Le premier à ouvrir les yeux fut Zoro. La bombe que Kuma avait lâché avait été d'une puissance telle qu'il avait véritablement cru que c'était la fin.
Pour autant, bien que vivant, il était loin d'être en forme. Un sifflement strident emplissait ses oreilles, et sa vision était floue. Il avait du mal à reprendre sa respiration, et il sentait une douleur atroce à son épaule droite.
Malgré tout, il se força à se redresser, puisant dans les dernières forces qui lui restait. Le sifflement s'atténua légèrement, assez pour qu'il puisse entendre les pas du corsaire, non loin de lui. Luffy. Son capitaine ne devait pas être loin, et le géant voulait sa tête, il n'avait pas une minute à perdre. Se faisant violence, il parvint à se mettre debout, cherchant des yeux l'imposante silhouette du tyran, qu'il repéra bien vite.
Il le vit, debout devant Luffy, encore inconscient, et il se mit à courir vers eux tandis que le shishibukai saisissait son capitaine par la veste. Il dégaina un de ses sabres et bondit, frappant sa lame du plus fort qu'il le put sur le torse de Kuma.
Cette fois, il parvint à le toucher, malheureusement, ce qu'il vit anéanti tout espoir de se réjouir. Le tissus s'était écarté à l'endroit où il avait tranché, dévoilant une carrure de métal là où aurait dû se trouver de la chair.
« Qu'est-ce que... ? Un cyborg ? » marmonna-t-il, sentant ses derniers espoirs se faire la malle.
Le géant se tourna vers lui, ouvrant la bouche en grand. Un puissant rayon en sortit, et le sabreur parvint à esquiver, néanmoins violemment propulsé par l'onde de choc.
Il parvint au prix de gros efforts à se hisser sur ses genoux, faisant face au corsaire. Ses poumons étaient en feu et sa vision se troublait de plus en plus. A tout moment, il savait que son corps allait lâcher.
A l'endroit où il s'était trouvé quelques seconde plus tôt, un morceau de métal chauffé à blanc se ratatinait sur lui même après que le rayon ne l'ai atteint, et le vert fut heureux d'avoir pu échapper a la puissance destructrice du laser.
« Un cyborg ? Repris Kuma, sa voix toujours aussi calme. Presque. Je suis un Pacifista. Précisa-t-il. Une arme humaine créée par le docteur Végapunk pour le gouvernement mondial. »
Cette fois, c'était évident. Dans l'état où il se trouvait, Zoro était parfaitement conscient qu'il ne pouvait plus rien faire pour vaincre l'homme qui lui faisait face. Seulement, la vie de son capitaine était en jeu, et il ne pouvait se résoudre à le voir mourir sous ses yeux. Luffy lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises, et tant que son cœur battait encore, il essayerai de le sauver, quitte à y laisser sa peau.
« Tu dois obligatoirement prendre la tête de Luffy ? Tenta-t-il, haletant.
- C'est la plus grande concession que je puisse faire. Répondit le shishibukai.
- S'il te faut une tête, commença le sabreur, prends la mienne à la place. »
Il se baissa jusqu'à ce que son crâne touche le sol, suppliant non pas pour sa vie mais pour celle de son capitaine. Pour la sienne, jamais il n'aurait même demandé, il aurait accepté la sentence, sans broncher, mais pour que son capitaine continue de vivre, il pouvait mettre sa fierté de côté sans hésiter une seconde, et donner le maximum qu'il pouvait offrir si c'était suffisant : sa propre existence.
« Je t'en supplie ! » cria-t-il, fissurant le masque d'impassibilité de Kuma, qui le fixa avec de grand yeux.
Le géant était impressionné par la détermination du vert, et se faire implorer de la sorte par un homme qu'il savait très puissant suffisait à le faire réfléchir.
Pouvait-il lui faire cette faveur ? Prendre sa tête à la place de celle du chapeau de paille ?
« Qu'en est-il de tes ambitions, bretteur de mes deux ? » entendirent-ils. Sortant de derrière un amas de roches à moitié désintégrées, Sanji vint se planter entre le corsaire Zoro.
« Plutôt que la tête du marimo, prends la mienne. » Offrit-il.
Le sabreur serrait les dents. Il était le second de l'équipage, et s'il ne pouvait sauver tout le monde tout de son vivant, alors son devoir était de se sacrifier. Et voilà que le blond venait, encore une fois, s'interposer.
Malgré toutes leurs disputes, il tenait à Sanji autant qu'aux autres, et jamais il ne l'aurait laissé se sacrifier à sa place.
Le cuistot tremblait de tous ses membres, et le vert comprit que ne serait-ce que se tenir debout lui demandait un effort considérable. A tout moment, il menaçait de s'effondrer, ce n'était qu'une question de minutes pour que ses jambes ne cessent de le porter.
Le blond, quant à lui, était prêt à se sacrifier. La culpabilité d'avoir amené ses compagnons à cette situation le rongeait bien plus qu'elle n'aurait dû. Il était un espion à la solde du gouvernement mondial, un marine, et pourtant, à cet instant, il se souciait de ces pirates bien plus que de l'ordre du monde. Si sa tête pouvait leur permettre de repartir sains et saufs pour continuer leurs aventures, alors il leur offrirait. Après tout, s'il était mort, il n'aurait de comptes à rendre à personne, et ses amis ignoreraient jusqu'au bout qui il était réellement. Il se souvint des mots du sabreur, quelques semaines auparavant. Une famille. Finalement, peut-être avait-il raison. Peut-être le sang qui coulait dans ses veines n'avait aucune importance comparé aux sentiments qu'il partageait avec l'équipage ?
Il sera ses poings dans ses poches, plantant ses ongles dans ses paumes pour se maintenant conscient.
« Tu salueras les autres de ma part, demanda Sanji, tandis que Zoro se relevait, se dirigeant vers lui. On dirait que vous allez devoir trouver un autre cuistot. » plaisanta-t-il, serrant les dents.
Sans prévenir, le sabreur lui assena un coup de garde puissant dans le flan, réduisant les dernières forces du cuisinier à néant.
Il se retourna, les yeux écarquillés, s'agrippant à l'épaule du sabreur alors qu'il se sentait partir, un voile noir brouillant doucement sa vue. Il planta son regard dans celui du sabreur, et y vit de la détermination et de la résignation. Il glissa lentement vers le sol, alors que la main posé sur l'épaule du vert glissa lentement le long de son bras. Il essaya de s'agripper, de tenir encore un peu, mais Zoro n'y était pas allé de main morte, et la douleur accumulée était trop intense.
Sa main glissait sur le bras du sabreur en même temps que lui coulait vers le sol, engloutit par la gravité. Il parvint a tenir brièvement la main du sabreur, l'implorant du regard, avant de s'écrouler pour de bon.
Zoro pouvait encore sentir le chemin qu'avait parcouru la main du cuisinier sur lui. L'intensité du regard qu'il avait posé sur lui pouvait remplacer mille mots. Il y avait lu du désespoir, de la tristesse, et semblait-il, du regret.
Le vert jeta ses sabres devant lui, aux pieds de Kuma, qui n'avait pas bronché, évaluant mentalement toutes les possibilités.
Le shishibukai ne pouvait pas rester de marbre face à une telle détermination, une telle loyauté. Cet homme avait des valeurs qu'une poignée seulement de personnes pouvait se vanter d'avoir sur cette terre, et n'en déplaise à ses supérieurs, il méritait une concession à la hauteur de la dévotion.
« Si je touche au chapeau de paille après ça, c'est moi qui perdrait mon honneur. » Déclara-t-il, décidé.
Le géant se pencha sur son capitaine et le prit dans une main.
« Fais-moi confiance, je tiendrais ma promesse. » rassura-t-il Zoro, qui le laissa faire.
Il amena son autre main devant Luffy, et sans qu'il ne le touche, une bulle semblable à la bombe du géant s'échappa doucement du corps de son capitaine, seulement, celle-ci était écarlate.
« Ce que j'ai extrait de son corps est la souffrance et la fatigue qu'il a accumulé lors de tous ses combats. Si tu veux à ce point prendre sa place, la voici. Expliqua-t-il. Au vu de ton état, tu n'y survivras pas. Prends en un peu. » Proposa-t-il, séparant une bulle d'air de la taille d'une main de la grosse, et l'envoyant dans sa direction.
Zoro se prépara, ignorant qu'elle quantité cela pouvait représenter. S'il pouvait encore espérer, il souhaitait ne pas mourir après cette simple bulle.
Il la regarda s'avancer vers lui, et elle pénétra dans son torse. La douleur qu'il ressentit était incomparable. Il poussa un hurlement déchirant. C'était comme s'il était plongé dans le cœur d'un volcan, en même temps que des centaines de géants le piétinaient. Il ne voyait plus rien, aveuglé par la souffrance, qui lui sembla durer des heures.
Il s'écrasa au sol, à plat ventre, et fit un effort pour se jeter sur le dos, tentant de reprendre son souffle. Il avait l'impression que ses poumons avaient étés hachés. S'il avait pu choisir, il se serait tranché la gorge lui même dans la seconde, mais ses bras lui donnait l'impression d'imploser et il ne parvenait pas à les bouger ne serait-ce que d'un millimètre.
Au bout de quelques minutes, il réussit à reprendre ses esprits.
« Alors, comment c'était ? S'enquit Kuma avec une réelle curiosité, teintée tout de fois d'un léger sadisme.
- Laisse moi juste choisir l'endroit. » parvint à articuler Zoro.
Il était foutu, c'était certain, et il préférait que ses amis ne découvrent pas tout de suite son cadavre à leur réveil. Ils s'éloignèrent suffisamment, trouvant un endroit désert.
Le vert était à présent face à sa fin. Il ne préférait pas imaginer ce qu'il ressentirait lorsque son corps absorberait la bulle entière, de toute façon, il était certainement incapable de ne serait-ce qu'envisager une douleur aussi intense.
La taille de la boule justifiait le fait qu'il se sacrifie pour son capitaine. Si ce dernier était capable d'endurer de telles souffrances sans broncher, et trouvant encore le moyen de souffrir, alors il ne faisait plus aucun doute qu'il allait réaliser son rêve. Il était en train de sauver le futur roi des pirates.
Alors, sans plus se laisser le temps de réfléchir, il plongea ses deux bras dans la bulle couleur de sang.
Petit à petit, les pirates émergèrent. Malgré de nombreux blessés, il n'y eu pas de mort à dénombrer du côté des pirates Rolling, et les membres de l'équipage au chapeau de paille présents ici allaient relativement bien également.
Ils s'étaient regroupés autour de Luffy, qui avait enfin ouvert les yeux et sautait dans tous les sens.
« Je pète la forme ! S'exclama-t-il en sautillant dans tous les sens, sous les yeux ébahis de Chopper, qui n'en croyait pas ses yeux.
- Arrête de mentir ! Le sermonna Ussop. C'est impossible que tu ailles bien après tous les coups que tu t'es pris ! »
Entendant les cris de joie de son capitaine, Sanji se réveilla à son tour, sursautant. Directement, il regarda tout autour de lui, cherchant des yeux le sabreur, une boule énorme lui comprimant l'estomac de plus en plus fort alors qu'il ne le voyait pas.
Il se leva, et vit les sabres de Zoro à terre, non loin de lui, ce qui ne le rassura pas le moins du monde. D'aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, il n'avait jamais vu le bretteur se séparer de plus de dix mètres de ses sabres, et les voir ainsi au sol ne présageait rien de bon.
Son cœur loupa un battement avant d'accélérer follement, tandis qu'il se mit à courir en direction de la forêt.
Escaladant et sautant par dessus les roches détruites, il ne fit même pas attention à la douleur qui comprimait sa jambe.
Enfin, il le vit, debout au milieu des décombres, et se dirigea vers lui, ralentissant son allure.
« Tu m'as foutu la trouille, abruti de marimo. Où est passé le shis... ? » Il laissa sa phrase en suspend.
Zoro était couvert de sang de la tête aux pieds, dégoulinant, et au sol, une marre s'était formée, recouvrant un large périmètre. Le blond sentit sa tête tourner. Il était impossible qu'un seul homme ne perde tout ce sang sans y laisser la vie.
« Oï, qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Cria-t-il, se retenant pour ne pas secouer le sabreur.
- A-Absolument... Rien. » Bredouilla le blessé, gardant les bras fermement croisés sur son torse. En réalité, il lui était impossible de les décroiser, le moindre centimètre de son corps lui donnait l'impression de se consumer de l'intérieur.
Sanji couru chercher le médecin de l'équipage, les yeux embués. Il ne pouvait pas survivre après avoir perdu autant de sang, personne ne le pouvait, et la culpabilité lui rongeait les entrailles.
Chopper accouru aussitôt qu'il vit le cuisinier, et s'empressa d'anesthésier le bretteur afin de lui prodiguer les premiers soins. Alors que Franky aida le rêne à déplacer leur compagnon avec d'infinies précautions, Ussop préparait un lit dans le manoir pour accueillir le sabreur, trop mal en point pour qu'ils ne l'apportent jusqu'au Sunny.
Le jeune médecin courrait dans tous les sens, prit de frénésie. Il le perfusa aussitôt qu'il fut allongé, avant de commencer à découper les lambeaux de tissus qui étaient restés accrochés au sabreur – vestiges à peine identifiables de ses vêtements, collés par le sang séché sur sa peau. Avec toute la délicatesse dont il fut capable, il nettoya les plaies du sabreur et referma celles qui le nécessitaient, soit presque la totalité. Enfin, après avoir écouté son cœur, qui battait doucement mais régulièrement, il put souffler un peu. Il apporta une nouvelle poche de sang à transfuser, l'autre étant déjà presque vide. Le sol était jonché de compresses souillées, de morceau de tissus et de seringues vides, qu'Ussop ramassait au fur et à mesure pour soulager Chopper, qui avait déjà beaucoup à faire. Ce dernier finit par appliquer de l'onguent sur les blessures de Zoro avant de l'entourer de bandages.
« Il va s'en sortir ? Lui demanda Ussop, pendu aux lèvres de son ami. Aussitôt, l'équipage jusque là resté en retrait s'avança comme un seul homme pour entendre la réponse du médecin.
- Je ne sais pas. Affirma le rêne, l'air grave, les larmes lui montant aussitôt aux yeux. Je ne l'ai jamais vu dans cet état, je vais faire tout ce que je peux. Zoro est robuste, mais aujourd'hui je ne suis pas sûre que ça suffise. Expliqua le rêne, frustré de ne pas pouvoir faire plus pour le vert.
- Il va s'en sortir. Affirma le capitaine avec un grand sourire. Je le sais. » son enthousiasme leur mis à tous du baume au cœur.
Néanmoins, malgré l'espoir qu'il avait, Chopper essayait le plus possible de rester objectif. Il avait vu Zoro subir des blessures qui auraient tué n'importe quel être humain normal, mais cette fois, il lui semblait que le sabreur avait enduré milles sévices pendant que l'équipage était évanoui à cause de l'explosion.
« Je me demande ce qui a bien pu se passer pendant que nous étions endormis. S'interrogea Robin à voix haute.
- Surtout que le shishibukai a disparu, peut-être qu'il s'est battu avec ? Envisagea Nami.
- Et ça n'explique pas pourquoi je suis aussi en forme ! Ajouta Luffy, tout sourire.
- Nous on sais ce qu'il s'est passé ! » Crièrent deux voix, derrière eux.
L'équipage se tourna vers les deux hommes, deux membres de l'équipage des pirates Rolling. Aussitôt, Sanji se dirigea vers eux et les cueillis, les obligeant à le suivre à l'extérieur, sans un mot, sous les regards étonnés de ses amis, qui reprirent leur conversation comme si de rien était. Après tout, c'était lui qui avait découvert Zoro, et peut-être était il encore sous le choc, ainsi, son comportement n'alarma pas particulièrement les pirates au chapeau de paille.
Dehors, le cuisinier s'alluma une cigarette. Les deux hommes attendaient patiemment qu'il parle en premier.
« Que s'est-il passé, après que je sois tombé dans les pommes ? » Demanda-t-il.
Les deux pirates lui expliquèrent ce à quoi ils avaient assistés dans les moindres détails.
Une fois leur récit terminé, le cuistot prit de nouveau la parole.
« - Ne dites rien de ce que vous avez vu. Dit-il d'un ton sans appel.
- Mais, ce qu'il a fait est héroïque ! S'insurgea l'un des deux.
- Il faut que tout le monde soit au courant ! Répliqua le second. On lui doit tous la vie ! Se justifia-t-il, l'autre hochant frénétiquement la tête pour montrer son accord.
- Et toi aussi d'ailleurs, tu as été classe quand tu as proposé de te sacrifier à sa place ! Ajouta-t-il.
- Le marimo n'a pas fait ça pour qu'on lui soit redevable. Expliqua Sanji. Comment pensez-vous que Luffy et les autres réagiront quand ils comprendront à quelle souffrance il a été confronté ?
- Oh... soufflèrent-ils en cœur, comprenant peu à peu.
- Je vois, acquiesça l'un, on ne dira rien.
- Bien. L'important, c'est que tout le monde aille bien. Continua le blond, écrasant sa clope par terre. Allons manger, maintenant. » Dit-il, retournant à l'intérieur du manoir à moitié en ruines.
Sur le dos d'un des deux témoins, une oreille se volatilisa en une gerbe de pétales de cerisiers.
Sanji demanda au cyborg de l'accompagner jusqu'au navire pour récupérer le maximum de provisions, les pirates Rolling l'ayant supplié pour manger à l'extérieur, ravis de pouvoir profiter du soleil après des années passées à le craindre.
La préparation du repas lui occupa l'esprit pendant quelques heures, pas suffisamment en revanche pour que des pensées parasites ne le perturbe régulièrement.
Il fallait impérativement qu'il trouve un moment pour téléphoner à ses supérieurs. Prétextant avoir oublié des flacons d'épices sur le navire, il s'y rendit, seul cette fois.
Une fois monté à bord, il s'empressa de se rendre dans la cuisine, ouvrant le tiroir derrière lequel était caché l'appareil un peu trop rapidement, il manqua de le décrocher de ses rails.
Il empoigna l'escargophone et déchira brutalement le scotch qui le retenait avant d'appuyer directement sur sa tête pour lancer l'appel.
« Buru buru buru buru. Buru buru buru buru. Buru buru buru buru. »
Le cuistot serrait les poings, nerveux. D'habitude, il n'avait pas besoin d'attendre si longtemps avant que quelqu'un ne décroche. Finalement, après plusieurs minutes de sonnerie, quelqu'un répondit.
« Base. J'écoute.
- Ici jambe noire, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Demanda aussitôt le blond, se retenant pour ne pas hurler.
- …... De quoi parlez-vous ? »
La voix était calme mais empreinte d'une certaine menace. Sanji fit un effort pour se canaliser, respirant lentement.
« Le deuxième corsaire que vous avez envoyé sur Thriller Bark, cracha-t-il, qu'est-ce que ça veut dire ? Réclama-t-il sans tourner autour du pot.
- Nous l'avons envoyé en prévision. Les expériences menées par le Dr Hogback étaient importantes pour certains projets du gouvernement, et bien que Gecko Moria soit quelqu'un de puissant, les informations que vous nous avez transmis depuis que vous êtes infiltré parmi les chapeaux de paille nous ont convaincu d'envoyer Bartholomeo Kuma, au cas où la situation tournerai mal. Il s'avère que nous avons fait le bon choix. En revanche, je ne peux pas en dire autant de vous, Kuroashi. Kuma nous a rapporté votre comportement pour le moins étrange, expliquez-vous. » Réclama la voix avec une extrême froideur.
Le sang de Sanji se glaça. L'homme avait raison, il n'avait aucun droit d'exiger des explications sur les agissements de ses supérieurs, d'autant plus que le but même de sa mission était de garder un œil sur l'équipage pour pouvoir les stopper le jour où ils deviendraient trop gênants. Aussi, vouloir offrir sa tête à la place de celle du sabreur dans l'objectif d'épargner tout le monde pouvait être perçu comme une rébellion, et même comme une trahison.
« Je... J'ai été pris de court, bégaya-t-il, cherchant un moyen de se justifier. Je pensais que Kuma agissait de son propre chef, et qu'il allait me tuer aussi. Tenta-t-il, espérant que cette raison bancale suffirait à le blanchir. Après un silence qui lui parut interminable, la voix reprit.
- Nous passons l'éponge pour cette fois ci. En revanche, gardez à l'esprit que tôt ou tard, ces pirates mourront. Si vous ne vous sentez plus capable de continuer cette mission, nous prendrons les dispositions nécessaires. » trancha-t-il avant de raccrocher au nez du cuistot, qui n'eut pas le temps de placer un mot de plus.
Sanji tremblait de rage, et eu du mal a ranger correctement le Smashi à son emplacement, s'y reprenant à plusieurs fois avant de réussir à le scotcher. Il prit quelques flacons d'épices pour se servir d'alibi et retourna au manoir pour continuer à cuisiner.
Il pensait que cette discussion le soulagerait, mais de toute évidence il se sentait encore plus mal. Avait-il vraiment osé espérer que ses supérieurs s'excuseraient ? Mais de quoi ? De faire leur boulot ? D'avoir voulu tuer les ennemis du gouvernement sans lui en parler ? Il n'était personne pour exiger quoi que ce soit. Aux yeux de la marine, il n'était rien, et son impuissance le frustrait.
D'ailleurs, pourquoi se sentait-il à ce point désemparé ? A cause du corsaire envoyé par ses supérieurs ? Parce que l'équipage entier avait failli être exterminé ? Ou peut-être parce que le sabreur était entre la vie et la mort ?
Heureusement, l'arrivée de son capitaine lui permis de penser à autre chose.
« SANJIIIIIIIIIIIIIIII ! J'AI FAIM ! Hurla-t-il en se précipitant sur lui, sautant sur son dos et l'entourant plusieurs fois de ses jambes élastiques.
- Luffy, lâches-moi je n'en ai plus pour longtemps ! » Rigola-t-il, tentant de se dégager de l'étreinte du brun.
Il aurait tout le temps de mettre ses idées au clair plus tard, quand tous se seraient remis de ces quelques jours éreintants.
Et voici donc le 5e chapitre ! N'hésitez pas à me laisser vos avis, ça m'aide à m'améliorer et à continuer ;)
A bientôt !
