Chapitre 4 : Sur les petits chemins…

Anko avait été conviée au cours de sa carrière en dent de scie déjà à réclamer un grand nombre d'audiences. Elle savait donc par habitude que quelle que soit l'urgence de la situation, elle commençait toujours par une attente dans une quelconque antichambre. Cette fois-ci, c'était un peu différent et donc, Ako avait choisi d'opérer autrement faisant fit des leçons de politesse de son maître. La salle d'attente était plus luxueuse que la normale et dans des circonstances ordinaires pour tromper son ennui, elle se serait peut être amusée à passer en revu le décors pour juger si il était à la auteur de son esthétisme.
Elle n'avait pas le choix en se rendant ici : Orochimaru lui avait demandé d'éliminer la preuve au sujet de ses petits « oublis » sans savoir où elle se trouvait. Cela pouvait être n'importe où au pays du riz. Elle était partie aussitôt après l'ordre de mission, se jouant des postes de gardes et du règlement officiel de Konoha, sachant par avance que son maître lui arrangerait les quelques détails liés à son absence imprévue à durée indéterminée.
La seule piste qu'elle avait était les deux Anbu chargés de ramener la preuve. Le mode de déplacement Anbu n'avait rien de commun avec celui dit traditionnel des ninja. Il était beaucoup plus rapide et efficace mais avait au moins un désavantage : il était éprouvant physiquement.
Anko se satisfit encore une fois d'avoir envoyé son clone contacter ses hommes. L'intérêt de cette technique de Genjutsu était que le clone n'était pas limité aux contraintes humaines comme l'épuisement et que l'utilisateur (si il possédait une bonne expérience et maîtrise) pouvait le manipuler à très longue distance.
L'originale estimait avoir à peine une heure d'avance sur eux.
L'attente ne fut pas aussi rébarbative que prévue car lorsque son contact sortit de la pièce, une ombre se mouva d'un coin de la pièce, alors dissimulé parfaitement par une statue imposante et atterrit agilement à coté de la porte. Elle était accompagnée d'un visage bien familier. Pour donner une idée de sa taille, la tête du clone d'Anko arrivait à peine à la hauteur de sa poitrine et ses épaules étaient beaucoup plus larges que celle de la jeune femme au corps élancé. Il fixait la pièce d'un air mauvais à sa recherche. Une vieille cicatrice barrait son œil droit. Ses gros doigts boudinés caressaient distraitement sa barbe. A voir son imposant crâne chauve fumer à rechercher l'intrus, le clone invisible ne pus s'empêcher de sourire.
Finalement, il fit signe à l'autre de le suivre en émettant un grognement. Sa façon de s'exprimer n'avait finalement pas beaucoup changée à lui aussi… Au moins, il n'était pas difficile de cerner sa personnalité tout comme l'autre. Beaucoup plus petit et fin, on aurait presque pensé que sous ses traits, ses lunettes aux verres noires et son chapeau melon belge qu'un démon s'était chargé de dessiner ses traits humains en s'inspirant de reptiles.
Ils ne s'étaient pas reparlé depuis la mission d'il y a quelques mois consistant à retrouver –ou plutôt massacrer- des renégats gênant les activités parallèles de son maître. La réplique d'Anko se lécha la lèvre supérieure en se remémorant ce souvenir assez inoubliable dans le genre. Sans rentrer dans les détails, on pouvait dire qu'ils avaient fait un bon boulot sans faire dans la dentelle.
Facilement manipulables car limités intellectuellement, Orochimaru aimait les associer elle et eux car il avait toute confiance en ses dons de persuasion et tactique. Ils avaient aussi passé plusieurs fois par les mains chirurgicales du ninja légendaire, les améliorant quelque peu au détriment de leur physique (qui au moins du départ, n'avaient jamais été très généreux à en voir les « photos souvenirs » de leurs dossiers respectifs.)
Le moment était donc venu de refaire pour une dernière fois « équipe » ensemble.
Les deux hommes passèrent devant le clone sans le remarquer pour rejoindre, peut être leurs appartements ou plus vraisemblablement le prochain bar. La réplique d'Anko les laissa passer devant elle comme si de rien était. La raison de son non agacement devant ce manque flagrant de vigilance (quel gachis d'avoir passé autant de temps à les entraîner à la détection de Genjutsu !) était qu'elle effectuait et marmonnait depuis quelques secondes une technique avec une série de signes assez complexe et long.
- Juzoh ? l'appela-t-elle de la voix la plus sensuelle qu'elle pu au moment d'achever sa technique.
Surpris et quelque peu agacé par cette intrusion, l'interpellé se retourna pour se retrouver face à une splendide jeune femme, des cheveux mauves attachés derrières en bataille dont certaines mèches retombaient sur son front mettant en valeur son regard. Anko plissa un sourcil en le regardant et lui sourit comme si de rien était, pour dissimuler son amusement. Les effets de sa technique s'avérèrent concluants. Ils lui obéiraient au doigt et à l'œil pendant un certain temps de nouveau.
Enfin, jusqu'à la fin cette fois-ci, rajouta l'Anko originale pour elle-même amèrement à voix haute continuant son périple d'arbres en arbres.

Dans l'atelier dévasté, un calme tendu régnait en même temps que le désordre et l'incompréhension soulevés en quelques minutes.
Jotaro était étendu sur le sol, son regard planté sur deux hommes se tenant face à face. Lorsque Saya s'était mise à crier, Jotaro avait fermé les yeux s'attendant à recevoir le coup de grâce… qui ne vint jamais. Le géant à l'apparence de requin venait de suspendre son geste, immobilisé par une sorte de lianes en forme de poutrelles en bois échappées du sol venues s'entortiller le long de son corps. Jotaro fut alors obligé de se boucher les oreilles pour se protéger du hurlement presque strident émis par Saya.
Au bout d'un moment, il remarqua du coin de l'œil que l'assassin parut alors plus affecté que les autres, la douleur déformant ses traits comme si ils avaient été comme figés dans une expression indéfinissable, mélange de douleur et de colère impuissante dévoilant la blancheur de ses dents serrées. Ses crocs dénudés luisaient d'une salive d'extase et un léger grondement se faisait entendre.
Un autre type se dessina alors dans son dos, au moment où le géant se laissait doucement glisser à terre, les traits de son visage définitivement statufiés. Plus jeune et légèrement plus petit que Jotaro, l'homme en cuir noir avança d'un pas à la fois lent et calculé en leur direction, le regard observant attentivement tour à tour les personnes présentes.
L'assassin était la personne la plus impressionnante qu'il avait rencontré jusqu'à présent et surtout vaincue par quelque chose d'aussi étrange qu'un hurlement de Saya. Repoussant une mèche de cheveux, l'homme qui s'était présenté sous le nom de Uchiwa Shisui était incroyable, exsudant une impression de concentration et une détermination sans faille. A ce spectacle, Jotaro retint son souffle. Il comprit à son regard pesant sur la créature que c'était le nouveau venu l'instigateur de l'illusion et des poutrelles de bois sorties du sol. A l'idée que lui aussi détienne un « pouvoir » similaire au sien, Jotaro se sentait comme mal à l'aise.
Jotaro lorgna du coin de l'œil le père et la fille. Il n'était pas le seul à être secoué. Saya tremblait de tous ses membres et son père s'était rapproché d'elle pour l'étreindre de ses bras protecteurs. Soulagé qu'ils aillent bien tous les deux, Jotaro se livra à une intense et courte réflexion pour savoir ce qu'ils pouvaient faire.
Le jeune homme se releva lentement. De toute évidence, à en juger par le langage corporel des deux individus, ils devaient avoir encore envie de parler un peu plus longtemps dans le même genre.
Autant ne pas les déranger plus longtemps.
Il pivota vers Saya et son maître d'un regard qui voulait tout dire. Ce dernier hocha du menton pour montrer son accord. Il n'y avait plus rien à sauver ici, mieux valait tout laisser derrière soit.
La seule solution était de fuir avant de quitter l'endroit les pieds devant. Jotaro eut un coup d'œil éloquent en direction de l'escalier. Le même hochement de tête lui répondit mais plus statique.

La chose la plus difficile à supporter, pensait Kisame, c'est vraiment de rester calme et de chercher la meilleure solution.
La partie n'était pas encore terminée.
Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait face à une situation d'embuscade ou de faiblesse. Il cherchait maintenant à reconsidérer la situation dans son intégralité et de réfléchir au prochain mouvement à effectuer.. Malgré les poutres de bois continuaient à se resserrer, il regagnait petit à petit le contrôle de son corps et son autre atout caché n'avait pas besoin d'être à porter de sa main.
La surprise du chef en quelque sorte.
- Tu vas d'abord me dire qui t'as engagé, lui dit le décoloré, sur un ton plus hautain que sévère.
Kisame faillit pouffer de rire à son nez et à sa barbe mais il s'en abstena. 'Fallait avouer que la façon de lui demander avait été assez cocasse. A son air, le brave garçon était déjà sûr d'avoir gagné.
Le décoloré s'agenouilla sur le sol à coté de lui ce qui permit à Kisame de composer plus en profondeur le personnage à travers son visage et ses manières. Il était sacrément jeune pour un ninja de cette qualité. Agé peut être de treize ans tout au plus et plutôt beau garçon avec son coté dévergonder, son regard écarlate semblait placide mais il crut y reconnaître une lueur d'ambition vorace. Dans son village, quasiment tout le monde la possédait contrairement à la plupart des ninja de Konoha qu'il avait pu rencontrer ; c'était assez étranger et curieux pour être soulevé. L'étrange lueur rouge brillant dans ses yeux était si sa mémoire ne le trompait pas, un puissant doujutsu. Ce devait être le sharingan dont on lui parlait si souvent et cela confirmait aussi son identité...
En baissant les yeux une fraction de seconde, Kisame nota aussi –et il se surprit à ne pas l'avoir remarqué en premier- un nombre assez incroyable de petits stigmates cicatrisées à l'espace de peau visible de ses bras, entre le blouson et les bandages de ses avants bras. Kisame étudia finalement rapidement les mains bandées de l'insolent : elles semblaient solides et aussi calleuses que celles d'un maître ninja. C'était sans doute un expert au combat à distance et aux armes de jet à en juger par ses doigts fins et musclés aussi dans un drôle d'état.
A travers ses analyses, Kisame en déduit que ce type n'était pas l'autre assassin mais une sorte de garde en faction afin par déduction, de protéger sa cible. Kisame sourit intérieurement : si ses illusions étaient parfaites, on ne pouvait vraiment pas en dire autant sur lui et la manière dont il trahissait ses pensées.
Aseamon devait être quelqu'un de plus puissant que ce qu'on lui avait parlé pour se payer les services d'un tel ninja. Peut être une plus belle cible que prévu mais à en voir le grand père dans le fond en train de soutenir sa fille, pas un problème en soit à éliminer. Il y avait quelque chose qui clochait là-dessous : ce qui le retenait contre sa volonté n'était pas un Genjutsu. Kisame connaissait tous les petits trucs pour en venir à bout et depuis tout à l'heure, il avait eu tout le loisir pour les essayer sans succès. Si il ne se trompait pas, la technique héréditaire de la manipulation du bois avait disparu depuis très longtemps et il doutait que ce soit le vieux ou la bourrique (Kisame s'était promis au moins de lui arracher les cordes vocales pour avoir hurler comme ça) à l'origine de ces lianes dérangeantes. Ni Shisui : ce n'était pas son style.
Restait le nabot mais c'était trop biscornu comme hypothèse pour être réelle.
D'un geste vif et expert que Kisame avait sans peine calculé, Shisui sortit de sa sacoche placée dans son dos un kunaï, qu'il tint à l'envers pour menacer le cou céruléen de son prisonnier.
- Epargne moi cette scène pitié, siffla Kisame. A moins de me tromper complètement, je n'ai jamais vu un sale gosse de Konoha aussi idiot. Je suis déjà presque libre.
Ses paroles n'eurent bien sûr pas l'effet escompté tout d'abord. Le décoloré continuait à le fixer, les autres s'agitant derrière et lui toujours à épier chacune des réactions du gamin. Shisui baissa la tête, ses traits prenant une mine sombre dans la poussière qui gravitait autour d'eux.
Mais à la seconde suivante, il plissa les yeux et lui adressa un sourire amusé tout en plissant les yeux.
- Ah… et si tu me montrais ça ?
Kisame resta sans réaction pendant une seconde et lui rendit la grimace de bonne grâce avant de se mouver pour de bon. Le bois sous la pression des muscles se jouant pour se libérer cédait bien plus vite qu'il ne l'aurait crut. Shisui essaya de lui trancher la chair se situant son cou. Le ninja de Kiri intercepta le Kunaï des dents avant de glousser légèrement pendant que ses dents brisaient le métal et que le bois continuait à se fracturer.
- C'est tout ? demanda Kisame en malaxant une grande concentration de chakra.
Les vitres de la pièce explosèrent dans un terrible boucan de verre brisé au même moment que Kisame rejetait dans un grognement ses bras au dessus de sa tête pour se défaire des derniers résidus de bois, faisant reculer Shisui contre son gré par le souffle de son chakra.
Se préparant à appeler mentalement Same-Hada, l'homme à l'apparence de requin effectua un petit saut en arrière tout en traçant des doigts les signes nécessaires à une autre technique, heureux par avance des réjouissances qui allaient suivre.

Shisui se sentait comme complètement cerné devant cette situation. Il n'avait pas prévu que Kisame possède une telle force de caractère et maîtrise de son chakra. Personne ne se relevait en général face à ses illusions ou sinon se transformaient pendant un certain temps dans un état végétatif, favorable à tout interrogatoire sans difficulté. Mais il n'avait jamais rencontré quelqu'un possédant une telle quantité de chakra.
Sentant un mouvement à la périphérie de son champ de vision, Shisui se baissa pour esquiver une première slave d'éclats de verres fondant sur lui, une sorte de pointe d'aiguilles cloutant le vide à grande vitesse. En se rencontrant au vol, celles-ci se liquéfièrent retombant sur lui. Baissant les yeux sur son corps, il vit une sorte de liquide qui lui léchait son corps sans le mouiller mais faisant de lui du coup une bien belle cible.
- Ninpo : camouflage dans la brume. Rajouta Kisame en détachant bien avec plaisir chaque mot.
Le monde s'enfuit beaucoup plus vite qu'habituellement sous un brouillard épais et aveuglant, autre signe de l'incroyable densité de chakra que possédait son adversaire.
Alors que le monde se amoncelait de couches d'air gris sombre, Shisui entendit quelque chose de gros et imposant se mettre à foncer vers lui, raclant le bois du plancher à grande vitesse avec lourdeur. L'Uchiwa effectua un saut agile sur le coté en même temps qu'il saisissait de sa sacoche une autre paire de projectiles. Entraîné depuis longtemps à combattre au jugé mais privé du sharingan, Shisui se retrouva à compter uniquement sur ses instincts guerriers. Toujours aveugle, il entendit néanmoins l'arme imposante de Kisame freiner ainsi que le bruit mat du manche retourner dans la paume de la main de Kisame.
Ce détail troublant mis à part, Shisui se mit à réfléchir aussi vite qu'il le pouvait. Le sharingan pour le moment était inutile mais pas inadapté comme le prouva la seconde suivante. Il eut l'image d'une lame momifiée se préparant à fondre sur lui. La lame momifiée de Same-Hada ne mordit jamais la chair, fracassant à la place de nouveau le plancher. Fort de son analyse et de ses capacités à prévoir, le décoloré plongea de nouveau sur le coté pour essayer de profiter de l'attaque pour se rapprocher de ceux qu'il était chargé de protéger.
Mais sa tactique temporisatrice ne fonctionna qu'à moitié. Kisame maniait son arme d'une main experte et ne devait être aucunement gêné par le poids de son arme. Il dégagea sans problème son arme enfoncée dans le bois pour transcender l'air dans un mouvement vertical assez vif pour lui faucher ses jambes le déstabilisant pendant son saut. Ponctuant son soulagement temporaire de ne pas avoir été séparé de ses parties, Shisui sentit un curieux frisson lui parcourir, le long de ses jambes pendant le cours instant au cours du quel les bandelettes de l'arme avaient été en contact avec le cuir du pantalon. L'épée, si ça en été une ne coupait pas... mais émit une sorte de vibration et un gargouillement que Shisui interpréta comme une sorte de satisfaction ou de gloussement.
En même temps qu'il amortissait sa chute en deux fois (la première en s'aidant des mains), Shisui ouvrit et écarquilla des yeux avant de les fermer aussi vite. Des vibrations douloureuses le mordaient au fond des orbites accompagnant la fermeture de son sharingan. Inspirant à fond et portant la main à ses yeux, Shisui se rendit compte qu'il avait le souffle haletant. Il entreprit d'essayer de réguler sa respiration afin de cacher sa fatigue du mieux qu'il pouvait. Une grande partie de son chakra s'était envolée sans aucune raison apparente. Laissant glissé sa main vers sa bouche, Shisui fit le constat de sa situation. Il était vraiment mal. L'air qu'avait soulevé l'arme était déjà dissipé, ne laissant aucun indice sur où pouvait se cacher Kisame.
Shisui pouvait discerner les silhouettes du père et de la fille du coin de l'oeil, le jeune homme à coté de lui. Il ne fallait pas qu'ils essaient de s'en mêler. Shisui ne tenait pas à avoir à être confronté à d'autres aléas dans cette situation.
- Restez calme, dit il à l'attention des trois personnes dans son dos. Restez tous les trois près de moi. Vous ne craignez rien.
Le ninja vérifia une nouvelle fois la position de ses hôtes et recourut à une technique pour ralentir sa respiration et réprimer les frissons qui menaçaient de gêner ses réflexes.
Il n'avait plus que ça faire en attendant de trouver une solution plus adaptée.

A bonne distance, Jotaro arrivait à voir Shisui parfaitement dans la brume. Il s'était relevé depuis peu et pataugeait jusqu'aux genoux encore dans la poussière. L'air était d'un froid assez mordant pour qu'il en ressente un mal de dents à chaque inspiration. Il remettait en question son plan.
Il fallait qu'ils sortent tous les trois, peu importe les recommandations de leur sauveur. Ils n'avaient vraiment rien à faire ici !
Shisui effectua une petite série de signe se ponctuant par un croisement de ses deux index et majeur.
- Ninpo : misu bunshin no jutsu ! (Technique ninja de clone aqueux), chuchota t'il presque tandis qu'une apparence de plus en plus humaine se dessinait à partir de la brume.
Jotaro ressentit quelque chose à voir cette chose se matérialiser. Un souvenir et une sensation lui revint. C'était comme si il savait comment le ninja avait fait. C'était un sentiment confus et irraisonné. Mal à l'aise, Jotaro essaya de chasser cette émotion de ses pensées en vain.
Sur ses gardes prêt à tout, Jotaro recula encore de quelques pas non pas de frayeur mais par précaution. Réétudiant ce qui s'était passé tout à l'heure, les lianes de bois et son étrange détermination, le jeune apprenti comprit quelque chose. En fermant les yeux, il arriva à faire remonter à la surface des choses similaires qu'il avait vu quelque chose qu'il avait vu faire par l'homme en armure écarlate. Une vision d'un autre temps s'empara de lui.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, une vague de détermination chaude remonta de sa poitrine jusqu'à ses yeux, embrasant intérieurement ses iris. Le visage dilué dans sa propre ombre, il était sûr de ce qu'il allait faire et des moyens à mettre en œuvre.

Un gloussement se fit entendre, sans que Shisui puisse distinguer de quelle direction il provenait.
- Je suis déçu de ta stratégie, Uchiwa. Se fit la voix railleuse de Kisame. Je t'aurais cru moins limité.
Shisui se fendit de nouveau d'un magnifique sourire.
- Hum…, fit simplement l' « Uchiwa » à son tour railleur glissant sa main dans sa sacoche.
- C'est tout ce que tu trouves à dire dans ta situation ? Se railla Kisame.
- Aseamon-san, Saya et Jotaro. Ne vous inquiétez pas : Vous ne craignez rien.
Shisui trouva enfin ce qu'il cherchait et l'enfila. Il releva le nez, ne pouvant s'empêcher de sourire.
- Kisame ; je vais t'apprendre une chose aujourd'hui. Les ninja les plus forts n'ont pas besoin de parler pour prouver leur supériorité. Ils le montrent par leurs actes !
Il fit un petit geste du pouce de la main qui venait de plonger dans sa poche comme pour allumer un briquet et la posa au sol. Tout à coup, quelque chose d'électrifiant se fit ressentir dans l'air avant de se répandre dans le sol sous forme de vibrations circulaires faisant légèrement onduler le plancher.
Pendant que l'Uchiwa se relevait avec lenteur, quelque chose comme si un coup de vent fit dresser ses cheveux vers leur pointes tandis qu'autour de lui la brume se dégageait. Une sorte d'électricité statique visible à l'œil nu apparut tout autour de lui et pendant un court instant tandis que de nouveau dans ses iris viraient de nouveau au pourpre.
- Hé, le décoloré… corna Kisame, tu me prépares une autre illusion ?
- Peut être, répondit il simplement se fendant d'un fin sourire.
- A ta guise.
L'instant d'après, trois ombres géantes surgirent des brumes sur Shisui, répliques parfaites de Kisame et abattirent leurs armes en même temps... sans toucher Shisui.
L'incrédulité se lut sur le visage des clones juste avant que l'un d'eux reçoive un coup pied sauté assez puissant pour le projeter sur les deux autres et les faire exploser en particules d'eau.
Après avoir imité de nouveau le mouvement du briquet du pouce, l'Uchiwa se réceptionna et disparut de nouveau au moment que le liquide se renfermait sur lui à l'identique d'un requin refermant ses mâchoires sur sa proie. Il réapparut dans le dos de l'original cette fois ci. Kisame sentant un déplacement d'air dans son dos se retourna pour un coup de Same-hada à l'horizontale… qui brassa de nouveau l'air. Shisui avait sauté à temps.
Leurs regards se croisèrent un instant pendant que les cheveux de l'Uchiwa revenaient à leur place, abandonnant leur anti-gravité.
- A mon tour de te montrer ce que je sais faire, Kisame.
Cette fois ci, la sonorité de la détonation du briquet changea et après une nouvelle étincelle, une sorte d'arc de flamme accompagna le poing de Shisui. Il donna un coup de pied dans l'arc de feu qui partit à une vitesse folle vers Kisame. Les flèches incandescentes firent exploser en particules d'eau.
Shisui se mordit la lèvre inférieure : deux des flèches avaient passées au travers et commençaient à brûler le plancher.

Jotaro pendant ce temps avait saisi sa chance, se détourna du combat et courut vers son maître et Saya.
- Venez avec moi ! cria t'il. Laissons les s'entretuer.
Son maître lui envoya dans les bras sa fille. Baissant la tête, il remarqua qu'elle avait été assommée.
- Part avec elle. C'est moi qu'ils veulent.
Jotaro s'arrêta, surprit par sa réaction. Geppetto semblait sous le choc mais gardait toute sa tête.
L'apprenti et le maître se regardèrent intensément dans les yeux pendant un instant… puis hochèrent de la tête. Au moment d'ouvrir de nouveau la bouche, il entendit une détonation de l'autre coté. L'apprenti souleva Saya aux genoux et aux épaules et se mit à courir. Quelque chose sortit à ce moment là du sol entre lui et son maître.
Jotaro serra les dents et ferma les yeux pour ne pas pleurer pendant qu'il courait pour monter à l'étage.
Sans se détourner.
Kisame saisissait déjà au cou son maître, le soulevant de terre comme si ce n'était qu'un simple pantin.

Hébété, Aseamon sentit son sang se glacer dans ses veines. Se secouant, il essaya d'agripper de ses mains frêles les bras assassins l'étouffant doucement.
De la salive coulait de ses crocs dénudés ; l'homme requin se tenait devant lui. le feu, s'étant propageait plus rapidement que prévu, allumant des reflets orange au fond de ses bestiales
Le vieil homme n'arrivait pas à trouver sa respiration, car les mains agrippées à sa glotte obstruaient l'air à s'y engouffrer. Il aurait voulut crier mais n'avait plus les moyens de former des sons.
D'ailleurs qu'aurait il pu dire ? Il ne savait rien de ce qui avait bien pu être à l'origine de ces cinq dernières minutes. Au fond, il soupçonnait que ce soit son apprenti à l'origine de tout ce chaos mais il ne lui en voulait pas. Il ne soupçonnait même pas l'étendue de ses dons.
Aussi sûrement qu'il venait de signer son propre arrêt de mort, Aseamon aurait voulu tomber sous les coups de n'importe qui d'autre que Kisame, même si il tirait fierté d'avoir mobilisé un ninja aussi puissant pour l'abattre. A la réflexion, c'était plus d'honneur qu'il n'en méritait.
Il sentit une terrible douleur le saisir à la poitrine. Son vainqueur avait avançait la main pour fouailler sa plaie et écarter sa cage thoracique. Une souffrance inexprimable tétanisa le vieil homme. Seule la mort le délivrerait de ce supplice.
La vision d'Aseamon s'éclaircit une dernière fois, le temps de voir son cœur encore palpitant émerger de sa poitrine ouverte et que Kisame le soulève juste devant ses yeux avant de le presser.

Kisame relâcha le corps inerte du vieillard, satisfait d'avoir rempli son contrat. Derrière les dernières nappes de brumes et de flammes se propageant dans la pièce, Shisui se tenait droit comme un i, l'air sérieux ne le quittant pas des yeux. Il semblait indifférent en apparence à cette nouvelle.
- Continuons nous ou pas ? déclara le ninja de Kiri.
- Mon employeur est mort. Nous n'avons plus aucune raison de nous battre.
- Je trouve cette solution un peu ennuyeuse à mon goût.
- … Tu ne vas quand même pas…
- Tu es un mauvais acteur, le décoloré. Tu croyais vraiment que j'allais te laisser repartir avec les gamins ?
Le clone de Shisui s'évapora lorsque Kisame s'apprêtait à abattre Same-hada sur lui.

Jotaro arrivé dans le couloir rentra dans sa chambre et la referma du talon. Il s'accorda une seconde pour souffler et eu envie de poser Saya sur le lit mais se ravisa : ils n'avaient pas le temps. Son maître devait être mort à l'heure qu'il était.
Comment allait il lui annoncer ?
Il ouvrit la fenêtre et sauta sur le rebord. Le vent s'était levé faisant passer des braises devant lui. La maison était en train de vivre ses derniers instants. Toujours avec Saya dans les bras, Jotaro joigna les mains en même temps qu'il sautait dans le vide. De la boiserie elle-même de la maison en flamme, trois poutres carrées émergèrent de sa structure avant de s'entortiller pour former une sorte de passerelle vers la forêt. Jotaro posa ses pieds dessus et laissa cette nouvelle création naturelle le porter vers les buissons. Il ouvrit les yeux et vit avec stupéfaction que la poutre obéissait à sa volonté, le faisant passer au dessus du jardin puis de la barrière et du champ d'arbres morts.
Le vent dans les yeux, Jotaro dévisageait ce qui restait de l'endroit où il avait vécu depuis trois ans, et ceux qui était encore dedans.
L'homme en armure rouge portait le même motif en forme de feuille que Shisui. Si ils se rencontraient de nouveau, Jotaro ne pourrait jurer de lui faire confiance. Au vue de ses capacités, il était au moins aussi dangereux que l'autre.
Il n'arriverait pas à porter Saya pour s'enfuir. Même avec elle sur le dos, il serait forcément trop lent par rapport aux capacités de ses poursuivants.
La question était donc la suivante maintenant : où aller et que faire ?
Quelque chose le percuta à la tête. Jotaro sentit une terrible douleur à la tête avant de commencer à chanceler doucement et à glisser par terre. L'image se mit à se déformer et à s'onduler ou gondoler.
Au sol, il vit un point de mire dans le tourbillon gris, quelque chose de tangible avec que le néant l'ensevelisse. Une ombre menaçante qu'il reconnut sans mal le surplombait avec un sourire hargneux... et le corps de Saya sur l'épaule.
L'image s'arrêta là. Jotaro sentit vaguement quelque chose le saisir par la taille et le vent caresser tout à coup son visage.
Jotaro perdit conscience à ce moment là mais crut entendre que l'ombre lui avait hurlé quelque chose, lui donnant rendez vous dans un endroit que son esprit refusa d'en entendre le nom…