- Alors ?!
Un frisson glacé couru le long de sa colonne vertébrale. La question semblait lui avoir été chuchotée à l'oreille. Pourtant, la voix ne venait de nulle part, et son doux murmure emplissait l'atmosphère autour de lui avec grâce comme auraient pu le faire les effluves d'un parfum subtil. La pièce était vide et trop sombre pour qu'on puisse y distinguer quoi que ce soit. Aucune lumière ne venait percer l'obscurité, si bien qu'il était impossible de deviner la distance qui s'étendait entre chaque mur. Draco se tenait là, seul au milieu d'un néant insondable, le regard fixé sur la seule forme parfaitement discernable dans cette étendue de rien : le miroir qui se trouvait devant lui. A mesure qu'il examinait attentivement son reflet, plus rien dans celui-ci ne paraissait lui appartenir. Il ne se reconnaissait pas. Sa peau était blanchâtre, ses lèvres fines et ses yeux noirs étaient soulignés de profonds cernes violacés. De longs cheveux brun foncé entouraient sauvagement son visage fatigué et retombaient sur ses épaules dans des cascades de boucles épaisses et emmêlées. Non, ce n'était plus lui qu'il apercevait dans la glace ; C'était Bellatrix.
- Alors ?! Dit à nouveau la voix dans un murmure qui se faisait un peu plus pressant.
La mangemort était retenue par une main inconnue qui agrippait fermement son épaisse chevelure depuis l'arrière de son crâne. Elle avait l'air terrifiée et semblait supplier Draco du regard.
- ... C'est elle.
A peine avait-il prononcé ces mots que le visage de sa tante se tordit en un rictus d'effroi, et sa bouche s'ouvrit douloureusement alors qu'elle disparaissait progressivement dans un nuage de fumée noire. Un cri retentit alors tout autour de lui. Un hurlement aigu et sonore qui lui tordit l'estomac. Il aurait presque pu le reconnaitre s'il s'était arrêté quelques secondes pour prendre le temps de l'écouter, puisqu'il l'avait entendu résonner dans sa tête quelques heures auparavant ; mais la fumée qui avait à présent emporté Bellatrix s'était transformée en un gigantesque serpent avant de se lancer à ses trousses, et Draco s'était mis à courir à la recherche d'une issue. Son cœur battait si fort qu'il paraissait vouloir s'échapper de sa poitrine. Le hurlement semblait le poursuivre aussi et, alors que son écho résonnait si fort qu'il lui lacerait les tympans et lui déchirait les entrailles, une porte apparut au milieu de l'obscurité. Il la franchit sans réfléchir.
Tout était enfin silencieux. Son rythme cardiaque ralentit presque instantanément lorsqu'il balaya du regard la pièce dans laquelle il se trouvait. Il reconnut les armoires, le sofa, et la fenêtre sur le pan du toit face à lui ; il était chez Barjow & Beurk. Dans le grenier, plus précisément. La panique et la peur firent alors place au soulagement ; ici, il était en sécurité.
Debout au milieu de la pièce se trouvait Hermione Granger. Un doux rayon de soleil illuminait timidement son visage et venait finir sa course dans une mèche de cheveux brune qui retombait délicatement sur son épaule. Elle était vêtue d'une longue robe, la même que celle qu'elle avait porté trois ans auparavant lors du bal de noël, l'année durant laquelle s'était déroulé le tournoi des trois sorciers. La même, à l'exception d'un détail. Cette fois ci, la robe était rouge vif, ornée ça et la de fils dorés. La gryffondor observait Draco avec douceur, une pointe d'interrogation dans les yeux. Ce dernier la dévisagea un instant alors qu'il tentait de deviner la question qu'elle lui posait du regard. Comme s'il s'attendait à trouver la réponse dans un coin de la pièce, il détourna les yeux d'abord à droite, puis à gauche, avant de les reposer sur Hermione. Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarqua qu'elle avait une main tendue dans sa direction, paume vers le ciel, et semblait l'inviter à se rapprocher d'elle.
Il s'exécuta, happé par la douceur et la sérénité qui se dégageaient de sa présence, et saisi presque instinctivement la main qu'elle lui tendait avant de la tirer doucement vers lui. Tous deux entre mêlèrent leurs doigts en laissant doucement retomber leurs bras entre eux. Elle se trouvait à présent à quelques centimètres de lui seulement, sa main délicatement liée à la sienne. Il l'observa silencieusement. Sa bouche était légèrement entre ouverte, habillée d'une mince couche de gloss satiné, et un discret sourire se dessinait au coin de ses lèvres. Le soleil qui éclairait partiellement son visage illuminait ses pommettes parsemées de taches de rousseur et semblait presque faire scintiller ses pupilles. Ses yeux étaient noisette et ornés de longs cils noirs, mais surtout, ils étaient plantés droit dans les siens ; elle le regardait d'un air rieur. Il sentit son estomac se nouer, et comme si son instinct lui avait dicté quoi faire pour soulager l'inconfort que lui avait provoqué cette décharge d'adrénaline, il posa une main sur la hanche de la gryffondor et la ramena subitement contre lui. Cette dernière passa ses bras autour de sa nuque et le serra alors à son tour. Draco ferma les yeux un instant, toute son attention se concentrant sur le souffle de la jeune femme dans son cou. Seul le bruit de leurs respirations venait briser le calme qui régnait dans le grenier, et ils restèrent ainsi un temps indéfini.
- Tu n'es pas comme ton père, Draco.
Ces mots glissés à son oreille vinrent briser la tranquillité qui s'était installée dans la pièce depuis qu'il avait passé la porte. Draco senti son cœur faire un tel bond dans sa poitrine qu'il était à peu près sûr qu'Hermione avait pu en sentir les battements irréguliers jusque dans la sienne. Il resserra son étreinte, et alors qu'elle glissait une main rassurante dans ses cheveux blonds, il laissa échapper un sanglot étouffé, submergé par une centaine d'émotions qu'il aurait été incapable de nommer. Le contact des doigts d'Hermione sur sa peau avait l'effet d'un filtre de Paix, et il lui fallut quelques instants avant de réaliser que la lumière de la pièce disparaissait lentement. Une brume sombre teintée de vert émeraude vint peu à peu remplacer les quelques rayons de soleil qui les éclairaient.
Draco sentit une angoisse monter en lui et ouvrit instantanément les yeux. L'étreinte d'Hermione était différente, moins délicate. Il posa alors ses mains sur les épaules de cette dernière et l'éloigna brusquement de lui afin de pouvoir observer son visage. La gryffondor n'avait plus rien de la jeune femme qu'il avait tenu dans ses bras quelques secondes auparavant. Ses traits s'étaient effacés et étaient devenus troubles, indiscernables. Ses yeux avaient viré au pourpre et sa peau se faisait de plus en plus grisonnante.
Draco recula d'un bond et pointa sa baguette sur la silhouette sombre qui avait pris la place d'Hermione, prêt à fuir ou à riposter, lorsque cette dernière se fit plus précise. Lord Voldemort se trouvait à présent devant lui, un large et sinistre sourire étirant les traits de son visage.
- Tue le... dit-il sans que ses lèvres ne fassent le moindre mouvement.
La voix languissante du seigneur des ténèbres emplit la pièce et cogna dans ses tempes, comme si elle avait percé ses tympans et chuchotait depuis l'intérieur de son esprit. C'était comme si ses propres pensées n'avaient plus d'espace, comme si chaque mot que prononçait son maitre les étouffait sans qu'il puisse résister. Il tenta un instant de la faire taire en couvrant ses oreilles à l'aide de ses mains, mais celle-ci s'arrêta d'elle-même; Voldemort regardait à présent derrière son épaule, l'air fier et satisfait.
Draco se retourna pour suivre son regard. Debout dans le coin du grenier, son père se tenait droit, immobile, le regard suffisant et les yeux plantés dans ceux de son fils. Sa mère était assise dans un fauteuil à côté de lui. Un python se trainait langoureusement autour de son corps, comme une menace subtile.
- Ton père n'est pas un monstre... souffla doucement Narcissa.
- Tue le !
A nouveau, ses pensées se brouillèrent sous le poids de ce puissant murmure. Sa respiration s'accéléra. Il fixait son père droit dans les yeux, sa baguette à présent pointée sur lui.
- Tu as lamentablement échoué, dit Lucius sans baisser un instant le regard.
Draco serra les dents. "Tu as lamentablement échoué". "Echoué". Son cœur s'emballa, emplit d'une soudaine rage irrépressible. Son sang se mot à bouillir et sa vision se troubla.
- Tue le ... ou je les tue ! Répéta Voldemort alors que la brume qui s'élevait dans le grenier se faisait de plus en plus épaisse et menaçante.
Il ouvrit la bouche, l'estomac serré et la main tremblante. et alors qu'il pointait un peu plus précisément ses deux parents du bout de sa baguette, il s'entendit souffler avec la voix d'Hermione ;
- Oubliettes
Un hurlement déchira l'air au moment où Draco ouvrit les yeux. Il se redressa d'un bond, le corps couvert de sueurs froides, les yeux écarquillés et le souffle court. Le hurlement semblait se confondre avec son rêve, si bien que durant quelques instants il ne put déterminer si le son résonnait depuis l'intérieur de son esprit ou contre les murs du manoir. Tout semblait se confondre. Il lui fallut une poignée de secondes avant d'en être convaincu : ce cri-là était bien réel. Ce n'était pas un cri de terreur, mais de colère. Un hurlement enragé, celui de Bellatrix. Il émanait de l'autre bout du couloir, où se trouvait ses appartements. Draco esquissa un regard vers la fenêtre de sa chambre ; le soleil n'était pas encore levé.
Il sauta hors du lit, attrapa sa baguette qui était sur sa table de nuit et traversa la pièce aussi vite qu'il le pouvait, l'esprit encore embrumé. A peine eu t'il dépassé la chambranle de sa porte qu'il manqua d'entrer en collision avec son père qui courait dans la direction du vacarme, baguette en main et l'air affolé. Sa mère suivait juste derrière, encore en robe de chambre.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? murmura t'elle d'un air effrayé.
Draco se contenta de remuer la tête. Les tremblements qui l'avaient saisi au réveil ne s'étaient pas encore tout à fait calmés, ni même les battements de son cœur. Sans attendre, Narcissa lui saisit le bras avant de suivre Lucius en trottinant. Bellatrix hurla de plus belle alors que les Malfoy traversaient le long couloir. Une fois à l'intérieur des appartements de sa tante, Draco écarquilla les yeux. Tout était sans dessus-dessous, comme si un animal sauvage avait saccagé les lieux. Bellatrix se trouvait au milieu de la pièce et faisait les cent pas, baguette à la main.
- Bella mais qu'est-ce que s'il s'est passé ?! demanda Narcissa, effarée.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Votre sale elfe était ici, à l'instant !
- Dobby ?! demanda Lucius
- Oui Dobby, répéta Bellatrix d'un ton dédaigneux avant de lever sa baguette. Homemum Revello.
Sans trop savoir pourquoi, Draco sentit son cœur se serrer. Ils attendirent plusieurs secondes dans le silence le plus total. Le jeune mangemort cherchait un signe du sortilège, redoutant qu'il ne détecte quelqu'un d'autre. Il savait que cela aurait été hautement improbable, les sorts de protection du manoir étant puissants, et il était de toute manière impossible qu'un autre être humain puisse transplaner ici sans y avoir été invité préalablement. Et pourtant, Draco ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur s'alourdir. Heureusement, rien ne se produisit. Ils étaient seuls. Draco relâcha un léger soupir. Décidemment, rien ne lui était épargné cette nuit.
- Nous devrions peut-être appeler du renfort... dit Lucius d'un air suspicieux en observant les alentours comme s'il pouvait voir au travers des murs.
Instantanément, Bellatrix tourna les yeux vers lui et le fusilla du regard avant de pointer sa baguette dans sa direction, l'air menaçant.
- Certainement pas, espèce de crétin, souffla Bellatrix d'un ton agacé. Il est hors de question que qui que soit apprenne que cette saleté d'elfe s'est, encore une fois, introduis ici ! As-tu perdu la raison ?!
Draco examina la pièce à la recherche d'une explication, son regard se perdant dans le désordre qui jonchait le sol. Pourquoi Dobby était-il revenu ici ? Pourquoi avait-il pris un tel risque ? Après tout, s'infiltrer dans le manoir revenait à se jeter dans la gueule du loup. Qu'était-il venu chercher ici ? Dans les appartements de sa tante ?
Soudain, le serpentard fu tiré de ses pensées lorsqu'il entendit Bellatrix jurer.
- Je suis prête à parier que c'est Potter, sa satanée sans de bourbe et le rouquin qui sont derrière tout ça.
Hermione. Le cœur du jeune mangemort se serra. Il était probable que Dobby soit venu ici pour les aider. Pour quelles raisons, cela restait encore à voir. Draco, plongé dans ses pensées, n'entendait plus qu'un murmure de la conversation alors que le rêve qu'il avait fait quelques minutes plus tôt lui revenait en tête, comme autant de flashs lumineux qui l'éblouissaient. Pourquoi, par Merlin, avait-il fait ce rêve ? Tout avait semblé si vrai. Il se souvenait de la sensation de paix qu'il avait ressenti en passant la porte. Du rayon de lumière qui filtrait au travers de la fenêtre. Du rouge vif de sa robe. De ses cheveux qui cascadaient sur ses épaules. De son sourire. De ses mains dans ses cheveux. De son parfum.
Il secoua la tête pour chasser ces images de sa mémoire.
- Nous n'allons tout de même pas rester sans rien faire ! ragea Lucius.
- Quoi que nous façon Lucius, Il ne doit pas savoir, gronda Bellatrix. Que pensez-vous qu'Il dira en apprenant que n'importe qui peut entrer ici comme on entre dans un moulin, hm ?! Es-tu décidé à te couvrir de honte pour de bon ?! Tu veux tous nous faire tuer ?!
Draco sentit un frisson lui parcourir l'échine. La perspective que son maître apprenne l'incident lui donna froid dans le dos. Il n'aimait pas le reconnaître, mais Bellatrix avait raison. Le jeune mangemort sentit l'angoisse poindre au fond de son cœur et soudain, les mots qu'il avait entendu plus tôt dans son rêve lui revinrent à l'esprit. « Tue-les ». Il se sentit presque nauséeux.
- Tu m'écoutes ? beugla Bellatrix.
- Quoi ? demanda Draco, surprit.
- Si tu n'avais pas laissé la fille s'échaper, nous n'aurions pas ce genre de problème et Potter serait surement déjà mort à l'heure qu'il est !
- Bellatrix ça suffit, répliqua Lucius. Il n'a rien à voir avec ça.
Le serpentard cilla. Son père prenait sa défense ? Il commençait à avoir mal à la tête. Les voix reprirent de plus belle, comme un brouhaha assourdissant qui n'avait plus le moindre sens.
- Rien à voir ? Il s'est fait battre par un sang de bourbe, et maintenant regarde où nous en sommes !
- J'ai dit ça suffit, tonna Lucius d'un ton autoritaire. Draco nous a prouvé qu'il était plus que capable lors de sa dernière mission, Bellatrix. Greyback s'en souvient encore, à n'en point douter.
Le jeune mangemort n'en revenait pas. Peu importe si son père prenait sa défense pour empêcher que sa belle-sœur ne traîne le nom de la famille dans la boue ou par réelle sympathie envers lui ; il le défendait. La mission n'avait pas été une partie de plaisir, alors Draco était satisfait d'en tirer quelque reconnaissance. Après leurs départs de chez monsieur Simmons, le groupe s'était rendu au Ministère. Draco n'y avait pas mis les pieds depuis la prise de pouvoir de Lord Voldemort, aussi s'était-il sentit plus qu'intimidé en conduisant Rufus à la Commission d'enregistrement des né-moldus. Tout était si froid et dictatorial, comparé à avant. Tout le monde marchait en ligne, plus aucun hibou ne volait au-dessus des allées et les pleurs et supplications de leur otage ne lui avaient pas facilité la tâche. Monsieur Simmons devait être dans une cellule à l'heure qu'il est, en attente de procès. Lors de ce dernier, il serait très certainement reconnu comme né-moldus, on lui confisquerait alors sa baguette, il serait licencié de son travail, et conduit à Azkaban. Draco fu de nouveau tiré de ses pensées par un pouffement sonore de Bellatrix.
- Tu as raison Lucius, après tout ton fils n'y est peut-être pour rien, persifla la mangemort. C'est ta responsabilité de faire en sorte que rien de grave n'arrive sous ton toit.
Bellatrix le toisa du regard d'un air méprisant avant de reprendre.
- Tant d'années à faire des courbettes au Ministère, pendant que je pourrissais dans une cellule, et regarde où cela t'a mené. Pas si glorieux, si tu veux mon avis.
- Je t'interdis de ...
- Stop ! tonna Narcissa avant de prendre sa sœur à l'écart.
Draco jeta un coup d'œil en direction de son père. L'homme se tenait plus droit que jamais, tel un paon qu'on aurait vexé. Il avait la mâchoire serrée et fusillait sa belle-sœur du regard, la main crispée sur sa baguette. Après une poignée de seconde, il souffla et réajusta le col de sa chemise avant de se tourner vers Draco. Le jeune mangemort ne dit mot, le silence qui s'installait entre lui et son père seulement dérangé par les murmures agités des deux sœurs qui se trouvaient à l'autre bout du salon.
Il se sentit fatigué. Encore une fois, il leur faudrait redoubler d'attention afin d'éviter les problèmes. Ce qu'il s'était passé cette nuit aurait pu virer à la catastrophe. C'était une chance que Dobby soit arrivé un soir où il n'y avait pas de réunion. Autrement, l'incident ne serait pas passé inaperçu et la fureur de leur maître les aurait balayé comme un ouragan balayerait des fétus de paille. A cette idée, Draco ne put s'empêcher de repenser à son rêve, encore une fois. Il put sentir les battements de son cœur s'emballer alors qu'il revoyait Nagini se tordre aux pieds de sa mère ; mais Lucius s'avança vers lui, interrompant le train de ses pensées.
- Ne prête pas attention aux reproches de ta tante, Draco. Nous sommes plus que satisfait de l'aboutissement de ta dernière mission.
Pris au dépourvu, le jeune mangemort ne sut quoi répondre à son père. Il se contenta de l'observer, les sourcils légèrement froncés. Lucius se détourna. L'espace de quelques secondes, il avait eu l'air gêné. Comme s'il s'était surprit dans un étalage de sentimentalisme et s'était aussitôt corrigé, reprenant sa position rigide et froide habituelle.
Alors, le bruits de talons claquant contre le parquet ciré résonna dans la pièce. Les deux sœurs avaient visiblement terminé leur aparté.
- Bon, souffla Narcissa, visiblement épuisée par la situation. Que devons nous faire ?
- Rien du tout, répondit Bellatrix d'un ton amer. De toute façon il n'a pas eu le temps de voler quoi que ce soit. Il va falloir que vous vous débrouiller pour sécuriser cette maison comme il se doit. Je ne pourrais pas toujours rattraper vos erreurs.
- Cela ne sera pas nécessaire, Bellatrix, maugréa le chef de famille.
- Nous verrons cela, Lucius, ironisa t'elle.
- Dobby, dit Draco. Qu'a t'il volé ?
Bellatrix lui lança un regard hautain et pouffa de rire.
- Rien du tout. Il n'en a pas eu le temps.
- Il pourrait revenir, n'est-ce pas ? s'inquiéta Narcissa.
- Oh non Cici, il ne reviendra pas, répondit Bellatrix en se léchant les lèvres dans un rictus suffisant.
- Pourquoi ? demanda Draco.
- Parce que je ne rate jamais ma cible, mon cher neveu.
La mangemort se dirigea d'un pas léger vers le fauteuil de son bureau avant de s'y assoir. Son visage se tordit alors dans un sourire narquois.
- L'elfe est surement mort à l'heure qu'il est.
