèvres.
- Pourquoi elle s'est inclinée comme ça ?
Stella se frappa le front avec la paume de sa main tandis qu'Eva leva les yeux au ciel visiblement agacé par la méconnaissance des étrangers à l'égard de sa culture. La fée du soleil et de la lune éclaira sa lanterne.
- Sur Zénith, s'incliner est une manière de montrer sa reconnaissance ou son respect.
- Plus tu t'inclines, plus cela montre tes sentiments à l'égard de la personne en face de toi. Précisa Layla.
- Oui, confirma Sky, et il est de coutume de montrer plus de respect envers ses ainés.
- Bien joué, rétorqua Eva avec amertume, il y en a au moins qui ont étudié un peu avant de venir.
- Pas vraiment. Ça fait partie de notre éducation royale. Conclut Stella.
À cette annonce, Eva se raidit. Elle avait soudainement l'impression d'avoir été offensante en oubliant totalement que trois des amis de Tecna étaient issus de la royauté. C'était plus fort qu'elle : elle avait beau haïr sa vie sur Zénith, elle ne pouvait pas nier que c'était son chez elle et elle était particulièrement offusquée de l'image que les autres royaumes de la dimension magique pouvaient avoir de ses habitants. Les touristes ne prenaient pas la peine de se renseigner sur leur uses et coutumes, ils venaient uniquement pour faire la fête et se mettre à la pointe de la technologie. Ils ne se souciaient nullement de l'aspect culturel de la planète, de son histoire. Cela la rendait malade.
Mais que pouvait-elle y faire ?
- Je te demande pardon, lui dit Brandon en voyant son trouble, je ne voulais pas t'offenser. J'ignorais ce fait. Ça ne se passait pas comme ça dans le lycée que nous avons visité ce matin.
- Vous avez visité un lycée ? Sérieusement ?
- Oui. Il ressemblait étrangement à ceux de Magix. Ajouta Timmy qui, jusque-là, semblait plongé dans une réflexion intense.
- Il n'y avait aucun uniforme. Crut bon de préciser Bloom en fixant celui que portait Eva.
- Mais… C'est… Impossible. Sur Zénith, tous les établissements sont à uniforme !
Faragonda tiqua également à cette information. Lorsqu'elle avait cherché des sorties culturelles avec les autres professeurs, il leur avait été suggéré d'échanger avec des jeunes Zénithiens au cœur de l'école. Cela lui avait semblé être une bonne idée. Aller à la rencontre de ces jeunes classés toujours en tête des meilleurs élèves de la Dimension Magique, comprendre leur réalité, leurs méthodes de travail… La doyenne sentait qu'elle allait devoir creuser un peu auprès de l'agence qui leur avait vendu cette sortie « vedette ». Mais bon, il fallait qu'elle se concentre sur le présent.
- Je vous promets d'éclaircir au mieux cette situation que je trouve perturbante. En attendant, j'aimerais que l'on se reconcentre. Bloom, mon petit, expliquez-moi exactement ce qu'il s'est passé.
- Oui madame. Alors, nous étions en train de discuter avec Valencia… Enfin plutôt à côté d'elle… Nous ignorions que Tecna avait des frères et sœurs, la conversation s'est emballée et Riven a eu quelques mots malheureux. Cela a énervé Valencia. J'ai ressenti des vibrations magiques électriques de plus en plus fortes. Ses yeux se sont ensuite mis à briller puis elle est tombée inconsciente sur le sol.
- On a essayé de la toucher et ça nous a fait comme une décharge à Iris et à moi. Précisa Eva.
Faragonda synthétisa ses informations. Cela collait avec ce qu'Avalon lui avait dit. C'était bien une trop grande utilisation de pouvoir qui avait provoqué le malaise de la jeune femme. Cependant, une information la troubla.
- Vous ne saviez pas qu'elle avait des frères et sœurs ?
À part Timmy, tous répondirent à la négative, chacun avec des tons différents.
- Vous le saviez, madame Faragonda ? demanda Layla.
- Bien évidemment. Ce ne sont pas des choses que l'on peut cacher.
- Les parents de Tecna ne veulent pas qu'elle parle de ses frères et sœurs. C'était une de leur condition pour qu'elle aille à Alféa.
Cette information, lâchée au hasard par la Zénithienne, fit de suite réagir la doyenne.
- Savez-vous pourquoi ?
Eva haussa les épaules.
- Les parents de Tecna sont assez paranos. Ils l'amenaient souvent en voyage d'affaires avec eux et ils faisaient en sorte de ne jamais trop parler de leurs autres enfants. Après vous avoir rencontrée, madame : elle s'était fait sacrément crier dessus. Elle était en pleurs quand on en a discuté. Ses parents lui avaient reproché d'avoir parlé de Lucio, Valencia et Andromeda. Ils lui ont fait promettre de ne plus jamais les évoquer en voyage.
- C'est vraiment trop bizarre. Commenta Riven.
Eva poursuivit sans tenir compte de lui :
- Je n'ai jamais compris pourquoi elle ne pouvait pas parler de Lucio. C'était encore un bébé. Par contre, je pense qu'ils avaient honte d'Andrémoda qui n'était pas particulièrement douée pour les études. Valencia, par contre, je suis quasiment certaine que c'est lié au fait que c'est sa jumelle. Mais, il me manque pas mal d'informations à ce sujet.
Grand silence dans l'assemblée. Eva reprit la parole.
- Euh, j'ai dit une bêtise ?
Valencia ouvrit les yeux avec difficulté. Elle était éblouie par les lumières, bien que tamisées, de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Ce qui l'étonna en premier lieu : ce fût le silence autour d'elle. Pourtant, la seconde d'avant, elle se trouvait bien dans un bar non ? Comment se faisait-il que ce soit aussi calme ? Son oreillette était-elle défectueuse au point d'inhiber tout son ?
Une fois que ses yeux se sont à peu près habitués à la faible luminosité du lieu, Valencia se rendit compte qu'elle n'était plus dans le bar, mais allongée sur ce qui semblait être un canapé. Une couverture avait été dépliée sur elle. Elle ne reconnut rien et paniqua. Où était-elle ? Où étaient Iris et Eva ? Et les amis de Tecna ? Et Tecna ? Parce que… Elle avait vu Tecna. Elle en était quasiment certaine. Était-elle venue au bar finalement ?
Son cœur battait la chamade. Elle se sentait affreusement stressée. Personne en vue, un lieu inconnu, cela en était trop pour elle. C'était angoissant.
Elle entendit une porte coulissée. Elle se redressa afin de se mettre en position assisse et le regretta instantanément. Sa tête lui tourna et elle crut, l'espace d'un bref instant, qu'elle allait retomber dans les pommes à nouveau.
Des bruits de pas se firent entendre près d'elle, deux mains lui saisirent les épaules la forçant à se rallonger alors qu'une voix masculine lui dit :
- Vous devez rester allonger. Le sort de soin que vous avez reçu n'a pas fini de faire effet.
« Un sort de soin ? pensa-t-elle avec étonnement, qu'est-ce que… ? »
Malgré ses interrogations, Valencia se rallongea.
- Comment vous sentez vous mon petit ? L'interrogea une voix féminine qui sonna beaucoup plus âgée à ses oreilles.
- J'ai mal de tête. Mon corps me fait mal. Comme si j'avais fait un grand effort.
Elle prit la peine de lever les yeux vers les voix qui s'étaient adressées à elle. Elle constata, à son grand étonnement, que quatre personnes étaient présentes dans la pièce. La première, la plus proche d'elle et sûrement celle qui lui avait parlé la première, faisait partie de la race elfique. La seconde était une dame aux cheveux grisonnants, aux petites lunettes et au tailleur bleu, la troisième un homme à la longue tresse noire avec des pointes de blancs tout vêtus de blanc et la quatrième une dame aux cheveux bruns courts, aux petites lunettes également et assez grande et fine.
- Qui êtes-vous ? Où est ce que je suis ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Calme-vous, poursuivit la dame âgée, vous êtes en sécurité. Vous avez fait un malaise alors que vous rencontriez quelques-uns de mes élèves. Vous vous trouvez dans notre hôtel.
- Vos élèves, mais…
Valencia se redressa à nouveau. Cette fois-ci, elle sut se tenir assisse, mais, grand mal lui prit, sa tête lui tourna une fois cette position atteinte.
- Vous êtes madame Faragonda ? articula-t-elle péniblement.
- Oui, vous me connaissez ? Vous ne devriez pas trop bouger.
- Bien sûr. Ma sœur me parle sans cesse de vous !
- Incroyable, sembla chuchota l'autre femme, elle lui ressemble vraiment.
- Votre sœur. Commença Faragonda.
- Vous pouvez me tutoyer ? L'interrompit Valencia.
- Bien sûr. Il s'agit de Tecna, c'est bien cela ?
Valencia hocha la tête. Elle remarqua que l'homme elfique s'agitait à ses côtés. Il lui faisait des petits signes de la main comme s'il l'invitait à se recoucher. Valencia ignora ce fait, elle se sentait mieux ainsi. Changer de position lui provoquait des étourdissements, mais, une fois à l'arrêt, tout allait pour le mieux alors autant se situer à la hauteur de son interlocutrice.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous dites que j'ai fait un malaise, mais je ne me souviens pas. J'ai fait quel genre de malaise ?
- De quoi te souviens-tu ?
- Pas grand-chose, je… j'étais dans le bar. J'ai rencontré les amis de Tecna. Je me suis sentie mise de côté puis je pense que je me suis énervée…
- Après qui ?
- Après… Je… Je ne me souviens pas… Je, ça devait être Tecna.
- Comment ça ?
- Tecna, je l'ai vu. Elle était là. Ses amis ont pu lui parler ?
Valencia vit ses quatre interlocuteurs échanger des regards confus. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que Tecna n'avait jamais été présente. Elle devait passer pour une folle.
- Valencia, ta sœur n'était pas là. Mes élèves ne l'ont pas vu.
- Et pourtant, je suis sûre de l'avoir vu. Aussi sûre que je vous vois, je n'y comprends rien…
-Hum… Il s'agit peut-être là d'un symptôme méconnu du surplus d'utilisation magique ? suggéra l'homme elfique.
« Surplus d'utilisation magique ? J'ai… J'ai utilisé de la magie ? »
Valencia se sentit tout à la fois décontenancée et ravie de cette nouvelle. Elle n'avait jamais cru posséder une once de magie à l'inverse de sa sœur qui n'avait de cesse de lui répéter qu'elle la ressentait en elle. Elle repensa à la conversation qu'elles avaient eue le soir où elles s'étaient échangé leurs cadeaux d'anniversaires. Valencia avait appris que ses parents avaient refusé qu'elle passe le test de mesure de l'essence pensant qu'elle serait incapable de le réussir. Ils avaient eu tort. Une bouffée de joie la prit au cœur et elle sourit.
- Non… Je pense que cela est dû à autre chose. Poursuivit l'homme à la tresse.
- Euh… Excusez-moi, mais… Vous… Vous savez où sont Iris et Eva ?
- Oh… Eva est dans la salle d'à côté avec les Winx et les spécialistes. Ton amie Iris est déjà repartie. Répondit Faragonda.
- Je suis restée inconsciente combien de temps ?
- Cela doit faire deux bonnes heures. Intervient la femme aux cheveux bruns.
Valencia se mit à paniquer en constatant le nombre de temps qu'elle avait passé inconsciente. Elle avait quitté le lycée en pleine journée et n'avait pas pensé à la suite. Si ça se trouve, ses parents étaient déjà au courant. Le bug d'Eva n'avait peut-être pas fonctionné, son justificatif d'absence n'avait peut-être pas été enregistré. Puis, les parents étaient prévenus quand le robot-infirmier permettait aux élèves de rentrer chez eux. Ils devaient certainement déjà être au courant qu'elle était absente. Elle allait passer un sale quart d'heure. Si l'histoire du bug était découverte, ce serait certainement marquer dans son dossier. Et…
La tête de Valencia se mise à lui tourner alors qu'elle rencontrait des difficultés à respirer. Elle se sentait tellement tendue d'un coup. Peut-être que la fatigue due au malaise la rendait plus sensible au stress ?
- Valencia ? Qu'as-tu ?
- Je… Je ne me sens pas bien… Je suis… Stressée… Je crois. Articula-t-elle péniblement en tentant de retrouver une respiration plus apaisée.
-Pouvez-vous faire quelque chose Palladium ? demanda Faragonda.
- À part lui faire une décoction de plantes magiques pour apaiser ses nerfs, je ne vois pas en quoi je pourrais être utile.
Valencia n'arrivait pas trop à se calmer. Elle sentait que ses mains étaient moites, que son cœur battait vite alors que ses pensées ruminaient la possibilité que ses parents découvrent son premier et très certainement seul acte de rébellion à leur égard. C'était terriblement angoissant.
- Je… Je veux voir Eva. S'il vous plait.
- Griselda ?
- Je vais la chercher. Annonça la dame aux cheveux bruns.
Cette dernière sortit d'un pas précipité de la pièce. Durant ce temps, la doyenne s'assit à ses côtés et posa une main rassurante sur son épaule.
- J'ignore ce qui vous stresse mon petit tachez de penser à des choses qui vous apaisent.
Cela n'aida pas du tout Valencia à se détacher de ses ruminations, mais elle admira l'effort de la doyenne. Elle était touchée qu'elle s'intéresse à son état.
Peu de temps après, Eva franchit la porte en courant suivit de près par une des Winx qu'elle reconnut comme étant Musa.
- Val ! S'exclama-t-elle tout en s'agenouillant devant elle, ça va aller !
Valencia se mit à pleurer bien malgré elle. Non, ça n'allait pas aller. Elle se sentait très mal en une fois. Elle avait des difficultés à retrouver son souffle. Elle avait besoin de calme, elle avait besoin de sa sœur. Et savoir qu'elle ne pourrait pas venir lui fendait le cœur d'autant plus. C'est alors qu'elle entendit une musique d'une incroyable douceur. Elle releva la tête, cherchant d'où pouvait provenir cette mélodie, mais ne la trouva nulle part. C'était très étrange, mais ce son lui était familier pourtant elle était incapable de se remémorer où elle l'avait déjà entendu. En tout cas, cela suffisait à l'apaiser.
- Dis-moi Valencia, qu'est ce qui ne va pas ?
- Eva, je suis stressée… Je suis restée inconsciente longtemps… C'est la première fois que je manque les cours. Si mes parents s'en rendent compte.
- Val… Le bug que j'exploite sur le robot-infirmier est parfaitement fiable. J'ai vérifié si tu avais bien été mise sur la liste des élèves absents pour raisons justifiées et c'est le cas. Tu n'as pas à t'en faire sur ce point-là.
- Et mes parents ? Si ton bug a bien marché, ils ont dû être avertis directement de mon état de santé.
- Ils ont été avertis. Mais je te rappelle que c'est Andromeda qui gère tout ce qui te concerne. C'est avec elle que tu devras t'expliquer.
Ce qu'Eva disait la ramena à la réalité. C'était bien sa sœur ainée qui serait prévenue de son absence. Et sur ce point, elle pouvait être certaine qu'elle n'en informera pas leurs parents sans avoir vérifié son état de santé auparavant.
Valencia attrapa son téléphone dans sa poche. Il était en mode silencieux depuis le début de sa journée de cours. Elle le déverrouilla et découvrit toute une série d'appels manqués et de messages de celle qu'elle pourrait appeler sa tutrice légale.
- Mince… Elle me cherche déjà…
- Il fallait s'en douter. Soupira Eva, tu te sens plus calme ?
- Oui. Merci. La musique m'a bien aidée.
- Quelle musique ? s'étonna la Zénithienne.
- C'était moi, intervient Musa, je suis une fée de la musique. C'est un sort d'apaisement discret permettant à la personne en état de panique d'entendre dans sa tête une chanson particulièrement relaxante pour elle.
- La magie, c'est incroyable. Murmura Eva.
- Merci beaucoup Musa. Ajouta Valencia.
La doyenne Faragonda s'approcha d'elle.
- Valencia, j'aurais quelques questions à te poser.
- Valencia, les yeux rivés sur son téléphone, tâcha de paraitre le plus sereine possible alors qu'elle lisait parcourait le grand nombre de messages que son ainée lui avait laissé.
- Je vous écoute madame.
- J'aimerais savoir certaines choses sur ta famille si cela n'est pas trop indiscret.
La jeune femme dirigea un regard suspicieux vers la doyenne d'Alféa. Elle se sentit d'un coup d'un seul assez oppressée.
- Que voulez-vous savoir ?
- Est-ce que Tecna est ta jumelle ?
Elle repensa au grand nombre de fois où ses parents lui avaient dit de ne pas révéler à des personnes non Zénithienne sa gémellité avec Tecna. Elle jeta un regard paniqué à Eva qui lui en renvoya un assez peiné. Elle était certaine qu'elle avait déjà vendu la mèche.
- Oui…
Ça ne servirait à rien de le nier. Elle le savait. Cependant, elle demeurait extrêmement mal à l'aise. Car elle se doutait naturellement qu'une autre question allait suivre. Et elle n'était pas douée pour mentir.
- Serait-il possible que votre famille ait des origines autres que Zénithienne ?
On y était. Valencia allait devoir paraitre la plus convaincante possible pour se sortir de ce mauvais pas.
- Non.
Elle repensa à ce que sa mère lui avait souvent fait répéter enfant et le déballa par automatisme :
- Tous mes ancêtres sont de Zénith. Mes grands-parents maternels venaient d'un village isolé au sud de la planète dans les montagnes. Ils ont immigré lors de la modernisation vers Nocturna. Mes grands-parents paternels sont d'ici.
Elle tâcha de dire cela sans trembler, mais ce n'était pas évident. Avec la fatigue due à son malaise récent, cinq à six paires d'yeux fixés sur elles et le stress de la situation. Elle sentait bien qu'elle n'était pas la personne la plus convaincante qui existait. Elle reporta son attention sur son téléphone espérant couper ainsi court aux questions. C'est à cet instant précis qu'elle découvrit quelque chose : sa porte de sortie. Un message envoyé il y a une vingtaine de minutes par Andromeda et qu'elle n'avait pas encore lu.
De : Andromeda Anderson
Je sais que tu es au Venisia. Tu as intérêt à être devant l'hôtel dans une quinzaine de minutes si tu ne veux pas que je prévienne nos parents.
Cette simple lecture poussa la jeune femme à se redresser sur ses deux jambes. Fièrement, elle ignora le vertige que cela lui provoqua sur le moment. Elle chercha du regard son sac tout en expliquant :
- Je dois y aller. Maintenant. Ma sœur… Pas Tecna, mais mon autre sœur m'attend. Je ne peux pas être là… Je dois partir.
Elle trouva son sac et l'attrapa. L'homme elfique s'approcha d'elle avec une rapidité assez effrayante.
- Vous ne devriez pas partir dans votre état. Vous êtes encore faible.
- Non. Ça va, je vais très bien. Merci.
Elle se tourna vers Faragonda, s'inclina rapidement et s'empressa de prendre la porte. Elle trébucha deux fois sur les quinze pas qui l'en séparèrent sous le regard incrédule d'Avalon, Palladium, Griselda, Faragonda, Eva et Musa. Lorsqu'elle eut franchi la porte, Griselda se permit de prendre la parole.
- Il semblerait que j'avais vu juste.
- Ça ne veut rien dire Griselda.
- Voyons, cette petite ne sait pas mentir. Bien qu'elle en ait prétendu le contraire, la réponse était marquée en grande lettre sur son front.
- Je rejoins son opinion Faragonda. Ajoute Palladium.
- Moi aussi. Dit Avalon.
Musa, à dix mille lieux de la conversation se jouant entre ses enseignants, fixait la porte désormais fermée avec inquiétude.
- Vous ne pensez pas qu'il faudrait s'assurer qu'elle aille bien ?
- Ne t'inquiète pas Musa. J'y vais aussi, je vais l'accompagner en bas. Andromeda doit déjà être devant l'hôtel.
La Zénithienne se redressa avant de se tourner vers le corps enseignant l'interrompant ainsi dans sa conversation animée sur les déductions à tirer de ce petit interrogatoire.
- Quant à vous, je crois bien savoir ce que vous cherchez. Et vous ne le trouverez pas sur Zénith. Vous aurez beau interroger tous les citoyens du royaume, vous n'obtiendrez qu'une seule réponse : sur Zénith, il n'existe que des citoyens Zénithiens.
La jeune femme leur jeta un regard noir puis se dirigea vers la porte.
- Sur Zénith, l'honneur n'est pas seulement un mot.
Re !
Voici donc la fin d'un nouveau chapitre. Que l'on peut considéré un peu plus de remplissage, je dois le reconnaitre. Les prochains chapitres seront plus denses en explications. Tant sur Zénith, que sur la famille de Tecna et également sur les questionnements que le corps enseignant a depuis longtemps sur les origines de la famille.
Oui, je vous vends les chapitres suivants car ils sont quasiment finis ! Les chapitres 18 et 19 sont achevés. Le 20 est celui qui me demande le plus de travail pour le moment car on va beaucoup sauté d'un groupe de personnes à l'autre, il y aura beaucoup de choses qui se passeront de manière simultanée. Pour le bienfait de l'histoire, le chapitre 21 est en réécriture. Et le chapitre 22 a déjà son début. A mon avis, la fanfiction tournera autour de 25 chapitres et il y aura des surprises qui suivront !
Bref, je suis contente, emballée et tout ça.
Su ce chapitre 17 a pris du temps à être publié, c'est parce que je suis enfin sur A03 (Archives of your own) où je la poste également. J'avais envie d'avancer au même rythme sur les deux plateformes. Il a donc fallu que je me familiarise avec A03 et que j'y poste les seize chapitres déjà parus.
J'ai, par la même occasion, découvert une fanbase très active et beaucoup de nouvelles histoires en anglais que je suis assidument.
Je recommande vivement la réécriture des Winx de Dragonfly08 qui se nomme " Veiled Wings and Shattered Panoramas". J'aime beaucoup la façon dont elle décrit les relations entre les personnages et la personnalité de chacun. Particulièrement de Tecna dont elle a développé un certain trouble du spectre autistique. Je trouve que ça lui correspond bien et la façon dont les Winx et spécialistes la traitent me tire toujours des larmes. Pour finir ma publicité, j'ajouterais que cette autrice est vraiment très régulière (totalement mon opposé en somme). Je ne sais pas si elle passe tout son temps libre sur ses chapitres ou si elle avait déjà énormément d'avance sur son travail d'écriture mais elle est déjà à la moitié de la saison 3 alors qu'elle ne poste son travail que depuis un an ! Allez donc y jeter un oeil si vous avez du temps ;)
Bon bon !
J'espère que vous avez passer un bon moment et que mes coquilles habituelles ne vous auront pas trop gêner. Comme d'habitude, je me suis relue mais il faut vraiment croire que les corrections : ce n'est pas mon truc !
J'ai achevé mon second manuscrit, il fait 430 pages. J'en suis au deuxième jet et je suis en pleine étape de correction. Je vous jure, j'ai tellement envie de m'assommer quand je passe plus d'une heure dessus. Je manque de confiance en moi et je suis extrêmement critique envers ce que je produis. Je suis obligée de filtrer mes pensées quand je corrige mes fautes d'orthographes pour me concentrer uniquement sur la forme. Le fond, je vous rassure, je l'apprécie. J'aime mon histoire mais vu que je me dis que je suis ennuyeuse, je me demande si mon travail n'est pas à mon image pour les autres.
Bref, vous l'avez sûrement constater, je suis quelqu'un de très prise de tête et cette période n'a pas été la meilleure pour moi à ce niveau là ! L'écriture, c'est tellement un travail sur soi, on ne se rend pas compte mais on fini toujours par être confronter à nos "démons" et tout ça.
Enfin, je philosophe, je philosophe mais c'est aussi pour cet aspect là que j'adore écrire car je me vois évoluer et je vois où je peux encore m'améliorer.
Sur ce, je vous laisse !
Merci infiniment de suivre l'histoire et à très vite pour la suite que je pense poster début mars !
Memori Plume
