Auteur : kaneda26

Origine : Yuyu Hakusho

Genre : yaoi.

Couple : Hiei et Kurama évidemment ! Et Yusuke et Kuwabara.

Disclamer : Non, ils ne sont toujours pas à moi…

Note : Un peu plus de lecture pour ce premier chapitre. Au cas où, je préviens, le prologue se situait dans l'avenir. Nous voilà maintenant dans le présent.

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Le dernier péché

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Chapitre Un

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Je tends la main vers la place à côté de moi. Mais elle est vide. Et comme à chaque fois, la déception m'envahit. Hiei est retourné dans le makai.

Et je n'aime vraiment pas passer mes nuits tout seul.

J'ai froid quand il n'est pas là. Mon corps est glacé et mon cœur aussi.

Le lit est trop grand pour une seule personne. Il est fait pour deux. Pour moi et Hiei.

Et pour pleins de câlins tendres et passionnés. Et…

Je rejette le drap et sors du lit. Je n'ai pas besoin de penser à ça en ce moment. Mon trésor ne reviendra pas.

Je ne l'ai eu à moi seulement pendant deux semaines avant qu'il soit rappelé dans le makai par Mukuro.

Yusuke a essayé d'intercéder en sa faveur pour que Hiei puisse rester dans le ningenkai mais Enki se fait tirer l'oreille. Il n'a pas envie de perdre un aussi bon combattant.

Sauf que n'importe qui pourrait faire les patrouilles à la place de Hiei.

C'est un gâchis total de lui imposer ce travail. Surtout qu'il doit en plus remplir des missions pour Koenma. C'est beaucoup trop, même pour quelqu'un comme Hiei.

Je n'y peux rien, ça m'énerve. Deux semaines avec moi, je n'ai pas vu le temps passer. Et là, pourtant, deux semaines qu'il est loin de moi et ça me semble interminable.

En si peu de temps, sa présence m'est devenu indispensable.

Quand je sors de la douche, je n'ai toujours pas réussi à me calmer. Je veux que Hiei soit avec moi. J'avais promis de ne plus le laisser seul.

Et je m'en veux de ne pas pouvoir le faire. Je regarde les livres posés sur mon bureau sans arriver à me décider à travailler.

Je sais ce que Mukuro et Enki essayent de faire. Ils veulent m'attirer dans le makai. Je ne suis pas modeste au point d'oublier ma valeur en tant que combattant. Et ils préfèrent certainement que j'aille vivre avec Hiei dans le makai plutôt que l'inverse.

Ca les arrangerait bien de nous avoir tous les deux sous la main.

Et ils vont m'avoir à l'usure parce que je ne peux pas me passer de Hiei. Et je crois qu'en ce moment même, en regardant le lit vide et froid, je serais prêt à perdre ma vie de ningen.

Même si j'aime cette vie, la seule personne qui m'importe est Hiei. Et rien que lui.

Sauf qu'il m'a dit d'attendre. Et Yusuke me le dit aussi, tous les jours.

Mais je n'en peux plus. Et j'ai peur aussi.

Depuis que Yusuke m'a dit pour Higesu, j'ai peur pour Hiei.

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« Hiei ? Hiei ? Où es-tu ? »

Fermes-là, bordel ! Tu me saoules !

« Hiei… Tu es de patrouille, n'essaie pas de sécher ! »

Tais-toi ! Je ne sèche pas, je n'arrive tout simplement pas à me lever. Parce que ça m'a repris. Mon énergie a baissé d'un coup sans que je sache pourquoi. Et j'ai l'impression de ne plus avoir de force. Sauf que ce n'est pas qu'une impression. Je suis faible.

Et j'ai mal au cœur.

« Qu'est-ce que… Hiei ! »

Mukuro se précipite vers moi. Si elle me touche, je la crame !

« Dégage ! »

Elle s'arrête et me regarde. Qu'est-ce qu'elle pense ? Qu'est-ce qu'elle se dit en voyant un guerrier comme moi recroquevillé dans un coin de sa chambre parce qu'il est trop faible pour se lever ?

« Hiei… ?

-Fous-moi la paix ! »

J'ai envie de dormir. J'ai besoin de dormir. Je suis si fatigué.

« Tu n'as rien mangé depuis deux jours ! C'est normal que tu tombes malade. »

Bon sang ! Mon énergie vacille encore. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

Mukuro s'assoit sur près de moi et pose la main sur mon front.

« Ne me touches pas ! »

Je repousse sa main avec colère. Et je me sens épuisé rien que par ce simple geste.

« Tu as de la fièvre, dit-elle. Je vais faire venir Shiguré. Peut-être qu'il…

-Non ! Je ne veux personne ! Je ne veux personne …

-A part Kurama ? J'aurais dû m'en douter. »

Elle me regarde.

« Qu'est-ce que tu as fait, Hiei ? Tu t'es rendu toi-même malade pour qu'on te laisse partir ? »

Je n'arrive pas à lui répondre. Mais elle se plante sur toute la ligne. Je n'ai rien fait.

« Dans ce cas, c'était idiot, poursuit-elle. C'était censé être ta dernière patrouille. Enki accepte de te libérer de ton travail. »

Je peux rentrer alors. Etrange comme le mot « rentrer » est venu spontanément à mon esprit. Mais je crois que c'est vraiment le bon mot. Chez moi, c'est là où est Kurama.

Je tente de me lever. Mais j'ai vraiment mal au cœur.

« Bien, tu as trouvé un moyen pour partir plus tôt. Mais tu restes quand même un idiot impatient. Je vais prévenir Kurama pour qu'il vienne te chercher. »

J'essaye encore de me lever et je ne me montre que plus pitoyable. Elle tend les bras vers moi pour m'aider.

« Ne me touches pas !

-Très bien, restes pas terre si tu préfères ! »

J'émets un long grognement qui l'incite à partir.

Une fois qu'elle est partie, je me traîne sur le sol et j'arrive à grimper sur le lit.

Je suis épuisé et je suis encore plus nauséeux.

Je veux rentrer.

Je veux Kurama.

Je sais que j'agis comme un enfant capricieux.

Mais… La grotte était vide.

Les pierres avaient été déplacées. Je m'y suis rendu dès mon retour dans le makai.

Et depuis, j'ai du mal à dormir. Je crois que j'ai peur de m'endormir et que ces cauchemars recommencent.

Et j'ai peur que Kurama ne soit pas en sécurité sans moi.

J'ai un drôle de petit rire qui franchit mes lèvres. Je ne lui serais pas d'une grande aide dans mon état actuel.

La grotte était vide. Et les pierres ont été bougées de l'extérieur. Cet enfoiré est encore vivant et il n'est pas seul.

Je ne sais pas comment il fait. Mais je suis sûr que cette fatigue est son oeuvre.

Il n'y a pas eu de rêve étrange. Faut dire que je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers temps.

Je sais que je deviens paranoïaque. Mais on ne grandit pas dans le makai sans développer ce genre de psychose.

Même si je ne dors pas très bien, je ne devrais pas être aussi crevé. Et mon énergie qui bouge sans arrêt me donnant mal au cœur.

Il y a forcément quelque chose qui cloche. Et Higesu n'y est sûrement pas étranger.

Je veux Kurama. Je veux rester avec lui. Je veux être prêt de lui.

Et cette fois-ci, je ne lui ferais pas le moindre mal. Je le protègerais de moi et d'Higesu.

Tout en pensant à ces paroles, je sais que ce que je veux, c'est aussi qu'il me protège.

Mon énergie baisse encore dangereusement.

Quelque chose ne va pas.

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Mon portable sonne pendant mon dernier cours de la journée. Le professeur me lance un regard réprobateur. Mais quand je vois le nom de Yusuke s'afficher, c'est bien le dernier de mes soucis. J'attrape mon sac et descends les marches de l'amphi à toute allure décrochant en même temps.

« Yusuke ? »

La porte claque derrière moi. Je reste un moment ébloui par la lumière rasante du soleil.

« Yusuke ?

-C'est ton jour de chance. Y paraît que tu peux aller récupérer un truc à toi dans le makai.

-Hiei ! »

Mon corps frémit de joie.

« Mais Kurama… »

Le ton ne me dit rien de bon.

« Il est blessé ? » Ma voix tremble.

« Pas blessé. Mais il ne semble pas aller bien. Tu ferais mieux de te dépêcher… »

Je raccroche. Je n'ai pas le temps de discuter.

Le portail n'est pas très loin.

J'ai un peu honte de me déplacer en sautant sur les immeubles vu le nombre de fois où j'ai réprimandé Hiei quand il le faisait. Mais je me fiche bien de me faire remarquer par des ningens.

Dans le makai, il pleut et le jour est sombre.

Je prends vite mon apparence de yohko. Au moins, je n'aurais pas à perdre du temps à éliminer des yohkais trop stupides pour s'en prendre à moi.

Et en effet, malgré quelques puissances que je sens dans les alentours, aucune ne vient me barrer le chemin.

Et j'atteins le château de Mukuro en une vingtaine de minutes.

Ce soir, Hiei dormira dans mes bras.

C'est Mukuro elle-même qui m'accueille.

« Où est-il ?

-Suis-moi. J'aimerais te parler.

-Je veux le voir !

-Nous y allons. »

Elle me regarde. Je la suis dans les longs couloirs de sa demeure.

« Hiei ne va pas bien. Il est épuisé et il ne mange presque rien. Je pense que tu en es la cause de ce comportement.

-Quoi ?

-Mais tu es aussi le remède à son mal, j'imagine.

-Je veux le voir.

-Nous sommes arrivés. »

Ce n'est pas la chambre que Hiei avait l'habitude d'occuper. Puis je me rappelle, il m'avait dit avoir fait brûlé l'ancienne dans une crise de colère après un rêve d'Higesu.

Mukuro pose la main sur mon épaule.

« Prends soin de lui. Et fais en sorte qu'il se nourrisse correctement. Tu sais comme Hiei peut agir de manière extrême dans les combats. Et bien, il agit exactement de même en amour. Et je trouve ça dangereux.

-Comment ça ?

-Je crois qu'il s'est rendu malade lui-même.

-Quoi ? »

J'ai le souffle coupé. Qu'est-ce qu'elle vient de dire ?

Pendant quelques secondes, je ne veux pas y croire. Et puis, je dois finalement reconnaître que c'est tout à fait plausible. Hiei peut parfaitement se brûler un bras pour gagner en puissance, il n'a pas peur de la souffrance.

Dans les combats, tous les moyens sont bons pour gagner.

Mais je ne peux accepter qu'il fasse ça par… amour ? Juste pour me revenir ?

« Je vais voir ce que je peux faire, dis-je. »

Mukuro me laisse seul et je reprends mon apparence humaine. Depuis le dernier combat contre Higesu, je n'ai plus pris ma forme de yohko devant Hiei. Je pousse la porte.

« Hiei ? C'est moi, trésor.

-Kitsu ! »

Il saute de son lit en un bond. Pour un malade, il m'a l'air plutôt en forme.

Il s'arrête à quelques pas de moi et me regarde, indécis.

Je tends les bras vers lui et il se précipite contre moi, manquant de me faire tomber.

Je le soulève dans mes bras et il émet un petit rire gêné.

Ca le surprend toujours quand je fais ça. Mais j'aime quand il noue ses jambes autour de ma taille et qu'il croise ses mains derrière ma nuque.

Il penche la tête, hésite alors je franchis le reste de la distance entre nos lèvres.

Je sais avec ce baiser que je lui ai manqué. Comme il m'a manqué.

Je romps le baiser et le repose sur le sol.

« Hiei, dis-moi, t'aurais pas fait semblant d'être malade.

-Bah, si on veut. »

Il sourit. Mais je remarque son teint pâle, ses lèvres décolorées, les cernes sous ses yeux. Et son énergie n'est pas très haute.

Je pose ma main sur son front. Il est un peu chaud.

« Tu n'as pas fait semblant. Tu as de la fièvre.

-Mais non ! Ma température est naturellement élevée.

-Hiei, ne me mens pas. »

Il hésite. Puis se tait.

« Très bien, dis-je en soupirant, laisses-moi t'examiner. Je ne veux pas te faire traverser un portail si tu n'es pas en état.

-Je ne suis pas en sucre, Kurama.

-Non ? Alors pourquoi j'ai une envie soudaine de te manger ? »

Il rougit.

Hiei a beau être fort dans de nombreux domaines, en matière d'intimité, il n'est pas encore totalement à son aise.

Je lui enlève son manteau et j'ai du mal à ne pas le déshabiller entièrement.

La plupart de ses anciennes blessures sont maintenant guéries. Aucune ne s'est infectée.

« Mukuro m'a dit que tu étais fatigué et que tu ne mangeais rien.

-De quoi elle se mêle, celle-là ?

-Elle s'inquiète, c'est tout. »

Hiei fait une moue de dédain. S'il peut accepter mon affection, il n'est pas encore prêt à la recevoir d'autres personnes. Ce qui fait de moi un être unique pour lui. Ce n'est pas plus mal.

Je crois que je ne veux pas que trop de personnes s'intéressent à mon trésor.

Il me regarde gravement.

« Yusuke t'as dit... pour Higesu.

-Oui. Il est peut-être vivant.

-Ce n'est pas peut-être, Kurama. Il est… »

Je le stoppe d'un baiser.

« Kitsu ! C'est important !

-Hiei, tu sais aussi bien que moi que les organes de yohkai se revendent à bon prix au marché noir. Le corps d'Higesu a très bien pu être volé par ces charognards.

-Mais…

-Il ne t'a pas attaqué, c'est une autre preuve.

-Mais… »

Je l'embrasse, j'entrouvre ses lèvres un peu brutalement et je viens chercher sa langue.

« T'aurais pas pris de sales habitudes, Kitsu ?

-Ah bon ?

-Tu m'embrasses chaque fois que je veux parler.

-C'est un traitement spécial contre le stress, dis-je en riant. »

Je le regarde. C'est évident qu'il est dans un état de fatigue extrême. Comme la fois où il est venu me voir après avoir enduré deux semaines de cauchemars. En moins catastrophique heureusement.

« Tu as encore du mal à dormir, n'est-ce pas ?

-Hn. »

Il ne me dit pas tout, je le sens.

Il se blottit contre mon flanc.

Aucun de nous n'a besoin de protection.

Hiei est si fort que le protéger peut paraître inutile.

Mais j'ai réussi à créer cette envie chez lui. Parce qu'il y a une chose qu'il ne peut pas protéger seul, c'est son cœur.

« Kitsu, ramène-moi à la maison. »

Ses simples mots m'attendrissent et je le serre plus fort contre moi.

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Heureusement que l'appartement de Kurama est situé non loin du portail. J'ai réussi à surmonter ma fatigue pendant le trajet.

Mais je crois que Kurama n'a pas été dupe. Il a gardé ses yeux verts fixés sur moi.

Une fois dans l'appartement, mon regard détaille la pièce principale. Deux semaines que j'ai quitté ce lieu la mort dans l'âme. J'aime cet endroit. Je crois que je m'y sens bien.

Tout ici porte la marque de Kurama, depuis la bibliothèque qui croule sous les livres jusqu'aux pots de fleurs qui garnissent le balcon.

Mais la pièce que j'aime le plus, c'est sans aucun doute la chambre. Et le grand lit qui s'y trouve.

Kurama l'a acheté peu avant mon départ. J'aimais le petit lit aussi parce qu'on était obligé de se serrer l'un contre l'autre. Je rougis en me rappelant que certaines fois, le lit était trop petit pour contenir notre amour et qu'on avait souvent failli rouler sur le sol.

J'entre dans la chambre. Ce grand lit, je n'y ai passé qu'une seule nuit.

Je sens les bras de Kurama qui enserrent ma taille et son menton qui se pose sur mon épaule.

Je lève la main et caresse ses cheveux. Je tourne la tête, il m'embrasse sagement puis défait son étreinte.

Hum, ce n'est pas ce que je voulais. Mais c'est presque toujours lui qui a agi en premier et j'hésite, je ne sais pas trop comment m'y prendre.

Il caresse ma joue du bout des doigts et me regarde.

« Si je te cuisinais quelque chose de bon pour commencer, me dit-il.

-Hn.

-Et je te mangerais après. »

Ah, je crois qu'il a compris en fin de compte. Il m'entraîne dans la pièce principale.

« Qu'est-ce qui te ferais plaisir ? fait-il en ouvrant le frigo. »

Je me recule. Manger est bien la dernière chose dont j'ai envie à ce moment précis.

« Trésor ?

-Je n'ai pas faim.

-Tu devrais manger, tu sais.

-Pitié, Kitsu, j'ai déjà Mukuro pour m'ennuyer avec ce genres de trucs. »

Il referme la porte du frigo et me regarde.

Je connais ce regard un peu réprobateur. Et si d'habitude, ça marche, en cet instant précis, je m'en fiche.

J'agrippe le tissu de sa chemise et pose mon front contre son torse. Ce que je veux maintenant, ce n'est pas de la nourriture.

Il se penche et passe un bras sous mes genoux, l'autre dans mon dos. Il me soulève.

Je dois dire que c'est un peu gênant d'être porté de cette façon. Mais j'aime parce que j'ai l'impression d'être précieux pour lui.

Il m'embrasse.

Ces baisers m'ont manqués. J'y réponds avidement. Tout me manquait. Ces cheveux rouges, ces yeux émeraudes, ces lèvres, ces bras qui me serrent.

Sans me lâcher, il se dirige jusqu'à la chambre.

Il me pose sur le lit et se place au dessus de moi.

Je crois que j'avais oublié combien ses yeux brillaient dans ces moments-là.

Et rien que sous ce regard, mon corps commence déjà à se réchauffer. A brûler.

Je le vois hésiter. Qu'est-ce qui ne va pas ?

« Hiei, je voudrais te réhabituer à moi lentement. Je voudrais vraiment faire ça. Mais je ne suis pas sûr de pouvoir y arriver.

-Alors n'essayes pas. »

J'ai à peine eu le temps de terminer ma phrase que ses lèvres sont sur les miennes et que sa langue entre dans ma bouche.

Et que ses mains parcourent mon corps.

Quand il abandonne mes lèvres et m'enlève mes vêtements rapidement, je sais que mon désir est partagé. Je l'aide à se débarrasser des siens, faisant sauter quelques boutons de sa chemise au passage mais il ne s'en soucie même pas.

Il me faut une étincelle pour m'enflammer et quand Kurama me regarde de ces beaux yeux verts, je la vois, je la sens.

Cette étincelle, il n'y a que dans ces yeux qu'elle existe.

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Quand je m'éveille et que je ressens cette sensation de bien-être dans tout mon corps, je sais que Hiei est revenu. Que je lui ai fait l'amour.

Je sais que si je tends le bras, je sentirais son corps près de moi. Je sais que je pourrais le ramener dans mes bras. Et…

Mais où est-il ?

Je me lève brusquement.

« Hiei ? »

J'attrape le drap et m'enroule dedans. Je sors de la chambre.

« Hiei ? »

Je m'oriente dans la semi-obscurité due à une lumière qui vient du coin cuisine.

Je m'approche lentement et le trouve devant le frigo ouvert seulement vêtu de son pantalon.

Il lève les yeux vers moi. Devant lui, il y a quatre emballages vides de tablettes de chocolats, et il tient entre ses mains un gros pot de glace à la vanille.

Il est tellement adorable avec la cuillère dans sa bouche, le contour de la bouche couvert de glace et de chocolat que j'éclate de rire.

« Pardon, fait-il après avoir avalé son morceau de glace. Je n'ai pas pu m'en empêcher. »

Je m'agenouille devant lui et lèche son visage pour le débarbouiller.

« Ravi de voir que tu as retrouvé l'appétit. »

Je referme le frigo et attrape une petite cuillère.

Tout en partageant la glace, je le regarde.

« Tu sais, Hiei, je me demande si c'était pas psychosomatique ta maladie.

-Psycho quoi ?

-Que c'était dans ta tête.

-Ma tête va très bien ! se récrit-il. »

Je ris encore.

« Si je te cuisinais quelque chose de plus consistant que des sucreries ? »

Il hoche la tête.

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Je crois que j'aime. Non, j'aime vraiment ce genre de choses.

Il est trois heures du matin. Et Kurama cuisine, enroulé dans ce drap blanc.

Il ressemble à ces statues que j'ai vu dans des livres. Il est magnifiquement beau.

J'adore ce genre de choses. Parce que ce n'est pas la première fois.

C'est déjà arrivé une fois. Après des étreintes qui nous avez épuisées, il nous avait réparé un petit encas. Et j'avais eu cette sensation qu'on était seuls au monde dans cette ville endormie.

Et je me jette sur la nourriture comme si je n'avais pas mangé depuis trois jours, ce qui n'est pas vraiment faux. Je n'ai pas mangé grand chose ces derniers temps.

Kurama rit et m'enlève un grain de riz au coin de mes lèvres.

« Dis-moi, fait-il en souriant. Si tu as fini ton repas nocturne, que dirais-tu de retourner dormir ? »

Je me lève et je le suis jusque dans la chambre.

Il m'enlace brusquement et me fait tomber sur le lit.

« Hiei, je crois que j'ai menti. »

J'ai un demi-sourire.

« Je n'ai pas l'intention de te laisser te rendormir. »

Et il m'embrasse.

Et il me fait l'amour tendrement, lentement. Je lui demande d'accélérer en rougissant. Mais il ne m'écoute pas. Et il me fait endurer une délicieuse torture.

Et cette lenteur voulue décuple le plaisir.

Il se laisse tomber à côté de moi, m'enlace et m'embrasse dans le cou.

« Je t'aime, Hiei. »

Je souris.

« Tu ne me l'avais pas encore dit.

-C'est vrai ? Je croyais pourtant. Je te l'ai tellement dit ces deux dernières semaines mais tu n'étais pas là pour l'entendre.

-Je suis là maintenant. »

Il rit.

« Je t'aime, répète-t-il. »

Je sais qu'il a envie de l'entendre aussi. Alors je lui dis et il me serre plus fort dans ses bras.

Il effleure mes paupières de ses doigts.

« A présent, dors trésor. »

Je ferme les yeux. Et j'entends sa respiration qui s'apaise. Et ses bras qui me relâchent doucement.

Ca a recommencé brusquement deux heures après alors que je cherchais toujours le sommeil.

Mon énergie fluctue à nouveau. Et j'ai l'impression que quelque chose est en train de me bouffer de l'intérieur.

C'est arrivé plusieurs fois depuis que je suis retourné dans le makai. Mais c'est de plus en plus douloureux.

Mon énergie baisse d'un coup, me laissant complètement nauséeux.

Il fait à peine jour. Je me suis traîné dans la salle de bains jouxtant la chambre. Et maintenant, je suis là, sur le carrelage froid, à essayer de faire en sorte de stabiliser ma puissance.

Je me sens faible.

Est-ce que Kurama n'aurait pas raison ? Est-ce que tout ça ne serait pas dans ma tête ?

Le fait que je n'arrive plus à dormir, mon énergie qui disparaît tout à coup.

Est-ce parce qu'inconsciemment, je sais que je ne mérite pas l'amour de Kurama.

Je l'ai battu, j'ai failli le tuer. Et il m'a pardonné.

Le conflit avec Higesu, ce conflit m'a rappelé toutes ces choses que je voulais oublier, m'en a appris d'autres que j'aurais préférées ignorer.

Je me suis souvenu de cette solitude que j'ai vécu depuis tout petit.

J'ai été seul pendant tellement longtemps et je me disais que ça n'avait pas d'importance.

Mais je me mentais.

Et ces rêves, ces cauchemars plutôt, me l'ont fait clairement ressentir.

Kurama m'a pardonné mais moi je n'arrive pas à me pardonner moi-même.

J'aurais pu le perdre et j'en aurais été le seul responsable.

Je secoue la tête et je me rappelle la voix de Kurama qui me dit que ce n'est pas de ma faute, que c'est uniquement la faute d'Higesu.

Mon énergie baisse encore, et mon estomac rejette mon dernier repas.

Je frissonne.

J'entends du bruit venant de la chambre. Je ne veux pas que Kurama me trouve comme ça. Je ne veux pas l'inquiéter davantage. Je ne veux pas qu'il me voit aussi faible.

Après tout, il a raison, c'est uniquement dans ma tête. Juste dans ma tête.

Je tends l'oreille mais le silence est revenu.

Au bout d'une demie-heure, mon énergie est à nouveau stable, mon mal au cœur a disparu.

Je me lève.

Des rayons de soleil passent allègrement à travers les interstices des volets, éclairant partiellement la chambre.

Mais ça n'a pas réveillé Kurama, heureusement.

Je me glisse dans le lit. Et quelques minutes plus tard, son bras vient entourer ma taille.

C'est juste dans ma tête. Tout ça, c'est juste dans ma tête.

Je n'ai pas de raison d'avoir peur.

Je ne suis plus seul, j'ai Kurama, je l'aime et il m'aime.

Et si Higesu s'approche de nous, je le tue.

C'est juste dans ma tête.

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A suivre…

Enfin le premier chapitre de bouclé ! Je dois avouer que c'est pas celui qui m'a posé le plus de problème. C'est ceux qui arrivent après qui vont me torturer le cerveau…

Je sais qu'il ne se passe pas grand chose dans ce premier chapitre. Et il va falloir un moment avant d'avoir un peu d'action.

C'est la raison pour laquelle j'ai écrit le prologue où c'est un peu plus tendu. Car il va se passer plein de trucs mais ça va prendre du temps à se mettre en place. Et j'ai peur que ça soit un peu trop calme. Et puis avec le prologue, je sais exactement où je dois aller (c'est à dire que je dois arriver à cette scène bien précise !) donc mes idées sont un peu mieux organisées.

Je sais bien d'ailleurs que le prologue était super court, merci à Koorime et Hlo d'avoir quand même laissé des reviews.

J'espère que plus de lecteurs se manifesteront pour ce premier chapitre.

A plus.