Chapitre 2 : un morceau de bois

Pays du Riz, région du Lancq Ton.
C'était la pleine saison des pluies.
Encadrée sur trois côtés par des montagnes et ouverte, au nord se trouvait la seule ville maritime, Kosaka. A quelques heures de marche vers l'Est de celle ci, dans un coin marécageux assez peu fréquenté par les gens, se tenait un magasin du vieil homme qui malgré emplacement, bénéficiait d'une grande notoriété.
Le sommet de son crâne était dégarni depuis longtemps et ses cheveux étaient maintenant de colorie poivre et sel, fruit aussi des ans. Sasatoki Aseamon, ou « Geppetto » comme il aimait qu'on l'appelle y était le tenancier. Dans son modeste atelier, il avait reçut au fil du temps bon nombre des commandes ou de projets de plus ou moins importance, souvent de grands seigneurs. Son talent était reconnu partout où il allait.

Ils travaillaient encore à cette heure-ci. la pluie n'avait pas cesser de battre aujourd'hui. Pour les habitants de ce magasin, c'était le cadet de leurs soucis le mauvais temps.
Dans l'atelier exigu situé dans le fond des appartements, ils étaient assis devant leurs secrétaires, dos à dos et séparés l'un de l'autre au maximum de distance que la pièce pouvait le permettre. Aseamon avait installé ainsi leurs secrétaires afin que ses protégés n'aient pas l'esprit tourné ailleurs pendant les heures d'exercice comme il arrivait auparavant -et dieu sait qu'il y veillait encore-. Dans leur métier, aucune erreur n'était permise. Il observait du coin de l'œil leurs travails en même temps qu'il traçait les plans de son prochain.

La seule fille de la pièce avait les cheveux châtain repoussés dans le dos par un petit nœud.
Essayant de se retenir pour ne pas éponger sa sueur au front, elle maîtrisait en même temps son tremblement des mains pour ne pas abîmer de la pointe, la matière travaillée. Il ne manquait plus qu'un détail minuscule… et ce serait bon. Les pièces de la poupée n'avaient plus qu'à être assemblées une par unes, puis peintes un peu plus tard comme celles de ses autres camarades. Enfin ça, c'était le moins important. De ses petites mains expertes ; petit à petit et unes par unes les membres des marionnettes. Tout était prêt, elle mit la figurine sur l'estrade à 5 marches, à coté des autres.
Saya, la fille du meilleur ébéniste du pays lui fit signe qu'elle avait enfin terminé et put enfin s'éponger le front. En nettoyant ses lunettes, elle regarda son père d'un grand sourire épris de fierté.
Le vieillard hocha de la tête mais ne manifesta aucune expression : le meilleur moment de la journée allait enfin arrivé. D'un abord assez calme et presque réservé, elle brûlait en réalité d'une énergie et d'un feu intérieur inhabituels chez une femme. Celles de la région étaient encore élevées dans le sentiment que leurs opinions étaient dénuées de valeur. A l'instar de son père, Saya disait exactement ce qu'elle pensait et exposait ses désirs sans la moindre ambiguïté. C'était l'une de ses qualités majeures.
Geppetto cessa de rêvasser et tonna d'une voix assez forte dans toute la pièce, même si en fait, ce n'était destiné que pour une seule personne.

« Bien posez vos outils. L'exercice est terminé ! »
Saya ne dit rien mais fixa attentivement son collègue qui n'avait pas répondu à l'appel. Geppetto répéta son ordre.
Aucune réponse.
« Jotaro, tu m'écoutes ? »
Il ne réitéra pas sa question. Apparemment comme à son habitude, celui-ci faisait du zelle. Il soupira : avec l'expérience il avait apprit que cela ne servait à rien de répéter de nouveau son ordre. Ce petit n'était pas comme les autres et après tout, dans leur métier l'excès de zelle était toujours payeur.

Il n'avait rien entendu de l'ordre donné, trop encore aspiré dans toute sa concentration déployée pour parachever l'œuvre qui lui avait été confiée. La restauration d'une très vieille pièce d'horlogerie en marbre n'était pas une chose aisée.
Pourtant, le jeune homme n'avait pas le visage tordu par la concentration, ni l'impression de vouloir contenir ses tremblements de mains. Dans ses yeux respirait l'intelligence et un sens inné de la mesure. A quinze ans, le gamin avait l'assurance que d'autre dans le métier, cherchait encore vingt ans plus tard.
De très nombreuses pièces de l'élément mécaniques étaient encore un peu dispersées un peu partout sur la surface du bureau. Le garçon n'en avait cure, il n'était pas horloger. Sa corbeille était complètement pleine de copeaux et de sciures de la surface du bois travaillé. Ses mains s'activaient à la tâche, assez ardue car minutieuse. Aucune erreur n'était permise lorsqu'on travaillait sur le bois, surtout que le vieux était derrière. Avec son ustensile, le bois grinçait sous un frottement perpétuel et régulier. Autant pour d'autres, le cri du bois pouvait être très agaçant, pour lui c'était une méthode comme une autre d'introspection.
Ni même pour l'instant apprenti ébéniste.
Rejouant le même scénario depuis des lustres, ses doigts jouaient de l'outil en même temps que ses pupilles visionnaient des images fantomatiques. Des représentations cinématiques d'une autre époque.

Son esprit ne travaillait pas le bois, il contemplait une scène de l'ancien temps. Il y avait un homme d'assez grande stature, installé sur un champ de bataille. Il portait une armure rouge et avait de nombreux guerriers à ses ordres. Quelque chose était attachée à son front, une sorte de bandeau avec un motif de feuille. Assis en tailleur, l'homme en armure observait le champ de bataille. Jotaro avait l'impression qu'ils se connaissaient depuis toujours. Accompagné de maux de têtes, l'homme en armure rouge venait souvent lui rendre visite à plusieurs heures de la journée, pour lui montrer d'autres visions du passé par de petites séances.
Il avait fini par ne plus en parler, ni même à Saya par peur de passer pour un fou.
Mais il n'était pas fou : dans son fort intérieur, Jotaro savait que l'homme en armure rouge avait été important d'une manière ou d'une autre. Cet homme avait existé.
Il revient à la réalité. La pièce était presque finie.
Le vieux serait content.

Il se fichait bien de la pluie ; chez lui c'était plus que monaie courante et ce ne serait donc pas ça qui le déboussolerait.
Si les ninja étaient des messagers de mort, lui plus que quiconque était la personnification de la grande faucheuse. et dans sa profession, le mauvais temps était plus un certain avantage.
Dans ses yeux froids comme des glaçons et meurtriers, Il n'y avait aucune émotion rassurante qui y transparaissait. Son physique assez grand et costaud n'était pas pour autant particulièrement ravageur, faute d'un teint de peau un peu plus bleu que la moyenne et un sourire assez magique grâce à des dents plates, triangulaires, et dentelées un peu comme les requins blanc. Avec 3 branchies situées de chaque cotés en dessous de ses yeux, on aurait presque eut l'impression que ces derniers n'étaient pas étranger à son acte de naissance.
Les origines d'Hoshigaki Kisame étaient troubles et il était interdit de lui en parlait.
Dans son dos, se baladait quelque chose d'assez complaisant en cas de problème ; une gigantesque et imposante épée de style ancien (plus connu sous le dénominatif Zanbato), drapée dans des bandelettes. De conception originale, son ancien propriétaire prétendait qu'elle avait été faite en peau de requin. Elle portait le nom de Samehada. Peut être qui sait mais il était clair qu'il n'avait pas mentit sur son efficacité. Dans son pays on lui avait apprit a prendre des vies un peu à la même manière que l'océan s'occupe des marins inexpérimentés et trop confiants d'eux même : de manière violente et impitoyable. Notre grand bonhomme bleu avouait dans ce cas une franche qualité à sa gigantesque épée : très efficace pour l'aider à remplir cet office… Sauf quand l'envie lui prenait de laisser en vie certaines personnes pas trop faible et qui un jour seraient peut être capables de venir lui demander des comptes.

Mais ce ne serait pas encore cette fois-ci.
Dans la petite ville où il avait échoué, il n'y avait pas grand-chose de dangereux dans le coin. De ce fait, il n'était pas souriant et personne n'avait le droit de l'approcher ou lui demander qui il était. Le ninja n'aimait pas le mot « discrétion » et n'avait donc rien fait pour cacher son visage, ni son affiliation au village de Kiri. Kisame Après avoir pris quelques renseignements auprès de la ''gente féminine payante locale'', il se dirigea vers la sortie de la ville pour rejoindre la route menant aux zones marécages. Même si sa mission était terminé, Kisame aimait beaucoup se ballader dans ces endroits là, souvent sources de grands profits.
En effet, ceux qui voulaient contacter un assassin clouaient un Rikudo gofu, talisman à l'effigie des démons à tête de bœuf et de cheval, gardiens de l'enfer, sur les temples en bordure de route. Méthode ancienne et assez connu, personne n'avait osé jusqu'à maintenant se jouer des ninja de Kiri. Ce n'était que pure spéculation mais il était de coutume que quiconque souhaitait la mort d'un ennemi, le maudissait en placardant des imprécations sur les temples. Les croyances étaient tenaces, même dans ce trou paumé. Et cela arrangeait les poches de certains ninja qui voulaient faire quelques bénéfices en plus.
Surtout quand des rumeurs affirmaient que le « petit » prodige Kisame était dans le coin.
Comme prévu, arrivé au temple, le talisman était là. Il avait une petite idée de la topographie des lieux et un endroit en particulier avait retenu son attention. Le ninja de Kiri ramassa quelques petits cailloux. Il était l'heure de dessiner un petit peu sur le sol.

Jotaro souffla sur les copeaux. Satisfait, il passa un rapide coup de chiffon pour y voir clair: la pièce de mobilier était complètement terminée. Ce n'était plus qu'une petite question de petites retouches pour achever la finition auxquelles il ne lui appartenait pas d'y travailler..
Il prit l'un de ses plus grands sourires et cria dans tout l'atelier:
« Maître j'ai fini ! »
Dans les yeux de Geppetto, une grande lueur étincela tout à coup. Malgré son inquiétude et sa curiosité, il était resté à bonne distance d'où son apprenti avait travaillé quinze durantes. Il reprit son air renfrogné assez vite après s'être redressé la hâte.
« Et bien, il t'en a fallut du temps, gamin ».
Jotaro sourit timidement et baissa les yeux. En voyant ça, Saya ne pu s'empêcher d'envoyer un petit pique.
« Bien, voyons d'un peu plus prêt quel triste sort tu nous encore préparé pour cette pauvre horloge.»
L'interpellé se contenta d'hausser les épaules. Ses protestations ne seraient pas prises au sérieux par sa camarade. Geppetto s'approcha. A première vue, les gamins avaient bien travaillés. Il se pencha d'abord sur le travail de sa fille.

Saya lui avait fait honneur : les précieuses et splendides poupées japonaises étaient fin prêtes pour être livrées pour que les petits détails vestimentaires ou de décoration autre que sur bois soient réglés. Geppetto lui fit remarquer que les mains des pantins étaient quelques peu disproportionnées par rapport au reste du corps. Il prit un air faussement dédaigneux et prit un outil pour mettre lui-même la main à la patte.
Sa fille baissa la tête.
Au moment d'approcher sa pointe du bois, une petite voix fluette se fit entendre :
« Arrête, ça chatouille ! »
Il suspendit son geste. Regardant à gauche, à droite de ses yeux égarés, il ne vit personne d'autre dans la pièce apparaître et être à l'origine de la voix. Dans son dos, Jotaro et Saya n'avaient pas bougé, ni apparemment parlé.
La pointe gratta de nouveau le petit élément en bois et encore, il perçut non pas une voix, mais plusieurs.
« Tu n'as pas entendu, elle t'as dit arrête ! »
Relevant le nez, de la sueur coula sur son front : toutes les têtes de poupées avaient tournées la tête vers lui et le pointaient de l'articulation du bras.
Le maître de l'atelier tomba de peur de sa chaise totalement à la renverse et se couvrit le visage avant de voir… deux personnes derrière lui à l'air hilare. Le gamin avait ses deux mains jointes l'une dans l'autre. Geppetto percuta en même temps que sa tête le sol la pauvre réalité. Après le choc, Saya et Jotaro l'aidèrent à se relever maintenant difficilement leurs sérieux.
«Tu m'as encore jouer un mauvais coup toi… »
Le nez de Jotaro s'allongea pendant que celui-ci, son sourire éloquent ne mentait pas lui non plus.

Un pas précipité dans la boue suivi par plusieurs autres. Sous une pluie et un déchaînement violents des éléments, les hommes sous leurs chapeaux de paille se dépêchaient de se rendre au temple.
Arrivés à l'endroit où ils avaient placardés le dessin il y a quelques heures plus tôt, ils furent soulagés de voir que les dochujins y étaient. Leur contact était donc vraiment bien arrivé à Lancq Ton.
« Un arbre géant… étang.
- Je vois.
- ?
- C'est le cyprès géant près du bassin d'irrigation
- Bien on y va»
Les six autres personnes confirmèrent de la tête et se mirent tout de suite en route, sans plus causer. Non pas que ce soit très loin, le climat était peu prêté aux randonnées nocturnes.
Le plus jeune des 5 s'arrêta : il avait entendu un bruit dans la clairière. Il s'arrêta brusquement et regarda dans cette direction. Il avait cru avoir vu deux points rouges comme des pupilles le fixer un bref instant. Se frottant les yeux, il voulut constater de nouveau si il n'avait pas rêver.
« Que ce passe t'il, Sanjuro-Kun ?
- Rien… je vous rejoins tout de suite. Je voudrai vérifier… un truc.
- Bien. Ne traîne pas. »
Ce n'était peut être que son imagination mais il ne serait pas rassuré. Dans le revers de sa veste tout en avançant vers l'endroit en question, sa main s'était doucement rapprochée du manche du couteau. On n'était jamais que trop prudent.
Satisfait par sa réponse, les autres repartirent. Il les rejoint quelques instants plus tard.
Personne à cause du temps et de la plui ne préta attention à l'étincelle rougoyante dans le fond de ses yeux.

Il n'avait pas trop apprécié la blague et les avaient renvoyé dans leurs quartiers respectifs, avec l'interdit formel de se voir ou de communiquer. Saya avait vivement protesté s'affichant en parfaite victime du « génie » « diabolique » de son odieux comparse mais la sanction n'en fut pas moins alourdie, à la grande satisfaction de Jotaro. Après tout, les 3 prochains jours à nettoyer l'atelier et le magasin n'étaient qu'un modeste prix à payer pour s'être offert le luxe de se moquer de son maître. Au moins, il ne serait pas le seul à payer cet « outrage ».
Geppetto s'assit sur le coin de son bureau, comme il en avait si bien l'habitude de le faire. S'était il montré trop sévère ou étais ce encore un coup de sa fierté maladive et mal placée ?
Ils n'avaient pas fait grand-chose de mal après tout mais son propre père affectionnait ce genre de pratiques, voir même un tantinet plus violentes.
Mais ce n'étaient pas ses enfants. Geppetto était issu d'une famille noble et quand son frère choisi la voie des armes très tôt, lui choisit celle de l'atelier et le bois. Leur père ne s'était jamais occupé d'eux et quand son frère mourut, il n'y vit dans son seul œil encore valide que du dédain pour lui. Geppetto ne regrettait pas néanmoins cette voie : son mentor alors surnommé Montelio avait toujours été particulièrement dur avec lui des heures et des heures durant. Il appréciait maintenant car sans lui, il ne serait jamais rien devenu de ce qu'il était maintenant.

Geppetto regarda les créations de ses jeunes effrontés. Le travail de Saya était soigné et fin mais n'avait rien de commun avec celui de Jotaro. L'approche du bois est différente selon les individus, et même si les deux travaux contrastaient comme le jour et la nuit, leur marque était reconnaissable pour lui qui les avait formé. Il était fier de sa fille mais ses sentiments étaient assez ambigu pour le travail accompli par Jotaro.
Le meuble était tout à fait remis sur pied mais pour ce qui est de son fonctionnement, c'était une autre histoire.( Il chercha d'ailleurs pendant quelques instants une explication logique au pourquoi que Jotaro avait démonté les éléments mécaniques qu'alors qu'on lui demandait seulement de retaper la façade en vain.)
Geppetto passa sa main sur son travail. Il n'y avait vraiment rien à lui reprocher encore cette fois ci. En fait, son approche du bois était différente non pas seulement de celle de Saya, mais de toutes celles qu'il avait vu jusqu'à présent. Et ce n'était que de très petits détails qui pouvaient dire que ce meuble provenait de son école.
C'était bien sûr il avait ce don mais il n'expliquait pas tout. Geppetto lui avait interdit de l'utiliser au court de son travail. Jotaro n'était pas là pour faire de la magie mais pour apprendre un métier, ce fusse pour aider son village. Les règles étaient les mêmes pour tout le monde.
Geppetto fut comme saisi d'un profond sentiment d'amertume : ce gosse ne ressentait rien pour le bois. Il n'y avait rien et c'était la première fois qu'il voyait ça depuis qu'il avait commencé le métier. C'était souvent signe que la personne avait d'autres rêves et projets dans la tête quand ce n'était pas la marque d'un profond mépris de la profession. Tout était mécanique dans ses gestes mais si précis. Jotaro n'avait jamais caché ses idées de voyage.
Le maître devrait prendre tôt ou tard une décision sur son sort.
Et ce moment arrivait.

« T'es sûr qu'il ne va pas monter ?
- Ne t'inquiètes pas, tu le connais : il ne montra pas avant un bon moment. »
Penché sur le coin de la porte, Jotaro guetta encore une fois le retour du trouble fête.
« Tu t'inquiètes pour lui, n'es ce pas ? »
C'était Saya qui s'efforça encore une fois de le rassurer.
Il ne répondit pas à la question. Malgré ses grands airs et ses multiples tentatives de protestations, la fille ne les prendrait pas au sérieux.
« Ne t'inquiète pas, continua-t-elle. Il est ne risque rien dans son atelier. Viens plutôt te réchauffer avec moi. »
Jotaro rougit et ferma la porte aussitôt. A l'instar de son mentor, Saya disait exactement ce qu'elle pensait et il le savait très bien. Les joutes verbales entre eux étaient monnaies fréquentes et assez animées car ils étaient rarement du même avis.
Bien sûr les sentiments entre eux étant d'âge à peu près égale avaient conspirés et ils s'étaient très vite retrouvés ensemble, jouant le jeu de l'amourette secrète. Pour Jotaro, l'attirance physique ne faisait pas tout du charme de Saya et son indépendance avaient fini par le fasciner complètement bien qu'il se le nier encore un petit peu.
Doucement, elle s'était rapprochée de son dos et l'avait entouré à la taille de ses bras.
Jotaro se laissa faire et ils allèrent s'allonger sur le lit.
« j'aime pas ça, dit Saya après quelques minutes.
- Quoi donc ?
- Cet air. Ce sourire si lointain. Comme si tu étais ailleurs qu'avec moi. »
Il haussa les épaules en se passant la main sur la figure.
« Saya… on en a déjà parlé.
- Explique moi dans ce cas. Peut être que mon ignorance et mon intelligence inférieure te fera voir les choses sous un autre angle. »
Sur ces mots, elle s'assit sur le lit et mit sa main dans la sienne.
« Saya… il s'agit de quelque chose d'assez difficile à expliquer, dit-il impénétrable.
- Et tu as peur de quoi ? c'est l'aventure qui t'appelle… ou quelqu'un d'autre. Rajouta t'elle tristement.
- Vent noir… j'ai l'impression que le vent noir va souffler. »
Saya ouvrit la bouche pour jeter un pique puis se ravisa. Jotaro était très sérieux. Elle avait compris par déduction avec ce qu'il lui avait dit auparavant, qu'il y avait quelque chose de plus important qu'un simple désir d'aventure. Peut être même de plus dangereux, sinon suicidaire. Elle l'entendait parfois parler dans son sommeil d'un endroit inconnu appelé Konoha ou d'un serpent à l'apparence humaine.
Saya trembla et lui tourna le dos. En se mordillant l'index, elle se rendit compte qu'elle avait peur pour lui.
« J'ignore ce qui te motive, Jotaro-kun. Mais si tu désires si ardemment entreprendre un voyage, sache qu'il ne se fera pas sans moi. »
Jotaro se leva d'un abondi du lit et explosa, sans prendre gare au ton qu'il utilisait.
« Je te l'interdit ! Qu'y connaît tu as mes problèmes ?
- Une question de rustre ma parole ! T'imagines tu détenir le monopole de tout à cause de ce que tu caches dans ton pantalon ? »
Jotaro rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. Comment discuter avec une fille aussi culottée.
« De plus ! Comment pourrais tu partir ? Tu n'oublierais pas par hasard ce que pourquoi tu es venu ici ? Les gens du village ont besoin de toi, tu le sais !
- Tu ne sais que ce que tu veux bien savoir !
Saya agita une main nonchalante
« T'inquiètes pas que tu reviendrais vite. Tu nous aimes trop pour partir.
- Ma place n'est pas avec vous ! »
Cette fois-ci, Saya accusa le coup. Jotaro voulut s'excuser mais c'était trop tard. La conversation était terminée, Saya avait baissé la tête.
Doucement elle se rendait à la porte.
« … Très bien. Part si tu veux. Mais ne t'étonnes pas si quelqu'un d'autre à ton retour partage ma couche. »
Et elle sortit en claquant la porte.
Jotaro ne la retint pas. Il n'avait jamais aimé se disputer et puis, ses maux de têtes revenaient de nouveau.

« Sasuke Geki, commandant de la milice.
- Hoshigaki Kisame, ninja de Kiri.
- Vous n'êtes pas…
- Considérez le comme disparu. »
Les hommes se regardèrent l'un après l'autre. Ils avaient été piégés. Connaissant la réputation des hommes de Kiri, ils avaient peut être encore une chance de conclure l'affaire sans y laisser la vie.
Geki continua :
« Il y a dans ces marécages un homme qui doit être… »
Il tapota le pommeau de son katana pour toute explication. Kisame montra ses dents dans la pénombre.
« Son nom ?
- Sasatoki Aseamon. Pour cette tâche, vous gagnerez 500 ryo. »
Le ninja ne dit rien mais n'en pensa pas moins. Vraiment, ce genre d'activité lui plaisaient vraiment. Et puis, au diable les bonnes mœurs.
Quitte à jouer sur le culot, Kisame eut l'idée d'une question assez dérangeante.
« Dites moi pourquoi… ce sera ma seule condition.
- Je savais bien qu'il me faudrait tout raconter pour m'allouer les services d'Akira Yamada. Puisque vous allez accomplir sa tâche, sachez qu'après vous ne pourrez plus refuser le contrat. »
Kisame hocha la tête. Geki était intelligent.
Les autres enlevèrent leur chapeau.
« Ce sont les 4 artisans du han qui travaillent le bois. A eux tous, ils produisent, fabriquent et réparent 1500 pièces par ans et 30 hommes travaillent dans leurs ateliers.
Mais depuis peu, un ébéniste sous leurs ordres, ce Aseamon, utilise une technique secrète pour d'autres clients, les vendant à nos ennemis. »
L'un des quatre artisans sortit du revers de son haori un morceau de bois finement taillé et décoré. Geki posa la pièce au sol et mit sa main dessus.
« Nous avons un informateur qui nous a confirmé ces dires.
Nous ne pouvons tolérer cela : il fabrique en secret en utilisant des nouvelles méthodes sans les partager pour s'auréoler de prestige. En cachant ses projets, il compromet l'avenir et la réputation de tous les artisans. Ne faudrait il pas mieux coopérer tous ensemble ?
Je vous implore d'accepter »
Kisame lui fit signe de la main d'arrêter son petit numéro et de lui remettre le morceau de bois. les instructions et la carte étaient à l'intérieur.
« Vous avez penser à tout n'es-ce pas…
- Comment ?
- En voulant me faire assassiner Aseamon, vous évitez que votre petit manège d'espionnage industriel soit dévoilé. Avec suffisamment d'hommes, vous auriez pu tout aussi bien régler l'affaire vous-même, mais avec moi, aucun risque pour qu'un scandale éclate.
Une fois mort, vous n'aurez plus qu'à aller fouiller dans son atelier et récupérer les plans.
Intelligent en effet.
- … le ferez vous ?
- Bien sûr. Vous aurez sa tête servi sur un plateau demain.
- demain matin, ses apprentis se rendent en ville chercher des provisions. Ne négligez pas ce détail. l'autre partie vous sera laissée laissé à votre retour ici et dès confirmation du décès d'Aseamon.»
L'affaire conclue, les hommes remirent leurs chapeaux et disparurent dans la nuit, aussi bien qu'ils étaient apparus.
Kisame réfléchit un peu pour rechercher un détail à la conversation qu'il aurait pu manquer en cours de route. l'homme le plus jeune de la conversation semblait particulièrement étrange, le fixant plus que d'ordinaire. il n'y avait pas de peur dans son regard.
Kisame haussa les épaules.
Qu'importe après tout, demain serait jour de paie. la nuit lui porterait peut être conseil mais avant, il préféra se mettre en route à l'endroit indiqué par la carte.

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Chapitre assez long, pour gros travail des détails, des descriptions et de la présentation générale. l'histoire commence vraiment sur le chapitre 3.

J'ai beaucoup plus travaillé le carractère de mes personnages annexes qu'auparavant. Saya et Aseamon ont un carractère et j'ai fait de mon mieu pour rendre yamato crédible.
Pour le nom, j'ai fait au pif. il n'a pas de nom lui non plus. comme j'avais envie de faire un petit hommage à Jojo bizarre aventure, c'est sorti comme ca.

Voilà, prochain chapitre pour samedi-dimanche a mon avis.

PS : merci pour les com' ;)