Note : Je me trouve particulièrement inspirée et motivée ces temps-ci alors écoutez... Je vous en fait profiter =)
Chapitre 6 : Cavalières
Hao retourna rendre visite à Tamao le mercredi après-midi. C'était un temps qu'il lui avait réservé, après tout.
Elle était réveillée quand il entra dans l'infirmerie, absorbée dans son manuel de Défense Contre les Forces du Mal. Elle se tourna vers lui en l'entendant approcher, s'empourpra en l'apercevant et détourna la tête pour éviter son regard. Ses jambes s'agitaient nerveusement sous les draps quand il s'assit à côté d'elle.
— Bonjour Tamao, comment vas-tu ?
Elle déglutit sans répondre, ce qui amusa Hao.
— Allons, fit-il, après cette nuit, ne me dis pas que tu joues encore les timides.
Il se sentait d'humeur joueuse et voir Tamao se tortiller de gêne avait un côté très satisfaisant. Il se glissa dans ses pensées et y trouva une bonne dose d'embarras, mais ce n'était pas ce qu'il cherchait.
Images et bruits du futur étaient encore bien présents, en fond, fatiguant son esprit et grignotant sa concentration.
— Merci.
Les mots ne semblaient pas difficiles. Ce qui l'était, c'était de soutenir son regard, ce qu'elle évitait soigneusement.
— Pour ? demanda-t-il en feignant l'ignorance.
Il avait vraiment envie de l'embêter. Peut-être pour lui faire payer cette nuit fort peu agréable ; surtout pour lui faire passer l'envie de recommencer.
— Pour… pour avoir… cette nuit…
Les mots étaient bloqués mais Hao n'insista pas.
— Ah, seulement pour ça, lâcha-t-il d'un ton dégagé. Moi qui pensais que tu étais heureuse que je te rende visite.
Tamao se trémoussa, mal à l'aise.
— Je te suis aussi reconnaissante pour ça, murmura-t-elle, toujours sans le regarder.
Hao attrapa le manuel que Tamao avait posé sur ses genoux et jeta un œil au chapitre qu'elle était en train d'étudier.
— Quand pourrais-je sortir ?
Cette fois-ci, les mots s'étaient échappés avant qu'elle n'ait pu les retenir. Elle voulait sortir, retourner en cours, reprendre une vie normale. Surtout, elle en avait assez de tenir le lit et de passer ses journées et ses nuits à dormir.
— Combien de temps réussis-tu à rester éveillée ? demanda simplement Hao.
Il avait dit à Faust qu'elle ne devait pas retourner en cours cette semaine. Cependant le guérisseur n'était pas acquis à sa cause et il se demandait si, sous les supplications de Tamao, il pourrait se laisser fléchir. Après tout, il ne savait pas de quels maux elle souffrait et la jeune fille savait prendre sur elle et dissimuler la douleur.
Tamao ne répondit pas à sa question. Pas à voix haute.
— Une heure ? releva-t-il. Comment penses-tu pouvoir tenir ne serait-ce qu'une demi-matinée sans t'effondrer ?
— Ne lis pas dans mes pensées, s'il te plaît, souffla-t-elle sans contester.
Hao préféra ignorer sa demande.
— Si tu souhaites te dégourdir les jambes, tu peux toujours faire le tour de la pièce, déclara-t-il théâtralement en désignant les autres lits du bras. Ainsi, quand tu quitteras les lieux en en connaissant les moindres recoins, tu n'auras plus de raison de vouloir revenir.
Nouvelles rougeurs sur les joues de Tamao.
— Je l'ai déjà fait, répliqua-t-elle doucement.
Petite Tamao était-elle en train de lui tenir tête ? Dans cette situation ?
— Je prends du retard sur mes cours, argumenta-t-elle.
Hao sentit les commissures de ses lèvres s'étirer.
— C'est pour cela que je suis là, pour t'aider à pallier ce retard, sourit-il en lui rendant son manuel de DFCM.
Il endossa ensuite son rôle de professeur particulier le temps d'une courte demi-heure pour l'aider avec les cours qu'elle avait manqué ces derniers jours. Ses condisciples lui avaient prêté leurs notes pour qu'elle les lise dans les moments où elle se sentait un peu mieux, mais cela restait très confus pour Tamao. Elle avait du mal à en dégager les points essentiels, or Hao pouvait se charger de cela pour elle.
Jeanne arriva ensuite, fraîchement débarquée de son cours de vol, et poussa un soupir dépité en le découvrant auprès de sa chère Tamao. Elle n'était même pas surprise de le trouver là.
Leur patiente pour sa part commençait à fatiguer, les visions venant se bousculer plus présentement dans son esprit, prenant le pas sur le reste.
— Je crains avoir déjà profité de toute l'énergie que Tamao pouvait fournir, il va être temps pour elle de se rendormir, nargua-t-il la petite Gryffondor.
— Comment te sens-tu, Tamao ? demanda-t-elle à cette dernière d'une voix soucieuse en l'ignorant.
— Ça va, mentit celle-ci en se forçant à sourire.
Mais Jeanne l'avait compris alors Hao ne commenta pas. Cependant, il n'était pas dans ses habitudes de se laisser ignorer.
— Tu tombes bien Jeanne, j'avais une question pour toi, annonça-t-il.
Elle se tendit et lui jeta un regard suspicieux. Lui se contenta de lui retourner un beau sourire.
— Tu as déjà invité Tamao pour le bal ou pas encore ?
Les deux filles sursautèrent, prises au dépourvu.
— Invité ? Comment ça ? demanda petite Jeanne, toute perdue.
— Eh bien, invité à être ta partenaire, expliqua négligemment Hao. Tu ne veux pas y aller avec elle ? Danser avec elle ?
Jeanne rougit jusqu'à la pointe des oreilles, ce qui n'était pas commun.
Comme elle ne répondait pas, il s'insinua dans son esprit sans se départir de son sourire.
Elle était mortifiée, évidemment. Mortifiée de ne pas avoir penser qu'elle pouvait être la cavalière de Tamao. Mortifiée de ne pas avoir penser que, même si elle était encore trop petite pour participer au bal, rien ne l'empêchait de prendre l'initiative d'inviter cette dernière.
— Si ce n'est pas déjà fait, ce serait le moment, non ? Autrement quelqu'un pourrait te la piquer, s'amusa-t-il.
Il avait entendu les rumeurs sur leurs cavaliers respectifs, mais il voulait en avoir confirmation à la source.
— Oh mais c'est déjà fait. Tu y vas avec Horokeu, c'est cela Tamao ? ajouta-t-il sans laisser à Jeanne le temps de répondre.
Des deux rumeurs, c'était celle à laquelle il accordait le plus de crédit. Après tout, il paraissait qu'ils y allaient « entre amis ».
Tamao hocha de la tête pour confirmer, toute gênée.
— Dans ce cas Jeanne, dois-je comprendre que tu ne vas pas pouvoir aller au bal ?
Il était prêt à l'inviter si c'était vraiment le cas. Ce serait une provocation délicieuse envers Beauxbâtons.
— J'y vais avec Ren Tao, répliqua-t-elle en se donnant des grands airs, ragaillardie par le fait de lui donner tort mais toujours contrite d'avoir manqué sa chance d'aller au bal avec Tamao.
Cette rumeur improbable était donc véridique.
— Un Serpentard ? releva-t-il en haussant les sourcils pour mimer la surprise. Et tu as accepté ?
— Tous les Serpentard ne sont pas de mauvaises personnes, s'agaça Jeanne.
— Tu prêches un convaincu, lui fit-il aimablement remarquer.
— Toi…
Jeanne hésita. Elle brûlait d'envie de lui dire que lui, justement, était une de ces mauvaises personnes qui nourrissait les mauvaises rumeurs sur sa maison. Mais elle ne le pouvait pas, pas maintenant. Pas après avoir reçu son aide sur cette affaire épineuse.
— Si tu avais pu, tu aurais invité Nichrom ? demanda Hao, faisant comme s'il n'avait rien entendu.
— Bien sûr que non ! contra immédiatement Jeanne.
Hao lui retourna un sourire goguenard auquel Jeanne répondit par un regard noir.
— Ça n'a rien à voir avec le fait qu'il soit à Serpentard, se fâcha-t-elle. D'ailleurs j'y vais avec Ren et Ren est un Serpentard.
Hao ne lui répondit que par un regard condescendant, attendant qu'elle ait compris qu'il se moquait d'elle avant de se lever pour partir.
— Hao…
C'était la petite voix de Tamao.
Il se retourna vers elle pour lui montrer qu'il l'écoutait mais elle n'ajouta rien. Son visage exprimait une profonde perplexité et ses pensées… Ses pensées se chamaillaient pour dégager des mots, une phrase, une façon de lui parler de la dette qu'elle avait contractée envers lui. Du prix à payer pour sa gentillesse.
— Tu as raison, Tamao, sourit-il, mon aide n'est jamais gratuite.
« Mais elle avait failli l'être » refusa-t-il de reconnaître.
— Je vais y réfléchir, la laissa-t-il mariner.
Il n'avait encore rien décidé et il ne voulait pas se presser.
— Réfléchir à quoi ? voulut savoir Jeanne.
Sa question était une exigence alors Hao se fit un devoir de lui répondre.
— Au prix à payer, lâcha-t-il tout en élargissant son sourire.
Il s'en retourna avec l'intention de partir quand, cette fois, il fut interrompu par Jeanne.
— Hao.
Elle se planta devant lui, la tête levée pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.
— C'est moi qui suis venue te chercher, c'est à moi de payer le prix, affirma-t-elle.
— Non !
Cri de Tamao. Qui gigote, qui n'est pas d'accord. Que leur confrontation visuelle dérange. Qui veut les interrompre.
— On en reparlera quand vous vous serez entendues sur le sujet, décida-t-il.
Jeanne ne le lâchait pas du regard mais il lui tourna le dos et, cette fois, put quitter l'infirmerie sans être retenu. Jeanne était bien décidée à être celle qui lui retournerait la faveur, Tamao à ne pas la laisser faire et, lui, à jouer avec elles. Cela promettait d'être amusant.
…
Lorsqu'il arriva dans la salle commune des Serpentard, Hao s'installa dans l'un des fauteuils les plus confortables et alluma un feu ronflant dans la cheminée sans y penser, faisant sursauter un groupe de première année. La pièce était plutôt calme malgré le nombre d'élèves présents ; les principaux éclats de voix provenant de Macchi qui était en train d'embêter un groupe d'élèves de sixième année.
— Mais va lui demander toi-même, on te dit qu'on ne sait pas, s'énervait Stebbins.
— Comment vous pouvez ne pas savoir alors que vous partagez le même dortoir ? répliqua Macchi.
— Toi t'es son binôme en cours de potions et tu ne sais pas non plus, argua un autre garçon du groupe.
— Je ne suis pas son binôme ! rétorqua aussitôt Macchi. Je partage juste sa paillasse avec Nacira et Horo-Horo.
— Ouais ben au prochain cours de potion t'auras qu'à lui demander, grogna Stebbins.
Hao fixa un moment le feu, devinant sans peine de quoi le groupe parlait. Après tout, Ren Tao était connu pour être inflexible, caractériel et sans cœur. Ses camarades de maison avaient donc été les premiers surpris d'apprendre qu'il avait fait le premier pas pour demander à une fille d'être sa cavalière.
C'était… inattendu, voire légèrement contrariant. Hao pensait que Tamao et Jeanne iraient au bal ensemble.
Le silence se fit et Hao leva les yeux de la cheminée. Ren venait de sortir des dortoirs, attirant l'attention du petit groupe de sixième année. Hao se leva, un sourire s'étirant sur ses lèvres.
— Ren.
Ce dernier se tendit et lui jeta un regard noir qui aurait découragé n'importe qui d'autre.
— J'ai appris que tu avais pris Jeanne comme cavalière pour le bal, c'est parce que Horo-Horo y va avec Tamao ?
Ren lui tourna le dos avec l'intention manifeste de l'ignorer mais Hao n'en avait pas fini.
— Ou bien… c'est parce que Horo-Horo voulait y aller avec Jeanne.
Cette fois le chinois fit volte-face et brandit sa baguette vers lui, ce qui fit éclater Hao de rire.
— Occupe-toi de tes affaires, pour changer ! cracha Ren.
— Mais ce sont mes affaires, lui répondit Hao, ravi d'avoir touché juste.
Regard mauvais de la part de Ren.
— Tout ce qui se passe dans cette école me concerne, rappela Hao sans se départir de son sourire.
Avant que quiconque ne croie qu'il se préoccupait de Jeanne.
Il dépassa Ren pour se rendre lui-même dans son dortoir, ignorant la baguette toujours tendue vers lui.
Peu importait en vérité avec qui les précieuses filles de Marco et Mikihisa iraient au bal. Il pourrait toujours leur voler une danse s'il le souhaitait et, le concernant, il avait déjà une cavalière prévue de longue date.
Note : Note de fin de chapitre exceptionnelle pour vous demander qui, d'après vous, sera la cavalière de Hao au bal ? Pour ceux qui veulent un peu d'aide et qui n'ont pas peur de tout relire depuis le début... vous verrez qu'en fait, vous le savez déjà !
