Hey !
Comment allez-vous aujourd'hui ? La forme ?
Je ne sais pas si vous l'avez vu, mais j'ai posté hier un OS de Saint Valentin avec pour pairing Pansy et George. Surprenant, non ? Si ça vous tente, l'histoire se trouve sur mon profil et elle s'appelle "Vous avez un nouveau message".
Sinon, pas trop de bla-bla aujourd'hui, parce que j'ai hâte que vous découvriez le chapitre du jour. Je l'aime beaucoup pour plusieurs raisons : la fin (héhé) et on y apprend la fameuse légende...
Bonne lecture !
Merci à Lyra Verin, Cailean Charmeleon et Nova Frogster pour tout leur travail et leur soutien.
Assis dans le canapé avec un gros livre sur les genoux, Charlie était impatient de partager avec Hermione les découvertes qu'il avait faites.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, les sourcils froncés.
- Probablement la solution à ton problème, répondit Charlie d'un air fier et le torse bombé. Là-dedans, se trouve la légende de Hailibu, le chasseur au grand cœur.
Hermione écarquilla les yeux, le fixant sans ciller.
Charlie était fier de son petit effet. Lorsque Nyam et lui avaient mis la main sur la solution au problème d'Hermione, ils s'étaient presque sauté dans les bras tant ils étaient contents. Ce n'était pas leur travail, mais Charlie s'était engagé à l'épauler et il était très content de pouvoir le faire.
Et si lui apporter son aide pouvait le faire remonter dans son estime, il ne disait pas non.
Les révélations qu'elle venait de lui faire à propos de son histoire amoureuse avec ce Cormac l'avaient mis très mal à l'aise. Déjà qu'il se sentait coupable de son attitude, il se sentait d'autant plus mal maintenant qu'il connaissait son passé.
Hermione avait énormément souffert à cause de cet homme et Charlie ne voulait pas qu'elle pense qu'il lui ressemblait. Ce n'était pas du tout le cas. Sa réaction était un acte isolé, absolument pas représentatif de sa personnalité.
Il ne comprenait d'ailleurs pas comment c'était possible d'agir de la sorte. Hermione ne lui avait pas confié les détails, mais ses aveux et le ton sur lequel elle les avait faits avaient suffi à faire comprendre à Charlie à quel point elle en était traumatisée. Personne ne méritait d'être traité ainsi.
Peu importait le temps que cela lui prendrait à la convaincre de sa bonne foi, il lui démontrerait qu'elle avait eu raison d'accepter ses excuses et qu'elle ne le regretterait pas.
Et cela commencerait par lui raconter ce qu'il s'était passé pour qu'il en arrive à trouver la solution à son problème.
- Le lendemain de notre dispute, je suis allé à Oulan-Bator pour voir Nyam et rencontrer Maksim, son petit-ami, expliqua-t-il. Qui est quelqu'un de très sympa, d'ailleurs, mais peu importe. J'ai posé la question à Nyam, pour savoir si le nom de Hailibu lui disait quelque chose. Ça lui parlait, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce que c'était exactement. Du moins, jusqu'à ce qu'elle rebrousse chemin en plein milieu de la capitale pour m'embarquer dans sa voiture parce qu'elle avait trouvé sa réponse.
Le regard d'Hermione brillait d'impatience. Sa jambe tressautait toute seule et elle ne cessait de mordiller sa lèvre inférieure du bout des dents.
- Le nom de Hailibu était dans une histoire que sa mère lui racontait quand elle était petite, continua-t-il d'expliquer. Nyam n'arrivait plus à se souvenir du titre, mais elle savait que l'histoire se trouvait dans un livre qu'elle ne possédait plus. Alors nous nous sommes rendus à la bibliothèque municipale. Pas la Bibliothèque nationale de Mongolie où tu es déjà allée, mais un plus petit établissement où il y en a pour tous les goûts.
- C'est là que vous avez trouvé ce livre ? supposa Hermione en pointant l'objet du doigt.
- Minute le vivet, la modéra-t-il. Nous n'avons rien trouvé là-bas, alors nous en avons fait deux autres et la dernière, tout à l'est de la ville, a été la bonne. La bibliothécaire nous a trouvé cet exemplaire au fin fond du rayon jeunesse. Selon elle, il n'avait pas été emprunté depuis près de dix ans tellement l'ouvrage est désuet. Toutes les histoires qui sont dedans ne sont plus vraiment racontées ou alors elles ont été éditées dans des versions plus modernes.
L'impatience chez Hermione se faisait presque palpable. Charlie digressait et elle avait plutôt l'air d'avoir envie qu'il aille droit au but.
- Bref. Nous l'avons feuilleté directement dans la bibliothèque et nous sommes tombés sur…
Charlie ouvrit le livre sur ses genoux et tourna les pages jusqu'à tomber sur l'histoire qu'il cherchait.
Le titre, "Hailibu, le chasseur au grand cœur", était écrit en lettres dorées sur une illustration représentant un magnifique dragon aux écailles brillantes ainsi qu'un homme armé d'un arc et d'un carquois rempli de flèches suspendu dans son dos.
Il tourna le livre dans la direction d'Hermione qui s'en saisit et lut à voix haute :
Il était une fois, il y a des âges de cela, un chasseur au grand cœur du nom de Hailibu. Dans les grandes steppes mongoles, Hailibu chassait et partageait la viande entre les villageois, ne gardant qu'une petite quantité pour lui. Sa générosité faisait de lui un homme respecté dans son village.
Un jour, alors qu'il chassait dans la forêt, des cris aigus retentirent, attirant l'attention de Hailibu. Entre les serres d'un rapace volant au-dessus de sa tête se trouvait une petite créature. Hailibu arma son arc et toucha le prédateur d'une flèche. La petite créature tomba à ses pieds. Elle ressemblait à un serpent.
Hailibu lui dit : « Pauvre petite chose, rentre vite chez toi ».
La créature répondit : « Honorable chasseur, vous avez sauvé ma vie et je vous en suis extrêmement reconnaissante. Je suis la fille du Roi Dragon et mon père vous remerciera par une grande récompense. Il possède de somptueux trésors, mais si aucun de ceux-là ne vous plaît, vous pouvez lui demander la pierre qu'il tient dans sa bouche. Quiconque tenant cette pierre dans sa bouche peut comprendre les langues de tous les animaux ».
Hailibu n'était intéressé par aucun trésor, mais fortement curieux de pouvoir comprendre les animaux. « Y a t-il vraiment une telle pierre précieuse ? » demanda-t-il à la petite créature. Elle répondit que oui, mais que quoi qu'il entende venant des animaux, il devait le garder pour lui. S'il parlait, il serait transformé en pierre.
La petite dragonne guida Hailibu. Alors qu'ils avançaient dans de l'eau, celle-ci s'écarta sur leur passage, comme par magie. Un gigantesque palais apparut peu à peu. La demeure du Roi Dragon.
Heureux et soulagé d'avoir retrouvé sa fille, le Roi Dragon proposa à Hailibu de prendre le trésor de son choix. Après l'avoir remercié pour sa bonté, Hailibu demanda : « Si vous voulez me donner quelque chose en cadeau, puis-je demander la pierre précieuse dans votre bouche ? ».
Le Roi réfléchit un instant, mais sortit la pierre de sa bouche pour la confier précieusement à Hailibu.
Avant qu'il ne parte, la fille du Roi Dragon répéta à Hailibu : « Mon sauveur, souvenez-vous de ce que je vous ai dit. Ne parlez à personne de ce que disent les animaux. Autrement, vous savez ce qui vous attend ».
Désormais propriétaire de cette pierre, Hailibu appréciait encore plus la chasse. Il comprenait tous les animaux et savait exactement ce qu'il devait faire. Il put ramener encore plus de viande aux villageois.
Les années passèrent. Mais un jour, au sommet d'une montagne, Hailibu entendit des oiseaux discuter. « Nous devons partir rapidement. Cette nuit, la montagne s'effondrera et les flots submergeront toute la région. De nombreuses personnes périront ».
Choqué, Hailibu courut jusqu'au village et mit en garde les habitants sur ce qui allait se produire. Tous étaient surpris : « Nous sommes heureux, ici. Pourquoi partir ? ». Hailibu répéta inlassablement ces mots, mais personne n'écoutait. Sanglotant, il implora : « Je vous prie de m'écouter. Je vous jure que je dis la vérité. Nous devons partir avant qu'il ne soit trop tard ».
Le plus ancien villageois calma Hailibu : « Tu es un homme bon, nous te faisons confiance. Mais nous avons vécu ici pendant des générations et nous ne pouvons pas quitter le village sans savoir pourquoi ».
Hailibu n'avait plus le choix.
Calmement, il raconta son histoire aux villageois. La petite dragonne qu'il avait sauvée. Le Roi Dragon et sa pierre qui lui permettait de parler aux animaux. Et ce qu'il avait appris des oiseaux le matin-même.
Alors qu'il contait son histoire, son corps se transforma en pierre. Lorsqu'il eut terminé, Hailibu n'était plus qu'un rocher de forme humaine.
Les villageois, choqués et sanglotants, pleurèrent leur chagrin avant de partir tous ensemble vers une terre éloignée et en sécurité. La nuit tomba et d'épais nuages noirs couvrirent le ciel. Le vent se mit à souffler et la pluie à tomber. Là où se trouvait leur village, au loin, résonna un grondement. La montagne n'était plus.
Le temps est passé, depuis, mais il se raconte que les descendants des villageois font vivre la mémoire de Hailibu et parlent de retrouver cette pierre.
Le silence se fit dans la maison à la suite de la lecture d'Hermione. Charlie avait déjà lu l'histoire, mais l'entendre de sa bouche était agréable. Elle était une bonne conteuse.
- La pierre, Charlie, souffla-t-elle avant de partir en courant jusqu'à sa chambre.
Elle revint quelques secondes plus tard et se laissa tomber à côté de lui dans le canapé.
- Regarde, dit-elle en lui montrant une boîte en métal. Je l'ai trouvée dans l'Arkhangaï, en même temps que la plaque de granit. Dessous, il y a un symbole ovale et rouge, comme ce que tient le dragon dans sa gueule, là.
Elle appuya son argumentaire en pointant du doigt le dessin du dragon sur la fameuse plaque gravée de runes.
- Le message c'est "Ci-gît Hailibu, le chasseur au grand cœur, qui, pour sauver son village, a trahi la promesse faite au Roi Dragon.". Il est enterré dans l'Arkhangaï et cette boîte, que je ne parviens pas à ouvrir, renferme la pierre donnée par le Roi Dragon. Ça tombe sous le sens !
Le cerveau de Charlie fonctionnait probablement aussi vite que celui d'Hermione. Elle avait raison, il ne voyait pas d'autre explication. Ce qu'elle lui disait était d'une logique implacable.
- Cette plaque serait donc sa plaque funéraire ?
- J'en suis certaine. La boîte était enterrée juste à côté.
- Mais vous n'avez pas retrouvé d'ossements sur place ?
- La légende, qui finalement n'en est pas une, est très ancienne. Le corps de ce pauvre Hailibu est entièrement décomposé et devenu poussière depuis belle lurette.
- C'est vrai, reconnut Charlie. Donc maintenant, il faut trouver comment ouvrir cette boîte, c'est ça ?
- Si on veut découvrir ce qu'i l'intérieur, oui. Mais j'ai tout essayé, et mes collègues au moment de la mission aussi et nous n'avons jamais réussi.
Charlie gratta distraitement sa barbe. Il n'était pas le mieux placé pour l'aider, lui qui n'utilisait que très peu sa magie depuis ces dernières années. Enfin, il manquait peut-être de pratique, mais pas de théorie.
- Ça a probablement été scellé par une magie ancienne et orientale, dit-il. Une magie qu'on ne pratique pas, nous, petits Anglais, mais que les Mongols doivent continuer d'utiliser. Il serait peut-être judicieux de se renseigner auprès d'eux.
Hermione le regardait avec un sourire qu'il ne savait comment interpréter.
- Qu'est-ce qu'il y a ? l'interrogea-t-il. J'ai quelque chose sur le nez ?
- Non, pas du tout. C'est juste que ton implication me touche.
Charlie se sentit rougir. Si on lui posait la question de la raison, il mettrait ça sur le compte du feu de cheminée et de la chaleur qui régnait dans le salon.
- J'ai envie de connaître la suite de l'histoire, maintenant, se justifia-t-il.
- Et on l'aura, sourit Hermione. Je vais essayer d'obtenir un rendez-vous avec quelqu'un au Ministère de la magie mongol. Je ne sais pas qui exactement, mais quelqu'un qui pourrait nous aiguiller.
- Si je ne me trompe pas, ils ont un Département dédié à la préservation de la culture et du patrimoine, l'informa-t-il. Peut-être qu'il y aurait une personne là-bas qui serait à même de nous aider ?
- Oui ! s'enthousiasma aussitôt Hermione. C'est avec ce Département que je travaille pour mes recherches. Je m'y rendrai demain à la première heure, en espérant que quelqu'un pourra me recevoir.
Charlie s'enfonça dans le canapé, son verre de bière quasi vide à la main.
Après avoir stagné pendant des semaines, il était ravi d'avoir donné la petite impulsion qui avait permis d'avoir, presque, le fin mot de l'histoire. Il ne manquait plus grand-chose pour en venir complètement à bout, il avait un bon pressentiment.
- Est-ce que… Est-ce que tu es libre demain, pour venir avec moi ? lui demanda timidement Hermione. Je comprendrais que tu ne te sentes pas, ou que tu ne puisses pas, mais tu m'as énormément aidée et ça me ferait plaisir qu'on aille jusqu'au bout ensemble.
Ce "ensemble" fit un drôle d'effet à Charlie. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été lié à quelqu'un d'une quelconque manière.
- Bien sûr, accepta-t-il.
- Super, merci Charlie, lui sourit-elle.
Il lui renvoya la même expression avant de terminer son verre.
- Je dois dîner avec Naran ce soir, est-ce que tu veux te joindre à nous ? proposa-t-il.
- Oh… Je ne voudrais pas déranger si vous aviez prévu de vous retrouver.
- Si je te le propose, c'est qu'il n'y a pas de problème. Ce n'est rien de formel, juste un dîner entre amis chez lui.
- Ça n'embêtera pas Naran ? demanda-t-elle.
- Pas du tout, il t'aime bien.
- Bon… Alors d'accord.
Charlie déposa leurs verres vides dans l'évier et quelques minutes après, ils étaient dehors, prenant la direction de la dépendance de la ferme où vivait Naran.
- Comment vous vous êtes connus, Nyam, Naran et toi ? le questionna Hermione durant le trajet.
- C'est Nyam que j'ai rencontrée en premier, expliqua-t-il. Avant d'aller travailler à Oulan-Bator, elle aidait ses parents sur le marché ici. Elle a vite vu que je n'étais pas du coin et elle a proposé de me faire visiter le village et les alentours l'après-midi même. J'ai accepté et voilà, on est rapidement devenus amis. Elle m'a présenté son frère dans les jours qui ont suivis et la connexion s'est faite tout de suite.
Charlie sourit en se remémorant ces moments. Cela lui paraissait si loin et si proche à la fois.
- Heureusement que tu les as, n'est-ce pas ?
- Oui, reconnut-il aussitôt. Tout aurait été beaucoup plus compliqué sans eux. Je ne serais pas resté, je pense.
Un petit coup d'œil sur sa gauche lui permit de voir qu'Hermione se mordillait la lèvre. Elle paraissait gênée, comme si elle voulait lui demander quelque chose, mais qu'elle n'osait pas.
- Crache le morceau, la taquina-t-il.
Elle le regarda soudainement avec ses grands yeux surpris avant de sourire timidement.
- Tu n'es pas obligé de répondre, précisa-t-elle. C'est juste que je suis très curieuse.
- Vas-y, Hermione.
- Est-ce que… Est-ce que Nyam et toi vous avez eu une histoire d'amour ? finit-elle par lâcher. J'ai cru que vous étiez ensemble jusqu'à ce qu'elle annonce être avec Maksim.
- Oh.
Charlie ne fut, finalement, pas très étonné par la question. Il était proche de Nyam, mais il n'avait jamais été question de quelque chose de romantique entre eux. Cependant, il comprenait tout à fait que leur complicité puisse porter à penser le contraire.
- Excuse-moi, je n'aurais pas dû te demander ça. C'est personnel et je…
- Hermione, déstresse. Tu as tout à fait le droit de me poser la question et j'estime que je peux te répondre. Alors non, il ne s'est jamais rien passé entre Nyam et moi.
- D'accord…
- En revanche, avec Naran, oui. Une histoire de quelques mois seulement, rien de sérieux, mais suffisamment pour partager beaucoup de sentiments.
Hermione s'arrêta soudainement de marcher suite à sa révélation.
- Ça semble te surprendre, dit-il en fronçant les sourcils.
- Pardon ! s'excusa-t-elle aussitôt. J'étais tellement persuadée que tu avais eu une histoire avec Nyam que je n'ai jamais imaginé que cela avait pu être avec Naran. Mais finalement, ce n'est pas si surprenant.
- Tu trouves ?
- Oui, vous êtes proches, vous vous taquinez tout le temps. On sent qu'il y a une complicité qui dépasse l'amitié.
- Il n'y a que ça qui nous lie, pourtant, maintenant, clarifia-t-il.
- Si vous êtes restés en bons termes, tant mieux, sourit-elle.
- Très bons. Et nous sommes meilleurs amis qu'amants, pour être honnête, pouffa-t-il. On ne se serait pas supportés toute une vie.
- En tout cas, j'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir posé la question, voulut-elle s'assurer.
- Pas du tout. Si je n'avais pas voulu répondre, je ne l'aurais pas fait. Et puis, tu es bien plus polie et respectueuse que peuvent l'être la majorité des gens.
- Tu as été confronté à des propos déplacés ? demanda-t-elle d'un air concerné.
- C'est arrivé, mais la plupart du temps, c'était plus par ignorance que par réelle envie de me blesser. Les gens sont, malheureusement, très peu informés et quand ils apprennent ma pansexualité, ils sont plein de questions maladroites et parfois gênantes. Dans ces cas-là, je ne m'en formalise pas. J'explique simplement que je peux être attiré par une personne indépendamment son sexe ou son genre et on passe à autre chose.
- De toute façon, le principal c'est que tu sois heureux, dit-elle avec une simplicité touchante.
- Et je le suis.
La fin de la conversation coïncida parfaitement avec leur arrivée chez Naran. Ce dernier, d'abord étonné par la présence d'Hermione, fut ravi de l'accueillir sous son toit.
Et Charlie ne vit pas le temps passer tant la soirée avait été bonne.
Bien que la présence d'Hermione n'était initialement pas prévue, Naran avait cuisiné du riz frit aux œufs et à la viande de bœuf en quantité suffisante pour qu'ils dînent largement à trois. Du moins, c'était ce dont il s'était vanté jusqu'à ce qu'il reconnaisse avoir pris le plat à emporter au restaurant du village. Suspicieux depuis le début, Charlie ne s'était pas gêné pour le charrier à ce sujet.
Ils avaient ensuite joué aux cartes et ri du côté légèrement mauvaise perdante d'Hermione. Elle avait d'abord essayé de se défendre en expliquant que c'était un nouveau jeu pour elle dont elle ne maîtrisait pas encore bien les règles, avant d'oublier tous ses arguments dès la première partie qu'elle avait gagnée. Là, finalement, il n'était plus question d'être débutante ou non.
Et enfin, ils avaient longuement discuté de tout et de rien autour d'une vodka glacée délicieuse. Naran l'avait ramenée d'un voyage en Russie et ne la sortait que pour les invités qu'il jugeait dignes de pouvoir la boire. Distillée avec du miel, des cerises et des feuilles de framboisier, cette vodka extrêmement parfumée et sucrée pouvait être un piège pour les non-initiés.
Et bien qu'ils n'avaient bu que deux verres, Hermione et Charlie rentrèrent à la maison en titubant et en s'accrochant à tout ce qui leur tombait sous la main.
Charlie avait encore une part de lucidité, et il semblait bien qu'Hermione aussi, mais leur perception de leur environnement était, elle, un peu floue.
- Quelle traîtresse, cette vodka ! lança Hermione en refermant la porte derrière elle avant de s'y adosser. C'est doux, c'est sucré, c'est très bon, on ne sent presque pas l'alcool… et au bout de deux verres on se retrouve à voir des éléphants roses !
Elle pouffa avant de glisser difficilement jusqu'au canapé.
- J'aimerais te dire qu'on s'y habitue et qu'après l'avoir goûtée une fois on est plus prudents… mais non.
Charlie sortit deux bouteilles d'eau du frigo et en donna une à Hermione. Il en but une longue gorgée qui lui fit énormément de bien. Son esprit était toujours brumeux malgré tout, alors il se laissa tomber juste à côté d'Hermione dans le canapé.
- En tout cas, avec ou sans la vodka, j'ai passé un très bon moment. Merci de m'avoir invitée, dit-elle en tournant sa tête vers lui pour lui sourire.
Charlie ne put que constater la légère ivresse dans son regard. Ses yeux étaient brillants et son sourire un peu niais. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de la trouver jolie. C'était une remarque qu'il ne s'était encore jamais faite alors que, pourtant, elle avait la même tête que les autres jours. Mais là, cela lui sautait aux yeux.
- Avec plaisir, c'était une super soirée.
Il lui renvoya son sourire et ils restèrent ainsi un moment, leurs regards accrochés.
Hermione avait de toutes petites taches de rousseur sur les ailes de son nez. Elles s'étalaient sur ses pommettes, se faisant de plus en plus éparses, jusqu'à un grain de beauté en-dessous de son sourcil gauche.
Perdu dans la contemplation de son visage, Charlie n'avait pas réalisé à quel point ils étaient proches. Il s'en rendit compte quand il fut capable de sentir le souffle d'Hermione contre ses propres joues.
Le salon était si calme qu'il aurait pu jurer pouvoir entendre les battements de son cœur dans sa poitrine.
C'était comme si le temps s'était arrêté. Comme si soutenir le regard de l'autre était la seule chose qu'il leur restait à faire.
Ce petit moment de flottement s'éternisa. Il dura jusqu'à ce que Charlie sorte tout seul de sa bulle, surpris par ses propres pensées quand ses yeux avaient quitté ceux d'Hermione pour se poser sur ses lèvres.
- Je… Je vais aller me coucher. Il se fait tard et… Hum. Bonne nuit, Hermione.
- Bonne nuit, Charlie, murmura-t-elle avant qu'il ne quitte le canapé.
Elle se leva elle aussi, sa bouteille d'eau en main, et se dirigea jusqu'à sa chambre.
Sa main serrant la poignée de sa porte, Charlie se risqua à lui adresser un dernier regard avant qu'ils ne se séparent pour la nuit.
Hermione semblait tout aussi déboussolée que lui.
Tadaa !
Comment ça, je suis pas cool ? Comment ça, vous auriez voulu qu'ils s'embrassent ? (a). Attendez, chaque chose en son temps.
D'abord, la légende. La fameuse légende qui drive l'histoire depuis le début. Qu'est-ce que vous en avez pensé ? C'est une légende qui existe réellement dans la culture mongole. Je ne l'ai pas inventée, seulement retravaillée pour qu'elle colle à l'histoire. J'ai hâte d'avoir votre avis !
Puis la fin du chapitre... Vous comprenez pourquoi je l'aime bien ? Je ne les voyais pas s'embrasser pour de bon, mais le climant ambiant était clairement propice à un rapprochement.
Du love pour vous, à mercredi !
