Chapitre 13
Les corneilles
La nuit était tombé sur Fort Salem, les filles n'avaient pas été autoriser à rentrer chez elles. Elles étaient confinaient à Fort Salem. Le phare et la maison Bellweather devaient subir une décontamination intégral. Une équipe était allée chercher Tiffany à l'école pour la ramener à Fort Salem et Edwin fût intercepter sur la route et ramener malgré lui.
Le commandement avait aménagé un quartier entier à leur disposition. Elles ne savaient pas de qui venaient cette attention, mais on leur avait préparer une chambre, pas n'importe la quelle, leur chambre, il y avait juste un couchage supplémentaire au dessus du lit d'Abigail. Ils avaient poussé la décoration au point d'ajouter un rideau de patchwork sur l'ancien lit de Raelle.
Edwin quand à lui partageait une chambre avec les trois pères d'Abigail eux aussi privées du confort de leur chambre pour au moins une nuit.
Ils se retrouvèrent tous pour le repas du soir dans une des grandes salles inutilisées de la caserne. L'ambiance de la soirée fût étrange, Edwin mal à l'aise se faisait harceler de question par les pères d'Abigail, Tally passa la soirée en grande discutions avec Petra, Scylla et Raelle cote à cote ne s'était pas lâché du regard une seconde et Abigail d'humeur plus que joyeuse passa la soirée à taquiner la jeune Tiffany qui ne demandait que ça.
Cette grande famille ultra recomposé formé un drôle de tableau.
Après le repas, Abigail demanda l'autorisation à Scylla d'emmener Tiffany faire le tour de Fort Salem. Les yeux insistant de la jeune fille et la question si habilement posé par Abigail ne pouvait qu'entraîner une réponse positive de sa part.
« D'accord, d'accord, mais ne faite pas de bêtise, je compte sur toi Abi ! »
« Merci maman ! »
Scylla était encore bouleversé par le fait d'être appeler maman. Abi s'en rendit compte et surenchéri d'un « Merci maman ! » taquin et d'un clin d'œil.
Elles quittèrent la table en courant comme ci elles jouaient à cache cache et disparurent dans le couloir en riant.
Scylla se tourna vers Raelle et lui chuchota à l'oreille quelques choses qui la fit littéralement changé de couleur.
Elle était au milieu d'une discutions avec un de père d'Abi et Edwin qui comprirent que les filles avaient besoin d'intimité et leur fit comprendre qu'elles pouvaient disposer et qu'Edwin était entre de bonne main surtout avec un bon verre de bourbon.
Tally s'était absentée car elle avait reçu un appel de Grégorio et elle pouvait en avoir pour toute la nuit.
Petra avait depuis un moment prit congé de ses hôtes improvisés.
Raelle et Scylla sortir dans le parc. L'humeur joyeuse d'Abi était resté toute l'après midi et le ciel était dégagé et constellé d'étoiles. La lune n'était plus pleine mais suffisamment brillante pour rendre la nuit agréable.
Elles se tenaient la main et marchaient sans rien se dire. Elles profitaient juste d'être ensemble sans tension après la dispute qu'elles avaient eu le matin même.
Elles arrivèrent dans un endroit isolée de toute vue, une sorte de petite alcôve de fleur près d'un bassin. Elles s'assirent dans l'herbe, c'était à la fois beau, apaisant et confortable.
« Je suis désolée Scylla. »
« Pourquoi ? »
« Pour ce que je t'ai dit ce matin, je ne n'étais pas vraiment moi même. »
« Je sais, j'ai aussi un peu exagéré, enfin je crois »
Raelle lui donna un petit coup de coude dans les cotes ce qui fit grimacer et sourire Scylla.
« Un peu oui »
« Tu sais que je ne cesserai jamais de m'inquiéter pour toi Scylla. »
« Je sais, moi aussi, je crois que c'est comme ça quand on aime quelqu'un, c'est ça être une famille. »
« Je veux que tu t'entraîne, tu sais, à développer ton don, à te découvrir toi même. Mais n'en fait pas trop. »
Sans rien dire de plus elles s'embrassèrent, Raelle avait envie depuis des heures de partager le plaisir qu'elle avait ressentie après ça libération. Et c'est ce qu'elles firent une bonne partie de la nuit.
Quand elles regagnèrent la chambre Tiffany était couché sur le lit de Raelle, Abigail ronflait déjà et Tally était allongé sur son lit, les yeux fixant le vide. Plongée dans une vision.
Raelle enleva ses chaussures, sa veste et se coucha près de Tiffany. Scylla se contenta de prendre le lit au dessus de celui d'Abigail. Elle pouvait de là voir sa femme et sa fille blotti l'une contre l'autre. C'était une chose qu'elle avait si peu vu. Tiffany n'était pas aussi proche de Raelle que de Scylla, mais à cet instant leur filiation était définitivement scellé, Raelle était bien la mère de Tiffany.
C'est sur cette vision que Scylla s'endormit.
Elle fut réveillé avant le levé du soleil par des petits claquement sur la fenêtre. Elle descendit du lit le plus discrètement possible et souleva le rideau. Dehors une corneille qui lui était familière donnait des petits coups de bec contre la vitre.
Sans plus de bruit, elle se rhabilla et sortie du dortoir. Dehors l'air était frais, limite froid. L'oiseau l'attendait devant l'entrée et se percha sur son bras.
Scylla avait toujours su communiquer avec ses oiseaux. Il était souvent incompris et rejeter, elle s'était longtemps senti comme eux. Depuis la guerre contre la camarilla, elle n'avait plus vraiment eu l'occasion de sympathiser avec eux. L'oiseau sembler vouloir faire une balade avec Scylla. L'oiseau s'envola de son bras et se mit a tourner au dessus d'elle, puis, un deuxième puis un troisième, elle se retrouva sous une volée de corvidés.
Elle remonta sa capuche au dessus de sa tête et commença un petit footing avec la troupe qui la suivait. Elle n'avait pas couru une centaine de mètres qu'elle entendit des pas derrière elle, Raelle l'avait rejoint.
« Tu croyait quand même pas que j'allais te laisser t'amuser toute seule. »
Scylla ne dit rien elle se contentât de passer la main dans le dos de sa compagne. Elles coururent ensemble une petite demi heure, vivifiées par cet exercice physique, par l'air frais et leur joie retrouvée, elles firent une petite courses. Scylla se sentait légère, les oiseaux venaient parfois tourbillonner autour d'elle avant de remonter au dessus d'elle. Et sans réellement y penser elle se retrouva a flotter parmi eux ou plutôt comme eux, les bras en croix elle planait et quand elle le ramener près du corps elle pouvait prendre de la vitesse et plonger.
Raelle s'était arrêté le souffle coupé, totalement ébahis par cette vision à la fois magnifique et effrayante de sa femme volant à la lumière du soleil levant. Elle l'a suivis en courant pour la garder à vue. Mais sa course ne fut pas longue. Aveuglée par le soleil, Scylla se retrouva déstabilisée et tomba lourdement à plat ventre sur le sol. Elle émit un gémissement de douleur et essaya de se relever, elle avait un poignée cassé et sans doute aussi une grosse bosse sur le front. Elle se redressa sur les genoux en serrant son poignet contre elle, le visage ensanglanté. Sa chute était moins haute et mieux contrôlé, du moins c'est ce qu'elle pensait. Raelle couru auprès d'elle.
« Va falloir que tu travail ton atterrissage. » Elles rirent toute les deux. La corneille de Scylla se posa près d'elle et lui donna des petits coup de bec sur la jambe comme pour en arranger un pli.
« Je crois qu'elle pense que je suis des leurs. » Elle leva les yeux au ciel et une couronne d'oiseaux tournait au dessus de leur tête.
« Si on les adoptes tous il va falloir définitivement une maison plus grande. »
Raelle commençait à accepter ce nouveau don que sa femme développait.
« En attendant laisse moi soigner ça, tu va effrayer Tiffany avec tout ce sang. »
Elle soigna Scylla et rentrèrent en courant à Fort Salem. Elles prirent une douche, Raelle achevant de soigner les plaies de sa femme qu'elle n'avait pas vu sur place. Personne ou presque ne s'était rendu compte de leur absence, Tiffany dormait encore malgré la sonnerie du clairon, Abigail avait fait son lit et s'était changé, Tally était de nouveau plongée dans un bouquin. Lorsque Scylla et Raelle entrèrent dans la pièce, Tally les observa un instant avec sa double vue, rien d'anormal. Depuis l'incident de la veille elle scannait littéralement toute les personnes qui s'approchait d'elle.
« C'était bien cette balade matinal ? » Dit Abi avec un sous entendu coquin ?
« Vivifiant » dit Raelle, « Comme sur un petit nuage » ajouta Scylla.
« Non c'est pas vrai ! Tu l'a refais c'est ça ? » Tally était curieuse.
« T'as réussi ? » S'exclama Abigail.
« Disons que je sais monter mais pas encore redescendre. »
Raelle se gratta la gorge.
« Enfin on peut pas dire que tu sache pas redescendre, il faut juste prévoir une trousse d'urgence »
