Bonjour à toutes et à tous !
Avant de commencer, bonne année à tout le monde (oui, je suis très en retard) ! J'espère qu'elle a débuté sous de bons hospices.
Me revoilà après presque 2 mois d'absence et je dois dire que ma vie personnelle ne m'a pas gâtée pour ce début 2023. J'ai enchaîné coup dur sur coup dur, ce qui m'a fait ralentir drastiquement tous mes projets.
Mais je ne vous abandonne pas, je suis déterminée à continuer cette histoire :)
Sans plus attendre, le chapitre !
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Réponse(s) aux reviews
Nedwige Stark : Oui, beaucoup trop ! Il faut dire qu'elle l'a testée de près :O
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mioox : Merci pour ton commentaire et ton appréciation globale de la fic. Je suis très heureuse que tu passes un bon moment à la lire, malgré les petits défauts. D'ailleurs, je suis curieuse d'en savoir un peu plus sur l'aspect "naïf". Comme c'est ma première fic, je cherche aussi à m'améliorer :)
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Chapitre 14 : All I need
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« Le scarabée royal Goliath constitue un ingrédient de premier plan lorsqu'il s'agit de concocter divers antidotes, et pour cause. S'agissant d'un des plus gros scarabées du monde, un seul insecte réduit en poudre suffit à produire plus d'une centaine de potions ! Il reste cependant rare et les s… »
Interrompu par une violente secousse, Drago releva la tête vers son origine.
— Granger, tu… commença-t-il, avant de l'apercevoir se presser vers la sortie de la bibliothèque.
Intrigué par son attitude, il regarda en direction du livre de cours sur la magie Noire.
Chapitre 10 : Le Sanguinem Haurio.
Drago blêmit, comprenant en quelques secondes ce qu'il venait de se passer dans l'esprit de Granger.
Le Sanguinem Haurio était le maléfice incontournable pour tout bon néophyte en magie Noire. Il était si simple que n'importe quelle colère, aussi futile soit-elle, pouvait faire de gros dégâts. Car si en magie Noire, le lanceur devait vouloir la souffrance d'autrui pour réussir son sort, celui-ci était à la portée d'un premier année se vengeant sur un camarade dont la tête ne lui revenait pas. Même en septième année, il restait un maléfice puissant et sa maîtrise résidait principalement dans sa pratique sur des cibles vivantes.
Drago en savait pour quelque chose : Bellatrix avait insisté pour qu'il s'entraîne sur une prisonnière contre qui il était ouvertement hostile. Mais être hostile envers une personne ne veut pas dire qu'elle méritait d'être torturée dans sa cave !
Ce simple souvenir lui mit la nausée et cette fois-ci, aucun alcool, aucune potion ne viendra le soulager.
Autant combattre le mal par le mal.
S'armant d'un courage qu'il ne connaissait pas, Drago se leva déterminé.
Il poursuivit Granger à l'extérieur de la bibliothèque, non sans bousculer au passage quelques élèves présents sur sa route. Des cris de protestation ponctuèrent son chemin, mais le Serpentard les ignora prodigieusement, bien trop occupé à ne pas la perdre des yeux.
Et elle était déjà bien loin.
Drago espérait la rattraper jusqu'au moment où la vit s'engouffrer dans un cul-de-sac.
Il pensa la retrouver quand il aperçut un couloir désert, les portes fatalement closes. Seuls des gémissements étouffés derrière l'une d'entre elles brisèrent ce silence glaçant.
Le Serpentard se plaça devant la porte avant d'effleurer la poignée du bout des doigts.
Le courage qu'il avait enfin réussi à soulever s'effaça peu à peu, remplacé par le jugement tranchant de sa peur.
De quel droit peux-tu la consoler alors que tu demeures responsable de ses traumatismes ? De quel droit peux-tu être présent pour elle alors que tu as été odieux, que tu es odieux ? lui dit-elle, implacable. Tu n'es qu'une vermine doublée d'un lâche et personne n'aime un lâche. Personne.
Drago ferma les yeux et tourna la poignée.
La salle de classe inoccupée baignait dans l'obscurité, éclairée par le tonnerre qui frappait derrière les fenêtres. Presque aveugle, Drago traversa lentement à travers la pièce, uniquement aidé par les flashs des éclairs et le son des sanglots. Ils demeuraient à peine audibles, si bien qu'il mit quelques minutes avant d'identifier où elle se trouvait.
Granger était à même le sol, le dos collé dans le coin le plus reculé de la salle, la tête profondément enfouie dans ses jambes. Elle ne l'avait pas remarqué.
Drago s'approcha alors doucement et s'assit à côté d'elle. Ne pouvant rien faire d'autre qu'attendre, il ferma les yeux. Les sanglots de Granger s'éteignirent progressivement avant de laisser place au doux son de la pluie qui battait contre les fenêtres.
Drago ne sut combien de temps ils demeurèrent ainsi. La seule chose dont il se souvint, c'est qu'il était en train de s'endormir lorsque Granger émergea de sa torpeur. Sa respiration erratique était redevenue lente, néanmoins ponctuée de quelques reniflements.
Agacé par le bruit, Drago lui tendit un mouchoir.
— Merci d'être resté, finit-elle par dire, le nez collé dans le tissu.
— Tu ne devrais pas me remercier, soupira-t-il.
— J'y tiens.
— Je ne cherche nullement ta pitié, Granger.
— Ce n'en est pas, juste de la reconnaissance.
— Ça revient au même, je ne la mérite pas.
— Je pense que si, insista-t-elle. Tu aurais pu décider d'être indifférent à mon état.
— Qui te prouve que je ne te manipule pas, en réalité ?
Granger émit un petit rire amusé avant de poursuivre.
— Tu as fait de ton mieux pour m'éviter, mais tu ne peux t'empêcher de m'inclure parmi tes amis, ou encore m'aider pour les sorts et potions liés à la magie Noire.
Drago rougit si fort qu'il tourna la tête, persuadé que l'ancienne Gryffondor le remarquerait malgré la pénombre de la pièce.
— Tu te trompes, je n'envisageais pas obtenir une mauvaise note à cause de ton incompétence notoire.
— Je ne te crois pas, dit-elle avec une pointe d'agacement dans la voix. Quoi que tu prétendes, tu veux m'aider. D'ailleurs, je sais que toi aussi, tu devrais recevoir du soutien. Ou plutôt, tu devrais l'accepter.
Drago soupira fortement, exaspéré qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de défendre les causes perdues.
— Ta sollicitude me touche Granger, mais je n'ai pas besoin d'aide.
— Je pense que si, poursuivit-elle. Drago, tout ce que tu as traversé, personne ne devrait le vivre. Tu as grandi dans une famille qui n'entrevoyait pour toi qu'un destin lié à Voldemort. Je t'ai observé : tu essayes de le contester, même si tu as du mal, même si tu es parfois maladroit.
— J'ai été plus que maladroit, grimaça-t-il, je t'ai torturé.
— Je suis persuadée que tu ne l'as pas fait de ton plein gré et que tu regrettes sincèrement.
— Ça ne change rien aux faits, Granger, s'énerva-t-il.
— Alors, pourquoi es-tu dans cette salle avec moi si tu ne regrettes pas sincèrement tes actes ? Avais-tu autre chose à l'esprit ?
Drago se figea à ses mots et, sans qu'il puisse le prévoir, Granger se rapprocha de lui pour poser sa tête contre son épaule. Quelques-uns de ses cheveux rebelles vinrent lui caresser le visage.
Cette caresse anodine ouvrit une porte dans son âme qu'il pensait avoir condamné, il se l'était juré après l'assignation de sa nouvelle mission. Son seul but était de soutirer des informations à Granger sur Potter et l'Ordre du Phénix, rien de plus. Drago s'était aussi laissé convaincre par sa mère de la détester à nouveau, se ressassant que tout les opposait et que ce n'était qu'une Sang-de-Bourbe, qu'elle allait de toute façon mourir…
Ce qui s'était passé au Manoir avec elle n'était qu'une erreur, il avait même redoublé d'efforts en occlumancie pour ne plus la répéter.
Mais aujourd'hui, le verrou sauta.
Une puissante vague de chaleur balaya tout sur son passage, envahissant tous ses membres. Comme une machine trop longtemps éteinte, le Serpentard sentit son corps se remettre en marche. Son cœur s'accéléra au point d'en faire trembler sa cage thoracique. Il tambourinait si fort que Drago s'interrogea si Granger ne l'entendait pas.
Ses réactions physiques l'effrayèrent. Lui qui avait pris l'habitude de les anesthésier à coup de potions en tout genre, de somnifère ou d'alcool, rien ne semblait les arrêter.
Alors, épuisé de se battre contre lui-même, Drago laissa ses larmes se déverser le long de ses joues, autant qu'il accepta ses sentiments pour elle.
…
Hermione sentit Drago au bord d'un précipice, le visage brillant aux flashs des éclairs. Un de ses masques était tombé juste devant elle.
Mis à nu, Drago la fuit du regard et fixa la fenêtre sans dire un mot. À quoi pensait-il ? Avait-il enfin accepté ce qu'elle soupçonnait depuis des semaines ?
Ces questions, Hermione désirait les lui poser directement, mais s'empêcha de prononcer le moindre mot. Elle ne voulait pas l'accabler plus qu'il ne l'était déjà.
Mais elle ne tint pas bien longtemps.
— Drago, dis-moi ce qu'il se passe, finit-elle par articuler, impatiente.
Le Serpentard soupira profondément, comme ennuyé.
— Tu le sais déjà, Hermione, rien ne t'échappe, murmura-t-il en fixant toujours la fenêtre.
Cette dernière phrase ébranla la jeune femme : il avait raison, elle avait déjà compris ce qui se tramait. Hermione regrettait parfois d'être aussi perspicace.
L'ancienne Gryffondor ne se souvint plus depuis combien de temps elle avait des soupçons, mais ce qui est certain, c'est que ses sentiments ont l'air de dater de plusieurs années. Pour preuve : Zabini était au courant alors qu'il n'avait pas échangé avec Drago de tout l'été.
Bien sûr, elle aurait souhaité poser plus de questions à son meilleur ami, mais elle n'en fit rien. Elle avait eu peur de s'être trompée dans son interprétation, même si à ses yeux, le doute demeurait très mince.
Il l'aimait, maintenant elle en était sûre.
— Pourquoi ne veux-tu pas le dire à voix haute ?
— À quoi bon ? Je sais très bien que ce n'est pas réciproque, soupira-t-il en haussant les épaules.
Hermione se tut. En vérité, elle ne connaissait pas la nature de ses sentiments envers lui, mais elle restait certaine que ce n'était pas de l'amour.
Ron, lui, elle l'avait aimé sincèrement. Son rejet envers elle avait fait l'effet d'une dent de sagesse qu'on arrache sans anesthésie. Mais les racines de ses sentiments étaient si profondes, qu'elles lui laissèrent leur complicité et leur tendresse au stade amical.
Quant à Drago, leur passé commun était chargé de colère et d'amertume. Peu à peu, les récents évènements ouvraient un autre futur pour leur relation.
Hermione était désormais perdue entre la volonté de créer quelque chose de sincère, amitié ou amour, et celle de ne pas pardonner à son bourreau, bien qu'elle entrapercevait vers quel chemin son cœur se dirigeait.
— Je comprends que tu ne ressentes pas la même chose à mon égard. Ta haine envers moi est légitime, finit par dire Drago, comme s'il entendait ses pensées.
— Tu sais, ce que j'ai vu chez toi m'a fait réaliser dans quel environnement tu as grandi, lui confia-t-elle. Si je t'ai détesté pendant des années, je n'ai plus de rancoeur envers toi depuis quelques semaines, Drago.
— Je m'en contenterai, je ne mérite pas plus, soupira-t-il.
— C'est faux.
— Arrête de m'ordonner comment je dois penser, Hermione, je te l'ai déjà dit, s'agaça-t-il.
— Drago, tu vaux tellement mieux que tout ce que tu as vécu, il te suffirait de…
— … de quoi ? s'énerva-t-il. De fuir aux aurores avec la bande à Potter en affrontant la mort à tous les petits-déjeuners ? Non merci.
— Tu préfères survivre sous le joug de Voldemort ?
— Il est vrai que j'adore me lever le matin en sachant qu'il torture des gens chez moi, grimaça-t-il, amer.
— Alors, tu devrais nous soutenir ! s'exclama-t-elle. Un monde meilleur est possible, où tous les sorciers et sorcières, peu importe leur origine, pourraient vivre ensemble.
— Imaginons que ça l'est et même si Tu-Sais-Qui est vaincu, tu ne peux pas aller à l'encontre de siècles de tradition. Tu auras toujours de vieux hiboux pour défendre des valeurs d'un autre âge.
— Je suis convaincue qu'au fond de toi, tu veux y croire, souffla-t-elle.
— Peut-être, mais ça ne change pas la réalité.
Blessée par sa résignation, Hermione souhaita répliquer, mais se retint de justesse. Drago avait fait un énorme pas vers elle en lui confiant à demi-mot ses sentiments. Elle devait l'encourager et non pas casser son élan. Rogue le lui avait bien dit, le changement devait venir de lui en priorité. Si elle voulait l'amener à rejoindre son camp, elle ne devait pas le froisser. Pas trop en tout cas.
— D'accord, tu as raison, grommela-t-elle, à contrecœur.
— Merci que tu le reconnaisses enfin, ricana-t-il.
— Mais laisse-moi te convaincre qu'un autre monde reste envisageable.
Hermione s'autoflagella mentalement, elle n'arrivait pas à se contenir ne serait-ce que quelques secondes !
La réponse de Drago ne se fit pas attendre…
— C'est pas vrai, ce que tu peux être têtue !
— Je suis désolée, je…
— Ce n'est pas en me hurlant que j'ai toujours tort que je vais changer d'avis, tu ne crois pas ?
Hermione le dévisagea : Drago envisageait de quitter le camp de Voldemort ou du moins, il laissait la porte ouverte. Elle ne devait en aucun cas la laisser se refermer.
— Le mieux serait qu'on commence par apaiser nos relations, déclara l'ancienne Gryffondor.
— Je ne vois pas en quoi ça changera mon point de vue…
— Dès que l'on échange sur un sujet, on ne peut pas s'empêcher de se chercher, quitte à se faire volontairement du mal. Je ne veux plus ça, Drago.
Le Serpentard la dévisagea, perplexe, mais au grand soulagement d'Hermione, finit par acquiescer.
— Je… D'accord. Mais je te préviens, il va y avoir un temps d'adaptation !
— C'est certain que ça ne va pas être simple de se retenir de se chamailler, sourit Hermione. Tant que ce n'est pas pour blesser l'autre…
— Ça vaut le coup d'essayer, lui répondit-il avec un clin d'œil.
Elle lui donna une gentille tape dans le bras qui fit rire Drago.
— Retournons à la bibliothèque, conclut Hermione en se dirigeant vers la porte de la salle. Mrs Pince va finir par jeter nos affaires dans le couloir.
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Et voilà pour ce chapitre de "clarification" entre eux deux qui me semblait essentiel. J'espère que ça vous a plu.
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Encore merci vous tous qui me lisez et me suivez. J'espère que vous passez un bon moment en ma compagnie.
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Des bisous et à la prochaine !
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