Chapitre 2 : un morceau de bois
Pays
du Riz, région du Lancq Ton.
C'était la pleine
saison des pluies.
Encadrée sur trois côtés
par des montagnes et ouverte, au nord se trouvait la seule ville
maritime, Kosaka. A quelques heures de marche vers l'Est de celle
ci, dans un coin marécageux assez peu fréquenté
par les gens, se tenait un magasin du vieil homme qui malgré
emplacement, bénéficiait d'une grande notoriété.
Le sommet de son crâne était dégarni depuis
longtemps et ses cheveux étaient maintenant de colorie poivre
et sel, fruit aussi des ans. Sasatoki Aseamon, ou « Geppetto »
comme il aimait qu'on l'appelle y était le tenancier. Dans
son modeste atelier, il avait reçut au fil du temps bon nombre
des commandes ou de projets de plus ou moins importance, souvent de
grands seigneurs. Son talent était reconnu partout où
il allait.
Ils travaillaient encore à cette heure-ci.
la pluie n'avait pas cesser de battre aujourd'hui. Pour les habitants
de ce magasin, c'était le cadet de leurs soucis le mauvais
temps.
Dans l'atelier exigu situé dans le fond des
appartements, ils étaient assis devant leurs secrétaires,
dos à dos et séparés l'un de l'autre au
maximum de distance que la pièce pouvait le permettre. Aseamon
avait installé ainsi leurs secrétaires afin que ses
protégés n'aient pas l'esprit tourné
ailleurs pendant les heures d'exercice comme il arrivait auparavant
-et dieu sait qu'il y veillait encore-. Dans leur métier,
aucune erreur n'était permise. Il observait du coin de l'œil
leurs travails en même temps qu'il traçait les plans
de son prochain.
La seule fille de la pièce avait les
cheveux châtain repoussés dans le dos par un petit nœud.
Essayant de se retenir pour ne pas éponger sa sueur au
front, elle maîtrisait en même temps son tremblement des
mains pour ne pas abîmer de la pointe, la matière
travaillée. Il ne manquait plus qu'un détail
minuscule… et ce serait bon. Les pièces de la poupée
n'avaient plus qu'à être assemblées une par
unes, puis peintes un peu plus tard comme celles de ses autres
camarades. Enfin ça, c'était le moins important. De
ses petites mains expertes ; petit à petit et unes par unes
les membres des marionnettes. Tout était prêt, elle mit
la figurine sur l'estrade à 5 marches, à coté
des autres.
Saya, la fille du meilleur ébéniste du
pays lui fit signe qu'elle avait enfin terminé et put enfin
s'éponger le front. En nettoyant ses lunettes, elle regarda
son père d'un grand sourire épris de fierté.
Le vieillard hocha de la tête mais ne manifesta aucune
expression : le meilleur moment de la journée allait enfin
arrivé. D'un abord assez calme et presque réservé,
elle brûlait en réalité d'une énergie et
d'un feu intérieur inhabituels chez une femme. Celles de la
région étaient encore élevées dans le
sentiment que leurs opinions étaient dénuées de
valeur. A l'instar de son père, Saya disait exactement ce
qu'elle pensait et exposait ses désirs sans la moindre
ambiguïté. C'était l'une de ses qualités
majeures.
Geppetto cessa de rêvasser et tonna d'une voix
assez forte dans toute la pièce, même si en fait, ce
n'était destiné que pour une seule personne.
«
Bien posez vos outils. L'exercice est terminé ! »
Saya ne dit rien mais fixa attentivement son collègue qui
n'avait pas répondu à l'appel. Geppetto répéta
son ordre.
Aucune réponse.
« Jotaro, tu
m'écoutes ? »
Il ne réitéra pas sa
question. Apparemment comme à son habitude, celui-ci faisait
du zelle. Il soupira : avec l'expérience il avait apprit que
cela ne servait à rien de répéter de nouveau son
ordre. Ce petit n'était pas comme les autres et après
tout, dans leur métier l'excès de zelle était
toujours payeur.
Il n'avait rien entendu de l'ordre
donné, trop encore aspiré dans toute sa concentration
déployée pour parachever l'œuvre qui lui avait été
confiée. La restauration d'une très vieille pièce
d'horlogerie en marbre n'était pas une chose aisée.
Pourtant, le jeune homme n'avait pas le visage tordu par la
concentration, ni l'impression de vouloir contenir ses tremblements
de mains. Dans ses yeux respirait l'intelligence et un sens inné
de la mesure. A quinze ans, le gamin avait l'assurance que d'autre
dans le métier, cherchait encore vingt ans plus tard.
De
très nombreuses pièces de l'élément
mécaniques étaient encore un peu dispersées un
peu partout sur la surface du bureau. Le garçon n'en avait
cure, il n'était pas horloger. Sa corbeille était
complètement pleine de copeaux et de sciures de la surface du
bois travaillé. Ses mains s'activaient à la tâche,
assez ardue car minutieuse. Aucune erreur n'était permise
lorsqu'on travaillait sur le bois, surtout que le vieux était
derrière. Avec son ustensile, le bois grinçait sous un
frottement perpétuel et régulier. Autant pour d'autres,
le cri du bois pouvait être très agaçant, pour
lui c'était une méthode comme une autre
d'introspection.
Ni même pour l'instant apprenti
ébéniste.
Rejouant le même scénario
depuis des lustres, ses doigts jouaient de l'outil en même
temps que ses pupilles visionnaient des images fantomatiques. Des
représentations cinématiques d'une autre époque.
Son esprit ne travaillait pas le bois, il contemplait une
scène de l'ancien temps. Il y avait un homme d'assez
grande stature, installé sur un champ de bataille. Il portait
une armure rouge et avait de nombreux guerriers à ses ordres.
Quelque chose était attachée à son front, une
sorte de bandeau avec un motif de feuille. Assis en tailleur, l'homme
en armure observait le champ de bataille. Jotaro avait l'impression
qu'ils se connaissaient depuis toujours. Accompagné de maux
de têtes, l'homme en armure rouge venait souvent lui rendre
visite à plusieurs heures de la journée, pour lui
montrer d'autres visions du passé par de petites séances.
Il avait fini par ne plus en parler, ni même à Saya
par peur de passer pour un fou.
Mais il n'était pas fou
: dans son fort intérieur, Jotaro savait que l'homme en
armure rouge avait été important d'une manière
ou d'une autre. Cet homme avait existé.
Il revient à
la réalité. La pièce était presque finie.
Le vieux serait content.
Il se fichait bien de
la pluie ; chez lui c'était plus que monaie courante et ce ne
serait donc pas ça qui le déboussolerait.
Si les
ninja étaient des messagers de mort, lui plus que quiconque
était la personnification de la grande faucheuse. et dans sa
profession, le mauvais temps était plus un certain avantage.
Dans ses yeux froids comme des glaçons et meurtriers, Il
n'y avait aucune émotion rassurante qui y transparaissait.
Son physique assez grand et costaud n'était pas pour autant
particulièrement ravageur, faute d'un teint de peau un peu
plus bleu que la moyenne et un sourire assez magique grâce à
des dents plates, triangulaires, et dentelées un peu comme les
requins blanc. Avec 3 branchies situées de chaque cotés
en dessous de ses yeux, on aurait presque eut l'impression que ces
derniers n'étaient pas étranger à son acte de
naissance.
Les origines d'Hoshigaki Kisame étaient
troubles et il était interdit de lui en parlait.
Dans son
dos, se baladait quelque chose d'assez complaisant en cas de
problème ; une gigantesque et imposante épée de
style ancien (plus connu sous le dénominatif Zanbato), drapée
dans des bandelettes. De conception originale, son ancien
propriétaire prétendait qu'elle avait été
faite en peau de requin. Elle portait le nom de Samehada. Peut être
qui sait mais il était clair qu'il n'avait pas mentit sur
son efficacité. Dans son pays on lui avait apprit a prendre
des vies un peu à la même manière que l'océan
s'occupe des marins inexpérimentés et trop confiants
d'eux même : de manière violente et impitoyable. Notre
grand bonhomme bleu avouait dans ce cas une franche qualité à
sa gigantesque épée : très efficace pour l'aider
à remplir cet office… Sauf quand l'envie lui prenait de
laisser en vie certaines personnes pas trop faible et qui un jour
seraient peut être capables de venir lui demander des comptes.
Mais ce ne serait pas encore cette fois-ci.
Dans la
petite ville où il avait échoué, il n'y avait
pas grand-chose de dangereux dans le coin. De ce fait, il n'était
pas souriant et personne n'avait le droit de l'approcher ou lui
demander qui il était. Le ninja n'aimait pas le mot «
discrétion » et n'avait donc rien fait pour cacher son
visage, ni son affiliation au village de Kiri. Kisame Après
avoir pris quelques renseignements auprès de la ''gente
féminine payante locale'', il se dirigea vers la sortie de
la ville pour rejoindre la route menant aux zones marécages.
Même si sa mission était terminé, Kisame aimait
beaucoup se ballader dans ces endroits là, souvent sources de
grands profits.
En effet, ceux qui voulaient contacter un
assassin clouaient un Rikudo gofu, talisman à l'effigie des
démons à tête de bœuf et de cheval, gardiens de
l'enfer, sur les temples en bordure de route. Méthode
ancienne et assez connu, personne n'avait osé jusqu'à
maintenant se jouer des ninja de Kiri. Ce n'était que pure
spéculation mais il était de coutume que quiconque
souhaitait la mort d'un ennemi, le maudissait en placardant des
imprécations sur les temples. Les croyances étaient
tenaces, même dans ce trou paumé. Et cela arrangeait les
poches de certains ninja qui voulaient faire quelques bénéfices
en plus.
Surtout quand des rumeurs affirmaient que le «
petit » prodige Kisame était dans le coin.
Comme
prévu, arrivé au temple, le talisman était là.
Il avait une petite idée de la topographie des lieux et un
endroit en particulier avait retenu son attention. Le ninja de Kiri
ramassa quelques petits cailloux. Il était l'heure de
dessiner un petit peu sur le sol.
Jotaro souffla
sur les copeaux. Satisfait, il passa un rapide coup de chiffon pour y
voir clair: la pièce de mobilier était complètement
terminée. Ce n'était plus qu'une petite question de
petites retouches pour achever la finition auxquelles il ne lui
appartenait pas d'y travailler..
Il prit l'un de ses plus
grands sourires et cria dans tout l'atelier:
« Maître
j'ai fini ! »
Dans les yeux de Geppetto, une grande lueur
étincela tout à coup. Malgré son inquiétude
et sa curiosité, il était resté à bonne
distance d'où son apprenti avait travaillé quinze
durantes. Il reprit son air renfrogné assez vite après
s'être redressé la hâte.
« Et bien, il
t'en a fallut du temps, gamin ».
Jotaro sourit timidement
et baissa les yeux. En voyant ça, Saya ne pu s'empêcher
d'envoyer un petit pique.
« Bien, voyons d'un peu plus
prêt quel triste sort tu nous encore préparé pour
cette pauvre horloge.»
L'interpellé se contenta
d'hausser les épaules. Ses protestations ne seraient pas
prises au sérieux par sa camarade. Geppetto s'approcha. A
première vue, les gamins avaient bien travaillés. Il se
pencha d'abord sur le travail de sa fille.
Saya lui avait
fait honneur : les précieuses et splendides poupées
japonaises étaient fin prêtes pour être livrées
pour que les petits détails vestimentaires ou de décoration
autre que sur bois soient réglés. Geppetto lui fit
remarquer que les mains des pantins étaient quelques peu
disproportionnées par rapport au reste du corps. Il prit un
air faussement dédaigneux et prit un outil pour mettre
lui-même la main à la patte.
Sa fille baissa la
tête.
Au moment d'approcher sa pointe du bois, une petite
voix fluette se fit entendre :
« Arrête, ça
chatouille ! »
Il suspendit son geste. Regardant à
gauche, à droite de ses yeux égarés, il ne vit
personne d'autre dans la pièce apparaître et être
à l'origine de la voix. Dans son dos, Jotaro et Saya
n'avaient pas bougé, ni apparemment parlé.
La
pointe gratta de nouveau le petit élément en bois et
encore, il perçut non pas une voix, mais plusieurs.
«
Tu n'as pas entendu, elle t'as dit arrête ! »
Relevant le nez, de la sueur coula sur son front : toutes les
têtes de poupées avaient tournées la tête
vers lui et le pointaient de l'articulation du bras.
Le maître
de l'atelier tomba de peur de sa chaise totalement à la
renverse et se couvrit le visage avant de voir… deux personnes
derrière lui à l'air hilare. Le gamin avait ses deux
mains jointes l'une dans l'autre. Geppetto percuta en même
temps que sa tête le sol la pauvre réalité. Après
le choc, Saya et Jotaro l'aidèrent à se relever
maintenant difficilement leurs sérieux.
«Tu m'as
encore jouer un mauvais coup toi… »
Le nez de Jotaro
s'allongea pendant que celui-ci, son sourire éloquent ne
mentait pas lui non plus.
Un pas précipité
dans la boue suivi par plusieurs autres. Sous une pluie et un
déchaînement violents des éléments, les
hommes sous leurs chapeaux de paille se dépêchaient de
se rendre au temple.
Arrivés à l'endroit où
ils avaient placardés le dessin il y a quelques heures plus
tôt, ils furent soulagés de voir que les dochujins y
étaient. Leur contact était donc vraiment bien arrivé
à Lancq Ton.
« Un arbre géant… étang.
- Je vois.
- ?
- C'est le cyprès géant
près du bassin d'irrigation
- Bien on y va»
Les
six autres personnes confirmèrent de la tête et se
mirent tout de suite en route, sans plus causer. Non pas que ce soit
très loin, le climat était peu prêté aux
randonnées nocturnes.
Le plus jeune des 5 s'arrêta
: il avait entendu un bruit dans la clairière. Il s'arrêta
brusquement et regarda dans cette direction. Il avait cru avoir vu
deux points rouges comme des pupilles le fixer un bref instant. Se
frottant les yeux, il voulut constater de nouveau si il n'avait pas
rêver.
« Que ce passe t'il, Sanjuro-Kun ?
-
Rien… je vous rejoins tout de suite. Je voudrai vérifier…
un truc.
- Bien. Ne traîne pas. »
Ce n'était
peut être que son imagination mais il ne serait pas rassuré.
Dans le revers de sa veste tout en avançant vers l'endroit
en question, sa main s'était doucement rapprochée du
manche du couteau. On n'était jamais que trop prudent.
Satisfait par sa réponse, les autres repartirent. Il les
rejoint quelques instants plus tard.
Personne à cause du
temps et de la plui ne préta attention à l'étincelle
rougoyante dans le fond de ses yeux.
Il n'avait
pas trop apprécié la blague et les avaient renvoyé
dans leurs quartiers respectifs, avec l'interdit formel de se voir
ou de communiquer. Saya avait vivement protesté s'affichant
en parfaite victime du « génie » «
diabolique » de son odieux comparse mais la sanction n'en fut
pas moins alourdie, à la grande satisfaction de Jotaro. Après
tout, les 3 prochains jours à nettoyer l'atelier et le
magasin n'étaient qu'un modeste prix à payer pour
s'être offert le luxe de se moquer de son maître. Au
moins, il ne serait pas le seul à payer cet « outrage ».
Geppetto s'assit sur le coin de son bureau, comme il en avait
si bien l'habitude de le faire. S'était il montré
trop sévère ou étais ce encore un coup de sa
fierté maladive et mal placée ?
Ils n'avaient pas
fait grand-chose de mal après tout mais son propre père
affectionnait ce genre de pratiques, voir même un tantinet plus
violentes.
Mais ce n'étaient pas ses enfants. Geppetto
était issu d'une famille noble et quand son frère
choisi la voie des armes très tôt, lui choisit celle de
l'atelier et le bois. Leur père ne s'était jamais
occupé d'eux et quand son frère mourut, il n'y vit
dans son seul œil encore valide que du dédain pour lui.
Geppetto ne regrettait pas néanmoins cette voie : son mentor
alors surnommé Montelio avait toujours été
particulièrement dur avec lui des heures et des heures durant.
Il appréciait maintenant car sans lui, il ne serait jamais
rien devenu de ce qu'il était maintenant.
Geppetto
regarda les créations de ses jeunes effrontés. Le
travail de Saya était soigné et fin mais n'avait rien
de commun avec celui de Jotaro. L'approche du bois est différente
selon les individus, et même si les deux travaux contrastaient
comme le jour et la nuit, leur marque était reconnaissable
pour lui qui les avait formé. Il était fier de sa fille
mais ses sentiments étaient assez ambigu pour le travail
accompli par Jotaro.
Le meuble était tout à fait
remis sur pied mais pour ce qui est de son fonctionnement, c'était
une autre histoire.( Il chercha d'ailleurs pendant quelques
instants une explication logique au pourquoi que Jotaro avait démonté
les éléments mécaniques qu'alors qu'on lui
demandait seulement de retaper la façade en vain.)
Geppetto
passa sa main sur son travail. Il n'y avait vraiment rien à
lui reprocher encore cette fois ci. En fait, son approche du bois
était différente non pas seulement de celle de Saya,
mais de toutes celles qu'il avait vu jusqu'à présent.
Et ce n'était que de très petits détails qui
pouvaient dire que ce meuble provenait de son école.
C'était
bien sûr il avait ce don mais il n'expliquait pas tout.
Geppetto lui avait interdit de l'utiliser au court de son travail.
Jotaro n'était pas là pour faire de la magie mais
pour apprendre un métier, ce fusse pour aider son village. Les
règles étaient les mêmes pour tout le monde.
Geppetto fut comme saisi d'un profond sentiment d'amertume :
ce gosse ne ressentait rien pour le bois. Il n'y avait rien et
c'était la première fois qu'il voyait ça
depuis qu'il avait commencé le métier. C'était
souvent signe que la personne avait d'autres rêves et projets
dans la tête quand ce n'était pas la marque d'un
profond mépris de la profession. Tout était mécanique
dans ses gestes mais si précis. Jotaro n'avait jamais caché
ses idées de voyage.
Le maître devrait prendre tôt
ou tard une décision sur son sort.
Et ce moment arrivait.
« T'es sûr qu'il ne va pas monter ?
- Ne
t'inquiètes pas, tu le connais : il ne montra pas avant un
bon moment. »
Penché sur le coin de la porte, Jotaro
guetta encore une fois le retour du trouble fête.
«
Tu t'inquiètes pour lui, n'es ce pas ? »
C'était
Saya qui s'efforça encore une fois de le rassurer.
Il ne
répondit pas à la question. Malgré ses grands
airs et ses multiples tentatives de protestations, la fille ne les
prendrait pas au sérieux.
« Ne t'inquiète
pas, continua-t-elle. Il est ne risque rien dans son atelier. Viens
plutôt te réchauffer avec moi. »
Jotaro rougit
et ferma la porte aussitôt. A l'instar de son mentor, Saya
disait exactement ce qu'elle pensait et il le savait très
bien. Les joutes verbales entre eux étaient monnaies
fréquentes et assez animées car ils étaient
rarement du même avis.
Bien sûr les sentiments entre
eux étant d'âge à peu près égale
avaient conspirés et ils s'étaient très vite
retrouvés ensemble, jouant le jeu de l'amourette secrète.
Pour Jotaro, l'attirance physique ne faisait pas tout du charme de
Saya et son indépendance avaient fini par le fasciner
complètement bien qu'il se le nier encore un petit peu.
Doucement, elle s'était rapprochée de son dos et
l'avait entouré à la taille de ses bras.
Jotaro
se laissa faire et ils allèrent s'allonger sur le lit.
«
j'aime pas ça, dit Saya après quelques minutes.
-
Quoi donc ?
- Cet air. Ce sourire si lointain. Comme si tu étais
ailleurs qu'avec moi. »
Il haussa les épaules en
se passant la main sur la figure.
« Saya… on en a déjà
parlé.
- Explique moi dans ce cas. Peut être que mon
ignorance et mon intelligence inférieure te fera voir les
choses sous un autre angle. »
Sur ces mots, elle s'assit
sur le lit et mit sa main dans la sienne.
« Saya… il
s'agit de quelque chose d'assez difficile à expliquer,
dit-il impénétrable.
- Et tu as peur de quoi ?
c'est l'aventure qui t'appelle… ou quelqu'un d'autre.
Rajouta t'elle tristement.
- Vent noir… j'ai l'impression
que le vent noir va souffler. »
Saya ouvrit la bouche pour
jeter un pique puis se ravisa. Jotaro était très
sérieux. Elle avait compris par déduction avec ce qu'il
lui avait dit auparavant, qu'il y avait quelque chose de plus
important qu'un simple désir d'aventure. Peut être
même de plus dangereux, sinon suicidaire. Elle l'entendait
parfois parler dans son sommeil d'un endroit inconnu appelé
Konoha ou d'un serpent à l'apparence humaine.
Saya
trembla et lui tourna le dos. En se mordillant l'index, elle se
rendit compte qu'elle avait peur pour lui.
« J'ignore
ce qui te motive, Jotaro-kun. Mais si tu désires si ardemment
entreprendre un voyage, sache qu'il ne se fera pas sans moi. »
Jotaro se leva d'un abondi du lit et explosa, sans prendre gare
au ton qu'il utilisait.
« Je te l'interdit ! Qu'y
connaît tu as mes problèmes ?
- Une question de
rustre ma parole ! T'imagines tu détenir le monopole de tout
à cause de ce que tu caches dans ton pantalon ? »
Jotaro rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. Comment
discuter avec une fille aussi culottée.
« De plus !
Comment pourrais tu partir ? Tu n'oublierais pas par hasard ce que
pourquoi tu es venu ici ? Les gens du village ont besoin de toi, tu
le sais !
- Tu ne sais que ce que tu veux bien savoir !
Saya
agita une main nonchalante
« T'inquiètes pas que
tu reviendrais vite. Tu nous aimes trop pour partir.
- Ma place
n'est pas avec vous ! »
Cette fois-ci, Saya accusa le
coup. Jotaro voulut s'excuser mais c'était trop tard. La
conversation était terminée, Saya avait baissé
la tête.
Doucement elle se rendait à la porte.
«
… Très bien. Part si tu veux. Mais ne t'étonnes pas
si quelqu'un d'autre à ton retour partage ma couche. »
Et elle sortit en claquant la porte.
Jotaro ne la retint pas.
Il n'avait jamais aimé se disputer et puis, ses maux de
têtes revenaient de nouveau.
« Sasuke
Geki, commandant de la milice.
- Hoshigaki Kisame, ninja de Kiri.
- Vous n'êtes pas…
- Considérez le comme
disparu. »
Les hommes se regardèrent l'un après
l'autre. Ils avaient été piégés.
Connaissant la réputation des hommes de Kiri, ils avaient peut
être encore une chance de conclure l'affaire sans y laisser
la vie.
Geki continua :
« Il y a dans ces marécages
un homme qui doit être… »
Il tapota le pommeau de
son katana pour toute explication. Kisame montra ses dents dans la
pénombre.
« Son nom ?
- Sasatoki Aseamon. Pour
cette tâche, vous gagnerez 500 ryo. »
Le ninja ne dit
rien mais n'en pensa pas moins. Vraiment, ce genre d'activité
lui plaisaient vraiment. Et puis, au diable les bonnes mœurs.
Quitte à jouer sur le culot, Kisame eut l'idée
d'une question assez dérangeante.
« Dites moi
pourquoi… ce sera ma seule condition.
- Je savais bien qu'il
me faudrait tout raconter pour m'allouer les services d'Akira
Yamada. Puisque vous allez accomplir sa tâche, sachez qu'après
vous ne pourrez plus refuser le contrat. »
Kisame hocha la
tête. Geki était intelligent.
Les autres enlevèrent
leur chapeau.
« Ce sont les 4 artisans du han qui
travaillent le bois. A eux tous, ils produisent, fabriquent et
réparent 1500 pièces par ans et 30 hommes travaillent
dans leurs ateliers.
Mais depuis peu, un ébéniste
sous leurs ordres, ce Aseamon, utilise une technique secrète
pour d'autres clients, les vendant à nos ennemis. »
L'un des quatre artisans sortit du revers de son haori un
morceau de bois finement taillé et décoré. Geki
posa la pièce au sol et mit sa main dessus.
« Nous
avons un informateur qui nous a confirmé ces dires.
Nous
ne pouvons tolérer cela : il fabrique en secret en utilisant
des nouvelles méthodes sans les partager pour s'auréoler
de prestige. En cachant ses projets, il compromet l'avenir et la
réputation de tous les artisans. Ne faudrait il pas mieux
coopérer tous ensemble ?
Je vous implore d'accepter »
Kisame lui fit signe de la main d'arrêter son petit
numéro et de lui remettre le morceau de bois. les instructions
et la carte étaient à l'intérieur.
«
Vous avez penser à tout n'es-ce pas…
- Comment ?
-
En voulant me faire assassiner Aseamon, vous évitez que votre
petit manège d'espionnage industriel soit dévoilé.
Avec suffisamment d'hommes, vous auriez pu tout aussi bien régler
l'affaire vous-même, mais avec moi, aucun risque pour qu'un
scandale éclate.
Une fois mort, vous n'aurez plus qu'à
aller fouiller dans son atelier et récupérer les plans.
Intelligent en effet.
- … le ferez vous ?
- Bien sûr.
Vous aurez sa tête servi sur un plateau demain.
- demain
matin, ses apprentis se rendent en ville chercher des provisions. Ne
négligez pas ce détail. l'autre partie vous sera
laissée laissé à votre retour ici et dès
confirmation du décès d'Aseamon.»
L'affaire
conclue, les hommes remirent leurs chapeaux et disparurent dans la
nuit, aussi bien qu'ils étaient apparus.
Kisame réfléchit
un peu pour rechercher un détail à la conversation
qu'il aurait pu manquer en cours de route. l'homme le plus jeune de
la conversation semblait particulièrement étrange, le
fixant plus que d'ordinaire. il n'y avait pas de peur dans son
regard.
Kisame haussa les épaules.
Qu'importe après
tout, demain serait jour de paie. la nuit lui porterait peut être
conseil mais avant, il préféra se mettre en route à
l'endroit indiqué par la carte.
--
Chapitre assez long, pour gros travail des détails, des descriptions et de la présentation générale. l'histoire commence vraiment sur le chapitre 3.
J'ai beaucoup plus travaillé
le carractère de mes personnages annexes qu'auparavant. Saya
et Aseamon ont un carractère et j'ai fait de mon mieu pour
rendre yamato crédible.
Pour le nom, j'ai fait au pif. il
n'a pas de nom lui non plus. comme j'avais envie de faire un petit
hommage à Jojo bizarre aventure, c'est sorti comme ca.
Voilà, prochain chapitre pour samedi-dimanche a mon avis.
PS : merci pour les com' ;)
