.

"Tu es en parfaite santé."

Je plissai les yeux vers le Docteur Carver. C'était clair qu'il était un putain d'amateur. "Comment pouvez-vous dire qu'il n'y a rien qui cloche chez moi ?"

Il croisa ses bras et m'observa attentivement au dessus de ses putain de lunettes ridicules. "Parce que c'est vrai. Tu n'as aucune blessure ni douleur, pas vrai?" Je hochai la tête avec impatience. "Ton coeur va bien, les résultats sanguins sont revenus négatifs et tes réflexes sont au top. Tout va très bien pour toi."

Alors pourquoi diable je me sens si bizarre tout le temps ? "Je vous ai dit que j'avais toujours cette sensation étrange à l'estomac. Vous ne devriez pas faire un examen complémentaire ou quelque chose à ce sujet ?" Nous avions tout ce putain d'équipement, pourquoi ne s'en servait-il pas pour s'assurer que je n'avais pas de problème médical effrayant ?

"Ça ressemble à du stress. Avec tout ce qu'il se passe, c'est parfaitement logique. Tu as la cérémonie du Heisman qui arrive et le match. Ce n'est pas étonnant que tu sois nerveux."

Nerveux ? Edward Cullen n'était pas nerveux. Où ce putain de crétin avait-il obtenu sa licence médicale, Université de Floride ? "Je ne suis pas nerveux." C'était le putain de point. Je n'étais nerveux pour rien, pas même pour ma relation avec Reed Girl. "C'est le problème. Je suis trop calme à propos de certaines choses pour lesquelles je ne devrais pas l'être."

Il me fixa comme si j'avais une deuxième tête. "Tu es trop calme ? En quoi cela est-il un problème médical ?"

"J'ai cette sensation bizarre de palpitation dans mon estomac et je ne sais pas pourquoi !" Je lançai mes mains en l'air. "Comment peut-il n'y avoir aucun problème avec moi ?"

Il marmonna quelque chose que je ne pus pas entendre mais j'avais le sentiment que ce n'était pas flatteur. "On dirait que c'est un problème mental plutôt que physique. Peut-être que tu devrais parler à un psychiatre."

Vraiment ? Cet abruti voulait que j'aille voir un putain de psy ? "C'est quoi ce bordel ? Vous pensez que je suis fou ?"

Il leva une main. "Non, je ne pense pas que tu sois fou. Je pense que tu es stressé et que ça se manifeste par cette sensation de flottement que tu prétends avoir. Ce n'est peut-être rien mais tu es peut-être au bord de la crise de panique."

Ce type était un putain de crétin. Je me poussai de la table d'examen et attrapai mes affaires. "Je ne panique pas, c'est ça le putain de problème. Vous ne comprenez vraiment pas." Et puis merde, j'allais parler à mon père. Lui, au moins, s'y connaissait en médecine et je savais qu'il était allé dans une vraie fac. Je parie que le Dr Carver était allé dans une école de médecine au Mexique ou ailleurs. Même l'Université de Floride était trop bien pour lui.

"Je peux te recommander un bon..." Il s'interrompit en voyant mon regard. "Eh bien, je suis ici si tu en as besoin. Viens me voir si tu commences à te sentir mal."

C'est vrai. Comme si j'allais m'en soucier. Il m'amputerait probablement le bras de lancer si j'avais mal à la tête ou une merde comme ça. Quel connard ! Je sortis en trombe de son bureau et quittai le stade. L'entraînement était terminé et je devais rentrer chez moi et préparer mes affaires pour New York. Je commençai à me diriger vers le parking mais je m'arrêtai quand j'entendis de la musique venant du terrain d'entraînement. Bon sang, oui, la fanfare était encore là. Je fis demi-tour et traversai le tunnel jusqu'au terrain de baseball. Ils étaient là.

Je m'appuyai contre la barrière pendant que le chef de la fanfare leur ordonnait de marcher de telle ou telle façon. Ils travaillaient sur quelque chose qui semblait familier. J'essayai de voir si je pouvais trouver Reed Girl à travers la masse de corps mais c'était impossible. Je n'avais aucune idée de l'endroit où se trouvaient les joueurs de hautbois. Ils se lancèrent dans une version à moitié décente de "We Are the Champions" et je souris. Peut-être qu'ils avaient prévu de jouer ça après qu'on ait gagné le titre national. Ce serait vraiment cool.

Le chef de la fanfare se plaignit d'un truc quelconque et décida finalement de mettre fin à la répétition. Je quittai ma place à côté de la barrière et cherchai Reed Girl pendant que les geeks de l'orchestre se dirigeaient tous vers la barrière opposée pour prendre leurs étuis et ranger leurs instruments. Je vis un cul très chaud et je sus à qui il appartenait, alors j'allai dans cette direction.

"Oh mon Dieu, c'est Edward Cullen. Salut, Edward !" Une nana agaçante avec une voix aiguë m'appelait. Je l'ignorai et gardai les yeux sur Reed Girl, qui avait dû entendre la nana crier à mon sujet parce qu'elle se releva et se retourna, son visage devenant rouge quand ses yeux se posèrent sur moi. C'était quoi ce bordel ?

Je souris et me dirigeai vers elle. Elle se retourna et dit quelque chose à une fille à lunettes à côté d'elle et prit une boîte d'instruments dans ses mains avant de se retourner et de me faire un sourire. Il n'atteignit pas ses yeux et je me demandai si elle était encore en colère contre moi. Pour quelle raison… je ne pouvais pas le deviner. "Edward, que fais-tu ici ? Je croyais que l'entraînement était terminé depuis une heure."

Je l'attirai à moi et elle vint de bon gré, enroulant ses bras autour de ma taille. Je l'embrassai avant tout car je n'avais pas pu le faire depuis tôt ce matin. Elle gémit et se fondit dans mon corps. Je rompis le baiser avant de pouvoir oublier que nous nous trouvions au milieu d'un groupe de geeks. "J'ai dû aller voir le docteur pour une connerie," réussis-je à dire sans ricaner, ce qui était un exploit en ce qui me concerne.

Reed Girl eut immédiatement l'air inquiet. "Tu vas bien ? Tu t'es fait mal aujourd'hui ? Qu'est-ce qui te fait mal ?" Elle fit courir ses mains sur moi, ce qui était putain de chaud mais je la calmai à contrecœur, prenant les deux mains dans les miennes.

"Tu ne peux pas me peloter ici, bébé, il y a trop de gens qui regardent."

Elle regarda autour d'elle, vit tous les yeux sur nous et rougit à nouveau. C'était trop mignon, putain. "Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu as dû voir le docteur ?"

Comme si j'allais lui dire que j'étais au bord de la crise de panique. Juste ce que toutes les filles voulaient… un petit-ami psychopathe. "Juste un check-up, chérie. Il m'a déclaré en parfaite santé." Parce que c'était un putain d'incompétent.

Elle eut l'air soulagé, ce qui était vraiment sympa. Personne ne s'était jamais inquiété pour moi avant, à part ma mère, bien sûr. "C'est bien," souffla-t-elle.

J'embrassai son nez et lui souris. "Je me dirigeais vers ma voiture quand j'ai entendu la musique, alors j'ai décidé de venir voir ma fille faire son truc."

Bella sembla devenir un peu pâle à mes paroles. "Et tu m'as vu?"

C'était quoi son problème ? Elle était un peu bizarre. "Pas vraiment. Je n'ai pas pu te trouver au milieu de tous les autres. Tu dois faire quelque chose pour te démarquer."

Reed Girl rit et cette fois son visage s'illumina. "Je vais voir ce que je peux faire."

"Bien." Je remarquai que le troupeau autour de nous se réduisait enfin, bien qu'il y ait encore pas mal de badauds, dont Quatre-Yeux à qui Bella avait parlé. "Tu veux aller chez moi et manger quelque chose ?" lui demandai-je avec un sourire suggestif. J'avais envie de manger quelque chose mais ce n'était pas de la nourriture. Enfin, pas seulement de la nourriture. En fait, j'avais une putain de faim aussi.

"Je ne sais pas..." Reed Girl regarda son amie puis revint à moi. "Donne-moi une seconde ?"

"Bien sûr," je haussai les épaules. Elle se dirigea vers Quatre-Yeux et discuta avec elle pendant quelques minutes tandis que je restais là et faisais semblant de ne pas remarquer tous les regards dirigés dans ma direction. Etait-ce si nouveau de me voir parmi eux ? Non pas que j'aurais daigné être ici si ce n'était pour Reed Girl. Quatre-Yeux essaya de rendre l'étui à musique à Reed Girl mais celle-ci secoua la tête, les cheveux bruns volant. La fille haussa les épaules et mit son sac à dos, portant un étui dans chaque main.

Reed Girl prit son propre sac et revint vers moi. "Où est ton instrument ?" demandia-je.

Elle rit et ça avait l'air bizarre, nerveux ou quelque chose comme ça. "J'ai demandé à Angela de le prendre pour moi. Elle me le rendra demain."

"Tu as acheté un nouvel étui ?" dis-je, parce que je m'étais rendu compte que l'étui qu'elle avait donné à Quatre Yeux était plus petit que celui que je lui avais volé. Reed Girl fit un bruit étranglé et soudain je sus ce que c'était. "Tu as toujours ce hautbois que ce connard du magasin de musique t'a prêté ? Pourquoi ?" exigeai-je.

"Je n'ai juste pas eu l'occasion de le rendre," murmura-t-elle, sans me regarder.

Je n'aimais pas du tout cette merde alors je m'arrêtai et inclinai son visage vers le mien. "Y a-t-il quelque chose que je dois savoir ? Tu n'aimes pas ce type, n'est-ce pas ?" Putain, c'était inconcevable. Et ça me rendit malade. Peut-être que je devrais y retourner et demander au docteur débile de refaire ses putains de tests. J'avais l'impression que je pourrais ne pas les réussir haut la main maintenant. J'avais l'impression de ne pas pouvoir respirer.

Les mains de Reed Girl vinrent se poser sur mon visage et elle me fixa dans les yeux. "Non, Edward, bien sûr que je n'aime pas Jacob." Une partie de la pression qui s'était accumulée dans ma poitrine diminua à ses mots et à l'expression de son visage quand elle les dit. "Les choses ont juste été insensées et j'ai passé tout mon temps libre avec toi, ce qui est bien mieux que d'aller dans un stupide magasin de musique, non ?"

Elle marquait un point là. Pourtant, elle me cachait quelque chose. Je n'étais juste pas sûr de ce que c'était. "Tu es sûre qu'il n'y a pas quelque chose que je devrais savoir ?"

Ses yeux s'écarquillèrent un peu et elle secoua la tête. La lumière de la rue l'illuminait et elle était incroyablement belle. "Je te jure, il n'y a rien entre Jacob et moi. Il n'y aurait rien même si tu n'étais pas dans le tableau, d'accord ?"

C'était trop fou pour même l'envisager, vraiment. Comme si quelqu'un voulait me tromper avec un looser comme lui ? Non, j'avais juste laissé les propos insensés du docteur m'embrouiller l'esprit et j'avais un peu paniqué. J'avais besoin de me calmer avant le match. Peu importe ce qui m'arrivait, il fallait que ça se calme d'ici là.

Je la scrutai pendant une minute et elle me rendit mon regard avant de se lever sur ses orteils et de me rouler une pelle. Je l'attirai plus près de moi et oubliai les crises de panique, les geeks de la fanfare et les minables du magasin de musique pour laisser ma copine tout emporter. Mes mains descendirent dans son dos pour serrer ses fesses et elle rit en se reculant. "Et si on gardait ça pour quand on sera dans ta chambre ?"

C'était logique. Je pris sa main dans la mienne et la conduisis à ma voiture, lui ouvrant la portière et l'aidant à y entrer avant de passer de mon côté. Après être monté et avoir démarré, je repris sa main dans la mienne parce qu'elle était là et que j'avais besoin de la toucher.

"Tu as parlé à ton frère ?" demanda Reed Girl alors que je sortais du parking.

Comme si ce connard pouvait se soucier de moi maintenant qu'il était avec Blondie. "Pas un mot. Tu es plus susceptible de l'avoir vu que moi." Il avait pris les clés que j'avais laissées hier soir, donc il avait récupéré sa voiture. Ça, je le savais.

Elle rigola. "Je n'ai vu Rose qu'une fois et elle avait l'air beaucoup mieux que dimanche quand nous sommes rentrés. Je crois qu'ils sortent dîner ce soir."

Je fronçai les sourcils en réalisant que je n'avais pas encore emmené Reed Girl dans un endroit chic. "On devrait faire ça."

"Faire quoi ?" demanda-t-elle.

Je me garai sur ma place de parking devant la résidence et éteignit le moteur. "Sortir dîner ou une merde comme ça…" lui dis-je.

Reed Girl rit de ce rire ravi qu'elle laissait échapper chaque fois que je disais quelque chose de ridicule. "Quel romantique, Cullen !"

Merde. "Tu sais ce que je veux dire. Je devrais t'emmener dans un endroit sympa," marmonnai-je. Je n'avais jamais eu envie de faire cette merde dans ma vie mais j'aimais bien l'idée de me faire beau et j'aimais vraiment l'idée de Reed Girl dans une robe sexy.

Elle rit et m'embrassa. "Eh bien, nous pouvons aller dîner ou autre merde quand tu reviendras." Elle ouvrit la portière et sortit avant que je puisse faire le tour et le faire. Merde.

Je pris sa main et la conduisis à l'intérieur. Sa mâchoire tomba quand elle vit la salle commune. Plusieurs de mes coéquipiers étaient réunis pour regarder la télévision et jouer à des jeux vidéo. "Bon sang !" marmonna-t-elle.

"Quoi ?" Je fis un signe de tête à Marcus et évitai la main tendue de Garrett. Je ne savais toujours pas exactement où cette chose avait été et je ne le toucherai pas. Je la conduisis dans le hall jusqu'à l'ascenseur.

"Ce n'est pas un dortoir… c'est comme le manoir Playboy."

Je ricanai en la traînant dans l'ascenseur. "Il y a bien trop peu de filles ici pour que ce soit le manoir Playboy. Playgirl peut-être." J'appuyai sur le bouton pour le troisième étage et nous y étions rapidement. Nous avançâmes dans le couloir et m'arrêtai pour ouvrir ma chambre.

Reed Girl secoua la tête en la regardant. "C'est comme un hôtel ou quelque chose comme ça."

Je rigolai et jetai mon sac à dos sur la chaise du bureau. "C'est plutôt cool, je suppose. J'ai dû partager ma chambre l'année dernière, ce qui était un peu nul, mais maintenant que je suis le quarterback titulaire, j'ai ma propre chambre et mon propre lit." Je souris en la voyant le regarder.

"Il est plus grand que le mien !" Elle s'assit dessus et jeta un coup d'œil à la chambre. "Oh mon Dieu, tu as ta propre salle de bain ?"

Je rigolai quand elle y entra en courant pour l'inspecter. "C'est vraiment pas cool. Je dois partager mon dortoir avec trois autres filles et notre salle de bain est pour huit. Deux lavabos et deux douches mais certainement pas de baignoire." Elle sortit et me regarda fixement. Elle était tellement sexy quand elle était énervée. "Tu as une baignoire."

Je me moquai de son indignation. "Ouais, et alors ? Ce n'est pas comme si je l'utilisais ou quelque chose du genre."

Elle souffla et s'assit sur le lit, sa queue de cheval se balançant avec son mouvement. "Je l'utiliserais bien."

"Je peux regarder ?" demandai-je. Elle me fit un doigt d'honneur et je ris en ouvrant le tiroir de ma table de nuit et en sortant des menus en livraison. "Qu'est-ce que tu veux manger ? On peut aller à la cafétéria mais ils n'ont plus grand-chose à cette heure-ci."

"Pizza ou chinois, je suppose. Je ne suis pas difficile." Elle était trop occupée à regarder ma chambre pour que ça la perturbe. "On dirait que personne ne vit ici. Où sont toutes tes affaires ?"

Je haussai les épaules. Je gardais la merde bien rangée. "Dans des tiroirs et autres." Elle commença à fouiller dans mes tiroirs. Je rigolai en composant le numéro. "Y a-t-il quelque chose que tu ne mangerais pas sur une pizza ?" demandai-je.

"Anchois et poivrons," répondit-elle. Sa main sortit de ma table de chevet avec ma boîte de préservatifs à portée de main. Elle roula des yeux quand je haussai les épaules. Je commandais une suprême sans poivrons ni champignons puisque je ne les supportais pas et je m'assis pour la regarder fouiller dans mes affaires. Ça aurait dû me déranger, mais comme d'habitude quand il s'agissait d'elle, ce n'était pas le cas. Peut-être qu'elle m'avait fait un lavage de cerveau. Ou peut-être que son corps sexy me distrayait juste du reste.

"Tu es sûr d'être un garçon de dix-neuf ans ?" demanda-t-elle. Elle était en train de fouiller dans mon placard.

"Oui. Maintenant pourquoi tu ne viens pas ici pour que je te le prouve ?"

Reed Girl rit et caressa mon maillot Peyton Manning. "Tu aimes les Colts ?" demanda-t-elle.

Je haussai les épaules. "Je ne suis pas un fan de l'équipe mais Peyton me l'a donné." Elle écarquilla les yeux et le sortit, voyant sa signature sur le huit de son numéro.

"Tu as rencontré Peyton Manning ?"

"Oui, je suis allé à son camp de quarterback une année. Pas que j'en avais besoin mais c'était plutôt cool."

Elle rit et remit le maillot avant de venir me rejoindre sur mon lit. Je l'entourai d'un bras.

"Alors Peyton Manning ne t'a rien appris ?"

J'embrassai son cou. "J'ai des compétences, bébé." Elle me poussa sur le côté et je rigolai. "Ce n'est pas comme s'il enseignait beaucoup, vraiment. Il a beaucoup d'entraîneurs de quaterbacks là-bas. J'ai appris une chose ou deux mais j'ai toujours été bon."

Reed Girl posa sa tête sur mon épaule. "Tu as de la chance."

C'était un hasard. "Comment ça ?"

"Tu as toujours su ce que tu voulais faire et tu as assez de talent pour le faire. J'aimerais savoir ce que je veux faire."

Je réfléchis à ça pendant une minute. "Tu trouveras. Tu pourrais faire tout ce que tu veux."

Elle hocha la tête contre mon épaule. "Parfois, faire tout ce que je veux est intimidant."

"Tout comme le fait de savoir ce que tu veux depuis si longtemps, crois-le ou non." Elle s'assit et me regarda. "Au départ, jouer au football n'était pas mon idée, c'était, c'est tout. Grand-père jouait, papa jouait et Emmett jouait, alors je devais jouer. J'étais doué et j'ai appris à aimer ça mais il y a eu des moments où je me suis demandé si je ne faisais pas simplement ce qu'ils voulaient que je fasse."

"C'est un peu comme être poussé dans l'entreprise familiale," suggéra-t-elle.

Je me mis à rire. "D'une certaine manière. Heureusement, je le veux et je le veux depuis longtemps. Cela fait des années que je n'ai pas voulu autre chose."

Reed Girl me sourit. "Qu'est-ce que tu voulais être d'autre ?"

Je souris. "Une rock star, bien que mes compétences musicales fassent défaut. Ou un astronaute célèbre."

Elle gloussa. "Donc tu as toujours voulu être célèbre."

C'était... vrai. "Certaines personnes sont juste faites pour briller, Reed Girl." Ça me valut un léger coup de pied dans le tibia. Je ris et roulai, la plaquant contre le lit. "Tu sais que tu aimes ça."

Elle ricana. "Je ne sais pas pourquoi je t'aime bien."

Je lui fis un sourire. "Si, tu le sais…" Je ponctuai cette déclaration d'une poussée de mes hanches. "Exactement."

"Combien de temps avant..." elle fut coupée par la sonnerie de mon téléphone. Merde.

"La nourriture est là." Je répondis au téléphone et leur dis que j'arrivais tout de suite. "Reste ici, chérie, je reviens tout de suite."

"Ok, je vais appeler Alice pour lui demander de veiller sur Rainbow pour moi."

"Super." C'était bien. Je devrais peut-être acheter des affaires pour chat et les garder ici quand Bella viendrait. Elle se sentirait probablement mieux si elle pouvait avoir le chaton avec nous quand elle resteraiy là.Je réfléchis à cela en allant chercher la nourriture et en revenant dans ma chambre. Reed Girl était assise sur le lit avec les assiettes en papier qu'elle avait trouvées dans ma réserve de nourriture.

"Tu fais comme chez toi, je vois."

Ses joues rougirent à mon commentaire. "Je suis désolée. Je les ai déjà vues quand j'étais..." Elle s'interrompit et baissa les yeux. "C'était si impoli, je n'étais jamais venue dans ces chambres avant et c'est si propre et agréable ici. Tu aurais dû me mettre dehors pour avoir été indiscrète."

Je l'aurais fait si c'était quelqu'un d'autre. Le fait que Reed Girl le fasse ne m'a même pas dérangé. Le docteur Idiot avait raté quelque chose… il n'y avait aucun doute là-dessus. J'avais clairement un virus. Ou une tumeur au cerveau. "J'ai eu Jasper dans ma chambre plus de fois que je ne veux y penser. Tu es une bouffée d'air frais, crois-moi."

"Quand même, c'était impoli."

Je posai la boîte sur le lit et l'ouvris, lui tendant une part de pizza et en prenant une pour moi. "Bella, j'aimerais que tu te sentes bien ici." Je m'assis et pensai à lui dire ce que j'avais en tête. "Je peux acheter des trucs pour Rainbow si tu veux l'emmener avec toi de temps en temps."

Elle fit un drôle de bruit et je regardai pour voir qu'elle me fixait. "Vraiment ? Tu me laisserais l'amener chez toi ?"

Je haussai les épaules. "Elle est déjà venue ici et elle est plutôt amusante parfois." Elle jeta ses bras autour de moi et je la serrai en retour. "Mais elle va dans la salle de bain quand on fait l'amour. C'est la règle."

Reed Girl rit et me fit un baiser sur la joue. "Je te promets. C'est à moi qu'elle s'en prendrait de toute façon…"

Je souris parce que c'était probablement vrai. Et tu pensais que les autres filles allaient être dures à affronter. C'est ton propre chaton qui sort ses griffes pour te contrer."

Reed Girl secoua la tête. "Il n'y a que toi pour charmer les femelles d'autres espèces."

Je souris juste et dévorai ma nourriture. Nous restâmes silencieux pendant un moment pendant que nous mangions. J'étais fier de voir ma fille engloutir trois parts de pizza. Elle ne faisait pas cette connerie de "je ne mange pas" que les autres filles ont essayé de faire. J'en mangeai quatre et mis l'autre dans mon mini-frigo pour plus tard. Ou pour que Jasper la mange plus tard. D'une manière ou d'une autre, mes restes avaient tendance à disparaître avant que je les mange. J'avais vraiment besoin de savoir comment il pouvait entrer dans ma chambre si souvent.

J'allumai la télé et on regarda une sitcom qu'elle prétendait aimer. En fait, ça me fit rire une ou deux fois, donc je suppose que ce n'était pas si mal. C'était plutôt cool de se détendre avec elle dans ma chambre. Elle se blottit contre moi, sa main sur mon ventre, traçant des cercles paresseux pendant qu'elle regardait et riait. Quand le programme se termina, elle s'assit et se mordit la lèvre.

"Quoi ?"

"Ce serait bizarre si je prenais une douche ? Tu en as pris une après l'entraînement mais je me sens un peu sale d'avoir marché pendant deux heures."

Reed Girl dans ma douche ? Sans blague. "Ça dépend…" répondis-je. Autant en tirer profit.

Elle leva un sourcil. "Ça dépend de quoi ?"

"De si oui ou non je peux te rejoindre."

Elle réfléchit à la question pendant un moment. "Mais tu as déjà pris une douche."

"Pas avec toi, je ne l'ai pas fait." Et je l'avais imaginé une fois ou deux, généralement pendant que j'étais là à me branler en pensant à elle.

"Si tu prends une douche avec moi, ça sera plus long…" fit-elle remarquer.

Je traçai un doigt le long de son bras. "Eh bien, je suis déjà propre, donc nous n'aurons qu'à nous concentrer sur ton nettoyage."

Elle sourit. "D'une certaine manière, je ne pense pas que me nettoyer va être ton objectif."

Enfin, pas entièrement. "Nettoyer, embrasser, toucher, baiser... ça marche."

Elle rigola. "Tu vas amener un préservatif dans la douche avec nous ?"

Merde. "Tu prends une contraception ?"

Reed Girl resta silencieuse un moment avant de hocher la tête. "Ouais."

"Tu es sûre de ça ? Tu as mis du temps à répondre." Je n'allais pas prendre le risque de l'engrosser. Nous avions trop de choses devant nous pour nous soucier d'un putain de bébé.

"Bien sûr que j'en suis sûre mais je ne suis pas sûre de vouloir avoir des rapports sexuels non protégés avec toi."

Eh bien, ça craint, putain. J'avais compris, mais ça ne voulait pas dire que ça ne craignait pas qu'elle pense que j'étais malade ou un truc du genre. "J'ai été testé plusieurs fois pour plein de trucs et je n'ai rien." Je me retournai vers la télé. "Profite de ta douche. Tout ce dont tu as besoin devrait être là-dedans. Tu peux prendre un de mes t-shirts ou autre chose si tu veux."

"Edward," dit-elle doucement, en posant sa main sur mon genou. Je ne voulais pas la regarder. Je ne pouvais pas. Une fois de plus, mon putain de passé montrait sa tête hideuse. "Edward, s'il te plaît, regarde-moi."

Je jetai un coup d'œil sur elle et vis de grands yeux bruns remplis de larmes. "Putain, ne pleure pas. C'est bon." Maintenant, qu'est-ce que j'avais fait putain ? Je la pris dans mes bras. M'excuser pour l'insulte qu'elle m'a faite ?

"Je ne voulais pas te vexer," dit-elle doucement.

"Je sais que tu ne voulais pas. Je vais m'en sortir. Prends juste ta douche. Je serai là quand tu auras fini."

Elle se leva et me tendit la main. "Viens me rejoindre."

Je détournai mon regard d'elle à nouveau. Une partie de moi voulait y aller, vraiment, mais je n'allais pas le faire. "L'ambiance est un peu gâchée, Bella."

"Tu veux que je rentre ?" me demanda-t-elle doucement.

Bon sang. Les filles étaient compliquées, putain. "Non, je ne veux pas que tu rentres." Elle avait l'air triste comme l'enfer quand je risquais un autre regard sur elle. "C'est pas grave. Je suis fatigué. Vas-y, prends une douche et on ira se coucher."

Elle soupira et se dirigea vers mon armoire pour y prendre un t-shirt de football gris. Je gardai les yeux sur la télé pendant qu'elle entrait dans la salle de bains. L'eau se mit à couler et j'essayai de ne pas penser à elle, nue derrière la porte. Le fait qu'elle ne me fasse pas confiance m'empêchait d'y aller. Je passai au Roi des Enchères sur History Channel et je m'adossai à la tête de lit.

Un grincement provenant de la salle de bain me fit regarder. "Edward ?" Reed Girl se tenait là, nue, éclairée par la porte. Putain, elle essayait de me tuer ?

"Quoi ?" Ça sortit comme un croassement mais ça sortit quand même.

"J'ai besoin que tu m'aides pour quelque chose."

Putain. Parfois le bouton se bloquait et l'eau était brûlante. Je me levai du lit et essayai de ne pas regarder ma copine nue. "L'eau chaude est encore coincée ?" gémis-je quand mon bras frôla sa poitrine en passant devant elle. Je mis ma main sous l'eau mais ça allait. "Non, l'eau est bonne. De quoi as-tu besoin ?"

"Toi," répondit-elle, me poussant contre le mur, pressant son corps parfait contre moi et m'embrassant fort. "Je suis désolée. C'était une réaction automatique. Je n'ai jamais eu de rapports sexuels non protégés auparavant et j'ai un peu paniqué."

C'était difficile de réfléchir, difficile de se concentrer quand elle était nue et me regardait comme ça. "Je ne l'ai jamais fait non plus, Bella. Je sais que je me suis amusé mais bon sang... je ne suis pas si stupide. Tu sais combien de filles seraient plus que prêtes à se faire engrosser pour essayer de me piéger ?" Je fermai les yeux. Je ne devais pas la regarder. Mes mains étaient sur sa taille nue et je n'arrivais pas à les retirer. "Je n'ai jamais fait assez confiance à une fille pour y songer."

Elle m'embrassa à nouveau et putain, j'avais des palpitations et la pièce devenait chaude et vaporeuse. "Je n'y avais pas pensé comme ça, Edward. Je suis désolée de t'avoir contrarié."

Je gardai les yeux fermés. "Ce n'est pas grave. Peut-être qu'on y arrivera une autre fois. Je vais juste y aller..." Ses doigts s'enfoncèrent dans mes bras.

"Ne le fais pas. Douche-toi avec moi." J'ouvris les yeux et regardai les siens. Ils me regardaient anxieusement. "Touche-moi." Elle m'embrassa doucement. "Prends-moi."

Seigneur. "Reed Girl, je n'ai pas la force de te résister. Tu dois me laisser sortir maintenant."

"Je te veux ici." Ses mains remontèrent mon t-shirt. Je ne l'arrêtai pas alors qu'elle le tira par-dessus ma tête et le jeta sur le côté. "Reste." Ses doigts étaient sur mon jean et je la laissai le dézipper.

"Je ne veux pas que tu fasses ça parce que tu te sens coupable ou autre, Bella. Je suis un grand garçon et je peux supporter un rejet." Non pas que j'aie jamais eu à le faire avant qu'elle n'entre dans ma vie.

Mon jean descendit sur mes hanches et mon caleçon suivit. Reed Girl se pencha et le fis glisser sur mes jambes, en tirant dessus et en enlevant mes chaussettes aussi. "Je ne ferai pas ça, Edward. Je te veux, c'est la vérité depuis..." elle s'interrompit et sourit ironiquement. "Un long moment. L'eau est chaude et moi aussi. Tu veux te joindre à moi ?"

Elle entra dans la douche et l'eau la frappait à la poitrine et descendait le long de son corps. Elle était mouillée et nue et elle me voulait avec elle. Sexy n'était pas une description assez bonne pour ma copine. Foutu ou pas, je ne pus résister. J'entrai sous l'eau derrière elle et elle se retourna, passant ses bras autour de moi, ses seins s'écrasant contre ma poitrine. Elle attira ma tête vers la sienne et m'embrassa intensément, sa langue glissant dans ma bouche et s'emmêlant avec la mienne.

Je passai mes mains dans son dos, le jet de la douche les percutant tandis que je caressais sa peau douce. Elle attrapa mes cheveux et nous tira en arrière dans le jet, de sorte qu'il nous atteignait tous les deux. Ses lèvres étaient aussi chaudes que l'eau qui coulait sur nos corps. Je glissai mes mains sur la courbe de ses fesses et elle gémit dans ma bouche. "Edward," murmura-t-elle lorsque notre baiser se brisa. "Touche-moi."

"Je le fais, chérie." Je ne savais pas où la toucher. Je n'avais pas assez de mains pour la caresser partout où je le voulais.

"Ici." Elle prit ma main et la déplaca vers sa chatte. Putain, c'était la femme parfaite. Pas d'entourloupe. Elle me disait ce qu'elle voulait et où elle le voulait. Je caressai son clito et elle cria, sa tête basculaen arrière, l'eau rendant ses cheveux presque noirs.

J'embrassai son cou en faisant rouler son clito avec deux doigts. Je devais la goûter. Je léchai sa peau et penchai la tête vers son sein, aspirant son mamelon gauche dans ma bouche. Elle fit des bruits sexy, se serrant contre moi. Sa main trouva ma bite et elle commença à la caresser doucement de haut en bas. Putain, c'était bon. Tant de sensations avec l'eau, son beau corps, sa main fantastique et les sons qu'elle faisait. Si je ne faisais pas attention, j'allais jouir sans être en elle et après toutes les conneries de tout à l'heure, je voulais vraiment être en elle quand je viendrai.

"Bella, je vais venir putain," grognai-je alors qu'elle frottait ma bite avec la pression parfaite. Elle était incroyable.

"Humm, ce serait le but, Edward."

Oui, ça l'était. Je glissai un doigt en elle et elle était si serrée et chaude et putain... Je n'allais pas tenir longtemps. "Je dois te prendre maintenant."

"Prends-moi," me dit-elle, la tête tombant en arrière en signe de soumission. Bon sang. Je le tournai sur le côté, l'appuyant contre le mur. C'était la première fois que je faisais l'amour sous la douche et ça m'excitait beaucoup. Je ne savais pas comment m'y prendre mais j'avais vu beaucoup de pornos avec scène de douche.

Je parvins à saisir ses cuisses sous ses fesses et je la soulevai, l'appuyant contre le mur. Ses yeux rencontrèrent les miens et elle hocha la tête alors que je frottai ma bite le long de sa fente. Elle était tellement humide. Je la soulevai plus haut et je gémis en enfonçant le bout de ma bite en elle. Je n'avais jamais rien ressenti de mieux. C'était une si bonne sensation. Elle était si serrée et je poussai plus loin en elle.

Je soutins son regard pendant que je glissais à l'intérieur, entrant complètement en elle. "Comme ça ?" demandai-je, en poussant. Je devais me rappeler de la porter. Elle n'était pas lourde mais elle était tellement incroyable que j'avais peur de m'oublier et de la laisser tomber.

"Mon Dieu, oui." Elle m'embrassa et poussa ses hanches vers moi, me serrant avec ses cuisses. Putain. Je commençai à entrer et sortir d'elle. L'eau touchait le côté de nos corps alors qu'on bougeait ensemble. Le carrelage était probablement froid mais elle ne s'en plaignait pas. "Plus," murmura-t-elle alors que j'embrassais le long de sa mâchoire, mordillant la peau.

Je poussai plus fort et plus vite, levant ses jambes plus haut, les accrochant dans le creux de mes bras. D'une manière ou d'une autre, elle réussit à les écarter davantage et putain, je m'enfonçai plus profondément en elle. Putain, c'était si bon. "Bella, putain," grognai-je.

"Oui, Edward, je suis si proche," haleta-t-elleé. Elle tira sur mes cheveux et je donnai un coup sec en elle, touchant un endroit que je n'avais jamais touché auparavant. Elle cria quand je le fis et soudain elle jouit, si fort autour de moi que je crus qu'elle allait me casser la bite, mais en même temps c'était génial, cette pression sur ma bite. Je pouvais à peine bouger. Je me retirai un peu et poussai en elle. Elle cria mon nom et jouit et soudain je jouissais aussi. Tiens-la bien, tiens-la bien, me rappelai-je alors que je me déchargeais en elle. Putain. C'était si bon.

Quand je pus me concentrer à nouveau, je baissai mes bras et posai Reed Girl sur le sol. Elle me sourit et je me sentis sourire en retour. "Merci de, tu sais, me faire confiance," lui dis-je, me sentant soudainement mal à l'aise. Il y avait quelque chose dans la façon dont elle me regardait qui me donnait envie de faire quelque chose comme citer de la poésie ou des sonnets ou une merde bizarre. Je ne compris pas.

"Merci de me faire confiance, aussi. Je n'essaierai jamais de te piéger, tu sais ?"

J'écartai ses cheveux mouillés de ses yeux. "Je sais." Et je le savais. C'était une fille trop cool et une trop bonne personne pour essayer une telle chose. Je l'embrassai doucement, essayant de lui dire sans mots que ce qu'on faisait comptait beaucoup pour moi. Quand nous nous séparâmes, je pris mon savon et commençai à le passer sur son corps. Reed Girl eut l'air surpris et frissonna à mon contact. "J'ai promis de te laver, aussi." Je la savonnai et la rinçai, la dirigeant vers l'eau qui commençait à être froide. "Tu veux te laver les cheveux ?"

"Juste un peu d'après-shampoing pour qu'ils ne s'emmêlent pas, s'il te plaît," demanda-t-elle. J'en versai un peu dans ma main et le passai dans ses cheveux. Elle aimait vraiment ça, je peux le dire. Elle faisait ces petits bourdonnements comme je passais mes doigts dans ses cheveux soyeux. Je l'aidais à rincer le tout puis nous arrêtâmes l'eau. J'attrapai une serviette et la séchai avant de m'essuyer moi-même et de la passer autour de ma taille. Reed Girl enfila mon t-shirt et était sacrément sexy dedans, comme toujours.

Je pensai à mettre un caleçon, mais que diable, nous allions au lit de toute façon. Je laissai tomber la serviette et tirai sur les couvertures. Reed Girl se glissa à côté de moi et je le serrai contre moi. Nous regardâmes un peu plus Le Roi des Enchères pour nous relaxer un peu. Elle s'enroula les cheveux dans une serviette pendant un moment puis elle se leva pour les brosser. Elle était si jolie, sans maquillage, les cheveux mouillés et juste mon t-shirt. "Tu es belle," lâchai-je sans réfléchir.

Elle fut surprise et se mit à sourire de toutes ses dents. "Comme ça ?" Je hochai la tête en silence et elle sourit encore plus. "Merci." Elle se remit au lit et me fit un câlin qui me réchauffa, me fit du bien et tout ça. Les palpitations étaient de retour et je pensais à appeler le docteur Ne fais rien mais je ne voulais pas alarmer Reed Girl.

"C'est notre dernière nuit ensemble pour un moment, hein ?" demanda-t-elle. Bon sang, elle avait raison. Je ne serai pas à la maison avant dimanche soir, en supposant que je gagne samedi soir, ce qui signifie que je ne la verrai pas avant lundi. Putain !

"Ouais, je suppose." Ça craint. Peut-être... non. Elle a déjà dit non. "C'est dommage que tu ne puisses pas venir à New York avec moi," lui dis-je.

Elle s'assit et me regarda avec surprise. "Je ne pensais pas que tu voulais que je vienne."

Je l'avais fait ? Oui, je suppose. Je veux dire, je ne voulais pas ne pas la voir pendant six putains de jours, ça je le savais. J'avais juste été surpris quand ma mère l'avait invitée parce qu'elle était ma petite-amie depuis moins d'un jour à ce moment-là. Elle n'était toujours pas ma petite-amie depuis très longtemps.

"Ce n'est pas que je ne voulais pas que tu sois là, j'ai juste été surpris quand maman t'a invitée. C'était un peu rapide, tu sais ?" Elle hocha la tête. "Euh, alors tu as menti quand tu as dit que tu ne pouvais pas venir ?"

Elle sourit. "Non, j'ai vraiment un examen cette semaine."

"Bien. Ok alors." J'ignorai la petite torsion dans mes tripes sur le fait qu'elle ne serait pas là. "Mais tu vas regarder ?"

"Bien sûr que oui. Ce n'est pas tous les jours que mon petit-ami gagne le Heisman."

Je lui fis un sourire. "Je suis sacrément content d'entendre ça."

Elle gloussa. "Eh bien, je ne voulais pas te le dire, mais je suis une vraie groupie du Heisman. Je sors avec le favori juste avant la remise des prix et ensuite je le largue."

Je lui chatouillai le côté pendant qu'elle gloussait et se trémoussait. "Je pensais bien t'avoir reconnue."

Elle était essoufflée quand j'arrêtai de la chatouiller. "C'est vraiment pour ça que je ne peux pas y aller… je ne veux pas donner un indice au gagnant de l'année prochaine."

Je lui fis un sourire en coin. "Le gagnant de l'année prochaine, ce sera moi."

Elle gloussa. "Eh oui tu n'arrêtes pas de dire."

"Ouaip. Je suppose que tu vas devoir rester avec moi jusqu'à la prochaine cérémonie du Heisman alors." Attends. Qu'est-ce que je venais de dire ? Sa mâchoire s'ouvrit et elle me regarda fixement pendant un moment. Je ne savais pas du tout pourquoi je venais de dire ça. Un an à partir de maintenant ? Je voulais qu'elle sorte avec moi dans un an ? Mais d'où est-ce que ça venait ?

"Peut-être que je le ferai…" murmura-t-elle quand elle retrouva sa voix.

Je n'avais toujours rien à dire alors je lui fis juste un sourire crispé. "Prête à dormir ?"

Ses yeux me brûlaient comme si elle essayait de voir ce qu'il se passait dans mon cerveau. Bonne chance à elle, putain. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il se passait là-dedans. Si elle pouvait le comprendre, peut-être qu'elle pourrait donner un indice à mon cul stupide. "Ok," convint-elle.

J'éteignis la lumière puis la télévision. Elle posa sa tête contre mon épaule et j'embrassai le sommet de sa tête. "Bonne nuit, Bella."

"Bonne nuit, Edward." Je restai allongé un long moment, dans ses bras, l'estomac retourné. Je n'avais rien, mon cul. Je parlerai à papa quand je serai à New York. Il pourrait me dire ce qui n'allait pas et j'arrangerai ça avant le match. Il le fallait.


Note de l'auteur

Notre garçon fait des progrès tout le temps, mais il ne voit pas vers quoi il se dirige, n'est-ce pas ? Peut-être que Big Poppa pourra l'éclairer ? L'absence rend le cœur plus tendre et Cockyback est déjà très attaché à sa Reed Girl.